Pour sa Liberté et la Nôtre – 2ème Partie. Julian Assange à la Old Bailey le 4 janvier 2021, en vie mais toujours captif

Monika Karbowska

Dieppe la muselée versus Brighton la rebelle – voyage en Angleterre le 2 janvier 2021

De Dieppe à New Heaven en Angleterre

A l’heure du mensonge planétaire les médias et les gouvernements nous font croire qu’il est interdit de voyager. Mais ce n’est pas vrai. Ainsi je suis repartie en Angleterre le 2 janvier en allant d’abord à Dieppe et de là avec le ferry de l’autre côté de la Manche.

Mon voyage commença à la gare Saint Lazare le 1 janvier dans une drôle d’ambiance qui me rappelle le film de science-fiction « Brazil » : 2 corps de polices différents arpentent la gare à l’affut de quelques réfractaires au masque, des soldats Vigipirate circulent en commando en faisant des bonds comme si derrière chaque voyageur léthargique sous son masque allait sortir un terroriste armé, deux boites de sécurité privée se partagent le marché du contrôle du masque, et les agents de la SCNF arborent des tenues flambants neuves et vous font toujours bien comprendre que le masque est plus important que le billet de train.

Le train est à un lieu où on apprend la discipline du masque, pas un moyen de transport public. Un haut-parleur crache toutes les cinq minutes d’une voix hystérique des commandes culpabilisatrices : « tous responsables contre le coronavirus, téléchargez l’application du gouvernement tous anti-covid » ! J’échange avec une serveuse du seule « café » Starbucks ouvert – les cafés normaux étant interdit par le gouvernement les multinationales américaines prennent logiquement tout le marché. Elle est lourdement masquée derrière une vitre en verre, pourtant elle est seule dans une vaste salle vide. Je ne comprends pas ce qu’elle dit et quand je finis mon achat de café, je lui demande si elle ne peut pas baisser son masque pour que je puisse comprendre ses paroles. L’entreprise devrait lui permettre de faire cela au moins… Elle soupire et me certifie qu’entre collègues on arrête la connerie du masque mais qu’elle craint les clients kapos.

Elle a raison, car très vite je subis les foudres d’une employée des toilettes lorsque j’enlève mon masque aux toilettes pour respirer, me regarder dans le miroir et me laver le visage. Encore une qui se croit petite cheffe grâce au Covid et qui ne sait pas que les kapos ont été toujours les derniers fusillés par les nazis après avoir chargé toutes les victimes dans les trains vers les camps. Je pense au 1 janvier 1941 quand les Français n’avaient pas encore tous compris ce qui leur était arrivé. L’ambiance devait être un peu comme celle que je vis ici, le 1 janvier 2021. Le train Paris-Rouen est néanmoins encore assez tranquille, je peux dormir sous le voile « abaya » à l’abri duquel je peux enlever le masque. Le contrôleur ne passe qu’une fois et mais évidemment on doit arborer la muselière pour qu’il puisse la contrôler dument. C’est nettement pire dans le train Rouen Dieppe : plusieurs contrôleurs en groupe passent et repassent 10, 20 fois dans les rames à la recherche du « criminel sans masque ». Je me demande pourquoi cette ligne de train est aussi peuplée de cheminots kapos. Déjà en juillet j’y avais une première conversation surréaliste avec une contrôleuse qui passait son temps à pister le sans-masque dans tout le train. J’étais seule dans toute la voiture et lorsqu’elle m’a dit « j’obéis aux ordres » je lui ai répondu « souvenez-vous des employés de la SCNF qui ont dit cela lors des procès d’épuration. Jusqu’à quelle limites êtes-vous prête à obéir ? Elle n’avait pas quoi su répondre, méconnaissant visiblement tout ce pan de notre histoire européenne et les mécanismes psychologiques qui ont précipité les gens dans l’engrenage de la soumission à la dictature.

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Mais le pire est que ce sont les syndicats de la RATP et de la SNCF qui les premiers ont exigé le masque dans les transports publics, dès le 11 mai 2020, sur les salariés et sur les voyageurs et ont ouvert la porte pour que le gouvernement l’impose partout, par tous les temps, en tous les lieux et pour tout le monde. Nous ne retrouverons pas la liberté de respirer tant que ces syndicalistes ne comprendront pas la muselière anti-contact humains imposée aux travailleurs 15 heures par jour c’est le premier pas vers le rétablissement du servage. A moins que ce ne fut pas une erreur ? Je me rappelle de ce dernier rassemblement politique « avant la guerre » auquel une amie Gilet Jaune parisienne, aujourd’hui confite dans le covidianisme, m’a entrainée. C’était le 10 mars 2020 à la Parole Errante de Montreuil. 5000 syndicalistes et usagers de la la RATP et la SNCF fêtaient heureux et déterminée la victoire dans la Grande Grève pour sauver les retraites que nous avons tous tenue contre Macron les durs mois d’hiver. J’ai assisté à l’événement, j’ai écouté les vibrants discours révolutionnaires de jeunes militants syndicaux qui ont entonné à la fin une émouvante Internationale[1].

Moins d’une semaine plus tard tous ces beaux esprits étaient sagement confinés obéissant à l’ordre de Macron de cesser immédiatement toute activité politique associative, culturelle et sociale. Depuis, nous n’avons plus de liberté de réunion et d’association. Comment un tel retournement a pu se faire ?  Et si les syndicalistes de la SNCF et la RATP n’ont pas gagné la grève des retraites mais ont simplement négocié leur adhésion au régime corona en échange de leurs régime spéciaux ? Nous trahissant tous ? La réponse à la question nous expliquerait le mécanisme de soumission servile des agents de la SNCF et RATP à tous les délires de la covido-dictature. D’ailleurs je me rappelle que trois semaines plus tard l’amie qui m’a emmené au meeting m’a expliqué qu’elle avait eu le covid en décembre 2019 et qu’elle avait déjà tout lu sur le virus dans les documents scientifiques chinois dès cette période, que c’était très grave et très contagieux et qu’on allait tous mourir des orages de cytokines impossible à prévenir, soigner et guérir. Mais alors, elle savait ce 10 mars 2020 que la contamination serait massive à ce meeting de plusieurs milliers de personnes rassemblées et elle m’y a quand même emmenée? Elle savait et elle ne m’a rien dit ? Que penser de son attitude et celle de ces syndicalistes disparus de la vie sociale et politique depuis ?

Traverser la mer en janvier 2021 -La côte anglaise en lutte contre la covid-dictature

A Dieppe je retrouve l’hôtel ou j’ai séjourné l’été. La propriétaire a baissé le prix d’un tiers mais nous ne sommes que 3 clients dans ce bel établissement dans une maison ancienne près du port. Elle se rappelle de moi et la confiance s’instaure au fil de la journée. Elle a compris qu’elle se fait avoir par la politique de Macron car elle avait scrupuleusement suivi les « gestes barrières » et avait imposé le délire hygiénico-masqué à tous ses clients estivaux. Peine perdue, Macron a quand même fermé les hôtels et lui a interdit de travailler détruisant ainsi le tourisme dont vivent des villes comme Dieppe. Mais il n’y a pas que la terreur hygiéniste dans les hôtels qui fait fuir les clients : je découvre avec déplaisir que le masque est obligatoire dans toute la ville de Dieppe et dans toute la région. Il est aussi imposé sur la vaste plage de galets et la soumission de tous est à l’ordre du jour. Je suis venue pour m’oxygéner les poumons et je suis soumise au même régime carcéral qu’en Ile de France. Qui viendra payer un hôtel dans une ville de province pour y respirer à la plage d’air vicié de son masque ?

 Je craque et je crie ma colère face à la mer déserte. Mais à Dieppe les gens me dévisagent d’un air méchant lorsque je déambule sur la plage sans masque. L’air est littéralement irrespirable. Donc je décide de passer outre-Manche avec le ferry dès le lendemain alors que j’avais programmé quelques jours de vacances ici. Lorsque du bateau j’appelle l’hôtelière pour lui expliquer pourquoi j’ai abrégé mon séjour, elle n’est pas surprise. Elle sait que le masque n’a jamais été imposé dehors en Angleterre et elle déplore les touristes anglais qui ne reviendront plus alors qu’ils étaient une importante source de revenus pour la ville. S’ils revenaient, ils seraient immédiatement soumis à un test PCR forcé au CHU de la ville sans pouvoir sortir du bateau, comme il est arrivé à une trentaine de touristes anglais qui avaient débarqué juste avant le Réveillon, m’a informé un Dieppois. Je discute longuement avec cet homme préoccupé par la mort de sa ville. Il connait déjà trois restaurateurs de la région qui se sont suicidés et personne n’en parle. Une de ses proches travaille dans des EPADH de la régions et elle a aussi beaucoup à dire sur les euthanasies actives et passives qui y sont en cours.

Dieppe le 1 janvier 2021
Dieppe le ferry vers l’Angleterre 2 janvier 2021

Dans la gare maritime de Dieppe la société DFDS a le monopole de la traversée vers New Heaven. Le billet ne coûte que 30 Euros et contrairement à Douvres il est possible de monter dans le bateau sans véhicule. Nous sommes quelques 30 voyageurs, des couples britanniques âgés qui rentrent chez eux après des en vacances en France avant le conflit franco-britannique autour du pseudo « variant anglais » du corona. Il y a aussi quelques jeunes Français qui émigrent pour de bon. Le masque est sévèrement obligatoire dans toute la zone du port de passagers et de marchandises. Le port est d’ailleurs encadré d’imposants barbelés sous la falaise. Je me dis qu’on a laissé le régime installer ces barbelés contre les migrants qui allaient en Angleterre. Mais finalement le dispositif sécuritaire se retourne contre nous, citoyens français. Si nous devons fuir notre dictature, nous ne pourrons plus monter dans un bateau et traverser la mer comme l’ont fait les pêcheurs de l’ile de Sein qui ont rejoint de Gaulle dès l’été 1940. Nous sommes prisonniers de notre propre pays et de son régime.

La guichetière de DFDS accepte de me vendre un billet mais m’impose une attestation sur l’honneur « je soussignée déclare ne pas avoir de symptômes du covid ». C’est illégal bien sûr, aucune entreprise privée n’a le droit d’inspecter un dossier médical d’un citoyen. Les données personnelles des voyageurs doivent être déclarées à la CNIL si dorénavant DFDS les récolte. Je demande à la jeune employée selon quelle loi l’entreprise stocke ces données personnelles et si elle les a déclaré à la CNIL. La jeune ne sait même pas de quoi je parle, elle n’a jamais entendu parler de la CNIL et obéit sans un murmure aux ordres données. Je ne veux pas mettre ma traversée en danger par trop de protestation mais je lui demande une photocopie de la feuille signée et tamponnée par l’entreprise attestant que j’ai bien déposé cette déclaration. « Vous comprenez, si je vous donne cette attestation, comment puis- je prouver ce qui est dessus si je ne l’ai plus en main, en cas de problème ? Je dois me couvrir aussi ». La jeune employée ne comprend rien mais sa supérieure hiérarchique si : elle me fournit la photocopie tamponnée.

Attestation illégale exigée par le ferry en plus du passeport
La mer entre Dieppe et New Heaven

L’entrée dans le bateau est morose, mais après je savoure ma traversée. La mer vert-bleue sur laquelle se lèvent quelques rayons de soleil après l’averse. Il fait froid sur le plus haut pont. Mais je suis seule et je RESPIRE un air iodé magnifique. Quel bonheur de respirer, c’est une liberté première. D’ailleurs, nous sommes des privilégiés car nous avons droit au restaurant du ferry, manger et de contempler le paysage sans masque. Quel bonheur d’être soi, de retrouver une vie normale. Le débarquement a lieu vers 14 heures. New Heaven est un petit port industriel niché entre les falaises de la côte assez urbanisée du Sussex. La gare maritime est toute petite, nous descendons au garage et les employés anglais de DFDS nous récupèrent à la sortie du bateau, nous escortent à pied vers un petit hangar où nous passons le contrôle aux frontières britanniques et reprenons nos bagages. Je suis un peu nerveuse car l’employée fait du zèle. Elle demande mon « Passanger Locator Card’ » et demande si je vais à Londres. Oui, rejoindre mon/ma « friend ». Partenaire, copain, ami… L’Anglais permet de rester dans un flou diplomatique. Elle n’insiste pas et me laisse passer. Dès la sortie du bâtiment j’arrache mon masque. Quel bonheur d’être libre. Les salariés du port ne le portent d’ailleurs pas du tout lorsqu’ils travaillent dehors.

Promenade à Brighton le 3 janvier 2021

D’ailleurs c’est le cas de toute la région. Mis à part les transports en commun qui sont plus sévères, le masque n’est pas porté sur la côte du sud. Il n’est pas imposé dehors et tout le monde respire librement sur les plages, sur la promenade côtière, dans les rues. Les restaurants sont fermés et ne font que de la vente à emporter, mais ils sont nombreux à travailler et dans bien des endroits les employés ne portent même de masque à l’intérieur. D’ailleurs la région est vent debout contre la dictature covid et elle le fait savoir par cette résistance pratique et obstinée. Je discute avec les hôteliers et les restaurateurs qui m’expliquent leur refus de mourir de la folie du gouvernement. Je sais que le gouvernement anglais n’est pas uni sur la question et que c’est plus le NHA qui impose ces interdictions absurdes et contraires aux droits fondamentaux. La côte de Eastbourne à Portsmouth est urbanisée et touristique, parsemée de HLM mais aussi dotée de jolies centres-villes victoriens et de petites maisons coquettes rénovées par les classes moyennes. Les propriétaires des hôtels trois étoiles et plus ont l’air de bien vivre la fermeture de leur business mais ce n’est pas le cas des petits loueurs de chambres ou des propriétaires de pub et d’hôtels bon marché. Ils ouvrent pour survivre dans cette folie incompréhensible. Ce dimanche 3 janvier les habitants et les touristes déambulent avec leurs familles sur la plage et sur la promenade côtière, prennent des cafés et des repas sur les bancs, font de la course à pied et du vélo. Sans masques naturellement.

Brighton victorienne
Brighton monument aux morts

La municipalité de Brighton a placardé les affiches qui déconseillent le port du masque aux personnes âgées. L’affiche dit :« Thank you for Understanding me, I cant wear the mask » à côté de la photo d’une vieille dame. « Comprends mois, je ne peux pas porter de masque ». Le slogan reste dans le cadre de l’idéologie covidienne : on doit porter le masque pour protéger les autres. Mais le maire de Brighton demande pitié pour les vieux, laissez les respirer ! Il a raison. Je pense à ces pauvres ombres dans ma banlieue ou à Dieppe qui arrivent à peine à se trainer le bouche et le nez bouchés par le plastique chinois, marchand tête baissées comme des âmes damnées. La Grande Bretagne respire et un grand air vivifiant renforce sa détermination à vivre pleinement. Cet air est contagieux et je vit moi aussi quelques moments de pur bonheur.

« Merci de comprendre que je ne peux pas porter de masque » – Brighton déconseille le masque aux vieux

La Grèce pour Assange

Le soir du 2 janvier je suis heureuse d’intervenir lors du débat du collectif Greece for Assange[2] invitée par une amie militante grecque Anastasia Politi via l’application Jitsi Meet. Evidemment, ayant connu les Forums Sociaux ou 100 000 militants européens se rencontraient à Paris en 2003, à Londres en 2004, à Athènes en 2006, à Malmö en 2008 et Istanbul en 2010, ayant organisé ce genre de grand événement, je trouve toujours les « débats » virtuels très décevants et de surcroit épuisant énergétiquement alors qu’un véritable meeting public est une rencontre qui me nourrit. Mais aujourd’hui je suis reconnaissante aux amies grecques de venir prendre part à la lutte pour la libération de Julian Assange. Je suis heureuse de revoir même en video les grandes militantes de la gauche grecque, Sissi Vovou et Afroditi Stambouli. Surtout je suis très reconnaissante du soutien apporté à nos actions pour la libération de Julian Assange par mon amie l’ancienne eurodéputée Konstantina Kouneva que je connais depuis 2008, du temps de nos luttes syndicales communes pour les droits des travailleurs migrants est-européens en Grèce. Je suis d’autant plus satisfaite que ces militantes connues en Grèce sont aussi des piliers historiques du mouvement féministe. Julian Assange a été mis en captivité par le système politico-judiciaire britannique sur la base de manipulations utilisant un vernis féministe, il n’est que justice que ce soient les féministes européennes qui parviennent à sa libération. Je suis très heureuse de retrouver l’ambiance familière du militantisme de la gauche grecque que j’ai connu de 2005 à 2017 alors du mouvement altermondialiste et des luttes contre la dette odieuse imposée à la Grèce.

Greece for Assange avec le soutien de Konstatina Kouneva

J’entends de la part de la militante Niki Konstantinidi (dont je ne vois pas le visage, encore une des particularité de la « démocratie sur internet, qu’on puisse entendre un débat sans être vu) l’assurance que Julian Assange aurait froid « à Belmarsh », qu’il « manquerait de vêtements chauds » et qu’il « serait impossible d’accéder le 4 janvier à la Old Bailey ». Cette personne a l’air de très bien connaitre Assange et l’entourage des avocats, mais ses affirmations m’agacent néanmoins : si Assange est à Belmarsh, ses prétendus proches n’ont qu’à utiliser l’argent des cagnottes pour lui acheter ce dont il a besoin au magasin de la prison. Belmarsh n’est pas Tazmamart ni Cayenne, je refuse de jouer ce jeu de dramatisation. Ou bien Assange n’est pas à Belmarsh, mais dans un endroit particulier, dépendant seulement du système royal et pas du ministère de la Justice britannique et alors que la vérité éclate. Les peuples sont fatigués du storytelling infantilisant et veulent entendre la vérité sur tout : le covid, le Grand Reset, la situation géopolitique, les fraudes aux élections en Amérique du Nord et aussi qui est et où est Julian Assange.

La City à la veille du procès de Julian Assange

J’arrive dans la City of London Corporation, dite City de Londres, le 3 janvier 2021 au soir. On est dimanche et je ne m’étonne pas que le quartier soit désert. Je serai plus surprise le lendemain lundi devant les bureaux vides, les boutiques fermées à double tour pour « cause de covid rules » comme si une bombe avait décimé le vivant ne gardant que les bâtiments : les multinationales ont imposé enfin le télétravail à tous et peuvent refaire de l ‘argent en abandonnant les bureaux devenus inutiles. C’est le salarié qui paye maintenant avec SON propre loyer les frais de bureau d’entreprise ! Quelle aubaine de faire pareil économie ! Vive le Covid, doivent se dire les top managers de la banque American Bank, Goldman Sachs, Barclays, London Stock Exchange, bourse de la City, qui entourent le tribunal de la Old Bailey.

 Ce n’est pas le cas des propriétaires des petits commerces qui vendaient les services aux salariés : boutiques de vêtements, kiosques, librairies, cafés, pubs, restaurants sont déjà en faillite et à vendre. J’ai réussi à réserver un hôtel situé à 500 mètres de la Old Bailey. C’est un hôtel typique pour manager au confort ultra moderne mais au décor et mobilier minimalistes. En temps normal je n’aurais jamais pu y payer une chambre, mais le prix est modique étant donné l’emplacement. Avec la dictature Covid, la panique et le télétravail, il faut dire que nous ne sommes que 3 clients dans tout l’hôtel. Les règles à la réception sont bien plus sévères que sur la côte révoltée : mon passeport est scannée et je suis sommée de signer une déclaration comme quoi je ne voyage que pour les raisons que le gouvernement a jugé valables. Sur la feuille de papier que la réceptionniste me remet figure « l’enterrement d’un proche et accompagnement d’un proche à un enterrement », «la maladie » et « le soutien à un proche malade » : ambiance. Il y a tout de même une petite ligne « séjour impératif pour rencontre de travail ne pouvant être menée à distance ».

Je fais comme si de rien n’était et il n’y avait aucun covid. Au troisième jour les employés finiront par tomber le masque, le naturel de la vie revient heureusement.

Old Bailey, photo d’internet côté Nord, Newgate Street, les deux fenêtres de face et de côté au deuxième étage sont illuminées la nuit du 3 janvier, veille du procès

A peine arrivée je dois me mettre en quête de quelque chose à manger, j’ai compris qu’avec les « covid rules » les rares restaurants n’ont pas de clients et donc pas de raison de rester ouverts le soir. Je marche vers la Old Bailey par la rue NewGate Street, je longe l’église historique Saint Sépulcre et je me retrouve devant l’imposant bâtiment du 19ème siècle et de son prolongement, le bunker des années 60 ou j’ai passé des heures à attendre en septembre. Autour d’eux les immeubles de bureaux vides avec leurs immenses portes donnant sur de profonds souterrains de livraisons sont sinistres. Seuls les agents de sécurité sont en faction dans les halls et je sais qu’au moindre signe suspect ils vont immédiatement appeler la Police de la City of London Corporation qui n’a du tout été commode en septembre. Je ne peux donc prendre aucune photo.

Pourtant ce que je vois de la Old Bailey est très intéressant : la « cérémonie » du « procès » est déjà en préparation car tout le chez de chaussée du vieux bâtiment, une grande salle au premier étage côté gauche et deux fenêtres au dernier étage sont illuminées. Dans le bunker des années 60 où avait lieu les réunions de septembre et où j’ai pu voir Assange physiquement présent, deux grandes baies vitrés sont illuminées au rez-de-chaussée ainsi une grande salle d’audience au premier et au deuxième étage, peut-être la salle 10 ou cela se passait en septembre. Au dernier étage deux petites fenêtres se distinguent par leurs lumières bleutées : les galeries du public sont situées là-haut, mais je n’ai pas le souvenir d’une lumière bleue. Ce qui est intéressant est que même la grande porte cochère qui donne sur une petite cour par laquelle rentrent les employés du tribunal est illuminée. Est-ce à dire que même les employés sont mobilisés pour la préparation de la « cérémonie » ? Je crains fort que ce qui se passera demain sera une « exécution ».

Je contourne le complexe de la Old Bailey par la Warwick Lane, rue qui sépare le tribunal du complexe de la cathédrale Sankt Paul entourée d’immeubles de banques neufs et laids. Le seul magasin ouvert dans le quartier se trouve près du métro Sankt Paul. Je peux enfin d’acheter de quoi dîner.

Warwick Lane – la Cour derrière la Old Bailey – photo en été
Entrées principales de la Old Bailey (le batiment de 1907 et plus loin le bunker des années 60 rue Old Bailey ) – photos prises en été
La Amen Court, maisons du 17 siècle derrière la Old Bailey, dont le mur au fond est un vestige de la New Gate prison, qui a servi 1000 ans jusqu’à 1907 à la place des bâtiments actuels

Nuit d’attente du verdict à la Old Bailey

J’aurais aimé retourner la nuit près de la Old Bailey pour surveiller ceux qui amènent Assange à la Old Bailey. L’expérience de septembre a montré qu’il n’y était en aucun cas amené chaque matin, mais le plus probablement vivait déjà dans la Old Bailey avant le procès et y est resté tout le mois de septembre car il y a dans cet immense bunker toute l’infrastructure nécessaire. Après tout le lieu a été avant 1902 la sinistre millénaire prison New Gate bien pourvue en cachots qu’il suffit de moderniser[3]. Si je ne l’avais pas vu de mes propres yeux en chair et en os salle 10 le 9 septembre 2020, j’aurais même pu douter de sa présence réelle dans ce lieu. Mais je l’ai bien vu. Qui donc et de quelle manière amène l’illustre otage vers ces lugubres salles où nous sera dévoilé son sort ? Répondre à cette question serait avoir un indice ou Julian Assange se trouve vraiment, une fois compris qu’il ne peut être dans l’ordinaire prison de Thameside dite « Belmarsh ». Les prisonniers de Belmarsh sont des condamnés de droit commun par le ministère de la justice britannique et bénéficient tous du même régime, lettres, e-mail, possibilité de visite et envoie d’argent.

Warwick Passage, l’entrée de la galerie du public ou j’ai attendu presque 4 heures de 5h30 à 9h du matin le 4 janvier 2021

Quant au Covid à Belmarsh il n’y a guère que les storytellers de l’affaire Assange qui sonnent le tocsin, les véritables détenus et leurs avocats ne sont pas du tout affolés, comme j’ai pu le constater en discutant avec mes contacts polonais (un consul polonais s’occupe des nombreux Polonais purgeant une peine à Belmarsh)

Mais je ne me résouds pas à faire le siège de la Old Bailey de nuit, je suis trop fatiguée et je suis seule. Néanmoins, la nuit est encore profonde quand je me lève et je sors à 5h30 pour aller à la Cour. Je suis bien équipée pour tenir le froid et j’ai emporté mon petit déjeuner.

J’arrive rapidement à 5h45 devant le bâtiment sombre et désert. J’inspecte les lieux, personne, aucun militant installé pour la nuit dans le passage Warwick, l’étroit boyau côté sud du tribunal ou nous avons passé en septembre des heures à attendre devant l’entrée des galeries du public.

Panneau dans le Warwick passage (photo faite en été )

Je marche vers la partie Nord du bâtiment à New Gate Street mais j’hésite à perdre un temps précieux car quelqu’un peut me prendre ma première place devant la galerie du public…Comment savoir quelle entrée sera utilisée cette fois ? Je ne peux pas le savoir, seule devant les multiples entrées de la Old Bailey il est m’impossible de mieux m’organiser.

Il n’y a pas un chat devant tout le pâté de maison, je reviens vers le Warwick passage. Avant de me poster devant la lourde porte en bois du Passage Warwick, je vais d’abord voir l’agent de sécurité de la banque en face qui me regarde fixement dans l’entrée de son immeuble. Je sais déjà combien les cerbères de la City son promptes à appeler la police de la City of London Corporation à la moindre « anomalie ». Pour eux, une femme seule dans la nuit à attendre devant une porte d’un tribunal qui ouvre à 9 heures est une anomalie. L’homme est jeune, il porte un masque et je ne pense pas qu’il me sourit, mais moi je suis souris. Je me présente et j’explique que je représente une association des droits de l’homme et que je viens comme « observer » pour le procès de Julian Assange. Je l’avertis pour qu’il comprenne ce que je fais là si tôt. Il acquiesce. Ensuite, j’inspecte les deux grands panneaux d’affichage sous verre à côté de l’entrée principale du bunker : il y aura 25 audiences criminelles dans la cour aujourd’hui.  Les noms des justiciables sont affichés, le numéro de dossier et, ce qui est important les noms des juges.

Panneau près de l’entrée de la Old Bailey (photo faite en été)
Entrée principale de la Old Bailey (des avocats, des justiciables, des témoins… ). Panneaux des audiences à droite. Photo faite en été

Pas de Julian Assange sur les liste de la Old Bailey, pas non plus de juge Baraitser, Vanessa ou autre. Le procès d’Assange n’est donc bien pas mené par la Central Criminal Court mais organisé par une autre « entité » dans une salle louée ou prêtée pour l’occasion. Encore une preuve que ce procès n’est pas un vrai procès.

Souvenirs de l’audience du 11 décembre 2020

Debout dans le froid glacial qui balaye le Warwick Passage, j’ai tout le loisir de réfléchir à mes aventures du 11 décembre dernier, la dernière audience lors de ce qui fut un plaisant voyage dans une Angleterre bien plus libre que la France sous couvre-feu et l’incarcération policière à domicile sous prétextes sanitaires.

Devant la Westminster Court le 11 décembre

J’étais arrivée tôt à la Westminster Magistrate Court, j’y étais aussi la première et il s’était écoulé encore une heure avant que les supporters de Greekemmy n’arrivent. La deuxième personne à se présenter fut Sabine von Törne pour laquelle j’ai de la sympathie. Nous avons discuté ensemble longuement de la situation d’Assange et de nos pays respectifs pendant que nous attendions. Il y avait environ 7 personnes derrière moi et Greekemmy distribue toujours les numéros, mais me nota respectueusement comme « première ».

Le jour se lève alors vers 8h30 et bientôt tout se met en place : les nouveaux agents de sécurité sont aux portiques de sécurité, notre ami Mauricien francophone est là aussi. Nous nous saluons et je passe vite les portiques, je fonce au tableau dans le hall, il n’y a pas de liste. Je cours à l’étage sans regarder derrière moi et je demande au secrétariat. La jeune secrétaire part se renseigner : Assange, ce sera salle 3 ou salle 10. J’arrive devant la salle 3, un secrétaire affiche la liste peu après. Ce sera bien ici : Julian Paul Assange, 10 heures. Mais pas de nom de juge, comme toujours. La liste comporte 16 noms, 10 le matin et le 5, soir plus Assange. Trois sont Polonais, un Hongrois, 4 Roumains, 1 Estoniens, I Irlandais… Mais je remarque très vite que le gros des extradés est-européen est expédié salle 10 au deuxième étage. On voit d’ici la foule s’amasser au deuxième étage : avocats et familles. Ils ont donc décidé de séparer Assange des autres justiciables. Nous ne sommes que 8 à faire la queue devant la salle 3 : derrière moi Sabine, Deepa, Greekemmy, bientôt Rebecca Vincent toujours avec son masque noir et son manteau rouge, et puis deux journalistes dont Mohamed El Maazi de Sputnik UK et Joseph qui cette fois fait la queue avec une carte de presse avec eux.

Deepa fait son compte rendu

A 9h50 tout se gâte. Un grand greffier, différent de ceux dont on a l’habitude, sort de la salle et demande qui vient pour l’audience de Julian Assange. Je suis confiante, je me présente. Mais l’homme ne me calcule pas, parle au-dessus de ma tête aux autres, comme si je n’existais pas. Deepa Driver se présente comme « legal observer » au nom d’une organisation. Je suis excédée car je ne comprends pas bien ce que les gens disent avec le masque. J’ai besoin de voir les lèvres et les expressions du visage pour comprendre une langue étrangère. De plus, comme l’homme ne me comprend pas non plus, je suis obligée d’écarter mon masque pour être comprise. Mais voici que l’homme déclare qu’à cause du « Covid » il n’y aura que deux places pour le public, journalistes compris, d’autant plus que les observateurs de la « High Commission » sont attendus. Quid cette « High Commission » ? Des envoyés du « High Governorate de l’Australie » ? L’Australie se bouge et reconnait Assange comme son citoyen ?

Nous sommes abasourdis. Je proteste, disant que je suis ici depuis 6 heures du matin. Deepa proteste, Rebecca aussi. Les journalistes demandent au moins à parler au juge car il est « inconcevable » que la presse soit écarté de la justice ! Entre temps je me suis documentée sur les divers procès à scandale du temps de la reine Victoria, dont celui de Oscar Wilde, qui a marqué la lutte pour la liberté d’expression et la liberté de créer. En fait, le public et les journalistes était présents en foule, en masse, pendant les procès du 19 siècle et ne se privait pas de venir ! La démocratie était bien plus vivante à l’époque que dans notre siècle oligarchico- technologique ou il faut se battre pour faire accéder UN TEMOIN au tribunal ![4].

Oscar Wilde

Le désagréable greffier déclare qu’il va « demander au manager » si plus de places peuvent être accordés (le corona est un parfait outil de dictature !). Il fait plusieurs fois la navette entre la salle 3 et le secrétariat. Sur ce arrive Edward Hamilton Fitzgerald qui nous salue d’un air que je trouve condescendant. Le greffier fait entrer deux grands rouquins, qui se présentent comme étant de la « High Commission », donc représentants diplomatiques d’un pays membre du Commonwealth à un autre. Australiens ? Possible, mais comment le savoir, ces hommes ne nous regardent même pas[5].

Rebecca Vincent toujours en rouge et en masque

Le greffier se tourne alors vers nous et demande qui nous sommes. Je me tiens à ma « première place » et Deepa River et Rebecca Vincent sont dans mon dos. Je donne mon nom et mon organisation et je propose des documents de Wikijustice comme preuve. L’homme n’en veut pas. Deepa et Rebecca essayent aussi chacune de « vendre » leur organisation. Je crains fort qu’il s’apprête à dire « ça va pas être possible ». Mais brusquement, il se tourne vers Sabine qui se tient en retrait. Qui êtes-vous ? Elle répond « personal friend of Julian Assange ». Le greffier emmène Sabine vers Fitzgerald quelques mètres plus loin. Il revient… et ouvre la porte à Sabine qui se trouve être la seule à pouvoir rentrer voir Assange.

Deepa est interloquée. « Comment ? Il suffit de dire qu’on est copine d’Assange et on vous ouvre toutes les portes » ? Je souris. J’aurais bien aimé lui rappeler qu’elle est maintenant victime du système qu’elle a si bien contribuer à installer : des gens inconnus arrivent, se disent être la « famille d’Assange » et sans avoir à présenter aucune preuve, aucune pièce d’identité, aucun certificat de mariage, de concubinage, que sais-je, ont brusquement tous les privilèges. Stella Morris fait exactement ainsi depuis juillet dernier et cela n’avait jamais gêné Deepa. C’est alors que tout se débloque… El Maazi est invité à entrer et comme je trouve derrière lui, je lui emboîte le pas. Tant pis si on me vire. Mais le greffier ne dit plus rien, Deepa et Rebecca me suivent et on se retrouvent à 3 dans le box du public ! Sabine est assise au fond, 11 sur 13 sièges sont condamnés, Deepa finit par s’asseoir dans la salle d’audience et personne ne lui dit rien comme si la direction du spectacle avait lâché prise et décidé de ne plus tenir aucune des règles soit-disant si contraignantes et indispensables. La vidéo est déjà allumée, on distingue une salle mais différentes des fauteuils rouges qu’on nous a présenté pendant 1 ans comme étant ceux de Belmarsh et ressemblant à une salle d’attente de centre médical.

Julian Assange n’est pas là. Par contre, le juge est déjà là et c’est un jeune homme roux. La prétendue audience en justice est réduite à une rencontre organisationnelle expéditive. Fitzgerald est debout et discute avec le procureur, une jeune roux également. Il ne s’assied même pas quand le juge dit « Judge Baraitser has granted » que M. Assange ne sera pas obligé de comparaitre car il est représenté ». A garanti ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Comment peut-elle garantir qu’il n’est pas obligé de se présenter et qu’on peut parler dans son dos ? Elle LUI a promis ? C’est lui qui ne veut pas comparaitre ? Sinon QUI a décidé à sa place que nous ne le verrons pas et qu’il sera donc impossible de voir quelle est sa santé et son état général ? Est-il encore vivant ? Après tout nous ne l’avons plus revu vivant depuis septembre…

Hamilton Fitzgerald dit quelque chose que je ne comprends pas mais qui n’a pas l’air solennel. Et voici que le juge déclare que c’est « reporté au 4 janvier prochain à la Criminal Court ». Tout le monde se lève et part sans attendre le juge. Je suis de plus en plus excédée par cette « fake justice ». Je sors du box et je me dirige vers le juge. Celui-ci me demande de m’écarter. Je le fais mais je lui dis que je n’ai pas entendu et pas compris ce qui se passe. Je me présente et je présente Wikijustice et je lui demande si je peux connaitre son nom. Il se présente (enfin, ce n’est pas un luxe en démocratie que de connaitre le nom des juge décidant de la vie de citoyens !) : Paul Goldspring. Je remercie. Nous sortons du tribunal ensemble, Sabine et Rebecca Vincent en manteau rouge et moi dans mon costume violet. Dehors la manif continue. Je suis déçue mais pas si surprise. Ils ne veulent pas nous le montrer, on ne sait pas pourquoi. Je ne crois pas que ce soit lui qui ait refusé de se montrer, mais plutôt qu’ils n’ont pas les moyens de monter la « mise en scène Belmarsh » comme avant et c’est pour cela que le cérémoniel à la Westminster est réduit à la plus simple expression. Dans 3 semaines ce sera la cérémonie à la Old Bailey. Je ne sais pas ou Assange passera Noël, mais ce qui est sûr est qu’il sera à la Old Bailey avant le lundi 4 janvier.

Je pars le soir même inspecter à Islington le Pure Theater de Lisa Baraitser. J’y passe de beaux moments dans les pubs et restaurants ouverts, pleins de vie et de joie.

Le juge Paul Golspring a mon âge. Il est cité comme ayant eu à juger un apprenti terroriste qui demandait à avoir un téléphone dans sa cellule[6]. Mais il a surtout été connu en 2017 pour avoir décidé de l’extradition deux Polonais, les frères Herba, que l’Italie accusait de kidnapping d’une jeune femme mannequin. Les Herba assuraient n’avoir commis aucun crime et ont cherché à s’expliquer par video avec la justice italienne. Ils affirmaient avoir eux-mêmes emmené la jeune Chloe Ayling[7] à l’ambassade britannique. Leur avocat prétendait que l’affaire est une invention organisée par l’agent du modèle pour obtenir une notoriété ce qui n’est pas sans rappeler certaines accusations suédoises contre Assange… Le juge Goldspring se trouvait dans la difficile situation de juger de la vie réelle de deux hommes réels sur la base unique de « storytelling » fournis par les médias… Ce qui rappelle également le rôle des storytellers dans la vie de Julian Assange. Où est la vérité ? Où est la fable ? Comment prouver la vérité alors qu’un juge Magistrate n’est qu’un simple médiateur citoyen qui se trouve investit d’un pouvoir si grand sans avoir les moyens de mener sa mission avec justice et honnêteté?

Comment croire que la juge Baraitser a vraiment décidé de la vie de Julian Assange alors qu’elle n’est pas un juge professionnel et que ce sont évidemment les pouvoirs politiques qui ont décidé et décident du sort d’Assange (Couronne, ministère de la justice, de la Défense, Home Office, Foreign Office, différentes fondations dont celles qui payent les storytellers médiatiques… analysés dans la plainte Internationale de Wikijustice[8]).

Un tribunal n’est pas un théâtre pour lequel les médias écrivent le scénario. Historiquement non, mais peut-être qu’au 21ème siècle nous nous dirigeons vers une telle vie, une telle société ? Trop de choses ont été bouleversées dans nos vies depuis 1 an. Nous avons perdu totalement la maitrise de nos vies, notre pouvoir de citoyen est déjà bien rogné. Nous devons résister et lutter si vous voulons récupérer ce pouvoir citoyen et refuser la condition de bétail enfermé de nuit et sortant uniquement de jour pour être exploité au travail. Oui, nous devons REFUSER cette condition servile de toutes nos forces.

Julian Assange le 4 janvier à la Old Bailey, la vie sauve mais captif et en danger de psychiatrisation

Une heure s’écoule alors que j’attends dans le passage Warwick balayé par le vent glacial. Dès 6 heures 15 une multitude de caméras sont installées devant la porte centrale du bunker de la Criminal Court, un matériel coûteux et lourd. Des présentateurs télévision prennent la pose sous des parapluies tenus par leurs assistants. Tout un monde de storytelling se presse, qui ne s’est jamais dérangé pour rendre compte de la torture qu’Assange subissait dans son cachot, il y a exactement 1 an alors que nous étions les seuls, à Wikijustice, à sonner l’alarme dès octobre 2019.

A 7 heures il y a déjà 30 journalistes et photographes et c’est alors que quelques militants arrivent : Jamie, qui avait fait le siège du passage en septembre mais ne vient jamais à la Westminster Court, puis Alison l’Australienne. Je les salue et je me risque à quitter mon poste pour voir ce qui se passe dans la rue. Il y a 5 militants à côté des journalistes quand arrive un imposant car de flics : ce sont les policiers de la City of London Corporation reconnaissables à leurs damiers rouges et blancs sur leur képi et dotés d’uniformes noirs. Leur camion s’arrête devant le passage Warwick et m’obstrue la vue. Je bas en retraite dans le renfoncement près de la porte. Les policiers circulent dans le passage sans me remarquer. C’est l’heure à laquelle la même dame qui habite derrière la Old Bailey promène son chien noir. Elle sort de la Amen Court, maisons historiques du 17 siècle qui subsistent dans le quartier après les sévères bombardements nazis de la guerre. C’est l’heure aussi à laquelle arrivent les employés de la Criminal Court, des secrétaires masquées, des agents de sécurité. Rosie Sylvester, la préposée au procès d’Assange en septembre ne passe pas. Elle a visiblement fini son service sur cette affaire, je ne l’ai pas revue non plus à la Westminster.

Une demi-heure de présence policière plus tard, des cris retentissent dans la rue : les policiers de la City of London Corporation encerclent et nassent les militants venus pour soutenir Assange sans déranger l’armada de caméramans et autres reporters de storytelling qui sont maintenant 50 devant l’entrée principale. Le spectacle de cette meute venue se repaitre du sort d’un homme emprisonné dont elle ne se souciait absolument pas quand on pouvait le sauver, en été, à l’automne et à l’hiver 2019 m’est très déplaisant. Non seulement tous ces gens étaient aux abonnés absents quand ils pouvaient servir à quelque chose mais encore ils répercutent sans jamais vérifier tous les storytelling les plus abjects, Assange violeur, Assange va se suicider, Assange s’encanaille dans l’ambassade joyeusement jusqu’à faire deux enfants à son « avocate »… Ca me révulse mais je comprends à les regarder faire aujourd’hui comment le « concept » d’Assange a été construit artificiellement : en 2010 il y avait comme aujourd’hui plus de caméras pour faire le spectacle que de vrais militants et de vrais amis. Assange a toujours été un otage du système politico-médiatique et n’a jamais eu la moindre liberté dans la construction de son image et de sa vie.

La police épargne les storytellers du mensonge mais menace d’arrestation les militants : Alison est son amie son encerclées par les policiers alors elles crient qu’ils n’ont pas le droit de les interpeller car les «lois covid » n’abolissent pas les droits de l’homme et elles ont donc le droit d’être dans la rue. Le bras de fer dure 45 minutes : les policiers partent vers 8 heures, les militants se réfugient dans le campement des journalistes ou la police ne vient pas les chercher.

Dans le boyau Warwick, je commence à m’interroger sur les raisons de ma solitude. Et si ce n’est pas la bonne entrée ? Mais j’ai peur que si je bouge je vais perdre ma place si durement occupée. Les agents de sécurité commencent à faire entrer les avocats et les employés de la Criminal Court dans l’entrée principale. Vers 8h20 je vais voir l’un d’entre eux et je lui demande si pour l’audience de Julian Assange c’est bien ici. Il me répond : « oui, ne bougez pas. C’est bien l’entrée du public. Mais il y aura très peu de places à cause du Covid. Seule la famille sera autorisée ». Je suis obligée de faire confiance à l’homme car je n’ai pas le choix.

Je n’en peux plus du froid et de la fatigue. Qui sera donc la « famille » de Julian Assange ? Stella Morris va -t-elle faire office de « famille » ici ou bien « d’avocate » dans la salle d’audience ? Vers 8h45 heures une militante âgée que j’ai vue à la Westminster vient me saluer et me propose de m’apporter un café. J’ai tellement froid que j’accepte de bonne grâce sans lui poser de questions ou sont les autres, Greekemmy, Deepa, Rebecca Vincent. Deux femmes inconnues se placent derrière moi et me demandent si c’est bien ici qu’on doit attendre pour l’audience d’Assange. Je ne peux que leur répéter les informations reçues par l’agent de sécurité. La vieille dame obligeante revient avec deux cafés. Je bois le mien, mais je lui demande néanmoins si elle peut demander à l’entrée si les règles n’ont pas changé et que la porte d’entrée du procès n’est pas au Nord plutôt qu’au sud du bâtiment. C’est impossible en effet d’être seule aussi longtemps, avec 25 jugés il y aurait sûrement eu des familles ou des témoins qui devraient attendre avec moi comme ce fut en septembre. A 9 heures les portes du tribunal s’ouvrent, il y a un mouvement dans la rue.

Alors la lourde porte en bois s’ouvre devant moi et un agent de sécurité apparait. Le procès Assange ? « Mais Madame, c’est porte 2, au nord du tribunal, pas ici ». J’ai été grugée, y compris et surtout par ces « militants » qui me voyaient attendre au mauvais endroit depuis 6 heures du matin et ne m’ont rien dit. Je suis décontenancée, mais ce sont les risques de militer en milieu hostile. Autour de l’affaire Assange j’ai rencontré très peu de gens honnêtes et beaucoup de menteurs, de manipulateurs et mêmes des violents. Je sais que je ne pouvais pas m’attendre à rien de mieux. Mais le coup du café offert pour endormir ma méfiance et me faire perdre du temps c’est le summum de la duplicité surtout que la femme s’est éclipsée une fois sa mission accomplie et que je ne l’ai plus jamais revue. Pas le temps à perdre, je m’en vais et je traverse le tohu-bohu des caméras dans la rue direction le bâtiment 1907 de la Old Bailey. Celui qui était si illuminé la veille. J’aurais dû y penser, être cohérente dans la logique. Mais il ne faut pas oublier que j’ai derrière moi le voyage difficile en temps de règne covid alors que ces gens-là sont sur place dans leur pays.

Effectivement, c’est à Newgate Street, autour d’une autre entrée que tout le monde attend ! Evidemment, en arrivant à 9h15 je ne suis pas la seule ! Greekemmy, Rebecca Vincent, Fidel Narvaez et Deepa Driver peuvent me toiser d’un air goguenard, cette fois ils m’ont bien eue ! Mais dans le procès Assange rien n’a été donné sur un lit de roses et en même temps il y a toujours eu des retournements de situation de dernière minute. Je ne me décourage donc pas et je reste coincée avec les autres entre les travaux dans la rue et la mur en pierres grises de la Old Bailey.

Entrée 2 ou a eu lieu la rencontre du 4 janvier 2021 ou j’ai vu Julian Assange en vidéo salle 4

Devant moi se presse une dizaine de personnes, mais nombreux sont ceux qui chauffent la place pour « plus important », je sais d’expérience qu’ils ne vont pas chercher à rentrer. Ils et elles n’ont pas vraiment de discussions politiques sur le procès d’Assange. Ils échangent sourires et nouvelles comme s’ils se retrouvaient au spectacle ou dans un travail de figurants. D’ailleurs certains assument ouvertement être comédiens de profession. Une jeune femme à l’air triste et fatiguée distribue gratuitement des tee-shirts avec « free Assange » peints à la main comme s’il fallait les écouler dans la journée. J’en prends un. Une agent de sécurité femme en blanc et bleu masquée de noir se tient dans l’embrasure de la porte ouverte. Elle demande la famille, mais il n’y a personne, plus exactement il n’y a pas de John Shipton, il n’est pas venu. Cinq minutes plus tard tout le monde se pousse pour laisser passer Craig Murray qui fait office de « famille de Julian Assange ». Je m’énerve toujours quand cet homme est présenté comme la « famille » d’Assange car aucun lien de parenté n’a été prouvé entre eux jusqu’à présent. Il n’a pas non plus été prouvé qu’Assange souhaite la présence de cet homme comme seul « soutien familial » car à la Woolwich Court en 4 jours de débats Julian Assange n’a pas salué une seule fois ni fait un signe de tête à Craig Murray. En plus voir Craig Murray écrire des rapports fictifs chaque jour des audiences alors qu’il n’a même pas un stylo et ne prend pas de notes, cette réalité que j’ai vu de mes yeux m’énerve prodigieusement. Comme il n’est pas possible de retenir autant de détails d’un procès au quotidien dans sa mémoire et d’écrire tous les jours pendant 1 mois sans avoir aucune note, il est évident que le script de ces articles est écrit à l’avance, soit par lui-même soit par d’autres storytellers. Qui décide et pourquoi a-t-il la primauté de rentrer ici en tant que FAMILLE sans jamais faire la queue ? Je repose la question une n-ième fois en 1 an et demi !

Cette fois non plus Craig Murray n’a ni sac, ni cahier ni stylo, ni manteau comme s’il sortait directement d’un appartement mais il entre dans la Old Bailey le premier, suivi de Deepa, de Narvaez, de Rebecca Vincent et d’un jeune que je ne connais pas. Greekemmy reste dehors et fait des photos souvenirs avec ses amis. Comme tout le monde se regroupe autour d’elle, il n’y a plus aucun obstacle entre moi et l’agent de sécurité de la porte. Je parlemente : je suis d’une association de défense des droits de l’homme, je suis ici comme observer, je suis toujours venue au procès, j’attends ici depuis 6 heures du matin dans le froid, les agents de la porte principale se sont trompés et m’ont certifié que je devais attendre Passage Warwick et j’y ait attendu 4 heures… Pourquoi seulement une place pour la famille et 4 places pour le public alors qu’on sait que les galeries du public ont 40 places, je l’ai vu en septembre ? La femme n’a pas l’air de sourire, on ne voit rien avec le masque et la diplomatie est très difficile quand on ne voit plus le visage de son interlocuteur. Moi je porte le masque sur le menton pour signifier mon respect des règles, mais je lui montre aussi mon visage pour qu’elle y lise ma fatigue mais aussi l’absence d’hostilité. Elle me répond que oui, c’est à cause du covid qu’il y a si peu de places, mais elle ne me dit pas de partir. Quand je lui demande pourquoi les associations des droits de l’homme ne peuvent être accréditées au tribunal et qui décide de ce refus, elle me dit : « allez voir le juge ».

J’objecte « Mais le juge qui juge Julian Assange n’est pas un juge de la Central Criminal Court. La Old Bailey ne répond pas à nos lettres, ce qui est logique puisque ce n’est pas la Central Criminal Court qui juge Assange. Vous n’avez en tant qu’institution rien à voir avec ce procès, je le sais. Mais le juge d’Assange ne répond jamais à aucune requête parce qu’elle n’a pas de mail en tant que juge. La Westminster Court ou elle est censée siéger nous répond que ce ne sont pas eux qui organisent le procès ici. Alors, qui décide de ce qui se passe dans votre institution » ?

La femme parait gênée mais ne répond pas. Je vois alors Elliot et Esther Shipton, la femme du frère de John Shipton et le fils de ce couple arriver devant la porte. Ils avaient été les privilégiés qui pouvaient observer Assange en personne salle 10 en septembre. Cette fois, sans John Shipton, ils se font sans ménagement refouler par l’agente. Visiblement ils ne sont plus la famille. Maigre satisfaction pour moi que de voir les autres ne pas pouvoir entrer. Un journaliste inconnu se pointe devant moi devant la caméra. Je suis tellement excédée que je déverse ma bile dans sa caméra peut être imprudemment. Je dis que ce procès est un fake, que Julian Assange n’est pas jugé par la Criminal Court, qu’on ne sait pas qui loue la Old Bailey historique pour le spectacle, mais que c’est une honte d’utiliser les institutions d’un Etat souverain pour s’amuser ainsi. Qui est le juge ? Vanessa Baraitser n’a aucune existence sociale, n’apparait sur aucun document officiel ni ici à la Criminal Court même pas de la Westminster Court ou elle est censée être Magistrate, c’est une honte que les associations de droits de l’homme ne puissent pas voir le procès et surtout voir l’état d’Assange alors que tant de menaces pèsent sur sa santé. On revient au Moyen Age et le covid a bon dos dans l’installation de la dictature, à moins qu’on ne soit jamais ici sorti du Moyen Age…Bref, je dis une partie de ce que nous avons analysé dans notre Plainte Internationale de Wikijustice et notre 14ème demande de libération qui vient de partir[9].

Je sens la jeune femme gardienne de l’entrée de plus en plus embarrassée, mais ma tirade ne lui est pas adressée, elle reste impassible. Il est 10h30 environ quand une jeune femme brune s’approche de moi et demande si c’est bien là le procès de Julian Assange. Les autres mangent leur pique-nique, nous sommes donc seules devant la porte. Elle s’appelle Ellie, est sociologue et elle est une Grecque vivant ici. Je suis contente de voir quelqu’un arriver par les réseaux militants grecs que nous avons bougé grâce à Anastasia Politi et ses amis de Greeks for Assange. Nous discutons en Grec et nous avons tout le temps pour sympathiser. Je lui raconte mon expérience des audiences depuis le 20 septembre 2019 en passant par le 21 octobre 2019, le 13 janvier, la dernière semaine de février à la Woolwich Court et le 9 septembre – toutes les fois que j’ai pu voir Julian Assange en chair et en os. Nous discutons du précédent que cette extradition fait peser sur ceux qui refusent les bases américaines dans nos pays. Nous avons aussi tout le loisir de discuter de ce qu’est un Etat mafieux et un système policier et juridique corrompus et pervertis : je lui raconte mon militantisme en Grèce depuis 2005 et les Forums Sociaux, mes activités syndicales à Santorin et la répression que j’y ai subi avec le procès -cabale de 2009 à 2013. Et je rappelle l’attentat sur Konstantina Kouneva vitriolée en décembre 2008 par la mafia des exploiteurs proches du pouvoir suite à nos actions pour les droits des travailleurs issus de l’Europe de l’Est.

Santorin 2008 – Ile Grecque ou j’ai travaillé et ou j’ai été réprimée pour activités syndicales

Je me sens plus forte n’étant plus seule et j’ai repris espoir. Après tout si quelqu’un sort je peux peut-être entrer… Il est 11 heures à peu près (je n’ai ni montre ni téléphone car ils sont interdits dans la Old Bailey) lorsque Craig Murray sort, immédiatement entouré des militants. C’est lui qui nous annonce la nouvelle de la non-extradition. Mais ce n’est pas très clair dans sa bouche et avec le masque c’est encore plus dur pour moi. J’ai plutôt l’impression qu’il dit que Baraitser n’a pas accepté les arguments politiques touchant à la liberté d’expression, le stress reste donc de mise, je suis prête à tout. Murray a été bien obligé de descendre dire la nouvelle aux militants car il n’a pas de portable (et toujours pas de stylo…). Il repart à l’intérieur et nous restons avec Ellie à nous interroger sur le sens de cela. Elle a un portable et cherche une solution pour le cacher quelque part ou le confier à quelqu’un. Malheureusement de là ou nous sommes, loin de la manifestation devant la porte centrale, je ne peux voir si mes amis sont venus. Nous continuons donc nos discussions en Grec et cela me fait plaisir de me replonger dans la langue de ce pays que j’ai aimé et qui a tant compté pour moi politiquement et personnellement. Les souvenirs du bleu la Mer Grecque et les projets me font tenir ici dans ce froid du Nord. Je pense à comment retrouver notre Liberté sachant qu’en Grèce aussi le régime a imposé le couvre-feu, pour la première fois depuis 1976 et les colonels. Seule la Crète ne respecterait pas ces « mesures covid » et comme toujours se révolte la première.

A 12h25 coup de théâtre : Fidel Narvaez et Rebecca Vincent sortent. Ma patience est récompensée : je peux entrer. Je fonce dans l’escalier sombre qui ressemble à celui du Warwick passage. Quelques marches plus haut, il faut enfermer son sac dans un détecteur de métaux, jeter la nourriture et les bouteilles dans une poubelle, ouvrir les manteaux… L’agent de sécurité qui inspecte mes affaires est le grand homme aux cheveux blancs qui officiait au Passage Warwick et était de service le jour où j’ai vu subrepticement Assange dans salle 10… Il me connait, je le salue, je me rappelle à son souvenir.

C’est plus rapide qu’en septembre, je suis libérée et je peux courir dans l’escalier sombre jusqu’au 4ème étage, un espèce de grand vestibule avec des fenêtres qui paraissent hautes vues de l’extérieur mais en réalité sont les plus petites de celles qui donnent sur la rue – et elles étaient illuminées la veille. Cet espace rappelle les écoles du 19 siècle comme Paris en est plein : hauts murs, grandes fenêtres, plafond lointain, meubles en bois sombre massif, ambiance feutrée et couloirs austères. Je poursuis dans le couloir longeant des portes des salles 2 et 4. Dans laquelle se trouve Julian Assange ?

Deux agents de sécurité travaillent devant la salle 4. Le premier, un homme âgé sympathique, me dit que c’est la pause et il m’invite à attendre dans le vestibule. Il viendra nous chercher. Je m’assieds sur un banc devant une table dans la salle d’attente quand arrive Ellie. Nous reprenons nos discussions, alors que Deepa et Craig Murray discutent de leur côté. Je ne comprends hélas pas beaucoup de ce que dit Craig Murray alors qu’il est le seul témoin oculaire de la salle 2. A cette heure il est confirmé que Julian Assange ne sera pas extradé mais non pas parce qu’il est un prisonnier politique, mais du fait de son «état psychiatrique » suite aux « rapports médicaux produits par les experts en septembre ».

C’est tout ce que nous craignons : que les pseudo expertises de psychiatres dont l’indépendance à l’égard du système royal comme à l’égard du système américain n’est pas certaine, conduisent Assange tout droit à réclusion dans un hôpital psychiatrique ou nous ne le verrons jamais plus. Cela me révulse d’autant plus que lorsque Wikijustice alertait en octobre, novembre, décembre 2019 et janvier 2020 sur les traces de torture que Julian Assange a visiblement subie en captivité, et que nous avons écrit 3 rapports médicaux et exigé un rapport médical indépendant, ni les avocats ni les militants n’avaient réagi favorablement. Ils étaient tous arc-boutés sur la fable de la « méchante prison Belmarsh » et convaincus « qu’on ne peut rien faire » tandis que Gareth Peirce se plaignait de « ne pas pouvoir rendre visite à son client ». Pendant ce temps le système qui maintient Assange en captivité faisait venir des psychiatres américains pour l’examiner, qui sait si ce n’était pas contre son gré[10]Le grande révolte que Juliana Assange a montré le 26 et 27 février à la Woolwich Court nous rappelle qu’il n’est pas prouvé qu’il soit en accord avec cette stratégie de psychiatrisation de sa personne imposée par les avocats (et les bailleurs de fonds des avocats, Courage Corp et Wau Holland Stiftung ?)

Nous attendons encore un quart d’heure lorsqu’arrive Georgia, celle qui présente à toutes les audiences et qui passe toujours. Elle nous demande si Rebecca Vincent est là et vérifie pourquoi nous avons si froid : il n’y a pas de chauffage dans l’auguste tribunal. Je me rappelle la clim détestable qui crachait un air vicié sur nous de l’autre côté, salle 9 et 10. Enfin c’est le signal vers 12h50. L’agent de sécurité vient nous chercher et ouvre la porte de la salle 2 pour Craig Murray. Assange est donc là, je tends le cou, mais je ne peux rien voir. Je dois me contenter de la salle 4, et ce n’est pas si mal. Nous nous retrouvons à 4 personnes dispersées sur le balcon aux sièges de cuir vert posés sur des bancs marrons comme dans un théâtre du 19 siècle. Ellie est assise juste un rang au-dessus de moi et ensemble nous nous transmettons les informations capitales. En contrebas la salle est grande et dotée de 4 hauts fauteuils de juges sur une estrade. Ils sont vides et un bric à brac informatique parsème les tables de l’estrade. En bas de l’estrade le mobilier de la salle est composé de 4 rangées de tables disposées en rang comme dans une école. C’est très différent d’un décor de cour de justice européenne. Le box des accusés est une petite estrade vide à droite. Il y a 50 places mais seuls 10 personnes, prétendument des journalistes, sont assises dispersées devant les tables à raison de 3 ou 4 par rangée. Je note leur emplacement. Ce sont surtout des jeunes femmes aux longs cheveux blonds que je n’ai jamais vues dans les salles ni de la Westminster, ni de la Woolwich ni même ici en septembre. Il n’y a pas de têtes connues, ni de politiques comme la députée allemande Heike Hänsel et s’il y a des diplomates allemands ce ne sont pas les mêmes qu’en septembre.

On dirait des figurants ou des stagiaires. Ils regardent l’écran où se joue la tragédie politique du siècle impassibles, sans aucune émotion. Comme s’ils assistaient à la présentation d’un « cas » d’étude pour leur école. Deux hommes aux cheveux gris au look plus décontracté ressemblent plus à des journalistes et sont assis dans la rangée de gauche face aux jeunes filles qui fixent l’écran au-dessus d’elles. Je peux regarder l’écran placé au-dessus de l’estrade des juges en face de moi. Il est assez grand mais divisé en deux parties : sur la partie de droite apparait la tête de Mark Summers qui parle d’un bureau plein de dossiers. Summers n’est donc pas physiquement présent à la Old Bailey. Côté gauche on distingue une salle similaire à celle-ci : c’est la retransmission de la salle 2. Mais on n’y voit pas Assange. En effet, la caméra filme sous un drôle d’angle : elle montre des tables au milieu et deux rangées de hauts fauteuils en quinconce. Sur la rangée de droite je vois des personnes, peut-être Baraitser, sur la rangée de gauche c’est rempli aussi mais je ne peux distinguer que ceux que je connais déjà : Clair Dobbin grâce à ses longs cheveux blonds. Je crois reconnaitre Fitzgerald à côté de Dobbin  mais l’image est assez lointaine. D’ailleurs je reconnais plus la voix de Baraitser que je ne reconnais sa silhouette.

Fitzgerald se lève, puis c’est au tour de Dobbin, Baraitser parle de l’extradition Act de 2003, puis l’avocat cite des « section 1-3-4 ». L’ambiance est détendue, familière, comme après un travail ou on aurait fait un « good job ». Summers parle à l’écran mais il a curieusement la voix bégayante de Fitzgerald. Je ne sais pas si je dois me concentrer sur les débats ou guetter le moment ou enfin, peut-être, la caméra va montrer Assange. Est-il seulement là ? Aucune photo de lui n’a été publiée depuis 1 an, le 13 janvier 2020, depuis la photo faite dans le fameux van de Serco à la sortie de la Westminster où il avait croisé le regard pendant 1 heure avec la présidente de Wikijustice Véronique Pidancet-Barrière entrée en tant que journaliste avec une carte de presse[11] Son visage reste toujours gravé dans ma mémoire, mais je ne peux pas imprimer cette image et je ne suis pas assez bonne dessinatrice pour recomposer ce que j’ai dans ma tête. Très dommage car je ne peux que vous livrer ce témoignage si imparfait…

L’ambiance est tellement détendue dans la pièce feutrée qu’on voit Mark Summers boire son café chez lui pendant que Clair Dobbin et Baraitser discutent des « coûts du procès ». Je sursaute : on ne va quand même pas faire payer à Assange les coûts de sa répression ! C’est la Couronne britannique qui a accepté de le poursuivre sur la base du Mandat d’Arrêt Européen et du Traité d’Extradition, qu’ils se débrouillent pour payer leurs salles de location à la Old Bailey ! Soudain, j’entends Baraitser s’adresser à Assange, elle parle de « remand in custody » jusqu’au 6 janvier, et que l’« application for bail », la demande de libération sous caution sera examinée. Enfin quelqu’un a fait une demande de libération ! Mais pourquoi sous caution ?! Julian Assange n’est PLUS poursuivi, il devrait tout de suite sortir LIBRE PAR LA GRANDE PORTE !

Pourquoi est-il encore enfermé ? Ce n’est pas légal ! La demande d’extradition rejetée, il n’y a AUCUNE RAISON de maintenir un homme en détention : c’est de la détention arbitraire, de la prise d’otage en fait. Le « remand in custody » ne s’applique qu’au justiciable en attente de procès, or ici il n’y a PLUS de procès ! La procédure d’extradition qui n’est pas un procès EST FINIE ! Et la partie adverse ne peut faire appel car ce n’est pas prévu par le traité d’extradition ! La seule chose que la partie adverse peut faire, c’est refaire une autre demande d’extradition et passer par la voie diplomatique comme il se doit !

ASSANGE EST UN HOMME LIBRE DE DROIT. IL DEVRAIT L’ETRE DE FAIT

Il devrait sortir de ce bunker, descendre de ce foutu box et sortir dans la rue Old Bailey… Il devrait pouvoir parler lui-même aux médias au lieu que des personnes autoproclamées épouse ou amis parlent à sa place. On devrait pouvoir lui parler et lui proposer notre aide pour un séjour chez nos amis en Angleterre, en France ou ailleurs. D’ailleurs, à l’issue du verdict la cour devrait lui restituer son passeport et tous ses documents pour qu’il puisse retrouver sa dignité de citoyen. Mais je me demande si Julian Assange a un jour possédé les attributs de citoyens que sont une carte d’identité, un passeport. Personne d’ailleurs ne songe à réclamer que le système les lui rende, comme si c’était déjà normal qu’il soit un prisonnier de guerre dans un régime moyenâgeux. Il n’est pas coupable, mais il reste captif. Comme on s’habitue vite à l’intolérable viol des libertés, depuis 2 ans nous en avons le spectacle terrifiant.

Soudain, alors qu’un brouhaha est perceptible à l’écran, signe que la rencontre est finie, la caméra zoome sur le côté gauche de la salle 2 et montre…. Assange ! Elle le montre même de près et assez longuement. Je suis assise à 10 mètres de l’écran mais j’arrive à bien le voir. Ellie me désigne d’ailleurs l’écran toute en émotion et commente ce qu’elle voit. On n’est jamais de trop ici pour croiser nos impressions. La caméra montre Julian Assange de côté : il est assis derrière une barrière en bois mais je ne vois pas de box en verre. Il porte un costume gris et un gros cache-col bleu foncé ou noir autour du cou, le genre de gros châle dont on a besoin quand on a froid. Et il fait froid dans ces murs et il est frileux, je l’ai déjà vu avec des pulls en plein été. Il a les cheveux mi-longs comme en 2009 et j’ai l’impression que son visage est glabre et qu’il ne porte pas de lunettes. Comme je ne peux pas distinguer les traits de son visage, je me concentre sur ses gestes. D’abord il est assis et se penche en avant pour parler à quelqu’un. Je vois Baltazar Garzon ! Garzon est bien un chef décisionnaire dans cette cérémonie mais comment fait-il pour siéger dans un tribunal britannique alors qu’il n’est ni avocat ni juge en Grande Bretagne et que le Brexit prononcé, les règlements européens éventuels ne s’appliquent plus automatiquement ?

Julian Assange en 2011. Faute de pouvoir faire une photo le 4 janvier dernier, je choisis des photos anciennes ou l’expression de son visage ressemble à celle que j’ai vue à la Old Bailey

En tout cas, Garzon est la personne la plus importante qui décide de la suite car Assange lui parle longuement après le verdict. Mais il ne lui serre pas la main comme dans les moments dramatiques à la Woolwich Court en février 2020, il n’y a pas d’effusion d’émotion. Visiblement le verdict était déjà connu, d’ailleurs le jugement est publié dans la foulée sur internet et il est évident que la juge Baraitser n’a pas rédigé les 110 pages dans la nuit mais que c’était connu et prêt bien à l’avance[12].

L’attitude de Julian Assange, sa gestuelle gracieuse est la même que celle de l’homme que j’ai vu 8 fois en vrai et 13 fois en video. Je l’ai vu 45 minutes le 21 octobre et le 13 janvier, des heures entières en février 2020 et puis de façon très fugace le 20 décembre 2019 et le 9 septembre 2020. Je constate qu’il a l’air à l’aise, il est plutôt solide, pas trop amaigri. Il n’a pas l’air d’un psychotique autiste qui ne comprendrait pas ce qui se passe. Cette psychiatrisation est vraiment abusive. D’ailleurs, alors que je me demande comment faire, une fois que je l’ai vu pour qu’il me voit, Julian Assange se lève et se tourne face à la caméra. Il est grand, mais un peu voûté, comme le 21 octobre 2019 et le 9 septembre dernier. Il se tourne avec grâce vers nous comme un danseur vers son public. Comme quand il nous a salué à sa sortie du spectacle le 27 février dernier jour de la Woolwich Court. J’ai l’impression qu’il sait qu’on est là, fidèles contre vents et marées, c’est le cas de le dire… J’ai baissé mon masque au cas où il aurait quand même une possibilité de voir la galerie du public maintenant ou en différé et qu’il puisse reconnaitre mon visage ou mon costume violet.

C’est fini et l’agent de sécurité vient nous chercher. J’envoie Ellie lui parler pendant que je reste scruter Assange : je ne pars pas tant qu’il est là ou qu’on ne m’ait pas virée. La caméra continue de le montrer, alors que les spectateurs en contrebas quittent les lieux. Enfin, à regret, je me décide à me lever… Nous discutons avec l’agent de sécurité. L’homme parait aussi remonté contre ce procès que nous. Je lui demande si l’audience du 6 sera ici ou à la Westminster Court. Il me répond, véhément « Madame, ce sera certainement à la Westminster Magistrate Court ! Nous n’avons rien à voir avec ce procès ! Nous, on s’occupe de terroristes ici ! Ce n’est pas notre rôle de décider des extraditions ! » Il est blessé dans sa dignité d’honnête travailleur à qui on demande de servir de garde-chiourme pour emprisonner des journalistes. J’engage la conversation. Je lui dis que nous savons que la Old Bailey et ses juges jugent de vrais criminels et pas des citoyens coupables de rien sinon de publier des informations et qui ne devrait à aucun moment être emprisonnés. Mais qui dirige, qui organise vraiment le procès de Julian Assange ? Qui impose ce spectacle dans les augustes murs de la Criminal Court ? L’homme ne me le dira pas, mais il répète avec force que son institution n’y est pour rien dans la situation de Julian Assange. Ce n’est pas elle qui l’emprisonne. Je lui redis que selon la Loi Assange devrait sortir libre d’ici à la minute ou le refus d’extradition a été prononcé….

Il approuve et cela rend son refus de participer à la mascarade d’autant plus authentique. Nous lui expliquons, moi la Polonaise, Ellie la Grecque à quel point nous craignons pour nous et pour nos amis de lutte dans nos pays si ce dangereux précédents d’extradition pour opinion politique venait à être imposé. Il nous écoute et aimablement nous prenons congé de lui et de son collègue, un véritable policier armé (nous nous occupons de terroristes ici, Madame, de vrais…- nous a-t-il encore répété à la fin…). Je sors exténuée en marchant dans les longs couloirs austères. Dehors il fait toujours aussi froid mais c’est la liesse. 400 photographes et reporters encerclent on ne voit pas trop qui, Stella Morris ou Hrafnsson. Nous cherchons le militant qui a gardé le portable de Ellie et nous retrouvons nos amis français et anglais dans la manifestation pleine de joie. Mais Julian Assange reste enfermé. L’espoir de le voir sortir après-demain sous caution est terni par ce déni de justice évident qu’un homme innocent, qui n’est plus poursuivi par personne, est toujours maintenu en captivité illégalement. Sous le prétexte storytellé d’un appel qui n’existe pas dans les textes juridiques.

Nous prenons un grand café chaud dans un seul Starbucks ouvert d’où les employés nous chassent sans ménagement : les fameuses Covid Rules ! Plus forte que la Loi et les Droits de l’Homme ! La nouvelle norme sociale et politique des multinationales ! Je suis épuisée, je dois faire mon rapport. Je prends congé de mes amis et je rentre à l’hôtel. Il faut me préparer à rejoindre la Westminster Court pour une ultime bataille. Mais j’ai vu Julian Assange. Il est vivant et parait bien portant. C’est tellement essentiel.


[1] https://www.facebook.com/CoordRATPSNCF/posts/141151180777677

https://www.facebook.com/RevolutionPermanente.fr/videos/430499884409927/

[2] https://www.facebook.com/groups/515096986022028

https://www.facebook.com/groups/515096986022028/permalink/761277734737284

https://meet.jit.si/securefreespeechsecureourfreedom?fbclid=IwAR0rHxo9smrEhSkN7Dw8V1ZBtW06Voo6swHM7vLYFycPEaq12FPRciQAd50

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Prison_de_Newgate

https://www.alamyimages.fr/photos-images/newgate-prison-london.html

www.victorianweb.org/art/architecture/london/63.html

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Oscar_Wilde

[5] https://en.wikipedia.org/wiki/High_commissioner

[6]https://www.euroweeklynews.com/2019/12/03/english-news-second-terrorist-back-behind-bars-as-police-review-license-conditions/

[7] https://www.bbc.com/news/uk-41445444

https://www.newsshopper.co.uk/news/15556500.alleged-kidnapping-of-coulsdon-model-could-be-a-sham-claims-a-lawyer/

[8] https://drive.google.com/file/d/1rCPKk9vdY29H_kaHjqeClvJtQ62_cw7W/view

[9] https://drive.google.com/file/d/1rCPKk9vdY29H_kaHjqeClvJtQ62_cw7W/view?usp=drive_web

[10] https://www.judiciary.uk/wp-content/uploads/2021/01/USA-v-Assange-judgment-040121.pdf

Page 100 à 110

[11] https://www.linkedin.com/pulse/audience-du-13012020-face-à-avec-julian-assange-véronique/

https://vk.com/@430817373-13012020-hearing-face-to-face-with-julian-assange

[12] https://www.judiciary.uk/wp-content/uploads/2021/01/USA-v-Assange-judgment-040121.pdf

Pour sa Liberté et la Nôtre, 1ère Partie: Franchir les frontières au temps du Covid

Julian Assange dans la Old Bailey le 4 janvier 2021

Douvres, vue vers la France du château de Henri II Plantagenêt

Monika Karbowska

La décision rendue le 4 janvier 2021 dans le bâtiment de la Old Bailey à Londres est connue. Elle est une victoire des mouvements sociaux européens qui se sont mobilisés pour libérer Julian Assange depuis 2 ans et surtout du mouvement des Gilets Jaunes français. Mais elle n’est aussi qu’une étape dans la guerre qui oppose les peuples aux pseudo élites mafieuses qui nous oppriment autant qu’elles emprisonnent Julian Assange. En effet, nous n’avons pas lutté contre l’extradition de Julian Assange mais POUR SA LIBERATION. Juridiquement Julian Assange est un homme LIBRE car il n’est plus poursuivi par aucune juridiction. Pourquoi n’est-il donc pas sorti par la grande porte du tribunal à 12h25 immédiatement après l’annonce du verdict ? Pourquoi le 6 janvier 2021 après les tractations secrètes au sein de la Westminster Magistrate Court n’est-il toujours pas parmi nous à profiter de la liberté, à marcher dans la rue, discuter avec nous et préparer un long voyage réparateur vers des cieux plus accueillants?

Je vais répondre à cette question par mon article tout en relatant les efforts que j’ai effectués au sein de l’association Wikijustice pour être toujours présente à toutes ses audiences. Le but est aussi de faire comprendre à mes concitoyens ce que nous vivons en Europe et comment ils et elles doivent se préparer à se battre pour leur liberté s’ils veulent survire autrement qu’à l’état de serfs soumis au droit de vie et de mort d’un pouvoir mafieux. Car nous ne sommes pas différents de Julian Assange : prisonnier depuis 1 an d’un pouvoir arbitraire, nous vivons dans notre chair l’enfermement et la privation de droits en y consentant collectivement.

J’avais effectué un voyage du 10 au 14 décembre dernier à Londres, à la dernière audience de Julian Assange de prolongation de sa « détention provisoire ». C’est le juge Ikram qui m’avait indiqué le 29 octobre dernier qu’il s’agirait du dernier « call over hearing » le 11 décembre 2020 (voir partie 3). J’avais profité de ce voyage qui me permettait de m’aérer en quittant quelques jours une France sous un joug policier abject où même l’acte vital de respirer a été criminalisé. J’avais profité de mes longues promenades sans masque dans les quartiers de Paddington et Islington et surtout de la joie de voir la vie revenir dans une Londres apaisée, d’observer des enfants et des adolescents vivre normalement sans dressage à la soumission du bâillon et de la peur de l’autre. J’avais été heureuse d’enregistrer les scènes de la vie quotidienne dans les pubs et les restaurants réouverts, la musique, les rencontres, la vie qui revient. J’avais même publié et transmis ces images aux restaurateurs amis en France afin de les inciter à la lutte pour leur réouverture.

J’avais appris beaucoup de ce voyage et je voulais faire profiter de ces informations à mes concitoyens. Malheureusement le pouvoir politique a intensifié sa pression dictatoriale sur nous à l’approche des fêtes et j’ai en priorité participé à la finalisation de la Plainte Internationale de Wikijustice qui est devenu notre principal outil de lutte juridique. Travaillant aussi comme prolétaire pour subvenir à mes besoins, je n’ai eu le temps et la force d’écrire mon article. Je vais donc inclure des éléments d’informations dans ce récit afin qu’il soit clair quels sont les enjeux pour NOUS TOUS de la lutte pour la libération de Julian Assange.

Le voyage, la Souveraineté et les Droits Fondamentaux

Je ne comprends pas pourquoi tant de gens autour de moi en Europe occidentale sont convaincus qu’il est désormais interdit de voyager et que « les frontières sont fermées ». La bonne nouvelle est que les frontières ne sont PAS fermées et qu’il est toujours comme avant le 11 mars « permis » de voyager. La mauvaise nouvelle est que tant de gens ne comprennent pas ce que sont leurs droits et leurs libertés, étant convaincus que lorsque cinq gars à télévision disent quelque chose, non seulement cela est vrai, mais miraculeusement cela fait force de Loi. Non, ce que ces types disent à la télévision même s’ils s’appellent Macron cela ne fait pas force de Loi et n’est pas une REGLE de notre société.

Notre société s’appuie sur un corpus de Lois dont la hiérarchie s’établit ainsi : d’abord au sommet les Droits Fondamentaux Naturels et Inaliénables garantis par les Textes Internationaux dont la Charte des Nations Unies et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et tous les Pactes relatifs aux Droits Humains dont l’ONU a la garde.

Le droit à la liberté, la vie, la sureté, l’inviolabilité du domicile, de la vie privée, l’interdiction de la torture sont les droits fondamentaux que chacun devrait avoir accrochés dans son cœur et dans son cerveau quand il entend un quidam lui dire que « l’état d’urgence sanitaire interdit de sortir de la maison et que la police peut venir vérifier combien de personnes sont à table ». Ces pseudo « mesures Covid » sont simplement interdites par la Loi et sont donc de graves violations de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

La DUDH pose aussi dans l’article 13 que « toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays ». C’est cela la base du « droit de voyager »[1]. Naturellement, le second étage du Corpus est notre Constitution dont le fondement et la partie la plus importante est la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 ainsi que le Préambule de la Constitution de 1946 qui fait partie de celle de 1958[2]. Ce « vieux texte » comme disait un internaute peu avisé, est ce qui fonde le fait que nous n’avons pas besoin de l’autorisation de Castex ou de Macron pour avoir le droit de vivre. Article 2 : « le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression ». Gardez cela à l’esprit lorsque Castex vous dit que le coronavirus vous interdit de franchir le seuil de votre maison, de marcher dans la rue ou de respirer sans bâillon. Ainsi notre Constitution commence ainsi : « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ».

Partant de là, toutes les Lois, décrets et circulaires ministériels doivent être en accord avec la Constitution et s’ils ne le sont pas ou que leur interprétation n’est pas claire, ce sont toujours les « droits inaliénables et sacrés » qui priment. Il n’y a aucune « urgence sanitaire » ou autre « urgence » qui limite les Droits Fondamentaux par aucune circulaire ministérielle. Aucune « loi d’exception » pondue en urgence par 5 individus dans une Assemblée Nationale vide n’est supérieure aux Droits Fondamentaux. Il n’y a PAS d’Etat d’urgence sanitaire prévu dans notre Constitution. Combien de fois faut-il le répéter ? Partant de là, et comme le gouvernement sait très bien qu’il viole la Loi, une arrestation de quelqu’un qui voudrait « quitter son pays » est une arrestation arbitraire. De même le gouvernement n’a pas le droit d’empêcher un citoyen de revenir dans le pays dont il a la nationalité. Le faire est un très grave abus de droit. Le bannissement n’existe plus dans notre civilisation depuis que l’Etat moderne s’est constitué en Souverain. Le bannissement comme l’arrestation arbitraire sont des instrument de la Tyrannie, laquelle est interdite par Notre Constitution. La Résistance à la Tyrannie est prévue aussi bien dans notre Constitution que dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

L’Etat souverain s’est constitué difficilement sur la base de la définition d’un pouvoir unique sur un territoire délimité par des frontières. C’est la paix de Westphalie de 1648 qui pose les prémisses juridique du Territoire et de la Frontière. La souveraineté est depuis définie comme un pouvoir sur un territoire à l’exclusion d’un pouvoir d’autrui sur ces territoires. En clair, les Etats s’engagent à ne pas s’immiscer dans les affaires de l’autre, de semer le trouble, de payer des ennemis internes pour détruire le voisin de l’intérieur[3]. Depuis les Révolutions de 1789 et la difficile lutte pour la Démocratie et la République, c’est le peuple qui décide de sa souveraineté et gère son territoire.

« Constitution du 4 octobre 1958 : « Titre premier – DE LA SOUVERAINETÉ ARTICLE 2. La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ». Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Un Etat est souverain sur son territoire lequel est délimité par des Frontières. Cette souveraineté et ces frontières sont valables si elles sont reconnues par ses pairs, les autres Etats. C’est le fondement de la RECIPROCITE, base du droit international et du fonctionnement de la diplomatie. C’est pour cela que la reconnaissance internationale par les autres Etats est si importante lorsqu’une Nation souhaite créer un Etat et crée, accède à ou arrache son indépendance. Aujourd’hui c’est l’adhésion au système et à la Charte des Nations Unies qui garantie cette indépendance et donne aux Citoyens de cet Etat la sécurité que leur droits fondamentaux seront respectés par leur semblables, les autres humains du monde organisés dans le système. Voilà pourquoi les frontières ne sont PAS une interdiction de voyager et pas même un obstacle à franchir. Les frontières de mon Etat sont aussi celles de son voisin, je dois donc faire en sorte que mon Etat s’entende avec son voisin pour que je puisse voyager chez le voisin. En vertus du principe de reconnaissance réciproque, les règles du franchissement de la frontière devront être clairement établies, valables pour tout le monde et identiques pour les citoyens de ces deux Etats. Les Etats régulent depuis des centaines d’années leurs relations par des traités bilatéraux qui ont force de Loi sur leur territoire respectifs. Ces traités sont valables tant que d’autres traités ne les ont pas remplacés (de la même façon qu’une Constitution vieille de 200 ans est toujours valable même à l’ère du  vaccin ARN et du traçage par portable si elle n’a pas été remplacée par une autre).

Pourquoi j’écris ce qui ressemble à un cours d’éducation civique pour enfants de 12 ans ? Parce que je vois que mes concitoyens contemporains ont tout oublié de ces bases ou même n’en ont jamais rien su, convaincus que Macron a le droit de vie et de mort sur eux ou que l’Union Européenne leur a « donné le droit de voyager » et que maintenant elle le leur enlève en vertu des décisions de Véran et donc qu’ils doivent « rester chez eux ».

« Comment as-tu pu partir en Pologne » ?- Me demandait-on mi-outré mi-admiratif en novembre. «Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et y revenir » – j’ai donc pris l’avion pour y aller puis le bus pour revenir. De même le « Brexit » n’est pas la « catastrophe apocalyptique » que nous brossent les storytellers incultes et semant le mensonge. La Grande Bretagne applique les traités bilatéraux qu’elle a signé de tous les temps de son existence et qui n’ont jamais cessé d’être valables même lorsque l’Union Européenne avait la prétention de coiffer la jurisprudence nationale d’un chapeau de « supranationalité universelle », en réalité illégale. L’Union Européenne n’est en réalité qu’un Traité International entre Etats – actuellement le Traité de Lisbonne. D’ailleurs, que dit l’article 2 du Traité ? « L’Union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures, au sein duquel est assurée la libre circulation des personnes ». Le Traité de Lisbonne est toujours valable et aucun coronavirus n’a le pouvoir de le suspendre. Le droit de circuler à l’intérieur de l’UE est toujours valable, c’est pourquoi je suis allée en Pologne et j’en suis revenue.

C’est ainsi que j’ai pu aller en Grande Bretagne du 10 au 14 décembre 2020. Après le 1 janvier 2021 la Grande Bretagne et la France sont revenus à une régulation de la circulation entre pays voisins sur la base de traités bilatéraux. J’invite tout le monde à lire au Journal Officiel le nombre de traité bilatéraux anciens encore en vigueur : ils sont innombrables et régulent la circulation des biens et des personnes, les droits des étudiants, des travailleurs, les équivalences de sécurité sociale, le versement de retraites… C’est une mine d’information très rassurante qui nous montre que le « Nouveau Monde » des néolibéraux est un mythe de secte : le monde est toujours fondé sur des régulations juridiques et/ou des traditions anciennes ou modernes mais toujours valables tant qu’elles ne sont pas dénoncées ou annulées. N’écoutez pas la télévision qui vous fait « de l’eau de seltz de notre cerveau » (comme on dit en Polonais). En l’occurrence il est important de se référer directement aux textes de Loi et il est très dommageable et abusif que la France n’est pas publié l’accord qu’elle a signé avec la Grande Bretagne le 24 décembre 2020 après son blocage du port de Douvres. L’ère des traité secrets devrait être révolue !


[1] https://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/

[2] Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 – Légifrance (legifrance.gouv.fr)

https://www.legifrance.gouv.fr/contenu/menu/droit-national-en-vigueur/constitution/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789

[3] https://mjp.univ-perp.fr/traites/1648westphalie.htm

Franchir les frontières contre la peur le 10 décembre 2020

C’est peut-être parce que je suis fille de diplomate de la Pologne communiste que je sais que les frontières sont faites pour être franchies – légalement. Mon père a distribué pendant 42 ans des visas polonais et jamais il n’a pensé qu’un visa peut être un obstacle pour aller quelque part car au contraire, selon le droit consulaire le visa est UN DROIT de venir, de franchir une frontière. Dans les années 80, lorsque j’étais adolescente, chaque Etat en Europe contrôlait ses frontières. Chaque Etat avait signé une multitude de traités bilatéraux avec tous les Etats de notre continent qui effectivement forme une seule civilisation. La frontière la plus visible était la frontière des Deux Systèmes, communiste et capitaliste, matérialisée par le Mur séparant l’Allemagne de l’Ouest et la République Démocratique Allemande et entourant l’enclave de Berlin ouest à l’intérieur de la RDA. Mais cette frontière n’était nullement un rideau de fer mythique, elle était quotidiennement franchie. Des touristes, des professionnels, des étudiants, des routiers demandaient des visas de courts ou de longs séjour et voyageaient en train, en avion et voiture individuelle par dizaines de milliers entre l’Est, l’Ouest, le Nord et le Sud. Les pays d’Europe de l’Ouest ont commencé par supprimer les visas entre eux pour faciliter l’industrie touristique au début des années 80, les pays de l’Est ont maintenus les visas ENTRE EUX, mais ces visas n’étaient que des formalités et étaient accordés par des agences étatiques qui facilitaient les voyages. Les Polonais, les Allemands et les Hongrois se rendaient en Yougoslavie et en Bulgarie pour le soleil de la Méditerranée tandis que les citoyens de ces pays venaient skier en hiver dans les montagnes ou visiter les villes polonaises. Le mouvement d’intégration se poursuivait aussi ici par le biais des régulations bilatérales. En 1988 un Polonais pouvait de rendre sans visa en Grèce, en Autriche, à Berlin Ouest, en RDA, en Hongrie, en Tchécoslovaquie, en Yougoslavie pour un court séjour et les Polonais ne s’en privaient pas. L’enjeu était plutôt de forcer notre Etat à nous laisser garder notre passeport « à la maison » alors que le système communiste voulait se réserver d’accorder ou de refuser le droit au passeport, donc de contrôler le droit de sortir et de rentrer au pays du citoyen. La première chose que j’ai faite alors que j’ai eu 18 ans révolus en mars 1989, fut de demander mon passeport et de le « garder à la maison » selon la formule consacrée à l’époque.

Port et canal de la Manche à Douvres, l’entrée de l’Europe occidentale, la frontière maritime la plus fréquentée au monde

Depuis j’ai traversé maintes frontières puisque l’Europe occidentale fut pour les Européens de l’Est une frontière très difficile à franchir jusqu’en 1992, jusqu’à la signature du protocole additionnel de Schengen. De 1989 à 1992 un Polonais devait prouver qu’il possède 500 FF (80 Euros ) par jour pour juste un séjour touristique de 10 jours en France (ce qui était une somme très importante) et une attestation d’hébergement signée par un Français. Gare à lui s’il dépassait d’une journée son séjour en France : il risquait un tampon d’interdiction de séjour dans son passeport à la sortie du pays ! Ce sont les conditions avec lesquelles je suis venue en France en 1992, comme tant d’autres Européens de l’Est mais nous ne nous en plaignions pas : il nous semblait naturel qu’un Etat souverain contrôle ses frontières. Cependant nous aurions voulu que la règle de réciprocité s’applique aussi aux ressortissants français. Mais nos pays étaient faibles, en passe d’être colonisés et distribuaient aux ressortissants français généreusement des cartes de séjour alors que la France refusait nos demandes de visa long séjour et nous attribuait en réponses à nos demandes des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire – des expulsions) et ce jusqu’en 2005. Je sais de quoi je parle, j’ai été étudiante étrangère avec carte de séjour sans droits et précaire, puis sans-papiers, de 1992 à 2001.

Pour moi la façon dont je peux traverser une frontière est le baromètre de l’état réel des relations entre les deux Etats voisins. C’est pourquoi il est si important d’éteindre sa télévision et de prendre l’avion, le train, le bus, la voiture ou le vélo et partir tester la réalité du terrain, la réalité des relations politiques. Le 10 décembre 2020 j’avais testé les relations franco-britanniques en prenant l’avion de Charles de Gaulle pour Londres. L’aéroport était désorganisé par la multitudes de gens voulant quitter notre pays alors que des terminaux entiers avaient été mis hors d’usage et que le RER B si bondé en temps normal était désert. Il faut dire que l’air est devenu irrespirable dans notre pays avec ces « confinements » « interdiction de sortir sans aussweis » et « masque obligatoire partout, pour tout le monde et en tous les temps ». Le comptoir d’enregistrement de British Airways était rempli d’Anglais distingués et plutôt âgés qui avaient choisis notre pays comme lieu de résidence pour son art de vivre et sa sécurité sociale… Les deux sont morts aujourd’hui. Les hôpitaux sont désormais des lieux mortuaires que toute personne de plus 55 ans doit impérativement éviter si elle est malade sous peine d’isolement « covid » et de mort subite sans que ses proches puissent la défendre. Quant à l’art de vivre, vous savez ce qui se passe dans nos villes vidées, désertifiées avec la fermeture brutale et abusive des cafés, des restaurants, des lieux de cultures, des associations, des réunions publiques, des lieux de cultes, des partis politiques etc. etc. La liste des interdictions est longue comme le jour sans pain du serf d’avant 1789.

Les vieux Anglais rentraient dans leur pays chargés de lourds bagages alors que de jeunes Français prenaient l’avion pour l’Asie, le lieu de l’avenir où d’ailleurs on ne porte pas de masque, n’en déplaise à nos amis de gauche qui pensent faire « plus chinois que les Chinois » en nous imposant la muselière à la mode.

L’avion était plein mais le voyage très court et agréable, je voyais la terre continentale finir, le bras de mer grise s’étalait pendant 10 minutes et voilà que déjà nous atterrissions dans le brouillard à Heathrow après avoir survolé le château de Windsor qui jouxte l’aéroport international. L’aéroport m’a semblé immense, aussi grand que celui de Pékin et assez luxueux. Les voyageurs riches ou de classe moyenne supérieure mondialiste du Commonwealth m’ont rappelé combien depuis 1 an je cotoie les classes les plus pauvres, les travailleurs migrants dans les Flixbus, les migrants est-européens justiciables dans cette « Westminster Magistrate Court » ou Assange est « jugé », le public de marginaux et de SDF logés dans les foyers du quartier autour du tribunal et venant assister aux « manifestations » de soutien à Assange.

Un jeune couple très classe imposant de force un masque à leur enfant de 2-3 ans m’a particulièrement déplu: ils arboraient l’outil sur leurs visages si fièrement que cela ressemblait à nouveau statut social, une publicité criant « regardez, nous sommes le nouveau monde corona ». Mais la vraie frontière franco-britannique était en réalité très accueillante. L’homme en uniforme de police aux frontières était sans masque dans son box. Il a répondu à mon sourire et m’a demandé pourquoi je ne me suis pas enregistrée au contrôle automatique réservé aux « ressortissants européens ». J’ai répondu spontanément « Parce que je préfère les humains aux machines » ! Pas d’autre question. Il m’a souhaité un très bon séjour !

Vivre la Liberté à Londres en décembre 2020

Devant la Westminster Magistrate Court le 11 décembre 2020

Ce bel accueil m’a donné bien du bonheur et du courage ! Dès ma sortie du métro et ayant sans difficultés intégré un bel hôtel à Paddington, j’ai jeté aux orties le masque bâillon et je suis partie faire une longue ballade le nez au vent au nord de Paddington- Abbey Road avec les fameux studios, Finchley Road avec les petites maison dont la Maison de Freud  et le Tavistock and Portman Center. J’ai photographié et filmé les pubs et restaurants ouverts pour bien montrer qu’on vivait normalement ici et que personne n’avait peur d’un covid. Dans un pub j’ai savouré mon cocktail comme un évadé de prison et j’ai photographié avec autorisation la joie de vivre des jeunes y discutant. Le lendemain j’étais à 6 heures du matin la première devant la porte de la Westminster Magistrate Court, fatiguée mais confiante. Julian Assange doit encore se présenter à la détention provisoire, il faut y être, toujours, sans exception, pour montrer qu’on ne lâche pas.

Pub ouvert le 10 décembre 2020 à Paddington
Prendre un verre à Finchley Road le 10 décembre 2020
Respirer sans masque à Londres en décembre 2020

Le lendemain, après l’audience décevante mais comme toujours instructive (voir 2ème partie), j’avais réussi à refaire une très longue ballade dans le quartier de Islington dans le nord de Londres. Je voulais à tout prix marcher longuement pour profiter de l’air sans masque et du bonheur des gens de vivre normalement. Dans ce quartier habitent des classes moyennes bobos mais aussi des classes populaires d’origine migrante dans de jolis HLM en briques disposés dans des jardins. C’est comme un espèce de Montreuil. Je voyais les jeunes Britanniques en groupe dans la zone piétonne se rencontrer en s’embrassant, en riant, manger au kébab ensemble, puis danser dans la rue et deviser en écoutant de la musique à fond…. Je voyais les enfants jouer partout gaiement, les parents se promener en discutant et préparant les courses de Noël…. Et je pensais aux enfants français étouffant sous le masque 10 heures par jour, aux jeunes s’étiolant enfermés chez eux sans aucun contact que l’ordinateur…

Pub de jeunes avec musique à Islington le 11 décembre 2020
Islington le vendredi soir 11 décembre 2020

Je n’en crois toujours pas mes yeux qu’on accepte une pareille tyrannie et destruction de la Nation, du Peuple, de notre AVENIR sans réfléchir. Au pays des Droits de l’Homme on détruit avec acharnement la vie des Enfants! Dans un modeste pub de quartier j’ai passé des moments euphoriques à boire une simple bière, écouter de la musique et regarder des jeunes jouer au billard. A Londres, ce jour-là, 11 décembre, j’ai senti la Liberté comme jamais je ne l’ai sentie depuis 1991. Et j’ai encore une fois compris que la Liberté a toujours été mon moteur premier. La liberté de ne pas être enfermée dans la maison de mon père, la liberté de ne pas être enfermée par un système. Celle de ne pas être pauvre et privée de droit. Celle de vivre dignement. Tous ceux qui s’étonnent que je sois aujourd’hui contre la dictature covid et que je ne considère pas le régime chinois comme notre modèle (c’est une autre question de savoir si « le régime chinois » est bien celui qu’on nous présente…) se sont mépris sur le sens profond de mon action et de mes choix politiques. La Liberté est la condition de toute action politique. Sans elle nous ne choisissons pas même la lutte pour la Justice. Sans elle nous ne sommes plus des êtres humains.

Restaurant ouvert à Islington le 11 décembre 2020

Alors que la police en France frappait dans la rue sans pitié les citoyens devenus serfs dans leur propre pays, à Londres j’ai été le témoin d’une scène qui m’a transporté de joie : au détour d’un carrefour, une voiture accidentée était arrêtée au milieu de la rue avec derrière elle une voiture de police municipale. Instinctivement j’ai cherché à fuir, comme je le fais maintenant dans ma ville de Paris dès que j’aperçois un uniforme des forces de l’ordre. Puis je me suis raisonnée : pas de masque obligatoire, je n’ai aucune raison de me sentir coupable. Je me suis approchée pour traverser la rue. Alors je vois que l’auteur de l’accident est un grand gaillard totalement ivre qui bredouille dans un Anglais approximatif teinté d’un fort accent ukrainien « je vous assure Madame que je suis coupable oui ! Je ne dois plus jamais boire ! Vous avez eu raison de m’arrêter ! Amenez-moi en prison ! J’aime ma femme et mes enfants mais je dois arrêter de boire ! » Je vois aussi la jeune policière blonde soutenir le grand gaillard par le bras et lui dire doucement  « ne vous inquiétez pas, on ne va pas vous conduire en prison, mais à l’hôpital ou vous serez soigné », tandis que ses deux collègues discutent calmement comment évacuer la voiture de la route. On était vendredi soir, l’homme était ivre mort, il avait provoqué un accident et il n’avait pas peur des flics ! Si les migrants de la dernière vague ont une telle foi dans la justice du système britannique, alors oui, ce pays a de l’avenir ! Et pourra reconstruire une souveraineté !

Certes, cette scène se passait à Islington alors qu’à la gare de Charing Cross ou j’ai pris le train pour Douvres, la politique était déjà différente car menée par une autre municipalité : même si les boutiques étaient ouvertes et la foule dense pour les emplettes de Noël, le masque était sévèrement imposé à la gare et dans les commerces tandis que les grandes enseignes propriétaires des restaurants exigeaient le traçage par application. N’ayant aucune envie que l’Imperial College of London gérant la National Health Administration (Sécu anglaise) sache ou je mange et ou je vais aux toilettes, je me suis assise par terre comme à Paris avec un café à emporter. Puis j’ai pris le train et je suis arrivée dans la petite ville de Douvres à mon petit hôtel coquet et confortable devant la gare.

Hotel à Douvres le 12 décembre 2020

Douvres ou l’oppression des pauvres

Là ce fut une autre paire de manches : je suis sortie le soir à Douvres et j’ai marché vers le centre-ville, vers l’imposant château de Henri Plantagenêt et le front de mer. J’ai trouvé la ville inhabituellement calme et déserte pour un samedi soir. J’ai remarqué un restaurant indien ouvert et j’y suis entrée. Dans un petit vestibule un homme m’a expliqué que l’état « corona » avait été déclaré dans la région et que seule la vente a emporter était autorisée. L’homme m’a vendu la nourriture fort cher et il m’a fait attendre dehors dans le froid comme si ma seule présence amenait la peste dans son établissement. J’avais envie de le planter là et de partir mais il n’y avait effectivement rien d’autre à manger dans la ville et tous les autres pubs et restaurants étaient fermés à double tour.

Douvres, le Château le 13 décembre 2020

En rentrant j’ai croisé pour la troisième fois la police qui faisait le tour de la petite ville. J’ai allongé le pas pour m’enfermer à l’hôtel, retrouvant mes réflexes de la France sous dictature : trouver ou me dissimuler, chantier ou buisson pour ne pas devoir risquer la violence arbitraire des flics. Car oui, je sais traverser les frontières mais je suis comme tout le monde face à la violence de la police : j’ai peur et j’essaye de les éviter. Ce que je voudrais c’est NE PAS DEVOIR AVOIR PEUR d’EUX. C’est de vivre en démocratie ou les policiers respectent mes droits et les Lois. Brusquement vers minuit, alors que les rues restaient désertes, des voitures ont convergé vers la campagne, vers ce qui devait être des soirées privées dans les maisons. Tant mieux, que la jeunesse s’amuse, dans ce monde de brutes, on a besoin de VIVRE !

Monter au Château de Douvres

Le lendemain j’ai dû faire face au fameux lockdown de la région du Kent : dans le centre-ville de Douvres il y avait encore une librairie, un magasin de jouets, une boutique de souvenirs ouverts mais les propriétaires ne savaient plus quoi faire de leur marchandise, seuls les supermarchés du pauvre à 1 livre faisaient recette. J’ai trouvé un petit café qui vendait de copieux petits déjeuners anglais et j’ai été heureuse de pouvoir discuter avec le propriétaire, un Indien très accueillant qui m’a aussi permis d’utiliser ses toilettes. Pour lui comme pour les habitants de Douvres, le covid est une pure connerie politique avec laquelle les riches grugent et oppriment encore plus les pauvres. Mais il incriminait le gouvernement britannique en bloc sans pouvoir expliquer le rôle de la municipalité de Douvres qui, dirigée par des travaillistes très covidiens, surajoute en interdictions, règlements et menaces policières dans une ville qui a pourtant besoin du tourisme pour survivre. La propagande Covid était omniprésente à Douvres sous forme d’affiches et de panneaux lumineux alors qu’à Paddington et Islington, à Londres au même moment, il n’y avait même plus de masques dans de nombreuses boutiques ! L’homme croyait aussi fermement que le vaccin allait arrêter la folie et je n’ai pas pu le mettre en garde contre cette croyance qui lui permettait sans doute de tenir. Il m’a même permis de m’asseoir et a accueilli dans sa boutique une vieille voisine venue simplement causer… Le café, ça sert à se rencontrer, pas seulement à se réchauffer en hiver et consommer. C’est bien pour cela que la secte covidienne veut détruire la notion de lieu de rencontre.

Le Château de Douvres

Après avoir mangé mon petit déjeuner sous la pluie sur un banc, j’ai fini par monter visiter le superbe château des Plantagenêts, construit du temps des Normands pour se protéger de la France. Le château a toujours été le « gardien de l’Angleterre » et ses fortifications ont servi contre le blocus de Napoléon et ont été améliorées continuellement. C’est d’ici qu’ont été victorieusement renvoyées vers le continent les premières bombes trans-manches de la « grosse Bertha » allemande qui avaient réussi à atteindre l’île. Le château de Douvres est aussi connu pour avoir été le quartier général de l’évacuation de l’armée britannique des plages de Dunkerque, d’une France en déroute, du 21 mai au 4 juin 1940[1]. Cette opération magistrale, appelée « Bataille de Dunkerque » est considérée comme une victoire par les Britanniques et comme une défaite par la France, dont pourtant les soldats ont pu éviter la captivité en étant évacués en Angleterre par la flotille des « Little ships », les « petits bateaux », bateaux de pêche et de commerce qui ont participé à l’opération militaire. Elle a été justement organisée et dirigée à partir du quartier général situé dans un souterrain à l’intérieur de la falaise sous le château de Douvres. Le souterrain qui comporte un hôpital équipé se visite habituellement. Du haut de la falaise on peut voir la côte française et du port, en contrebas, on distingue les fenêtres et les aérations des installations militaires à l’intérieur de la falaise. Je contemple la magnifique vue vers la France derrière le bras de mer le plus fréquenté au monde et je regrette de ne pas pouvoir visiter le souterrain haut-lieu de l’histoire des luttes héroïques contre les nazis. La folie covid empêche les voyages, le tourisme, la connaissance, ferme les musée et les bibliothèques.  Je suis la seule touriste, seuls quelques habitants promènent leurs chiens sur le site du château. Les employés sont obligés d’inscrire mon nom sur un registre électronique pour retrouver ma trace en cas de covid, ils s’acquittent de leur tâche de traçage mais ne cachent pas qu’ils voudraient tous retrouver une vie normale.

Phare romain et église normande du 11 siècle au sommet de la Falaise de Douvres

Ce que je retiens est que le château gothique de Henri II Plantagenêt est autant un phare gardien qu’un pont vers le continent (d’ailleurs la partie la plus ancienne du château est un magnifique phare romain très bien préservé), la France et l’Angleterre ont bien une histoire et une civilisation commune et le passage de Douvres n’est fermé qu’en temps de guerre.

La forteresse anglo-normande côté ouest

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Dunkerque

Douvres, immeuble des années 1945-55 au front de mer
Maisons stylées sous la falaise vers le port à Douvres – au dessus sont visibles les installations militaires dans la falaise

Je descends à pied doucement de la falaise vers le port. Je longe une série de hauts HLM en brique surplombant le front de mer, exemple intéressant d’une architecture sociale innovante après la guerre. Une armada de camions me dépasse et fonce vers les ferries déjà en attente au quai. A ma gauche les petites maisons blotties sous la falaise spectaculaire, à ma droite la mer.

Maisons blotties sous la falaise près de l’entrée du port de Douvres

J’arrive au bâtiment « Port Authority » qui est aussi la gare maritime. Un panneau indique aux cyclistes qu’ils doivent continuer à pied pour entrer dans le bateau. La gare est un grand hall sous le panneau « foot passenger », avec un café fermé, des toilettes et des bureaux. Elle est déserte sauf un homme seul derrière un guichet. Je lui présente mon billet payé sur internet. Il me demande pourquoi je n’ai pas de véhicule. Je suis décontenancée, je lui dit que je suis un « foot passenger ». Certes, en achetant le billet sur internet j’ai vu qu’il fallait indiquer obligatoirement une voiture, un camion ou un vélo, mais je pensais que l’entreprise veut juste gagner plus d’argent, j’ai donc coché « vélo », me disant qu’à vélo ou à pied c’est pareil, après tout on est bien obligé de laisser son vélo dans la soute et on monte dans le ferry à pied ! Mais voilà que le bonhomme me refuse l’accès ! Il me dit que sans vélo je n’ai pas le droit de monter dans le bateau ! Qu’avec un vélo je n’ai pas le covid, mais si je suis sans vélo je vais leur amener le covid !

Entrée de la gare maritime à Douvres avec l’indication « Foot Passenger »

Cela semble totalement absurde et j’essaye de le raisonner logiquement. Quel importance d’avoir un vélo puisque de toute façon il faut le laisser dans la soute, comme il est indiqué sur le panneau en face: « cyclistes, descendez de vélo et marchez à pied jusqu’au deuxième pont du ferry » ? Je m’énerve, j’argumente que j’ai payé le billet, qu’ils ne me rendent pas l’argent… Je désespère, comment vais-je faire pour rentrer à la maison ? Je lui demande qui a imposé des règles aussi absurdes, dont on n’est avertis nulle part car l’enseigne « foot passenger » est toujours en bonne place au-dessus de l’entrée de la gare ? Le bonhomme refuse de me parler, il ne veut pas me donner un numéro de téléphone d’un supérieur, me renvoie évidemment sur internet. Renvoyer à des sites internet où il n’y a aucune information valable est la meilleure parade des petits chefs anno domini 2020. La seule information que j’ai réussi à lui arracher est que c’est la compagnie de ferries, DFDS, qui a pris la décision d’interdire les passagers à pieds et que cette interdiction absurde est en vigueur depuis mars dernier, le premier lockdown covid et n’a jamais été levée.

« Foot passenger » – les passagers sans véhicules ont toujours traversé la Manche sur le ferry – avant le covid…

C’est pour moi une surprise et un choc, je ne m’attendais pas à ce qui ressemble fort à une forme de blocage de la frontière. Comment trouver une voiture pour passer alors que Flixbus est toujours supprimé, le TGV de Londres coûte 260 Euros et le billet d’avion pour Paris 300 Euros ? Alors que la France est la juste en face, je distinguais la côte de Calais du haut de la falaise ? Je pars chercher de l’aide auprès des vrais autorités – la police. Je traverse le passage routier et je me retrouve dans une aire interdite aux piétons tout près du poste frontière ou d’habitude on nous contrôle avant le ferry lorsque nous voyageons en bus. Des policiers sortent, je cours leur raconter ma mésaventure et demander de l’aide. Ils sont sympathiques. Une des policières, sincèrement préoccupée par ma situation (il pleut, il fait froid, je suis une femme seule bloquée dans le port avec une valise sans pouvoir monter dans mon ferry) m’accompagne pour discuter avec l’homme de l’autorité portuaire. Lorsqu’il la voit avec moi il est obligée d’être plus aimable, mais il n’en démord pas : « C’est la loi, c’est le covid. Pas de passager à pieds. Si elle a un vélo elle passe ». La policière est perplexe, mais elle est visiblement impuissante. Les entreprises privées de transport peuvent refuser qui elles veulent et ce sont elles qui décident des interdictions absurdes covidiennes. Ici je soupçonne que c’est le gouvernement français qui veut casser le mouvement de passager transmanche et c’est pourquoi il a interdit la traversée des piétons qui est la moins chère. Comme Macron ne peut le faire ouvertement, il soustraite ses interdictions aux boîtes privées qui font semblant de faire la Loi, comme Flixbus qui force les voyageurs à faire des tests illégaux à Berlin ou Ryanair qui est sommé de récolter les données de santé sur ses passagers pour le compte du Sanepid polonais[1].

La policière anglaise comprend mon désarroi. Elle me propose d’acheter un vélo sur place (« comme ça vous passez et vous garderez le vélo, ce sera autant qu’un billet d’avion ou de TGV ») ou de trouver une voiture qui me prendra en stop pour la traversée, puisque le covid laisse tranquille les voitures. Pourquoi pas un camion ? Douvres est plein de camions polonais et je finirai bien par trouver un chauffeur polonais obligeant qui m’aidera. C’est une idée. Je retrouve mes souvenirs de mes premiers voyages adultes en Europe – j’ai traversé l’Europe en stop plusieurs fois en 1989, en 1990, en 1991 et en 1992. A l’époque, j’avais 18, 19 et 20 et 21 ans, j’étais étudiante à Varsovie, je n’avais pas d’argent pour payer les billets de bus, ne parlons pas de l’avion qui était un luxe ! J’ai donc fait le Varsovie-Paris chaque été avec des chauffeurs routiers qui déjà se transmettaient les infos via la CB. C’était un monde encore très bohême, sans insécurité. Les chauffeurs routiers étaient des Français baroudeurs, des ouvriers qui avaient choisi ce métier pour bouger et voyager. Certains avaient fait le tour du monde, de longues routes en Asie et en Afrique, ils avaient des choses à raconter, ils étaient politisés. Ils prenaient des auto-stoppeurs pour la convivialité et la conversation, pour ne pas s’endormir au volant. Ils appréciaient ma conversation de haut niveau alors que moi je faisais toujours très attention à ne pas laisser la moindre drague s’installer tout en restant sur le qui-vive. Après tout, je voulais vivre ma liberté, mais j’avais beau avoir fait du karaté, je savais qu’une demoiselle seule avec un homme dans un camion qui fait office de maison pour l’homme, cela peut devenir dangereux pour elle. En 1991 j’ai fait le Varsovie-Paris avec ma cousine Jeanne et on a effectué le trajet aller et retour avec les mêmes routiers sympas. En été 1992, c’est en stop que j’ai migré en France définitivement dans un contexte de crise politique et économique, d’inflation galopante et de destruction de notre vie sociale en Pologne.


[1] Le Sanepid polonais est au départ, depuis sa fondation par la système communiste, une autorité de contrôle de l’hygiène des produits et des services et de leur conformité avec les normes et les Lois comme la Direction Générale de Répression des Fraudes en France. Avec la dictature covid, le Sanepid s’est mué en police des mœurs et de la santé et a obtenu le droit d’enfermer les gens en quarantaine et de les punir avec des amendes – ce qui est totalement illégal et étranger à sa mission première et contraire à la Constitution polonaise

En 2020 dans la mondialisation échevelée l’auto-stop n’existe quasiment plus, remplacé par le Blablacar payant. Mais la situation actuelle modifie encore la donne. J’ai besoin d’aide, pourquoi ne pas essayer. De retour sur la place centrale de Douvres je lance un appel sur les groupes Facebook de Polonais en Angleterre. On me dirige surtout vers les compagnies de minibus qui font les trajets Angleterre-Pologne, mais ils sont déjà partis. Personne ne quitte Londres avant le 17 décembre. Mon cafetier indien sympa m’indique un parking de camion près du front de mer. Je marche sur une longue avenue du bord de mer en longeant des hôtels chers qui semblent à la fois ouverts et fermés – en fait ils doivent accueillir de la clientèle mais prennent soins à ce que cela ne se voit pas de l’extérieur. Il fait froid et humide, j’en ai assez de cette politique qui fait de nous des clochards qui doivent manger et boire dehors, qui n’ont pas où aller aux toilettes, qui n’ont pas où se réchauffer. Mais ce n’est que le début de l’épreuve. Mes amis de Wikijustice me cherchent une autre solution pour éviter de revenir à Londres, Calais est juste de l’autre côté du Channel, à portée de main. Il y a d’autres compagnies de bateaux. Mais acceptent-ils les passagers sans vélo ? Non, tout Douvres est bloquée. Pas de véhicule, pas de passage.

Je reviens vers le centre commercial dans le centre. Et si j’achetais un vélo ? Mais à part des épiceries bon marché, un magasin de vêtements et un drugstore de cosmétiques, il n’y a rien dans cette petite ville qui sent la désolation et la stagnation économique. Le vaste office de tourisme de la place centrale est fermé à double tour. Les touristes sont priés de ne plus revenir, le tourisme est décrété mort par la municipalité travailliste. Mesurant qu’acheter un vélo dans une ville que je ne connais pas est mission impossible, je repère sur Google ce qui ressemble à un grand parking de camions, le lieu ou les chauffeurs se restaurent et prennent leurs pauses obligatoires. Je me renseigne auprès d’un taxi qui accepte de m’y emmener. C’est à 10 kilomètres dans une zone d’activité en amont de la ville.

L’homme est un habitant local âgé, philosophe. Pour lui la fermeture du Channel aux passagers touristes et le lockdown « coronavirien » est une guerre menée par l’opulente capitale aux provinces pauvres. Pendant que Londres s’amuse, les régions sont asphyxiées et appauvries sous le prétexte covid. Pour lui il n’y a pas de malades dans la région, le chiffre des morts est un mensonge et ceux qui sont morts avaient forcément d’autres maladies pour lesquelles ils ne sont que très mal soignés depuis la privatisation du système de santé. Je lui redis qu’il a encore de la chance de ne pas subir le couvre-feu, la destruction totale de la vie sociale et le masque obligatoire partout y compris pour les petits enfants, comme nous qui souffrons beaucoup en France. Il écoute mes informations et se demande à haute voix si Macron et Johnson ne se sont pas entendus pour opprimer le petit peuple avec leur « putain » de covid… C’est une opinion très Gilet Jaune, il est d’ailleurs admiratif de notre mouvement et estime qu’il en faudrait ici…

C’est un échange instructif et agréable. Pour la modique somme de 9 livres il m’emmène dans une banlieue ou je me retrouve devant un vaste parking clôturé ou sont stationnés des centaines de grands camions. Il y a une petite buvette où les chauffeurs peuvent se restaurer, mais je m’aperçois vite que la grande grille surveillée par des caméras et la clôture hérissée de piques rappellent plutôt les centres de rétention de migrants ou de prisonniers qu’un lieu de halte convivial. Je ne me trompe pas. A peine me suis-je approchée de la clôture qu’un Anglais blanc revêche sort d’un bâtiment, m’intime l’ordre de partir et me menace de poursuites policières si je n’obéis pas. On dirait un garde chiourme d’esclaves alors qu’il est visiblement lui-même un prolétaire. Je lui explique poliment ma situation, je voudrais juste parler à un routier polonais pour lui demander de traverser avec son véhicule. Je ne veux pas forcer le passage, je lui demande de l’aide. Peine perdue. L’homme m’ordonne de déguerpir, mais lorsque j’insiste en soulignant que je suis seule et désespéré, il me dit d’aller voir si plus loin des routiers polonais ne sont pas stationnés. Effectivement quelques 200 mètres plus loin 3 ou 4 camions sont mal garés sur le bord de la route balayée par la pluie d’hiver.

Ils sont tous Polonais. Je frappe à la portière du premier. Un homme ébouriffé se lève de la cabine du fond et ouvre la vitre. Je m’excuse de le réveiller et nous engageons la conversation. Il est ému par ma situation. Un Polonais ne peut laisser une compatriote femme seule sur la route avec une valise. Il se démène pour me trouver une solution, appelle des collègues. Je lui raconte comment les agents de sécurité anglais m’ont chassé du parking aux routiers. Il confirme « c’est une prison, ce truc. J’évite d’y aller, de toute façon il n’y avait plus de place. Je me suis mis sur le bas-côté de la route et voilà, j’ai 35 livres d’amende à payer ». Il me raconte un peu sa vie, son métier. Il vient de Silésie où il est agriculteur et il arrondit les fins de mois de sa famille avec les transports routiers. « Presque tous les routiers qui passent par Douvres sont Polonais, et tous nous transportons des produits alimentaires. Sans nous les Anglais n’auraient rien à manger » – me dit-il. Justement, il n’a pas encore pu livrer sa marchandise dans un entrepôt à 100 km à l’Est de Londres. Il est ennuyé, il n’a pas l’assurance qu’il arrivera à livrer aujourd’hui. « Au plus tôt ce sera à 20 heures et je suis de retour ici dans la nuit ». Tous ses collègues sont dans son cas. Je prends son numéro de téléphone et je prends congé. Au moins j’ai compris comment fonctionne le commerce transmanche.

Quand les télévisions montreront les centaines de camions bloqués au port de Douvres par la décision de Macron de soumettre tous les routiers au test PCR fumeux, quand je verrai les routiers polonais envahir les autoroutes en protestant contre le blocage les empêchant de se reposer à Noël auprès de leur famille, je penserai très fort à lui et à ses collègues. J’espère leur avoir donné des paroles de réconfort et avoir peut-être un peu stimulé leur révolte.

Sur ses conseils, je reviens vers le parking guetter des routiers qui sortent pour leur demander s’ils prennent la mer. Un Tchèque, des Roumains quittent le parking -prison, mais ils vont livrer. Le gardien me chasse à nouveau. Je commence à lâcher prise, il fait nuit noire, le pluie est forte et j’ai les pieds mouillés et gelés. Je risque non pas le covid mais bien un sévère refroidissement. Je décide d’appeler mon taxi. Mais pour le faire je dois encore demander de l’aide à un chauffeur anglais car mon téléphone ne passe plus dans la tempête qui s’intensifie. Le garde chiourme des travailleurs m’invective pour la troisième fois. Décidément le temps où je négociais mon passage sur les parkings des routiers parait aussi lointain que le néolithique. Les chauffeurs d’aujourd’hui ne sont plus libres de leurs mouvements, de leurs vies, ils sont des forçats. Même si j’en trouve un, est-ce que les flics du port vont m’accepter à son bord ? Et s’ils me font descendre et j’aurais fait tous ces efforts pour rien ?

Calais Douvres même combat

Je suis soulagée lorsqu’au bout de 15 longues minutes le taxi arrive. Vivement quitter ces lieux, je décide de revenir à Londres. Je raconte mon histoire au chauffeur de taxi qui m’approuve. « Rentrez à Londres Madame, je vais vous raconter ce qui se passe ». Il est jeune et d’origine indienne. D’habitude il travaille beaucoup avec les touristes. « C’est une ville touristique. Je vais tout le temps en France. Je vais à Calais, je ramène des clients, ils visitent la ville et le château et je les ramène en France. Parfois je vais chercher des clients jusqu’à l’aéroport de Roissy. Depuis le covid ils font tout pour empêcher les gens de passer. Ils ruinent la ville, la région. Nous avons besoin du passage en France pour vivre. Savez-vous pourquoi ils vous font ça, interdire les piétons de prendre le bateau ? Parce que plein d’habitants de Douvres vont travailler à Calais dans les installations du port. Ou faire les courses ou se promener. C’est à peine 45 minutes de bateau, ils reviennent et voilà, la ville vit de ça. Maintenant c’est mort, il n’y a rien, c’est la misère »  – me raconte-t-il. Il rend le gouvernement Johnson responsable de cette situation tellement il paraît incompréhensible qu’un gouvernement ait décidé sciemment de la mort de provinces déjà mal en point. Mais il est d’accord avec moi que « leur histoire de covid c’est comme une histoire de secte, ils sont devenus totalement fous avec ça. Ils veulent nous tuer en nous empêchant de vivre, en interdisant les loisirs, les sorties, les pubs, les rencontres. C’est inhumain, ils veulent nous détruire ». C’est une politique, car pour lui il n’y a pas de maladie.

Mon jeune chauffeur de taxi me déconseille de rester ici. « Essayer d’acheter un vélo, c’est difficile et ils vont tout faire pour vous empêcher de passer. A la fin de l’été j’ai dû emmener en taxi un Français qui avait un vélo. Mais ils ont refusé son vélo dans le bateau, ils ont dit que son sac était trop gros ! Alors le type a dû prendre le taxi pour passer. Mais cela va vous couter cher car vous payez le taxi à l’aller et puis aussi le retour du taxi en bateau. Ca ne vaut pas le coup ». Effectivement, les puissants de la secte au pouvoir font tout pour persécuter les pauvres, les ruiner, les spolier et les empêcher de vivre, de jouir même de l’air, de les masquer, les bâillonner, les museler, les crever. Les tuer. Le monde est devenu fou.

Nous sommes d’accord sur le constat. Lorsque le taxi arrive à la gare de Douvres, la police est déjà en embuscade. Je décide de partir à Londres. Les flics attendent on ne sait trop quoi et qui sur le quai. Je n’ai pas envie de stagner, je suis soulagée quand le train arrive. Je suis obligée de prendre encore un hôtel près de Saint Pancrace et de rentrer le lendemain en TGV. Le TGV aura couté 220 Euros, j’ai dû demander de l’aide. J’ai aussi perdu une journée de travail ce qui est lourd pour moi. Mais la Liberté de Julian Assange, qui est aussi la Nôtre, est à ce prix.

Je ne peux pas ne pas essayer au moins d’arrêter la persécution. Essayer c’est croire, avoir la foi. Et seule l’action mène à la Victoire. Je dois croire en la Victoire, je reviendrai donc dès que possible pour le 4 janvier. Entre temps Wikijustice aura diffusé sa Plainte Internationale auprès de centaines de députés, de sénateurs, de chefs d’Etats et de cours de justice de nombres pays[1].

 « Dojdiem do Berlina » – « Nous arriverons à Berlin », ainsi se saluaient les soldats soviétiques pendant la guerre. Notre Berlin, c’est faire tomber cette secte de puissants cachée qui l’emprisonne lui et nous opprime nous. « Doszli ». « Ils sont arrivés ». Ce fut le slogan de la Victoire.

D’ailleurs, la frontière bloquée entre Calais et Douvres nous montre bien qu’il s’agit d’une vraie guerre.


[1] https://drive.google.com/file/d/1rCPKk9vdY29H_kaHjqeClvJtQ62_cw7W/view

http://monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh/wp-content/uploads/2020/12/Plainte-Wikijustice-pour-Julian-Assange.pdf

The Assange case – Investigation Report and Complaint of Wikijustice Julian Assange

 

cliquer sur télécharger. Please download – you will read 404 pages of analyse! 

Preamble to the complaint

Complaint by citizens of the world to demand the immediate and unconditional release, protection and compensation of the citizen known as Julian Paul Assange, a citizen clearly identifiable by several distinctive signs. The citizen who embodies Julian Paul Assange concept is both a prisoner of war and a hostage of this extra-constitutional and extra-territorial government. He is also a witness for the prosecution in cases of human trafficking and paedocriminal networks. He is therefore in great danger because he is in the hands of those whose crimes he has denounced. He is imprisoned incommunicado, tortured and he was himself a victim of these networks which can only exist thanks to the extra-constitutional and extra-territorial state against which this complaint is made.

We call upon the sovereign State of USA, the sovereign state of UK and all sovereign states to denounce the illegality of the mock trial of the citizen known as Julian Paul Assange. This trial is not based on any legal charge and doesn’t respect amendments of the Constitution of the United States of America. We call upon the sovereign State of USA, the sovereign state of UK and all sovereign states to do everything possible to free him and allow him to testify publicly, through the media, against this extra-constitutional and extra-territorial state under his birthday name how all citizen must do it. To date, he is the only living witness in a position to testify against this extra-constitutional and extra-territorial state, as well as against the paedocriminal and human trafficking.

On his freedom and testimony depend the freedom of all citizens and the sovereignty of all states.

UK Resist! – Julian Assange at the Westminster Magistrate’s Court on 29 October 2020

Monika Karbowska

This text deals with the hearing of Julian Assnage on 29 October, but it also contains analyses of the current dictatorship, the power of the Baraitser family and Judge Tan Ikram.

Cafés, restaurants, shops closed by Macron in Paris, empty streets


The dictatorship in France

The date is 7 December 2020. It was impossible for me to write more quickly the story of my last trip to England, from 27 to 29 October, because the fate of our country balances between a new kind of unbridled dictatorship and timid resistance coming from the depths of our individual and collective common sense, our instinct for survival as living beings, what remains of our ideals and our knowledge of fundamental rights.

 Our fundamental rights have been destroyed in a few months, in a few televised speeches, in a few decisions as illegal as they were violent by the Emmanuel Macron sect that holds our country. Our fellow citizens submit before our astonished eyes to injunctions as terrible as they are absurd, such as allowing themselves to be locked up and only come out with police authorisation, torturing 6 year old children for ten hours under a mask that prevents them from developing and breathing, and allowing themselves to be tortured,  under the same mask, in all places up to 20 hours a day. Our fellow citizens accept like a dumb cattle to be cloistered and trained to obey in every nook and cranny of what is no longer a life. They accept that they no longer have the right to freedom, to education, to culture and leisure, to a friendly, social and family life, to be reduced to the life of animals that go to work and return home wisely because their master has decided so. Certainly, the world of 2020 is a new one. It is the world of the open-air concentration camp, awaiting the final solution to the human problem in « the fourth industrial revolution of artificial intelligence » and in the « climate change » already decided by the masters of the world at the Davos World Economic Forum in January 2021 in the form of the « Grand Reset » project[1].

I was scared when I left for London on Tuesday evening, October 27th at midnight with the Flixbus, but I also wanted very much to flee elsewhere from what we are experiencing. After the walk through apocalyptic Paris in zombified Paris, surrounded by people who are no longer human because the mask and fear have objectified them so much, I was quite happy to leave for a country where paradoxically the air is more breathable. In this Paris where restaurants, cafés, shops and associations have been closed down by the authority of a corrupt and dictatorial regime, Parisians were moving around like lost automatons while some of the great bourgeois continued to play the game of covid comedy, a mask of rigour on their faces, coming out of the Printemps or the Bon Marché rebuilt. Too many works mark this Paris empty of real inhabitants: entire refurbished buildings await a new buyer, like the building of the Société Foncière Lyonnaise, formerly the Drouot sales, just opposite the Louvre. Building facades and entire restaurants are being renovated at a time of monstrous economic crisis, the worst since 1945. In the midst of an economic crisis and in the midst of a « coronavirus health » crisis, we have the right to ask ourselves « where does this money come from » and « who benefits from crime », i.e. who is going to monopolise these magnificent plots of real estate in the heart of the most beautiful city in the world emptied of its citizens?

May 2018 – the nice time of the World Marxist Congres in Beijing, no mask and no stress, hope for a good future

I think I have an answer by observing the arrogant youths, dressed in garish clothes of a pseudo « 80s » fashion pseudo coming out of the department stores with bags of major brands in their hands. It’s hard to say, but I recognised this upper middle-class youth as being from China. At least my trip to the World Marxist Congress in Beijing in May 2018 as an accompanist of the great anti-globalization activist Samir Amin allowed me to recognize not only some elements of Mandarin, but also political tendencies at work in this country which is the cradle of the Covidian narrative. Since the sad death of Samir Amin on 12 August 2018, I think that the trend that has taken power in this country « which is actively heading towards a position of superpower » (said Vladimir Putin, speech at the Valdai Forum[2]) is not the « Maoist » trend for which the happiness of China is related to the happiness of other peoples, but the « anti-Western sovereignist » trend which is thinking of its revenge for two centuries of colonisation on the poor  people that we have become over the last 30 years[3]. Our happiness is not on the agenda of the New World Order, as evidenced not only by the participation of the Chinese State in the storytelling of the pangolin but also by the presence of a representative of the Bank of China at the Grand Reset of the World Economic Forum in Davos next January[4]. Jun Ma Jun, chinese Mr. Great Reset comes from the world of finance, he was an economist at the World Bank and 13 years a director at Deutsche Bank. He does not have the CV of a Maoist militant who would fight for the happiness of humanity…

Example of numerous major works in the historic centre of Paris at the time of Covid, here behind the Palais Royal.

I then saw on the liligo.fr website that several dozen flights a day were scheduled between Shanghai and Paris alone for the end of October. Apparently, the greats of this world are not fooled by the narrative of the « second wave » since they come to shop in our beautiful country and maybe inspect the goods to be taken. The alarmist and false discourse of the « overwhelmed hospitals »[5] is the sauce with which the authorities intend to lock us up and punish us for wanting to live normally. This discourse does not touch the globalist bourgeoisie, which is openly making fun of it this Tuesday, October 27, 2020 in the Parisian department stores[6].


[1] https://fr.weforum.org/press/2020/06/la-grande-reinitialisation-un-sommet-unique-pour-debuter-2021/

https://www.weforum.org/centre-for-the-fourth-industrial-revolution/

https://fr.weforum.org/about/leadership-and-governance

[2] https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/discours-de-vladimir-poutine-lors-228035

[3] https://histoireetsociete.wordpress.com/2018/05/17/la-chine-au-congres-mondial-du-marxisme-marxisme-et-humanite-une-destinee-partagee-par-monika-karbowska/

[4] https://www.weforum.org/agenda/authors/ma-jun-bc3db90d1f

[5] My movies in the hospital la Salpêtrière in Paris:

https://www.youtube.com/watch?v=2XOX4-xSpVw

https://www.facebook.com/monika.karbowska.31/posts/3574998369233523

[6] Liligo.fr about thirty flights from Shanghai to Paris for November 10th, with 1 or 2 stopovers, it is true, through Chinese cities, prices varying from 500 to 1500 Euros one way. Example: Shanghai to Chongquing then Chongquing to Beijing. The flight to Paris is at 1.30pm on 11th November and arrives in Paris at 5.45pm. The ticket costs 495 Euros which is high but normal.

England undermined but not overthrown

On the overnight Flixbus to London, some families are already fleeing France with luggage and children. They are among those of African origin who already have relatives on the other side of the Channel. They are quite right to leave now, as Flixbus is closing all its routes to England as of 1 November. England appears to be a country of reason that resists the madness. The very fluid border crossing proves it, no « quarantine » certificate is checked, only a man’s fingerprints are taken. At Victoria Station I breathe by throwing away the gag that has never been compulsory here in the street. Certainly, the station crowd is stressed under the mask and the kapos of the private militias are walking the alleys of the building. The lightness of summer has disappeared. But if the people of London are worried, it is because in neoliberal capitalism implacable bankruptcies are already underway: the little Segafredo at Victoria station that I loved so much has already closed, as has the Greek restaurant in the Baywaters district. All the cafés and restaurants are threatened because they have been emptied of consumers since the death of tourism decreed from above by the decision-makers of the ruling global mafia.

One of the cafés closed in Baywaters, probably went bankrupt.

Orwellian customer tracing has discouraged local consumers who understandably do not want the state to know where you eat and where you go to the toilet. Indeed, when you enter a restaurant, you have to scan a barcode that links to the National Health Administration’s tracking app and records the details of your visit to the establishment. The « Brazil » effect is chilling in terms of our future prospects. However, it is above all the large pubs whose owners are under orders that obey and make the customers obey this sinister and Orwellian trade (the equivalent of the large Parisian brasseries that accept curfews and confinements – closures because they have to collect good cheques for large, highly visible renovations[1]).

However, I easily manage to avoid the tracing in small boxes looking for the customer and above all I learn from a French friend in London that the famous application is by no means obligatory contrary to what the media would have us believe at the orders. Just as in France, where the authorities make us believe in the legality of a totally illegitimate « state of emergency »[2], in England certain institutions have been infiltrated by the « covidian globalists ». These want to make people believe by the force of media storytelling that the intrusion into their private lives is legitimate, while the government is making commendable efforts to keep life normal and the laws legal. Indeed, the National Health Administration is in the hands of City financiers and the Soros, Rockefeller, Ford, Gates and Tavistock and Portman Foundations, which played a historic role in the Mkultra-style mental manipulation programmes developed by American and British intelligence agencies. Many managers of the venerable British NHA system are employed in the big private capitalist companies and the all too famous Imperial College of London, epicentre of Covidian paranoia and agent of the imposition of the Global Reset agenda, is integrated into the power system of royalty[3].

Even my friend on the radical left admits that her organisation supported the first containment but that the second is a measure to train for political submission. She also tells me that many people in Britain find the sobs of medical staff about « overcrowded hospitals » exaggerated. I await the brave people in France who will reveal the same trickery, whereas I myself noticed the emptiness of the emergency rooms at the Salpêtrière hospital on 20 and 30 October, at Lariboisière on 23 October, and on 31 October in 94. Empty emergencies don’t mean that the citizen is well treated, just that the medical staff doesn’t fear the contagious disease as in the « first wave » and receives the covid and non covid mixed together. It is important to note that 10 people in a waiting room is not an overload, or there is no real hospital anymore, just a façade and a building for sale.

Children playing football without masks in Hyde Park

I enjoyed escaping the confined air of Paris by walking with my nose to the wind in Hyde Park, on the side of Kensington Palace, the castle of the « royal children » where Diana Spencer lived, in the embassy alley, the closest one to the palace being the residence of the Russian ambassador, A legacy from the time when Alix of Darmstadt Hesse, sister of Victoria of Darmstadt Hesse, who was brought up in Kensington by Queen Victoria of Saxon Coburg Gotha, became the last empress of Russia when she married Nicolas II of Romanov. All in all, the castle of the « Queen’s children » guarded by British service officers armed with machine guns seemed to me to be a sinister prison where the descendants of royal dynasties lead a life of hostage-taking deprived of the freedom to come and go of normal British citizens!

Kensington Palace, residence of the « Queen’s children » – here the only part allowed to be photographed. The rest is sinister behind high walls
Cafés in the north of Kensington Garden opposite the Princess Diana Memorial

Arriving in Paddington opposite the St Marys Hospital and the Frontline Club, this time open when it was closed all summer, I entered my hotel in the formerly tourist district, now in the grip of a frenzy of construction and property development, which one wonders, as in Paris, who will be the real beneficiary.

Russian Embassy, north of Kensington Palace, next to Diana’s Memorial at Bayswater Road
Baywaters and Paddington

I have a meeting near London University, a huge campus in the centre of London, close to the huge Saint Pancrace station where the Eurostar, British national trains and many underground lines open up. A year ago we had a good time together with militant friends in the pubs full of young people in this lively area. Today, I fully feel the catastrophe of Covidian politics: the neighbourhood is deserted, no students. The faculties are closed, the young people are sent back to their computers. Around Russel Square, no light, even the streetlights are turned off, probably on purpose to create a surrealist twilight atmosphere in the centre of the largest megalopolis in Western Europe. The entrance to the Senat Library, the large university library where we spent some time researching and were a studious beehive, is deserted. A threatening sign indicates that security guards have the right to forcibly remove any suspicious person from the University grounds, covid oblige.

 Creating a nighttime atmosphere to frighten humans was one of the Nazis’ strongest methods. It is not for nothing that they named one of their crimes « Nacht und Nebel », Night and Fog, to signify that their victims, the murdered and deported would be forever swallowed up in darkness. But thanks to the Resistance fighters, it was not so. Today let us not be afraid of this Night, it is only a psychological operation. The elites of the University of London do not belong to the Resistance to the globalist dictatorship of Covid, since it has suppressed real education and emptied the district of its economic and social life. But it is not sure that the British government agrees with them.


[1] I know some of them personally and we all know that this is true. The first restorer who will denounce the swindle will be the first honest Resistance fighter…

[2] The Constitution of the Republic, where no « state of health emergency » is included, should be reread as a matter of urgency, and only a one-month « state of exception » is tolerated in the event of « threats to institutions ». It cannot be said that the poor masked people are a threat to the « institutions »…

[3] Tavistock Institute

https://en.wikipedia.org/wiki/John_Rawlings_Rees

Kurt Lewin

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kurt_Lewin

Tavistock relationship

https://tavistockrelationships.ac.uk/about-us/our-history

https://tavistockandportman.nhs.uk/about-us/governance/board-of-directors/

Imperial College of London

https://www.imperial.ac.uk/people/neil.ferguson

https://www.imperial.ac.uk/medicine/about-us/faculty-leadership/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_MK-Ultra

The Baraitser family – gender, sexuality, psychological theatre and genetics

I walk to a small building at the entrance of the University, the Birkbeck College of Psychosocial Studies. Here Lisa Baraitser, professor of psychology, gender studies and maternity, clinical psychologist and psychotherapist[1], teaches and receives her students. There is light on the first floor but the pavilion is closed. It is unlikely that Ms. Baraitser, who has to teach at a distance, will be in her office and receive students at her office. Ms. Baraitser participates in the covid madness by co-leading a monitoring programme on the « effects of isolation on the mental balance during covid time »[2]. The human guinea pig doesn’t seem to bother these intellectuals, who at no time are concerned about what the people will become and don’t denounce the dictatorship.

Mrs. Baraitser Lisa Baraitser looks like a twin to Mrs. « Vanessa » Baraitser, whom I have seen 19 times since 21 October 2019. I have listened to her, her tone of voice, her diction, her vocabulary, her flow, her way of speaking, all the more so as as a foreigner I need to immerse myself in her English to understand everything. I observed her physical appearance, her height, her black dresses, her posture, her face, the expression on her face, her eyes… I observed the lectures of Mrs Lisa Baraitser available on the internet. I concluded that Lisa and Vanessa may be one and the same person.

Judge Baraitser in August 2020

How is this possible?

Judge Baraitser appears at Julian Assange’s hearing on 21 October and conducts all the trial hearings until 1 October 2020. She continuously violates the fundamental rights of the prisoner Julian Assange and violates the fair trial procedure.

She is allegedly a magistrate judge appointed by the Judicial Appointment Commission. Her name appears on the list of District Judges on the UK Department of Justice website www.judiciary.uk. The problem is that there is no first name on this list in front of the surname Baraitser who was appointed as a judge in 2011[3]. The judge I have observed 19 times since 21 October 2019 never shows up in the courtroom. She is never introduced by name by a bailiff. Her name does not appear on the public documents posted in the courtroom on the doors or on the notice board. Her name does not appear on a display in the courtroom. As a result, the public has no official information about the name of the judge in this trial, which is problematic.

The first name « Vanessa » was given to the public by the press present in room N°1 of the Westminster Court during the first hearing at which we were able to see Julian Assange physically, on 21 October 2019. Since then, this name and surname has been propagated and broadcast thousands of times by the media and by activists – including by myself because I had not yet understood at the time how the media can lie shamelessly, even the media we believe to be friends of our cause!

But there is no proof that this person is called « Vanessa ». Looking for information on the Baraitser family, it is very easy to find information on Lisa Baraitser, a public figure and teacher at the University of London. Lisa Baraitser has also lectured in Germany and her book on motherhood from a feminist perspective « Enduring time » has a preface by the famous feminist gender theorist Judith Butler.

But Lisa Baraitser also runs a theatre company, the Pur Theatre, registered in the company register under the number 02930096. This theatre does not employ any staff and does not bring in any money, but still has a business. Ms. Baraitser became one of the directors in 2006 and has been managing director from 2015 until today.

Lisa Baraitser and Simon Bayly the owner of the Pure Theater

However, the theatre was founded in 1995 by Dr. Simon Mark Goodenough Bayly, who is the director until 2015. From 1995 to 2015 Simon Goodenough Bayly ran the company with Sara Holloway, Kate Stratton and Andrew Pulver who is a journalist for The Guardian. Andrew Pulver was a partner of Simon Bayly at the very beginning of the company in the 1990s. This theatre is defined as « a psychological experience » and as « psychological therapy », the financial documents also mention a dimension of « psychotherapy and adult school »[4].

Witnesses have always perceived Julian Assange’s hearings as plays in which perverse psychological violence is staged and implemented on the spectators as well as on the actors of the « play » in the « court ».

Lisa Baraitser can play the role of Judge Baraitser. She has the right social position to be appointed as a magistrate judge since it is enough to be an honest citizen and to have 26 half days per year to sit in a magistrate courtroom. Moreover, the Judicial Commission favours women and academics to be appointed as magistrate judges. Lisa Baraitser also has the ability to organise such a « play » as she has many years of experience in directing her « pyschological theatre ». If this is the case, what would be her motive for participating in this life-size « role play »? Would scientific curiosity be enough to explain this motive? I find it difficult to understand why a personality whose work is recognised by a leading figure in the feminist world such as Judith Butler would find it interesting to stage the public humiliation of an innocent man. But we also know that in the « Assange affair » women masquerading as feminists played a crucial and destructive role (need we recall Anna Ardin?). In any case, this kind of revengeful enjoyment in the « reversal of roles » is not my feminism. For me being a feminist means working for justice in society and not for revenge or the law of the strongest. Lisa Baraitser is also a director in the Springdale Company Limited N°06968455 created in 2009 to manage a building at 15 Springdale Road in London.

Lisa Baraitser therefore has a life, an identity, an address and owns companies. Vanessa Baraitser does not exist socially, there is no proof of her identity. Only the media repeat the name « Vanessa ».

Simon Bayly and Michael Baraitser owners of the London Medical Data Base in 1998

It is interesting to note that Simon Goodenough Bayly has owned the Pure Theater since 1995 together with Guardian journalist Andrew Pulver, but he is also a partner of Michael Baraitser in the company London Medical Database. Michael Baraitser and Simon Bayly have jointly owned this company since 2001, which is based at 38 Chalcot Crescent Street, Michael Baraitser’s home. Simon Bayly and Lisa Baraitser declare that they live at 1 Cooper Lane Sprindgdale Road, where since 2014 the head office of Pur Theater is also located. Simon Bayly declared in 2007 the same address of residence as Lisa Baraitser at 29 Coate Street in London. In 2013 Simon Bayly moves to 3 Indigo Mews where the Pure Theater is also located, which is also the address of Lisa Baraitser. In 2014 they move the address of the theatre to 1 Cooper Lane. These close links between the personal addresses of the two theatre directors Lisa Baraitser and Simon Bayly may suggest that they are spouses.

Michael Baraitser is presented in some sources as the father of Lisa, Paula, Alexandra and maybe Vanessa, Joel or Saul Baraitser[5] . At the age of 63 he became the founder of this company together with the then 34 year old genetics teacher Robin Winter and Simon Bayly, who was already director of the Pure Theater. Robin Winter, who died in 2004, was Professor of Dysmorphology and Clinical Genetics, a specialist in genetic diseases in children at the Institute of Child Health at the Great Ormond Children’s Hospital, an old and renowned paediatric hospital known as « Peter Pan Hospital ». Michael Baraitser worked with Professor Winter at this hospital. London Medical Database Limited had 288,000 pounds of assets in 2015 but is to be dissolved in 2018. The legal documents do not exactly detail its activities or why it disappeared. According to websites, it sold databases on genetic diseases and birth defects, data on the clinical features of diseases with photos, as well as information on genetic research into these diseases, the genes responsible, their mutations…. The name Michael Baraitser can be found on websites selling information on genetic research. He signs the databases as books that he has written[6].

Baraitser’s name was given to a genetic disease, the Nicolaides-Baraitser syndrome, or Winter-Baraitser. In the second name, we recognize the name of Professor Robin Winter, whose name Michaël Baraitser was the business partner in the company London Medical Database Limited. Michael Baraitser does not appear to have a teaching title or to have been a health professional other than an associate of Professor Winter at the Great Ormond Hospital for Sick Children[7] . Professor Robin Winter, on the other hand, who died in 2004 at the age of 53, was the founder of research and treatment of genetic diseases in Great Britain from 1978 onwards[8]. Michael Baraitser worked with him from 1992 when Robin became Director. Born in 1937 Baraitser was 55 years old at the time and it is not clear what his professional background was before that.

Looking for information about the children of Michael Baraitser we find Paula Baraitser, presented as Lisa’s sister. She is a sexuality specialist and consultant in contraception for adolescents at Kings College Hospital[9] . She is also a shareholder and director of the company SH24 C.I.C., registered under the number 08737119, which sells tests for sexually transmitted diseases to the National Health Administration. Since 2017 she is also Director of the Faculty of Sexual and Reproductive Healthcare of the Royal College of Obstetrician and Gynecologists. This former health structure is registered as a private company in the register of companies under the number 02804213.

The third sister would be Alexandra Baraitser, artist, gallery owner and art exhibition organiser[10]. Saul Baraitser is also an artist [11]and there is no reliable information about Joel.

Marion Baraitser is said to be the mother of Lisa, Paula and Alexandra Baraitser, perhaps of Joel, Saul and « Vanessa ». She is a playwright, publisher, specialist in South African literature and lecturer in English literature at Birkbeck College, University of London. She is a well-known figure in Jewish theatre. She does not own any companies in her name. In her doctoral dissertation « The Poetic of exile » she thanks her daughter Lisa[12]. In the acknowledgements of her book on motherhood Lisa Baraitser mentions Michael, Marion, Paula, Alexandra, Joel and Saul. This is the only testimony of the links between these people[13]. Vanessa is not mentioned. She does not seem to have any existence other than that of « our trial » of Julian Assange and press articles on the extradition of Alexandre Djouhri, friend of Nicolas Sarkozy and some minor judgments typical of magistrate courts. Is she a real person or a creation of media storytelling?

As for Marion Baraitser, if she is the mother of 4 children (4 daughters or 3 daughters and a son) and the wife of Michael, she must have been born between 1935 and 1948 (because her first daughter Paula would have been born in 1965) and therefore have finished her professional career between 2007 and 2010. In 2018, when her doctorate is due to be defended, she must be close to 80 years old. It is amazing that she has been able to teach at a prestigious university for 17 years without having a PhD degree. Her writings have also been published late, since when her books on refugee children, on Eleanor Marx, on Nawel El Saadawi were published, she must be between 55 and 70 years old. No work was visibly published before the birth of the internet and her career before 1999 remains mysterious.

The Baraitser Family without « Vanessa »

Exactly which member of the Baraitser family is a judge at the Westminster Magistrate Court? What are the Baraitser family’s links with the Guardian community that was so instrumental in Julian Assange’s 10-year smear campaign? Is there a link between the Baraitser family’s visibly close relationship with Guardian journalist Andrew Pulver and Judge Baraister’s behaviour towards Julian Assange? The judge’s conflicts of interest, whatever his first name, deserve to be analysed.

I manage to find an open cafe next to the British Library where the waiters are not looking to trace the covid too happy to have customers. There I meet a French friend to whom I find it difficult to explain the violence we have been experiencing for 7 months. When I go out, the emptiness of this neighbourhood, once full of young people, still strikes me. There are also far too many policemen. On my way back to Paddington I pass the Frontline Club again and to my surprise I see Vaughan Smith sitting at a table on his terrace discussing with a man who looks like a young John Pilger. He doesn’t recognize me. I wonder if I am going to see him the next day at the Westminster, but I am not going to. My hotel is next door to Wilson House, which is a residence of the Imperial College of London, right across the street from the Frontline Club. I understand that the posh clientele of the Frontline Club came from Imperial College of London. The medical and scientific community was closely linked here in this place created by Canadian Broadcasting Corporation journalist John Owen, Al Jazeera UK founder Susan Philipps, BBC journalist Richard Sambrook and Penguine Random House publisher Graham Carlton Green. Documents from the Charity Trust Frontline Club registered in 2005 under number 1111898 clearly show that Vaughan Smith and his Kosovar wife Pranvera Shema are not the initiators of the idea but the managers of a project led by much more influential personalities.

Charity Trust Frontline Club report and financial statement 2015

[1] www.bbk.ac.uk/psychosocial/our-staff/academic/lisa-baraitser

[2] https://vimeo.com/449936919

[3]

[4] www.theatrepur.org/pastprods.html

https://find-and-update.company-information.service.gov.uk/company/02930096/filing-history?page=2

[6] https://www.face2gene.com/lmd-history/

https://www.ramex.com/title.asp?id=2937&pid=21963

https://global.oup.com/academic/product/the-genetics-of-neurological-disorders-9780192628145?cc=us&lang=en&

[7] https://fre.acousticbiotech.com/severe-forms-baraitserwinter-syndrome-are-caused-actb-mutations-rather-than-actg1-mutations-783532

https://en.wikipedia.org/wiki/Nicolaides–Baraitser_syndrome

https://www.clingensoc.org/about-us/robin-winter-prize/

[8] https://www.nature.com/articles/5201193

[9] https://fettle.health/clinical-team/dr-paula-baraitser

[10] www.alexandrab.org.uk

www.alexandrab.org.uk/about-ba

https://www.museums.cam.ac.uk/index.php/events/meet-artist-alexandra-baraitser

[11] https://decentrederspace.org/projects/projets/

[12] www.marionbaraitser.com

https://pure.roehampton.ac.uk/ws/portalfiles/portal/1283695/The_Poetics_of_Exile.pdf

https://britishjewishtheatre.org/?page_id=958

English police reclaim Westminster Court

in front of the Westminster Court on 29 October 2020

Despite the tweet announcing the hearing at 2pm, I am at 181 Maylebone Road early in the morning. I cannot give credence to this information, too many lies are being spread in this case. I cannot afford to have come all the way here just to be too late. I am waiting as usual by following on the internet the uprising in Poland and the political situation in France. Exactly at 7 a.m. a French activist whom I know arrives and I am happy to see her and to kill the time discussing with her. The day slowly dawns. Behind us the lawyers for migrants from Eastern Europe start to form a queue with the migrants’ families. At 9 o’clock we are the first to enter. At the gate, the same security guards we know but who are no longer at Mitie’s house. As usual I rush to the list in the entrance hall: Julian Assange’s name appears at 10 o’clock at the top of the list of 16 names – Polish, Hungarian, Albanian, Slovak, there is even an Italian. We find the list on the door of room 3 and we don’t leave the railing that frames this door. We also find the Indian clerk and the black secretary in hijab who were in charge of the Assange case from October 2019 to February 2020. They go in and out, seem bored as if they wanted to get rid of the hot potato that clutters their rooms. Then the clerk speaks with two men who seem to be journalists. I approach them. For Julian Assange, the man says to come back at 2 p.m. and that there will only be 3 places for the press and 6 places for the public.

In front of the Westminster Court on 29 October 2020

But we don’t believe it until the hearings have started. An elderly woman comes to ask us about Julian Assange’s hearing – activists have started the demonstration in front of the door, there is also a German friend of mine. A corpulent man with glasses sits in front of us and tries to convince us to come back at two o’clock. I may have seen him before, but with the masks you can’t recognise people’s faces any more. The elderly activist also has doubts and instead of leaving asks the man who he is. I don’t understand the name he is saying, so I ask to see his badge, a simple badge like a Westminster Court visitor’s badge. The name on it is Stephen D Toddhunter. He says he is an employee of Julian Assange’s legal team. Another different name… We thank you for the advice… and we stay. At 10 o’clock I see a policeman arriving in front of the door of room 3. He looks like a real policeman, with a uniform and handcuffs on his belt. On his badge is written « Constable Geary ». This is the first time I have seen a real English policeman in these places. Until now it was the agents of the private multinationals Serco and Mitie who were guarding Assange. Moreover I remember the expression of fear on his face in front of some guards, on January 13th here.

Constable Geary is very nice to us. He looks at us and says, « Yes, it’s two o’clock. But come back at 1:30, you’re going in. Ask me, my first name is Scott ».  I am glad to see some humanity at last and relieved to see that the real British power has decided to appear in the Assange case, up until now we have mostly been dealing with private surveillance companies. Wikijustice’s eleventh request for the release has also certainly had its effect.

Work on the disused Church Army building adjacent to the Westminster Court House

So we’re going out more quietly, even though we know that we shouldn’t go too far away so as not to lose our place. I chat with friends in the demonstration for Julian and then we go to the « lawyers coffeshop ». Adjacent to the public building of Westminster Court, the former disused building of the Church Army is finally under construction. The  » Mina Palace « , its dingy annex where Chinese refugees live, is still inhabited. A little later I will see the face of an Asian child in the window of the hostel. I remember the cars of the Chinese embassy which have a car park under this building whose use is really strange. At the « Lawyers coffeshop» the staff is always very nice, but they are Kurdish or Turkish boys, they are not the same waiters as in the summer. Have they been fired because of the covid crisis? Has the owner changed? In any case the offer is less but the prices are lower. We talk for an hour, but at 11.40 it is good to go back to court.

The Mina Palace, a home for Asian families adjacent to the Westminster courthouse

When we arrive in the waiting room, I lose a little time because a security guard at the entrance wants to take my camera away from me. The waiting room is full of Poles and their lawyers. The hearings follow one after the other. The future extradited don’t look worried and feverish. Apparently the Brexit is a good deal for them because even if the European Arrest Warrant continues to work, England has decided to keep its migrants useful. I also have the impression that Assange’s hearing is postponed until the end when there will be nobody left. A young blond man presents himself as a representative of Reporters without Borders and speaks a little French with us.

At 1 p.m. G. the activist-who-is-always arrives and positions herself immediately in front of the door. We made a mistake when we sat down, we lost our precious first place! I’m not happy with myself, I stand up after greeting G. who asks me if Stella Morris or John Shipton are there. They are not there but if they come we are cooked because the organizers of the audience are going to put them before us and with 6 places we won’t be able to go back home because we are already 5 whereas we have been here since 6 o’clock in the morning! And Constable Scott is unfortunately not present, even if I keep hope. I am trying to convince the RSF representative to take a journalist’s seat to free up the precious seats in the public gallery. But he is not sure he has the necessary press card.

We still have a lot of time ahead of us, so the conversation is moving on to our respective countries. I get a little irritated when I try to explain the deaths of the Great March confinement, the doctors who were not working, how we almost died degradingly ill at home… The lies about the tests, the curfew and what’s coming up again. I find it hard to make the British understand what we are going through. It’s as if they don’t believe me because the situation is very different here. In any case, the totalitarian nature of what we are experiencing, the zombification by compulsory masks, all this is unknown here, even if in England the profusion of private militias in the metro and in the streets is greater than in the summer.

The time is fast approaching and 2pm. Rebecca Vincent from RSF arrives and takes up position behind G. of authority, the young man having heated his seat for her. I can’t object but when an unknown security guard in navy blue uniform arrives and asks who is first, I immediately introduce myself and say that I was here first thing in the morning. The waiting room is emptied, in front of room 1 the last migrants are finishing their business. Tension is rising. An elderly activist apostrophe the security agents on the theme of « who decides » who decides who will enter the room? Indeed everything is rushing. John Shipton appears. The security guard opens the door of room 3, brings in 4 journalists with the orange « press » coupon. The black woman, a former security agent of Mitye who has always worked on the « Assange case », takes over the command. She asks who is for Assange, brings in John Shipton. Immediately afterwards I go back to the known places.

The best seats in the middle of the public gallery have been condemned, so John Shipton must sit in the back of the front row. There is only one roughly central seat left with two seats to his left where I sit. The French friend is behind him, G. to my left two seats further on, Rebecca Vincent behind me and the last elderly activist at the back by the door.

Exit Baraitser and her theatre?

The artificial staging is immediately obvious to me, you get the impression that no one is making any effort to make the play credible anymore. The clerk and the secretary sitting in front of me are playing their game. They are the real Westminster staff, they weren’t at the Old Bailey or the Woolwich Court, I’ve seen them at hearings of other cases besides Assange last year. I feel they are fed up with the game. Edward Hamilton Fitzgerald arrived with Gareth Peirce’s assistant. Journalists are seated in the back row in the courtroom behind the lawyers. That’s when I notice that it’s after 2pm and… Julian Assange is already on the video! The screen was already on and everything is much more informal than before. There is no « Officer Belmarsh » announcement, nor a « HMP Belmarsh » sign above the captive’s head. Unfortunately I can’t see anything on the right screen is too close while the left screen is far away from me. Also, the picture only shows half the screen, so it is as small as the Old Bailey. I’m annoyed, they don’t even look after the decorum any more.

Julian Assange is sitting on a brown or dark red sofa. I look at him attentively. His white hair is a bit long, I can’t see enough of his face to tell if he has a beard or not, nor what his eyes look like, nor the expression on his face. So I concentrate on his gestures, I soak them up. He is wearing a brown jacket that doesn’t fit well and a grey jumper. You can only see him up to his waist. His hands are folded in front of him, his head down. In the room during this time the microphones are being tested for the telephone conference link which never works. John Shipton looks at Assange impassively.

I observe Julian Assange’s gestures. He looks to the right while turning his head. He yawns. Then he runs his hand through his hair as if he wanted to comb his hair. He takes out his glasses and puts them on his nose. He holds a sheet of paper in his hand and goes through it. A young prosecutor arrives and greets Edward Fitzgerald. The two men even shake hands and enter into a rather loud discussion where there is talk of a deadline for documents. The secretary speaks with a young woman interpreter from Slovakia or Poland who comes to register with her. I still look at Julian Assange and 10 minutes go by. I think his gestures are sharper, more natural than the previous year, in November-December when he was visibly under medication. He seems more at ease when he reads, writes or touches his face with his hand… I recognize the particular grace of his gestures, the one that characterizes him when he is in shape. I ask John Shipton if he can see the image well because I am afraid that from where he is sitting he cannot perceive much. His answer is inaudible.

Then I notice that the back door is half-open to a light. The clerk goes out and comes back, followed by… two judges!  The one who will play the role of judge is a rather imposing man with curly grey hair, possibly of Indian or Pakistani origin. I remember that he was the judge for the afternoon of January 13. Next to him a slim young woman is wearing a black dress and a Pakistani style hijab. She drops the veil on the back of her chair when she sits down. So everything goes very fast. The hubbub at the beginning of the hearing subsides and Fitzgerald asks for his deadline for the submission of evidence. If I understand the rapid dialogue, the deadline of the 16th is extended to November 26th. The judge sets the date and the prosecutor agrees to what had been agreed in advance anyway.

Suddenly Edward Fitzgerald seems to realise that Assange should be asked for his opinion. He asks the judge to make sure that Mr. Assange has understood: he even turns a little to the video where Julian Assange is standing. The judge seems to be even more fed up than the other actors in the courtroom, he turns to Assange who, as if mechanically pronouncing « Julian Assange » and « 3 July 1971 » in a hesitant voice. His voice is very low, but it must be said that I am very far from him… The judge says distinctly but still with this air of wanting to finish « you remain in custody » until November 26th. He adds a sentence about an online conference with Assange. Then everyone gets up, the journalists, the secretaries, and rushes out. John Shipton and Rebecca Vincent also leave.

I’m staying as long as Julian Assange is still here. Then lawyer Fitzgerald seems to remember that something is still missing. He asks the judge « can you make sure that Mr. Assange has heard »? He turns to the video, the image of which remains frozen. Julian Assange is no longer online. Then his lawyer leaves the room. I am upset by the theatre, I leave the box and go straight to the judge and his collegue. I have the impression that they are looking at me a little ironically. When I arrive 2 metres from the stage, I introduce myself, I say that I represent a French human rights association and that I haven’t understood what’s going on, what online conferencing is all about. The man calmly answers me that the « call over hearing » is every 28 days because we can’t keep anyone in detention any longer. OK, but what about the online conference that will take place now? He replies that it is just a private meeting between the accused and his lawyer. I thank him but before leaving I ask him if I can have his name because I have to make the report for my association and no name of the person in charge is posted anywhere.  He nods and says « we’ll tell you ». I go out to talk to the activists, always in my emotions.

Tanweer Ikram, a judge with immigration background but close to the power

A few seconds later the secretary opens the door and calls us back: she dictates the name of the judge, Tanweer Ikram. I note but too late I notice that I forgot to ask the name of his colleague in the black veil. Emotions always play tricks on us, but we are human.

Tanweer or Tan Ikram had been a solicitor since 1990, appointed magistrate judge in 2003 by the JAC, the Judiciary Commission, then district judge in 2009 and senior district judge in 2017. Of Pakistani origin and from a working class family, Ikram considers himself an immigrant who has succeeded in the system through hard work. The Pakistani community in Britain praises him as one of the 101 Pakistanis who count[1]. Looking at his CV it is clear that his position is of course above that of Judge Baraitser. But above all his decisions have been criticised as favourable to multinationals and political power: London taxi drivers (many of whom are Pakistani and Indian) have severely criticised his decision to extend Uber’s licence even though a gigantic fraud had been discovered[2]. The media reported that Emma Aburthnot’s husband Emma Aburthnot, Chief Magistrate and Senior District Judge, a professional judge who supervises the work of non professional judge Tan Ikram, was a beneficiary of Judge Ikram’s decision because he is linked to a Qatari fund which is a shareholder in the Uber company[3].

Furthermore, and importantly, Judge Ikram appears to be close to the British and American military-industrial system: he was a judge at the Sovereign Area Base, the British military base in Cyprus. This base is the centrepiece of the telecommunications and intelligence surveillance system in the eastern Mediterranean. Located in Akrotiri and Dhekelia, this extraterritorial base is a colonial territory and as such the Cypriot people are fighting for its suppression. Moreover, it is on this base that the global monitoring system for satellite telecommunications, and therefore mobile phones and the internet, ECHELON, is installed. This global communications surveillance system is run by several American intelligence agencies, including the CIA, and its presence on European soil has no legal basis. It is an illegal installation denounced by the journalist Nicky Hager who testified before the European Parliament in 2001[4]. However, despite these revelations, still being pursued in 2015 by Edward Snowden, ECHELON is still continuing and serves the interests of the ruling castes in our Western states.

For Julian Assange, with Judge Ikram, we are certainly leaving the field of experimental psychological theatre dear to the Baraister family, but we are entering international politics. Judge Ikram’s links with the agencies of British and American imperialism and the intelligence agencies of these two countries which manage the base in Cyprus make me doubt his ability to conduct a fair and objective trial vis-à-vis Julian Assange. Especially since he is controlled by Judge Arbuthnot[5] . His attitude of exasperation at our presence could be linked to the fact that we are still there and we are not letting go of the Resistance in the face of this oppression which of course strikes Julian Assange in the first place, but which is rapidly spreading throughout European society. « If Julian Assange launched this last appeal on April 11, 2019, we realise that today[6]!


[1] https://en.wikipedia.org/wiki/Tan_Ikram

https://www.101pakistanis.com/civil-servants

https://www.judicialappointments.gov.uk/case-study/tan-ikram-district-judge-magistrates-court

https://www.lawsociety.org.uk/campaigns/social-mobility-ambassadors/ambassadors-2015/tan-ikram

[2] https://www.forbes.fr/business/uber-gagne-une-bataille-decisive-a-londres/

[3] https://www.theguardian.com/technology/2018/aug/18/uber-judge-steps-aside

https://www.theguardian.com/uk-news/2019/feb/13/uber-chief-magistrate-alleged-bias-raised-in-court

https://www.litigationfutures.com/news/high-court-rejects-bias-allegation-against-uber-licence-judge

[4] https://en.wikipedia.org/wiki/Akrotiri_and_Dhekelia

https://en.wikipedia.org/wiki/ECHELON

[5] https://www.judiciary.uk/about-the-judiciary/who-are-the-judiciary/judicial-roles/judges/chief-magistrate/

[6] https://www.republicworld.com/world-news/uk-news/uk-must-resist-a-dishevelled-julian-assanges-final-warning-as-he-was-evicted-from-ecuadors-embassy-in-london-and-taken-into-custody.html

UK Resist, France Resist!

Before leaving the premises, I observe the following events. Edward Fitzgerald locks himself in the consultation room at the end of the corridor with Stephen Toddhunter. I don’t know what the role of this man is, but I am there to express our displeasure that Julian Assange was only visible on half a small screen. How can we, a human rights association, estimate his presumed state of health if we cannot even see his face? My request is kindly formulated, the man responds in such a convoluted way that I don’t understand it at all. His eyes are as if hypnotised. Faced with the bad faith that I’ve been encountering from the officials of Julian Assange’s legal team for a year now every time I ask a question about the irregularities of the trial, I don’t insist and I go out to meet my friends whom I haven’t seen since September and who are now taking part in the demonstration.

In Café Panache St Michael Street , Paddington

We leave the premises together among Francophones and head towards Paddington. The Frontline Club is illuminated, we sit at the Café Panache facing the corner of Norfolk Place and St. Michael Street – the archangel protector who defeated the devil as my friend John points out to me. This little cafe makes great cakes and was my headquarters in the summer. The atmosphere is very friendly, no masks or tracing requirements. We discuss at length, notably the almost christic dimension of Julian Assange’s story, his uncertain identity and the disappearance of Sarah Harrison that I still cannot understand. I can’t help but deplore what is happening in France. Dictator Macron has just imposed a new confinement, a new house arrest for all French citizens who allow themselves to be taken advantage of. The political tension is rising, I am afraid that I will no longer be able to cross the border and come to the hearing on 26 November.

We sympathize with the Maroccan boss who speaks French. He deplores the economic destruction of the district since last March, the disappearance of the tourist clientele and the appearance of criminality due to the desertification of the streets in the evening. I learn that the small Yugoslav Fish And Chips in front of the Frontline Club has been robbed… But above all he recalls the prosperous years of 2010 when « Julian Assange lived there » and every time he appeared, a dense crowd of photographers and journalists crowded in for the event and stayed in his café because of lack of space at the Frontline Club. Julian Assange was like a movie star who attracts a huge audience and whose appearance is always beneficial to local shopkeepers. The man points to the building at 30 Norfolk Place, right next to the Fish And Chips – Julian Assange would have lived there on the top floor and he had seen it. These plots, as well as 15 Norfolk place next to the Frontline Club where the Charity Trust Fronline Club premises are located in the courtyard, are owned by Paul Economou, a major Greek property owner in the area. I tell him about Westminster Court, Julian Assange is still a short distance from here in some ways but not at all in the same circumstances.

In Front of the Frontline Club after the hearing

Then my friend rushes outside as she noticed John Shipton tapping on his phone standing on the terrace of the Frontline Club. The Frontline is illuminated, but the customer is rare and the beautiful brunette manager with short hair and visibly Yugoslavian origin who ran the restaurant until last March has disappeared, replaced by a young red-haired man, perhaps Mario Armani, who has been Vaughan Smith’s business partner since last year. It is then that a taxi arrives from which Gabriel Shipton comes out looking a little lost. On the other side of the street I recognize a man who has been the centrepiece of communication around the Old Bailey: Nils Ladefoged is funded by the Democracy and Media Foundation[1], a major funder of the Center for Investigative Journalism. It is not surprising that he is so present in the storytelling of the Wikileaks project, since today Joseph Farell, « Wikileaks ambassador », runs the Center for Investigative Journalism Limited (registration number 05471322) and the Charity Center for Investigative Journalism. Both structures are headed by a Bureau for Investigative Journalism, itself part of a Bureau of Investigative Journalism Trust. These nesting doll structures were all created by Elaine Potter, a South African oligarch who funds these organisations and a host of others through her Elaine and David Potter Foundation.  A young brown boy sits in the taxi. We greet Gabriel and John Shipton who get into the taxi with Nils Ladefoged and leave. We finish eating and it is time to part. We hug each other and the emotion is so strong that we are so apprehensive about what the future holds for our countries and our lives in turmoil.

Elaine Potter, founder of the Center for Investigative Journalism Limited, of the Bureau of the Investigative Journalism, of the Trust of the BIJ, of the BIJ Management….

In Victoria Station I go to my favourite organic cosmetics shop to buy rose oil that is not available in France. I suddenly break down and I tell the saleswomen in my emotion all the horror of what we are going through in France, that I am not sure I will be able to come back… The saleswomen are very nice, they comfort me and talk to me about God with a sincere air. If there is a God, he sent them to me because it gives me the courage to leave, to take the bus in a Victoria Coach Station transformed into an anti-corona fort with signposting on the ground, compulsory mask and all the rest of the hygienic-sectary madness. The bus to Paris is half empty. In an atmosphere of the end of the world, some migrant families are rushing to return to the continent.

The Frontline Club right, behind them the Imperial College of London and the St Marys Hospital
The Wilson House, Sussex Gardens in Paddington, residence of the Imperial College of London

A few days later, Flixbus cancelled its connections to London sine die. The driver is pretty cool, not looking at the mask. The crossing by boat is done without any problem. The British police don’t even check passports on the way out! As a matter of fact, the corona propaganda should not be confused with reality. A poster for the Brexit on a board near the station boasts about the aid that companies will receive from the British state once the delicate operation of separating the ubuesque power of the EU is completed. The picture shows a modern metal factory with busy workers – is this a sign that the new Britain, like « New Jerusalem » after the war, is turning its back on the exclusive economy of financial globalisation and deciding to return to an economy of industrial production? It is still too early to answer, but it is an important signal, because it is the City of London Corporation which like a gigantic cancer is gangreneing the economy of the European continent by engulfing it in a capitalist globalisation that is deadly for the peoples. If the British government has decided to put an end to the power of the City of London Corporation, its interests are also ours. Did the sibylline « UK Resist » of Julian Assange, prisoner of the men of the City, mean this?

At the entrance to Paris, we are greeted by a very long traffic jam made up of gendarmerie cars from all over France who have come to the capital on macronesque orders to wage war on the people. France Résistes – this is our cry today!

(Deepl translation)


Julian Assange with Helena Ann Kennedy of the Shaws, councellor of the gouvernements

Helena Kennedy, Baroness Kennedy of The Shaws – Alchetron, the free social encyclopedia

[1]  https://www.thewhistler.org/interview-project.html

« Angleterre Résiste »! – Julian Assange au Tribunal Magistrate Westminster le 29 octobre 2020

Monika Karbowska

Ce texte porte sur l’audience de Julian Assnage du 29 octobre mais il contient aussi des analyses sur la dictature sanitaire actuelle, le pouvoir de la famille Baraitser et le juge Tan Ikram.

La dictature en France

Nous sommes le 7 décembre 2020. Il m’a été impossible d’écrire plus vite le récit de mon dernier voyage en Angleterre, du 27 au 29 octobre, car le sort de notre pays balance entre dictature effrénée nouveau genre et timide résistance venue du tréfonds de notre bon sens individuel et collectif, de notre instinct de survie en tant qu’être vivant, de ce qui reste de nos idéaux et de notre connaissances des droits fondamentaux.

Cafés, restaurants, boutiques fermés par Macron à Paris, rues vidées

 Nos droits fondamentaux ont été détruits en quelques mois, en quelques discours télévisés, en quelques décisions aussi illégales que violentes par la secte d’Emmanuel Macron qui tient notre pays. Nos concitoyens se soumettent sous nos yeux ébahis à des injonctions aussi terribles qu’absurdes, comme se laisser enfermer et ne sortir que sous autorisation policière, torturer dix heures durant des enfants de 6 ans sous un bâillon qui les empêche de se développer et respirer et se laisser torturer soit même sous le même bâillon en tous les lieux jusqu’à 20 heures sur 24. Nos concitoyens acceptent comme un bétail abruti d’être cloitrés et dressés et à l’obéissance dans les moindres recoins de ce qui n’est plus une vie. Ils acceptent de ne plus avoir droit à le liberté, à l’éducation, à la culture et aux loisirs, à une vie amicale, sociale, familiale, d’être réduit à une vie d’animaux qui vont au travail et qui reviennent au bercail sagement car leur maitre en a décidé ainsi. Assurément, le monde de 2020 est bien nouveau. C’est le monde de l’univers concentrationnaire à ciel ouvert, en attendant la solution finale du problème de l’humain dans «la quatrième révolution industrielle de l’intelligence artificielle » et dans le « changement climatique » déjà décidée par le maîtres du monde au Forum de Davos dès janvier 2021 sous forme du projet du « Grand Reset ».[1]

J’avais peur en partant à Londres mardi soir 27 octobre à minuit avec le Flixbus mais j’avais aussi très envie de fuir ailleurs ce que nous vivons. Après la promenade dans Paris apocalyptique dans Paris zombifié, entourée de gens qui ne sont plus des humains tellement le masque et la peur les ont objectifiés, j’étais bien contente de partir vers un pays ou paradoxalement l’air est plus respirable. Dans ce Paris ou les restaurants, les cafés, les boutiques, les associations ont été fermés par l’autorité d’un régime corrompu et dictatorial, les Parisiens circulaient comme des automates égarés alors que quelques grands bourgeois continuaient de jouer le jeux de la comédie covid, masque de rigueur sur la figure, sortant du Printemps ou du Bon Marché refait à neuf. Trop de travaux marquent ce Paris vide d’habitants réels : des immeubles entiers refaits attendent un repreneur du tout neuf, comme l’immeuble de la Société Foncière Lyonnaise, anciennement les ventes Drouot, juste en face du Louvre. Des façades d’immeubles, des restaurants entiers sont rénovés alors qu’on est en pleine monstrueuse crise économique, la pire depuis 1945. En pleine crise économique et en pleine crise « sanitaire de coronavirus » on est en droit de se demander « d’où sort cet argent » et « à qui profite le crime », c’est-à-dire qui va s’accaparer ces magnifique parcelles immobilières au sein de la plus belle ville du monde vidée de ses citoyens ?

Exemple de grands travaux nombreux dans le centre historique de Paris au temps du Covid, ici derrière le Palais Royal

Je pense avoir une réponse en observant le jeunesses arrogante, habillée de vêtements criards d’une pseudo mode « années 80 » sortant des grands magasins avec en main des sacs de grandes marques. J’ai peine à dire, mais j’ai reconnu cette jeunesse de grande bourgeoisie comme étant originaire de Chine. Du moins mon voyage au Congrès Marxiste Mondiale à Pékin en mai 2018 en tant qu’accompagnatrice du grand militant altermondialiste Samir Amin m’a permis de reconnaitre non seulement quelques éléments de Mandarin, mais aussi des tendances politiques à l’œuvre dans ce pays qui est le berceau de la narrative covidienne. Depuis le triste décès de Samir Amin le 12 août 2018, je pense que la tendance qui a pris le pouvoir dans ce pays « qui se dirige activement vers une position de superpuissance » (dixit Vladimir Poutine, discours au Forum de Valdai[2]) n’est pas la tendance « maoïste » pour laquelle le bonheur de la Chine est relation avec le bonheur des autres peuples, mais la tendance « souverainiste anti-occidentale » qui songe à sa revanche pour deux siècles de colonisation sur les pauvres pékins que nous sommes devenus depuis 30 ans[3]. Notre bonheur ne fait pas partie de l’agenda du Nouvel Ordre Mondial, j’en veux pour preuve non seulement la participation de l’Etat chinois au storytelling du pangolin mais aussi à la présence d’un représentant de la Bank of China au Grand Reset du Forum Economique de Davos[4] en janvier prochain. Jun Ma Jun, Monsieur Grand Reset de la Chine vient du monde de la finance, il a été économiste à la Banque Mondiale et 13 ans directeur à la Deutsche Bank. Il n’a pas le CV d’un militant maoïste qui lutterait pour le bonheur de l’humanité…

Les jours heureux au Congrès Marxiste Mondial à Pékin le 5-9 mai 2018 avec Samir Amin. Je croyais à l’Internationale des Peuples.

J’ai vu alors sur le site liligo.fr que plusieurs dizaines de vol par jour étaient programmés rien qu’entre Shanghai et Paris pour la fin du mois d’octobre. Visiblement, les grands de ce monde ne sont pas dupés par la narrative de la « deuxième vague » puisqu’ils viennent faire leurs emplettes dans notre beau pays et peut être y inspecter les biens à prendre. Le discours alarmiste et faux des « hôpitaux débordés »[5] c’est bien la sauce avec laquelle le pouvoir entend nous enfermer et nous punir de vouloir vivre normalement. Ce discours ne touche pas la grande bourgeoisie mondialiste qui s’en moque ouvertement ce mardi 27 octobre 2020 dans les grands magasins parisiens[6].


[1] https://fr.weforum.org/press/2020/06/la-grande-reinitialisation-un-sommet-unique-pour-debuter-2021/

https://www.weforum.org/centre-for-the-fourth-industrial-revolution/

https://fr.weforum.org/about/leadership-and-governance

[2] https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/discours-de-vladimir-poutine-lors-228035

[3] https://histoireetsociete.wordpress.com/2018/05/17/la-chine-au-congres-mondial-du-marxisme-marxisme-et-humanite-une-destinee-partagee-par-monika-karbowska/

[4]  https://www.weforum.org/agenda/authors/ma-jun-bc3db90d1f

[5] Mes films à la Salpêtrière :

https://www.facebook.com/monika.karbowska.31/posts/3574998369233523

[6] Liligo.fr une trentaine de vol Shanghai Paris pour le 10 novembre, avec 1 ou 2 escales il est vrai, par des villes chinoises, prix variant de 500 à 1500 Euros un aller. Exemple : Shanghai à Chongquing puis Chongquing à Pekin. Le vol pour Paris est à 13h30 le 11 novembre et arrive à 17h45 à Paris. Le billet coute 495 Euros ce qui est prix élevé mais normal.

L’Angleterre minée mais pas terrassée

Dans le Flixbus de nuit pour Londres, quelques familles fuient déjà la France avec bagages et enfants. Ils sont de ceux qui d’origine africaine ont déjà de la famille de l’autre côté de la Manche. Ils ont bien raison de partir maintenant car Flixbus liquide tous ses trajets pour l’Angleterre dès le 1 novembre. L’Angleterre apparait comme un pays de raison qui résiste à la folie ambiante. Le passage très fluide à la frontière le prouve, aucune attestation « de quarantaine » n’est vérifiée, seul un homme voit ses empreintes relevées. A Victoria Station je respire en jetant loin de moi le bâillon qui n’a jamais été obligatoire ici dans la rue. Certes, la foule de la gare est stressée sous le masque et les kapos des milices privés arpentent les allées du bâtiment. La légèreté de l’été a disparu. Mais si les habitants de Londres sont inquiets, c’est parce que dans le capitalisme néolibéral les faillites implacables sont déjà en cours : le petit Segafredo de la gare Victoria que j’aimais tant a déjà fermé, tout comme le restaurant grec du quartier Baywaters. Tous les cafés et les restaurants sont menacés car vidés de consommateurs depuis la mort du tourisme décrétée d’en haut par les décideurs de la mafia mondiale au pouvoir.

Un des cafés fermés car probablement en faillite à Baywaters

Le traçage orwellien des clients a découragé les consommateurs locaux qui n’ont pas envie que l’Etat sache où tu manges et où tu vas au toilettes ce qui est très compréhensible. En effet, lorsque vous entrez dans un restaurant, il faut scanner un code barre qui renvoie à l’appli de traçage du National Health Administration et enregistre les coordonnées de votre passage dans l’établissement. L’effet « Brazil » fait froid dans le dos en ce qui concerne les perspectives de notre avenir. Cependant ce sont surtout les grand pubs dont les propriétaires sont aux ordres qui obéissent et font obéir les clients à ce sinistre et orwellien commerce (l’équivalent des grandes brasseries parisiennes qui acceptent les couvres- feu et les confinements- fermetures car elles doivent toucher de bons chèques pour de gros travaux bien visibles[1]).

Je réussis cependant facilement à éviter le traçage dans de petites boîtes qui cherchent le client et surtout j’apprends par une amie française de Londres que la fameuse application n’est nullement obligatoire contrairement à ce que veulent nous faire croire les médias aux ordres. Tout comme en France ou le pouvoir nous fait croire à la légalité d’un « état d’urgence » totalement illégitime[2], en Angleterre certaines institutions sont infiltrées par les «mondialistes covidiens ». Ceux-là veulent faire croire aux populations par la force du storytelling médiatique que l’intrusion dans leurs vie privée est légitime alors que le gouvernement fait des efforts louables pour garder la normalité de la vie et la légalité des lois. En effet, le National Health Administration est entre les mains de financiers de la City et de fondations Soros, Rockefeller, Ford, Gates et Tavistock and Portman qui ont joué un rôle historique dans les programmes de manipulations mentales de type Mkultra développés par les agences de renseignements américaines et britanniques. De nombreux managers de la vénérable Sécu anglaise émargent dans les grandes entreprises privés capitalistes et le trop fameux Imperial College of London, épicentre de la paranoïa covidienne et agent de l’imposition de l’agenda du Reset mondial est intégré au système de pouvoir de la royauté[3].

Même mon amie de gauche radicale admet que son organisation avait soutenu le premier confinement mais que le deuxième est une mesure de dressage à la soumission politique. Elle me dit que aussi que de nombreux britanniques trouvent exagérés les sanglots du personnel médical sur les « hôpitaux débordés ». J’attends les courageux qui en France dévoileront la même supercherie, alors que j’ai moi-même constaté le vide des urgences à la Salpêtrière le 20 et le 30 octobre, à Lariboisière le 23 octobre, et le 31 octobre dans le 94. Urgences vides ne veulent pas dire que le citoyen est bien soigné, juste que le personnel médical ne craint pas la maladie contagieuse comme lors de la « première vague » et reçoit les covid et les non covid mélangés. Il est important de noter que 10 personnes dans une salle d’attente ne constituent pas une surcharge, ou alors il n’y a plus d’hôpital réel, juste une façade et un bâtiment à vendre.

Enfants jouant au football sans masque dans le Hyde Park
Le Kensington Palace, résidence des « enfants de la reine » – ici la seule partie qu’il est permit de photographier. Le reste est sinistre derrière de hauts murs
Cafés dans le nord du Kensington Garden en face du Memorial de la Princesse Diana

J’ai pris plaisir à échapper à l’air confiné de Paris en me promenant le nez au vent dans le Hyde Park, du côté du Kensington Palace, le château des « enfants royaux » ou a vécu Diana Spencer, dans l’allée des ambassades dont la plus proche du palais est la résidence de l’ambassadeur de Russie, héritage du temps ou Alix de Darmstadt Hesse, sœur de Victoria de Darmstadt Hesse, élevée à Kensington par la reine Victoria de Saxe Coburg Gotha était devenu la dernière impératrice de Russie en épousant Nicolas II de Romanov. Tout compte fait, le château des « enfants de la Reine » gardés par des agents des services britanniques armés de mitraillettes m’a paru une sinistre prison ou les descendants des dynasties royales mènent une vie d’otage privés de la liberté d’aller et venir des citoyens britanniques normaux !

Lambassade de Russie, au Nord du Kensington Palace, jouxte le Memorial de Diana à Bayswater Road

Arrivée à Paddington en face du St Marys Hospital et du Frontline Club cette fois ci ouvert alors qu’il était fermé tout l’été j’ai intégré mon hôtel du quartier naguère touristique, désormais en proie à une frénésie de construction et de promotion immobilière dont on se demande, comme pour Paris, qui en sera le réel bénéficiaire.

Quartier Baywaters entre le Kensignton Garden et le quartier de Paddington

J’ai rendez -vous près de la London University, immense campus dans le centre de Londres, tout près de l’immense gare Saint Pancrace ou débouchent l’Eurostar, les trains nationaux britanniques et de nombreuses lignes de métro. Il y a un an nous avons passé de bons moments ensemble entre amis militants dans les pubs remplis de jeunes de ce quartier animé. Aujourd’hui, je sens pleinement la catastrophe de la politique covidienne : le quartier est désert, aucun étudiant. Les facultés sont fermées, les jeunes renvoyés devant leur ordinateur. Autour de Russel Square, pas de lumière, même les réverbères sont éteints, probablement exprès afin de créer une ambiance crépusculaire surréaliste dans le centre de la plus grande mégalopole d’Europe de l’Ouest. L’entrée de la Senat Library, la grande bibliothèque universitaire ou nous avons passé du temps à nous documenter et qui étaient une ruche studieuse est déserte. Un panneau menaçant indique que les agents de sécurité ont le droit de virer de force toute personne suspecte sur le terrain de l’Université, covid oblige.

 Créer une ambiance de nuit pour plonger les humains dans l’effroi avait été une des méthodes fortes des nazis. Ce n’est pas pour rien que l’ils ont baptisé un de leur crime « Nacht und Nebel », Nuit et Brouillard, pour bien signifier que leur victimes, les assassinés et déportés seraient à jamais englouties dans les ténèbres. Mais grâce aux Résistants, il n’en a pas été ainsi. Aujourd’hui n’ayons pas peur de cette Nuit, elle n’est qu’une opération psychologique. Les élites de l’Université de Londres ne fait pas partie des Résistants à la dictature mondialiste du Covid, puisqu’elles ont supprimé l’enseignement réel et vidé le quartier de sa vie économique et sociale. Mais il n’est pas sûr que le gouvernement britannique soit d’accord avec elles.


[1] Je connais certains personnellement et nous savons tous que c’est vrai. Le premier restaurateur qui dénoncera l’escroquerie sera le premier Résistant honnête…

[2] A relire d’urgence la Constitution de la 5 République ou aucun « état d’urgence sanitaire » ne figure et seul un « état d’exception » d’un mois est toléré en cas de « menaces sur les institutions ». On ne peut pas dire que le pauvre peuple masqué est une menace sur les « institutions »…

[3] Site officiel du Tavistock Institute

https://en.wikipedia.org/wiki/John_Rawlings_Rees

Kurt Lewin

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kurt_Lewin

Tavistock relationship

https://tavistockrelationships.ac.uk/about-us/our-history

https://tavistockandportman.nhs.uk/about-us/governance/board-of-directors/

Imperial College of London

https://www.imperial.ac.uk/people/neil.ferguson

https://www.imperial.ac.uk/medicine/about-us/faculty-leadership/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_MK-Ultra

La famille Baraitser –  genre, sexualité, théâtre psychologique et génétique…

Je me dirige vers un petit bâtiment à l’entrée de l’Université, le Birkbeck College des Etudes Psychosociales. C’est ici qu’enseigne et reçoit ses étudiants Madame Lisa Baraitser, professeur de psychologie, d’études de genre et spécialiste de la maternité, psychologue clinicienne et psychothérapeute[1]. Il y a de la lumière à l’étage mais le pavillon est fermé. Il est peu probable que Madame Baraitser, qui doit enseigner à distance, soit dans son bureau et reçoive les étudiants à sa permanence. Madame Baraitser participe à la folie covid en co-dirigeant avec un programme de surveillance des « effets de l’isolement sur l’équilibre mental en temps du Covid»[2]. L’humain cobaye n’a pas l’air de bien gêner ces intellectuels qui à aucun moment ne se soucient de ce que le peuple va devenir et ne dénoncent pas la dictature.

Madame Baraitser Lisa ressemble comme une jumelle à Madame « Vanessa » Baraitser que j’ai vue 19 fois depuis le 21 octobre 2019. Je l’ai bien écouté, son timbre de voix, sa diction, son vocabulaire, son débit, sa façon de parler, et ceci d’autant plus qu’en tant qu’étrangère j’ai besoin de bien m’imprégner de son Anglais pour tout comprendre. J’ai bien observé son aspect physique, sa taille, ses robes noires, son maintien, son visage, l’expression de son visage, ses yeux… J’ai observé les conférences de Madame Lisa Baraitser disponibles sur internet. J’en ai conclus que Lisa et Vanessa peuvent n’être qu’une et seule personne.

Juge Baraitser en aout 2020

Comment est-ce possible ?

La Juge Baraitser apparait à l’audience de Julian Assange du 21 octobre et mène toutes les audiences du procès jusqu’au 1 octobre 2020. Elle viole en permanence les droits fondamentaux du prisonnier Julian Assange et viole la procédure du fair trial.

Juge Baraitser mais lequel ou laquelle?

Elle est prétendument une juge magistrate nommé par la Judicial Appointment Commission. Son nom figure sur la liste des juges district du site www.judiciary.uk du ministère britannique. Le problème est qu’aucun prénom ne figure sur cette liste devant le nom de famille Baraitser nommé juge en 2011[3]. La juge que j’ai pu observer 19 fois depuis le 21 octobre 2019 ne se présente jamais dans la salle de la cour. Elle n’est jamais présentée par son nom par un huissier. Son nom n’est pas inscrit sur les documents publics affichés dans la cour sur les portes ou le panneau d’affichage. Son nom n’est pas inscrit sur un présentoir dans la salle d’audience. Le public n’a donc pas d’information officielle sur le nom du juge dans ce procès, ce qui pose problème.

Or il n’y a aucune preuve que cette personne s’appelle « Vanessa ». A la recherche d’information sur la famille Baraitser on trouve très facilement les informations sur Lisa Baraitser, personnalité publique et enseignante à l’Université de Londres. Lisa Baraitser a aussi donné des conférences en Allemagne et son livre sur la maternité d’un point de vue féministe «Enduring time » a été préfacé par la célèbre théoricienne du féminisme genre Judith Butler.

Mais Lisa Baraitser dirige aussi une compagnie de théâtre, le Pur Theatre, enregistré au registre des entreprises sous le numéro 02930096. Ce théâtre n’emploie pas de personnel et ne rapporte pas d’argent mais a tout de même une activité. Madame Baraitser entre devient une des directrices dès 2006 et en est gérante de 2015 à aujourd’hui.

Lisa Baraitser et Simon Bayly gérants du Pur Theater

Cependant ce théâtre a été crée en 1995 par le Dr Simon Mark Goodenough Bayly qui en est le chef jusqu’en 2015. De 1995 à 2015 Simon Goodenough Bayly a dirigé cette entreprise avec Sara Holloway, Kate Stratton ainsi que Andrew Pulver qui est un journaliste du Guardian. Andrew Pulver a été un associé de Simon Bayly tout au début de cette entreprise dans les années 90. Ce théâtre se définit comme « une expérience [4]psychologique » et comme une « thérapie psychologique », les documents financiers mentionnent aussi une dimension de « psychothérapie et école pour adultes ».

Les témoins ont toujours perçu les audiences de Julian Assnange comme des pièces d’un théâtre ou une perverse violence psychologique est mise en scène et en œuvre sur les spectateurs comme sur les acteurs du « jeu » dans le « tribunal ».

Lisa Baraitser peut jouer le rôle de la juge Baraitser. Elle a la position social adéquate pour être appointée comme juge magistrate puisqu’il suffit d’être un honnête citoyen et de disposer de 26 demi-journées par an pour s’assoir dans une salle d’audience de magistrate court. La Commission Judicaire privilégie d’ailleurs les femmes et académiciennes pour les nommer juges magistrate. Lisa Baraitser a aussi la capacité d’organiser une telle « pièce de théâtre » car elle a de nombreuses années d’expériences dans la direction de son « théâtre pyschologique ». Si c’est le cas, quel serait son mobile pour participer à ce « jeu de rôle » grandeur nature ? Une curiosité scientifique suffirait-elle à expliquer ce mobile ? J’ai de la peine à comprendre pourquoi une personnalité dont l’œuvre est reconnue par une sommité dans le milieu féministe qu’est Judith Butler trouverait intéressant de mettre en scène l’humiliation publique d’un homme innocent. Mais on sait aussi que dans « l’affaire Assange » des femmes se faisant passer pour féministes ont joué un rôle crucial et destructeur (est-il nécessaire de rappeler Anna Ardin ?). En tout cas, cette espèce de jouissance de revanche dans le « renversement des rôles » ce n’est pas mon féminisme. Pour moi être féministe c’est œuvrer pour la justice dans la société et non pas pour la vengeance ou la loi du plus fort. Lisa Baraitser est aussi directrice dans la Springdale Company Limited N°06968455 crée en 2009 pour administrer un immeuble au 15 Springdale Road à Londres.

Lisa Baraitser a donc bien une vie, une identité, une adresse et possède des entreprises. Vanessa Baraitser n’existe pas socialement, il n’y a aucune preuve de son identité. Seuls les médias répètent le prénom de « Vanessa ».

Simon Bayly et Michael Baraitser au London Medical Data Base en 1998

Il est intéressant de constater que Simon Goodenough Bayly possède le Pur Theater depuis 1995 ensemble avec le journaliste du Guardian Andrew Pulver, mais il est aussi partenaire de Michael Baraitser dans l’entreprise London Medical Database. Michael Baraitser et Simon Bayly possèdent ensemble cette entreprise depuis 2001 dont le siège est au 38 Chalcot Crescent Street, le domicile de Michael Baraitser. Simon Bayly et Lisa Baraitser déclarent habiter au 1 Cooper Lane Sprindgdale Road ou se trouve également depuis 2014 le siège du Pur Theater. Simon Bayly déclare en 2007 la même adresse de résidence que Lisa Baraitser au le 29 Coate Street à Londres. En 2013 Simon Bayly déménage au 3 Indigo Mews ou se trouve aussi alors l’adresse du Pur Theater qui est aussi l’adresse de Lisa Baraitser. En 2014 ils déménagent l’adresse du théâtre au 1 Cooper Lane. Ces liens étroits entre l’adresse personnel des deux dirigeants du théatre Lisa Baraitser et Simon Bayly peuvent laisser supposer qu’ils sont conjoints.

Michael Baraitser est présenté dans certaines sources comme le père de Lisa, Paula, Alexandra et peut être Vanessa, Joel ou Saul Baraitser[5]. A 63 ans il devient le fondateur de cette société avec le professeur de génétique Robin Winter et Simon Bayly âgé alors de 34 ans et déjà dirigeant du Pur Theater. Robin Winter décédé en 2004 était professeur de dysmorphologie et de génétique clinique, spécialiste de maladies génétiques chez les enfants à l’Institut de la Santé de l’Enfant du Great Ormond Children’s hospital, hôpital pédiatrique ancien et réputé connu comme « hôpital Peter Pan ». Michael Baraitser a travaillé avec le professeur Winter dans cet hôpital. La London Medical Database Limited avait en 2015 288 000 livres d’actifs mais elle est dissoute en 2018. Les documents légaux ne décrivent  pas exactement  ses activités ni pourquoi elle a fait faillite. Selon des sites internet elle vendait des bases de données sur les maladies génétiques et les malformations congénitales, des données sur les caractéristiques cliniques des maladies avec des photos ainsi que des informations sur les recherche génétiques sur ces maladies, les gènes responsables, leurs mutations…. On retrouve le nom de Michael Baraitser dans les sites internet de vente d’informations sur la recherche en génétique. Il signe les bases de données comme étant des livres qu’il aurait écrit[6].

Le nom de Baraitser a été donné à une maladie génétique, le Nicolaides -Baraitser syndrome, ou Winter-Baraitser. On reconnait dans la seconde appellation le nom du professeur Robin Winter dont Michaël Baraitser il a été l’associé en affaires dans l’entreprise London Medical Database Limited. Michael Baraitser ne parait pas avoir de titre de professeur ni d’avoir été un professionnel de la santé autre que collaborateur du professeur Winter au Great Ormond Hospital for Sick Children[7]. Le professeur Robin Winter par contre, décédé en 2004 à 53 ans, été le fondateur de la recherche et des traitements des maladies génétiques en Grande Bretagne à partir de 1978[8]. Michael Baraitser a travaillé avec lui à partir de 1992 lorsque Robin y est devenu directeur. Né en 1937 Baraitser avait alors 55 ans et on ne sait pas exactement quel était son parcours professionnel auparavant.

En cherchant des informations sur les enfants de Michaël Baraitser nous trouvons Paula Baraitser, présentée comme sœur de Lisa. Elle est spécialiste de la sexualité et consultante en contraception pour adolescente au Kings College Hospital[9]. Elle est aussi actionnaire et directrice de la société SH24 C.I.C., enregistrée sous le numéro 08737119 qui vent au National Health Administration des tests pour les maladies sexuellement transmissibles. Depuis 2017 elle est aussi directrice de la Faculté de Santé sexuelle et reproductive du College Royal des Obstétricien et Gynécologues (Faculty of Sexual and Reproductive Healthcare of the Royal College of Obstetrician and Gynecologists). Cette ancienne structure de santé est enregistrée comme société privée au registre des entreprises sous le numéro 02804213.

La troisième sœur serait Alexandra Baraitser, artiste, galeriste et organisatrices d’expositions d’art[10]. Saul Baraitser est artiste également[11] et il n’y a pas d’informations fiables sur Joel.

Marion Baraitser serait la mère de Lisa, Paula et Alexandra Baraitser, peut être de Joel, Saul et « Vanessa ». Elle est dramaturge, éditrice, spécialiste de la littérature sud-africaine et enseignante de littérature anglaise au Birkbeck College de l’Université de Londres. Elle est une figure connue du théâtre juif. Elle ne possède pas d’entreprises à son nom. Dans son doctorat soutenu en 2018 «The Poetic of exile » elle remercie sa fille Lisa[12]. Celle-ci, dans les remerciements de son livre sur la maternité mentionne Michael, Marion, Paula, Alexandra, Joel et Saul. C’est le seul témoignage des liens entre ces personnes[13]. Vanessa n’est pas mentionnée. Elle ne semble pas avoir d’existence autre que celle de « notre procès » de Julian Assange et des articles de presse sur l’extradition d’Alexandre Djouhri, ami de Nicolas Sarkozy et quelques jugements mineurs typiques des tribunaux magistrate. Est-elle une personne réelle ou une création du storytelling médiatique ?

Quant à Marion Baraitser, si elle est la mère des 4 enfants (4 filles ou 3 filles et un fils) et l’épouse de Michael, elle doit être née entre 1935 et 1948 (car sa première fille Paula serait née en en 1965) et donc avoir fini sa carrière professionnelle entre 2007 et 2010. En 2018 à la soutenance de son doctorat elle doit approcher de 80 ans. Il est étonnant qu’elle ait pu enseigner dans une université prestigieuse pendant 17 ans sans avoir de diplôme de doctorat. De même ses écrits ont été publiés sur le tard, puisque lors de la publication de ses livres sur les enfants réfugiés, sur Eleanor Marx, sur Nawel El Saadawi, elle doit avoir entre 55 et 70 ans. Aucune œuvre n’a été visiblement publiée avant la naissance d’internet et son parcours d’avant l’année 1999 demeure mystérieux.

La famille Baraitser mais sans « Vanessa »

Quel membre de la famille Baraitser est exactement juge à la Westminster Magistrate Court ? Quels sont les liens de la famille Baraitser avec le milieu du Guardian qui était si déterminant dans la campagne de diffamation de Julian Assange pendant 10 ans? Il y a-t-il un lien entre les relations visiblement étroites de la famille Baraitser avec le journaliste du Guardian Andrew Pulver et le comportement de la juge Baraister vis-à-vis de Julian Assange ? Les conflits d’intérêts du juge, quel que soit son prénom, mériteraient d’être analysés.

Je réussis à trouver un café ouvert à côté de la British Library ou les serveurs ne sont pas regardant sur le traçage covid trop heureux d’avoir des clients. J’y rencontre une amie française à qui je peine à expliquer la violence que nous vivons depuis 7 mois. Lorsque je sors, le vide ce quartier, naguère rempli de jeunes, me frappe encore. Il y a également beaucoup trop de policiers. En rentrant dans le quartier de Paddington je repasse devant le Frontline Club et surprise, je vois Vaughan Smith assis à une table à sa terrasse en discussion avec un homme qui ressemble à un John Pilger jeune. Il ne me reconnait pas. Je me demande si je vais le voir le lendemain à la Westminster, mais ce ne sera pas le cas. Mon hôtel se trouve à côté du Wilson House qui est un lieu de résidence de l’Imperial College of London, situé juste en face du Frontline Club. Je comprends que la clientèle huppée du Frontline Club provenait de l’Imperial College of London. Le milieu médical et scientifique était ici étroitement lié dans ce lieu crée par le journaliste de la Canadian Broadcasting Corporation John Owen, la fondatrice de Al Jazeera UK Susan Philipps, le journaliste de la BBC Richard Sambrook et l’éditeur Graham Carlton Green du Penguine Random House. Les documents Charity Trust Frontline Club enregistré en 2005 sous le numéro 1111898montrent clairement que Vaughan Smith et son épouse kosovare Pranvera Shema ne sont pas les initiateurs de l’idée mais les gestionnaires d’un projet dirigés par des personnalités bien plus influentes.

Frontline Club à droite, St Marys Hospital et Imperial College of London au fond
Wilson House la Résidence de l’Imperial College of London, à 300 mètres du Frontline Club et à 5 minutes à pied de la Westminster Court

[1]www.bbk.ac.uk/psychosocial/our-staff/academic/lisa-baraitser

[3]

[4] www.theatrepur.org/pastprods.html

https://find-and-update.company-information.service.gov.uk/company/02930096/filing-history?page=2

[6] https://www.face2gene.com/lmd-history/

https://www.ramex.com/title.asp?id=2937&pid=21963

https://global.oup.com/academic/product/the-genetics-of-neurological-disorders-9780192628145?cc=us&lang=en&

[7] https://fre.acousticbiotech.com/severe-forms-baraitserwinter-syndrome-are-caused-actb-mutations-rather-than-actg1-mutations-783532

https://en.wikipedia.org/wiki/Nicolaides–Baraitser_syndrome

https://www.clingensoc.org/about-us/robin-winter-prize/

[8] https://www.nature.com/articles/5201193

[9] https://fettle.health/clinical-team/dr-paula-baraitser

[10] www.alexandrab.org.uk

www.alexandrab.org.uk/about-ba

https://www.museums.cam.ac.uk/index.php/events/meet-artist-alexandra-baraitser

[11] https://decentrederspace.org/projects/projets/

[12] www.marionbaraitser.com

https://pure.roehampton.ac.uk/ws/portalfiles/portal/1283695/The_Poetics_of_Exile.pdf

https://britishjewishtheatre.org/?page_id=958

La police anglaise récupère la Westminster Court

Devant la Cour Westminster le 29 octobre 2020

Malgré le twitt annonçant l’audience à 14 heures, je me trouve au 181 Maylebone Road tôt le matin. Je ne peux pas donner foi en ces informations, trop de mensonges sont diffusés dans cette affaire. Je ne peux pas me permettre d’avoir fait tout ce voyage pour arriver trop tard. Je patiente comme d’habitude en suivant sur internet l’insurrection en Pologne et la situation politique en France. Justement à 7 heures arrive une militante française que je connais et je suis heureuse de la voir et de tuer le temps discutant avec elle. Le jour se lève doucement. Derrière nous les avocats des migrants d’Europe de l’est commencent à former une queue avec les familles des migrants. A 9 heures nous sommes les premières à entrer. Au portique les mêmes agents de sécurité que nous connaissons mais qui ne sont plus chez Mitie. Comme d’habitude je fonce vers la liste dans le hall d’entrée : le nom de Julian Assange figure à 10 heures en tête de liste de 16 noms Polonais, Hongrois, Albanais, Slovaque, il y a même un Italien. Nous retrouvons la liste sur la porte de la salle 3 et nous ne quittons plus la rambarde qui encadre cette porte. Nous retrouvons aussi le greffier indien et la secrétaire black en hidjab qui s’occupaient du cas Assange d’octobre 2019 à février 2020. Ils entrent et sortent, semblent ennuyés comme s’ils voulaient se débarrasser enfin de la patate chaude qui encombre leurs salles. Puis le greffier parle avec deux hommes qui semblent être des journalistes. Je m’approche. Pour Julian Assange, l’homme dit de revenir à 14 heures et qu’il n’y aura que 3 places pour la presse et 6 places pour le public.

Devant la cour Westminster le 29 octobre 2020

Mais nous n’y croyons pas tant que les audiences n’ont pas commencé. Une femme âgée vient nous interroger sur l’audience de Julian Assange – des militants ont commencé la manifestation devant la porte, il y a aussi une de mes amie allemande. Un homme corpulent avec des lunettes s’assied en face de nous et essaye de nous convaincre de revenir à 14 heures. Je l’ai peut-être déjà vu mais avec les masques on ne peut plus reconnaitre les visages des gens. La militante âgée a des doutes également et au lieu de partir demande à l’homme qui il est. Je ne comprends pas le nom qu’il prononce, alors je demande à voir son badge, un simple badge comme un badge visiteur de la Westminster Cour. Le nom inscrit est Stephen D Toddhunter. Il dit être employé de la « legal team » de Julian Assange. Encore un nom différent… On remercie pour le conseil… et on reste. A 10 heures je vois un policier arriver devant la porte de la salle 3. Il ressemble à un vrai policier, avec un uniforme et des menottes à la ceinture… Sur son badge est inscrit « Constable Geary ». Gardien de la paix donc. C’est la première fois que je vois un vrai policier anglais dans ces lieux. Jusqu’à présent ce sont les agents des multinationales privées Serco et Mitie qui gardaient Assange. D’ailleurs je me souviens de l’expression de peur sur son visage face à certains gardes, le13 janvier ici même.

Constable Geary est très gentil avec nous. Il nous regarde et nous dit « Oui, c’est bien 14 heures. Mais revenez à 13h30, vous allez entrer. Demandez-moi, mon prénom est Scott ».  Je suis contente de voir enfin un peu d’humanité et soulagé de voir que le vrai pouvoir britannique a décidé d’apparaitre dans le cas Assange, jusqu’à présent nous avions surtout affaire à des entreprises de surveillance privées. La onzième demande de libération de Wikijustice a aussi certainement fait son effet.

Travaux sur l’immeuble désaffecté de la Church Army qui jouxte le tribunal Westminster

Nous sortons donc plus tranquilles même si nous savons qu’il ne faut pas trop s’éloigner pour ne pas perdre la place. Je discute avec des amis dans la manifestation pour Julian puis nous partons au « café des avocats ». Accolé au bâtiment public de la Westminster Court, l’ancien immeuble désaffecté de la Church Army est enfin en travaux. Le « Mina Palace », son annexe miteux ou vivent des réfugiés chinois est toujours habité. Un peu plus tard je verrai à la fenêtre du foyer le visage d’un enfant asiatique. Je me rappelle des voitures de l’ambassade de Chine qui ont un parking sous cet immeuble dont l’usage est vraiment étrange. Au café des Avocats le personnel est toujours très gentil, mais ce sont des garçons kurdes ou turcs, ce ne sont pas les mêmes serveurs qu’en été. Ont-ils été licenciés à cause de la crise covid ? Le propriétaire a-t-il changé ? En tout cas l’offre est moins grande mais les prix plus bas. Nous discutons une heure, mais à 11h 40 il est bon de repartir au tribunal.

Le Mina Palace, foyer pour familles asiatiques qui jouxte le tribunal Westminster

Lorsque nous arrivons dans la salle d’attente, je perds un peu de temps car une agente de sécurité à l’entrée veut m’enlever mon appareil photo. La salle d’attente est remplis des Polonais et de leurs avocats. Les audiences se succèdent à la chaines. Les futurs extradés n’ont pas l’air inquiets et fébriles. Visiblement le Brexit est une bonne affaire pour eux car même si le Mandat d’Arrêt Européen continue de fonctionner, l’Angleterre a décidé de garder ses migrants utiles. J’ai aussi l’impression que l’audience d’Assange est reportée à la fin quand il n’y aura plus personne. Un jeune homme blond se présente comme étant représentant de Reporters sans Frontières et parle un peu Français avec nous.

A 13 heures G. la militante-qui-est-toujours-la arrive et se poste immédiatement devant la porte. On a fait une erreur en nous asseyant, nous avons perdu notre précieuse première place ! Je ne suis pas contente de moi, je me lève après avoir salué G. qui me demande si Stella Morris ou John Shipton sont là. Ils ne sont pas là mais s’ils viennent on est cuits car les organisateurs de l’audience vont les faire passer avant nous et avec 6 places nous ne pourrons plus rentrer car nous sommes déjà 5 alors que nous sommes la depuis 6 heures du matin ! Et Constable Scott n’est hélas pas présent, même si je garde espoir. J’essaye de convaincre le représentant de RSF de prendre une place de journaliste pour libérer les précieuses places de la galerie du public. Mais il n’est pas sûr qu’il a la carte de presse nécessaire.

Il y a encore beaucoup de temps devant nous, la conversation roule alors sur nos pays respectifs. Je m’énerve un peu en essayant d’expliquer les morts du Grand Enfermement de mars, les médecins qui ne travaillaient pas, comment on a failli mourir en se dégradant malades chez nous… Les mensonges sur les tests, le couvre-feu de et ce qui se prépare maintenant à nouveau. J’ai du mal à faire comprendre aux Britanniques ce que nous vivons. C’est comme s’ils ne me croyaient pas car la situation est bien différente ici. En tout cas le caractère totalitaire de ce que nous vivons, la zombification par les masques obligatoires, tout cela est inconnu ici, même si en Angleterre la profusion de milices privées dans le métro et dans les rues est plus importante qu’en été.

L’heure avance et 14 heures approche. Rebecca Vincent de RSF arrive et se poste derrière G. d’autorité, le jeune lui ayant chauffé sa place. Je ne peux m’opposer mais quand un agent de sécurité inconnu en uniforme bleu marine arrive et demande qui est le premier, je me présente immédiatement en précisant que j’étais ici dès le matin. La salle d’attente est vidée, devant la salle 1 les derniers migrants est européens finissent leurs affaires. La tension monte. Un militant âgé apostrophe les agents de sécurité sur le thème de « who decides » qui décide de qui va entrer dans la salle ? En effet tout se précipite. John Shipton apparait. L’agent de sécurité ouvre la porte de la salle 3, fait entrer 4 journalistes porteurs du coupon orange « press ». La femme black ancienne agente de sécurité de Mitie qui a toujours travaillé sur le « cas Assange » reprend le commandement. Elle demande qui est pour Assange, fait entrer John Shipton. Immédiatement après je rentre dans les lieux connus.

Les meilleures places du milieu de la galerie du public ont été condamnées, John Shipton doit donc s’assoir au fond du premier rang. Il ne reste qu’une place à peu près centrale à deux sièges à sa gauche ou je m’installe. L’amie française est derrière lui, G. à ma gauche deux sièges plus loin, Rebecca Vincent derrière moi et le militant âgé dernier arrivé au fond près de la porte.

Exit Baraitser et son théatre?

Julian Assange dans la médiatisation de 2010

Le côté mise en scène artificielle me saute aux yeux tout de suite, on n’a l’impression que plus personne ne fait de gros efforts pour rendre la pièce crédible. Le greffier et la secrétaire assise devant moi jouent leur jeu. Ils sont les véritables personnels de la Westminster, ils n’étaient pas à la Old Bailey ni à la Woolwich Court, je les ai vus participer à des audiences d’autres cas qu’Assange, l’année dernière. J’ai l’impression qu’ils en ont assez du jeu. Edward Hamilton Fitzgerald est arrivé avec l’assistante de Gareth Peirce. Les journalistes sont assis au dernier rang dans la salle d’audience derrière les avocats. C’est alors que je remarque qu’il est 14 heures passés et que… Julian Assange est déjà sur la video ! L’écran était déjà allumé et tout est beaucoup plus informel qu’avant. Pas d’annonce « officer Belmarsh », ni de panneau « HMP Belmarsh » au -dessus de la tête du captif. Malheureusement je ne peux rien voir sur l’écran de droite étant trop près tandis que l’écran de gauche se trouve très loin de moi. En plus, l’image ne montre que la moitié de l’écran, elle est donc aussi petite qu’à la Old Bailey. Je suis énervée, ils ne se fatiguent même plus le décor.

Julian Assange est assis sur un canapé marron ou rouge sombre. Je le regarde attentivement. Il a les cheveux blancs un peu longs, je ne vois pas assez son visage pour dire s’il a une barbe ou pas ni comment sont ses yeux ni l’expression de son visage. Je me concentre donc sur ses gestes, je m’en imprègne. Il porte une veste marron mal ajustée et un pull gris. On ne le voit que jusqu’à la taille. Il a les mains croisées devant lui, la tête baissée. Dans la salle pendant ce temps on teste les micros pour la « conference link » téléphonique qui ne marche jamais. John Shipton regarde Assange d’un air impassible.

J’observe les gestes de Julian Assange. Il regarde à droite en tournant la tête. Il baille. Puis il passe sa main dans ses cheveux comme s’il voulait se coiffer. Il sort des lunettes et les met sur son nez. Il tient une feuille de papier à la main qu’il parcourt. Un jeune procureur arrive et salue Edward Fitzgerald. Les deux hommes se serrent même la main et entrent dans une discussion à voix assez haute ou il est question de délai pour les documents. La secrétaire discute avec une jeune femme interprète des Slovaques ou des Polonais qui vient se faire enregistrer auprès d’elle. Je regarde encore Julian Assange et il s’écoule encore bien 10 minutes. Je pense que ses gestes sont plus vifs, plus naturels que l’année précédente, en novembre décembre quand il était visiblement sous médicaments modifiant le comportement. Il a l’air plus à l’aise quand il lit, écrit ou touche son visage de sa main… Je reconnais la grâce particulière de sa gestuelle, celle qui le caractérise quand il est en forme. Je demande à John Shipton s’il voit bien l’image car je crains que de là ou il est assis il ne peut pas percevoir grand-chose. Sa réponse est inaudible.

Alors, je remarque que la porte de derrière est entre-ouverte sur une lumière. Le greffier sort et revient suivi de… deux juges!  Celui qui jouera le rôle de juge est un homme assez imposant, les cheveux gris bouclés, possiblement d’origine indienne ou pakistanaise. Je me rappelle qu’il était le juge de l’après midi du 13 janvier. A côté de lui une jeune femme mince porte une robe noire et un hidjab à la mode pakistanaise. Elle fait tomber le voile sur le dossier de sa chaise quand elle s’assied. Alors tout va très vite. Le brouhaha du début d’audience se calme et Fitzgerald demande son délai pour la « submission of evidence », le dépôt de preuves. Si je comprends bien le rapide dialogue, la date limite du 16 est repoussée au 26 novembre. Le juge prononce la date et le procureur acquiesce à ce qui a été de toute façon convenu d’avance.

Brusquement Edward Fitzgerald a l’air de réaliser qu’il faut demander son avis à Assange. Il demande à ce que le juge s’assure que M. Assange a bien compris : il se tourne même un peu vers la video ou se tient Julian Assange. Le juge a l’air d’en avoir encore plus marre que les autres acteurs de la cour, il se tourne vers Assange qui comme mécaniquement prononce d’une voix hésitante « Julian Assange » et « 3 July 1971 ». Sa voix est très basse, mais il faut dire que je suis très loin de lui… Le juge dit distinctement mais toujours avec cet air de vouloir en finir « you remain in custody » jusqu’au 26 novembre. Il rajoute une phrase sur une conférence online avec Assange. Alors, tout le monde se lève, les journalistes, les secrétaires et se précipite pour sortir. John Shipton et Rebecca Vincent partent aussi.

Moi je reste tant que Julian Assange est encore là. Alors l’avocat Fitzgerald parait se rappeler qu’il manque encore quelque chose. Il demande au juge « pouvez vous vous assurer que M. Assange a entendu » ? Il se tourne vers la video dont l’image reste figée. Julian Assange n’est plus online. Alors son avocat sort de la pièce. Je suis excédée par le théâtre, je sors du box et je me dirige droit vers le juge et sa collaboratrice. J’ai l’impression qu’ils me regardent un peu ironiquement. Arrivée à 2 mètres de leur estrade je me présente, je dis que je représente une association française de défense des droits de l’homme et que je n’ai pas compris ce qui se passe, qu’est ce que la conference online. L’homme me répond calmement que le « call over hearing » est tous les 28 jours car on ne peut maintenir quelqu’un en détention plus. D’accord, mais qu’est ce que la conference online qui aura lieu maintenant ? Il me répond que c’est juste une rencontre privée entre l’accusé et son avocat. Je le remercie mais avant de partir je lui demande si je peux avoir son nom car je dois faire le rapport pour mon association et aucun nom de responsable n’est affiché nulle part.  Il acquiesce et dit « on vous le dira ». Je sors discuter avec les militantes, toujours dans mes émotions.

Tanweer Ikram, un juge issu de l’immigration proche du pouvoir

Quelques secondes plus tard la secrétaire ouvre la porte et nous rappelle : elle nous dicte le nom du juge, Tanweer Ikram. Je note mais trop tard je remarque que j’ai oublié de demander le nom de sa collègue au voile noir. Les émotions nous toujours des tours, nous sommes humains.

Tanweer ou Tan Ikram était avocat sollicitor depuis 1990 nommé juge magistrate en 2003 par la JAC, la Judiciary Commission, puis district juge en 2009 et senior district juge en 2017. D’origine pakistanaise et de famille ouvrière, Ikram se considère lui-même comme un immigré qui a réussi dans la système par la force de son travail. La communauté pakistanaise en Grande Bretagne fait son éloge comme faisant partie des 101 Pakistanais qui comptent[1]. Examinant son CV on s’aperçoit que bien entendu sa position de situe au-dessus de celle du juge Baraitser. Mais surtout ses décisions ont été décriées comme favorables aux multinationales et au pouvoir politique : ainsi les chauffeurs de taxi londoniens (dont beaucoup sont Pakistanais et Indiens) ont sévèrement critiqué sa décision de prolonger la licence de Uber alors même qu’une gigantesque fraude avait été découverte[2]. Les médias ont rapporté que le mari de Emma Aburthnot, Chief Magistrate et Senior District Judge,  juge professionnelle qui supervise le travail du juge non professionnel Tan Ikram, fut un bénéficiaire de la décision du juge Ikram car il est  lié à un fond qatari qui est un actionnaire de la société Uber[3].

De plus, et c’est important, le juge Ikram parait être proche du système militaro- industriel britannique et américain : il a été juge à la Sovereign Area Base, la base militaire britannique à Chypre. Cette base est la pièce maitresse du dispositif de surveillance des télécommunications et du renseignement en Méditerranée orientale. Située à Akrotiri et Dhekelia, cette base extraterritoriale est un territoire colonial et en tant que telle le peuple chypriote lutte pour sa suppression. De plus, c’est sur cette base qu’est installée le système de surveillance planétaire des télécommunications par satellite, et donc des portables et d’internet, ECHELON. Ce système de surveillance des communications mondiale est dirigé par plusieurs agences de renseignements américaines, dont la CIA et sa présence sur le sol européen n’a aucun fondement juridique. C’est une installation illégale dénoncée par le journaliste[4] Nicky Hager qui a témoigné en 2001 devant le Parlement Européen. Cependant malgré ces révélations, poursuivies encore en 2015 par Edward Snowden, ECHELON continue toujours et sert les intérêts des castes au pouvoir dans nos Etats occidentaux.

Pour Julian Assange, avec le juge Tan Ikram on quitte certes le domaine du théâtre psychologique expérimental cher à la famille Baraister, mais on entre de plein pied dans la politique internationale. Les liens du juge Ikram avec les agences de l’impérialisme britannique et américain et les agences de renseignements de ces deux pays qui gèrent la base à Chypre me font douter de sa capacité à conduire un procès équitable et objectif vis-à-vis de Julian Assange. Surtout qu’il est contrôlé par la juge Arbuthnot[5]. Son attitude d’exaspération face à notre présence pouvait être lié au fait que justement nous sommes toujours là et nous ne lâchons pas la Résistance face à cette oppression qui frappe bien entendu en premier lieu Julian Assange, mais qui s’étend rapidement à toute la société européenne. « UK must resist » au pouvoir des agences de renseignements hors sol et hors contrôle par les peuples : si Julian Assange a bien lancé ce dernier appel le 11 avril 2019, nous le réalisons  aujourd’hui[6] !


[1] https://en.wikipedia.org/wiki/Tan_Ikram

https://www.101pakistanis.com/civil-servants

https://www.judicialappointments.gov.uk/case-study/tan-ikram-district-judge-magistrates-court

https://www.lawsociety.org.uk/campaigns/social-mobility-ambassadors/ambassadors-2015/tan-ikram

[2] https://www.forbes.fr/business/uber-gagne-une-bataille-decisive-a-londres/

[3] https://www.theguardian.com/technology/2018/aug/18/uber-judge-steps-aside

https://www.theguardian.com/uk-news/2019/feb/13/uber-chief-magistrate-alleged-bias-raised-in-court

[4] https://en.wikipedia.org/wiki/Akrotiri_and_Dhekelia

https://en.wikipedia.org/wiki/ECHELON

[5] https://www.judiciary.uk/about-the-judiciary/who-are-the-judiciary/judicial-roles/judges/chief-magistrate/

[6] https://www.republicworld.com/world-news/uk-news/uk-must-resist-a-dishevelled-julian-assanges-final-warning-as-he-was-evicted-from-ecuadors-embassy-in-london-and-taken-into-custody.html

UK Résiste, France Résiste !

Avant de quitter les lieux j’observe les événements qui suivent. Edward Fitzgerald s’enferme dans la consultation room au bout du couloir avec Stephen Toddhunter. Je ne sais pas quel est le rôle de cet homme qui finalement n’a pas siégé dans la salle d’audience mais je le suis pour lui exprimer notre mécontentement que Julian Assange n’était visible que sur la moitié d’un petit écran. Comment nous, association de défense des droits de l’homme, pouvons estimer quel est son état de santé présumé si on ne peut même pas voir son visage ? Ma requête est formulée aimablement, l’homme y répond d’une façon si alambiquée que je n’y comprends rien. Il a d’ailleurs les yeux dans le vide comme hypnotisé. Face à la mauvaise foi que je rencontre de la part des officiels de la « legal team de Julian Assange » depuis un an chaque fois que je pose une question sur les irrégularité du procès, je n’insiste pas et je sors retrouver mes amis que je n’ai pas revu depuis septembre et qui participent maintenant à la manifestation.

Nous quittons les lieux ensemble entre francophones et nous nous dirigeons vers Paddington. Le Frontline Club est illuminé, nous nous asseyons au café Panache qui lui fait face à l’angle de Norfolk place et de la rue Saint Michel – l’archange protecteur qui a vaincu le démon comme me le fait remarquer mon ami John. Ce petit café fait de bons gâteaux et fut mon quartier général en été. L’ambiance est très sympathique, pas de masques ni d’exigence de traçage. Nous discutons longuement, notamment de la dimension quasi christique de l’histoire de Julian Assange, de son identité incertaine et de la disparition de Sarah Harrison que je n’arrive toujours pas à comprendre. Je ne peux m’empêcher de déplorer ce qui se passe en France. Le dictateur Macron vient d’imposer un nouveau confinement, une nouvelle incarcération à domicile de l’ensemble des citoyens français qui se laissent faire. La tension politique monte, je crains de ne plus pouvoir franchir la frontière et venir à l’audience du 26 novembre.

Au café le Panache, St Michael Street, Paddington

Nous sympathisons avec le patron Marocain qui parle français. Il déplore la destruction économique du quartier depuis mars dernier, la disparition de la clientèle de touristes et l’apparition de la criminalité à la faveur de la désertification des rues le soir. J’apprends que le petit Fish And Chips yougoslave en face du Frontline Club a été braqué…Mais surtout il évoque les années fastes de 2010 lorsque « Julian Assange habitait là » et chaque fois qu’il apparaissait, une foule dense de photographes et de journalistes se pressait pour l’événements et restait dans son café faute de place au Frontline Club. Julian Assange était comme une vedette de cinéma qui draine un public considérable et dont l’apparition est toujours profitable aux commerçant locaux. L’homme désigne l’immeuble au 30 Norfolk place, juste à côté du Fish And Chips – Julian Assange y aurait habité au dernier étage et il l’avait vu. Ces parcelles, tout comme le 15 Norfolk place à côté du Frontline Club ou se trouve dans la cour le local du Charity Trust Fronline Club, appartiennent à Paul Economou, un propriétaire immobilier grec important dans le quartier. Je lui raconte la Westminster Court, Julian Assange est toujours à une encablure d’ici, d’une certaine façon mais pas du tout dans les mêmes circonstances.

Devant le Frontline Club après l’audience

C’est alors que mon amie se précipite dehors car elle a remarqué John Shipton en train de pianoter sur son téléphone debout à la terrasse du Frontline Club. Le Frontline est illuminé, mais le client est rare et la belle manager brune aux cheveux courts visiblement yougoslave qui animait le restaurant jusqu’en mars dernier a disparu, remplacée par un jeune homme roux, peut-être Mario Armani l’associé de Vaughan Smith depuis l’année dernière. C’est alors qu’arrive un taxi dont sort Gabriel Shipton l’air un peu perdu. De l’autre coté de la rue je reconnais un homme qui a été la pièce maitresse de la communication autour de la Old Bailey : Nils Ladefoged est financé par la Démocratie and Media Foundation, un financeur majeur du du Center for Investigative Journalism[1]. Il n’est pas étonnant qu’il soit si présent dans le storytelling du projet Wikileaks puisqu’aujourd’hui Joseph Farell, « ambassadeur de Wikileaks » dirige l’entreprise Center for Investigative Journalism Limited (N° de registre 05471322) ainsi que le Charity Center for Investigative Journalism . Les deux structures sont coiffés par un Bureau for Investigative Journalism, lui-même s’insérant dans un Trust du Bureau of Investigative Journalism. Ces structures en poupées gigognes ont été toutes crée par Elaine Potter, une oligarque sud-africaine qui finance ces organisations et une multitudes d’autres via sa fondation Elaine et David Potter Foundation. Un jeune garçon brun est assis dans le taxi. Nous saluons Gabriel et John Shipton qui montent dans le taxi avec Nils Ladefoged et partent. Nous finissons de manger et l’heure de se séparer arrive. Nous nous embrassons et l’émotion m’étreint tellement nous ne savons pas ce que l’avenir réserve à nos pays et nos vies dans la tourmente.

Elaine Potter, la véritable fondatrice du BIJ – CIJ

A Victoria Station je vais dans ma boutique cosmétiques bio préférée acheter l’huile de rose qu’on ne trouve pas en France. Je craque brusquement et je raconte aux vendeuses dans mon émotion toute l’horreur de ce que nous vivons en France, que je suis pas sûre de pouvoir revenir… Les vendeuses sont très gentilles, elles me consolent et me parlent de Dieu d’un air sincère. Si Dieu il y a il me les a envoyé car cela me donne le courage de partir, de prendre le bus dans une Victoria Coach Station transformée en fort retranché anti-corona avec fléchage au sol, masque obligatoire et tout le reste du bastringue hygiénico-sectaire. Le bus pour Paris est à moitié vide. Dans une ambiance de fin du monde quelques familles de migrants se pressent pour rentrer sur le continent.

Quelques jours plus tard Flixbus liquidera ses liaisons pour Londres sine die. Le chauffeur est plutôt cool, pas regardant sur le masque. La traversée par bateau se fait sans problème. La police britannique ne contrôle même plus les passeports à la sortie ! Comme quoi il ne faut pas confondre la propagande corona et la réalité. Une affiche pour le Brexit sur un panneau proche de la gare vante d’ailleurs les aides que les entreprises recevront de l’Etat britannique une fois achevée la délicate opération de séparation de l’ubuesque pouvoir de l’UE. L’image montre une usine métallurgique de pointe avec des ouvriers affairés – est-ce un signe que la nouvelle Grande Bretagne, telle la « Nouvelle Jerusalem » après la guerre, tourne le dos à l’économie exclusive de la mondialisation financière et décide de revenir à une économie de production industrielle ? Il est encore trop tôt pour le répondre, mais c’est un signal important, car c’est la City of London Corporation qui tel un gigantesque cancer gangrène l’économie du continent européen en l’engluant dans une mondialisation capitaliste mortelle pour les peuples. Si le gouvernement britannique a décidé de mettre fin au pouvoir de la City of London Corporation, ses intérêts sont aussi les nôtres. Le « UK Resist » sibyllin de Julian Assange, prisonnier des hommes de la City, voulait-il signifier cela ?

A l’entrée de Paris, nous sommes accueillis par un très long embouteillage composé de voiture de gendarmerie de toute la France venus sur ordre macronesque dans la capitale faire la guerre au peuple. France Résistes – c’est notre cri aujourd’hui !


[1] https://www.thewhistler.org/interview-project.html

Wikileaks as a project of the German Wau Holland Foundation

Financial analysis of « Wikileaks » from 2003 to 2019

This document was written in January 2020. It could not be published right away because of the violent events that started on January 31, 2020: my computer was stolen in Paris for a mafia interested in its contents. From February 24th to 27th I attended the big « trial » of Julian Assange in the public gallery of room 2 of the Woolwich Court. I was sick after these four intense days which revealed many details about the environment of « Wikileaks » and Assange himself.

In March began the planetary madness of the « war against the virus » and the pseudo-sanitary dictatorship that now continues in Europe and the Western world. Today I have seen the presence of the German state in the « trial » that the City of London is organizing to eliminate Julian Assange. But Germany has been part of the « Wikileaks project » from the beginning.

This analysis focuses on the activity reports, financial statements and minutes of board meetings of the Wau Holland Stiftung, a German foundation. It demonstrates the key role of Germany in the « Project 04 Wikileaks ».

The Wau Holland Foundation and Sunshine Press Production, two structures managing the Wikileaks project

The office of the Wau Holland Stiftung 25 Marienstrasse Berlin

On October 25, 2010 a strong and moving meeting took place at the Frontline Club in London: Julian Assange held a conference with Daniel Ellsberg, the famous whistleblower who revealed the crimes of the US Army in the Vietnam in 1971. It is about American crimes in Vietnam and Iraq, the submission of the Western media to war propaganda, the role of citizens who must grab the information revealed to stop these wars. In the end, Daniel Ellsberg expressed concern about the dangers threatening Julian Assange. He then asked how to help him build Wikileaks and offered to make donations. Julian Assange, who within two weeks will be prosecuted by the European arrest warrant issued by Sweden, then mentioned for the first time the legal structures of Wikileaks: the Wau Holland Foundation, a structure under German law, which according to him since July 2010 collects donations from the public that allow Wikileaks[1] to live, and an Icelandic company created just on October 8 that will support the first[2].

It is the Sunshine Press Production, a media company under Icelandic law whose majority shareholder, according to published tax documents, is Julian Assange, and whose shareholders are Kristinn Hrafnsson, Ingi Ragnar Ingasson and Gavin Hall MacFadyen minority shareholders. According to the RSK Register of Icelandic Companies, the « Certificate of Registration » shows that Sunshine Press Productions ehf ID-nr: 611010-0280 is domiciled at Ingi Ragnar Ingason at the address Klapparhlíð 30 270 Mosfellsbæra in Iceland[3]. It is a company that produces films, videos and television programs. It was established on October 8, 2010. The two non-Icelandic shareholders, Julian Paul Assange, Australian, and Gavin Macfadyen, British, obtain on October 20, 2010 from the Icelandic Social Security Office (Bjödskra), the « Kennitala », the Icelandic personal number allowing the opening of a company in this country and giving the right to a definitive social security after 6 months of living and working in this country[4]. It is however not necessary to provide a physical address in Iceland, a referenced mailbox is sufficient and it is a number of mailbox located in the State of Victoria which appears in the documents as the residence of Julian Assange while the address given for Gavin Hall MacFadyen is 34a Moreton Street in Pimlico, London.

Julian Assange’s name in the document is listed as Chairman, but Ingi Ragnar Ingasson and Kristinn Hrafnsson are both « Director » and Gavin Hall MacFadyen is « Deputy Director ». The Certificate Registration also mentions that a majority of the Board of Directors is required for the « signature », the decision making. Julian Assange, in spite of the 94% of the capital shares he owns, does not have the power of decision, he is in fact more of a spokesman than a true leader, whereas the power is legally jointly held by the 4 persons mentioned. Moreover, the associations explaining Icelandic business law to foreign investors warn that in Icelandic law the Icelandic director, even if he is a minority shareholder, has the right to manage the company, to make expenses and to take responsibility in the absence of the majority shareholder domiciled abroad. The Icelandic state protects its citizens and companies and does not allow a foreigner to have decisive power in a structure under Icelandic law.

Sunshine Press Production has been operating until today and therefore files with the Icelandic tax office, the Ríkisskattstjóri Reykjavík, 10 balance sheets of activities from 2010 to 2019 that we have consulted with this institution. The annual balance sheets from 2010 to 2018 are available. The company has activity, income and expenses, with asset figures ranging from the equivalent of 250,000 Euros in 2011 to almost nothing in 2017 before a recovery in 2018. In 2010 Sunshine Press Production owns the equivalent of 131,000 Euros of assets and at the end of fiscal year 2018, the annual meeting of the Board of Directors on August 29, 2019 mentions a profit of the equivalent of 13,000 Euros.

These facts raise several questions. How would Julian Assange have had the freedom to run his business when he is under house arrest in 2011 and 6 months of 2012 and then for 8 years locked up in captivity in the Equator apartment at 3 Hans Crescent Street in London? If the question is asked for the years from January 2011 to April 11, 2019, starting from this date, the answer is clear: Julian Assange being in prison, he cannot exercise his role in his company and therefore a receiver, an administrator of property should have been appointed for the interests of Julian Assange to be ensured. Normally, in European countries, such an independent administrator also ensures that the relationship between the impeded shareholder and his associates remains in accordance with the Law and with the agreement they made in opening the company, i.e. ensuring that Julian Assange is not harmed by his associates.

The document « Upplýsingar með ársreikningi » – « Report of the Board of Directors »of August 29, 2019[5] shows that no such arrangements have been made. Worse, the Board of Directors is meeting as if nothing had happened, while the chairman of the Board and majority shareholder is imprisoned. « The Board of Directors of Sunshine Press Productions hereby confirms the financial statements of the Company for 2018 » with its signature[6]. The Board of Directors approves the accounts, 13,000 Euros in profits, 11,000 Euros in own accounts and decides to allocate the profit to next year’s fiscal year. The Board of Directors mentions the payment of 22,000 euros in salaries. Julian Assange was logically unable to participate in this Board of Directors while in prison. So what is the legal validity of these decisions? Who received the salary money? Did Julian Assange have access to this income? Who makes the day-to-day decisions affecting the operation of this company?

An investigation into these malfunctions is necessary, especially since Sunshine Press Production has been the company that the German Wau-Holland Foundation has contracted out the « 04 Informationsfreiheit – Wikileaks » project since 2014. (Project 04 « Freedom of Information »)[7].

In addition, Gavin Hall MacFadyen passed away on October 22, 2016, although he is mentioned in this most recent document as still being an active shareholder and attending the Board of Directors meeting. His estate should be described in the documents with the name of the person who inherited his shares. A regulation regarding power in the company should have been adopted as of that date. How has Julian Assange been able to look after the interests of his Icelandic company when from October 2016 to May 2017 he is cut off from the world, locked up at 3 rue Hans Crescent and no longer has access to the internet?

The board of the Sunshine Press Production the 29 August 2019 – Assange in prison and Mac Fadyen passed away?

Today the income of this company is his only income and it is vital for his rights to be respected that access to this income is regulated by law.

However, Sunshine Press Production, where Kristinn Krafnsonn is actively working, is not the only supporting structure of the Wikileaks project. The most important structure is the German foundation Wau Holland.


[1] https://www.youtube.com/watch?v=FFDdHMEpqe, 1h.28 to 1h.30 minute. Julian Assange said he funded the Wikilkeaks project with his own money until July 2010.

[2] https://fr.scribd.com/document/341479410/Sunshine-Press-Productions-Ehf-private-limited-company-aka-Wikileaks;

https://www.rsk.is/fyrirtaekjaskra/leit/kennitala/6110100280

[3] https://www.rsk.is/fyrirtaekjaskra/leit/kennitala/6110100280, Certificate of Registration

[4] https://fr.scribd.com/document/341479410/Sunshine-Press-Productions-Ehf-private-limited-company-aka-Wikileaks

[5] https://www.rsk.is/fyrirtaekjaskra/leit/kennitala/6110100280

The documents can be obtained by writing to the Icelandic tax office RSK . We can provide them as proof upon request to us.

[6] Document page 2 « Upplýsingar með ársreikningi »  2019

[7] http://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf, Annual report 2014, page 1

2003 – 2011 from the beginnings of a small foundation to world celebrity

The Wau Holland Stiftung is mentioned only once publicly on October 25, 2010 and does not reappear in the media narrative around Wikileaks. No journalist has sought to understand what its role in the creation of Wikileaks is. Today, as Julian Assange’s life hangs by a thread and the « process » of his « extradition » to the United States comes to an end in premises belonging to the « Mayor and commonalty and citizens of the City of London »[1], the history of Wikileaks needs to be scrutinized in order to identify those responsible for his situation and thus save Julian Assange from a death foretold, an execution in one of the jails of the Old Bailey or a possible confinement in a psychiatric institution in a faraway country.

I Analyze here the legal documents available on the foundation’s website https://www.wauland.de/de/documents : annual activity reports, reports of the Board of Directors and public financial reports.

The Wau Holland Stiftung (Wau Holland Foundation) is a small foundation created on August 23, 2003 by relatives of computer scientist and hacker Herwart Holland-Moritz, known as Wau Holland, to perpetuate his memory[2]. Wau Holland died in 2001 at the age of 49. He is considered the pioneer of the Internet and was the creator of the Chaos Computer Congress, a worldwide gathering of hackers in West Berlin in 1981. The hackers’ gathering became the Chaos Computer Club in 10 years. The Chaos Computer Club is not an NGO, contrary to what its Facebook page suggests[3], but a nebula of private companies and associations created in 18 cities in Germany, as shown by the Handelsregister, the register of German companies[4]. It is a vast milieu of professionals and activists of new information technologies attracting teenagers and young adults for training and meetings around computers but also for alternative cultural and artistic events[5].

Herwat Holland-Moritz is seen by his relatives as a left-wing man. An article from 2003 presents him as having fought child prostitution and the 2003 activity report[6] of the foundation speaks of a computer project aimed at training for young victims of the war in Kosovo [7]. However, in spite of his aura as a hacker, Wau Holland reputation in German society is not controversial as hackers might be. At the foundation’s launch ceremony in December 2003 at the Chaos Computer Club, Socialist deputy Jorg Tauss, a media and information specialist, praised the deceased[8] . However, despite this media departure, the foundation’s assets are modest: 48,000 Euros invested in investments according to the first report of the Board of Directors in August 2003 [9]. The headquarters are in the village of Guxhagen near Kassel and the foundation’s directors are close relatives of Wau Holland’s family: Ursula Reichhardt, Gerriet Hellwig, Bernd Fix, Winfried Motzkus, Mel Wahl. In December 2003, the foundation was immediately granted charitable status.

Today the Wikipedia file on Wau Holland links films with and about him[10] . However, in spite of my politicised youth in the 80s and the important role that computers played in teaching at my high school in Cologne, I must confess that I never heard of Wau Holland or the Chaos Computer Congress before I discovered their role in Julian Assange’s life. My generation entered adulthood with the use of the Internet and appreciated this freedom. For us, the hacker was certainly the one who, in these times of social regression in the 1990s, opened new horizons of the possible, but this milieu was too marginal for young people who were politicized to understand the importance of its political role as the world fell into chaos with the destruction of the Soviet Union, the end of the two blocs and the beginning of neoliberal globalization. Already in the 1980s, hackers were closely intertwined with the work of the secret services, as the history of the Chaos Computer Club shows.


[1] HM Landregistry N° du titre EGL535175

[2] Stitftungsurkunde vom 19 Dezember 2003,

https://www.wauland.de/media/2003-12-19_Stiftungs-Urkunde.pdf

[3] https://www.facebook.com/pages/category/Nonprofit-Organization/Chaos-Computer-Club-112304185449417/

[4] https://www.handelsregister.de/rp_web/result.do?Page=7

[5] https://events.ccc.de/

[6] https://www.wauland.de/media/2003-10-12_Zitty-Ausgabe21.pdf

[7] „Stiftet Daten“ Die (weltweit) erste Stiftung, die zum Datenspenden aufruft, stellt sich vor », https://www.wauland.de/media/2003-09-08_Stiftungstag.pdf

[8]  https://www.wauland.de/media/2003-12-08_Kongress.pdf

[9] https://www.wauland.de/media/2003-08-23_Stiftungs-Antrag.pdf, Stiftungsgeschäft, 23 aout 2003

[10] https://en.wikipedia.org/wiki/Wau_Holland

2004 to 2006 – Transfer of powers and transformation of the foundation into a political tool

In its statutes published in 2004, the Wau Holland Foundation specifies its objectives: education, open source systems, preservation of the memory of the history of computer science, support for research and creation of new media and consumer protection[1]. The latter category includes political action against government security laws that limit Internet freedom. The 5 Board members elected for 2 years are all volunteers. In the years 2004-2006 the resources of the foundation are still modest but certain dynamics are raising out. In 2004, under the presidency of Ursula Reichhardt, there are 51 540 Euros invested[2] and the 1335 Euros from the annual investments are used[3]. The foundation owns a piece of agricultural land worth 1,500 Euros rented 20.44 Euros per year to a cooperative.

In 2004 the foundation was structured as shown in the minutes of the Board of Directors meeting of November 1st, it launched the project to safeguard the Wau Holland archives and participated in the Chaos Communication Congress Assembly with 5 seminars[4]. In the reports of the Board of Directors, the expenses are the expenses of participation of the members of the foundation in the various political and scientific gatherings of their milieu (Congress, summer camping of the Chaos Computer Club, Easterhegg festival[5]). Office and telephone costs are reduced: 40 Euros per extension[6]. The website is created by students and all media appearances are treated as donations in kind to the foundation. One person makes monthly donations of 255 Euros. Activity reports are kept very strictly. A press release is published on August 11, 2004 in support of the draft law on freedom of information carried by the SPD and the Greens which should allow all citizens to have access to all documents of public administrations[7].

In the years 2004 to 2006 the activity reports are very detailed compared to the period from 2009 to 2016. The renewal of the composition of the Board of Directors began at the Board meeting of July 2, 2005. It was decided to get closer to the Chaos Computer Club and even to co-opt some of the directors of the CCC to the Board of Directors, especially since the Chaos Computer Club donated 10 000 Euros to the foundation which can be considered as a contribution to the capital giving a power of attorney[8]. Winfreid Motzkus became president of the foundation but Ursula Reinhardt remains active, looking out for new partnerships[9]. This is all the more necessary as one of the directors is ill and the last seat on the board of directors remains vacant. Motzkus and Fix return to the original goal of the foundation, the establishment of the « Hacker Archive » to preserve the history of hackers. At the end of 2005, 10,000 Euros were earmarked for the project, which has not yet started[10]. In an article from 2005, the Wau Holland Foundation appears as a left-wing foundation alongside the Rosa Luxemburg Foundation, which is linked to the new left-wing party die Linke, the « Stiftung für Meschenwürde und Arbeitswelt », which is active in the growing alterglobalist movement[11], and the various « women’s foundations » that structured the German feminist movement at the time.

In 2006, the minutes of three Board meetings held every four months and the activity report are available. In these documents, from January 2006, it is a question of enlarging the Board of Directors in order to renew it and the discussion begins on the opportunity to approach the foundations of large private companies to obtain funds: SAP, Siemens, Telekom, Vodafone, Arcor, Versatel, Freenet, etc[12] . The Board meeting of July 29, 2006 acts decision to find candidates for the direction of the foundation with focus on dynamic leaders of the Chaos Computer Club. The two organizations are getting closer: the CCCgmbh (a private company named Chaos Computer Club) [13]is committed to building the Hacker Archive Center by July 2007, while the Foundation will support a donation campaign for the CCC 2006 annual congress [14].

Handelsregister with the Chaos Computer Club business companies in Germany

Andy Müller Maghun then appears for the first time in the documents of the foundation. He is mentioned there together with Tim Pritlove, professional manager of the Chaos Computer Congress. In 2006, Müller Maghun took over the responsibility for the management of the « Gross Spenden » (« large donations ») at the Wau Holland Foundation under the name of « Andy » at the suggestion of the Chaos Computer Club, of which he is a historical founder[15]. At the board meeting of 28 December 2006, held not in Guxhagen but in Berlin, two of the foundation’s leaders of the older generation were removed: one died and the other resigned. Two thirty year old fellows joined the Board of Directors: Jens Ohlig from Bonn and Hendrik Fulda from Hamburg. Together with « Andy » and Bernd Fix, they will initiate Wikileaks in 2008.

Jens Ohlig is an IT developer linked to the Wikimedia project[16] . Hendrik Fulda comes rather from a political background: he is a biologist and was a candidate in the parliamentary elections in 2005 on the Green list[17] with a socio-liberal program oriented towards the interests of small businesses and the improvement of daily life according to the liberal-ecological model.

Jens Ohlig and Hendrik Fulda [18]support the president of the foundation in media work, donation campaigns, cooperation with the CCC and the management of the website. The address of the Chaos Computer Club Gmbh at 11 Marienstrasse in Berlin will be used as the foundation’s mailing reference. Immediately a new breath of fresh air sets in and new projects emerge. Tim Pritlove, who managed to raise 30,000 Euros for the CCC Congress in December 2006, is charged with continuing the work for the foundation, while being paid by his organization, the private company CCC Veranstaltung Gmbh.

Tim Pritlove, artist, computer scientist and radio host is also an alumnus of the Chaos Computer Congress, of which he is the main organizer as managing director of the CCC Veranstaltung Gmbh Congress organizing company. He is the manager, the media handler, the fundraisers handler that allow the hacker community to structure itself and carry political weight.

The Chaos Computer Club indeed plays a political role in Germany. Contanze Kurz, computer scientist and academic, current spokesperson for the Chaos Computer Club is also a politician who has her say in the Bundestag committees working on data protection, electronic voting, security laws. She has been an advisor to the German Constitutional Court on anti-terrorist laws issues and state surveillance of theInternet[19].

As early as 2005, the Board of Directors of the Wau Holland Stiftung had already proposed that the foundation directly manage the Chaos Computer Club Congress. The old leaders wish to study the partnership from a legal point of view, but the new and younger leaders present new projects without worrying about the forms. In 2006 the Hacker Foundation of California with its Tor project appeared as a useful partnership and investment for the foundation[20]. The foundation’s old goal « History of German Hackers » seems to be overtaken by new opportunities even though a budget is provided and a realization schedule is published.

Curiously, the arrival at the controls of the new generation coincides with the impoverishment of the documentation. The annual report at the end of 2006 no longer gives the exact amount of the foundation’s capital and the changes so important for the year are written in a few sentences[21] . The Wau Holland Foundation will therefore have some problems with the tax authorities, since the filing of annual reports is a legal obligation.

It seems that the new generation of managers, who are also experienced members of the « Hackers Szene », including Müller-Maguhn, Fix and Pritlove, have succeeded in a form of takeover bid on a small structure set up by the direct heirs of Herwart Holland Moritz. They will now be able to use it for large-scale projects that do not always coincide with the stated aims of the historical foundation.


[1] « Verfassung der Wau Holland Stiftung » – 1 Janvier 2004 ; https://www.wauland.de/media/2004_Stiftungs-Verfassung.pdf

[2] https://www.wauland.de/media/2004-01-11_Konstituierende-Sitzung.pdf 4

[3] https://www.wauland.de/media/2004_Jahresbericht.pdf;

Annual report 2004

[4] op.cit ttps://www.wauland.de/media/2004_Jahresbericht.pdf

[5] https://www.wauland.de/media/2004-12-27_Vorstandssitzung.pdf

[6] Op.cit.

[7] https://www.wauland.de/media/2004-08-11_Pressemitteilung.pdf

[8] https://www.wauland.de/media/2005-07-02_Vorstandssitzung.pdf

[9] Op. cit, « What’s the Hack » in Boxtel

[10] https://www.wauland.de/media/2005_Jahresbericht.pdf

[11] https://www.wauland.de/media/2005-12-03_FR.pdf

[12] https://www.wauland.de/media/2006-03-18_Vorstandssitzung.pdf

[13] https://www.handelsregister.de/rp_web/result.do?Page=7

[14] https://www.ccc.de/en/

[15] « Es wird beschlossen, dass die Akquise von Gross-Spenden durch Andy und Tim vorgenommen wird; dies wurde so vom CCC vorgeschlagen »   https://www.wauland.de/media/2006-07-29_Vorstandssitzung.pdf

[16] https://conference.timemachine.eu/index.php/speaker/jens-ohlig/

https://www.johl.io/

https://diff.wikimedia.org/author/jens-ohlig/

[17] https://www.wen-waehlen.de/kandidaten/hendrik-fulda_1856.html

[18] https://www.wauland.de/media/2006-12-28_Vorstandssitzung.pdf

[19] https://de.wikipedia.org/wiki/Constanze_Kurz

https://fahrplan.events.ccc.de/congress/2019/Fahrplan/speakers/1630.html

[20]  Eine Zusammenarbeit mit der Hacker Foundation aus Kalifornien wird möglichst  noch während des Congresses ausgelotet. Das Tor­Projekt hat angefragt Spenden über  die Stiftung abzuwickeln. ». Vorstandsitzung des 28.12.2006, op.cit

[21] https://www.wauland.de/media/2006_Jahresbericht.pdf

Years 2007 to 2009 – implementation of the 04 Wikileaks project in the Wau Holland Foundation

Andy Müller Maguhn and Bernd Fix of the Chaos Computer Club as project leaders and promoters of the project Wikileaks

It is a pity that for the years 2007 to 2009, which are crucial in the run-up to the Wikileaks project, the Wau Holland Foundation’s activity reports are sketchy and very brief. Nevertheless, the generational changes are formalised and the new leaders are given substantial powers. At the board meeting of 27 December 2007, now held annually instead of quarterly, Hendrik Fulda becomes vice-president behind Motzkus, and Jens Ohlig the press officer. After the departure of Ursula Reichhart, who had made it possible for them to join the foundation, they decided not to co-opt anyone on the board and to keep Bernd Fix as the fourth member, which favours, as in any organisation, a high concentration of power.

It was then that the name Wikileaks appeared for the first time in the « Others and perspectives » section[1]. The project is presented as an international initiative in the same way as the Hacker Foundation. Julian Assange first came to the Chaos Computer Congress in December 2007 with Daniel Domscheit Berg as Wikileaks. He may even have come to the CCC summer camp after his stay at the World Social Forum in Kenya in January 2007. The video cannot be found on the internet but this presence is mentioned in the videos of the CCC Congress in 2008 and 2009[2].

Bernd Fix and Andy Müller Maguhn appear to be the masterminds of the Chaos Computer Club, so it’s no wonder they end up taking over the Wau Holland Stiftung. They are not newcomers but old backpackers from the German « Hacker Szene ». Both have been friends and close friends of Herwart Holland Moritz. Bernd Fix’s aura is sulphurous as he is known as the creator of the first computer virus called after him Fix and used by NATO in 1988 to attack the computer systems of the declining Soviet Union. Fix defends himself against this, saying his idea was stolen after he left the university, but doubts remain about the known involvement of the German secret service in the hacker community in the late 1980s[3].

Bernd Robert Fix in 2018

Bernd Fix is still in the Chaos Computer Club, he is also the director of the Wau Holland Foundation since its creation and close to the CIJ, the Center for Investigative Journalism and its sponsors such as the American David and Elaine Logan Foundation[4] . Bernd Fix’s videos show an analyst with a global vision and thinking on politics[5]. It is very difficult to find evidence of his relationship with Julian Assange, these links remain hidden, except for the press conference on 24 November 2011 at the Frontline Club where the leaders of the 04 Wikileaks project show up the one and only time with their employee[6]. In 2013, the Swiss women’s magazine « Annabelle » presented him as a member of the board of directors of the Wau Holland Stiftung, the organisation that pays « Assange’s salary« [7].

Andy Müller-Maguhn is known to have been a « friend » of Julian Assange, he was then spokesman for the Chaos Computer Club and an already historic leader. He was handling media communication and is a historic player in the creation of the internet. He is therefore very prolific on the internet while remaining quite secretive about his concrete personal and professional life. His official biography says he was born in 1971, so he would be the same age as Julian Assange but we don’t know his region or his background. His date of birth is just as questionable as Julian Assange’s: when some sources mention him as the creator of the Chaos Computer Congress with his friend Herwart Holland Moritz in 1981, he would then be 10 years old. The relationship that an adult like Wau Holland would have with a 10-year-old child could easily be described as abusive: if his date of birth is 1971 and he joined the Chaos Computer Club in 1986, he would be 15 years old at the time, and as a minor it is surprising that the very conservative West German society has allowed an adult to embark a minor on the illegal adventure of computer intrusion. Hackers, middle-class youngsters from broken homes, enter hacking between the ages of 11 and 16. It is not surprising that the Bundesnachrichtendienst is interested in the presence of minors in these illegal activities: it would be interesting to check whether the Jugendamt, the youth welfare office, was also interested then and did its job.

Andy Müller-Maguhn

Andy Müller Maguhn is therefore known for his activity as a hacker in the Chaos Computer Club since the 1980s without any particular intrusion being attributed to him. In 1995 he founded an IT security company, DataReisen Bureau, which is still located at 11 Marienstrasse in Berlin next to the Chaos Computer Club offices. Although he does not appear to be a graduate of a German university, he was elected in 2000 at the age of 29 as a member of the ICANN, the Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, a United States structure dependent on the US Department of Commerce, which allocates domain names for websites all over the world[8]. In 2003 he was a member of the Board of European Digital Rights, a European network of NGOs lobbying the EU authorities for internet freedom[9]. In 2006, as a spokesman for the Chaos Computer Club, he was co-opted to the Board of the Wau Holland Stiftung and officially became its president in 2016. Today he is still the « second » president of the the Foundation while administering the Center for Investigative Journalism, the journalism training facility created by Gavin MacFadyen, Julian Assange’s other mentor[10].

He is often questioned about the Chaos Computer Club scandals, in particular the violent deaths of two young hackers active in the hacking milieu and who are possibly alleged to be victims of murder: Karl Koch in 1989 and Boris Floricic in 1998. It is curious to learn that he took the German media to court in 2006, in particular the collaborative site Wikipedia, to ban them from publishing the full name of Boris Floricic on the pretext of safeguarding his memory. For an activist for transparency and internet freedom one would have expected a more tolerant attitude towards the freedom of journalists to investigate suspicious cases[11].

The Chaos Computer Club, a nebula of networks, clubs and private computer companies organising and promoting hacking, was created within German left-wing circles by Wau Holland in 1981, Bernd Fix and the then 15-year-old (?) Müller Maguhn. The participation of young single boys with no visible parents in these political operations of computer intrusion and the laxity of the youth protection system in dealing with this phenomenon is one of the points that have always surprised me in this case. It is as if society and the Western states (West Germany, the United States, Great Britain) found it normal that children aged between 11 and 16 years old should be recruited into these operations of political-police manipulation and shamelessly used by adult men without society being able to oppose them. The book by Julian Assange and Suelette Dreyfus, published in 1997 and 2001, tells fragments of the stories of these boys in Europe, the United States and Australia in the early 1990s in a romanticized form (Assange, Dreyfus «  Underground, the Tales of Hacking, Madness and Obsession on the Electronic Frontier », Reed Books Australia 1997 and William Heinemann 2001 ).

The Bundesnachrichtendienst (BND), the West German secret service, has been interested from the start to control the milieu of hacking and settles the RAHAB project, which aims to use the skills of these influenceable young people to test the reliability of Western computer networks and also to attack enemy computer systems, those of the Soviet Union. Documents suggest that the members of the Chaos Computer Club have been of direct utility to the West German secret service, which would not be surprising – the beginnings of computer science coincide with the new phase of the Cold War, which ended with the defeat and disintegration of the Soviet Union in 1991. That the BND sought to exploit the skills present on German soil for the defence and expansion of Germany is fitting.

In 1985 the young hacker Karl Koch and 5 of his colleagues from the Hannover group who specialised in hacking VAX/VMS servers were approached by the KGB and immediately trapped by the BND. In the same year Bernd Fix demonstrated at the University of Heidelberg his « Fix » virus capable of attacking the large IBM370 mainframe systems used by the majority of the world’s computerised companies at the time (banks, insurance, railways, airlines and health systems). The Soviet Union acquired several IBM mainframe systems in 1987, allowing the BND and the NSA to directly penetrate its computer system via the « Fix » virus. In 1987, several managers of Western military and IT companies were arrested in Germany and accused of handing over VAX and IBM mainframe secrets to the Soviet Union.

The young hackers of Hannover, all linked to the CCC, were arrested in 1987[12]. Karl Koch is said to have accepted collaboration with the BND under pressure from the agents at the beginning of 1989. The recruitment of this 23-year-old young man into the war of the secret services was fatal to him: his body was found burnt on 1 June 1989. Karl Koch is said to have tried to integrate into society by working as a driver for a CDU deputy who tried to protect him (or who used him). The loneliness of a young man in the face of the overwhelming political system and the lack of support from his home environment are blatant. The media already exploited the hacker’s fragility in order to better sell his image associated with sensationalist hacking « storytelling »: two journalists from the North German Rundfunk offered Karl Koch a large sum of money in April 1989 in exchange for « a live hacking show »[13]. The ingredients are already in place in 1989 to sell a story similar to « Wikileaks » and allow the mainstream media to make money immediately just as they will make a lot of money with Julian Assange’s face and story for years and up to the present day.

Bild von Computer Hacker karl Koch/ Sendung: Magazin 524-2/ Prod.-Nr.: 98.1311/ Sendedatum: 10.01.1999/ Titel: KGB-Hacker

Since then Karl Koch has become a kind of morbid legend of the Chaos Computer Club without ever getting justice. Several of his friends demanded an investigation into the reasons for his death (he was an orphan), but the Chaos Computer Club did not support their demand. No serious investigation was carried out and Andy Müller-Maguhn, who must have known him in this small milieu, states in several CCC videos that psychiatric problems would have overcome the 23-year-old. Just like today, psychiatric problems would have pushed Julian Assange to commit suicide. Of course, it is not Andy Müller Maguhn who is saying this, but Stella Moris who is declaring it as a fatality on all the media, instead of calling for the release of his alleged companion, Julian Assange, in the name of the 2016 UN Ruling demanding his release, compensation and safety in a country of his choice.

However, Stella Moris, with her uncertain identity (she also calls herself Sara Gonzalez Devant or Sara Smith Robertson) makes the repeated announcement of Julian Assange’s suicide in prison to resonate cruelly with Karl Koch’s alleged suicide and the statements about his alleged insanity made by Andy Müller Maguhn at the time of the events.

Andy Müller Maguhn is in fact the first person liable to the publication Project « 04 Wikileaks », as we shall prove in this analysis. If Julian Assange is suicidal, why doesn’t he do everything in his power to prove the innocence of his employee Julian Assange by assuming his responsibilities as a boss in the face of justice? Why doesn’t Stella Moris urge him to do so? If she is Julian Assange’s girlfriend, she knows necessarily that he is no more than the project manager of the Project « 04 Wikileaks », the « Creative director » of the editing of the movie « Collateral murder » and that he therefore has no criminal responsibility. Decidedly, the story of the Chaos Computer Club looks like a bad thriller where crazy hackers, or driven to madness, always end up committing suicide. The Chaos Computer Club likes legends but not really transparency about the fate of its most politically exposed members.

Suspicious deaths are common in the history of both Wikileaks and the Chaos Computer Club. For Wikileaks we can list Seth Rich, Adrian Llamo, Michael Ratner, John Jones, Michael Hastings, Arjen Kamphuis… After Karl Koch it is Boris Floricic’s turn to be a victim of politics within the Chaos Computer Club. This German hacker of Croatian origin (as his name suggests) was involved in hacking Deutsche Telekom’s SIM cards. He was found hanged dead in 1998 at the age of 26 in Berlin, and despite his family’s request, the police did not investigate. Yet the hacker community knows how closely their hacking activity is intertwined with the politics and actions of the secret service. At the time Germany was involved in the war against Yugoslavia through its support for Tudjman’s new Croatian fascist regime. The Yugoslav company Iskra was a serious competitor of Deutsche Telekom and Siemens in Eastern Europe.

Moreover, it was Siemens that took over what was left of the pieces of Iskra after it was dismembered in 1992 by the Croatian regime, which was friendly to the newly reunified Germany and expanding in Europe. Is there a link between the war in Yugoslavia, the policies of Deutsche Telekom and Siemens in Croatia and the death of the young hacker? We don’t know, and that’s a great pity. It is not Andy Müller-Maguhn, the leader of the Chaos Computer Club and future boss of Julian Assange, who will enlighten us: summoned from time to time to explain himself publicly about the probable assassinations in his organisation, the man evacuates these questions by this fatalism « we can do nothing ». These sentences « That’s the way it is, that’s the life » are so convenient to serve today to demobilize in the case of Assange’s execution[14]. It is true that the absence of a real judicial enquiry means that Andy Müller-Maghun never has to seriously explain himself. The negligence of the German State in the face of the suspicious death of young men in the prime of life leaves a doubt about the will of this State to shed light on the reality of the way its hackers operate.


[1] 7. » Verschiedenes und Perspektiven In Zukunft soll eine noch engere Zusammenarbeit mit dem CCC e.V aber auch mit internationalen Initiativen wie der Hacker Foundation oder Wikileaks erfolgen. », https://www.wauland.de/media/2007-12-27_Vorstandssitzung.pdf

[2] https://media.ccc.de/v/26c3-3567-en-wikileaks_release_10#t=1365

[3] https://hoi-polloi.org/~brf/rahab.html

[4] https://www.youtube.com/watch?v=GIG-TFmuke0

[5] https://www.youtube.com/watch?v=CP0Dd4N_bAE

[6] https://youtu.be/2YPaxLP3hFw

[7] https://hoi-polloi.org/~brf/media/2013-04-01_annabelle.pdf

[8] https://en.wikipedia.org/wiki/Andy_M%C3%BCller-Maguhn

[9] European Digital Rights (EDRI) https://edri.org/our-work/edrigramnumber13new-edri-members-2003/

[10] https://tcij.org/person/andy-mueller-maguhn/

[11] https://en.wikipedia.org/wiki/Tron_(hacker)

https://berlin.ccc.de/~andy/CCC/TRON/wikipedia/erklaerung.html

https://www.welt.de/wirtschaft/webwelt/article192456/Wie-ein-toter-Hacker-wikipedia-de-lahmlegt.html

[12] https://www.afcea.org/committees/cyber/documents/impactofbndprojectrahabandccconthefutureofcomputer-networkmediatedespionage-cuckooseggpreque.pdf

[13] http://networkclan.de/pdf/KarlKoch.PDF

[14] https://psychedelicdungeon.wordpress.com/2010/09/15/wikifreaks-pt-4-the-nerds-who-played-with fire/?fbclid=IwAR2OojVdb4JsBctnZ5eanwrmrJkUa8seF9nboaKbfLLZPlWldynpppRdEOA

Financial and legal opacity in the implementation of the Wikileaks project in 2007-2009

Henrik Fulda appears in the official documents of Wau Holland’s Board of Directors as an active manager: he takes care of contacts with authorities, banks, accounting and manages the media coverage together with Ohlig. Communication is becoming more and more important in the work of the foundation in order to bring in donations. The lack of financial reports for 2005 and 2006 has attracted the attention of the tax authorities and Fulda has to do the accountability of 3 years, find a tax consultant and negotiate with the tax authorities. In the documents from 2007 there are no figures given this year for 2007 which is unusual for a German organisation. Just the annual report of the Board mentions a few thousand Euros for the successful donation campaign against e-voting and participation in an international campaign for the Tor Project[1]. The activity report is no more talkative: while the figure of 63,000 Euros is given for the capital of the foundation, no figures are given for the donation campaigns.

When the Wau Holland Foundation decided to include Julian Assange’s action in its activities during 2008, the foundation’s reports are strangely brief, as if it were necessary to conceal something. For 2009, when the Wikileaks project is taking off, the minutes of the Board of Directors are no longer public. At the board meeting of 27 December 2008 Hendrik Fulda became treasurer and therefore has full authority over the bank accounts where the donations arrive[2]. One sentence sums up the new policy of the directors: apart from the campaigns to collect donations for the Tor search engine and against electronic voting, it was decided to make it become a convergence tool for the various projects in the Chaos Computer Club milieu and to advertise them directly as soon as these projects are in line with the statutory objectives of the foundation[3]. This will be the case for Wikileaks even if the report sends Wikileaks in half a sentence under the heading of « Others and perspectives, cooperation with international initiatives such as Hackers Foundations USA or Wikileaks »[4]. Julian Assange is not even mentioned as the major promotor of « Wikileaks », even though a few days earlier he had just made a very well-attended and applauded speech at the Chaos Computer Congress on the political possibilities opened up by the freedom to publish leaked documents on the internet[5]. The leaders of Wau Holland find it very difficult to communicate about the money received from citizens: in the 2008 activity report, instead of the sum next to the word « donations received » there is not a figure, but « XXX » [6].


[1] https://www.wauland.de/media/2007-12-28_Vorstandssitzung.pdf

[2] «  1. Neu-Verteilung der Vorstands-Aufgaben Mit Wirkung zum 1.7.2008 übernimmt der stellvertretende Vorsitzende H.Fulda die Aufgabe des Schatzmeisters von B.Fix. Der neue Schatzmeister erhält dazu alle Unterlagen sowie die Berechtigungen für die Stiftungskonten (Banken, PayPal). », Vorstandssitzung Protokoll vom 27.12.2008,

https://www.wauland.de/media/2008-12-27_Protokoll.pdf

[3] « Es wird beschlossen, neben den Aktionen „Tor-Netzwerk“ und „Wahlcomputer“ weitere Spendenaktionen aus dem CCC-Umfeld zu fördern und als Anlaufstelle für Sammelprojekte zu fungieren. Dafür wird die Stiftung durch direkte Kommunikation in Projekten werben, die sich in Übereinstimmung mit der Stiftungssatzung engagieren », op. cit.

[4] Verschiedenes und Perspektiven In Fortführung der bisherigen Ansätze soll auch in Zukunft  eine noch engere Zusammenarbeit mit dem CCC e.V, aber auch mit internationalen Initiativen wie der Hacker Foundation (USA) oder Wikileaks erfolgen. » op.cit.

[5] https://media.ccc.de/v/26c3-3567-en-wikileaks_release_10#t=492

[6] « Im laufenden Jahr 2008 hat die WHS Spenden in Höhe von € xxxx erhalten, davon xx % für ausgeschriebene Spendenprojekte. » ; Page 1, https://www.wauland.de/media/2008_Jahresbericht.pdf

Does the Wau Holland Stiftung run « Wikileaks » and is it responsible for it?

At the CCC summer camp in summer 2009 Julian Assange and Daniel Domscheit Berg, who is a member of the Berlin Chaos Computer Club, present Wikileaks as a political project, idea and data security technology[1]. In October 2009 Julian Assange presents Wikileaks at a conference in Malaysia [2] and in December 2009 he returns to Europe to work with Daniel Domscheit Berg. The Board report of 28 December 2009 is only half a page long but mentions this important decision in the section « present and future donation campaign »: « « In August 2009 it was decided to support the Wikileaks project by setting up a donation portal and especially by enabling easy donation from abroad via internet payment services. »[3]

« Fördern » is in the German language much more precise than « promote ». It is a question of subsidising by actively taking care of it and ensuring its realisation. In the culture of NGOs it is the English word « to implement » which best captures the complex relationships of responsibility and power that are often established between « unequal partners ». German public and private foundations have a strong, structured political history and practice that goes back more than 60 years. Political foundations, which set the example, are financial powers in the hands of parties and the state, as researcher Dorota Dakowska has analysed[4]. According to the principle of subsidiarity, it is not uncommon for private foundations, associations or churches to subcontract the implementation of state policy on an international level[5]. When a German foundation decides to « fördern » it is not to serve as a simple post office box to collect money, contrary to what Julian Assange said and perhaps thought in 2010.

The official reports of the Wau Holland Stiftung do not mention who was the decision-maker in the implementation of the Wikileaks project, nor how the decision was taken to collaborate with Julian Assange and Daniel Domscheit Berg, nor what legal and practical form this collaboration took. The reports are singularly unclear, which contrasts with good practice in Germany in the NGO sector and the political foundation sector. Knowing that each action of a political foundation must give rise to a report mentioning the names and qualities of the participants, it is very surprising and very detrimental to the public interest that in a project as important as « Wikileaks », which will stir up more than 1 million euros per year in 2011 and occupy media space for 10 years, it is not possible to know who decided to launch it, which german Wau Holland manager is liable to it and what freedom Julian Assange had or did not have in his work with the Foundation. Today, Julian Assange is the ONLY person being prosecuted for the « 04 Wikileaks project », which was a project carried out by a structure under German law, under the responsibility of the leaders of this structure, German citizens. Why should Julian Assange have to pay instead of them? Moreover, the European citizens who gave their money for « Wikileaks » are entitled to know who spent their money and for what. The German state should also take a closer look at the too vague annual reports of the Wau Holland Foundation.

We also do not know what role Daniel Domscheit Berg played in the setting up of the Wikileaks project within Wau Holland, as he was very prolific in the media after his argument with him in the summer of 2010 about the character of Assange, but less so about his relationship with the Wau Holland Foundation. We have just learned from a online chat that Domscheit Berg’s relations with Andy Müller Maguhn are so bad that Maguhn is accused of having chased him out of the Chaos Computer Club[6]. The power relations between the protagonists of this story are nevertheless important for Julian Assange’s life, which will be turned upside down in the summer of 2010 with the legal proceedings against him. The power relationships between Müller-Maguhn, Fix, Fulda, Ohlig from one side, Assange and Domscheit-Berg from the other side, in 2008 and 2009 have indeed determined the project contract that Julian Assange will sign with the Wau Holland Foundation on 21 December 2010 as « Project Manager » (« Projekt Leiter ») on the foundation’s 04 « Wikileaks project ». In my opinion, this contract will sign a subordination agreement with the foundation that relieves him of legal responsibility related to the Wikileaks project. Julian Assange should not be held responsible for the publications of this project by the Wau Holland Stiftung. Therefore, the extradition request of the US government against the person responsible for publishing the site’s documents should be made against the german leaders of the Wau Holland Stiftung.

In 2009, the directors of the Wau Holland Stiftung thus transformed the small foundation into a cash generating machine to carry out fearsome political actions such as the publication of hundreds of encrypted US government documents transmitted by whistleblowers from 2010 to 2016 to the platform with the domain name www.wikileaks.org. The foundation is still today the strategic instrument of communication campaigns to raise donations from the public for various projects. But as « fördern » it is not just about paying, but also about co-creating, supporting and ensuring that it is carried out, the more Julian Assange’s social vulnerability increases, the more the foundation’s control over the supposed « creator » of the Wikileaks portal will increase. The objective conditions under which the contracts were signed are as crucial as the term of the contracts in determining what « Wikileaks » actually is and who should bear the legal responsibility for the project via the public and the law. In my view, from reading the existing documents, it seems clear that Julian Assange should not be liable to the Wikileaks project activities carried out through the German Wau Holland Stiftung. The leaders of Wau Holland should be prosecuted instead.

It is also worth mentioning that John Shipton, as the head of the US company Dynadot based in California is the owner of the domain name www.wikileaks.org, while Julian Assange[7] is not. Light should be shed on the links between John Shipton and the Germans running the « 04 Wikileaks » project within the framework of the Wau Holland foundation.

The audit of the « Wikileaks project » has been required by citizens and has not been carried out, but it is now urgent that it be ordered by the courts, given the political, legal and financial stakes involved. The public has the right to know what « Wikileaks » really is and who has spent their donation money.

In 2009 the Wau Holland Foundation reports for the first time the amount of donations without specifying whether they are for the Tor project or Wikileaks: 17,801.71 Euros. However, under the heading « Project and activities » the sentence « The Wikileaks project was included as a new funding project in August 2009 » (« Das Projekt Wikileaks wurde im August 2009 als neues Förderprojekt aufgenommen ») is signed by Winfried Motzkus, president of the Wau Holland Foundation. It proves even more that Julian Assange is not the only one who should be responsible for the Wikileaks project[8].


[1] https://www.youtube.com/watch?v=Pt4Z9-cZlZU; https://www.youtube.com/watch?v=HAtFjT_W6Gc;

https://www.youtube.com/watch?v=FGUPCvfw97o; https://www.youtube.com/watch?v=xMtAL4DmeFQ;

[2] https://www.youtube.com/watch?v=xpWo1_-QI6Y

[3] « Im August 2009 wurde beschlossen, das Projekt Wikileaks zu fördern, indem wir ein Spendenportal einrichten und speziell auch über Internetbezahldienste das einfache Spenden aus dem Ausland ermöglichen. », Vorstandssitzung Protokoll des 28.12.2009 ; https://www.wauland.de/media/2009-12-28_Protokoll.pdf

[4] Dorota Dakowska « Le pouvoir des fondations, des acteurs de la politique étrangère allemande ». Presses Universitaires de Rennes, 2014, (« The power of foundations, actors of German foreign policy »)

http://pur-editions.fr/detail.php?idOuv=3468

[5] Brot fur die Welt, a Protestant association, thus organised and subsidised the World Social Forum in Tunisia in 2013 and 2015 within the framework of a contract with the German Ministry for Cooperation and the Friedrich Ebert Foundation, see Monika Karbowska « German foundations, an instrument of a particular imperialism in a globalised world »;

https://m.facebook.com/notes/wikijustice-julian-assange/german-foundations-instrument-of-a-peculiar-imperialism-in-a-globalized-world/3175666055815605/

[6] https://netzpolitik.org/2011/kommentar-vorstand-schmeist-daniel-domscheit-berg-aus-dem-ccc/

[7]

https://www.govinfo.gov/app/details/USCOURTS-cand-3_08-cv-00824/USCOURTS-cand-3_08-cv-00824-6

https://www.facebook.com/notes/wikijustice-julian-assange/conf%C3%A9rence-de-presse-du-20022020-deux-infos-capitales-two-major-news/493132691323050/http://www.tlaxcala-int.org/upload/telechargements/331.pdf

https://www.govinfo.gov/app/details/USCOURTS-cand-3_08-cv-00824/USCOURTS-cand-3_08-cv-00824-6

https://www.facebook.com/notes/wikijustice-julian-assange/conf%C3%A9rence-de-presse-du-20022020-deux-infos-capitales-two-major-news/493132691323050/

http://www.tlaxcala-int.org/upload/telechargements/331.pdf

[8]  https://www.wauland.de/media/2009_Jahresbericht.pdf

Julian Assange in 2010

2010 and 2011 – Wau Holland Foundation leads the Wikileaks project

2010 is a crucial year for the Wau Holland Stiftung, because at this time the foundation’s activity will radically change dimension thanks to the « Wikileaks » project. The annual report 2010 still describes the same stable capital of 53,000 Euros placed in 3.5 and 4.5% investments. An additional 10,000 Euros will be invested and shares in the Chattengau Bank yield 1000 Euros. There is still the agricultural land with a value of 1500 Euros rented at 20.44 Euros[1]. The foundation’s equity capital is barely moving. This income is used to cover the old projects to which small amounts are allocated: 2200 Euros for Tor and 2300 Euros for the Jabber chat service[2]. The Hacker Archive project will be realised in partnership with a faculty of the University of Zurich and by the end of 2011 the foundation plans to rent a dedicated archive building in Berlin for which 12,000 Euros are budgeted for 2011 and a total sum of 51,000 Euros has been decided. It can be deduced that the project planned since 2004 has still not really started[3]. In 2011 the foundation is planning a training project for schoolchildren entitled « Chaos macht Schule » (« Chaos inside schools » for 10 000 Euros as well as the financial support to the regional structures of the Chaos Computer Club for 40,000 Euros[4]. The document does not mention a donation campaign dedicated to this project, so it can be estimated that the money will be taken from the total amount of donations received. 145,000 euros in donations will be placed[5], for the moment, in a single account at 1.5% before other possibilities can be studied.

For more than 145,000 Euros have been paid into the foundation’s accounts thanks to this key project, « Wikileaks ». « Die 2009 initiierte Spendenkampagne Wikileaks wurde erfolgreich fortgesetzt » – (« The Wikileaks fundraising campaign initiated in 2009 was successfully continued ») – This sentence appears on page 2 of the Annual Report, under the heading « Projekte und Aktivitäten », (« Projects and Activities »). The paragraph of the financial balance sheet mentions the sums : « Im laufenden Jahr 2010 hat die WHS Spenden in Höhe von rund Im laufenden Jahr 2010 hat die WHS Spenden in Höhe von rund 1.455.600 € erhalten. » [6]« « In the current year 2010, WHS has received donations amounting to approximately 1,455,600 €.»

This money is most likely the « Wikileaks » project.

« Wikileaks » in 2010 exists through the work of Julian Assange and until September 2010 also through the work of Daniel Domscheit Berg. However, it is mainly Julian Assange who, through his media interventions, attracts the attention of the public to such an extent that the sum of 1,455,000 Euros has been obtained from the foundation’s accounts. From February to the end of April 2010 Julian Assange worked with Birgita Jonsdottir and other Icelanders, but he promoted Wikileaks in Norway alone on 26 April[7], in the documentary « the Whistleblower » by Mark Davis, broadcast on Australian television SBS on 17 May 2010[8], at the conferences at the Front line Club on 26 and 30 July 2010, on 25 October 2010[9]. On 18 April 2010 he presented Wikileaks at the Logan Foundation[10] and on 21 June 2010 at the European Parliament[11] alongside Birgitta Jonsdottir, who however is solely responsible for the Icelandic Act on the Protection of Whistleblowers and Journalists which she promotes in her country. Mark Davis’ second documentary « Inside Wikileaks », made in July 2010 in London, shows Julian Assange in collaboration with Sarah Harrison as bureau chief[12] and it is with her that he presents the « Irak Logs » at the press conference in Geneva on 4 November 2010[13].

Finally, he is alone in front of an audience of trade union and political activists and journalists who fill the hall of the Stockholm Trade Union House on 14 August 2010[14].

For the foundation, having to deal with a sudden influx of 1.5 million euros is a radical change of scale. The directors recognise this and write: « Es ist das bisher größte Projekt der Stiftung und stellt damit neue Anforderungen an die Abwicklung und das Controlling » – « « It is the foundation’s largest project to date and therefore places new demands on the processing and controlling ».

« In order to make long-term work possible, helpers and infrastructure must be engaged and developed in different countries. It is the largest project of the foundation so far and thus makes new demands on the handling and controlling. In order to successfully implement these requirements, the Foundation commissioned a Hamburg tax office with an expertise. From this, the Foundation developed contracts with the project manager which precisely regulate the reporting system. The extensive press work requires professional management that can also work in the long term. Therefore, larger reserves are necessary ».[15]

The Wau Holland Foundation is taking responsibility for the project that is well described as its own (« der größte Projekt der Stiftung »). It is only natural that in a project costing such a large sum of money and posing such immense challenges, a ‘professional management’ is engaged, just like a chartered accountant, and that agreements are signed with the project manager. It is also normal that the person with legal responsibility for the project should set up control and reporting rules.

Wau Holland Stiftung report 2010 page 2

The name Julian Assange is not mentioned. Sarah Harrison’s intense work on the organisation of daily work as presented in the documentary « Inside Wikileaks » or Kristinn Hrafnsson’s continued presence alongside Julian Assange visible in media photos since october 2010, could indicate that one of them is the project manager. Oral agreements are frequent in the NGO world, but not when such sums are at stake. German political foundations, no matter how much criticizable their policies in poor countries might be, have the rule of establishing employment contracts for staff and paying for the services, including intellectuals, of subcontractors. In the IT world, not drawing up a written contract with a financial partner who is being approached to finance software, the development of an idea, would be tantamount to social suicide on the part of the project leader.

The Wau Holland Foundation may not have had the time to regulate in writing its collaboration with Julian Assange, who from 1 August to 27 September 2010 is in Sweden and is then monopolised by the publishing and media work and the legal proceedings he is undergoing. He will sign his contract as « project manager » – « ProjektLeiter » on 21 December 2010 and the details of this project implementation contract will therefore appear in the 2011 activity report[16]. On that day, Julian Assange will have spent 10 days in Wandsworth prison following the European arrest warrant drawn up by Sweden on 18 November 2010. When he signs the contract, he wears an electronic bracelet on his foot and has to live under house arrest under the responsibility of his guarantor. Finally, in April 2011, after 6 months of presence on British soil, he is required to apply for a residence card, and if he does not do so, he will be covered by the status of undocumented migrant. It is important here to highlight a social vulnerability that will rapidly worsen.

The budget for the « Wikileaks » project is set at « around 800,000 to 1,200,000 Euros. The financial requirements are estimated at approximately 800,000 – 1,200,000 euros. The material to be published often requires months of preparation. For 2011 and 2012, new software is to be developed for the platform, with high level safety standards. This will require a further 200,000 – 300,000 euros. For legal advice already in 2010 more than 30.000 Euro were needed. The provisions for 2011 for the Wikileaks project amount to around 819,000 euros »[17].

This budget is obviously unclear for those who use to work for NGOs and with financial documents required for exemple by funders such as the European Union or German political foundations. But one can understand the urgency in which a small foundation is put in a situation where its income grows exponentially without being prepared in terms of management. 200,000 to 300,000 Euros for IT is in 2010 the cost of a good management software developed to measure for a small company with 50 to 100 employees. The number of employees needed is not mentioned, but Julian Assange speaks in his interview of August 12, 2010 to the Swedish newspaper Aftonbladet about 5 employees hired, and no volunteers[18].

The document « Projekt 04: Informationsfreiheit verteidigen » Vorläufiger Transparenzbericht 2010 »« « Project 04: Defending freedom of information » Preliminary transparency report 2010 »[19] tells us more about the origin of the donations but above all about the expenses of the foundation. Whether this expenditure concerned the « Wikileaks » project (which has since been named Projekt 04) can be seen from the subtitle « Campaigns and actions » on page 6: « Im Jahr 2010 wurden folgende Kampagnen / Aktionen durchgeführt (« « The following campaigns / actions were carried out in 2010 »): ● April 2010: Video-Produktion “Collateral Murder” ● Juli 2010: “War Diary: Afghanistan War Logs” ● [20]Oktober 2010: “War Diary: Iraq War Logs” ● November 2010: “CableGate: US Embassy Diplomatic Cables »[21].

These are the activities of the Wikileaks project.

We learn that the project’s income was 1,331,698.19 Euros and expenses 401,824.62 Euros. The Wau Holland Foundation announces that the Paypal account opened for the project until it was closed by Paypal on 4 December 2010 brought in 635,772.73 Euros. The largest payments were made in April 2010 (170,170.98 Euros), January (82,901.19 Euros) and December (102,623.29 Euros).

On 5 April 2010 the website Wikileaks.org published the famous « Collateral murder » video of the murder of 18 Iraqi civilians by US soldiers. December 2010 is the consecration after the publication in November of the 250 000 diplomatic documents of the United States, archives of 50 years of American diplomacy. But January 2010 is also a month of splendour when publications still only concern southern countries such as Kenya or Ivory Cost or subjects politically seen as marginal such as Scientology. The other months also report an excellent average of 34,000 to 60,000 Euros. The bank donations for Project 04 of the Wau Holland Foundation are as follows 695,925.46 Euros. Again, the largest amounts are paid in April (127,886.40 Euros), December (398,365.60 Euros), February (62,719.51 Euros) and August (27,335.13 Euros). The other months bring in a few thousand Euros each.

By country, we learn that it was the American citizens who contributed the most to the project (219,897.21 Euros), the Germans (91,336.21 Euros), the British (78,187.3 Euros), the Canadians (39,717 Euros) and the Australians (36,180.36 Euros). Under the term « others » are perhaps the citizens of countries not on the list, but which Julian Assange keeps saying in his 2010 lectures that they are the first moral owners of Wikileaks, those for whom the project is made, those who should take advantage of the information published to prosecute criminals and get them convicted, the countries that are victims of the attacks by the United States[22].

The citizen donor would certainly like to know how his or her money was spent. Page 6 of the document describes the following expenditure items:

Wikileaks Wau Holland Project financial report 2011

« Infrastructure costs include co-location of servers, server hardware, Internet connection, set-up costs and all other costs incurred for the operation of the hardware ».[23] As for the rental containing the documents of the 04 Wikileaks project, the foundation will pay 12,000 euros for the next 5 years. It is reasonable to assume that this item includes the payment of an IT employee, but the financial balance sheet is not precise enough to put a figure on the employee’s work.

The position « Campaign/Actions » mentions the necessary hiring of « external specialised staff » (« Externe Fachleute ») such as « journalists and editors » (« Journalisten/Redakteure »)[24]. « Costs in this area arise mainly in the preparatory screening and Processing of incoming materials, e.g. video editing, viewing and organising documents in large numbers according to subject areas and priority levels, anonymisation etc »[25]. The campaigns are cited and their costs are significant: 143 305 Euros[26].

The citizen donor did not get more precise answers to possible questions about the use of his money. The following questions remain: were the paid journalists those of the major media with whom Julian Assange collaborated for the publication of the documents (The Guardian, der Spiegel, Le Monde, El Pais, the New York Times…) or were they the daily office collaborators who appear in the documentaries (Sarah Harrison, Renata Avila, Joseph Farell)? Were these people salaried, and if so, with what contracts? Normally, an association’s financial balance sheet and activity report should contain its legal information and it should be public.

« Travel expenses € 62’053.31 : travel expenses are incurred for participation in conferences, meetings, lectures, meetings with press representatives and those responsible for the infrastructure. For the WikiLeaks activists, travel expenses were paid on the basis of receipts, usually economy class flights, 2nd class rail and medium-priced hotel accommodation. Often, however, no accommodation costs were incurred, as private accommodation was provided.»[27]

This sum seems realistic given the number of trips made, admittedly almost exclusively within the European framework, although it is not known whether Julian Assange’s trip to his home country Australia from 15 May to 21 June 2010 was made in the context of his collaboration with the Wau Holland Stiftung. In the context of the document « Transparency », the reader is still hungry about the links between the funders and the real and physical person in charge of the 04 project.

The cost of « legal advice » is 32,944.95 Euros. The sum is large, but it seems realistic, given the enormous responsibilities involved in the risky action of publishing classified documents of the world’s leading power, which has military bases and a military command on German soil. There is no doubt that the leaders of the Wau Holland Stiftung have consulted specialist lawyers and no doubt politicians able to inform them of the danger to individuals when they reveal the secrets of the German government’s first partner in NATO. The question of the German government’s reaction to the actions of this small German foundation is also raised, even if it cannot be resolved by analysing only public financial documents. The presence of a German diplomat in room 9 of the Old Bailey watching a video of the debate on « Wikileaks », the subject of which is the fate of Julian Assange, also attests to Germany’s interest as a state in the Wikileaks project.

« Legal assistance € 32’944.95. Legal advice costs for project campaigns/actions were reimbursed, but not costs for personal legal advice or legal representation in court proceedings. Costs are incurred for advice on campaigns/actions (both before and after) and in case of imminent legal disputes »[28]. We do not know whether this sentence refers to the legal costs Julian Assange has to incur after being the subject of the complaints in Sweden. Julian Assange claims in the conference of 25 October 2010 to pay his lawyer’s fees alone and keep « Wikileaks » free of these costs. The 2011 activity report of the Wau Holland Foundation will be more explicit: « Legal fees (this does NOT include legal fees for Julian Assange because of the Swedish extradition request) »[29].

Reimbursement of expenses » amounts to up to 104,477.15 Euros. « For a small number of project leaders and activists, regular expense reimbursements were made after invoicing. The remuneration is based on the remuneration levels of Greenpeace Deutschland »[30]. We don’t know why Greenpeace is the model. But at a rate of 8706 Euros per month it is possible to pay 3 honorary salaries of 2900 Euros with social contributions. A French association would have been forced to pay its project managers because the payment of work on reimbursement of invoices is illegal in France and considered as concealed work if it takes place over the long term on a project as in this case over one year. Donors requesting a financial audit from the Wau Holland Foundation for the 04 Wikileaks project may ask about German labour law under the EU Posting of Workers Directive, as the actual work on the project has been taking place since July 2010 largely in London.

The impression that emerges from these documents from the Wau Holland Foundation is that most of the publications of the 04 Wikileaks project were made in 2010, and this in an atmosphere of urgency and pressure. Looking back, however, it is difficult to understand the reasons for this urgency. The documents were submitted by the whistleblowers on the secure platform. Julian Assange, Daniel Domscheit Berg and the Icelandic team built the IT tools needed for this security as early as March 2010, perhaps even earlier.  The documents submitted could well have remained there for one or two years more, enough time for the foundation to structure a stable, reliable and remunerated team.

This is the time that project manager Julian Assange would have needed to solve the problems of the legal proceedings that are coming down on him in Europe and which we have the right to think have a link with his activity as a political critic. Instead of working to solve these problems of repression in Sweden, Julian Assange is forced to leave this country where he has applied for a residence permit, signed a part-time work contract to go to Berlin on 27 September 2010 to a meeting with journalists from Spiegel and to follow the press conferences and presentations of the two following huge « scoops », the « Irak logs » and the « Cables Gate ». The public would have waited another year to learn of these revelations that there would have been no damage and the money stored by the donations could have waited a few more months on the foundation’s accounts. But on 8 December 2010 Julian Assange was imprisoned in Wandsworth Prison in London and the procedure for his extradition to Sweden was initiated under the European arrest warrant.


[1] « Zum Jahresende 2010 hat die WHS ihr Stiftungskapital und ihre Rücklagen in Höhe von rund € 53.000 in langjährigen Sparbriefen mit Zinsen zwischen 3,15% und 4,5% Prozent angelegt. Ein fällig gewordener Sparbrief in Höhe von 10.000 Euro soll wieder in einer Festanlage angelegt werden. Darüber hinaus hält die WHS 10 Genossenschaftsanteile an der VR Bank Chattengau eG zu 1000 €. € Im laufenden Jahr 2010 hat die WHS Spenden in Höhe von rund 1.455.600 € erhalten. Zinserträge werden zur Deckung der Kosten für Büro und Telekommunikation sowie interne Spesen verwendet. Die nicht gedeckten Kosten werden aus der freien Rücklage finanziert. Der Wert des Ackers in Fambach beträgt 1500 Euro. Der 12-jährige Pachtvertrag mit jährlichen Einnahmen von 20,44 Euro ist weiterhin in Kraft. 10 % oder rund 145.000 Euro werden der freien Rücklage zugeführt. Wir werden dafür Anlagemöglichkeiten prüfen. Bis dahin wird es auf dem Tagesgeldkonto zu 1,5 % gelagert », Annual Report 2010,

https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[2] « Die 2007 initiierte Spendenkampagne für das Tor-Projekt wurde fortgesetzt. Für die Förderung der Öffentlichkeitsarbeit und die Infrastruktur werden 2200,- Euro in die Rückstellung übernommen.

Das Projekt Wahlcomputer pausiert zur Zeit, da die Einführung von Wahlcomputern zunächst aufgehoben wurde.Jabber Die Spendenaktion für Jabber konnte die Kosten dieses Services decken und wird fortgeführt. Es sind Rückstellungen für dieses Projekt in Höhe von rund 2300,- Euro vorgetragen worden. »

https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[3] « Für das Projekt „Hackerarchiv“ wird ein professioneller Scanservice gesucht und eine Zusammenarbeit mit einem Lehrstuhl an der Universität Zürich angestrebt. Dazu sollen bis Ende 2011 geeignete Räume in Berlin angemietet werden, um das Archiv zu lagern und aufzubereiten. Für die Ausstattung, den Umzug und Helfer werden 12.000 – 15.000 Euro an Kosten erwartet. Die Mietkosten werden mit 12.000 Euro pro Jahr veranschlagt. Dafür werden aus 2010 Rückstellungen in Höhe von rund 51.000 Euro vorgenommen. », op.cit,

https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[4] « Das Projekt „Chaos macht Schule“ wird voraussichtlich ein weiteres Förderprojekt in 2011. Dafür werden deshalb jetzt Rückstellungen in Höhe von 10.000 Euro vorgetragen.

Ein weiteres neues Projekt ist die Förderung der regionalen gemeinnützigen CCC e.V.- Strukturen. Dafür werden 40.000 Euro an Rückstellungen vorgenommen ».,

op.cit, page2,  https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[5] « 10 % oder rund 145.000 Euro werden der freien Rücklage zugeführt. Wir werden dafür Anlagemöglichkeiten prüfen. Bis dahin wird es auf dem Tagesgeldkonto zu 1,5 % gelagert. », op.cit, https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf, page 1.

[6] Annual Report 2010, page 1  https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[7] https://vimeo.com/17641356

[8] https://www.youtube.com/watch?v=gmZZHx_3_aA&feature=related

[9] https://www.frontlineclub.com/wikileaks_press_conference/

[10] https://www.youtube.com/watch?v=juWRddv-cgk https://www.youtube.com/watch?v=sIphxt42Ei0 https://www.youtube.com/watch?v=kYmzH38dinc

https://www.youtube.com/watch?v=ygjzFWryJ0I https://www.youtube.com/watch?v=oVWJnwEdmMM

[11] https://www.youtube.com/watch?v=wO8pclGN5II&feature=youtu.be&t=2h9m11s  -European Parliament, 21.06.2010

[12] https://www.youtube.com/watch?v=QVPZsTSYhaY 

[13] https://www.youtube.com/watch?v=kRtUeYDncYs

[14] https://www.youtube.com/watch?v=KcPlp5bNDKQ https://www.youtube.com/watch?v=h3BWmPDWk54  https://www.youtube.com/watch?v=fbZKI83ng8o https://www.youtube.com/watch?v=Gs6t4t6lofY https://www.youtube.com/watch?v=zFnXAj-CAV4

[15] «  Um eine langfristige Arbeit zu ermöglichen müssen dafür Helfer und Infrastruktur in verschiedenen Ländern engagiert bzw. ausgebaut werden. Es ist das bisher größte Projekt der Stiftung und stellt damit neue Anforderungen an die Abwicklung und das Controlling. Um diese Anforderungen erfolgreich umzusetzen beauftragte die Stiftung ein Hamburger Steuerbüro mit einer Expertise. Daraus entwickelte die Stiftung Verträge mit dem Projektleiter, die das Reportwesen genau regeln. Die mit dem Projekt verbundene umfangreiche Pressearbeit erfordert ein professionelles Management, dassauch langfristig arbeiten kann. Deshalb werden größere Rückstellungen notwendig », page 2, https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[16] https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[17] « Der Finanzbedarf wird auf ca. 800.000 – 1.200.000 Euro geschätzt. Das zu veröffentlichende Material erfordert oft monatelange Aufbereitung. Für 2011 und 2012 soll eine neue Software für die Plattform entwickelt werden, die vor allem die Sicherheitsstandards hochsetzt. Dafür werden weitere 200.000 – 300.000 Euro benötigt. Für juristischen Rat wurden bereits in 2010 über 30.000 Euro benötigt. Die Rückstellungen für 2011 für das Projekt Wikileaks betragen rund 819.000 Euro » page 2, https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[18] http://www.nnn.se/nordic/assange/docs/protocol.pdf; http://www.nnn.se/nordic/assange/docs/memoria.pdf

[19] https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf, page 3

[20] https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf, page 6

[21] « Die folgenden Spenden wurden durch Überweisung auf das Bank-Unterkonto des Projektes 04 der Wau-Holland-Stiftung getätigt und sind (summarisch) nach Monat aufgelistet », –  page 5, https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[22] Page 4 https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[23] « Infrastrukturkosten umfassen Colocation von Servern, Serverhardware, Internetanbindung, Einrichtungskosten sowie alle weiteren Kosten, die für den Betrieb der Hardware anfallen »- op.cit, page 6, https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[24] « Kosten in diesem Bereich entstehen vor allem in der vorbereitenden Sichtung und Aufarbeitung von eingegangenen Materialien, z.B. Videobearbeitung, Sichtung und Ordnung von Dokumenten in grosser Zahl nach Sachgebieten und Prioritätsstufen, Anonymisierung etc. Die schliesst die Herbeiziehung externer Fachleute (z.B. Journalisten / Redakteure) ein » page 6, https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[25] page 6, https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[26] « Im Jahr 2010 wurden folgende Kampagnen / Aktionen durchgeführt: ● April 2010: Video-Produktion “Collateral Murder” ● Juli 2010: “War Diary: Afghanistan War Logs” ● Oktober 2010: “War Diary: Iraq War Logs” ● November 2010: “CableGate: US Embassy Diplomatic Cables » – op.cit, page 6,

[27] « Reisekosten/Spesen € 62’053.31, Reisekosten entstehen für die Teilnahme an Konferenzen, Meetings, Vorträgen, Treffen mit Pressevertretern und Verantwortlichen für die Infrastruktur. Für die WikiLeaks-Aktivisten wurden Reisekosten nach Belegen bezahlt, in der Regel Flüge Economy Class, Bahn 2. Klasse und Hotelunterbringung in mittlerer Preislage. Häufig fielen allerdings auch keine Übernachtungskosten an, da eine private Unterbringung erfolgte. », – page 6,  https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[28] « Rechtsbeistand € 32’944.95. Es wurden anwaltliche Beratungskosten für Projekt-Kampagnen/-Aktionen erstattet, jedoch keine Kosten für personen-bezogene juristische Beratung oder antwaltliche Vertretung in Gerichtsverfahren. Kosten entstehen durch die Beratung bei Kampagnen / Aktionen (sowohl im Vorfeld als auch danach) und bei drohenden juristischen Auseinandersetzungen », page 6 , https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[29] « Rechtsberatungskosten (dazu gehören NICHT Anwaltskosten für Julian Assange wegen des schwedischen Auslieferungsantrags) » – page 2, Annual Report 2011 https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[30] « Es wurden für einige wenige Projekt-Leiter und -Aktivisten regelmässige Aufwandsvergütungen nach Rechnungsstellung erstattet. Die Vergütungen orientieren sich jeweils an den Vergütungsstufen Die Vergütungen », page 6 https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

the manager of the Project 04 of the Wau Holland Stiftung Julian Assange with Sarah Harrison chief of the office in the project or project manager Nr 2. Behind, Vaughan Smith and Kristinn Hrafnsson – July 2010, Norfolk place, London

Legal and financial analysis of the Foundation’s 04 Wikileaks project for 2011 – Was Julian Assange an employee of Wau Holland ?

The pivotal year 2011 sees the Wau Holland Foundation take on an unexpectedly international dimension thanks to the 04 Wikileaks project. Although the subsequent drying up of donations and the difficult situation of project manager Julian Assange will reduce the project’s dimension, the foundation will continue to act internationally in projects such as Zivilcourage or Tor. It is a pity, however, that we no longer have the minutes of the Board meetings for this crucial year.

We will therefore analyse here the annual report « Jahresbericht 2011 », the Annual Report 2011, the « Projekt 04: Informationsfreiheit verteidigen » – Transparenzbericht 2011 » (« Project 04: Defend freedom of information – Transparency report 2011 »), the financial report of the 04 Wikileaks project, the new statutes of 21 September 2011 and the model contract that the foundation signs with these project managers« Projektauftrag zwischen der Wau-Holland-Stiftung und m nachfolgenden Projektleiter », (« Project contract between the Wau-Holland Foundation and hereinafter project manager »). This last document is published for the year 2012 but also concerns the activities of 2011.

« In 2011, in addition to Project 04 « WikiLeaks », the TOR and Chaos Macht Schule projects were supported by the foundation »[1] – this is the beginning of the 2011 annual report. We have learned that the head of the 02 Tor project « Anonymisation Network on the Internet » has been Andreas Lehner[2] for many years and that he has continued the work with a salary of 1750 Euros. The core business of the foundation, the training of young people and their parents in the field of IT, is carried out by the project « Chaos Macht Schule », « Chaos in the schools ». This project is an initiative of local groups of Chaos Computer Clubs who work locally with educational institutions in 11 cities in Germany. The activists of this project met on 28-30 November 2011 for a national meeting funded by the foundation. As a result, the foundation decided to implement project 05 « AlphaBITisierung » and dedicate a donation campaign to it. A workshop with children and young people has already been organised in Dresden. The sum of 2799.03 Euros has been spent there[3].

The report then goes into the core of the current activity, « Wikileaks » :

« Hilfspersonenvertrag und Beschreibung des Projekts 04. »- («  » Auxiliary staff contract and description of the project 04 »)[4]

« Am 21.12.2010 wurde zwischen der Stiftung und Julian Assange, dem Projektleiter des WHSProjekts 04 « WikiLeaks », ein Projektvertrag geschlossen » – «On 21.12.2010 a project contract was signed between the foundation and Julian Assange, the project manager of the WHS project 04 « WikiLeaks »[5] : Wau Holland has an obligation of « immediacy », i.e. to achieve its statutory objectives without delay. In order to facilitate this, the legislator allows it to hire or delegate its tasks to « auxiliary staff »[6].

Assange as « Projektleiter » for the Wau Holland Foundation 2011

Thus the Wau Holland Stiftung is obliged to sign a project execution contract, « a project contract »-  « Projektvertrag » with Julian Assange, who is project manager of Project 04 of the Wau Holland Stiftung « Wikileaks ». Here it should be pointed out that French law about project contracts includes only the recent « Indefinite duration project contract », which has long been used as a « construction contract » in the construction sector. This contract is clearly an employment contract, whereas in Germany, as in Eastern European countries, a private individual can sign a commercial service contract, called a « Werkvertrag » – « Contract for work » or a « Service contract ». German managerial literature and trade unions warn citizens against « Scheinselbständigkeit », « pseudo independence », i.e. signing a contract for work or services and finding oneself in the situation of a subordinate employee without the related protections[7].

The name of the contract that Julian Assange signs with the Wau Holland Foundation while under electronic bracelet and under house arrest is sufficiently vague to raise the question of whether it is a « work contract » where the product to be delivered is defined, the stages and ways of producing it, and where the client has the right to terminate the contract on his side if he is not happy with the product[8]? Or is it a « service contract » giving the greatest freedom to both sides but where each party remains the owner of its means of production and where the finished product belongs to both parties? Finally, it is the definition of « employment contract » – « Arbeitsvertrag » according to article 611a of the German Civil Code (Bürgerliches Gesetzbuch) that gives us the keys to understand which contract Julian Assange signed with the Wau Holland Stiftung to execute Project 04 « Wilkieaks » and whether it is or not an employment contract. This law article clearly specifies the notion of legal subordination of the employee to the employer in the context of « personal dependency » defined as the lack of possibility to decide on the content of the work, the way of working, the time and the place of work. The degree of dependence depends on the nature of the activity. But above all in deciding whether a contract of employment takes place, all conditions must be taken into account. If the concrete implementation of the contract shows that it is an employment relationship, the name of the contract does not matter[9].

To understand the extent of Julian Assange’s legal liability in Project 04 of the Wau Holland Stiftung, we can rely on the detailed descriptions in the 2011 Annual Report: « This project contract defines the goals, tasks and rules that Mr. Assange is to realize in the foundation project 04 and whithin his project « WikiLeaks ». The content of these framework conditions was previously defined in numerous discussions since the first contact at the end of 2008. In August 2009, Project 04 was set up and the acquisition of donations began. WHS thus took over responsibility for essential parts of the overall Wikileaks project. The rules and procedures documented in the project management contract have been applied since the beginning of 2010. The objectives of Project 04 as a subset of the overall « WikiLeaks » activities were defined as follows: »[10]

Admittedly, this report is not the original of Julian Assange’s contract and it is difficult to analyse his legal relationship with the Wau Holland Stiftung without having access to this document, which is the key document for his current legal situation. We will therefore be obliged to complete this report with the model project contract that Wau Holland signs with its project managers in general and that it has published on its website for the year 2012. We will come back again to the question of why this contract is important in the extradition procedure for which Julian Assange is imprisoned today, in 2020. But what is clear from the start in this text is that the Wau Holland Foundation is assigning itself responsibility for the essential parts of the Wikileaks project. The notion of responsibility is not neutral in the civil code. In Europe the employer is criminally liable if he asks his employee to do something that is criminally reprehensible, such as supplying defective products, for example. The « false independence » which tends to dilute the responsibilities of the two unequal parties has also already been discussed in German society[11].

The question of « who is criminally responsible for Wikileaks » is the key to the extradition process that is taking place today. If Julian Assange is not criminally responsible for the publications for which he was the project manager but executing a contract of employment, others, the real culprits under the law, should be charged instead. Moreover, it should be pointed out that this contract, whether « work or services », could have released him from house arrest if his lawyers had taken his case to the British Court of Justice in order to change his pre-trial detention regime. Pending his extradition trial under the European arrest warrant, he could have appeared free, as do most Polish people and other Eastern Europeans who shared the court’s extradition lists with him, and for whom their lawyers fought hard[12].


[1] « Im Jahr 2011 wurden neben Projekt 04 « WikiLeaks » die Projekte TOR und « Chaos macht Schule » von der WHS unterstützt », page 1, Jahresbericht 2011. https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[2] Andreas Lehner’s conference at the Chaos Computer Congress on TOR project, 2007.

[3] Page 1, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[4] « Hilfspersonenvertrag und Beschreibung des Projekts 04. Am 21.12.2010 wurde zwischen der Stiftung und Julian Assange, dem Projektleiter des WHSProjekts 04 « WikiLeaks », einProjektvertrag geschlossen. Dieser Projektvertrag definiert die Ziele, Aufgaben und Regeln, die Herr Assange im Stiftungsprojekt 04 und imRahmen seines Projekts « WikiLeaks » realisieren soll. Inhaltlich festgelegt wurden diese Rahmenbedingungen zuvor in zahlreichen Gesprächen seit dem ersten Kontakt Ende 2008. Im August 2009 wurde das Projekt 04 eingerichtet und mit der Spendenakquisition begonnen. Die WHS übernahm damit die Verantwortung für wesentliche Projektteile des Gesamtprojekts Wikileaks. Die im Projektleitervertrag dokumentierten Regeln und Prozeduren wurden bereits seit Anfang 2010 angewandt Die Ziele von Projekt 04 als Teilmenge der gesamten « WikiLeaks »-Aktivitäten wurden folgendermaßen definiert : », page 1, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

(« On 21.12.2010, a project contract was signed between the Foundation and Julian Assange, the project manager of the WHS project 04 « WikiLeaks ». This project contract defines the objectives, tasks and rules that Mr. Assange is to implement in the Foundation’s project 04 and within the framework of his project « WikiLeaks ». The content of these framework conditions was previously defined in numerous discussions since the first contact at the end of 2008. In August 2009, Project 04 was set up and the acquisition of donations began. WHS thus took over responsibility for essential parts of the overall Wikileaks project. The rules and procedures documented in the project management contract have been applied since the beginning of 2010. The goals of Project 04 as a subset of the overall « WikiLeaks » activities were defined as follows »)

[5] https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf, op. cit.

[6] http://www.der-vereinsmanager.info/index.php/beitrag-anzeige/hilfspersonen-und-gemeinnuetzigkeit.html

https://dejure.org/gesetze/AO/57.html

[7]  https://www.freelancermap.de/blog/dienstleistungsvertrag-fuer-freelancer-das-muss-rein/

[8] https://www.firma.de/unternehmensfuehrung/was-ist-ein-werkvertrag-definition-und-erklaerung/

https://www.gesetze-im-internet.de/bgb/__631.html

https://www.gesetze-im-internet.de/bgb/__611.html

[9] « Der Grad der persönlichen Abhängigkeit hängt dabei auch von der Eigenart der jeweiligen Tätigkeit ab. Für die Feststellung, ob ein Arbeitsvertrag vorliegt, ist eine Gesamtbetrachtung aller Umstände vorzunehmen. Zeigt die tatsächliche Durchführung des Vertragsverhältnisses, dass es sich um ein Arbeitsverhältnis handelt, kommt es auf die Bezeichnung im Vertrag nicht an. », Artikel 611a des Zivilgesetztbuches

https://www.gesetze-im-internet.de/bgb/__611a.html

(« The degree of personal dependence also depends on the specific nature of the activity. In order to determine whether an employment contract exists, an overall consideration of all circumstances must be made. If the actual implementation of the contractual relationship shows that it is an employment relationship, the designation in the contract is irrelevant »)

[10] « Dieser Projektvertrag definiert die Ziele, Aufgaben und Regeln, die Herr Assange im Stiftungsprojekt 04 und im Rahmen seines Projekts « WikiLeaks » realisieren soll. Inhaltlich festgelegt wurden diese Rahmenbedingungen zuvor in zahlreichen Gesprächen seit dem ersten Kontakt Ende 2008. Im August 2009 wurde das Projekt 04 eingerichtet und mit der Spendenakquisition begonnen. Die WHS übernahm damit die Verantwortung für wesentliche Projektteile des Gesamtprojekts Wikileaks. Die im Projektleitervertrag dokumentierten Regeln und Prozeduren wurden bereits seit Anfang 2010 angewandt Die Ziele von Projekt 04 als Teilmenge der gesamten « WikiLeaks »-Aktivitäten wurden folgendermaßen definiert: », page 1 https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[11] https://www.benjamin-lanz.de/2017/03/20/arbeitgeber-und-strafrechtliche-verantwortung-das-vorenthalten-von-arbeitsentgelt-266a-stgb/

[12] https://www.youtube.com/watch?v=PMtE6CPED2I;

Julian Assange’s speech on 24 February 2011

Julian Assange, a powerless performer in the Wau Holland Stiftung’s 04 Wikileaks project

The Annual report 2011 details the « objectives » of the Wikileaks project, which allows us to analyse in detail how the project is being carried out.

It is described as such:

« 2.1 Operation of an Internet platform. Development and operation of an appropriate global platform for the unrestricted technical implementation of the publication of whistleblower materials in order to promote freedom of information in accordance with the WHS Statutes »[1].

Portal or platform? « Portal oder Platform » in German. Legally it is not at all the same thing. In a platform the people exhibiting their products and services remain the owners of their products and services. In the Wikileaks project, however, the « whistleblowers » who sent in their documents lose control of their documents[2]. The question « who owns the documents published on Wikileaks » is significant, as it always involves the question of legal, and therefore criminal, liability. As whistleblowers lose control of their documents once « Wikileaks » receives them, it is clear to me that « the 04 Wikileaks project » is a portal and not a platform.

« 2.2 Submitted information receipt, examination and publication of the submitted or forwarded information (both through journalistic preparation and necessary research) »[3].

« 2.3 Public relations. Public relations work for the platform in order to promote the primary concern of the foundation, freedom of information ».[4]

These first three objectives of the project are well described as contributing to the achievement of the foundation’s statutory objectives. In a few sentences, this description describes the entire work on « Wikileaks » in a nutshell. The foundation is therefore not leading a « sub-project » but the entire activity 04. This is confirmed by the foundation’s management in the official annual balance sheet submitted to the foundation’s supervisory authorities in the Land Hesse.

The « Role description and strategy » is even more clear:

« 2.4 Role description and strategy: In the strategic and tactical measures necessary to achieve these objectives, Mr Assange was given the freedom to decide on the details of implementation in accordance with 2.1 of the Treaty within the agreed framework and objectives (1.1, 1.2, 1.3 of the Treaty with Mr Assange it was decided that those activities directly financed by the Foundation would also be presented to the public under the name « WikiLeaks » in order to be able to use the name already introduced for fundraising»[5].

We can draw several conclusions from these two sentences. On the one hand, the foundation leaves Mr. Julian Assange free to decide on the details in the implementation of the project, only in order to succeed in the tactics thought by the foundation for the success of the project. This is the autonomy of daily action enjoyed by the executives of today’s capitalist companies, particularly project managers in the implementation of IT projects. But the foundation itself emphasises that it is all about « details ». For Mr. Assange, there is no question of changing the strategy and tactics of project implementation, nor is there any question of a « copyright » for him, of ownership of the concept, as would be required by a « Werkvertrag », a « work contract » under German law.

The second part of the point « description of roles and strategy » (the roles of each, therefore the role of Julian Assange on the one hand and the foundation on the other) decides that the public should only know the name « Wikileaks » because they are used to it because of the campaigns to collect donations and that it is a decision guided by the effectiveness of these campaigns under this name. In the description of its role, the foundation decided not to appear publicly but to highlight « Wikileaks ». The foundation has been so effective that for the past 10 years the public has been convinced that Wikileaks is a non-governmental association, an independent structure whose founder is Julian Assange. However, the foundation did not create an autonomous legal structure for the 04 Wikileaks project and Julian Assange, according to the document, is the manager of the foundation’s project and not the owner of the Wikileaks trademark or the president of an NGO with such a name.

Where it hurts is that donors are persuaded to give money directly to Julian Assange, on the basis of his lectures, after hearing his speeches and seeing his face. Would they see Winfried Motzkus, President of the Wau Holland Foundation in 2011 or Andy Müller Maguhn, President in 2020, that they might not react so enthusiastically and then hold the Wau Holland Foundation accountable. The question of the ethics of a German foundation that holds the objective of transparency of information is raised, especially as the Wau Holland Stiftung continues in 2019 and 2020 to collect money in the name of Julian Assange, even though it is almost certain that from where he is imprisoned he does not see the colour of it and does not decide on its usage. Collecting money for an opaque purpose in the name of a good cause and without providing transparent accounts can be considered here in Europe by citizens as a financial scam.

We cannot read points 1.1; 1.2 and 2.3 as well as article 2.1 of Julian Assange’s contract with Wau Holland, which stipulate the framework conditions for the execution of his work, because this document has not been published. Obviously this is a personal contract of a private person and although the foundation is legally obliged to make its annual report public, it is not obliged to publish employment contracts. However, according to his lawyers, Julian Assange no longer has access to personal documents that were stolen or lost when he was arrested on 11 April 2019. Julian Assange is in a dramatic situation, imprisoned as a hostage without having access to his personal belongings and documents, the Wau Holland Foundation, if it acted fairly and honestly, should therefore return a copy of this document to him, publish it or give it to human rights associations such as Wikijustice Julian Assange present at the 19 court appearances of Julian Assange since September 2019. Having been present and intending to return to the trial, I promise to do everything possible to force the court to include this essential document in Julian Assange’s file.

Contract of project manager of the Wau Holland Stiftung

This document is essential because it contains a description of the legal responsibility that it shares with the principal, the Wau Holland Foundation. The way in which this responsibility is shared is laid down in this contract signed on 21.12. 2010. However, according to the « Model contract between WHS and the project manager(s) », which Wau Holland has drawn up for its other project managers, in points 1.1, 1.2 of the contract, the Foundation will not be able to guarantee that the project manager(s) will not be held liable for any loss or damage caused by the project : « In accordance with the aims of the Foundation as set out in the WHS statutes, the WHS commissions the above-mentioned project managers with the following tasks, for which the project managers develop strategic concepts for implementation and have these approved in writing by the WHS » .[6]

Therefore, as a rule, the project managers of the Wau Holland Stiftung have only limited freedom: their tasks – the realisation of the foundation’s project and what they put into it as their own ideas – must be approved in writing by the foundation’s management. This is not a partnership contract between two associations, nor is it a contract between an concept developer and a funder, nor is it a contract of employment for a senior executive. This description resembles that of a junior project coordinator position in a structure with a bureaucratic and meticulous operation.

The chapter 2 of the model contract drawn up for its other project managers sets out very precisely the framework for their work, their obligations and their freedoms. Under the title « Guidelines and framework conditions », the foundation stipulates: « 2.1 Project strategy. The project managers are free to implement the agreed tasks; however, they inform the WHS in advance about the planned measures and activities. Changes in the project direction proposed by the project leaders during the course of the project must be approved by WHS and attached to this project contract in writing »[7]. Here the foundation establishes its ownership of the project’s purpose. It is the sole decision-maker, since changes have to be renegotiated and the contract resigned with it. Even tasks for which the project managers have decision-making autonomy, if they change their programme, they must inform the foundation’s management in advance. In my opinion, given my 15 years of experience working in the European voluntary sector and 5 years of work as a sales representative in an IT services company, this document has all the signs of an employment contract with little autonomy and a strong subordination to the structure carrying the project and owner of its concept.

«  2.5 Financing.  The following things are financed by the Foundation in Project 04 as long as earmarked donations are available[8]: – Infrastructure (hardware and software) and the development of software and workflows. – Reimbursement of expenses within the framework of the project. – Payment of the project leader and other auxiliary persons of the foundation. – Costs of campaigns and fundraising activities agreed upon in individual cases. – Legal fees (this does NOT include legal fees for Julian Assange because of the Swedish extradition request). – Structural costs and costs resulting from the growth of the project. – Usual running costs such as rent of office space and equipment. Donations in 2011 have fallen by 90% compared to 2010 due to the blocking of payments via PayPal, VISA and Mastercard as a result of the publication of the « cables » »[9].

The activity report 2911 therefore clearly indicates here that the foundation pays the costs of software development, and therefore finances dedicated computer specialists, because software does not develop itself. It also states that the project manager and the project collaborators will be paid, the amount will be mentioned later in the report. The report is precise enough to point out that the problems of Julian Assange’s legal proceedings are not covered by the foundation. He has to pay his lawyers with his emoluments while working on the project. If the sum is not enough, so much the worse for him. Writer Andrew O’Hagan reported on the state of stress in which Julian Assange was working throughout 2011[10]. This has to do with his status as a prisoner, but must also have something to do with the need to fulfil his contractual obligations with the Wau Holland Stiftung. His real social vulnerability was in 2011 concealed from the public eye by his media notoriety, but it is now coming to light because his current situation is only the consequence of the events of 2010 and 2011.

« 2.6 Monitoring . The project manager has a regular reporting obligation, which is primarily carried out in the form of encrypted Internet communication (chat) and is fulfilled with regular personal meetings. The Foundation is responsible for checking the submitted invoices, which have usually already been authorised by the project manager »[11].

In contrast to a real service contract, « Dienstleistungvertrag », or a « Werkvertrag », a « work contract » in which the product or service is checked by the client for conformity with its delivery, Julian Assange in his work as project manager is subject to regular monitoring by the Wau Holland Foundation. He has to carry out reporting by means of chats and physical meetings with representatives of the foundation. He can authorise project expenditure, but his decisions must be submitted to and approved by the foundation. In my opinion and from reading the Wau Holland Stiftung’s 2011 activity report, he therefore has the autonomy of a salaried project co-ordinator and not a service provider who can use his budget as he sees fit on condition that he delivers the product in due course.

Chapter 3 of the Wau Holland Foundation’s 2011 annual report is prolific on « evidence of actual control » of project implementation : « 3. Evidence of the actual exercise of control. Julian Assange and the other auxiliary persons of the project are obliged, in accordance with the concluded Project Contract, to carry out the agreed activities and to comply with the general conditions agreed under point 2 of the Contract. The Board of Directors exercises its control by checking the activities individually within the framework of the acceptance in terms of content and form. The ongoing work of the WHS Executive Board in this regard is coordinated in weekly telephone conferences.

The members of the board communicate in between with the auxiliary persons about the current work steps or their acceptance via electronic means of communication such as chat, jabber and telephone. This ensures that only those works of the project are financed which have been agreed. Invoices received by WHS for expense allowances or reimbursement of expenses will be checked against the available reports or released after oral consultation. In the event of any further need for clarification, this was noted on the invoice accordingly for clarification. Each invoice bears a personal control note from the member of the management board who approved it in consultation with the other board members. »[12]

In concrete terms, Julian Assange is obliged to carry out the project no matter what happens. What would happen if he can’t, the report is silent on the subject. According to the legal advice given to German « free lancers », a « work contract », « Werkvertrag », must include a clause that allows the service provider a way out when faced with the client’s power to terminate the contract at any time. Was Julian Assange free to withdraw from his obligations to Wau Holland Stiftung?

Since he does not live in Germany and does not have an EU residence permit in 2011, Wau Holland cannot demand the fulfilment of a legal contract when he is physically not on German soil. The European directive of workers posting applies to employees, the so-called Bolkestein Directive allows companies from one EU country to operate in another EU country, but Julian Assange, in 2011 is managing director of Sunshine Press Production, an Icelandic company, outside the EU. He also signs the project contract with Wau Holland as a private individual and not as the manager of this company. The foundation’s « Model Project Contract » of 2012 shows that the foundation is not flexible towards its other project managers: « In the event that the project managers are hindered in carrying out their role by external circumstances, WHS will delegate the project management to other persons and a new project contract will be concluded »[13]. The foundation gives itself the absolute right to dismiss its project manager and to replace him/her. German labour law and European legislation protecting workers seem to have been violated by the Wau Holland Foundation vis-à-vis its contractor or employee, the Australian Julian Assange.

As for the control process, it is continuous, detailed and meticulous. First of all, Julian Assange is controled « on form and substance » along the realisation of the project. Usually, in the associative sector, when a structure collaborates with a person who has a certain notoriety in his or her milieu, who is the bearer of a know-how, it is customary to give him or her the freedom to organising his teams and work, possibly organising steering committees where work progress is presented and which serve as a control body. Here the Wau Holland Foundation states that it wants to control the way in which its employees work, which is just as much proof that its employees are employees and not « service providers ». The Board of Directors therefore monitors his work once a week by telephone and also gives itself the right to communicate regularly by chats and telephone with the members of the team managed by Julian Assange to ensure that « only work decided upon beforehand will be financed ». It is a strange partnership between associations where there is no trust between partners who are obviously very unequal.

The german foundation’s control of invoices is almost obsessive in this chapter of the report – the provisional budget is drawn up in advance by the foundation, each invoice has to be approved by the project manager Julian Assange and then presented to the foundation’s delegated project manager. If Julian Assange deviates from the provisional budget, which is ALWAYS the case for those who have managed complex international associative projects, he must explain this in advance. The necessary explanation is annotated on the invoice with the name of the member of the foundation who would have accepted the expense. Julian Assange obviously does not have control over the budget of his project. A project manager with responsibility for his budget participates in drawing up the provisional budget in order to be sure that he has the means to carry out his work, hires teams himself or takes part in job interviews conducted by the commissioning organisation, incurs expenses on the basis of the provisional budget, signs contracts with suppliers, has means of payment and pays current expenses such as office and supply costs himself. If the budget is exceeded, he must of course refer the matter to the funders, but he is not monitored on a day-to-day basis for his current expenses. According to the document Annual Report 211, Julian Assange is a project executor within the Wau Holland Foundation without decision-making power. He should therefore not be held responsible for the failure or the realisation of the 04 Wikileaks project.


[1] « 2.1Betrieb einer Internetplattform Entwicklung und Betrieb einer geeigneten globalen Plattform für die uneinschränkbare technische Realisierung zur Veröffentlichung der Materialien von Whistleblowern, um damit die Informationsfreiheit im Sinne der Satzung der WHS zu fördern », page 2 Jahresbericht 2011, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[2] https://www.saadrachid.net/actualites/plateforme-vs-portail-web/

[3] « 2.2 Eingereichte Informationen .Entgegennahme, Prüfung und Publikation der eingereichten bzw. zugeleiteten Informationen (sowohl durch journalistische Aufbereitung als auch notwendige Recherche) ».Jahresbericht 2011,  https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[4] « 2.3 Öffentlichkeitsarbeit. Öffentlichkeitsarbeit für die Plattform, um das primäre Anliegen der Stiftung, die Informationsfreiheit, zu fördern », Jahresbericht 2011,  https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[5] « 2.4 Rollenbeschreibung und Strategie.Bei den notwendigen strategischen und taktischen Maßnahmen zur Erreichung dieser Ziele wurde Herrn Assange innerhalb der vereinbarten Rahmenbedingungen und Zielbeschreibungen (1.1, 1.2, 1.3 des Vertrags mit Herrn Assange) Entscheidungsfreiheit eingeräumt über die Einzelheiten der Umsetzung gemäß 2.1 des Vertrags. Es wurde beschlossen, dass auch diejenigen Aktivitäten, die direkt von der Stiftung finanziert werden, in der Öffentlichkeit unter dem Namen « WikiLeaks » dargestellt werden, um den bereits eingeführten Namen für die Spendenakquisition nutzen zu können ». op.cit, Jahresbericht 2011,

https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[6] « Gemäss den Stiftungszielen in den Statuten der WHS beauftragt die WHS die oben genannten Projektleiter mit folgenden Aufgaben, zu denen die Projektleiter strategische Konzepte zur Umsetzung entwickeln und von der WHS schriftlich freigeben lassen », Projektauftrag Template, 22 March 2012,

https://www.wauland.de/media/2012-03-22_Projektauftrag-Template_v1.pdf

[7] «2. Vorgaben und Rahmenbedingungen.  2.1 Projektstrategie. Die Projektleiter sind frei in der Umsetzung der abgestimmten Aufgaben; sie informieren die WHS aber jeweils vorab über die geplanten Massnahmen und Aktivitäten.. Änderungen in der Projekt-Ausrichtung, die von den Projektleitern im Laufe des Projektes vorgeschlagen Die Projektleiter sind frei in der Umsetzung der abgestimmten Aufgaben; sie informieren die WHS aber jeweils vorab über die geplanten Massnahmen und Aktivitäten.. Änderungen in der werden, müssen durch die WHS freigegeben und diesem Projektvertrag in schriftlicher Form beigefügt werden », page 1, https://www.wauland.de/media/2012-03-22_Projektauftrag-Template_v1.pdf

[8] « 2.5 Finanzierung.  Folgende Dinge werden durch die Stiftung im Projekt 04 finanziert, solange zweckgebundene Spenden verfügbar sind: • Infrastruktur (Hard- und Software) sowie Entwicklung von Software und Arbeitsabläufen. • Auslagenerstattung im Rahmen des Projekts. • Bezahlung des Projektleiters und weiterer Hilfspersonen der Stiftung.. • Kosten von im Einzelfall vereinbarten Kampagnen und Fundraisingaktionen. • Rechtsberatungskosten (dazu gehören NICHT Anwaltskosten für Julian Assange wegen des schwedischen Auslieferungsantrags). • Strukturkosten und Kosten, die aus dem Wachstum des Projekts resultieren. • Übliche laufende Kosten wie z.B. Miete von Büroräumen und Ausrüstung. Das Spendenaufkommen in 2011 ist gegenüber 2010 um 90% eingebrochen auf Grund der Blockade der Zahlungswege über PayPal, VISA und Mastercard als Folge der Veröffentlichung der « cables » », Jahresbericht 2011, page 2, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[9] https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf, page 2

[10] https://www.lrb.co.uk/v36/n05/andrew-ohagan/ghosting

[11] « 2.6 Kontrolle .Dem Projektleiter obliegt eine regelmäßige Berichtspflicht, die primär in Form von verschlüsselter Internetkommunikation (Chat) wahrgenommen und durch regelmäßige persönliche Treffen vertieft wird. Der Stiftung obliegt die Prüfung der eingereichten Rechnungen, die in der Regel bereits vom Projektleiter autorisiert wurden », page 2, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[12] « 3 Nachweis der tatsächlichen Kontrollausübung  Julian Assange und die weiteren Hilfspersonen des Projektes sind gemäß des geschlossenen Projektvertrages verpflichtet, die vereinbarten Tätigkeiten auszuführen und dabei die unter Punkt 2 des Vertrags vereinbarten Rahmenbedingungen einzuhalten.

Der Vorstand übt seine Kontrolle durch die individuelle Prüfung der Tätigkeiten im Rahmen der inhaltlichen und formellen Abnahme aus. Die diesbezüglich laufende Arbeit des WHS-Vorstands wird in wöchentlichen Telefonkonferenzen abgestimmt.

Die Vorstandsmitglieder kommunizieren zwischendurch mit den Hilfspersonen über die laufenden Arbeitsschritte bzw. deren Abnahme über elektronische Kommunikationsmittel wie Chat, Jabber und Telefon. Dadurch wird sichergestellt, dass nur diejenigen Arbeiten des Projekts finanziert werden, die vereinbart worden sind.

 Die der WHS zugegangenen Rechnungen über Aufwandsentschädigungen bzw. die Erstattung von Auslagen werden jeweils mit den vorliegenden Berichten abgeglichen oder nach mündlicher Rücksprache freigegeben. Im Falle weiteren Klärungsbedarfs wurde dies auf der Rechnung entsprechend zur Klärung vermerkt. Jede Rechnung trägt einen persönlichen Kontrollvermerk des Vorstandsmitglieds, das die Freigabe in Abstimmung durchgeführt hat. », page 3, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[13] « Für den Fall, dass die Projektleiter durch äussere Umstände behindert sind, ihre Rolle auszuüben, wird die Projektleitung durch die WHS an andere Personen delegiert und ein neuer Projektvertrag geschlossen », page ,

https://www.wauland.de/media/2012-03-22_Projektauftrag-Template_v1.pdf

Andy Müller-Maguhn as the real director of the « Wikileaks » project

« In 2011, Andy Müller-Maguhn also acted as delegate of the Board of Directors to keep abreast of developments on the ground and to clarify detailed questions on site. He undertook several trips (see travel documentation) and reported to the Executive Board on this during the telephone conferences or in personal meetings. At the end of July 2011, the Wau-Holland Foundation held a board meeting in Hamburg at which all members of the Board and Andy Müller-Maguhn attended to assess the status and further needs of project 04 « Wikileaks ». The aim was also to improve the rules of procedure for dealing with all those involved in the project ».[1]

Page 6 of the annual report tells us on what dates and for what reasons Andy Müller Maguhn goes in 2011 to Ellingham Hall where he is received by the owner of the premises Vaughan Smith, guarantor of Julian Assange in the context of his house arrest in pre-trial detention. In January 2011, Andy Müller Maguhn, delegate of the Board of Directors of the Wau Holland Foundation, will come to Ellingham Hall for the following reasons : « Discussion with a department head of the SPIEGEL as German media partner about planned further publications »[2]. He performs « an inspection of the local work situation and coordination of the activities of other support staff »[3]. In May 2011 he leads « conceptual discussion on the rebuilding of a submission system for a worldwide anonymous receipt of materials »(…)[4] He has also « a meeting with the new project manager (women), who is in the training phase ».[5] In July 2011 he performs « a visit of the « Fundraising Party » decided by the Board ».[6] He leads « discussions with media partners. » and takes decisions on «the agreement on the objectives and procedures of the publication « Spy Files » ».[7]

In August 2011 Andy Müller Maguhn will be leading the « intermediate discussion on the status of the work on the « Spy Files »[8] and the coordination meeting with the media partner SPIEGEL on other materials »[9]. Finally, from 21 to 24 October he returns from Germany to England with two other members of the Board of Directors, Klaus Schleisiek and Bernd Fix for a « working meeting in London with media partners for the « Spy Files ». Clarification of open invoice acceptances with the helpers in Ellingham Hall ».[10] Bernd Fix, member of the Board of Directors participates in a press conference at the Frontline Club about the lawsuit against bank blocking[11] . Finally, on 21 November 2011 Andy Müller Maguhn leads a « Working meeting with media partners immediately before publication of the « Spy Files » ».[12]

We cannot deduce from this report how the delegate of the Board of the Wau Holland Foundation controls the work of the project leader of the 04 « Wikileaks » project Julian Assange on the other publications, but he appears here acting as editor-in-chief with regard to the publication « Spy Files ». Moreover, he appears to be the main or even sole negotiator with the partner media and appears to be a decision-maker on the hiring of new employees such as the new project leader whose name remains hidden. Meanwhile, at the end of November 2011, Julian Assange lost all his appeals and has to appeal to the British Supreme Court against extradition to Sweden. On 1 December 2011 at the press conference launching the publication of the « Spy files », he is waiting to hear whether his appeal will be accepted by the Court[13]. He will also lose this case on 13 June 2012.

The concrete relationship between Board delegate Andy Müller Maguhn and Wau Holland’s « project manager » Julian Assange on the 04 « Wikileaks » project remains unclear in the foundation’s annual report, but the document gives us a description of what has been done under the title « Content orientation and publications » :

« In 2011, Project 04 was mainly concerned with 4 thematic complexes of public interest in addition to infrastructural work. In concrete terms, infrastructural work means an expansion of the server infrastructure, among other things for the decentralised viewing and commenting of submitted materials by media partners worldwide. The raw materials made available to media partners by WikiLeaks are first roughly screened. Then, as a rule, the research approaches that result are followed by the journalists themselves, so that complete reports emerge from this, ensuring that the materials are adequately presented in their context. The anonymised publication of the basic material is then generally synchronised and linked to the publications of the media partners »[14].

Also « this approach ensures the verification, contextualisation and protection of those affected ».[15]

Throughout the year, publications are published on the following countries: Brazil, Sri Lanka, Great Britain, Sweden, USA, Guatemala, Colombia, Ecuador, Egypt, Jordan, Yemen, Thailand, India. The publication of 2 February 2011 unveils the US destruction project of « Wikileaks ». On 25 April 2011 the « Guantanamo Files » and on 1 December 2011 the « Spy Files », the telecommunications surveillance documents, will be published.

The report presents the realisation of each activity. By comparing with the table on page 6, where the activities are quantified, it is possible to see how donor money was spent on the 04 « Wikileaks » project.

« Presentation of the fields of activity in project 04 » :

«  5.1 Administration ». These are the management costs on the foundation side: accounting, legal advice and travel expenses of the board members and delegates for project controlling. The day-to-day management of business (record keeping, payment management, banking relations) is carried out by the members of the Board of Directors on a voluntary basis[16]. The sum is 24,256 Euros. It includes the 6 trips of Andy Müller Maguhn and the trip of Klaus Scheisiek and Bernd Fix to England. This description shows that the Board of Directors has the means of payment, and therefore probably pays the salaries or emoluments of the project’s employees, whatever the contract under which they act.

« 5.2 Project management » : « The content of the project is managed by Julian Assange, with whom the contract mentioned in point 2 was concluded. He is also responsible for the acceptance of the activities »[17].

Julian Assange is therefore responsible for the content of the publications, but not certain aspects of the project organisation. According to the passages of the documents analysed above, he would not be responsible for the budget and the hiring of collaborators. To do this Julian Assange is, according to the grid on page 6, paid 72,000 Euros per year, or 6,000 Euros per month. This remuneration seems comfortable, but nothing is said about the payment of social contributions, health insurance, pension and unemployment insurance. According to the laws of the European Union, Julian Assange works for a German company while living in Great Britain. His status would therefore be that of a posted worker for a German company.

In this context the foundation has to pay contributions into a German social security fund. To do so, it must therefore issue Julian Assange with a residence permit for Germany, or use the one he already has when staying in the EU area, regardless of the country. If the foundation does not ensure that the foreign employee or service provider has this EU residence permit, he is simply « without papers » and the foundation will still have to pay the social contributions after the employee has been regularised with the administrative authorities, after a lawsuit at the labour court or after an intervention by the labour inspectorate and/or the trade unions. It is worth recalling here that the employment of migrants without paying their contributions is illegal under German and EU law. This illegal practice is denounced and combated by trade unions in Europe as undeclared work, the shameless exploitation of vulnerable workers, sometimes also a practice close to slavery. The German labour inspectorate should be called upon to establish the responsibility of the Wau Holland Foundation in the situation of Julian Assange as an undeclared foreign worker whose rights have not been respected.

« 5.3 Planning ». This term covers the organisation of meetings, the keeping of the agenda and the coordination of the programme of the different actors of the project in relation to the progress of the project. It is the management assistantship for which the sum of 40,800 Euros is mentioned. This sum can be used to largely remunerate a post at around 2000 to 3000 Euros per month[18].

« 5.4 Logistics » . This term includes : « the technical organisation of meetings and conferences, – Infrastructure for activities in the project, – Organisation of travel funds or travel, – Coordination and infrastructure for volunteer project staff. The Foundation has also recorded the travel of its delegates for the acceptance and control of work steps under the item logistics »[19].

This term covers therefore the aspects of event organisation (press conferences) which is very important in the editorial project of « Wikileaks ». Monitoring teams of volunteers can be a full-time management position, as in large NGOs. As for the Board delegate’s trips to England, these have already been mentioned in the « management » section, but it is possible that there were more of them in order to better control the « working steps » (« Arbeitschritte »). With the sum of 87,000 Euros per year, it is possible to employ two people at a salary of 2,500 Euros net per month while paying social security contributions of around 40% of the salary in addition.

« 5.5 Software ». « In order to achieve the project’s objectives, various developers have created components for the receipt, internal review and publication of materials in 2011. Most of these activities were honorary, in 2011 2 developers received remuneration for this. ».[20]

The work of the developers was therefore remunerated to the tune of 26,000 Euros, i.e. 13,000 Euros each.

« 5.6 Research ». « To verify the authenticity and relevance of the material received, 3 persons were employed in 2011, who also undertook several trips for this purpose. In order to understand foreign language material, another person was temporarily engaged in research »[21]. Unfortunately, we do not know what contracts these people were hired under or what language the fourth person worked with. The allocated sum of 64,330 Euros does not allow us to pay people working full-time for a year of 4 people with a correct salary. It can be assumed that these positions were temporary or half-time positions. The Wau Holland Foundation remains silent on the employment contracts it has drawn up for these people. I am astonished that the German labour inspectorate has not been called in to fill in this vagueness and check whether the hiring of these people was in compliance with the German labour code and/or European labour directives.

« 5.7 Legal advice. ». Two law firms were hired to « to assess the legal impact of publications » and to « secure collaboration agreements with media partners and to clarify tax issues »[22]. One law firm is British and the second German. Unfortunately, the document does not give the names. The large sum of 72,000 Euros was paid to them, but it is not known who the recipient law firms were that benefited from this manna of money from the donor citizen. There is no need to repeat here that Julian Assange’s appeal proceedings against the repression that plagued him are not covered by the 04 « Wikileaks » project. Julian Assange has only obligations towards the Wau Holland Stiftung and does not even benefit from its financial support against the repression of which he is a victim, whereas the citizens are convinced to help HIM by donating money to the Wau Holland Stiftung. Julian Assange’s work for Wau Holland is clearly an exploitation of the former by the latter and an abuse of social good vis-à-vis donors for the « Wikileaks » project.

« 5.8 Journalistic preparation.

 « Various journalists were hired and their time and effort paid accordingly for the journalistic preparation, in particular the contextualisation of material received and the explanatory lighting of background and contexts. In 2011, a total of 6 journalists were thus employed as assistants in this area. »[23] The sum of 58,578 Euros was spent, i.e. 9,763 Euros per journalist. The document does not specify whether journalists from the partner media were paid or whether they were young journalists working solely for the project. Similarly, there is no indication of the type of contract they signed, let alone their names. However, if the money collected from the citizen is used to pay the salaries of journalists who subsequently « storytell » about « Wikileaks » or the person of Julian Assange, the citizen is entitled to know who carried out which task, for how much and with what money.

«5.9 Technical preparation »[24]. This is the physical work of putting stuff online. It was carried out by volunteers, who were nevertheless compensated 31,000 euros per year, or 2,583 euros per month, which is quite a large sum for voluntary work.

« 5.10 Public Relations ». « Besides Julian Assange, the public relations work is primarily coordinated by Kristinn Hrafnnson, the spokesperson engaged for this purpose. In addition, various video documentaries, short films and contributions were produced. Also included here are graphic work and the costs of organising press conferences and travel to press events. The costs of translation activities were also allocated here. A total of up to 7 auxiliary persons (some of them temporary) and 3 service providers were active in this area »[25].

This is the most important position. Kristinn Hrafnsson appears here in the role of media communications manager as we know her today.With 10 people, even if some of them are temporary, it is a whole team of professionals who have taken care of « Wikileaks » communication tools. Kristinn Hrafnsson is a managing shareholder of Sunshine Press Production, an Icelandic company that will become the exclusive subcontractor to the Wau Holland Foundation for the 04 Wikileaks project in 2014 and remain so until 2020[26]. During this period Julian Assange will no longer be able to run the company of which he is supposed to be the manager because of his confinement in Ecuadorian premises. It is possible that the service contracts mentioned here concern Sunshine Press Productions and that the 7 people hired will be hired through contracts with this company. The sum of 111,574 Euros seems significant, but divided by 12 months, remains a budget of 9297 Euros per month, comfortable but only allowing the hiring of 2 to 3 people on a stable basis.

« 5.11 Technical infrastructure »[27]. This term includes server installations on which documents are secured as well as all internet connections. In 2011 the servers were rented to 3 companies for the sum (rather modest compared to other expenses) of 12,000 Euros.

Under « 5. 12 General infrastructure », [28] the rental of several offices and conference facilities is mentioned. It was necessary to subcontract the organisation of press conferences to two companies. The total sum is 59,933 Euros and seems realistic if you count the people hired full time for the daily work in an office and the costs of renting rooms in London. The Foundation’s activity reports do not mention which rooms were involved: the premises of the Frontline Club managed by the Frontline Club Charity Trust, a British structure subsidised among others by Georges Soros’ Open Society Foundation, whose headquarters are at 15A Norfolk Place in London[29], or the Elligham Hall residence where Julian Assange was imprisoned?

In total, the Wau Holland Stiftung’s 04 « Wikileaks » project cost 660,522 Euros in 2011. With the 400,000 Euros spent in 2010, two thirds of the donations collected at the start of the project in July 2010 have been used up. The number of people paid by the project can be estimated at between 11 and 25. The stable posts would be the project leader, the executive assistant, the secretariat (2 posts), IT services (estimated at a minimum of one full-time post), 3 research posts and 3 posts in the media centre – at least 11. If we add the payment of 6 journalists, the paid volunteers (evaluated at 1 full-time position) and counting all the 7 additional people mentioned as working for the media centre, the maximum figure of 25 people seems realistic.

Half a million euros still in reserve and donations will continue to flow in 2011, according to Wau Holland’s financial document. However, Julian Assange, while remaining project manager in 2012, will no longer receive any remuneration. The 2012 activity report announces that he has been working as a volunteer[30]. It is impossible to understand from reading these documents how his « project contract » with the foundation allows him to work without salary. There is every reason to believe that « work without payment under contract » is illegal. Under European law you cannot force someone to perform a task for free: doing so is forced labour, and therefore slavery. Forced labour is prohibited in all forms in the fundamental rights of all European countries, in the European Charter of Fundamental Rights and in the Universal Declaration of Human Rights. Voluntary work can be regulated by a special contract, but no coercion or punishment can be inflicted on the volunteer who is free to stop whenever he wants. Julian Assange in 2012 is already a prisoner held hostage in an ubuesque situation. To make him work for free on a project run by a German structure is a particular abuse on which light must be shed on. Those responsible for this situation and all those who profited from the money of the « Wikileaks Project » must assume the legal consequences of this responsibility.

The document « Project 04: Defending freedom of information -Transparency Report 2011 » is a financial report on the « Wikileaks » project[31]. For the expenditure part it includes the description and figures quoted in the activity report. For the income part, donations in 2011 amount to 139,401 Euros, an honourable sum but far from the success of 2010. The two best months are January 2011 (after the publication of the US diplomatic telegrams) and October (before the publication of the « Spy files »), at a rate of 29,000 Euros per month. In February, after the publication of the US documents against Wikileaks, 17,000 Euros were collected and the rest of the year the sums ranged from 1,200 Euros in April to 11,000 in June and 15,000 in December. We can see that the monthly sum is random and that the project therefore requires rigorous year-round management.


[1] « Im Jahre 2011 agierte zudem Andy Müller-Maguhn als Delegierter des Vorstands, um über die Entwicklungen vor Ort im Bilde zu sein und Detailfragen vor Ort zu klären. Er unternahm mehrere Reisen (siehe Reisedokumentation) und berichtete hierzu dem Vorstand bei den Telefonkonferenzen bzw. in persönlichen Gesprächen. Ende Juli 2011 hat die Wau-Holland-Stiftung eine Vorstandsitzung in Hamburg abgehalten, an der alle Vorstandsmitglieder sowie Andy Müller-Maguhn teilnahmen, um den Stand und weiteren Bedarf des Projekts 04 « Wikileaks » festzustellen. Hier ging es auch um die Verbesserung der Verfahrensregeln im Umgang mit allen an dem Projekt beteiligten Personen »., page 3, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[2] « Gespräch mit einem Ressortleiter des SPIEGEL als deutschem Medienpartner über geplante weitere Veröffentlichungen. », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[3] « Besichtigung der lokalen Arbeitssituation und Abstimmung der Tätigkeiten weiterer Hilfspersonen » ; page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[4] « Konzeptionelle Diskussion über den Neuaufbau eines Submission-Systems für eine weltweite anonyme Entgegennahme von Materialien »,page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[5] « Treffen mit der in der Einarbeitungsphase befindlichen neuen Projektmanagerin », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[6] https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf, « Besuch der vom Vorstand beschlossenen « Fundraising Party »

[7] « Gespräche mit Medienpartnern. Vereinbarung der Zielvorgaben und Vorgehensweisen der unter 4.4 weiter ausgeführten Veröffentlichung « Spy Files », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[8] « Zwischenbesprechung zum Stand der Arbeiten bei den « Spy Files », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[9]  « Abstimmungsgespräch mit dem Medienpartner SPIEGEL zu anderen Materialien » page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[10] « Arbeitssitzung in London mit den Medienpartnern für die « Spy Files ». Klärung offener Rechnungsabnahmen mit den Hilfspersonen in Ellingham Hall. », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[11] « Teilnahme von Bernd Fix an der Pressekonferenz zur Bankenblockade am 24.10.2011 im Frontline Club », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[12] « Arbeitssitzung mit den Medienpartnern unmittelbar vor Veröffentlichung der « Spy Files » », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[13] https://www.youtube.com/watch?v=Q3zpLefXOP4

https://www.news.com.au/technology/wikileaks-details-surveillance-industry/news-story/1cbcb6ff55fb5c57cc8d359aef1a326a

[14] « Im Jahre 2011 war das Projekt 04 neben infrastrukturellen Arbeiten vor allem mit 4 Themenkomplexen von öffentlichem Belang beschäftigt. Infrasturkturelle Arbeiten heißt konkret, ein Ausbau der Server-Infrastruktur, unter anderem für die dezentrale Sichtung und Kommentierung von eingereichten Materialien durch Medienpartner weltweit. Die von WikiLeaks den Medienpartnern zur Verfügung gestellten Rohmaterialien werden zunächst grob gesichtet. Dann werden in der Regel die Rechercheansätze, die sich ergeben, von den Journalisten selber verfolgt, so dass hieraus vollständige Berichte entstehen, die eine adäquate Darstellung der Materialien in ihrem Kontext sicherstellt. Die anonymisierte Veröffentlichung des Basismaterials erfolgt dann grundsätzlich synchronisiert und verlinkt mit den Veröffentlichungen der Medienpartner », page 3, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[15]«  Durch diese Vorgehensweise ist die Verifizierung, die Kontextualisierung und der Schutz von Betroffenen sichergestellt. », page 3, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[16] « 5.1 Verwaltung Dies sind die Verwaltungskosten auf Seiten der Stiftung: Buchhaltung, Rechtsberatung und Reisekosten von Vorstandsmitgliedern und Deligierten für das Projektmonitoring. Die laufenden Verwaltungsgeschäfte (Aktenführung, Zahlungsmanagement, Bankgeschäfte) werden von Vorstandsmitgliedern ehrenamtlich geleistet. 5.2 Projektleitung Die inhaltliche Projektleitung obliegt Julian Assange, mit dem der unter Punkt 2 erwähnte Vertrag geschlossen wurde. Ihm obliegt auch die inhaltliche Abnahme der Tätigkeiten. », page 4 https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[17] « Die inhaltliche Projektleitung obliegt Julian Assange, mit dem der unter Punkt 2 erwähnte Vertrag geschlossen wurde. Ihm obliegt auch die inhaltliche Abnahme der Tätigkeiten ». page 4, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[18] « 5.3 Planung Die Planung umfasst die Koordination von Terminen, Treffen und anderen Aktivitäten, inklusive der regelmäßigen Abstimmung mit den Akteuren über den Fortgang vereinbarter Aktivitäten », page 4,

https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[19] « Die Logistik des Projektes umfasst: • Technische Ausrichtung von Treffen und Konferenzen, • Infrastruktur für Tätigkeiten im Projekt, • Organisation von Reisemitteln bzw. Reisen, • Koordination und Infrastruktur für ehrenamtlich engagierte Projektmitarbeiter. Unter dem Punkt Logistik hat die Stiftung auch die Reisen ihrer Delegierten für die Abnahme und Kontrolle von Arbeitsschritten erfasst », page 4, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[20] « Zur Verwirklichung der Projektziele haben im Jahr 2011 verschiedene Entwickler Komponenten für die Entgegennahme, die interne Sichtung und die Veröffentlichung von Materialien erstellt. Die meisten dieser Tätigkeiten waren ehrenamtlich, im Jahre 2011 haben 2 Entwickler hierfür eine Vergütung bekommen. », page 4,

https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[21] « 5.6 Recherche Zur Verifizierung der Echtheit und Relevanz zugegangenen Materials waren im Jahre 2011 im wesentlichen 3 Personen beschäftigt, die hierfür auch mehrere Reisen unternommen haben. Zum Verständnis fremdsprachlichen Materials war temporär eine weitere Person mit Recherchen beschäftigt. », page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[22] « 5.7 Rechtsberatung Zur Klärung der juristischen Bewertung eingegangenen Materials, der Sicherstellung der rechtlichen Unbedenklichkeit von Veröffentlichungen, der Gestaltung von rechtlichen Vereinbarungen mit Medienpartnern und Projektpartnern, sowie der Klärung fiskaler Fragen wurde im Jahre 2011 eine Kanzlei in England und eine in Deutschland engagiert. », page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[23] « 5.8 Journalistische Aufbereitung. Zur journalistischen Aufbereitung, insbesondere der Kontextualisierung zugegangenen Materials und der erklärenden Beleuchtung von Hintergründen und Zusammenhängen, wurden verschiedene Journalisten engagiert und ihr Aufwand entsprechend vergütet. Im Jahr 2011 waren damit insgesamt 6 Journalisten als Hilfskräfte in diesem Aufgabenbereich tätig. », page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[24] « 5.9 Technische Aufbereitung Im Vorfeld von Veröffentlichungen werden die Materialien technisch für die Verbreitung im Internet aufbereitet. Diese Tätigkeiten wurden im Jahre 2011 überwiegend ehrenamtlich erbracht, lediglich für eine besonders aufwändige Aufbereitung wurde die Tätigkeit honoriert. Die für die Organisation der ehrenamtlich Tätigen aufgelaufenen Aufwendungen wurden im Logistikbereich erfasst ». page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[25]«  Die Öffentlichkeitsarbeit wird neben Julian Assange primär von dem dafür engagierten Sprecher Kristinn Hrafnnson koordiniert. Zusätzlich wurden verschiedene Videodokumentationen, Kurzfilme und Beiträge erstellt. Ebenso sind hier Grafikarbeiten und  Ausrichtungskosten von Pressekonferenzen sowie Reisen zu Presseterminen erfasst. Hier wurden auch die Kosten von Übersetzungstätigkeiten zugeordnet. In diesem Bereich waren insgesamt bis zu 7 Hilfspersonen (teils temporär) und 3 Dienstleister tätig ». page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[26] https://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf

[27] « 5. 11. Unter der Bezeichung technische Infrastruktur sind hier nur die Serverinstallationen zur Organisation des Datenflusses erfasst. Die im Kontext angemieteter Räume organisierten Internetanschlüsse etc. sind als allgemeine Infrastrukturkosten verbucht. Im Jahre 2011 waren bei insgesamt 3 Internetdienstleistern Server untergebracht. », page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[28] « 5.12 Allgemeine Infrastruktur Für die Tätigkeiten der engagierten Hilfspersonen und ehrenamtlich tätigen Helfer wurden im Jahr 2011 für mehrere Monate Büroräume angemietet, zum Teil fielen die Arbeiten auch während mehrtägiger Konferenzen an. Für diese Konferenzen wurden jeweils geeignete Räume mit Internet und Konferenzinfrastruktur angemietet. Im Jahr 2011 wurden hier von 2 Unternehmen Räumlichkeiten angemietet. », page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[29] https://register-of-charities.charitycommission.gov.uk/ – Annual reports from 2003 until today

[30] « Projektleitung. Die inhaltliche Projektleitung obliegt Julian Assange, mit dem ein entsprechender Projekt-Vertrag geschlossen wurde. Ihm obliegt auch die inhaltliche Abnahme der Tätigkeiten. Diese Tätigkeit wurde im Jahr 2012 ehrenamtlich ausgeführt. », page 7, “Projekt 04: Informationsfreiheit verteidigen” Transparenzbericht 2012, Wau Holland Stiftung,

https://www.wauland.de/media/2012_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[31] https://www.wauland.de/media/2011_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

The criminal, moral and financial responsibility of the managers of Wau Holland in the imprisonment of Julian Assange

To conclude our analysis, we would like to quote from the document of the new legal statutes of the Wau Holland Stiftung dated 21 September 2011 – « The Constitution of the Wau-Holland Foundation ». The new statutes establish the headquarters in Hamburg and the objects of the foundation as « education, culture, science, consumer protection and advice to consumers ». The foundation’s activities in connection with its statutory objectives are described as continuing education in new technologies for young people and adults through the promotion of open source, culture (media and technology museum projects), and scientific activity. After mentioning the promotion of encyclopaedias on the internet, the foundation « promotes worldwide communication, freedom of information and civil courage. It promotes scientific work in the field of recent history of technology and media and research into the connection between social developments and communication media »[1]. – « Zivilcourage » can be translated from German as civic engagement or responsibility.

The « 04 Wikileaks project » and those that will follow it, as well as the « 07 Zivilcourage project » in support of the whistleblowers created in 2014, can thus enter into this convoluted formula[2].

The power within the foundation belongs to the Board of Directors of 5 persons which cannot be enlarged but only renewed by co-optation after defection. The President is primus inter pares. Decisions are taken by a majority of votes with a minimum of 3 people present. Decisions involving more than one third of the foundation’s capital must be taken by at least 4 persons including the president. In order to exclude a member, 2/3 of the votes are required, i.e. 3 out of 4, since the fifth would be the excluded member, an unprecedented situation.

On 25 March 2018 Andy Müller Maghun signs the 2016 report of the Foundation and this document shows that he is then president of the foundation. Today he is the « second president » after handing over to Klaus Peter Schleisieck, a computer scientist who campaigned at ATTAC Germany for universal income in 2017 and who participated in the direction of the 04 Wikileaks project in 2011 and 2012.

Bernd Fix today turned the page on « Wikileaks » and promoted Bitcoin at the Chaos Computer Club conferences. However, he should have been questioned about his responsibility for the 04 « Wikileaks project », which he and Andy Müller Maguhn so cleverly unloaded on the back of his former employee and worker for free, Julian Assange.

This is important not only because Julian Assange is suffering because of decisions he did not take, never having had any freedom in his collaboration with Wau Holland, but also because the « 04 » project continues from 2014 until today as a subcontracting that Wau Holland entrusts to Sunshine Presse Production :

The 2014 Annual report describes the following: « 5. Project 04 – Freedom of information In project area 04, the activities were restructured so that coordination with and control of the activities by the board of directors become easier. A framework contract for journalistic services was concluded with the media company Sunshine Press Productions EHF (SPP, Iceland). Since then concrete projects have been commissioned and invoiced according to the progress of work. The services include: Project coordination, technical preparation of the materials to protect whistleblowers and third parties (removal of meta information), review and contextualisation of the materials, preparation for publication on the Internet and communication with media partners. In 2014 the website wikileaks.org was also completely redesigned with a new submission platform and improved document search ».[3]

Every year, the same formula, or almost the same formula, is used to renew the « 04 » Wikileaks project in its subcontracting formula to the Icelandic company of Ingi Ragnar Ingasson and Kristinn Hrafnsson. However, the two Icelanders are quite rightly designated as « service providers » by the German project managers, while the president of the Wau Holland Stiftung signs the reports, thus authenticating its criminal, moral and legal responsibility in the eyes of the world, citizens and states.

The « 07 Zivilcourage project » which appears in the 2014 activity report can be identified with the « Courage Foundation » of which Andy Müller Maguhn is a « director [4]» and of which Julian Assange’s friend and collaborator on the « 04 Wikileaks project » Sarah Harrison was the « president » until 2017.

Wau Holland Stiftung Report 2014

« 8. Project 07: Civil Courage. The Project Area 07 was newly established in 2014 under the name « Zivil Courage » in order to pay special tribute to and, if necessary, support persons who have distinguished themselves in the sense of the Foundation’s statutory objectives. In 2014, a small amount of travel expenses for participation in events was reimbursed here, also in order to make the activities of the Wau Holland Foundation in this area better known »[5].

We put the words « president » and « director » in between quotes because there are serious doubts about the legal structure of this organisation, which neither has an address in any European country, nor does it provide any legal documents or publish any report on its activities. The only contact is a form on the site and nobody ever replies to messages left. Wau Holland’s annual report for 2015 does mention a « collaboration with the Courage Foundation in Great Britain »[6], but the only « Courage Foundation » in the register of associations in Great Britain deals with children and has nothing to do with whistleblowers.

The only address visible on the site is the one under the name of the bank to which donors are invited to send money: The Chase Bank in New York – « Bank Account Courage Corp, account number 000 000 83 87 31 689, BIC SWIFT code CHASUS 33, Routing number IBAN 021 000 21, Reference: Courage Foundation, bank address Chase Bank, 270 Park Avenue, New York, NY 100 17, USA. Recipient address: Courage Foundation, 201, Varick Street, PO. Box #766, New York , USA »[7].

The address of the bank to which citizens are invited by Andy Müller Maguhn and other leaders[8] to send their money to support Julian Assange and other whistleblowers is not in Europe, but in the United States, which can only come as a surprise, given that this country is particularly hostile to « Wikileaks » and is pursuing Julian Assange for criminal allegations. The recipient bank is the major American bank Chase Manhattan Bank and the address of the account of the « Courage Corp » is Park Avenue. But it gets worse: the mailing address of the Courage Foundation is 201 Varick Street in New York City, an office belonging to the US federal state in which the Immigration Court is located, but also the National Urban Security Technology Laboratory part of United States Department of Homeland Security ![9]

201 Varick Street in New York, the adress of the Courage Corp is in the Federal Building of the Homeland Security Departement

But there are worse things! The « Courage Foundation or Courage Found » was not found in the registers of German, French or British NGOs. But it does not exist in the registers of NGOs in New York State either. On the other hand, the « Courage Corp » does exist as a private company, a « Domestic Business Corporation », created on 30 May 2017 and registered under DOS ID number 5145362 in the New York Department of State Division of Corporation[10]. The address of its registered office is that of its manager Nathan Fuller, 2790 Brodway, apt. 4D, 100 25, New York.

In the United States, as in Europe, the law obliges charitable organisations and non-governmental organisations that live from donations to submit their accounts to a supervisory authority and to make them public. Citizens’ money must be used for the purpose stated in the legal statutes of these structures and the public must have the means to verify this. Any use of citizens’ money for another purpose is an abuse of social good. So what can be said about the maintenance of a private capitalist profit-making enterprise with citizens’ money? This kind of practice is condemned by law and morals in our capitalist societies. A « business » must sell services and goods and cannot live on public charity.

The Courage Corp, its leaders and those who encourage donations to Courage Corp are thus committing an abuse of social good, perhaps even a scam by collecting donations from citizens who want to help whistleblowers. This is all the more serious as the US business entity Courage Corp masquerades as a charity, the Courage Foundation, an entity that in reality does not legally exist anywhere. It is time for the judicial authorities to remind the leaders of these structures, both Nathan Fuller in New York and Andy Müller-Maguhn in Germany to their responsbility. Müller-Maguhn, who appeals to the generosity of European citizens to make donations to a private American business enterprise, cannot escape his legal responsibility, all the more so as he remains today a leading member of the Board of Directors of the Wau Holland Stiftung, a foundation with its headquarters in Hamburg, which is listed in the registers of foundations of the Free City of Hamburg[11].


[1] « Sie fördert die weltweite Kommunikation, Informationsfreiheit und Zivilcourage. Sie fördert wissenschaftliches Arbeiten im Bereich neuerer Technik- und Mediengeschichte und die Erforschung des Zusammenhangs gesellschaftlicher Entwicklungen und Kommunikationsmedien ». page 1,

https://www.wauland.de/media/2011-09-21_Verfassung-WHS.pdf

[2] https://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf

[3] http://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf

« 5 Projekt 04 – Informationsfreiheit Im Projektbereich 04 wurden die Aktivitäten umstrukturiert, so dass eine Abstimmung mit und eine Kontrolle der Aktivitäten durch den Vorstand einfacher wurden. Mit der Medienfirma Sunshine Press Productions EHF (SPP, Island) wurde ein Rahmenvertrag für journalistische Dienstleistungen geschlossen. Seitdem werden konkrete Projekte beauftragt und nach Arbeitsfortschritt abgerechnet. Die Dienstleistungen umfassen: Projektkoordination, technische Aufbereitung der Materialien zum Schutz von Whistleblowern und Dritten (Entfernen der Metainformationen), Review und Kontextualisierung der Materialien, Aufbereitung für die Veröffentlichung im Internet sowie Kommunikation mit Medienpartnern. 2014 wurde auch der Internetauftritt von wikileaks.org grundlegend überarbeitet mit neuer Submission-Platform und verbesserter Dokumentensuche ».

[4] https://www.couragefound.org/tag/andy-muller-maguhn/

[5] « 8 Projekt 07: Zivilcourage Der Projektbereich 07 wurde 2014 unter dem Namen « Zivilcourage » neu eingerichtet, um Personen besonders zu würdigen und nötigenfalls zu unterstützen, die sich im Sinne der satzungsgemäßen Ziele der Stiftung besonders hervorgetan haben. Im Jahre 2014 wurden hier in geringem Umfang Reisekosten für die Teilnahme an Veranstaltungen erstattet, auch um die diesbezüglichen Aktivitäten der Wau Holland Stiftung besser bekannt zu machen »

http://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf

[6] http://www.wauland.de/media/2015_Jahresbericht.pdf

[7] https://www.couragefound.org/donate/

[8] https://www.justice.gov/eoir/new-york-varick-immigration-court

https://en.wikipedia.org/wiki/National_Urban_Security_Technology_Laboratory

[9] https://www.couragefound.org/advisory-board/

[10]

https://appext20.dos.ny.gov/corp_public/CORPSEARCH.ENTITY_INFORMATION?p_token=D59D5B681BF708EB34A01B12983E32B0AF66E6B482D0DCCBE330598692791F670F764E558BEDCE22BCBC26AB4E7275B5&p_nameid=9805E5371F7C8010&p_corpid=0DFAEC3F1D70B519&p_captcha=17950&p_captcha_check=D59D5B681BF708EB34A01B12983E32B0AF66E6B482D0DCCBE330598692791F6730AFA8B9CB875F73B271C779DD1E75B7&p_entity_name=%43%6F%75%72%61%67%65%20%43%6F%72%70&p_name_type=%41&p_search_type=%42%45%47%49%4E%53&p_srch_results_page=0

[11] https://serviceportal.hamburg.de/HamburgGateway/FVP/FV/Justiz/Stiftungsdatenbank/?sid=55#

Conclusion

When I saw Julian Assange for real on October 21, 2019, January 13, 2020, February 24, 25, 26 and 27, 2020 and September 9, 2020 what always struck me was the expression of sadness on his face, that of a man deeply wounded to have been betrayed by those he considered close. The men of the Wau Holland Stiftung were his ones were among his closest ones. They live quietly in Berlin and Hamburg between their private homes, their businesses (Andy Müller Maguhn’s Datareisenbureau), the Chaos Computer Club at 11 Marienstrasse where they meet, and the Wau Holland offices at 25 Marienstrasse in Berlin. They are free and nobody worries them. What’s worse, citizens’ money continues to flow quietly into Wau Holland’s accounts. Meanwhile, Julian Assange is dying and they appear to be indifferent to his fate. They have never even appeared at a single hearing of the ‘trial’. We consider their behaviour towards Julian Assange to be a moral and political fault. Morover, in regard of their liabilities and actions recapitulated in this document on the grounds of official published reports, a citizen and judicial enquiry is required. Considering their liabilities which interfere with Julian Assange extradition prosecution, they have to be taken into account in Court before any judiciary decision concerning Julian Assange.

Wikileaks en tant que projet de la Fondation allemande Wau Holland

Analyse financière de « Wikileaks » 2003 à 2019

Monika Karbowska

Ce document a été écrit en janvier 2020. Il n’a pas pu alors être publié à cause des événements violents qui ont débuté le 31 janvier 2020 : mon ordinateur a été volé à Paris pour une mafia intéressée par son contenu. Du 24 au 27 février j’ai assisté au grand « procès » de Julian Assange dans la galerie du public de la salle 2 de la Woolwich Court. J’ai été malade suite à ces quatre jours intenses qui m’ont révélé beaucoup de détails sur l’environnement de « Wikileaks » et Assange lui-même.

En mars a débuté la folie planétaire de la « covid guerre » et la dictature pseudo sanitaire qui dure aujourd’hui en Europe et dans le monde occidental. Aujourd’hui j’ai constaté la présence de l’Etat Allemand dans le « procès » que la City de Londres organise pour éliminer Julian Assange. Mais l’Allemagne a été partie prenante du « projet Wikileaks » depuis le début.

Cette analyse porte sur les rapports d’activité, des bilans financiers et des compte rendus de réunions de Conseil d’Administration de la Wau Holland Stiftung, fondation allemande. Elle démontre le rôle clé de l’Allemagne dans le « Projet 04 Wikileaks ».

La fondation Wau Holland et la Sunshine Press Production, deux structures exécutant le projet Wikileaks

Le 25 octobre 2010 a lieu au Frontline Club à Londres une émouvante rencontre : Julian Assange tient une conférence avec Daniel Ellsberg, célèbre lanceur d’alerte qui a révélé les crimes de l’armée américaine au Vietam en 1971. Il y est question des crimes américains au Vietnam et en Irak, de la soumission des médias occidentaux à la propagande de guerre, du rôle des citoyens qui doivent se saisir des informations révélées pour arrêter ces guerres. A la fin, Daniel Ellsberg se montre préoccupé par les dangers qui menacent Julian Assange. Il demande alors comment l’aider à construire Wikileaks et propose de verser des dons. Julian Assange, qui dans deux semaines sera poursuivi par le mandat d’arrêt européen émis par la Suède, évoque alors pour la première fois les structures légales de Wikileaks : la Fondation Wau Holland, structure de droit allemand, qui selon lui depuis juillet 2010 récolte les dons du public qui permettent de faire vivre Wikileaks[1] et une entreprise islandaise créée tout juste le 8 octobre[2] qui va seconder la première.

Il s’agit de la Sunshine Press Production, entreprise médias de droit islandais dont selon les documents fiscaux publiés Julian Assange serait juridiquement l’actionnaire majoritaire et Kristinn Hrafnsson, Ingi Ragnar Ingasson et Gavin Hall MacFadyen les actionnaires minoritaires. Selon le RSK Register of Entreprise islandais, le « Certificate of Registration », (Certificat d’enregistrement) montre que Sunshine Press Productions ehf ID-nr: 611010-0280 est domicilié chez Ingi Ragnar Ingason à l’adresse Klapparhlíð 30 270 Mosfellsbæra en Islande[3]. C’est une entreprise qui produit des films, des videos et des programmes de télévision. Elle est créée le 8 octobre 2010. Les deux actionnaires non islandais, Julian Paul Assange, australien, et Gavin Macfadyen, britannique, obtiennent le 20 octobre 2010 du bureau de sécurité sociale islandais (Bjödskra), le « Kennitala », le numéro personnel islandais permettant l’ouverture d’une entreprise dans ce pays et ouvrant droit à une sécurité sociale définitive au bout de 6 mois de séjour et de travail dans ce pays[4]. Il n’est cependant pas nécessaire de fournir une adresse physique en Islande, une poste restante suffit et c’est un numéro de poste restante de l’Etat de Victoria qui apparait dans les documents comme domicile de Julian Assange tandis que l’adresse donnée pour Gavin Hall MacFadyen est le 34a Moreton Street à Pimlico, Londres.

Sous le nom de Julian Assange dans le document figure le titre de « Chairman », président du Conseil d’Administration, mais Ingi Ragnar Ingasson et Kristinn Hrafnsson sont tous les deux « Director » et Gavin Hall MacFadyen « Reserve Director ». Le Certificat d’enregistrement mentionne aussi qu’il est nécessaire d’obtenir la majorité du conseil d’administration pour avoir la « signature », la prise de décision. Julian Assange, malgré les 94% de parts du capital qu’il possède n’a donc pas le pouvoir de décision, il est en fait plus un porte-parole qu’un véritable dirigeant, alors que le pouvoir est juridiquement conjointement détenu par les 4 personnes citées. De plus, les associations expliquant le droit des affaires islandais aux investisseurs étrangers mettent bien en garde que le dans le droit islandais le directeur islandais, même s’il est actionnaire minoritaire a le droit de gérer l’entreprise, d’effectuer des dépenses et de prendre la responsabilité en l’absence de l’actionnaire majoritaire domicilié à l’étranger. L’Etat islandais protège ses ressortissants et ses entreprises et ne permet pas à un étranger d’avoir un pouvoir décisif dans une structure de droit islandais.

Sunshine Press Production fonctionne jusqu’à aujourd’hui et dépose donc auprès du bureau fiscal islandais, le Ríkisskattstjóri Reykjavík, 10 bilans d’activités de 2010 à 2019 que nous avons consultés auprès de cette institution. Les bilans annuels de 2010 jusqu’à 2018 sont accessibles. L’entreprise possède une activité, des revenus et des dépenses, les chiffres des actifs vont de l’équivalent de 250 000 Euros en 2011 à presque rien en 2017 avant une reprise en 2018. En 2010 Sunshine Press Production possède l’équivalent de 131 000 Euros d’actifs et à la fin de l’exercice fiscal 2018, l’assemblée annuelle du Conseil d’Administration du 29 août 2019 mentionne un bénéfice de l’équivalent de 13 000 Euros.

Ces faits posent plusieurs questions. Comment Julian Assange aurait-t-il eu la liberté de gérer son entreprise alors qu’il est en résidence surveillée en 2011 et 6 mois de l’année 2012 puis pendant 8 ans enfermé en captivité dans l’appartement de l’Equateur 3 rue Hans Crescent à Londres? Si la question est posée pour les années de janvier 2011 au 11 avril 2019, à partie de cette date, la réponse est claire : Julian Assange étant en prison, il ne peut exercer son rôle dans son entreprise et donc un administrateur judiciaire, un administrateur de biens aurait dû être nommé afin que pour les intérêts de Julian Assange soit assurés. Normalement, dans les pays européens, un tel administrateur indépendant veille aussi à ce que les relations entre l’actionnaire empêché et ses associés demeurent conformes à la Loi et à l’accord qu’ils ont passé en ouvrant l’entreprise, c’est-à-dire en s’assurant que Julian Assange ne soit pas lésé par ses associés. Le document « Upplýsingar með ársreikningi » – « Rapport du Conseil d’administration »- du 29 aout 2019[5] montre qu’aucun dispositif de ce genre n’a été prévu. Pis le Conseil d’administration se réunit comme si de rien n’était alors que le président du CA et actionnaire majoritaire est emprisonné. « Le conseil d’administration de Sunshine Press Productions ehf confirme par la présente les états financiers de la Société pour 2018 avec sa signature »[6]. Le Conseil d’Administration approuve les comptes, 13 000 Euros de bénéfices, 11 000 Euros de comptes propres et décide d’affecter le bénéfice à l’exercice de l’année prochaine. Ce Conseil d’Administration mentionne le paiement de 22 000 Euros de salaires. Julian Assange n’a logiquement pas pu participer à ce Conseil d’Administration alors qu’il est emprisonné. Quelle est donc la validité juridique de ces décisions ? Qui a touché l’argent des salaires ? Julian Assange a t -il eu accès à ces revenus ? Qui prend les décisions au quotidien touchant le fonctionnement de cette entreprise ?

Une enquête sur ces dysfonctionnement est nécessaire d’autant plus que depuis 2014 jusqu’à aujourd’hui la Sunshine Press Production est l’entreprise à laquelle la Fondation allemande Wau Hollande soustraite le projet « 04 Informationsfreiheit – Wikileaks »[7] . (Projet 04 « Liberté d’information »)

De plus, Gavin Hall MacFadyen est décédé le 22 octobre 2016 alors qu’il est mentionné dans ce document le plus récent comme étant toujours un actionnaire vivant et participant à la réunion du Conseil d’Administration. Sa succession devrait être décrite dans les documents avec le nom de la personne qui a hérité de ses parts. Une régulation en ce qui concerne le pouvoir dans l’entreprise aurait dûe être adoptée à partir de cette date. Julian Assange a -t-il pu s’occuper des intérêts de son entreprise islandaise, alors que d’octobre 2016 à mai 2017 il est coupé du monde, enfermé 3 rue Hans Crescent et ne bénéficie plus d’un accès à internet ?

Aujourd’hui les revenus de cette entreprise sont ses seuls revenus et il est vital pour que ses droits soient respectés que l’accès à ces revenus soit réglé selon la Loi.

Cependant Sunshine Press Production ou Kristinn Krafnsonn travaille activement n’est pas la seule structure porteuse du projet Wikileaks. La plus structure la plus importante est la fondation allemande Wau Holland.


[1] https://www.youtube.com/watch?v=FFDdHMEpqe, 1h.28 à 1h.30 minute. Julian Assange dit avoir financé le projet Wikilkeaks avec son propre argent jusqu’en juillet 2010.

[2]. https://fr.scribd.com/document/341479410/Sunshine-Press-Productions-Ehf-private-limited-company-aka-Wikileaks;

https://www.rsk.is/fyrirtaekjaskra/leit/kennitala/6110100280

[3] https://www.rsk.is/fyrirtaekjaskra/leit/kennitala/6110100280, Certificate of Registration

[4] https://fr.scribd.com/document/341479410/Sunshine-Press-Productions-Ehf-private-limited-company-aka-Wikileaks

[5] https://www.rsk.is/fyrirtaekjaskra/leit/kennitala/6110100280

Les documents sont accessibles en écrivant au bureau fiscal islandais RSK . Nous pouvons les fournir comme preuve suite à une demande qui peut nous être adressée.

[6] Document page 2 « Upplýsingar með ársreikningi »  2019

[7] http://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf, rapport d’activité 2014, page 1

2003 – 2011 des débuts d’une petite fondation à la célébrité mondiale

La Wau Holland Stiftung n’est mentionnée qu’une seule fois publiquement ce 25 octobre 2010 et ne réapparait plus dans le récit médiatique autour de Wikileaks. Aucun journaliste n’a cherché à comprendre quel est son rôle dans la création de Wikileaks. Aujourd’hui, alors que la vie de Julian Assange est suspendue à un fil et que la « procédure » de son « extradition » vers les USA touche à sa fin dans des locaux appartenant au « Mayor and commonalty and citizens of the City of London »[1] (« Le Maire, la commune et les citoyens de la City »)nous nous penchons sur l’histoire de Wikileaks afin de désigner les responsables de sa situation et ainsi sauver Julian Assange d’une mort annoncée, d’une exécution dans une des geôle de la Old Bailey ou d’un enfermement possible dans une institution psychiatrique dans un pays éloigné.

J’analyse ici les documents légaux accessibles sur le site de la fondation https://www.wauland.de/de/documents/ : rapports d’activité annuels, rapports du Conseil d’Administration et rapports financiers publics.

La Wau Holland Stiftung (Fondation Wau Holland) est un petite fondation crée le 23 août 2003 par les proches de l’informaticien et hacker Herwart Holland-Moritz, dit Wau Holland, afin de perpétuer sa mémoire[2]. Wau Holland décède en l’an 2001 à l’âge de 49 ans. Il est considéré comme le pionnier d’internet et il est le créateur du Chaos Computer Congress rassemblement mondiale de hackers à Berlin Ouest, en 1981. Le rassemblement de hackers deviendra en 10 ans le Chaos Computer Club. Le Chaos Computer Club n’est pas une ONG, contrairement à ce que sa page Facebook laisse suggérer[3] mais une nébuleuse d’entreprises privées et d’associations créées dans 18 villes de l’Allemagne[4], comme le montre le Handelsregister, le registre des entreprises allemands. C’est un vaste milieu de professionnels et de militants des nouvelles technologies de l’information attractant des adolescents et de jeunes adultes pour des formations et des rencontres autour de l’informatique mais aussi d’événements culturels et artistiques alternatifs[5].

Herwat Holland-Moritz est vu par ses proches comme un homme de gauche. Un article de 2003[6] le présente comme ayant combattu la prostitution des enfants et le rapport d’activités de 2003 de la fondation parle d’un projet de formation à l’informatique de jeunes victimes de la guerre au Kosovo[7]. Cependant, malgré son aura de hacker, Wau Holland n’est pas considéré comme sulfureux dans la société allemande. A la cérémonie de lancement de la fondation en décembre 2003 au Chaos Computer Club, le député socialiste Jorg Tauss, spécialiste des médias et de l’information, fait l’éloge du défunt[8]. Cependant, malgré ce départ médiatique, les biens de la fondations sont modestes : 48 000 Euros investis dans les placements selon le premier compte rendu du Conseil d’Administration d’août 2003[9]. Le siège est fixé dans le village de Guxhagen près de Kassel et les administrateurs de la fondation sont des proches de la famille de Wau Holland : Ursula Reichhardt, Gerriet Hellwig, Bernd Fix, Winfried Motzkus, Mel Wahl. La fondation obtient immédiatement en décembre 2003 le statut d’utilité publique.

Aujourd’hui il existe une fiche Wikipedia sur Wau Holland et des émissions tournées avec lui et sur lui[10]. Cependant, malgré ma jeunesse politisée dans les années 80 et le rôle important que l’informatique jouait dans l’enseignement de mon lycée à Cologne, je dois confesser que je n’ai jamais entendu parler de Wau Holland ni du Chaos Computer Congress avant de découvrir leur rôle dans la vie de Julian Assange. Ma génération est entrée dans la vie adulte avec l’usage d’internet et a su apprécier cette liberté. Pour nous, le hacker était certes celui qui dans ces temps de recul social des années 90 ouvrait de nouveaux horizons du possible, mais ce milieu était trop marginal pour que les jeunes politisés puissent comprendre l’importance de son rôle politique alors que le monde basculait dans le chaos avec la destruction de l’Union Soviétique, la fin des deux blocs et le début de la mondialisation néolibérale. Les hackers étaient déjà dans les années 1980 étroitement imbriqués dans le travail des services secrets comme le montre l’histoire du Chaos Computer Club.


[1] Cadastre HM Landregistry N° du titre EGL535175

[2] Stitftungsurkunde du 19 décembre 2003,

[4] https://www.handelsregister.de/rp_web/result.do?Page=7

Handelsregister Chaos Computer Club

https://www.wauland.de/media/2003-12-19_Stiftungs-Urkunde.pdf

[3] https://www.facebook.com/pages/category/Nonprofit-Organization/Chaos-Computer-Club-112304185449417/

[5] https://events.ccc.de/

[6] https://www.wauland.de/media/2003-10-12_Zitty-Ausgabe21.pdf

[7]  „Stiftet Daten“ Die (weltweit) erste Stiftung, die zum Datenspenden aufruft, stellt sich vor », « Faites des data, la première fondation mondiale qui appelle à des dons en ligne, se présente »  – communiqué de presse du 9 septembre 2003 https://www.wauland.de/media/2003-09-08_Stiftungstag.pdf

[8] https://www.wauland.de/media/2003-12-08_Kongress.pdf

[9] https://www.wauland.de/media/2003-08-23_Stiftungs-Antrag.pdf, Stiftungsgeschäft, 23 aout 2003

[10] https://en.wikipedia.org/wiki/Wau_Holland

2004 à 2006 – Passation des pouvoirs et transformation de la fondation en outil politique

Dans ses statuts publiés en 2004, la fondation Wau Holland précise ses objectifs : l’éducation, aux systèmes open source, la préservation de la mémoire de l’histoire de l’informatique, le soutien à la recherche et la création de nouveaux médias et la protection du consommateur[1]. Cette dernière catégorie englobe les actions politiques contre les lois sécuritaires du gouvernement visant à limiter la liberté de l’Internet. Les 5 membres du CA élus pour 2 ans sont tous bénévoles. Dans les années 2004-2006 les ressources de la fondation sont encore modestes mais une certaine dynamique s’installe. En 2004, sous la présidence de Ursula Reichhardt, Il y a 51 540 Euros placés[2] et les 1335 Euros issus des placements annuels sont utilisés[3]. La fondation possède un terrain agricole d’une valeur de 1500 Euros qu’elle ne loue que contre 20,44 Euros par an à une coopérative. En 2004 la fondation se structure comme le montre le compte rendu du CA du 1er novembre, elle lance le projet de sauvegarder les archives de Wau Holland et participe à l’Assemblée du Chaos Communication Congress avec 5 séminaires[4]. Dans les rapports du CA, les dépenses sont les frais de participation des membres de la fondation aux différents rassemblements politiques et scientifiques de leur milieu (Congrès, camping d’été du Chaos Computer Club, fête Easterhegg)[5]. Les coûts de bureau et de téléphone sont réduits: 40 Euros par poste[6]. Le site internet est réalisé par des étudiants et toutes les apparitions médiatiques sont traités comme des dons en nature pour la fondation. Une personne fait des dons mensuels de 255 Euros. Les rapports d’activité sont tenus très rigoureusement. Un communiqué de presse est publié le 11 août 2004 en soutien au projet de loi sur la liberté de l’information porté par le SPD et les Verts qui doit permettre à tous les citoyens d’avoir accès à tous les documents des administrations publiques[7].

Dans les années 2004 à 2006 les rapports d’activité sont très détaillés comparé à la période de 2009 jusqu’à 2016. Dès la réunion du CA du 2 juillet 2005 le renouvellement de la composition du Conseil d’Administration s’amorce. Il est décidé de se rapprocher du Chaos Computer Club et pourquoi pas de coopter certains dirigeants du CCC au Conseil d’Administration, d’autant plus que le Chaos Computer Club fait un don de 10 000 Euros à la fondation qui peuvent être considéré comme une contribution au capital donnant un pouvoir[8].Winfreid Motzkus devient président de la fondation mais Ursula Reinhardt reste active et à l’affut de nouveaux partenariats[9]. Ceci est d’autant plus nécessaire qu’un des dirigeant est malade et que le dernier siège au CA reste vacant. Motzkus et Fix reviennent à l’objectif initial de la fondation, la constitution des « Archives des Hackers » pour sauvegarder l’histoire des hackers. Fin 2005, 10 000 Euros sont provisionnés pour le projet qui cependant ne débute toujours pas[10]. Dans un article de 2005 la fondation Wau Holland apparait comme une fondation engagée à gauche à côté de la Fondation Rosa Luxemburg, liée au nouveau parti de gauche die Linke, de la « Stiftung für Meschenwürde und Arbeitswelt », (« Fondation pour la dignité humaine et le monde du travail ») active dans les mouvement altermondialiste en plein essor[11] et des différentes « fondations pour les femmes » qui structurent alors le mouvement féministe allemand.

Pour l’année 2006 les compte rendus de trois réunions de CA tous les 4 mois et le rapport d’activité sont disponibles. Dans ces documents dès janvier 2006 il est question d’élargir le CA pour le renouveler et la discussion s’engage sur l’opportunité de démarcher les fondations des grandes entreprises privées pour obtenir des fonds : SAP, Siemens, Telekom, Vodafone, Arcor, Versatel, Freenet, etc[12]. La réunion du CA du 29 juillet 2006 décide de trouver des candidats à la direction de la fondation en démarchant des dirigeants dynamique du Chaos Computer Club. Les deux organisations se rapprochent : le CCCgmbh (entreprises privée qu’est le Chaos Computer Club[13]) s’engage à réaliser le centre d’Archives des Hackers d’ici juillet 2007 alors que la Fondation va soutenir une campagne de dons pour le Congrès annuel du CCC 2006[14].

Andy Müller Maghun apparait alors pour la première fois dans les documents de la fondation. Il y est mentionné en compagnie de Tim Pritlove, manager professionnel du Chaos Computer Congress. En 2006 Müller Maghun prend la responsabilité au sein de la Fondation Wau Holland sous le nom de « Andy », de la gestion des « Gross Spenden », (« des dons conséquents »), sur proposition du Chaos Computer Club dont il est un fondateur historique[15]. Lors de la réunion du CA du 28 décembre 2006, tenue non pas à Guxhagen mais à Berlin, deux dirigeants de la fondation de l’ancienne génération s’effacent : l’un est décédé et l’autre démissionnaire. Deux trentenaires font leur entrée au CA : Jens Ohlig de Bonn et Hendrik Fulda de Hamburg. Ensemble avec « Andy » et Bernd Fix, ils feront Wikileaks à partir de 2008.

Andy Müller-Maguhn

Jens Ohlig est un développeur informatique lié au projet Wikimedia[16]. Hendrik Fulda vient plutôt du milieu politique : il est biologiste et a été candidat aux élections législatives en 2005 sur la liste des Verts[17] avec un programme socio-libéral tourné vers les intérêts des petites entreprises et l’amélioration de la vie quotidienne selon le modèle libéral-écologiste.

Jens Ohlig et Hendrik Fulda ont pour mission de seconder le président de la fondation dans le travail médiatique, les campagnes de dons, la coopération avec le CCC et la gestion du site internet. L’adresse du Chaos Computer Club Gmbh au 11 Marienstrasse de Berlin sera utilisée pour le courrier de la fondation et immédiatement un nouveau souffle s’installe et de nouveaux projets apparaissent[18]. Tim Pritlove qui a réussi à récolter 30 000 euros pour le Congrès du CCC de décembre 2006 va être chargé de continuer la tâche pour la fondation, tout en étant payé par son organisation, l’entreprise privée le CCC Veranstaltung Gmbh.

Tim Pritlove, artiste, informaticien et animateur radio est aussi un ancien du Chaos Computer Congress dont il est l’organisateur principal en tant que gérant de l’entreprise organisatrice du Congrès CCC Veranstaltung Gmbh[19]. C’est le manager, l’homme des médias, l’organisateur réel des collectes de fonds qui permettent au milieu des hackers de se structurer et de peser politiquement.

Le Chaos Computer Club joue en effet un rôle politique en Allemagne. Contanze Kurz, informaticienne et universitaire, porte-parole actuelle du Chaos Computer Club est aussi une femme politique qui a son mot à dire dans les commissions du Bundestag travaillant sur la protections des données, le vote électronique, les lois sécuritaires. Elle a été conseillère du Tribunal Constitutionnel Allemand pour les problématiques de lois anti-terroristes et de surveillance étatique de l’internet[20].

Dès 2005 les réunions du Conseil d’Administration de la Wau Holland Stiftung avaient déjà proposé que la fondation gère directement le Congrès du Chaos Computer Club. Les anciens dirigeants souhaitent étudier le partenariat d’un point de vue juridique, mais les nouveaux et plus jeunes dirigeants présentent de nouveaux projets sans se soucier des formes. En 2006 la Hacker Foundation de Californie avec son projet Tor apparaissent comme des un partenariat et un investissement utiles pour la fondation [21]. Le vieil objectif de la fondation « Histoire des hackers allemands » parait dépassé par les nouvelles opportunités même si un budget est provisionné et un planning de réalisation publié.

Curieusement l’arrivé aux commandes de la nouvelle génération coïncide avec l’appauvrissement de la documentation. Le rapport d’activité de fin 2006 ne donne plus le montant exact du capital de la fondation et les changements si importants de l’année sont expédiés en quelques phrases[22]. La fondation Wau Holland aura de ce fait quelques soucis avec le fisc, puisque le dépôt des rapports annuels est une obligation légale.

On a l’impression que la nouvelle génération de dirigeants, qui sont aussi des membres chevronnés de la « Hackers Szene », notamment Müller-Maguhn, Fix et Pritlove, ont réussi une forme d’OPA sur une petite structure mise en place par les héritiers directs de Herwart Holland Moritz. Ils pourront dorénavant s’en servir pour des projets d’envergure qui ne coïncident pas toujours avec les objectifs affichés de la fondation historique.


[1] « Verfassung der Wau Holland Stiftung » – 1 Janvier 2004 ; https://www.wauland.de/media/2004_Stiftungs-Verfassung.pdf

[2] https://www.wauland.de/media/2004-01-11_Konstituierende-Sitzung.pdf réunion de constitution 1 novembre 2004

[3] https://www.wauland.de/media/2004_Jahresbericht.pdf – Rapport d’activité 2004

[4] https://www.wauland.de/media/2004-01-11_Konstituierende-Sitzung.pdf

[5] https://www.wauland.de/media/2004-12-27_Vorstandssitzung.pdf, réunion de CA du 27 décembre 2004

[6] Op.cit.

[7] https://www.wauland.de/media/2004-08-11_Pressemitteilung.pdf

[8] Compte rendu du CA du 2 juillet 2005

https://www.wauland.de/media/2005-07-02_Vorstandssitzung.pdf

[9] Idem page 3, « What’s the Hack » in Boxtel.

[10] Jahresbericht 2005,Rapport d’activité 2005, https://www.wauland.de/media/2005_Jahresbericht.pdf

[11] https://www.wauland.de/media/2005-12-03_FR.pdf

[12] Compte rendu de CA du 18 mars 2006

https://www.wauland.de/media/2006-03-18_Vorstandssitzung.pdf

[13] https://www.handelsregister.de/rp_web/result.do?Page=7

[14] https://www.ccc.de/en/

[15] « Es wird beschlossen, dass die Akquise von Gross-Spenden durch Andy und Tim vorgenommen wird; dies wurde so vom CCC vorgeschlagen »  –  Compte rendu de réunion du Ca du 29 juillet 2006, https://www.wauland.de/media/2006-07-29_Vorstandssitzung.pdf

[16] https://conference.timemachine.eu/index.php/speaker/jens-ohlig/

https://www.johl.io/

https://diff.wikimedia.org/author/jens-ohlig/

[17] https://www.wen-waehlen.de/kandidaten/hendrik-fulda_1856.html

[18] CR du CA du 28 décembre 2006

https://www.wauland.de/media/2006-12-28_Vorstandssitzung.pdf

[19] https://de.wikipedia.org/wiki/Tim_Pritlove

[20] https://de.wikipedia.org/wiki/Constanze_Kurz

https://fahrplan.events.ccc.de/congress/2019/Fahrplan/speakers/1630.html

[21]« Eine Zusammenarbeit mit der Hacker Foundation aus Kalifornien wird möglichst  noch während des Congresses ausgelotet. Das Tor­Projekt hat angefragt Spenden über  die Stiftung abzuwickeln. ». CA du 28.12.2006, op.cit

[22] https://www.wauland.de/media/2006_Jahresbericht.pdf

Années 2007 à 2009 – mise en place du projet 04 Wikileaks

Andy Müller Maguhn et Bernd Fix du Chaos Computer Club en tant que dirigeants et promoteurs du projet

Il est dommage que pour les années 2007 à 2009, cruciales alors que se prépare le projet Wikileaks, les rapports d’activités de la fondation Wau Holland soient brouillons et très brefs. Néanmoins formellement les changements de génération sont officialisés et les nouveaux dirigeants obtiennent des pouvoirs conséquents. Lors de la réunion du CA du 27 décembre 2007, tenue désormais annuellement et non pas trimestriellement, Hendrik Fulda devient vice-président derrière Motzkus, et Jens Ohlig le responsable presse. Après le départ de Ursula Reichhart, qui a pourtant permis leur arrivée dans la fondation, ils décident de ne coopter personne au CA et en rester à 4 avec Bernd Fix en tant que quatrième membre, ce qui favorise, comme dans toute organisation, une forte concentration de pouvoir.

C’est alors qu’apparait pour la première fois le nom de Wikileaks dans la rubrique « divers et perspectives »[1]. Le projet est présentée comme une initiative internationale au même titre que la Hacker Foundation. Julian Assange est venu pour la première fois au Chaos Computer Congress en décembre 2007 avec Daniel Domscheit Berg en tant que Wikileaks. Il est peut-être même vénu au camping d’été au CCC après son séjour au Forum Social Mondial au Kenya en janvier 2007. La vidéo reste introuvable sur internet mais cette présence est mentionnée dans les vidéos du Congrès du CCC de 2008 et de 2009[2].

Bernd Fix et Andy Müller Maguhn apparaissent comme les têtes pensantes du Chaos Computer Club et il n’est donc pas étonnant qu’ils finissent par prendre la main sur la Wau Holland Stiftung. Ils ne sont pas de nouveaux mais de vieux routards de la « Hacker Szene » allemande. Tous les deux ont été amis et proches de Herwart Holland Moritz. L’aura de Bernd Fix est sulfureuse puisqu’il est connu comme le créateur du premier virus informatique appelé de son nom et utilisé par l’OTAN en 1988 pour attaquer les systèmes informatiques de l’Union Soviétique en déclin. Fix s’en défend, déclarant que son idée lui a été volée après son départ de l’Université, mais le doute demeure devant l’implication connue des services secrets allemands dans le milieu des hackers à la fin des années 80[3]. Bernd Fix est toujours dans le Chaos Computer Club, il est aussi directeur depuis sa création de la fondation Wau Holland et proche du milieu du CIJ, le Center for Investigative Journalism et ses sponsors comme la fondation américain David and Elaine Logan Foundation[4]. Les videos de Bernd Fix montrent un analyste ayant une vision et une pensée globale de la politique[5]. Il est très difficile de trouver des preuves de sa relation avec Julian Assange, ces liens restent dissimulés, sauf la conférence de presse du 24 novembre 2011 au Frontline Club ou les dirigeants du projet 04 Wikileaks se montrent la seule et unique fois avec leur collaborateur[6]. En 2013 le un magazine féminin suisse « Annabelle » le présente comme membre du conseil d’administration de la Wau Holland Stiftung, organisation qui qui payé « le salaire d’Assange »[7].

Andy Müller-Maguhn quand à lui est connu pour avoir été un « ami » de Julian Assange, il est alors porte-parole du Chaos Computer Club et un leader déjà historique. C’est un homme des médias et un acteur historique de la création d’internet. Il est donc très prolixe sur internet tout en restant assez secret sur sa vie personnelle et professionnelle concrète. Sa biographie officielle le donne né en 1971, il aurait donc le même âge que Julian Assange mais on ne connait pas sa région ni son milieu d’origine. Sa date de naissance est autant sujette à caution que celle de Julian Assange : lorsque certaines sources le mentionne comme créateur du Chaos Computer Congress avec son ami Herwart Moritz en 1981, il aurait alors 10 ans. La relation qu’un adulte comme Wau Holland entretiendrait avec un enfant de 10 ans pourrait sans mal alors être qualifiée d’abusive. Si sa date de naissance est bien 1971 et qu’il entre au Chaos Computer Club en 1986 il a alors 15 ans et en tant que mineur il est étonnant que la très conservatrice société ouest-allemande ait laissé un majeur embarquer un mineur dans des aventures contraire à la loi que sont déjà les intrusions informatiques. Les hackers, des jeunes de classe moyenne issus de famille déstructurées entrent dans le hacking entre 11 et 16 ans. Il n’est pas étonnant que le Bundesnachrichtendienst s’intéresse à la présence de mineurs dans ces activités illégales : il serait intéressant de vérifier si le Jugendamt, l’office de protection de la jeunesse s’y est intéressé alors aussi et a fait son travail.

Andy Müller Maguhn est donc connu pour son activité en tant que hacker au sein du Chaos Computer Club depuis les années 80 sans qu’aucune intrusion particulière ne puisse lui être attribuée Il crée en 1995 une entreprise de sécurité informatique, Data Reisen Bureau sont le siège se trouve jusqu’à aujourd’hui 11 Marienstrasse à Berlin à côté des bureaux du Chaos Computer Club. Il n’apparait pas comme diplômé d’une université allemande, pourtant il est élu à 29 ans en 2000 membre de l’ICANN l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, structure états uniennes dépendante du Département du Commerce des USA et attribuant les noms de domaines des sites internet du monde entier[8]. En 2003 il est membre du CA de European Digital Rights un réseau européen d’ONG faisant du lobbing pour la liberté d’internet auprès des autorités de l’UE[9]. En 2006 étant porte parole du Chaos Computer Club il est coopté au sein du CA de la Wau Holland Stiftung dont il devient officiellement président en 2016. Aujourd’hui il est toujours « second » président de la fondation tout en administrant le Center for Investigative Journalism, la structure de formation de journalisme crée par Gavin Mac Fadyen, l’autre mentor de Julian Assange[10].

Il est souvent interrogé sur les scandales du Chaos Computer Club, et notamment la mort violentes de deux jeunes hackers membres du milieu dont on peut soupçonner qu’elle peuvent être des assassinats : Karl Koch en 1989 et Boris Floricic en 1998. Il est curieux d’apprendre qu’il a assigné en justice les médias allemands en 2006 et notamment le site collaboratif Wikipedia pour leur interdire de publier le noms entier de Boris Floricic au prétexte de sauvegarder sa mémoire. Pour un militant de la transparence et de la liberté d’internet on se serait attendu à un comportement plus tolérant pour la liberté des journalistes d’enquêter sur les affaires suspectes[11].

Le Chaos Computer Club, nébuleuse de réseaux, de Clubs et d’entreprises privées d’informatique organisant et promouvant le hacking a été crée au sein des milieux de la gauche allemande par Wau Holland en 1981, Bernd Fix et le jeune Müller Maguhn. La participation de jeunes garçon isolés sans parents visibles à ces opérations politiques d’intrusions informatiques et le laxisme du système de protection de la jeunesse face à ce phénomène sont un des points qui m’ont toujours étonnés dans ce dossier. C’est un peu comme si la société et les Etats occidentaux (Allemagne de l’Ouest, Etats Unis, Grande Bretagne) trouvaient normal que des enfants de 11 à 16 ans soient embrigadés dans ces opérations de manipulations politico-policières et utilisés sans vergogne par des hommes adultes sans que la société ne puisse s’y opposer. Le livre signé par Julian Assange et Suelette Dreyfus et paru en 1997 et 2001 relate des fragments des histoires de ces garçons en Europe, Etats Unis et Australie au début des années 90 sous une forme romancée (« Assange, Dreyfus« Tales of Hacking, Madness and Obsession on the Electronic Frontier, Reed Books Australia 1997 et William Heinemann 2001 ).

Le Bundesnachrichtendienst, les services secrets ouest-allemands, s’intéresse depuis le début au milieu du hacking et il organise le projet RAHAB qui vise à utiliser les compétences de ces jeunes perturbés pour tester la fiabilité des réseaux informatiques de l’Occident et aussi pour attaquer des systèmes informatiques ennemis, ceux de l’Union Soviétique. Des documents avancent que les membres du Chaos Computer Club auraient directement servis aux services secrets ouest-allemands, ce qui ne serait pas étonnant – les débuts de l’informatique coïncident bien avec la nouvelle phase de la guerre froide achevée par la défaite et la désintégration de l’Union Soviétique en 1991. Que le BND ait cherché à exploiter les compétences présentes sur le sol allemand pour la défense et l’expansion de l’Allemagne est dans l’ordre des choses.

Bild von Computer Hacker karl Koch/ Sendung: Magazin 524-2/ Prod.-Nr.: 98.1311/ Sendedatum: 10.01.1999/ Titel: KGB-Hacker

En 1985 le jeune hacker Karl Koch ainsi que 5 de ses collègues du groupe de Hannovre spécialisés dans le hackage des serveurs VAX/VMS sont approchés par le KGB et immédiatement retournés par le BND. La même année Bernd Fix fait la démonstration à l’Université de Heidelberg de son virus « Fix » capable d’attaquer les grands systèmes Mainframe IBM370 dont se servent la majorité des entreprises alors informatisées au monde (banques, assurances, chemin de fer, compagnies aériennes et systèmes de santé). L’Union Soviétique fait l’acquisition de plusieurs systèmes Mainframe IBM en 1987 ce qui permet au BND et à la NSA de pénétrer directement son informatique via le virus « Fix ». En 1987 plusieurs manageurs d’entreprises militaires ou informatiques occidentales sont arrêtés en Allemagne et accusés de livrer les secrets du VAX et du Mainfraime IBM à l’Union Soviétique.

Les jeunes hackers de Hannovre, tous liés au CCC, sont arrêtés courant 1987[12]. Karl Koch aurait accepté la collaboration avec le BND sous la pression des agents début 1989. L’embrigadement de ce jeune homme de 23 ans dans la guerre des services secrets lui a été fatale : son corps est retrouvé brûlé le 1er juin 1989. Karl Koch aurait pourtant tenté de s’insérer dans la société en travaillant comme chauffeur pour un député de la CDU qui aurait tenté de le protéger (ou qui l’aurait utilisé). La solitude d’un jeune homme face au système politique écrasant et le manque de soutien de son milieu d’origine sont flagrants. Les médias exploitent déjà également la fragilité du hacker afin de mieux vendre son image associée à des « storytelling » sensationnalistes de hackage : deux journalistes du Nord Deutscher Rundfunk proposent à Karl Koch en avril 1989 une forte somme d’argent contre « un show de hacking en live »[13]. Les ingrédients sont déjà en place en 1989 pour vendre une histoire similaire à « Wikileaks » et permettent aux médias mainstream de gagner de l’argent immédiatement tout comme ils en gagneront énormément avec le visage et l’histoire de Julian Assange pendant des années et jusqu’à aujourd’hui.

Depuis Karl Koch est devenu une espèce de légende morbide du Chaos Computer Club sans que jamais justice ne lui soit rendue. Plusieurs de ses amis exigeaient pourtant une enquête sur les raisons de sa mort (il était orphelin), mais le Chaos Computer Club n’appuie pas cette demande. Aucune enquête sérieuse n’est menée et Andy Müller-Maguhn qui a dû le connaitre dans ce petit milieu déclare dans plusieurs vidéos du CCC que les problèmes psychiatriques auraient vaincu le jeune homme de 23 ans. Tout comme aujourd’hui, des problèmes psychiatriques pousseraient Julian Assange à se suicider. Certes, ce n’est pas Andy Müller Maguhn qui le déclare mais Stella Moris qui le déclame comme une fatalité sur tous les médias, au lieu d’appeler à la libération de son présumé compagnon, Julian Assange,  au nom du Ruling de l’ONU de 2016 exigeant sa libération, son indemnisation et sa mise en sécurité dans un pays de son choix.

Or, l’identité, pour le moins incertaine de Stella Moris (elle se fait aussi appeler Sara Gonzalez Devant ou Sara Smith Robertson) fait résonner cruellement l’annonce à répétition du suicide en prison de Julian Assange avec le suicide de Karl Koch et les déclaration sur sa prétendue folie faite par Andy Müller Maguhn au moment des faits. 

C’est bien Andy Müller Maguhn qui est le responsable pénal des publications Projet « 04 Wikileaks » comme nous le prouverons dans cette analyse. Si Julian Assange est suicidaire pourquoi ne met-il pas tout en œuvre pour prouver l’innocence de son employé Julian Assange en endossant ses responsabilités de patron face à la justice. Pourquoi Stella Moris ne l’exhorte-t-elle pas à le faire ? Si elle est la compagne de Julian Assange, elle sait forcément qu’il n’est que chef de projet sur le Projet 04 Wikileaks, « Créative director » sur le montage du film « Collateral murder » et qu’il n’a donc à endosser aucune responsabilité pénale. Décidément, l’histoire du Chaos Computer Club ressemble à un mauvais thriller où des hackers fous, ou poussé à la folie, finissent toujours par se suicider. Le Chaos Computer Club aime les légendes mais pas vraiment la transparence sur le sort réservé à ses membres les plus exposés politiquement.

Julian Assange en 2010

Les morts suspectes sont fréquente dans l’histoire de Wikileaks comme dans celle du Chaos Computer Club. Pour Wikileaks nous pouvons énumérer Seth Rich, Adrian Llamo, Michael Ratner, John Johns, Michael Hastings, Arjen Kamphuis… Après Karl Koch c’est le tour de Boris Floricic d’être victime de la politique au sein du Chaos Computer Club. Ce hacker allemand d’origine croate (comme son nom l’indique) était très engagé dans la hacking des cartes SIM de Deutsche Telekom. Il est retrouvé mort pendu en 1998 à l’âge de 26 ans à Berlin, et malgré la demande de sa famille la police ne fait aucune enquête. Pourtant le milieu des hackers sait à quel point leur activité de hacking est étroitement mélée à la politique et aux actions des services secrets. A l’époque l’Allemagne est impliquée par son soutien au nouveau régime fasciste croate de Tudjman dans la guerre contre la Yougoslavie. L’entreprise yougoslave Iskra était en Europe de l’Est un sérieux concurrent de Deutsche Telekom et de Siemens. D’ailleurs c’est Siemens qui a repris ce qu’il restait des morceaux de Iskra après son dépeçage en 1992 par le régime croate ami de l’Allemagne nouvellement réunifiée et en expansion en Europe. Il y a-t-il un lien entre la guerre en Yougoslavie, la politique de Deutsche Telekom et de Siemens en Croatie et la mort du jeune hacker ? Nous n’en savons rien et c’est fort dommage. Ce n’est pas Andy Müller-Maguhn, le leader du Chaos Computer Club et futur patron de Julian Assange qui va nous éclairer : sommé de temps en temps de s’expliquer publiquement sur les probables assassinats dans son organisation, l’homme évacue ces questions par ce fatalisme « on ne peut rien faire. C’est comme ça, c’est la vie » si commode qui sert si bien aujourd’hui à démobiliser dans le cas de l’exécution d’Assange[14]. Il est vrai que l’absence d’enquête judiciaire permet à Andy Müller-Maghun de ne jamais devoir s’expliquer sérieusement. L’incurie de l’Etat allemand face à la mort suspecte de jeunes hommes dans la force de l’âge laisse planer un doute sur la volonté de cette Etat de faire la lumière sur la réalité du fonctionnement du milieu de ses hackers.

L’opacité financière et juridique dans la mise en place du projet Wikileaks en 2007-2009

Henrik Fulda apparait dans les documents officiels du CA de la Wau Holland comme un gestionnaire actif: il s’occupe des contacts avec les autorités, les banques, de la comptabilité et gère la médiatisation ensemble avec Ohlig. La communication prend de plus en plus de place dans le travail de la fondation afin d’amener des dons. L’absence de rapports financiers pour 2005 et 2006 a attiré l’attention du fisc et Fulda doit vite effectuer la comptabilité pour 3 ans, trouver un conseiller fiscal et négocier avec les Impôts. Dans les documents de fin 2007 il n’y a cette année aucun chiffre donné pour 2007 ce qui est inhabituel pour une organisation allemande. Tout juste le compte rendu annuel du CA mentionne quelques milliers d’Euros pour la campagne de dons réussie contre le vote électronique et la participation à une campagne internationale pour Tor[15]. Le rapport d’activité n’est pas plus bavard : si le chiffre de 63 000 Euros est donné pour le capital de la fondation, aucun chiffre n’apparait pour matérialiser les campagnes de dons.

Au moment où la Fondation Wau Holland décide d’inclure l’action de Julian Assange dans ses activités courant de l’année 2008, les rapports de la fondation sont bizarrement des plus brefs comme s’il était nécessaire de dissimuler quelque chose. Pour 2009 alors que le projet Wikileaks décolle, les compte rendus du CA ne sont plus publics. Lors du CA du 27 décembre 2008 Hendrik Fulda devient trésorier et dispose donc des pleins pouvoirs sur les comptes bancaires ou arrivent les dons[16]. Une phrase résume la nouvelle politique des dirigeants : mis à part les campagnes de récolte de dons pour le moteur de recherche Tor et contre le vote électronique, il est décidé de devenir un outil de convergence pour les différents projets du milieu du Chaos Computer Club et d’en faire la publicité directe dès que ces projets sont en accord avec les objectifs statutaires de la fondation.[17] Il en sera ainsi pour Wikileaks même si le rapport expédie Wikileaks en une demi phrase sous le vocable de « Autres et perspectives, coopération avec les initiatives internationales comme Hackers Foundations USA ou Wikileaks ».[18] Julian Assange n’est même pas mentionné comme cheville ouvrière de « Wikileaks » alors que pourtant quelques jours plus tôt il vient de faire une intervention très suivie et applaudie lors du Chaos Computer Congrès sur les possibilités politiques ouvertes par la liberté de publier des documents fuités sur internet[19]. Les dirigeants de la Wau Holland communiquent très difficilement sur l’argent reçus des citoyens : dans le rapport d’activité 2008 à la place de la somme à côté du mot « dons reçus» se trouve non pas un chiffre, mais « XXX »[20].


[1] 7. » Verschiedenes und Perspektiven In Zukunft soll eine noch engere Zusammenarbeit mit dem CCC e.V aber auch mit internationalen Initiativen wie der Hacker Foundation oder Wikileaks erfolgen. », CR du CA du 27 décembre 2007, https://www.wauland.de/media/2007-12-27_Vorstandssitzung.pdf

[2] https://media.ccc.de/v/26c3-3567-en-wikileaks_release_10#t=1365

https://www.youtube.com/watch?v=-w6vtdGI5EI;

[3] https://hoi-polloi.org/~brf/rahab.html

[4] https://www.youtube.com/watch?v=GIG-TFmuke0

[5] https://www.youtube.com/watch?v=CP0Dd4N_bAE

[6] https://youtu.be/2YPaxLP3hFw

[7] https://hoi-polloi.org/~brf/media/2013-04-01_annabelle.pdf

[8] https://en.wikipedia.org/wiki/Andy_M%C3%BCller-Maguhn

[9] European Digital Rights (EDRI) https://edri.org/our-work/edrigramnumber13new-edri-members-2003/

[10] https://tcij.org/person/andy-mueller-maguhn/

[11] https://en.wikipedia.org/wiki/Tron_(hacker)

https://berlin.ccc.de/~andy/CCC/TRON/wikipedia/erklaerung.html

https://www.welt.de/wirtschaft/webwelt/article192456/Wie-ein-toter-Hacker-wikipedia-de-lahmlegt.html

[12] https://www.afcea.org/committees/cyber/documents/impactofbndprojectrahabandccconthefutureofcomputer-networkmediatedespionage-cuckooseggpreque.pdf

[13] http://networkclan.de/pdf/KarlKoch.PDF

[14] https://psychedelicdungeon.wordpress.com/2010/09/15/wikifreaks-pt-4-the-nerds-who-played-with-fire/?fbclid=IwAR2OojVdb4JsBctnZ5eanwrmrJkUa8seF9nboaKbfLLZPlWldynpppRdEOA

[15] https://www.wauland.de/media/2007-12-28_Vorstandssitzung.pdf

[16]«  1. Neu-Verteilung der Vorstands-Aufgaben Mit Wirkung zum 1.7.2008 übernimmt der stellvertretende Vorsitzende H.Fulda die Aufgabe des Schatzmeisters von B.Fix. Der neue Schatzmeister erhält dazu alle Unterlagen sowie die Berechtigungen für die Stiftungskonten (Banken, PayPal). », CR du CA du 27.12.2008,

https://www.wauland.de/media/2008-12-27_Protokoll.pdf

[17] « Es wird beschlossen, neben den Aktionen „Tor-Netzwerk“ und „Wahlcomputer“ weitere Spendenaktionen aus dem CCC-Umfeld zu fördern und als Anlaufstelle für Sammelprojekte zu fungieren. Dafür wird die Stiftung durch direkte Kommunikation in Projekten werben, die sich in Übereinstimmung mit der Stiftungssatzung engagieren », idem

[18] Verschiedenes und Perspektiven In Fortführung der bisherigen Ansätze soll auch in Zukunft  eine noch engere Zusammenarbeit mit dem CCC e.V, aber auch mit internationalen Initiativen wie der Hacker Foundation (USA) oder Wikileaks erfolgen. » idem

[19] https://media.ccc.de/v/26c3-3567-en-wikileaks_release_10#t=492

[20] « Im laufenden Jahr 2008 hat die WHS Spenden in Höhe von € xxxx erhalten, davon xx % für ausgeschriebene Spendenprojekte. » ; 1 page, https://www.wauland.de/media/2008_Jahresbericht.pdf

La Wau Holland Stiftung dirige-t-elle « Wikileaks » et en est-elle responsable ?

Au camping d’été du CCC en été 2009 Julian Assange et Daniel Domscheit Berg, qui est membre du Club de Berlin du Chaos Computer Club, présentent Wikileaks en tant que projet politique, idée et technique de sécurisation des données[1]. En octobre 2009 Julian Assange présente Wikileaks lors d’une conférence en Malaisie[2] et en décembre 2009 il revient en Europe pour travailler avec Daniel Domscheit Berg. Le rapport du CA du 28 décembre 2009 ne comporte qu’une demie page mais mentionne cette décision importante dans la rubrique « campagne de dons présentes et à venir » : « Il a été décidé en août 2009 de promouvoir le projet Wikileaks en réalisant un portail pour les dons et d’avoir recours à un système de paiement par internet pour les dons simples de l’étranger »[3].

« Fördern » est dans la langue allemande bien plus précis que « promouvoir ». Il s’agit de subventionner en s’en occupant activement, en veillant à sa réalisation. Dans la culture des ONG c’est le mot anglais implémenter, utilisé couramment dans l’informatique en Français qui rendrait le mieux les rapports complexes de responsabilité et de pouvoir qui s’instaurent alors le plus souvent entre des « partenaires inégaux ». Les fondations publiques et privées allemandes ont une histoire et une pratique politique structurée, forte et longue de plus 60 ans. Les fondations politiques quant à elles, qui donnent le « là » et servent d’exemple, sont des puissances financières aux mains des partis et de l’Etat comme l’a analysé la chercheuse Dorota Dakowska[4]. Selon le principe de subsidiarité il n’est pas rare que les fondations privées, associations ou églises réalisent sous forme de sous-traitance la politique de l’Etat à l’international[5]. Lorsqu’une fondation allemande décide de « fördern » ce n’est pas pour servir de simple boite postale pour récolter de l’argent, contrairement à ce que disait et peut être pensait Julian Assange en 2010.

Les rapports officiels de la Wau Holland Stiftung ne mentionnent pas qui a été décisionnaire dans l’implémentation du projet Wikileaks ni comment la décision a été prise de collaborer avec Julian Assange et Daniel Domscheit Berg, ni quelle forme juridique et pratique a pris cette collaboration. Les rapports sont singulièrement flous, ce qui tranche avec les bonnes pratiques en vigueur en Allemagne dans le secteur associatif et le secteur des fondations politiques. Sachant que chaque action d’une fondation politique doit donner lieu à un rapport mentionnant le noms et les qualités des participants, il est très surprenant et très préjudiciable pour l’intérêt public que dans un projet aussi important que « Wikileaks » qui va brasser plus d’1 million euros par an en 2011 et occuper l’espace médiatique pendant 10 ans, il ne soit pas possible de savoir qui a décidé de le lancer, quel dirigeant allemand de la Wau Holland en est pénalement responsable et à quelle liberté Julian Assange avait ou n’avait pas dans son travail avec la Fondation. Aujourd’hui, Julian Assange est SEUL poursuivi pour le « projet 04 Wikileaks » qui a pourtant été un projet porté par une structure de droit allemand et exécuté sous la responsabilité de dirigeants de cette structure, citoyens allemands. Pourquoi Julian Assange devrait-il payer à la place de ces Allemands ? De plus, les citoyens européens qui ont donné leur argent pour « Wikileaks » sont en droit de savoir qui a dépensé leur argent et pour quoi. L’Etat Allemand devrait aussi se pencher plus scrupuleusement sur les rapports d’activités par trop flous de la Fondation Wau Holland.

Nous ne savons pas non plus quel rôle a joué Daniel Domscheit Berg dans la mise en place du projet « Wikileaks » au sein de la Wau Holland car celui-ci, prolixe dans les médias après sa brouille en été 2010 sur le caractère d’Assange, l’est moins sur ses relations avec la Fondation Wau Holland. Tout juste apprendrons nous par un forum que les relations de Domscheit Berg sont si mauvaises avec Andy Müller Maguhn que celui-ci est accusé de l’avoir chassé du milieu du Chaos Computer Club[6]. Les relations de pouvoir entre les protagonistes de cette histoire sont néanmoins importantes pour la vie de Julian Assange qui bascule en été 2010 avec les poursuites judiciaires dont il est l’objet. Les relations de pouvoir entre Müller-Maguhn, Fix, Fulda, Ohlig avec Assange et Domscheit-Berg en 2008 et 2009 ont en effet déterminé le contrat de projet que Julian Assange signera avec la Fondation Wau Holland le 21 décembre 2010 en tant que « chef de projet », « Projektleiter » sur le projet 04 Wikileaks de la fondation. Selon moi ce contrat signera une subordination vis-à-vis de la fondation qui l’exonère des responsabilités juridiques pesant sur le projet Wikileaks. Julian Assange ne devrait pas être tenu pour responsable des publications de ce projet de la Wau Holland Stiftung. Donc la demande d’extradition du gouvernement des Etats Unis contre le responsable de publication des documents du site devrait être formulée à l’encontre des dirigeants de la Wau Holland Stiftung.

En 2009 les dirigeants de la Wau Holland Stiftung transforment donc la petite fondation en machine à générer du cash pour réaliser des actions politiques redoutables comme la publications des centaines de documents chiffrés du gouvernement américain transmis par les lanceurs d’alerte de 2010 jusqu’à 2016 à la plateforme au nom de domaine www.wikileak.org. La fondation est toujours aujourd’hui l’instrument stratégique de campagne de communication pour arracher des dons du public pour différents projets. Mais comme « fördern » ce n’est pas juste payer mais aussi co- créer, soutenir et veiller à la réalisation, le contrôle de la fondation sur le « créateur » supposé du portail Wikileaks ira en s’accentuant plus la vulnérabilité sociale de Julian Assange s’aggravera. Les conditions objectives dans lesquelles les contrats ont été signés sont aussi cruciaux que le terme des contrats pour déterminer, qu’est-ce qu’en fait que « Wikileaks » et qui devrait porter la responsabilité juridique du projet via à vis du public et de la Loi. A mon sens, à la lecture des documents existants, il me semble clair que Julian Assange ne devrait pas porter la responsabilité pénale du projet Wikileaks réalisé de concert avec la Wau Holland Stiftung allemande. Les dirigeants de la Wau Holland devraient être poursuivis.

Il faut aussi mentionner le fait que John Shipton est, en tant que dirigeant de la société états-unienne en Californie Dynadot, propriétaire du nom domaine www.wikileaks.org.[7] et non pas à Julian Assange. La lumière devrait être faite sur les liens entre John Shipton et les Allemands dirigeants le projet « 04 Wikileaks » dans le cadre de la fondation Wau Holland.

L’audit du projet Wikileaks a été réclamé par des citoyens et n’a pas été réalisé mais il est urgent aujourd’hui qu’il soit ordonné par la justice, étant donné ses enjeux politiques, juridiques et financiers. Le public a le droit de savoir ce qu’est réellement Wikileaks et qui a dépensé l’argent de ses dons.

En 2009 La fondation Wau Holland signale pour la première fois le montant des dons sans préciser si ce sont des dons pour le projet Tor ou Wikileaks : 17 801, 71 Euros. Mais sous la rubrique « Projet et activité » la phrase « Le projet Wikileaks a été en août 2009 enregistré comme projet promu » (« Das Projekt Wikileaks wurde im August 2009 als neues Förderprojekt aufgenommen ») est signée Winfried Motzkus, président de la fondation Wau Holland. Elle prouve encore plus que Julian Assange n’est pas le seul qui devrait porter la responsabilité du projet Wikileaks[8].


[1] https://www.youtube.com/watch?v=Pt4Z9-cZlZU; https://www.youtube.com/watch?v=HAtFjT_W6Gc;

https://www.youtube.com/watch?v=FGUPCvfw97o; https://www.youtube.com/watch?v=xMtAL4DmeFQ;

[2] https://www.youtube.com/watch?v=xpWo1_-QI6Y

[3] « Im August 2009 wurde beschlossen, das Projekt Wikileaks zu fördern, indem wir ein Spendenportal einrichten und speziell auch über Internetbezahldienste das einfache Spenden aus dem Ausland ermöglichen. », CR du CA du 28.12.2009 ; https://www.wauland.de/media/2009-12-28_Protokoll.pdf

[4] Voir Dorota Dakowska « Le pouvoir des fondations, des acteurs de la politique étrangère allemande ». Presses Universitaires de Rennes, 2014,

http://pur-editions.fr/detail.php?idOuv=3468

[5] Brot fur die Welt, association protestante, a ainsi organisé et subventionné le Forum Social Mondiale en Tunisie en 2013 et 2015 dans le cadre d’un contrat avec le Ministère allemande coopération et la Fondation Friedrich Ebert, voir Monika Karbowska « Les fondations allemandes, instrument d’un impérialisme particulier dans un monde globalisé » ;  https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/

[6] https://netzpolitik.org/2011/kommentar-vorstand-schmeist-daniel-domscheit-berg-aus-dem-ccc/

[7]

https://www.govinfo.gov/app/details/USCOURTS-cand-3_08-cv-00824/USCOURTS-cand-3_08-cv-00824-6

https://www.facebook.com/notes/wikijustice-julian-assange/conf%C3%A9rence-de-presse-du-20022020-deux-infos-capitales-two-major-news/493132691323050/

http://www.tlaxcala-int.org/upload/telechargements/331.pdf

[8] https://www.wauland.de/media/2009_Jahresbericht.pdf

2010 et 2011 – la fondation Wau Holland dirige effectivement le projet Wikileaks

L’année 2010 est cruciale pour la Wau Holland Stiftung car c’est alors que grâce au projet Wikileaks l’activité de la fondation change radicalement de dimension. Le rapport d’activité annuel 2010 décrit toujours le même capital stable de 53 000 Euros placés dans des placements à 3,5 et 4,5%. Il y a 10 000 Euros qui vont être placés en plus et des parts dans la banque Chattengau rapportent 1000 Euros. Il y a toujours le terrain agricole de valeur de 1500 Euros loués à 20,44 euros[1]. Les fonds propres de la fondation bougent à peine. Ces revenus servent à couvrir les projets anciens auxquels sont affectés de modestes sommes : 2200 Euros pour Tor et 2300 Euros pour la messagerie « Jabber »[2]. Le projet d’Archives des Hackers va être réalisé en partenariat avec une faculté de l’Université de Zurich et d’ici fin 2011 la fondation prévoit de louer des locaux à Berlin dédiés à cet archivage pour lesquels 12 000 Euros de budget sont provisionnés pour 2011 et une somme globale de 51 000 Euros est décidée. On en déduit que le projet prévu depuis 2004 n’a toujours pas réellement commencé[3]. En 2011 la fondation prévoit un projet de formation de scolaires intitulé  « Chaos macht Schule“ » « Les Chaos fait école »,  pour 10 000 Euros ainsi que le soutien financier aux structures régionales des Chaos Computer Club à hauteur de 40 000 Euros[4]. Le document ne mentionne pas de campagne de dons dédiée à ce projet, on peut donc estimer que l’argent sera retiré de la somme globale des dons reçus. 145 000 euros de dons seront en effet placés, pour le moment sur un compte simple à 1.5 % avant de pouvoir étudier d’autres possibilité[5].

Car il y a bien plus que 145 000 Euros qui sont arrivés sur les comptes de la fondation grâce à ce projet clé, Wikileaks. « Die 2009 initiierte Spendenkampagne Wikileaks wurde erfolgreich fortgesetzt »« La campagne de récolte de dons Wikileaks débutée en 2009 a été poursuivie avec succès », cette phrase figure page 2 du rapport annuel, sous le titre « Projekte und Aktivitäten , « Projets et activités ». Le paragraphe du bilan financier mentionne les sommes : « Im laufenden Jahr 2010 hat die WHS Spenden in Höhe von rund 1.455.600 € erhalten. »[6]« Au cours de l’année 2010 la fondation Wau Holland a obtenu 1 455 600 Euros de dons ». 

Cet argent est très probablement le projet Wikileaks. 

« Wikileaks » en 2010 existe par le travail de Julian Assange et jusqu’à septembre 2010 aussi par celui de Daniel Domscheit Berg. Mais c’est principalement Julian Assange qui par ses interventions médiatiques attire l’attention du public jusqu’à faire obtenir sur les comptes de la fondation la somme de 1 455 000 Euros. De février à fin avril 2010 Julian Assange travaille avec Birgita Jonsdottir et d’autres Islandais, mais il fait seul la promotion de Wikileaks en Norvège le 26 avril[7], dans le documentaire « the Whilsteblower » de Mark Davis, diffusé à la télévision australienne SBS le 17 mai 2010[8], aux conférences au Frontline Club le 26 et 30 juillet 2010 puis le 25 octobre 2010[9]. Le 18 avril 2010 il présente Wikileaks à la Logan Foundation [10]et le 21 juin 2010 au Parlement Européen[11] au côté de Birgita Jonsdottir qui elle cependant endosse la responsabilité uniquement de la Loi islandaise sur la protection des lanceurs d’alertes et des journalistes dont elle est la promotrice dans son pays. Le second documentaire de Mark Davis « Inside Wikileaks » réalisé en juillet 2010 à Londres montre Julian Assange en collaboration avec Sarah Harrison en tant que responsable de bureau[12] et c’est avec elle qu’il présente les « Irak Logs » à la conférence de presse de Genève le 4 novembre 2010[13].

Enfin, il est seul face au public de militants syndicaux et politiques et de journalistes qui remplissent la salle de la maison des syndicats de Stockholm le 14 aout 2010[14].

Pour la fondation, devoir gérer un brusque afflux d’1 million et demi d’Euros, c’est un changement radical d’échelle. Les dirigeants le reconnaissent et écrivent : « Es ist das bisher größte Projekt der Stiftung und stellt damit neue Anforderungen an die Abwicklung und das Controlling » – « C’est jusqu’à présent le plus grand projet de la fondation et il pose devant nous de nouvelles exigences pour sa réalisation et son contrôle ».

« Pour qu’un travail à long terme soit possible des aides doivent être engagées et des infrastructures doivent être construites dans plusieurs pays. (…).Pour que ces exigences puissent être mises en œuvres avec succès, la fondation a commissionné un expert-comptable à Hamburg pour une expertise. En conséquence la fondation a développé des accords avec le Chef de projet qui posent avec précision le règles du reporting. La large coopération avec les médias qui est liée au projet exige un management professionnel qui doit pouvoir travailler sur le long terme. Un plus grand budget prévisionnel est nécessaire. [15]»

La fondation Wau Holland pose bien sa responsabilité à mener à bien le projet qui est bien décrit comme le sien (« der größte Projekt der Stiftung »). Il est normal que dans le cadre d’un projet coûtant une somme aussi importante et posant des défis aussi immenses, un « management professionnel » soit engagé, tout comme un expert -comptable et que des accords soient signés avec le chef de projet. Il est aussi normal que celui à qui la responsabilité juridique incombe instaure des règles de contrôle et de reporting.

 Le nom de Julian Assange n’est pas cité. Le travail intense de Sarah Harrison sur l’organisation du travail quotidien tel que présenté dans le documentaire « Inside Wikileaks » ou la présence continue de Kristinn Hrafnsson aux côtés de Julian Assange visible sur les photos des médias depuis octobre 2010, pourrait indiquer que l’un d’eux est le chef de projet. Des accords oraux sont fréquents dans le monde associatif, mais pas lorsque de telles sommes sont en jeu. Les fondations politiques allemandes, aussi critiquables soit leur politique dans les pays pauvres, ont la règle d’établir des contrats de travail pour le personnel et de payer les prestations, y compris intellectuelles, de la sous-traitance. Dans le milieu de l’informatique, ne pas établir de contrat écrit avec un partenaire financier qu’on sollicite pour financer un logiciel, le développement d’une idée, équivaudrait à un suicide social de la part du porteur de projet.

La fondation Wau Holland n’a peut-être pas eu le temps de réguler par écrit sa collaboration avec Julian Assange, qui du 1 août au 27 septembre 2010 séjourne en Suède puis est accaparé par le travail d’édition et de médiatisation et par les poursuites judiciaires qu’il subit. Il signera son contrat de « chef de projet » « ProjektLeiter », le 21 décembre 2010 et le détail de ce contrat de réalisation du projet figurera donc dans le rapport d’activité de l’année 2011[16]. Ce jour-là, Julian Assange aura passé 10 jours à la prison de Wandsworth suite au mandat d’arrêt européen rédigé par la Suède le 18 novembre 2010. Lorsqu’il signe le contrat, il porte un bracelet électronique au pied et doit vivre en résidence surveillée sous la responsabilité de son garant. Enfin, en avril 2011, après 6 mois de présence sur le sol britannique il est tenu de demander une carte de résident, et s’il ne le fait pas, il entre dans le cadre du statut du sans papier. Il importe ici de souligner une vulnérabilité sociale qui s’aggravera rapidement.

Le budget du projet Wikileaks est établi à « environ 800 000 à 1 200 000 Euros. « Les documents publiées doivent être retravaillés souvent pendant des mois. Pour 2011 et 2012 un nouveau logiciel doit être développé pour le portail, qui augmentera ses standards de sécurité. Pour cela il sera nécessaire d’avoir 200 000 à 300 000 Euros. Pour les conseils juridiques déjà en 2010 il faut plus de 30 000 Euros. Le budget prévisionnel du projet Wikileaks doit être de 819 000 Euros »(« Die Rückstellungen für 2011 für das Projekt Wikileaks betragen rund 819.000 Euro »)[17]. Ce budget est évidemment flou pour qui a l’habitude du travail associatif et des documents financiers exigés par les financeurs comme l’Union Européenne ou les fondation politiques allemandes. Mais on peut comprendre l’urgence dans laquelle est mise une petite fondation qui voit ses revenus croitre exponentiellement sans y être préparée en terme de gestion. 200 000 à 300 000 Euros pour l’informatique est en 2010 le coût d’un bon logiciel de gestion développé sur mesure pour une PME de 50 à 100 salariés. Le nombre de salariés nécessaire n’est pas mentionné, or Julian Assange parle dans son entretien du 12 aout 2010 au journal suédois Aftonbladet de 5 salariés embauchés, et pas de bénévoles[18].

Le document « Projekt 04: Informationsfreiheit verteidigen » Vorläufiger Transparenzbericht 2010 » – « Projet 04, défendre la liberté d’expression, bilan de transparence 2010 provisoire » nous apprend plus sur l’origine des dons mais surtout sur les dépenses de la fondation. Que ces dépenses aient concerné le projet Wikileaks (auquel sera depuis accolé le nom Projekt 04), c’est le sous-titre « campagnes et actions » page 6 qui nous le montre : « April 2010: Video-Produktion “Collateral Murder” ● Juli 2010: “War Diary: Afghanistan War Logs” ● Oktober 2010: “War Diary: Iraq War Logs” ● November 2010: “CableGate: US Embassy Diplomatic Cables” »[19]. Il s’agit bien des activités du projet Wikileaks.

Nous y apprenons que les revenus du projet ont été de 1 331 698.19 Euros et les dépenses 401 824.62 Euros. La fondation Wau Holland annonce que le compte Paypal ouvert pour le projet jusqu’à sa fermeture par Paypal de 4 décembre 2010 a rapporté 635 772.73 Euros[20]. Les plus grandes sommes ont été versées en avril 2010 (170 170.98 Euros), en janvier (82 ‘901.19 Euros) et en décembre (102 623.29 Euros).

Le 5 avril 2010 le site Wikileaks.org a publié la très vite célèbre vidéo « Collateral murder » du meurtre de 18 civils irakiens par des soldats de l’armée américaines. Décembre 2010 c’est la consécration après la publication en novembre des 250 000 documents diplomatiques des Etats Unis, archives de 50 ans de diplomatie américaine. Mais janvier 2010 est également un mois faste alors que les publications ne concernent encore que les pays du sud comme le Kenya ou la Côte d’Ivoire ou des sujets politiquement vus comme annexes comme la scientologie. Les autres mois rapportent aussi une excellente moyenne de 34 000 à 60 000 Euros. Les dons bancaires pour le projet 04 de la fondation Wau Holland s’établissent à [21] 695 925.46 Euros. Là aussi les sommes les plus importantes sont versées en avril (127 886.40 Euros), décembre (398 365.60 Euros), février (62 719.51 Euros) et août (27 335.13 Euros). Les autres mois rapportent quelques milliers d’Euros chacun.

Par pays on apprend que ce sont les citoyens américains qui ont le plus doté le projet (219 897.21 Euros), les Allemands (91 336.21 Euros), les Britanniques (78 187, 3 Euros), les Canadiens (39 717 Euros) et les Australiens (36 180,36 Euros). Sous le vocable « others » se cachent peut-être les citoyens de pays absents de la liste, mais dont Julian Assange ne cesse de dire dans ses conférences de 2010 qu’ils sont les premiers propriétaires moraux de Wikileaks, ceux pour qui le projet est fait, ceux qui devraient se saisir de l’information publié pour poursuivre les criminels et les faire condamner, les pays victimes des attaques des Etats Unis[22].

Le citoyen donateur aimerait certainement savoir comment son argent a été dépensé. La page 6 du document décrit les postes de dépenses suivants :

« Les coûts d’infrastructure englobe la colocation de serveurs, le hard ware, la connexion internet est d’autres installations et d’autres couts qui sont nécessaires pour l’aménagement du hard ware »[23] . Pour la location des serveurs contenant les documents du projet 04 Wikileaks, la fondation payera pendant les 5 années suivantes 12 000 euros. On peut raisonnablement penser que ce poste comporte le paiement d’un salarié informaticien mais le bilan financier n’est pas assez précis pour chiffrer le travail du salarié.

Le poste « Campagne/Actions » mentionne la nécessaire embauche de « personnel spécialisé externe »( « Externe Fachleute ») comme des « journalistes et des rédacteurs »[24]. « Ils sont indispensable pour le visionnage et la mise en forme des documents, le travail de la vidéo, le classement des documents selon les domaines et le degré d’importance, l’anonymisation etc »[25]. Les campagnes sont citées et le chiffre est important[26] : 143 305.15 Euros.

Le citoyen donateur n’a pas obtenu de réponses plus précises à d’éventuelles questions sur l’emploi de son argent. Les questions suivantes demeurent : les journalistes payés étaient-ils ceux des grands médias avec lesquels Julian Assange a collaboré pour les publication des documents (The Guardian, der Spiegel, le Monde, El Pais, le New York Times…) ou s’agit-il des collaborateurs du bureau au quotidien qui apparaissent dans les documentaires (Sarah Harrison, Renata Avila, Joseph Farell) ? Ces personnes étaient-elles salariées, et si oui, avec quels contrats ? Normalement, un bilan financier et un rapport d’activité d’association devraient contenir ses informations légales et elles devaient être publiques.

Les « Coûts de voyages et les frais » sont de 62 053, 31 Euros. Ils comportent la participation à des conférences, des meeting, des intervention, des rencontres avec les représentants des médias et responsable de l’infrastructure. Pour les activistes de Wikileaks les coûts du voyage ont été payés après présentation de preuves, selon la règle des vols de la classe économique, et de la seconde classe en train, d’hôtels de catégorie moyenne. Souvent aucun coût n’était payé pour l’hébergement qui avait lieu en privé »[27]. Cette somme parait réaliste étant donné le nombre de voyages réalisés, il est vrai presque exclusivement dans le cadre européen, encore que l’on ne sache pas si le voyage de Julian Assange dans son pays d’origine l’Australie, du 15 mai au 21 juin 2010 ait été effectué dans le cadre de sa collaboration avec la Wau Holland Stiftung. Dans le cadre du document « transparence » le lecteur reste sur sa faim concernant les liens du financeur et responsable juridique avec l’éxecutant physique du projet 04.

Le coût du « conseil juridique » est de 32 944, 95 Euros. La somme est importante, mais elle parait réaliste, étant donné les responsabilités énormes qu’implique une action risquée de publier des documents classifiées de la première puissance mondiale, qui possède des bases militaires et un commandement militaire sur le sol de l’Allemagne. Nul doute que les dirigeants de la Wau Holland Stiftung ont consulté des juristes spécialisés et sans doute des politiques aptes à les informer sur le danger que courent des particuliers quand ils dévoilent les secrets du premier partenaire du gouvernement allemand dans le cadre de l’OTAN. La question de la réaction du gouvernement allemand aux agissements de cette petite fondation allemande est également posée, même si elle ne peut être résolue en analysant uniquement des documents financiers publiques. La présence d’un diplomate allemand dans la salle 9 de la Old Bailey assistant en vidéo aux débats sur « Wikileaks » dont l’objet est le sort de Julian Assange atteste aussi de l’intérêt que l’Allemagne porte au tant qu’Etat au projet « Wikileaks ».

 « Des frais de conseil juridiques ont été engagés pour les campagnes et actions, mais aucun moyen n’a été alloué à un conseil juridique destiné à des personnes ou une représentation dans des procès ». [28] Nous ne savons pas si cette phrase fait allusion aux frais d’avocats que Julian Assange doit engager après avoir été visé par les plaintes en Suède. Julian Assange affirme dans la conférence du 25 octobre 2010 payer ses frais d’avocats seul et préserver « Wikileaks » de ces coûts. Le rapport d’activité de 2011 de la fondation Wau Holland sera plus explicite : « Les frais de conseils juridiques. Ne rentrent PAS dans ce poste les frais d’avocat de Julian Assange du fait du mandat d’arrêt suédois) » .[29]

Les « remboursements de frais » chiffrent jusqu’à 104 477.15 Euros. « Il a été effectué des remboursements de frais réguliers à quelques rares Chefs de Projet et militants. Ces indemnités s’orientent selon les degrés pratiqués par Greenpeace Deutschland »[30]. Nous ne savons pas pourquoi Greenpeace est le modèle. Mais à raison de 8706 Euros par mois il est possible de verser 3 salaires honorables de 2900 Euros avec cotisations. Une association française aurait été contrainte de salarier ses chefs de projets car le paiement de travail sur remboursement de facture est illégal en France et considéré comme du travail dissimulé s’il a lieu au long cours sur un projet comme dans ce cas sur un an. Les donateurs demandant un audit financier à la fondation Wau Holland pour le projet 04 Wikileaks pourront poser la question concernant le droit du travail allemand exécuté dans le cadre de la directive européenne de détachement, car le travail concret sur le projet a lieu depuis juillet 2010 en grande partie à Londres.

L’impression qui se dégage de ces documents de la fondation Wau Holland est que l’essentiel des publications du projet 04 Wikileaks a été fait en 2010, et ce dans une atmosphère d’urgence et de pression. Avec le recul du temps on peine cependant à comprendre les raisons de cette urgence. Les documents ont été soumis par les lanceurs d’alerte sur la plateforme sécurisée. Julian Assange, Daniel Domscheit Berg et l’équipe islandaise ont construit les outils informatiques indispensables à cette sécurisation dès mars 2010, peut-être même avant.  Les documents soumis auraient bien pu y rester un ou deux ans supplémentaires, le temps pour la fondation de structurer une équipe stable, fiable et rémunérée.

C’est le temps dont le chef de projet Julian Assange aurait eu besoin pour résoudre les problèmes des poursuites judiciaires qui s’abattent sur lui en Europe et dont on est en droit de penser qu’ils ont un lien avec son activité politique. Au lieu de travailler à résoudre ces problèmes de répression en Suède, Julian Assange est contraint de quitter ce pays où il a demandé une carte de séjour, signé un contrat de travail à mi-temps pour aller à Berlin le 27 septembre 2010 à une réunion avec des journalistes du Spiegel et d’enchainer les conférences de presse et les présentations des deux énormes «scoop » suivants, les « Irak logs » et les  « Cables Gate ». Le public aurait attendu un an de plus pour apprendre ces révélations qu’il n’y aurait pas eu de dommage et l’argent emmagasiné par les dons aurait pu attendre quelques mois de plus sur les comptes de la fondation. Mais le 8 décembre 2010 Julian Assange est emprisonné dans la prison de Wandsworth à Londres et la procédure de son extradition en Suède est engagée dans le cadre du mandat d’arrêt européen


[1] « Zum Jahresende 2010 hat die WHS ihr Stiftungskapital und ihre Rücklagen in Höhe von rund € 53.000 in langjährigen Sparbriefen mit Zinsen zwischen 3,15% und 4,5% Prozent angelegt. Ein fällig gewordener Sparbrief in Höhe von 10.000 Euro soll wieder in einer Festanlage angelegt werden. Darüber hinaus hält die WHS 10 Genossenschaftsanteile an der VR Bank Chattengau eG zu 1000 €. € Im laufenden Jahr 2010 hat die WHS Spenden in Höhe von rund 1.455.600 € erhalten. Zinserträge werden zur Deckung der Kosten für Büro und Telekommunikation sowie interne Spesen verwendet. Die nicht gedeckten Kosten werden aus der freien Rücklage finanziert. Der Wert des Ackers in Fambach beträgt 1500 Euro. Der 12-jährige Pachtvertrag mit jährlichen Einnahmen von 20,44 Euro ist weiterhin in Kraft. 10 % oder rund 145.000 Euro werden der freien Rücklage zugeführt. Wir werden dafür Anlagemöglichkeiten prüfen. Bis dahin wird es auf dem Tagesgeldkonto zu 1,5 % gelagert », Rapport d’activité annuel 2010,

https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[2] « Die 2007 initiierte Spendenkampagne für das Tor-Projekt wurde fortgesetzt. Für die Förderung der Öffentlichkeitsarbeit und die Infrastruktur werden 2200,- Euro in die Rückstellung übernommen.

Das Projekt Wahlcomputer pausiert zur Zeit, da die Einführung von Wahlcomputern zunächst aufgehoben wurde.Jabber Die Spendenaktion für Jabber konnte die Kosten dieses Services decken und wird fortgeführt. Es sind Rückstellungen für dieses Projekt in Höhe von rund 2300,- Euro vorgetragen worden. » ,

https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[3] « Für das Projekt „Hackerarchiv“ wird ein professioneller Scanservice gesucht und eine Zusammenarbeit mit einem Lehrstuhl an der Universität Zürich angestrebt. Dazu sollen bis Ende 2011 geeignete Räume in Berlin angemietet werden, um das Archiv zu lagern und aufzubereiten. Für die Ausstattung, den Umzug und Helfer werden 12.000 – 15.000 Euro an Kosten erwartet. Die Mietkosten werden mit 12.000 Euro pro Jahr veranschlagt. Dafür werden aus 2010 Rückstellungen in Höhe von rund 51.000 Euro vorgenommen. », op.cit, https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[4] « Das Projekt „Chaos macht Schule“ wird voraussichtlich ein weiteres Förderprojekt in 2011. Dafür werden deshalb jetzt Rückstellungen in Höhe von 10.000 Euro vorgetragen.

Ein weiteres neues Projekt ist die Förderung der regionalen gemeinnützigen CCC e.V.- Strukturen. Dafür werden 40.000 Euro an Rückstellungen vorgenommen ».,

op.cit, page 2 https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[5] « 10 % oder rund 145.000 Euro werden der freien Rücklage zugeführt. Wir werden dafür Anlagemöglichkeiten prüfen. Bis dahin wird es auf dem Tagesgeldkonto zu 1,5 % gelagert. », op.cit, 1  https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf, page 1.

[6] Op.cité, rapport d’activité 2010, page 1  https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[7] http://www.farmann.no/2010/12/09/transcript-of-interview-with-julian-assange/; https://oslofreedomforum.com/talks/the-whistleblower

[8]https://www.youtube.com/watch?v=mXj72pNb6U0

[9]https://www.frontlineclub.com/wikileaks_press_conference/;

https://www.youtube.com/watch?v=ehvqHbZJ77I; https://www.youtube.com/watch?v=FFDdHMEpqeA

[10] https://www.youtube.com/watch?v=juWRddv-cgk; https://www.youtube.com/watch?v=sIphxt42Ei0; https://www.youtube.com/watch?v=kYmzH38dinc; https://www.youtube.com/watch?v=SQZ4vfAle9g; https://www.youtube.com/watch?v=ygjzFWryJ0I; https://www.youtube.com/watch?v=oVWJnwEdmMM

[11] https://www.youtube.com/watch?v=wO8pclGN5II&feature=youtu.be&t=2h9m11s

[12] https://www.youtube.com/watch?v=QVPZsTSYhaY ; https://www.youtube.com/watch?v=K0Eys2F5iDM&t=29s;

[13] https://www.youtube.com/watch?v=kRtUeYDncYs

[14] https://www.youtube.com/watch?v=KcPlp5bNDKQ; https://www.youtube.com/watch?v=h3BWmPDWk54https://www.youtube.com/watch?v=fbZKI83ng8o; https://www.youtube.com/watch?v=Gs6t4t6lofY; https://www.youtube.com/watch?v=zFnXAj-CAV4

[15]«  Um eine langfristige Arbeit zu ermöglichen müssen dafür Helfer und Infrastruktur in verschiedenen Ländern engagiert bzw. ausgebaut werden. Es ist das bisher größte Projekt der Stiftung und stellt damit neue Anforderungen an die Abwicklung und das Controlling. Um diese Anforderungen erfolgreich umzusetzen beauftragte die Stiftung ein Hamburger Steuerbüro mit einer Expertise. Daraus entwickelte die Stiftung Verträge mit dem Projektleiter, die das Reportwesen genau regeln. Die mit dem Projekt verbundene umfangreiche Pressearbeit erfordert ein professionelles Management, dassauch langfristig arbeiten kann. Deshalb werden größere Rückstellungen notwendig », op. cit, page 2, https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[16] https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[17] « Der Finanzbedarf wird auf ca. 800.000 – 1.200.000 Euro geschätzt. Das zu veröffentlichende Material erfordert oft monatelange Aufbereitung. Für 2011 und 2012 soll eine neue Software für die Plattform entwickelt werden, die vor allem die Sicherheitsstandards hochsetzt. Dafür werden weitere 200.000 – 300.00dé0 Euro benötigt. Für juristischen Rat wurden bereits in 2010 über 30.000 Euro benötigt. Die Rückstellungen für 2011 für das Projekt Wikileaks betragen rund 819.000 Euro. » – op.cit, page 2, https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[18] http://www.nnn.se/nordic/assange/docs/protocol.pdf; http://www.nnn.se/nordic/assange/docs/memoria.pdf

[19] https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[20] Op.cit, page 3

[21] « Die folgenden Spenden wurden durch Überweisung auf das Bank-Unterkonto des Projektes 04 der Wau-Holland-Stiftung getätigt und sind (summarisch) nach Monat aufgelistet », – op.cit, page 5,

https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[22] Page 4 https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[23] « Infrastrukturkosten umfassen Colocation von Servern, Serverhardware, Internetanbindung, Einrichtungskosten sowie alle weiteren Kosten, die für den Betrieb der Hardware anfallen »- op.cit, page 6, https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[24] « Kosten in diesem Bereich entstehen vor allem in der vorbereitenden Sichtung und Aufarbeitung von eingegangenen Materialien, z.B. Videobearbeitung, Sichtung und Ordnung von Dokumenten in grosser Zahl nach Sachgebieten und Prioritätsstufen, Anonymisierung etc. Die schliesst die Herbeiziehung externer Fachleute (z.B. Journalisten / Redakteure) ein » Op. cit, page 6,

https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[25] Op.cit, page 6, https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[26] « Im Jahr 2010 wurden folgende Kampagnen / Aktionen durchgeführt: ● April 2010: Video-Produktion “Collateral Murder” ● Juli 2010: “War Diary: Afghanistan War Logs” ● Oktober 2010: “War Diary: Iraq War Logs” ● November 2010: “CableGate: US Embassy Diplomatic Cables » – op.cit, page 6,

https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[27] « Reisekosten/Spesen € 62’053.31, Reisekosten entstehen für die Teilnahme an Konferenzen, Meetings, Vorträgen, Treffen mit Pressevertretern und Verantwortlichen für die Infrastruktur. Für die WikiLeaks-Aktivisten wurden Reisekosten nach Belegen bezahlt, in der Regel Flüge Economy Class, Bahn 2. Klasse und Hotelunterbringung in mittlerer Preislage. Häufig fielen allerdings auch keine Übernachtungskosten an, da eine private Unterbringung erfolgte. », – op. cit, page 6,

https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[28] « Rechtsbeistand € 32’944.95. Es wurden anwaltliche Beratungskosten für Projekt-Kampagnen/-Aktionen erstattet, jedoch keine Kosten für personen-bezogene juristische Beratung oder antwaltliche Vertretung in Gerichtsverfahren. Kosten entstehen durch die Beratung bei Kampagnen / Aktionen (sowohl im Vorfeld als auch danach) und bei drohenden juristischen Auseinandersetzungen », op.cit, page 6 , https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[29] « Rechtsberatungskosten (dazu gehören NICHT Anwaltskosten für Julian Assange wegen des schwedischen Auslieferungsantrags) » – page 2, rapport d’activité annuel 2011 https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[30] « Es wurden für einige wenige Projekt-Leiter und -Aktivisten regelmässige Aufwandsvergütungen nach Rechnungsstellung erstattet. Die Vergütungen orientieren sich jeweils an den Vergütungsstufen Die Vergütungen », page 6, op.cit, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

Analyse juridique et financière du projet 04 Wikileaks de la Fondation pour 2011 – Julian Assange salarié de la Wau Holland ?

L’année charnière 2011 voit la Fondation Wau Holland prendre une ampleur internationale inattendue grâce au projet 04 Wikileaks. Même si par la suite le tarissement des dons et la situation difficile du chef de projet Julian Assange réduira la voilure du projet, la fondation continuera à agir à l’internationale dans des projets comme Zivilcourage ou Tor. Il est dommage cependant que nous ne disposons plus pour cette année cruciale des comptes rendus des réunions du CA. Nous analyserons donc ici le rapport annuel « Jahresbericht 2011 », « Projet 04, Défendre la liberté d’expression, récit de transparence » (le rapport financier du projet 04 Wikileaks), les nouveaux statuts du 21 septembre 2011 et le modèle de contrat que la fondation signe avec ces chefs de projets (« Projektauftrag zwischen der Wau-Holland-Stiftung im nachfolgenden WHS und im nachfolgenden Projektleiter) » qui est publié pour l’année 2012 mais concerne aussi les activités de 2011.

« En 2011 à coté du Projet 04 « WikiLeaks » les projets TOR et « Chaos Macht Schule »- ont été soutenus par la fondation »[1] – ainsi commence le rapport d’activité annuel 2011. Nous apprenons que le chef du projet 02 Tor « Réseau d’anonymisation sur internet » est depuis des années Andreas Lehner[2] et qu’il a continué le travail en touchant un rémunération de 1750 Euros. Le cœur de métier de la fondation, la formation des jeunes et de leurs parents à l’informatique est réalisé par le projet « Chaos Macht Schule », le « Chaos fait école ». Ce projet est une initiative de groupe locaux de Chaos Computer Club qui travaillent localement avec des institutions scolaires de 11 villes de l’Allemagne. Les militants de ce projet se sont retrouvés le 28-30 novembre 2011 pour une rencontre nationale financée par la fondation. Suite à cela la fondation a décidé de mettre en œuvre le projet 05 « AlphaBITisierung » et lui dédier une campagne de dons. Un atelier avec des enfants et des adolescents a déjà été organisé à Dresde. La somme de 2799, 03 euros y a été dépensée[3].

Le rapport rentre ensuite dans le cœur de l’activité actuelle, Wikileaks.

 « Description du projet 04 et contrat de personnel aidant[4]-« Hilfspersonenvertrag und Beschreibung des Projekts 04. »

« Le 21 décembre 2010 a été signé entre la fondation et Julian Assange, le chef de projet du WHS Projekt 04 Wikileaks un contrat de projet. » « Am 21.12.2010 wurde zwischen der Stiftung und Julian Assange, dem Projektleiter des WHSProjekts 04 « WikiLeaks », ein Projektvertrag geschlossen [5]». En tant qu’association ayant le statut d’utilité publique, selon la loi allemande la fondation Wau Holland a l’obligation « d’immédiateté », c’est-à-dire de réaliser ses objectifs statutaires sans délai. Pour lui faciliter cela, le législateur lui permet d’embaucher ou de déléguer ses tâches à du « personnel aidant »[6]. C’est ainsi que la Wau Holland Stiftung est contrainte de signer un contrat d’exécution de projet, «un contrat de projet », « Projektvertrag », avec « Julian Assange, qui est chef de projet du Projet 04 de la Wau Holland Stiftung « Wikileaks ». Ici il convient de souligner que la Loi française ne connait comme contrat de projet que le récent « Contrat à durée Indéterminée de projet » longtemps utilisé comme « contrat de chantier » dans le bâtiment. Ce contrat est clairement un contrat de travail, alors qu’en Allemagne, comme dans les pays d’Europe de l’Est, un particulier peut signer un contrat commercial de prestation, appelé « Werkvertrag », « contrat d’ouvrage » ou un « Dienstleistungsvertrag », « contrat de services ». La littérature manageriale allemande et les syndicats mettent les citoyens en garde contre la « Scheinselbständigkeit », la « pseudo indépendance », c’est-à-dire le fait de signer un contrat d’ouvrage ou de services et de se retrouver dans la situation du salarié subordonné sans les protections afférentes[7].

L’appellation du contrat que signe Julian Assange avec la fondation Wau Holland alors qu’il est sous bracelet électronique et en résidence surveillée est suffisamment floue pour qu’on s’interroge s’il s’agit d’un contrat « d’ouvrage » ou le produit à livrer est défini, les étapes et les façons de le fabriquer, et ou le donneur d’ordre a le droit de mettre fin au contrat de son côté s’il n’est pas content du produit ?[8]Ou est-ce un contrat de services donnant la liberté la plus grande des deux côtés mais où chacun reste propriétaire de ses moyens de production et ou le produit fini appartient aux deux parties ? Finalement c’est la définition du « contrat de travail » « Arbeitsvertrag » selon l’article 611a du Code Civil Allemand (Bürgerliches Gesetzbuch) qui nous donne les clés pour comprendre quel contrat Julian Assange a signé avec la Wau Holland Stiftung pour exécuter le Projet 04 Wilkieaks et s’il ne s’agit pas d’un contrat de travail. Cet article de Loi explique clairement la notion de subordination juridique du salarié face à l’employeur dans le cadre de la « dépendance personnelle » définie comme le manque de possibilité de décider du contenu du travail, de sa façon de travailler, du temps et du lieu de travail. Le degré de dépendance dépend de la nature de l’activité. Mais surtout « Pour décider si un contrat de travail a lieu, il faut prendre en compte l’ensemble des conditions. Si la réalisation concrète du contrat montre qu’il s’agit d’un rapport de salariat, le nom du contrat n’a pas d’importance »[9].

Pour comprendre le degré de responsabilité juridique de Julian Assange dans le projet 04 de la Wau Holland Stiftung, nous pouvons faire confiance aux descriptions détaillée du rapport d’activité 2011. « Ce contrat projet définit les objectifs, les tâches et les règles que Monsieur Assange dans le projet 04 de la Fondation doit mettre en oeuvre dans le cadre de son projet « Wikileaks ». Le contenu de ce cadre et ses conditions ont été fixés au cours de nombreuses discussions depuis le premier contact fin 2008. En août 2009 le projet 04 a été mis en route et la campagne de récolte de dons a commencé. La fondation Wau Holland a de ce fait pris la responsabilité des parties essentielles du projet général Wikileaks. Les règles et procédures documentées dans le contrat du chef de projet ont été mises en œuvre déjà début 2010. Les objectifs du projet 04 comme sous-ensemble des « activités Wikileaks » sont définis de la façon suivante. » – dit le rapport d’activité de la Wau Holland. [10]

Certes, ce rapport n’est pas l’original du contrat de Julian Assange et il est difficile d’analyser sa relation juridique face à la Wau Holland Stiftung sans avoir accès à ce document. Nous serons donc obligés de compléter ce rapport avec le modèle de contrat-projet que la Wau Holland signe avec ses chefs de projet en général et qu’elle a publié sur son site pour l’année 2012. Nous reviendrons encore sur la question pourquoi ce contrat a une importance dans la procédure d’extradition pour laquelle Julian Assange est emprisonné aujourd’hui, en 2020. Mais ce qui est clair d’emblée dans ce texte est que la fondation Wau Holland s’assigne elle-même la responsabilité des parties essentielles du projet Wikileaks. La notion de responsabilité n’est pas neutre dans le code civil. En Allemagne comme en France l’employeur est pénalement responsable s’il demande à son salarié des actions répréhensibles pénalement comme fournir des produits défectueux par exemple. La « fausse indépendance » qui tend à diluer les responsabilités des deux parties inégales a aussi déjà été discutée dans la société allemande.[11] La question « qui est pénalement responsable pour Wikileaks » est la clé de la procédure d’extradition qui se déroule aujourd’hui. Si Julian Assange n’est pas pénalement responsable pour les publications pour lesquels il était le chef de projet certes, mais exécutant un contrat de travail, d’autres personnes, les vrais responsables selon la Loi, devraient être inculpés à sa place. Par ailleurs, il convient de souligner que ce contrat, qu’il soit « d’ouvrage ou de services », aurait pu le libérer de la résidence surveillée si ses avocats avaient fait valoir son existence auprès de la cour de justice britannique afin de changer le régime de détention provisoire de Julian Assange. En attente de son procès d’extradition par mandat d’arrêt européen, il aurait pu comparaitre libre comme le font la plupart des Polonais et autres est-européen qui ont partagé les listes d’extradition du tribunal avec lui, et pour lesquels leurs avocats se sont réellement battus[12].

Julian Assange, un exécutant sans pouvoir du projet 04 Wikileaks de la Wau Holland Stiftung

Le rapport d’activités détaille les « objectifs » du projet Wikileaks ce qui nous permet d’analyser en détail la façon dont le projet est réalisé.

Son décrits :

2 .1 « La gestion d’une plateforme interne. Le développement et la gestion d’une plateforme dédiée globale qui donne des possibilités techniques de publications des documents des « Whistleblowers » et donc la réalisations de la liberté d’expression selon les statuts de la Wau Holland ».[13]

Portail ou plateforme ? « Portal oder Platform» en Allemand. Ce n’est juridiquement absolument pas la même chose. Dans une plateforme les personnes exposant leurs produits et services restent propriétaires de leurs produits et services[14]. Or, dans le projet Wikileaks, les « whistleblowers » qui ont envoyé leur documents perdent la maitrise de leurs documents. La question « à qui appartiennent les documents publiés sur Wikileaks » n’est pas anodine car elle implique toujours la question de la responsabilité juridique, donc pénale. Les lanceurs d’alerte perdant le contrôle de leurs documents une fois que « Wikileaks » les réceptionne, il est clair selon moi que « le projet 04 Wikileaks » est un portail et non une plateforme.

2.2 « La réception, la vérification, la publication des documents déposés ou transmis (aussi bien par le traitement journalistique et les recherches nécessaires».[15].

2.3 . Un travail de relations publiques autour de la plateforme pour promouvoir (exécuter) les préoccupations premières de la fondation, la liberté de l’information »[16].

Ces trois premiers objectifs du projet sont bien décrits comme participant à la réalisation des objectifs statutaires de la fondation. Cette description dit en quelques phrases la totalité du travail sur « Wikileaks ». Ce n’est donc pas un « sous ensemble » du projet que la fondation dirige mais bien l’ensemble de l’activité 04. La direction de la fondation le confirme ici dans ce qui est le bilan annuel officiel déposé aux autorités de tutelles de la fondation du Land Hesse. La « Description des rôles et stratégie » est encore plus claire :

« En ce qui concerne les mesures stratégiques et tactiques nécessaires pour atteindre ces objectifs, il a été laissé à Monsieur Assange dans les conditions-cadres et description des objectifs définis (1.1, 1.2, 1.3 du contrat de M. Assange) une liberté de décision sur les détails de l’implémentation selon l’article 2.1 du contrat. Il a été décidé que ces activités qui sont financées directement par la fondation, seront présentées au public sous le nom de « Wikileaks » afin de profiter du nom déjà introduit pour les campagnes de dons »[17].

Nous pouvons tirer plusieurs conclusions de ces deux phrases. D’une part, la fondation laisse à monsieur Julian Assange la liberté de décision sur les détails dans le cadre de l’implémentation du projet, uniquement afin de réussir la tactique pensée par la fondation pour la réussite du projet. C’est l’autonomie d’action quotidienne dont bénéficient les cadres des entreprises capitalistes de notre époque, notamment les chefs de projet dans l’implémentation des projets informatiques. Mais la fondation souligne elle – même qu’il s’agit de « détails ». Il n’est pas question ici pour Monsieur Assange de changer la stratégie, la tactique de la réalisation du projet et il n’est pas non plus question d’un « copyright » pour lui, d’une propriété du concept, comme l’exigerait pourtant un « Werkvertrag », un « contrat d’ouvrage » selon le droit allemand.

La deuxième partie du point « description des rôles et stratégie » (des rôles de chacun, donc du rôle de Julian Assange d’une part et de la fondation d’autre part) décide que le public ne devra connaitre que le nom « Wikileaks » car il y est habitué du fait des campagnes de récoltes de dons et qu’il s’agit d’une décision guidée par l’efficacité de ces campagnes sous ce nom. Dans la description de son rôle, la fondation a décidé de ne pas apparaitre publiquement mais de mettre en avant « Wikileaks ». L’effacement de la fondation a été tellement efficace que depuis 10 ans le public est persuadé que « Wikileaks » est une association non-gouvernementale, une structure indépendante dont le président est Julian Assange. Or, la fondation n’a pas crée de structure juridique autonome pour le projet 04 Wikileaks et Julian Assange, est, selon le document, le réalisateur du projet de la fondation et non le propriétaire de la marque Wikileaks ou le président d’une ONG au tel nom.

Là où le bât blesse est que les donateurs sont persuadés de verser de l’argent directement à Julian Assange, sur la foi de ses conférences, après avoir entendu ses discours et vu son visage. Verraient-ils les visages de Winfried Motzkus, président de la fondation Wau Holland en 2011 ou Andy Müller Maguhn, président en 2020, qu’ils ne réagiraient peut-être pas de manière aussi enthousiaste et demanderaient alors des comptes à la fondation Wau Holland. La question de l’éthique d’une fondation allemande qui porte haut l’objectif de la transparence de l’information est posée, surtout que la Wau Holland Stiftung continue en 2019 et 2020 à récolter l’argent sur le nom de Julian Assange, alors qu’il est quasiment certain que de là ou il est emprisonné il n’en voit pas la couleur et ne décide pas de son emploi. La récolte de l’argent pour un but opaque au nom d’une bonne cause et sans fournir de comptes transparents peut être considérée ici en Europe par les citoyens comme une escroquerie financière.

Nous ne pouvons pas lire les points 1.1 ; 1.2 et 2.3 ainsi que l’article 2.1 du contrat de Julian Assange avec la Wau Holland qui posent les conditions de l’exécution de son travail car ce document n’a pas été publié. Evidemment il s’agit d’un contrat personnel d’une personne privée et si la fondation doit légalement rendre public son rapport annuel, elle n’est pas obligée de publier les contrats de travail. Cependant, selon les dires de ses avocats, Julian Assange n’a plus accès à des documents personnels, volés ou perdus lors de son arrestation le 11 avril 2019. Julian Assange est dans une situation dramatique, emprisonné comme un otage sans avoir accès à ses affaires personnelles et ses documents. La fondation Wau Holland, si elle agissait de façon juste et honnête, devrait donc lui rendre un exemplaire de ce document, le publier ou le remettre aux associations des droits de l’hommes comme Wikijustice Julian Assange présente aux 19 comparutions de Julian Assange à la cour depuis septembre 2019. Ayant été présente et ayant l’intention de retourner au procès je promets de tout faire afin d’obliger la cour à verser ce document essentiel dans le dossier de Julian Assange.

Ce document est essentiel car il contient la description de la responsabilité juridique qu’il partage avec le donneur d’ordre, la fondation Wau Holland. La façon dont cette responsabilité est partagée est fixée dans ce contrat signé le 21.12. 2010. Cependant, si nous nous fions au « modèle de contrat entre la WHS et le(s) chef/s de projet », contrat que la Wau Holland établit pour ses autres chefs de projets, dans les points 1.1, 1.2 du contrat, la fondation « charge le chef de projet des tâches suivantes, en accord avec les objectifs statutaires de la fondation, pour l’implémentation desquelles les chefs de projet développent des concepts stratégiques et les fixent par écrit par la Fondation Wau Holland [18]». Donc en règle général les chefs de projet de la Wau Holland Stiftung n’ont qu’une liberté limitée : leurs tâches – la réalisation du projet de la fondation et ce qu’ils y mettent comme idées propres, doivent être approuvés par écrit par la direction de la fondation. Ce n’est pas un contrat de partenariat entre deux associations, ni celui d’un concepteur d’idée avec un financeur, ni même un contrat de travail de cadre dirigeant. Cette description ressemble à celle d’un poste de coordinateur de projet subalterne dans une structure au fonctionnement bureaucratique et tatillon.

Dans l’article 2.2 du modèle de contrat établi pour ses autres chefs de projet, « Directives et conditions cadre », la fondation écrit : « 2.1 Stratégie du projet. Les chefs de projets sont libres dans la mise en œuvre de certaines tâches : ils informent la fondation Wau Holland à l’avance des changements programmés d’activités et des mesures. La modification de la direction du projet, qui serait proposée en cours de projet par les chefs de projets doit être acceptée par la fondation Wau Holland et inclut dans le contrat de projet sous forme écrite »[19]. La fondation fixe ici sa propriété de la finalité du projet. Elle est le décisionnaire exclusif puisque les modifications doivent être renégociées et les contrats resignés avec elle. Même pour les tâches pour lesquels les chefs de projets bénéficient de leur autonomie de décision, s’ils changent leur programme, ils doivent en informer la direction de la fondation à l’avance. Selon mon appréciation, du fait de 15 d’expérience de travail dans le secteur associatif européen et 5 ans de travail en tant que commerciale en SSII, ce document porte tous les signes d’un contrat de travail avec une faible autonomie et une forte subordination à la structure porteuse du projet et propriétaire de son concept.

« Finanzierung » – « Financement  »  : les choses suivantes sont financées par la fondation dans le projet 04 tant que les dons sont à disposition »[20] : « L’infrastructure, (hard et software), développement de logiciels et de processus opérationnels, remboursements selon les conditions cadres. Le paiement du chef de projet et des autres personnes aidant la fondation. Les coûts de chaque campagne et levée de fonds, le conseil juridiques (ceci n’inclut PAS les frais d’avocats de Julian Assange pour cause de mandat d’arrêt suédois). Les coûts de la structures et les coûts qui résultent de la croissance du projet. Les frais courant comme la location de bureaux et leur fournitures. L’arrivée de dons a été réduit en 2011 de 90% suite au blocage des moyens de paiement par Paypal, Visa, Mastercard comme conséquences de la publication des cables »[21].

Il est bien indiqué que la fondation paye les frais de développement des logiciels. Elle finance donc des informaticiens dédiés car les logiciels ne se développent pas tout seuls. De même elle fixe que le chef de projet et les collaborateurs du projet seront payés, le montant sera mentionné plus loin dans le rapport. Le rapport est suffisamment précis pour bien souligner que les problèmes de poursuites judiciaires de Julian Assange ne sont pas pris en charge par la fondation. Il doit payer ses avocats avec ses émoluments tout en travaillant sur le projet. Si la somme n’est pas suffisante, c’est tant pis pour lui. L’écrivain Andrew O’Hagan a rendu compte de l’état de stress dans lequel Julian Assange travaillait tout au long de l’année 2011[22]. Ceci est en lien avec son statut de prisonnier, mais doit aussi avoir un lien avec la nécessité de remplir ses obligations contractuelles avec la Wau Holland Stiftung. Sa vulnérabilité sociale réelle était en 2011 dissimulée aux yeux du public sous sa notoriété médiatique mais elle éclate aujourd’hui car sa situation actuelle n’est que la conséquences des événements de 2010 et 2011.

« 2.6. Le contrôle. Au chef de projet incombe l’obligation d’un rapport régulier qui d’abord prend la forme de communications cryptées, (chat) qui sera approfondie par des rencontres personnelles régulières. A la fondation incombe la vérification des factures qui lui sont soumises et qui déjà dans les règles ont été autorisées par le chef de projet ».[23]

Contrairement à un vrai contrat de prestation « Dienstleistungvertrag », ou un « contrat d’ouvrage », « Werkvertrag », dans lesquels le produit ou le service est vérifié comme conforme par le donneur d’ordre à sa livraison, Julian Assange dans son travail de chef de projet est soumis à un contrôle régulier par la fondation Wau Holland. Il doit exécuter un reporting par des chats et par des rencontres physiques avec des représentants de la fondation. Il peut autoriser les dépenses inhérentes au projet mais ses décisions doivent être soumises à la fondation et validées par elle. Selon moi et à la lecture du rapport d’activité 2011 de la Wau Holland Stiftung, il a donc l’autonomie d’un exécutant de projet salarié et pas d’un prestataire de service qui peut utiliser son budget selon son bon vouloir à condition de livrer le produit à terme échu.

Le châpitre 3 du rapport d’activité de 2011 de la fondation Wau Holland est prolixe sur les « preuves du contrôle réel » de l’exécution du projet. « Julian Assange et les autres personnels aidant du projet en accord avec le contrat de projet signé sont dans l’obligation de réaliser les activités pour ainsi respecter les conditions cadres prévues dans l’article 2 du contrat. Le Conseil d’Administration exerce son contrôle par la vérification individuelle des tâches dans le cadres de leur réception tant dans la forme que sur le fond. Le travail courant du Conseil d’Administration de la Fondation Wau Holland touchant cette question sera décidé dans des conférences téléphoniques hebdomadaires. Les membres du Conseil d’Administration communiquent entre temps avec le personnel aidant au sujet des étapes du travail et de sa réception par les moyens de communications comme chat, Jabber et téléphone. Il est ainsi garanti que seul les travaux du projet déjà décidés seront financés. Les factures transmises à la fondation Wau Holland pour des remboursements de frais ou la procédure de remboursement des dépenses sera adaptée par les rapports en cours de projets ou acceptée après discussions verbalement. En cas de nécessité d’explication, cette nécessité sera indiquée sur la facture. Chaque facture porte un signe personnel du membre du conseil d’administration qui a effectué l’acceptation en concertation ».[24]

Concrètement Julian Assange est tenu de réaliser le projet coûte que coûte. Qu’arriverait-il s’il ne le peut pas, le rapport est muet à ce sujet. Selon les conseils juridiques données aux « free lancers » allemands, « un contrat d’ouvrage », « Werkvertrag », doit comporter une clause qui donne une porte de sortie au prestataire face au pouvoir du donneur d’ordre de résilier le contrat à tout moment. Julian Assange avait-il la liberté de se dégager des obligations qu’il avait engagées face à la Wau Holland Stiftung ?

Puisqu’il n’habite pas en Allemagne et ne possède pas de carte de séjour dans l’UE en 2011, la Wau Holland ne peut pas exiger la réalisation d’un contrat légal alors qu’il n’est physiquement pas sur le sol allemand. La directive européenne de détachement s’applique aux salariés, la directive de liberté des services dite directive Bolkestein permet aux entreprises d’un pays de l’UE d’agir dans un autre pays de l’UE, mais Julian Assange, en 2011 est gérant de Sunshine Press Production, une entreprise islandaise, pays hors Union Européenne. En outre il signe le contrat de projet avec la Wau Holland en tant que particulier et pas en tant que dirigeant de cette entreprise. Le « Contrat modèle » de la fondation de 2012 montre que la fondation ne fait pas de cadeaux à ses autres chefs de projets : « Au cas où le chef de projet serait empêché par des conditions extérieures d’exercer son rôle, la direction du projet sera confié par la Fondation Wau Holland à une autre personne et un nouveau contrat projet établi ».La fondation se donne le droit absolu de licencier son chef de projet et de le remplacer[25]. Le droit du travail allemand et la législation européenne protégeant les travailleurs semblent bien avoir été violés par la fondation Wau Holland vis-à-vis de son prestataire ou salarié l’Australien Julian Assange.

Quant au processus de contrôle, il est continu, détaillé, tatillon. Tout d’abord, Julian Assange est contrôlé « sur la forme et sur le fond » dans la réalisation du projet. D’habitude, dans le secteur associatif, lorsqu’une structure collabore avec une personne qui a une certaine notoriété dans son milieu, qui est porteuse d’un savoir-faire, il est d’usage de lui laisser la liberté d’organiser ses équipes et son travail, éventuellement d’organiser des comités de pilotage ou sont présentés les avancements du travail et qui servent d’instance de contrôle. Ici la fondation Wau Holland affirme vouloir contrôler la façon de travailler de son collaborateur, ce qui amène autant de preuve que son collaborateur est un salarié. Le Conseil d’Administration contrôle donc son travail une fois par semaine au téléphone et se donne aussi le droit de communiquer régulièrement par messagerie et téléphone avec les membres de l’équipe que gère Julian Assange pour s’assurer que « seul le travail décidé en amont sera financé ». Drôle de partenariat associatif ou aucune confiance n’est de mise entre des partenaires visiblement très inégaux.

Le contrôle des factures par la fondation allemande tourne presque à l’obsession dans ce châpitre du rapport– le budget prévisionnel est établi en amont par la fondation, chaque facture doit être approuvée par le chef de projet Julian Assange puis présentée au responsable de la fondation délégué pour le projet. Si Julian Assange dévie du budget prévisionnel, ce qui arrive TOUJOURS pour qui a géré des projets associatifs internationaux complexes, il doit s’en expliquer à l’avance. La nécessaire explication est annotée sur la facture avec le nom du membre de la fondation qui aurait accepté la dépense. Visiblement Julian Assange n’a pas la maitrise du budget de son projet. Un chef de projet ayant la responsabilité de son budget participe à l’élaboration du budget prévisionnel afin d’être certain de disposer des moyens de réaliser son œuvre, engage des équipes lui-même ou participe aux entretiens d’embauche menée par la structure donneur d’ordre, engage des frais sur la base du budget prévisionnel, signe les contrats avec les fournisseurs, dispose de moyens de paiements et paye lui-même des dépenses courantes comme les frais de bureaux et de fournitures. En cas de dépassement du budget il doit évidemment en référer aux financeurs, mais il n’est pas contrôlé au jour le jour pour ses dépenses courantes. Selon ce document, Julian Assange est au sein de la Fondation Wau Holland un exécutant de projet sans pouvoir décisionnaire. Il ne devrait donc ni porter la responsabilité de l’échec ni de la réalisation du projet 04 Wikileaks.


[1] « Im Jahr 2011 wurden neben Projekt 04 « WikiLeaks » die Projekte TOR und « Chaos macht Schule » von der WHS unterstützt », page 1, Jahresbericht 2011. https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[2] Conférence de Andreas Lehner au Chaos Computer Congress de 2007 sur TOR. https://media.ccc.de/v/24c3-2382-de-tor#t=4188

[3] Page 1, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[4] Hilfspersonenvertrag und Beschreibung des Projekts 04. Am 21.12.2010 wurde zwischen der Stiftung und Julian Assange, dem Projektleiter des WHSProjekts 04 « WikiLeaks », ein Projektvertrag geschlossen. Dieser Projektvertrag definiert die Ziele, Aufgaben und Regeln, die Herr Assange im Stiftungsprojekt 04 und im Rahmen seines Projekts « WikiLeaks » realisieren soll. Inhaltlich festgelegt wurden diese Rahmenbedingungen zuvor in zahlreichen Gesprächen seit dem ersten Kontakt Ende 2008. Im August 2009 wurde das Projekt 04 eingerichtet und mit der Spendenakquisition begonnen. Die WHS übernahm damit die Verantwortung für wesentliche Projektteile des Gesamtprojekts Wikileaks. Die im Projektleitervertrag dokumentierten Regeln und Prozeduren wurden bereits seit Anfang 2010 angewandt Die Ziele von Projekt 04 als Teilmenge der gesamten « WikiLeaks »-Aktivitäten wurden folgendermaßen definiert : », page 1, Jahresbericht, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[5] Op.cit., page 1, , Jahresbericht, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[6] http://www.der-vereinsmanager.info/index.php/beitrag-anzeige/hilfspersonen-und-gemeinnuetzigkeit.html

https://dejure.org/gesetze/AO/57.html

[7] https://www.freelancermap.de/blog/dienstleistungsvertrag-fuer-freelancer-das-muss-rein/

[8] https://www.firma.de/unternehmensfuehrung/was-ist-ein-werkvertrag-definition-und-erklaerung/

https://www.gesetze-im-internet.de/bgb/__631.html

https://www.gesetze-im-internet.de/bgb/__611.html

[9] « Der Grad der persönlichen Abhängigkeit hängt dabei auch von der Eigenart der jeweiligen Tätigkeit ab. Für die Feststellung, ob ein Arbeitsvertrag vorliegt, ist eine Gesamtbetrachtung aller Umstände vorzunehmen. Zeigt die tatsächliche Durchführung des Vertragsverhältnisses, dass es sich um ein Arbeitsverhältnis handelt, kommt es auf die Bezeichnung im Vertrag nicht an. » , article 611a du Code civil,

https://www.gesetze-im-internet.de/bgb/__611a.html

[10] « Dieser Projektvertrag definiert die Ziele, Aufgaben und Regeln, die Herr Assange im Stiftungsprojekt 04 und im Rahmen seines Projekts « WikiLeaks » realisieren soll. Inhaltlich festgelegt wurden diese Rahmenbedingungen zuvor in zahlreichen Gesprächen seit dem ersten Kontakt Ende 2008. Im August 2009 wurde das Projekt 04 eingerichtet und mit der Spendenakquisition begonnen. Die WHS übernahm damit die Verantwortung für wesentliche Projektteile des Gesamtprojekts Wikileaks. Die im Projektleitervertrag dokumentierten Regeln und Prozeduren wurden bereits seit Anfang 2010 angewandt Die Ziele von Projekt 04 als Teilmenge der gesamten « WikiLeaks »-Aktivitäten wurden folgendermaßen definiert: », page 1, Jahresbericht 2011, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[11] https://www.benjamin-lanz.de/2017/03/20/arbeitgeber-und-strafrechtliche-verantwortung-das-vorenthalten-von-arbeitsentgelt-266a-stgb/

[12] https://www.youtube.com/watch?v=PMtE6CPED2I; discours de Julian Assange le 24 février 2011

[13] « 2.1Betrieb einer Internetplattform Entwicklung und Betrieb einer geeigneten globalen Plattform für die uneinschränkbare technische Realisierung zur Veröffentlichung der Materialien von Whistleblowern, um damit die Informationsfreiheit im Sinne der Satzung der WHS zu fördern », op.cit, page 2 Jahresbericht 2011, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[14] https://www.saadrachid.net/actualites/plateforme-vs-portail-web/

[15] « 2.2 Eingereichte Informationen .Entgegennahme, Prüfung und Publikation der eingereichten bzw. zugeleiteten Informationen (sowohl durch journalistische Aufbereitung als auch notwendige Recherche) ». op.cit, Jahresbericht 2011,  https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[16] « 2.3 Öffentlichkeitsarbeit. Öffentlichkeitsarbeit für die Plattform, um das primäre Anliegen der Stiftung, die Informationsfreiheit, zu fördern », op.cit, Jahresbericht 2011,  https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[17] « 2.4 Rollenbeschreibung und Strategie.Bei den notwendigen strategischen und taktischen Maßnahmen zur Erreichung dieser Ziele wurde Herrn Assange innerhalb der vereinbarten Rahmenbedingungen und Zielbeschreibungen (1.1, 1.2, 1.3 des Vertrags mit Herrn Assange) Entscheidungsfreiheit eingeräumt über die Einzelheiten der Umsetzung gemäß 2.1 des Vertrags. Es wurde beschlossen, dass auch diejenigen Aktivitäten, die direkt von der Stiftung finanziert werden, in der Öffentlichkeit unter dem Namen « WikiLeaks » dargestellt werden, um den bereits eingeführten Namen für die Spendenakquisition nutzen zu können ». op.cit, Jahresbericht 2011,

https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[18] « Gemäss den Stiftungszielen in den Statuten der WHS beauftragt die WHS die oben genannten Projektleiter mit folgenden Aufgaben, zu denen die Projektleiter strategische Konzepte zur Umsetzung entwickeln und von der WHS schriftlich freigeben lassen », Modèle de contrat projet, 22 mars 2012,

https://www.wauland.de/media/2012-03-22_Projektauftrag-Template_v1.pdf

[19] « Vorgaben und Rahmenbedingungen.  2.1 Projektstrategie. Die Projektleiter sind frei in der Umsetzung der abgestimmten Aufgaben; sie informieren die WHS aber jeweils vorab über die geplanten Massnahmen und Aktivitäten.. Änderungen in der Projekt-Ausrichtung, die von den Projektleitern im Laufe des Projektes vorgeschlagen Die Projektleiter sind frei in der Umsetzung der abgestimmten Aufgaben; sie informieren die WHS aber jeweils vorab über die geplanten Massnahmen und Aktivitäten.. Änderungen in der werden, müssen durch die WHS freigegeben und diesem Projektvertrag in schriftlicher Form beigefügt werden »., op.cit. page 1,

https://www.wauland.de/media/2012-03-22_Projektauftrag-Template_v1.pdf

[20] « 2.5 Finanzierung.  Folgende Dinge werden durch die Stiftung im Projekt 04 finanziert, solange zweckgebundene Spenden verfügbar sind: • Infrastruktur (Hard- und Software) sowie Entwicklung von Software und Arbeitsabläufen. • Auslagenerstattung im Rahmen des Projekts. • Bezahlung des Projektleiters und weiterer Hilfspersonen der Stiftung.. • Kosten von im Einzelfall vereinbarten Kampagnen und Fundraisingaktionen. • Rechtsberatungskosten (dazu gehören NICHT Anwaltskosten für Julian Assange wegen des schwedischen Auslieferungsantrags). • Strukturkosten und Kosten, die aus dem Wachstum des Projekts resultieren. • Übliche laufende Kosten wie z.B. Miete von Büroräumen und Ausrüstung. Das Spendenaufkommen in 2011 ist gegenüber 2010 um 90% eingebrochen auf Grund der Blockade der Zahlungswege über PayPal, VISA und Mastercard als Folge der Veröffentlichung der « cables » », Jahresbericht 2011, page 2, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[21] https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf, page 2

[22] https://www.lrb.co.uk/v36/n05/andrew-ohagan/ghosting

[23] « 2.6 Kontrolle .Dem Projektleiter obliegt eine regelmäßige Berichtspflicht, die primär in Form von verschlüsselter Internetkommunikation (Chat) wahrgenommen und durch regelmäßige persönliche Treffen vertieft wird. Der Stiftung obliegt die Prüfung der eingereichten Rechnungen, die in der Regel bereits vom Projektleiter autorisiert wurden », page 2, Jahresbericht 2011, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[24] « 3 Nachweis der tatsächlichen Kontrollausübung  Julian Assange und die weiteren Hilfspersonen des Projektes sind gemäß des geschlossenen Projektvertrages verpflichtet, die vereinbarten Tätigkeiten auszuführen und dabei die unter Punkt 2 des Vertrags vereinbarten Rahmenbedingungen einzuhalten.

Der Vorstand übt seine Kontrolle durch die individuelle Prüfung der Tätigkeiten im Rahmen der inhaltlichen und formellen Abnahme aus. Die diesbezüglich laufende Arbeit des WHS-Vorstands wird in wöchentlichen Telefonkonferenzen abgestimmt.

 Die Vorstandsmitglieder kommunizieren zwischendurch mit den Hilfspersonen über die laufenden Arbeitsschritte bzw. deren Abnahme über elektronische Kommunikationsmittel wie Chat, Jabber und Telefon. Dadurch wird sichergestellt, dass nur diejenigen Arbeiten des Projekts finanziert werden, die vereinbart worden sind.

 Die der WHS zugegangenen Rechnungen über Aufwandsentschädigungen bzw. die Erstattung von Auslagen werden jeweils mit den vorliegenden Berichten abgeglichen oder nach mündlicher Rücksprache freigegeben. Im Falle weiteren Klärungsbedarfs wurde dies auf der Rechnung entsprechend zur Klärung vermerkt. Jede Rechnung trägt einen persönlichen Kontrollvermerk des Vorstandsmitglieds, das die Freigabe in Abstimmung durchgeführt hat. », page 3, Jahresbericht 2011, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[25] « Für den Fall, dass die Projektleiter durch äussere Umstände behindert sind, ihre Rolle auszuüben, wird die Projektleitung durch die WHS an andere Personen delegiert und ein neuer Projektvertrag geschlossen », page ,

https://www.wauland.de/media/2012-03-22_Projektauftrag-Template_v1.pdf

Andy Müller-Maguhn comme véritable directeur du projet « Wikileaks »

« En 2011 Andy Müller-Maguhn a agit comme délégué du Conseil d’Administration chargé d’examiner les développements et les détails sur place.  Il a réalisé plusieurs voyages (voir la documentation de voyage) et a rendu compte au Conseil d’Administration par des entretiens téléphoniques et des conversations personnelles. Fin juillet 2011 la Fondation Wau Holland a tenu une réunion de conseil d’administration à laquelle tout les membres du CA ont participé de même que Andy Muller Maguhn pour examiner l’état du projet « Wikileaks » et ses besoins à l’avenir. Il a été ici question de l’amélioration des procédures dans la collaboration avec toutes les personnes participant au projet »[1].

La page 6 du rapport nous apprends à quelles dates et pour quelles raisons Andy Müller Maguhn se rend en 2011 à Ellingham Hall ou il est reçu par le propriétaire des lieux Vaughan Smith, garant de Julian Assange dans le cadre de sa résidence surveillée en détention provisoire. En janvier 2011 le délégué du CA de la fondation Wau Holland Andy Müller Maguhn vient pour « une discussion avec un responsable de secteur du Spiegel comme partenaire médias allemand au sujet des publications prévues »[2]. Il effectue « une visite de la situation locale du travail et décide de l’activité d’autres personnes aidantes »[3]. En mai 2011 il mène « une discussion au sujet d’un nouveau système de soumission des documents pour un enregistrement mondial anonyme des documents »[4](…). Il a « une rencontre personnelle dans la phase d’adaptation avec la nouvelle cheffe de projet »[5]. En juillet 2011 il effectue « une visite d’une soirée de fundraising décidée par le CA »[6]. Il mène « des négociations avec les partenaires médias » et conclut « des accords au sujet des objectifs et des procédures qui seront évoquées dans le point 4.4 au moment de la publication des « Spy files »[7].

En août 2011 Andy Müller Maguhn mène des « négociations d’étapes au sujet des travaux des « Spy Files »[8] et une conversation décisionnaire avec le partenaires médias Spiegel pour les autres publications »[9]. Enfin, du 21 au 24 octobre il revient avec deux autres membres du Conseil d’Administration, Klaus Schleisiek et Bernd Fix pour « une réunion de travail à Londres avec les partenaires médias pour les Spy Files. Les remboursements de factures sont clarifiés avec le personnel aidant à Elligham Hall ».[10] Bernd Fix membre du CA participe à une conférence de presse au Frontline Club au sujet du procès contre le blocage bancaire[11]. Enfin le 21 novembre 2011 Andy Müller Maguhn mène une « réunion de travail juste avant la publication des Spy Files avec les partenaires médias »[12] .

Nous ne pouvons déduire de ce rapport comment le délégué du CA de la fondation Wau Holland contrôle le travail du chef de projet du projet 04 « Wikileaks » Julian Assange sur les autres publications, mais il apparait ici agissant comme un rédacteur en chef en ce qui concerne la publication « Spy Files ». De plus, il parait être le négociateur principal ou même unique avec les médias partenaires et parait décisionnaire sur l’embauche de nouveaux salariés comme la nouvelle cheffe de projet dont le nom reste caché. Pendant ce temps, fin novembre 2011, Julian Assange a perdu tous ses procès en appel et doit faire recours à la Cour Suprême britannique contre l’extradition vers la Suède. Le 1 décembre 2011 lors de la conférence de presse de lancement de la publication des « Spy files», il est en attente de savoir si son recours sera accepté par la Cour[13]. Il perdra aussi ce procès le 13 juin 2012.

Les relations concrète du délégué du CA Andy Müller Maguhn et du « chef de projet » de la Wau Holland Julian Assange sur le projet 04 « Wikileaks » restent flous dans le rapport d’activité de la fondation, mais le document nous livre un descriptif de ce qui a été fait  sous le titre : « Inhaltliche Ausrichtung und Veröffentlichungen »- «La mise en place du contenu et des publications ».

« En 2011 le projet 04 à côté des travaux d’infrastructure a réalisé 2 complexes thématiques d’importance publique »[14]. Les travaux d’infrastructures consistent en construction de serveurs pour centraliser et pouvoir faire utiliser les documents par les partenaires médias. Les documents bruts ont été visionnés, puis des recherches ont été menées par les journalistes pour les présenter sous forme de récits dans un contexte. La publication anonymisée des documents a été synchronisée avec les publications des médias partenaires. « Par ce traitement, la vérification, la contextualisations et la sécurisation des personnes citées dans les publication a été garanties »[15]. Tout au long de l’année les publications portent sur les pays suivants : Brésil, Sri Lanka, Grande Bretagne, Suède, USA, Guatemala, Colombien, Equateur, Egypte, Jordanie, Yemen, Thailande, Inde. La publication du 2 février 2011  dévoile le projet des USA de destruction (« Zersetzungsplans ») de Wikileaks. Le 25 avril 2011 a lieu la publication des « Guantanamo Files » et le 1 décembre 2011 des « Spy Files », les documents de surveillance des télécommunications.

Le rapport présente la réalisation de chaque activité. En comparant avec le tableau de la page 6 ou les activités sont chiffrées, il est possible de voir à quoi a été dépensé l’argent des donateurs pour le projet 04 « Wikileaks ».

« Darstellung der Tätigkeitsbereiche im Projekt 04 » – « Présentation des champs d’activité du projet 04 ».

« 5.1 Verwaltung ». « La gestion ». « Ce sont les frais de gestion du côté de la fondation : comptabilité, conseil juridique et frais de voyages des membres du CA et des délégués pour la surveillance du projet. La gestion courante des affaires (tenue des dossiers, gestion des paiements, relations bancaires) est effectuée bénévolement par les membres du Conseil d’Administration. [16]» La somme est de 24 256 Euros. Elle comporte les 6 voyages de Andy Müller Maguhn et le voyage de Klaus Scheisiek et Bernd Fix en Angleterre. Cette description montre que le Conseil d’Administration possède les moyens de paiements, et donc paye probablement les salaires ou émoluments des salariés du projet, quel que soit le contrat sous lequel ils agissent.

5.2« Projektleitung » – « la direction du projet ». « Le gestion du projet quant à son contenu incombe à Julian Assange selon le point 2 du contrat signé avec lui. Lui incombe aussi la réception des activités en ce qui concerne le fond »[17]. Julian Assange est donc responsable du contenu des publication, mais pas de certains aspects touchant l’organisation du projet. Selon les passages du documents analysés plus haut, il ne serait pas responsable du budget et de l’embauche des collaborateurs. Pour ce faire Julian Assange est, selon la grille figurant page 6, payé 72 000 Euros par an, soit 6000 Euros par mois. Cette rémunération parait confortable, mais rien n’est dit sur le paiement de cotisations sociales, assurance maladie, retraite et assurance chômage. Selon les lois de l’Union Européenne, Julian Assange travaille pour une entreprise allemande en séjournant en Grande Bretagne. Son statut serait donc celui d’un travailleur détaché pour une entreprise allemande.

Dans ce cadre la fondation doit payer les cotisations dans une caisse de sécurité sociale allemande. Elle doit donc pour ce faire établir pour Julian Assange une carte de séjour en Allemagne, ou utiliser celle qu’il a déjà en séjournant dans l’espace de l’UE, quel que soit le pays. Si la fondation ne s’assure pas que son salarié ou son prestataire étranger possède cette carte de séjour dans l’UE, il est simplement sans papier mais le paiement de cotisations par la fondation est dû quand même, après régularisation du salarié vis-à-vis des autorités administratives, après un procès au tribunal du travail ou après une intervention de l’inspection du travail et ou des syndicats. Il est utile de rappeler ici que l’emploi de sans papiers sans payer leurs cotisations est illégal dans le droit allemand et dans la législation de l’UE. Cette pratique illégale est dénoncée et combattue par les syndicats en Europe comme du travail dissimulé, l’exploitation éhontée de travailleurs vulnérables, parfois aussi c’est une pratique proche de l’esclavage. L’inspection du travail allemande devrait être saisie pour établir la responsabilité de la fondation Wau Holland dans la situation de Julian Assange en tant que travailleur étranger non déclaré et dont les droits n’ont pas été respectés.

« 5.3 Planung » – «  Planification ». Ce terme englobe l’organisation des rencontres, la tenue de l’agenda et la coordination du programme des différents acteurs du projet en lien avec l’avancement du projet. C’est l’assistanat de direction pour lequel la somme de 40 800 Euros est citée. Cette somme peut servir à rémunérer largement un poste à environ 2000 à 3000 Euros par mois[18].

« 5.4 Logistik – logistique ». Ce terme recouvre : « l’organisation des réunion et des conférences, l’infrastructure pour les activités du projet, l’organisation des voyages, la coordination et le suivie des collaborateurs bénévoles. Dans le terme logistique, la fondation a inclut les voyages de ses délégués pour la réception des étapes du travail »[19]. Ce terme peut recouvrir donc les aspects de l’organisation évènementielle (conférences de presse) qui est très important dans le projet éditorial de « Wikileaks ». Le suivi des équipes de bénévoles peut être un poste d’encadrement à plein temps comme dans les grandes ONG. Quand aux voyages du délégué du CA en Angleterre, ils ont déjà été évoqués dans le point « gestion » mais il est possible qu’ils étaient plus nombreux afin de mieux contrôler les « étapes du travail »(« Arbeitschritte »). Avec la somme de 87 000 par an, il est possible de salarier deux personnes à des salaires de 2500 Euros net par mois tout en payant des cotisations sociales de l’ordre de 40% du salaire en plus.

« 5.5 Software » – « logiciels ». « Pour la réalisation des objectifs du projet en 2011 divers développeurs ont crée des composants pour la réception, la visualisation interne et la publication des documents. La plupart de ces activités a été bénévoles. En 2011 deux développeurs ont obtenu pour cela des indemnités »[20]. Le travail des développeurs a été donc rémunéré à hauteur de 26 000 Euros, soit 13 000 Euros chacun.

« 5.6 Recherche ». « Pour la vérification de l’authenticité et de l’importance des documents ont été employées 3 personnes en 2011, qui ont aussi effectué plusieurs voyages. Pour la compréhension des documents en langue étrangère une personne de plus a été engagée sur cette recherche »[21]. Nous ne savons pas hélas avec quels contrats ces personnes ont été embauchées ni avec quelle langue a travaillé la quatrième personne. La somme allouée de 64 330 Euros ne permet pas de rémunérer des personnes travaillant à plein temps sur un an de 4 personnes avec un salaire correct. On peut supposer que ces postes étaient temporaires ou qu’il s’agissait de postes à  mi-temps. La fondation Wau Holland reste muette sur les contrats de travail qu’elle a établie pour ces personnes. Je suis étonnée que l’inspection de travail allemande n’est pas été saisie pour combler ce flou et vérifier si l’embauche de ces personnes étaient en conformité avec le code du travail allemand et/ou les directives européennes sur le travail.

« 5. 7. Rechtsberatung » – « Conseil juridique ». Deux cabinets d’avocats ont été engagés pour « évaluer l’impact juridique des publications » et pour « sécuriser les accords de collaboration avec les médias partenaires et pour éclaircir les problèmes fiscaux »[22]. Un cabinet est britannique et le deuxième allemand. Le document ne donne hélas pas les noms. La somme importante de 72 000 Euros leur a été versée mais on ne sait pas qui sont les cabinets juridiques récipiendaires qui ont profité de cette manne d’argent du citoyen donateur. Il n’y a pas besoin de répéter ici que les procès en appel de Julian Assange contre la répression qui l’accable ne sont pas pris en charge par le projet 04 « Wikileaks ». Julian Assange n’a que des obligations vis-à-vis de la Wau Holland Stiftung et ne bénéficie même pas de son soutien financier contre la répression dont il est victime alors que les citoyens sont convaincus de lui apporter de l’aide A LUI en versant de l’argent à la Wau Holland. Le travail de Julian Assange pour la Wau Holland est clairement une exploitation du premier par la seconde et un abus de bien social vis-à-vis des donateurs pour le projet « Wikileaks ».

«  5.8 Journalistische Aufbereitung – « Mise en forme journalistique ».

« Pour la mise en forme journalistique, en particulier la mise en contexte des documents et l’explication du contexte historique et des relations, différents journalistes ont été engagés et leurs efforts indemnisés en conséquence. En 2011 en tout 6 journalistes ont été actifs comme « personnel aidant » dans ce domaine »[23]. La somme de 58 578 Euros a été dépensée soit 9763 euros par journaliste. Le document ne précise pas si ce sont des journalistes des médias partenaires qui ont été rémunérés ou de jeunes journalistes travaillant uniquement pour le projet. De même il n’y a aucune indication sur le type de contrat qu’ils ont signé sans parler de leur noms. Pourtant, si l’argent récolté auprès du citoyen sert à verser des salaires à des journalistes qui par la suite font du « storytelling » autour de Wikileaks ou de la personne de Julian Assange, le citoyen est en droit de savoir qui a effectué quelle tâche, pour combien d’Euro et avec quel argent.

« Technische Aufbereitung » – « Préparation technique des documents sur internet »[24]. Il s’agit ici du travail physique de mise en ligne. Il a été effectué par des bénévoles, néanmoins indemnisés à hauteur de 31 000 Euros par an, soit 2583 Euros par mois, somme assez importante pour du bénévolat.

« 5.10 Öffentlichkeitsarbeit » – « travail de relations publiques ». « Le travail de médiatisation a été coordonné, à côté de Julian Assange, par le porte-parole Kristinn Hrafnsson engagé à cet effet. De plus différents documents vidéos, courts métrages et contribution ont été produits. De même sont inclus ici le travail de graphistes, les frais des conférences de presse, et des voyages pour les rencontres presse. Les frais de traductions sont inclus aussi. Dans ce domaine ont travaillé jusqu’à 7 personnes aidantes, certaines temporairement et 3 en contrat de prestation de service »[25]. C’est le poste le plus important. Kristinn Hrafnsson apparait ici dans le rôle de responsable de communication médias que nous lui connaissons aujourd’hui. Avec 10 personnes, même si certaines temporaires, c’est toute une équipe de professionnels qui s’est occupée des outils communication de « Wikileaks ». Kristinn Hrafnsson est actionnaire dirigeant de la Sunshine Press Production, entreprise islandaise qui deviendra le sous-traitant exclusif de la fondation Wau Holland pour le projet 04 Wikileaks en 2014[26] et le restera jusqu’à 2020. Durant cette période Julian Assange ne sera plus apte à diriger cette entreprise dont il est censé être le gérant du fait de son enfermement dans les locaux de l’Equateur et après le 11 avril 2019 dans un lieu inconnu. Il est possible que les contrats de prestations évoqués ici concernent la Sunshine Press Productions et que les 7 personnes engagées le soient via des contrats avec cette entreprise. La somme de 111 574 Euros parait importante, mais divisé par 12 mois, reste un budget de 9297 Euros par mois, confortable mais ne permettant que l’embauche de 2 à 3 personnes de façon stable.

« 5.11 Technische Infrastruktur » – « Infrastructure technique »[27]. Ce terme englobe les installations de serveurs sur lesquels sont sécurisés les documents ainsi que toutes connexions internet. En 2011 les serveurs ont été loués à 3 entreprises pour la somme (assez modique comparée aux autres  dépenses ) de 12 000 Euros .

Dans le point « 5. 12 Allgemeine Infrastruktur », « Infrastructure générale »[28] est mentionné la location de plusieurs bureaux et des locaux de conférences. Il a été nécessaire de sous-traiter l’organisation des conférences de presse à deux entreprises. La somme globale est de 59 933 Euros et elle parait réaliste s’il faut compter les personnes embauchées à plein temps pour le travail quotidien dans un bureau et les coûts de location de salles à Londres. Les rapports d’activité de la Fondation ne mentionnent pas de quelles salles il s’agissait : des locaux du Frontline Club gérés par la Frontline Club Charity Trust, structure britannique subventionnée entre autres par la Open Society Foundation de Georges Soros dont le siège se trouve au 15A Norfolk Place à Londres[29] ou de la résidence Elligham Hall où Julian Assange étaient emprisonné ?

En tout le projet 04 « Wikileaks » de la Wau Holland Stiftung a coûté en 2011 660 522 Euros. Avec les 400 000 Euros dépensés en 2010, la masse de dons récolté en début de projet en juillet 2010 a été épuisée aux deux tiers. On peut estimer le nombre de personnes rémunérées par le projet à entre 11 et 25. Les postes stables seraient le chef de projet, l’assistanat de direction, le secrétariat (2 postes), les prestations informatiques (évaluée à un poste à plein temps au moins), 3 postes de recherche et 3 postes du pôle médias – 11 au minimum. Si on rajoute le paiement de 6 journalistes, les bénévoles défrayés (évalué à 1 plein temps) et en comptant l’ensemble des 7 personnes supplémentaires citées comme travaillant pour le pôle médias, le chiffre de 25 personnes au maximum parait réaliste.

Un demi-million d’Euros reste encore en réserve et les dons continuent à affluer en 2011, selon le document financier de la Wau Holland. Cependant, Julian Assange, tout en restant chef de projet en 2012, ne touchera plus aucune rémunération. Le rapport d’activité de 2012 annonce qu’il a travaillé bénévolement[30]. Il est impossible de comprendre à la lecture de ces documents selon quelle modalités juridiques son « contrat de projet » signé avec la fondation permet de le faire travailler gratuitement. Tout porte à croire que le « travail gratuit sous contrat » est illégal. En droit européen on ne peut forcer quelqu’un à exécuter une tâche gratuitement : le faire est du travail forcé, de l’esclavage donc. Le travail forcé est interdit sous toutes les formes dans les droits fondamentaux de tous les pays européens, dans la Charte Européenne des Droits Fondamentaux et dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Le bénévolat peut être régulé par un contrat spécial, mais aucune coercition ni aucune punition ne peut être infligé au bénévole qui est libre de s’arrêter quand il veut. Julian Assange en 2012 est déjà un prisonnier otage d’une situation ubuesque. Le faire travailler gratuitement sur un projet dirigé par une structure allemande est un abus particulier sur lequel la lumière doit être faite. Les responsables de cette situation et tous ceux qui ont profité de l’argent du « Projet Wikileaks » doivent assumer les conséquences légales de cette responsabilité.

Le document « »Projekt 04: Informationsfreiheit verteidigen » Transparenzbericht 2011 » – «  Projet 04 : défendre la liberté d’information, rapport de transparence 2011 »[31] est un bilan financier du projet Wikileaks. Pour la partie dépenses il reprend la description et les chiffres cités dans le rapport d’activité. Pour la partie revenus, les dons s’élèvent en 2011 à 139 401 Euros, somme honorable mais loin du succès de 2010. Les deux mois les plus fastes sont janvier 2011 (après les publication des télégrammes diplomatiques US) et octobre (avant la publication des « Spy files »), à raison de 29 000 Euros par mois. En février après la publication des documents américains contre Wikileaks 17 000 Euros sont récoltés et le reste de l’année les sommes vont de 1200 Euros en avril à 11 000 en juin et 15 000 en décembre. On voit que la somme mensuelle est aléatoire et que le projet exige donc une rigoureuse gestion à l’année.


[1] « Im Jahre 2011 agierte zudem Andy Müller-Maguhn als Delegierter des Vorstands, um über die Entwicklungen vor Ort im Bilde zu sein und Detailfragen vor Ort zu klären. Er unternahm mehrere Reisen (siehe Reisedokumentation) und berichtete hierzu dem Vorstand bei den Telefonkonferenzen bzw. in persönlichen Gesprächen. Ende Juli 2011 hat die Wau-Holland-Stiftung eine Vorstandsitzung in Hamburg abgehalten, an der alle Vorstandsmitglieder sowie Andy Müller-Maguhn teilnahmen, um den Stand und weiteren Bedarf des Projekts 04 « Wikileaks » festzustellen. Hier ging es auch um die Verbesserung der Verfahrensregeln im Umgang mit allen an dem Projekt beteiligten Personen »., page 3, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[2] « Gespräch mit einem Ressortleiter des SPIEGEL als deutschem Medienpartner über geplante weitere Veröffentlichungen. », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[3] « Besichtigung der lokalen Arbeitssituation und Abstimmung der Tätigkeiten weiterer Hilfspersonen » ; page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[4] « Konzeptionelle Diskussion über den Neuaufbau eines Submission-Systems für eine weltweite anonyme Entgegennahme von Materialien »,page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[5] « Treffen mit der in der Einarbeitungsphase befindlichen neuen Projektmanagerin », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[6] « Besuch der vom Vorstand beschlossenen « Fundraising Party », op. cit

[7] « Gespräche mit Medienpartnern. Vereinbarung der Zielvorgaben und Vorgehensweisen der unter 4.4 weiter ausgeführten Veröffentlichung « Spý Files », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[8] « Zwischenbesprechung zum Stand der Arbeiten bei den « Spy Files », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[9] « Abstimmungsgespräch mit dem Medienpartner SPIEGEL zu anderen Materialien » page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[10] « Arbeitssitzung in London mit den Medienpartnern für die « Spy Files ». Klärung offener Rechnungsabnahmen mit den Hilfspersonen in Ellingham Hall. Teilnahme », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[11] « Teilnahme von Bernd Fix an der Pressekonferenz zur Bankenblockade am 24.10.2011 im Frontline Club », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[12] « Arbeitssitzung mit den Medienpartnern unmittelbar vor Veröffentlichung der « Spy Files » », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[13] https://www.youtube.com/watch?v=Q3zpLefXOP4

https://www.news.com.au/technology/wikileaks-details-surveillance-industry/news-story/1cbcb6ff55fb5c57cc8d359aef1a326a

[14] « Im Jahre 2011 war das Projekt 04 neben infrastrukturellen Arbeiten vor allem mit 4 Themenkomplexen von öffentlichem Belang beschäftigt. Infrasturkturelle Arbeiten heißt konkret, ein Ausbau der Server-Infrastruktur, unter anderem für die dezentrale Sichtung und Kommentierung von eingereichten Materialien durch Medienpartner weltweit. Die von WikiLeaks den Medienpartnern zur Verfügung gestellten Rohmaterialien werden zunächst grob gesichtet. Dann werden in der Regel die Rechercheansätze, die sich ergeben, von den Journalisten selber verfolgt, so dass hieraus vollständige Berichte entstehen, die eine adäquate Darstellung der Materialien in ihrem Kontext sicherstellt. Die anonymisierte Veröffentlichung des Basismaterials erfolgt dann grundsätzlich synchronisiert und verlinkt mit den Veröffentlichungen der Medienpartner », page 3, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[15]«  Durch diese Vorgehensweise ist die Verifizierung, die Kontextualisierung und der Schutz von Betroffenen sichergestellt. », page 3, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[16]  « 5.1 Verwaltung Dies sind die Verwaltungskosten auf Seiten der Stiftung: Buchhaltung, Rechtsberatung und Reisekosten von Vorstandsmitgliedern und Deligierten für das Projektmonitoring. Die laufenden Verwaltungsgeschäfte (Aktenführung, Zahlungsmanagement, Bankgeschäfte) werden von Vorstandsmitgliedern ehrenamtlich geleistet. 5.2 Projektleitung Die inhaltliche Projektleitung obliegt Julian Assange, mit dem der unter Punkt 2 erwähnte Vertrag geschlossen wurde. Ihm obliegt auch die inhaltliche Abnahme der Tätigkeiten. », page 4 , https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[17] « Die inhaltliche Projektleitung obliegt Julian Assange, mit dem der unter Punkt 2 erwähnte Vertrag geschlossen wurde. Ihm obliegt auch die inhaltliche Abnahme der Tätigkeiten ». page 4, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[18] « 5.3 Planung Die Planung umfasst die Koordination von Terminen, Treffen und anderen Aktivitäten, inklusive der regelmäßigen Abstimmung mit den Akteuren über den Fortgang vereinbarter Aktivitäten », page 4,

https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[19] « Die Logistik des Projektes umfasst: • Technische Ausrichtung von Treffen und Konferenzen, • Infrastruktur für Tätigkeiten im Projekt, • Organisation von Reisemitteln bzw. Reisen, • Koordination und Infrastruktur für ehrenamtlich engagierte Projektmitarbeiter. Unter dem Punkt Logistik hat die Stiftung auch die Reisen ihrer Delegierten für die Abnahme und Kontrolle von Arbeitsschritten erfasst », page 4, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[20] « Zur Verwirklichung der Projektziele haben im Jahr 2011 verschiedene Entwickler Komponenten für die Entgegennahme, die interne Sichtung und die Veröffentlichung von Materialien erstellt. Die meisten dieser Tätigkeiten waren ehrenamtlich, im Jahre 2011 haben 2 Entwickler hierfür eine Vergütung bekommen. », page 4,

https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[21] « 5.6 Recherche Zur Verifizierung der Echtheit und Relevanz zugegangenen Materials waren im Jahre 2011 im wesentlichen 3 Personen beschäftigt, die hierfür auch mehrere Reisen unternommen haben. Zum Verständnis fremdsprachlichen Materials war temporär eine weitere Person mit Recherchen beschäftigt. », page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[22] « 5.7 Rechtsberatung Zur Klärung der juristischen Bewertung eingegangenen Materials, der Sicherstellung der rechtlichen Unbedenklichkeit von Veröffentlichungen, der Gestaltung von rechtlichen Vereinbarungen mit Medienpartnern und Projektpartnern, sowie der Klärung fiskaler Fragen wurde im Jahre 2011 eine Kanzlei in England und eine in Deutschland engagiert. », page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[23] « 5.8 Journalistische Aufbereitung Zur journalistischen Aufbereitung, insbesondere der Kontextualisierung zugegangenen Materials und der erklärenden Beleuchtung von Hintergründen und Zusammenhängen, wurden verschiedene Journalisten engagiert und ihr Aufwand entsprechend vergütet. Im Jahr 2011 waren damit insgesamt 6 Journalisten als Hilfskräfte in diesem Aufgabenbereich tätig. », page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[24] « 5.9 Technische Aufbereitung Im Vorfeld von Veröffentlichungen werden die Materialien technisch für die Verbreitung im Internet aufbereitet. Diese Tätigkeiten wurden im Jahre 2011 überwiegend ehrenamtlich erbracht, lediglich für eine besonders aufwändige Aufbereitung wurde die Tätigkeit honoriert. Die für die Organisation der ehrenamtlich Tätigen aufgelaufenen Aufwendungen wurden im Logistikbereich erfasst ». page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[25]«  Die Öffentlichkeitsarbeit wird neben Julian Assange primär von dem dafür engagierten Sprecher Kristinn Hrafnnson koordiniert. Zusätzlich wurden verschiedene Videodokumentationen, Kurzfilme und Beiträge erstellt. Ebenso sind hier Grafikarbeiten und  Ausrichtungskosten von Pressekonferenzen sowie Reisen zu Presseterminen erfasst. Hier wurden auch die Kosten von Übersetzungstätigkeiten zugeordnet. In diesem Bereich waren insgesamt bis zu 7 Hilfspersonen (teils temporär) und 3 Dienstleister tätig ». page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[26] https://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf

[27] « 5. 11. Unter der Bezeichung technische Infrastruktur sind hier nur die Serverinstallationen zur Organisation des Datenflusses erfasst. Die im Kontext angemieteter Räume organisierten Internetanschlüsse etc. sind als allgemeine Infrastrukturkosten verbucht. Im Jahre 2011 waren bei insgesamt 3 Internetdienstleistern Server untergebracht. », page 5,

https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[28] « 5.12 Allgemeine Infrastruktur Für die Tätigkeiten der engagierten Hilfspersonen und ehrenamtlich tätigen Helfer wurden im Jahr 2011 für mehrere Monate Büroräume angemietet, zum Teil fielen die Arbeiten auch während mehrtägiger Konferenzen an. Für diese Konferenzen wurden jeweils geeignete Räume mit Internet und Konferenzinfrastruktur angemietet. Im Jahr 2011 wurden hier von 2 Unternehmen Räumlichkeiten angemietet. », page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[29] https://register-of-charities.charitycommission.gov.uk/ – voir les rapports d’activités de 2003 à aujourd’hui

[30] « Projektleitung. Die inhaltliche Projektleitung obliegt Julian Assange, mit dem ein entsprechender Projekt-Vertrag geschlossen wurde. Ihm obliegt auch die inhaltliche Abnahme der Tätigkeiten. Diese Tätigkeit wurde im Jahr 2012 ehrenamtlich ausgeführt. », page 7, “Projekt 04: Informationsfreiheit verteidigen” Transparenzbericht 2012, Wau Holland Stiftung,

https://www.wauland.de/media/2012_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[31] https://www.wauland.de/media/2011_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

La responsabilité pénale, morale et financière des dirigeants de la Wau Holland dans l’emprisonnement de Julian Assange

Pour finir notre analyse, nous citerons le document des nouveaux statuts de la Wau Holland Stiftung daté du 21 septembre 2011 – « Verfassung der Wau-Holland-Stiftung ». Les nouveaux statuts fixent le siège à Hamburg et comme objets de la fondation « La formation, la culture, la science, la protection du consommateur et le conseil aux usagers ». Les activités de la fondation en lien avec ses objectifs statutaires sont décrits comme la formation continue en nouvelles technologies des jeunes et des adultes par la promotion de l’open source, la culture (projets de musée des médias et des techniques), et l’activité scientifique. Après avoir cité la promotion des encyclopédies sur internet, la fondation « soutient la communication mondiale, la liberté de l’information et le « courage » -« Zivilcourage » peut être traduit par engagement ou responsabilité citoyenne. « Elle promeut la recherche scientifique dans le domaine des nouvelles technologies, l’histoire des médias et la recherche des relations entre relations sociales et communication médias »[1].

Le projet 04 Wikileaks et ceux qui vont le suivre, comme le projet 07« Zivilcourage »de soutien aux lanceurs l’alerte crée en 2014[2], peuvent rentrer ainsi dans cette formule alambiquée.

Le pouvoir au sein de la fondation appartient au Conseil d’Administration de 5 personnes qui ne peut être élargi mais uniquement renouvelé par cooptation après défection. Le président est primus inter pares. Les décisions sont prises à une majorité de voix avec minimum 3 personnes présentes. Les décisions engageants plus d’un tiers du capital de la fondation doivent être prise à minimum 4 personnes avec le président inclus. Pour exclure un membre, il faut 2/3 de voix soit 3 sur 4, puisque le cinquième serait l’exclus, une situation inédite. Le 25 mars 2018 Andy Müller Maghun signe le rapport de 2016 de la Fondation et ce document montre qu’il est alors président de la fondation. Aujourd’hui il est « deuxième président » après avoir cédé sa place à Klaus Peter Schleisieck, informaticien qui a milité à d’ATTAC Allemagne pour le revenu universel en 2017 et qui a participé à la direction du projet 04 Wikileaks en 2011 et 2012.

Bernd Fix aujourd’hui a tourné la page de « Wikileaks » et fait la promotion du bitcoin dans les conférences du Chaos Computer Club. Pourtant, il aurait fallu qu’il soit questionné sur sa responsabilité dans le projet 04 Wikileaks dont il s’est si habilement déchargé, de concert avec Andy Müller Maguhn, sur le dos de son ancien salarié et travailleur gratuit, Julian Assange.

Ceci est important non seulement parce que Julian Assange souffre pour des décisions qu’il n’a pas prises, n’ayant jamais eu aucune liberté dans sa collaboration avec la Wau Holland mais parce que le projet « 04 » continue depuis 2014 jusqu’à aujourd’hui sous forme de sous-traitance que la Wau Holland confie à la Sunshine Presse Production :

Le rapport d’activité de 2014 décrit ceci : « 5. Projet 04 – Liberté d’information. En ce qui concerne le projet 04 les activités ont été restructurée de façon à ce qu’un contrôle et une livraison des résultat soient plus facile pour le Conseil d’Administration. Il a été conclus un accord cadre avec l’entreprise médias Sunshine Press Production EHF (SSP Islande) pour des services journalistiques. Depuis des projets concrets leurs ont été commandés et réglés selon leur avancement. Les prestations concernent : la coordination de projet, la réécriture des documents pour protéger les lanceurs d’alertes et tierces personnes (enlever les Meta informations), la correction et la mise en contexte des documents, travail pour la publication sur internet et la communication avec les médias partenaires. En 2014 l’apparence du site internet wikileaks.org a été profondément remaniée avec une nouvelle formule d’envoi de document et une meilleure façon de chercher les documents »[3].

Tous les ans la même formule ou presque reconduit le projet « 04 » Wikileaks dans sa formule de sous-traitance à l’entreprise islandaise de Ingi Ragnar Ingasson et Kristinn Hrafnsson. Les Islandais sont cependant très justement désignés comme « prestataires » par les directeurs de projets allemands tandis que le président de la Wau Holland Stiftung appose sa signature sous les rapports d’activités authentifiant ainsi sa responsabilité pénale, morale et juridique au yeux du monde, des citoyens et des Etats.

Le projet 07 Zivilcourage qui apparait dans le rapport d’activité 2014 peut être identifié à la « Fondation Courage » dont Andy Müller Maguhn[4] est un « administrateur » et dont l’amie de Julian Assange et collaboratrice sur le projet 04 Wikileaks Sarah Harrison fut la « présidente » jusqu’en 2017. « Le projet 07 a été renouvelé en 2014 sous le nom de « Courage civique » afin d’honorer les personnes qui se sont engagées particulièrement dans les objectifs de la fondation et pour les aider le cas échéant. En 2014 des coûts de voyages ont été pris en charge pour les événements qui faisaient mieux connaitre ces activités là de la Wau Holland »[5].

Nous mettons les mot « présidente » et « administrateur » entre guillemets puisque de sérieux doutes subsistent quant à la structure juridique de cette organisation qui n’a aucune adresse dans aucun pays européen et qui ne fournit aucun document légal et ne publie aucun rapport d’activité. Le seul contact est un formulaire sur le site et personne ne répond jamais aux messages laissés. Le rapport d’activité de 2015 de la Wau Holland mentionne bien une « collaboration avec la Courage Foundation en Grande Bretagne »[6] mais la seule « Courage Foundation » existant dans le registre des associations en Grande Bretagne s’occupe d’enfants et n’a rien avoir avec des lanceurs d’alerte.

La seule adresse visible sur le site est celle qui figure sous le nom de la banque à laquelle les donateurs sont invités à envoyer de l’argent : La Chase Bank à New York – « Bank Account Courage Corp, account numer 000 000 83 87 31 689, BIC SWIFT code CHASUS 33, Routing numer IBAN 021 000 21, Reference : Courage Foundation, bank adress Chase Bank, 270 Park Avenue, New York, NY 100 17, USA. Recipient adress : Courage Foundation, 201, Varick Street, PO. Box #766, New York , USA »[7].

L’adresse de la banque à laquelle les citoyens sont invités par Andy Müller Maguhn et les autres dirigeants à envoyer leur argent pour soutenir Julian Assange et d’autres lanceurs d’alerte ne se trouve pas en Europe, mais aux Etats Unis ce qui ne peut qu’étonner, étant donné que ce pays est particulièrement hostile à « Wikileaks » et poursuit Julian Assange pénalement. La banque récipiendaire est la grande banque américaine Chase Manhattan Bank et l’adresse du compte de la « Courage Corp » se trouve Park Avenue. Mais il y a pire : l’adresse postale de la « Courage Foundation » se trouve au 201 Varick Street à New York, un immeuble appartenant à l’Etat fédéral américain dans lequel se trouve le tribunal de l’Immigration mais aussi le Laboratoire Nationale de Sécurité Urbaine et de l’Environnement dépendant du Department of Homeland Security, le ministère de l’intérieur fédéral américain ![8]

Andy Müller Maguhn et les autres administrateurs du « Courage Found»[9] demandent dont aux citoyens d’envoyer de l’argent dans une institution sise dans un lieu à risque, dans un pays qui est connu pour pourchasser les lanceurs d’alerte et qui pratique la surveillance de masse des citoyens, de leurs comptes en banque et de leur données sur internet ! Chaque envoi d’argent d’un citoyen européen pour la défense de Julian Assange peut donc être inscrit dans les registres de sécurité intérieure des Etats Unis qui ainsi pourront se constituer à peu de frais une belle base de données de militants hostiles au pouvoir américain sur la planète. Andy Müller Maguhn et les autres dirigeants de la structure mettent ainsi l’intégrité et la sécurité des citoyens européens en danger, cela doit être souligné afin que les Européens le sachent.

Mais il y a pire ! La « Courage Foundation ou Courage Found» n’a pas été trouvée dans les registres d’associations allemandes, françaises ni britanniques. Mais elle n’existe pas non plus dans les registres des ONG de l’Etat de New York. Par contre, la « Courage Corp » existe bien en tant qu’entreprise privée, « une Domestic Business Corporation », (« une société locale d’affaires ») crée le 30 mai 2017 et enregistrée sous le numéro DOS ID 5145362 au New York Departement of State Divison of Corporation (le services des entreprises privés de l’Etat de New York »)[10]. L’adresse de son siège est celle de son responsable Nathan Fuller, 2790 Brodway, app. 4D, 100 25, New York.

Aux Etats Unis, comme en Europe, la Loi oblige les organisations de charité et les associations non gouvernementales qui vivent de dons à soumettre leurs comptes à une autorité de contrôle et à les rendre publics. L’argent des citoyens doit être utilisé pour l’objectif déclaré dans les statuts légaux de ces structures et le public doit avoir le moyen de le vérifier. Toute utilisation de l’argent des citoyens pour un autre objectif est un abus de bien social. Que dire donc de l’entretien d’une entreprise privée capitaliste à but lucratif avec l’argent de dons citoyens ? Ce genre de pratique est condamné par la Loi et les mœurs dans nos sociétés capitalistes. Une entreprise « business » doit vendre des services et des biens et ne peut pas vivre de la charité du public.

La Courage Corp, ses dirigeants et ceux qui encouragent le versement de dons à la Courage Corp commettent donc un abus de bien social, peut-être même une escroquerie en récoltant l’argent de dons de citoyens qui veulent aider des lanceurs d’alerte. Ceci est d’autant plus grave que la Courage Corp, entité de business états-unienne se fait passer pour une association de charité, la Courage Foundation, entité qui n’existe en réalité nulle part juridiquement. Il est temps que des autorités judiciaires rappellent à l’ordre les dirigeants de ces structures, aussi bien Nathan Fuller à New York que Andy Müller-Maguhn en Allemagne. Müller-Maguhn en faisant appel à la générosité des citoyens européens pour verser des dons à une entreprise privée de business américain ne peut pas échapper à sa responsabilité juridique, d’autant plus qu’il reste aujourd’hui un membre dirigeant du Conseil d’Administration de la Wau Holland Stiftung, fondation dont le siège est à Hamburg et qui se trouve dans les registres des fondations de la Ville Libre de Hamburg[11].

Conclusion

Lorsque j’ai vu Julian Assange en vrai, le 21 octobre 2019, le 13 janvier 2020, le 24, 25, 26 e 27 février 2020 et le 9 septembre 2020 ce qui m’a toujours frappé est l’expression de tristesse sur son visage, celle d’un homme profondément blessé d’avoir été trahi par ceux qu’il considérait comme ses proches. Les hommes de la Wau Holland Stiftung ont été ses proches. Ils vivent tranquillement à Berlin et Hamburg entre leurs domiciles privés, leurs entreprises (Datareisenbureau de Andy Müller Maguhn), le Chaos Computer Club au 11 Marienstrasse ou ils se réunissent, et les bureaux de la Wau Holland au 25 Marienstrasse à Berlin. Ils sont libres et personne ne les inquiète. Pis, l’argent du citoyen continue à affluer tranquillement sur les comptes de la Wau Holland. Pendant ce temps, Julian Assange se meurt et eux sont indifférents à son sort. Jamais ils ne sont apparus ne serait-ce qu’à une seule audience du « procès ». Nous considérons leur trahison comme une faute morale et politique et nous souhaitons que lumière et justice soit faite sur leur responsabilité pénale. Qu’ils se dévoilent seuls comme responsables du Projet Wikileaks ou qu’ils soient dévoilés comme tels par une enquête citoyenne et judiciaire.


[1]  « Sie fördert die weltweite Kommunikation, Informationsfreiheit und Zivilcourage. Sie fördert wissenschaftliches Arbeiten im Bereich neuerer Technik- und Mediengeschichte und die Erforschung des Zusammenhangs gesellschaftlicher Entwicklungen und Kommunikationsmedien ». page 1,

https://www.wauland.de/media/2011-09-21_Verfassung-WHS.pdf

[2] https://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf

[3] http://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf

« 5 Projekt 04 – Informationsfreiheit Im Projektbereich 04 wurden die Aktivitäten umstrukturiert, so dass eine Abstimmung mit und eine Kontrolle der Aktivitäten durch den Vorstand einfacher wurden. Mit der Medienfirma Sunshine Press Productions EHF (SPP, Island) wurde ein Rahmenvertrag für journalistische Dienstleistungen geschlossen. Seitdem werden konkrete Projekte beauftragt und nach Arbeitsfortschritt abgerechnet. Die Dienstleistungen umfassen: Projektkoordination, technische Aufbereitung der Materialien zum Schutz von Whistleblowern und Dritten (Entfernen der Metainformationen), Review und Kontextualisierung der Materialien, Aufbereitung für die Veröffentlichung im Internet sowie Kommunikation mit Medienpartnern. 2014 wurde auch der Internetauftritt von wikileaks.org grundlegend überarbeitet mit neuer Submission-Platform und verbesserter Dokumentensuche »

[4] https://www.couragefound.org/tag/andy-muller-maguhn/

[5] « 8 Projekt 07: Zivilcourage Der Projektbereich 07 wurde 2014 unter dem Namen « Zivilcourage » neu eingerichtet, um Personen besonders zu würdigen und nötigenfalls zu unterstützen, die sich im Sinne der satzungsgemäßen Ziele der Stiftung besonders hervorgetan haben. Im Jahre 2014 wurden hier in geringem Umfang Reisekosten für die Teilnahme an Veranstaltungen erstattet, auch um die diesbezüglichen Aktivitäten der Wau Holland Stiftung besser bekannt zu machen »

http://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf *

[6] http://www.wauland.de/media/2015_Jahresbericht.pdf

[7] https://www.couragefound.org/donate/

500

[8] https://www.justice.gov/eoir/new-york-varick-immigration-court

https://en.wikipedia.org/wiki/National_Urban_Security_Technology_Laboratory

[9] https://www.couragefound.org/advisory-board/

[10]

https://appext20.dos.ny.gov/corp_public/CORPSEARCH.ENTITY_INFORMATION?p_token=D59D5B681BF708EB34A01B12983E32B0AF66E6B482D0DCCBE330598692791F670F764E558BEDCE22BCBC26AB4E7275B5&p_nameid=9805E5371F7C8010&p_corpid=0DFAEC3F1D70B519&p_captcha=17950&p_captcha_check=D59D5B681BF708EB34A01B12983E32B0AF66E6B482D0DCCBE330598692791F6730AFA8B9CB875F73B271C779DD1E75B7&p_entity_name=%43%6F%75%72%61%67%65%20%43%6F%72%70&p_name_type=%41&p_search_type=%42%45%47%49%4E%53&p_srch_results_page=0

[11] https://serviceportal.hamburg.de/HamburgGateway/FVP/FV/Justiz/Stiftungsdatenbank/?sid=55#

Julian Assange Julian Assange in front of the Family at the Old Bailey on September 9, 2020

Monika Karbowska

Deepl Translation from French

Wednesday, September 9, 2020

On the third day we are in front of the door even earlier than the day before. I am confident. Jamie has lost his imaginary race. Deepa is holding the door for Rebecca Vincent who I will give the place to myself at noon. From 5:30 to 10:00 a.m. this gives us time to discuss the political situation in Europe, the history of the French Revolution and the Vienna system encircling France throughout the revolutionary 19th century. We question the persistence of the feudal system on the territory of Great Britain with this enclave of bankers and multinationals that functions as a mafia of private interests parasitizing the states and laughing at their sovereignty.

Around 9:30 a.m. a young blond girl dressed in black in the style of « the 80’s the revival » comes knocking at the door. The security guard on the stairs is the old man from Monday. She is a victim who has to testify in one of the real Criminal Court trials. The man sends her back to the street door where a few people are waiting. This is a far cry from the Monday crowds. The court doesn’t seem to be running at full speed, there are hardly any families coming. The woman comes back and tells him that she is being sent from one place to another and that she, as a victim, does not understand how the court can malfunction in this way. The second time she cries in front of us. Just coming here is trying, we understand it, this waiting outside is all the more unjust and incomprehensible.

At 10:00 a.m. the officer calls the Family: John, Sulivan, Eliot Shipton, Esther and Craig Murray enter in front of us. Then he points at me and my colleague. We don’t waste any time, this time we have left our phones and cameras at home. The passage through the ante-divulsive metal detection box is quick, the pressure on the employees is also much less, so the security guard is less severe. I run down the stairs on the 4th floor preceded by my colleague. When I arrive, the Family is already in room 10. We enter the corridor and a black, masked, white-clad security guard asks us « what room are you coming for the trial in?

I don’t lie to him by answering « Court Room 10 ». So he opens the sesame door for us. We enter naturally and sit in the 3rd row just above the Shiptons, Esther and Craig Murray, sitting in the 2nd row of the public gallery. I look around and quickly sketch out a sketch of the place.

The room looks like a twin room to number 9 but in fact it is different. Much smaller, darker, all in a muffled atmosphere, with subdued lights, dark red leather armchairs and dark wood furniture. The absence of windows makes the place confined and suffocating even more than in room 9, which still looks like a classroom or university. Here there is a heavy, ceremonious atmosphere, like in a church. The layout is reversed: The defendants’ box is on the left, the judge’s platform on the right. That’s good, I will be in a strategic position to see Julian Assange.

I observe what happens for a good 20 minutes. I end up believing that it is not a mistake, that we have been allowed to enter the Holy of Holies and that it is a just and honest decision. I am almost convinced that we will be able to spend the morning here. Those present are not paying attention to us except for Craig Murray who turns his head towards me and smiles. I have to say that for the past year I have ended up being part of the environment instead of being part of the Family.

So I realize that what I see is what should have remained hidden from the public eye. At the Woolwich Court in February, the public could see the whole room except what was under the balcony of the public gallery but could hear NOTHING without a microphone because the gallery was separated from the room with a shielded glass. That’s how I could SEE Julian Assange revolting, standing up, shouting, invectivating the present, talking to them, but I couldn’t HEAR anything. Here I am immersed in the real atmosphere because no glass separates me from the protagonists of the game.

And down here the atmosphere is very different from that of a trial. The actors of the game are talking to each other in a relaxed atmosphere. They all know each other, they all belong to the same gang, organization, what do I know, they laugh at each other, which contrasts with the heavy and serious atmosphere of the room. I can see Fitzgerald and Summers very well alongside Lewis and Clair Dobbin. Gareth Peirce moves between the tables, places each one and seems to give each one a role. The young Florence Iveson has spoken to friends at one end of the room and returns to her seat behind Lewis. Peirce’s assistants and Dobbin’s strong blonde collaborator sit in the last row just in front of the glass box and chat amongst themselves. I am surprised to see that Baraitser is already in his place overlooking the clerk’s office (also present and silent) while the room is in a recreational atmosphere – in a real trial it is the entrance of the judge that marks the beginning of the court hearing and the audience must stand up to greet him. No one stands up at Baraister’s passage because here the judge seems to be a part of the decor and not a trustee of the authority of the State and the Law. It is true that we are not in a state, but in a private organization, a merchant’s guild dating from the Middle Ages, and Baraitser is not a judge here in the Criminal Court. One wonders who she is, while it is impossible to find any information about her. Her family exists well and good: Michael Baraitser, Lisa Baraitser, Paula Baraitser are owners of various businesses to be seen on Beta Companies https://beta.companieshouse.gov.uk/search/officers?q=Baraitser but Vanessa seems to have no social existence other than the Assange case.

In the row perpendicular to Baraitser, to her right at the back of the room I can see Alastair Lyon, a brown woman with a green jacket and a red man. They are waiting quietly.

But the most surprising thing is in front of me and this is the part I should never have seen if I hadn’t had the opportunity to be there in front of these flesh-and-blood people, because the camera NEVER shows this part of the room. In front of me, perpendicular to the defendants’ box are 3 rows of armchairs in which Joseph Farell in red jacket, on the far right, and MC McGrath took place! Joseph Farell as a « Wikileaks ambassador » should not be here because he is a part of the trial! Furthermore, the speeches about « you can’t talk or visit Julian Assange » are immediately invalidated by Farell’s presence here in a recreational atmosphere before the resumption of lessons where Farell sees Assange every day for 3 weeks at 3 meters from him! MC McGrath who is an American hacker and computer freak is obviously part of the « family » of the « Wikileaks » project, but one cannot imagine that a lambda person like him could be present in the courtroom if this trial was a real trial!

And especially behind them I can see Stella Moris in a dark red dress chatting happily with her friend Jenifer Robinson in a scarlet red dress as well. (Robinson wore a green dress on the first day, like in February at the Woolwich and two increasingly vermilion red dresses on the second and third day, not a lawyer’s outfit then). To Robinson’s left sits a young red-haired man looking like Nathan Fuller, director of Courage Corp, an American company based in New York.

The two friends are laughing as they talk to each other, they seem happy to be together here and relaxed. Stella Moris’ behavior amazes me: while she has just played the grieving wives in her tearful storytelling at Paris Match and in front of the grid at 10 Downing Street, I see her here relaxed and satisfied with her performance. I see her not showing the slightest emotion in the face of the fate that awaits Julian Assange of whom she claims to be the beloved wife. Nor will she show any emotion, any compassion when Julian Assange enters the room. I see her attending Julian Assange’s trial as a show, a ceremony, in which she is a part of. If she had been his « family » then she should have been with us instead of the family, in the public gallery.

What’s more, I thought to myself, she is there every day laughing at him for hours on end and she tells the whole world her lie that she cannot see him and hasn’t seen him for months… Just as she had lied so much about the February 27th hearings when she didn’t speak to him and never encouraged and supported his revolt against the sacrifice inflicted upon him.

This time I really feel that I am witnessing not a trial but a sacrifice. A kind of ritual killing of what has been beautiful and good – the project of total freedom of expression but also the man Julian Assange endorsing this project in spite of himself. For Wikileaks is presented as something good – but is something bad sacrificed? Not only a beautiful animal was sacrificed in antiquity, a good man like Jesus was sacrificed, a BEAUTIFUL idea like freedom of expression is on its way to being sacrificed? Sacrificing someone ugly and bad would not make sense!

Certainly it was necessary to first smear Julian Assange with a planetary campaign calling him a narcissistic rapist, but Jesus too had first been mocked as an impostor and false prophet before he was killed. And I do not betray the thought of Julian Assange, because he himself mentioned Jesus as « the first sacrificed whistleblower » in a very premonitory speech in July 2009 in Germany.

I understand then that I find myself in the same situation as in those patriarchal families where the ritual of the « honor killing » is decided in a meeting: the family must sacrifice a member who has « failed » to keep the family secret, the cohesion and the power of the structure. As a feminist activist and a woman who had to fight for my emancipation, I understand only too well the power structure of such a sectarian family. One should never imagine that family members hate the sacrificed member: on the contrary, one loves him/her and that’s why one kills him/her. For his or her own good. Because he has no existence of his own, he is just a member of the family. To save the family by killing him is to save him, to save his soul.

Stella Moris proclaims that Julian Assange is going to commit suicide and that he has asked a Catholic priest for the absolution of the dying. First of all, extreme unction is really only administered to the dying by the Catholic Church and Julian Assange is alive and well, as I will see later. Secondly, to obtain a Catholic absolution one must still pass through the sacraments of confession, communion and … baptism, so one must still be a Catholic! And thirdly, the Catholic Church prohibits suicide, she cannot give absolution to someone who decides to sin by taking his own life! For me, a Polish woman raised in Catholicism, this storytelling doesn’t go at all!

This woman who lies publicly is then this Wednesday, September 9 at 10 a.m. in front of me in room 10 of the Old Bailey and she is preparing for an important part of a ceremony. Remembering her words about Julian Assange’s « suicide » I wonder if what she is announcing is not rather a murder. A ritual murder, a sacrifice: a man who made a mistake, who must be punished, an idea that must be killed. I shudder when I look closely at the woman’s black dress studded with small red fibers: the executioner, like the priest, wears red, the color of life and death, the color of passion.

Suddenly there is silence and all eyes turn to the door at the back of the box of the accused: I see Julian Assange enter through this door at the back in front of me and cross the box, surrounded by two men in white, to a chair in the center. I can see him very well, I have never seen him so close, he is 5 meters away from me and behind only one glass. I am standing high up, I can see his head, his face and his upper body very well.

He is wearing a white shirt and a dark blue jacket as well as a black and red tie, the same fabric as Moris’ dark dress. I can clearly see the top of his head, his white hair is cut, but it is not quite coiffed. He is wearing this paper mask that is also ritually imposed on us in France. But if the mask hides his mouth, I can see his eyes. He is less thin than in February, less arched than on October 21. His gait is assured, he is not wobbly or dodelling as I could see on the Westminster videos. On the contrary, his entrance does not lack panache: paradoxically, he seems to be the master of ceremonies, he is the only one we are waiting for. As on February 27th he sets the tone by his behavior. As if without his agreement, without his adhesion, the sacrifice ceremony was not valid.

Assange arrives at the center of the box then swivels and takes off his mask. I see his face, his blue-grey eyes, his expression deeply sad but not downcast. His eyes have dark circles, not as deep as a year ago, but he has dark circles under them. His face is hairless, his features a little puffy and his complexion is as pale as the morning of February 26th and 27th. The expression on his tense lips reminds us of a child who would have been beaten and would hold back his tears.

Then the gallery door opens and the security guard calls us to get out. I don’t react, I let my colleague parley to save time. I watch Julian Assange take off his mask. He looks at me and our eyes meet. It’s over, they won’t let me stay. But then I get up and I can be seen from afar in my purple suit. I raise my right fist, my Polish rosary around my hand. Assange saw me.

I go out reluctantly. In the corridor the security guard is preaching to us at length. We committed a sacrilege, we lied to him, we had to go to room 9… Right away I apologize, I tell him that I regret that he could lose his job because of us, that we thought we had the right to come to room 10 because his colleague had announced it to us the day before. He reproaches me for having made a sign to the accused. Not at all, I recuse myself, I just adjusted the rosary that fell from my hand. He seems overwhelmed and says that he is going to discuss our fate with his boss, walkie-talkie in hand. We can’t hear what the chief is saying to him, but I take the opportunity to change my tone. I tell him that I represent a human rights association, that our fates in Europe are suspended at this trial. That it is illegal not to be able to see the face of the accused, a man locked up in dungeons like in the Middle Ages that no one can see, that we have written 10 requests for release and 3 medical reports, that Assange is being tortured and that we must testify about his state of health?

I don’t know if the private security company is sensitive to the issue of human rights, but its employee finally allows us to go to room 9. For 2 hours I have all the time I need to think about what I saw while observing the unfolding of the pseudo-judicial storytelling. Not once does the camera show Assange.

In room 9 there are even fewer people than yesterday. Heike Hänsel, a young man on his left, the man from the German embassy, the two German journalists, the brown woman in green, Hamish Hamilton, Rosie Sylvester – 8 people. Professor Rogers is interrogated as a witness on video. He recounts the Wikileaks saga according to him: Wikileaks publications would have proved that the United States did not control Afghanistan, while in Iraq Wikileaks would have added 15,000 civilian deaths to the estimate of the British NGO « Irak Body Count » – (I know the work of this NGO for having co-organized in 2005 the Conference of the Association of International Humanitarian Law in the French Parliament where the lawyer William Bourdon presented the estimate of 100,000 civilian deaths in Iraq. That is to say if Europeans did not wait for Wikileaks to criticize the invasion of Iraq by the United States).

The question asked afterwards is « Does Julian Assange have a political opinion, he who was almost nominated for the Nobel Prize, was the herald of freedom of speech, and led speeches in Trafalgar Square in 2011 during the Occupy London movement? (How ancient these times seem in the light of the dictatorship we are living under…). Yes, the professor replies – Wikileaks is known in Afghanistan and Iraq for its political stance and Assange has been instrumental in the success of Wikileaks in bringing public attention to these wars. Wikileaks has been necessary for human rights, transparency, accountability.

Of course, only what is good and beautiful is sacrificed. Given the current state of Human Rights in this trial, it does not seem that Wikileaks has been very effective. In any case, I would have preferred that Wikileaks had never existed, that all the accused had the right to transparent trials and the support of human rights associations, that freedom of movement in Europe was guaranteed, that private militias did not arrest us in the streets or in the fields to accuse us of terrorism and did not force medical experiments on us… This is the real state of human rights, not in Iraq but in the heart of Europe, 10 years after Wikileaks.

Summers and Professor Rogers discussed at length Trump’s role in the liquidation of free speech, ignoring the fact that it was Obama, whose power was simultaneous with the emergence of the Wikileaks project, who initiated the lawsuit against Assange. The goal is to prove that Assange has political views, so the prosecution is politically motivated and therefore extradition should not be possible. I believe that since the City of London Corporation is not a state and is therefore not bound by the extradition treaty signed by Great Britain, any transfer of Assange from this territory to the United States can only be called a kidnapping or rendition.

The prosecutor asks the professor to explain what politics and journalism are and whether a journalist should have political opinions. On the continent of Aristotle, Erasmus, Locke, Rousseau the answer to the question « what is politics » is necessarily long and argued. But the public prosecutor demands that the professor answer yes or no and the debate turns short. I am tired of this debate between Americans who are flat as a desert without relief and whose history and experience of Europeans is excluded, while this strange meeting is indeed taking place on our continent and concerns us to the utmost. The prosecutor asks the question « Can we say everything? Be transparent even against the security of individuals »? But this debate seems to me to be a discussion about the sex of angels, the answer being « it depends on the context ».

Precisely, I must pay attention to one of the contexts mentioned. The prosecutor accuses Julian Assange of having said on August 8, 2011 that « the German invasion of Poland on September 1, 1939 is a lie constructed by Catholics ». I have never heard Asssange saying such stupidity, and if he have said privatly, the prosecutor have to prove it, the accused man being forbidden to speak and unable to defend himself. The prosecutor therefore accuses Assange of historical negationism, a serious accusation in Europe when it comes to facts related to the last world war that destroyed our continent. In the speech I am hearing here, this prosecutor wants to make the witness say that « one cannot say everything » and that a limit must be placed on the freedom of expression. This is indeed an important issue decided by the courts after contradictory debates and according to a different legislation for each European country.

For my part, as a Pole, I would be shocked if I heard someone say something as absurd as « the invasion of Poland by the Hitlerians did not take place on September 1, 1939, it is a lie of the Catholics » (and I am convinced that Julian Assange never told this sentence) but rather than seeking to forbid it, I would invite my interlocutor to come and visit Warsaw, a city destroyed by the Nazis, and the Auschwitz Memorial to see the evidence of the crimes of the Nazis committed in my country. If he is not convinced, the Russians, Belarusians and Yugoslavs will take it upon themselves to show him other numerous martyrdom sites of the populations of Eastern Europe that the Hitlerians had first placed on their list of peoples to be exterminated.

I cannot hear how Professor Rogers is getting out of the trap set by the prosecutor. The latest charge is « criminal justice or political persecution, » does the professor think that the charges against Assange are politically motivated? Or are the charges related to crimes? The professor answers, « I am not a lawyer but a political scientist. Then to the question, « Do you think there is evidence that Manning and Assange committed crimes, » he answers, « I read it in the accusation ». The mixture of « politics » and « crimes » is a very dangerous confusion for us. If making politics becomes a crime, then we will all be criminals tomorrow and there will be nothing left of our democracy that is already in near liquidation! The word politics comes from Polis, « city ». Whoever is in politics cares about the good management of a city. It is everything but a crime. It is a right and a duty! Besides, the level of philosophical debate seems to me very low in this room and the word given to the professor is very limited.

The antique air-conditioning spits its cold and stale air on me. I have seen enough. I dream of coming back to room 10 but only that seems too risky to me. I decide to leave, leaving it to my colleague to finish the work. When I go out into the corridor I tell the security guard that I leave my place to the other associations. The man then tells me « you won’t be coming back tomorrow ». I answer him that I understand the constraints of his job, that I do similar work in France, but that the respect of human rights concerns us all or we will all perish. And I add « we’ll see tomorrow ». Arriving at the bottom of the stairs, the old security guard does not want to let me out. He reproaches me for my passage in room 10 and puts on his gloves and tells me to stop. I feel vaguely threatened. I apologize but I add that it was necessary to see the accused who is entitled to a fair trial, a secret closed trial is illegal. I tell him about the war that the Americans are preparing in Europe using my country, Poland, against Belarus, secret prisons where people are tortured, that if Assange is extradited, we activists who are against the war policy of the United States are next on the list?

The man finally allows me to go out. I save myself while wishing him good luck in his work as a proletarian that I know only too well. When I get out, I tell Rebecca Vincent that I will not come back in the afternoon and that she can take my place. She is happy and that seems fair to me too.

My Polish colleague goes out for the lunch break and tells me that she was able to see Assange again through the slatted door of room 10. Jenifer Robinson in her scarlet red dress was explaining something to him with forceful gestures. Julian Assange smiled at her but did not seem convinced. Had he decided to revolt again?

The next day we were early in the Warwick Passage but Jamie and Sandra slept on cardboard boxes in front of the door and preceded us, very satisfied. But they made these efforts for nothing because at 10 am the trial is adjourned for 11:30 am. At noon the sessions of Thursday, September 10 and Friday, September 11 are cancelled. The covid is obviously found guilty but I wonder if Julian Assange, encouraged by our presence, has not yet sounded the revolt.

The time for revolt is more than necessary.

Extract from the request for release sent by Wikijustice Julian Assange to British and American parliamentarians

Julian Assange is being judged in a court that does not depend on the Ministry of Justice of Great Britain, but in a private place belonging to an enclave that is legally independent of Great Britain as a state and has no diplomatic link with the United States because the City of London Corporation, as a corporation, guild, association of businessmen is not a subject of international law and therefore cannot sign treaties with states. The extradition treaty of 2003 between Great Britain and the United States does not apply to this territory and cannot serve as a legal basis for the meeting that will take place from September 7, 2020 between Julian Assange and those who hold him captive and want to decide his fate.

Consequently, since the extradition request from the United States does not apply to this territory and cannot be processed in the private building that is the Old Bailey, Julian Assange must be considered on the territory of the City of London as a hostage and immediately returned to his dignity as a free man.

Moreover, the bankers and businessmen who own this building and manage this territory have no right to judge a man Julian Assange because they are not judges in the legal system of Great Britain. Moreover, their private interests are linked to large American, Chinese and British companies. Justice under their responsibility can only be tainted by bias. In no case can they be the guarantors of a fair trial. No private institution has the right to judge a man. It is the prerogative of sovereign states which must respect the Universal Declaration of Human Rights. Private institutions must be subject to the Law of States and respect the internal laws of each country. The City of London Corporation is an anomaly in the system of international law and has no right to usurp the prerogatives of sovereign states. Therefore, we consider that Julian Assange is not a prisoner in Great Britain awaiting extradition by the United States, but a hostage of a private organization, the City of London Corporation. An organization that holds a prisoner is a criminal organization and must be prosecuted. We call on the sovereign states to prosecute the City of London Corporation, of which Julian Assange is a hostage, so that Julian Assange may be released from this illegal confinement.

Elements on the installation of a dictatorship in Europe – Julian Assange at the Old Bailey September 7 to 10, 2020

Monika Karbowska

My trip in Europe and the 7 and 8 of September in the Old Bailey

The german Red Cross makes the illegal Covid tests on the travellers coming from France to Berlin

Deepl Translation from French

This difficult trip to Europe from September 3 to 11, 2020 was in many ways a feat. I could never have imagined, when a year ago I decided to take a closer look at the English courts where Julian Assange was to appear, that the following year I would be travelling the familiar roads of Europe in an atmosphere of health apocalypse, intense political tension and the destruction of a way of life, values, legal systems, and everything that has made up our culture. I am obliged to place the trial of Julian Assange in the context of this form of collective suicide of our societies that is in reality the « coronavirus crisis » and to link the two phenomena, even if some will think that it is exaggerated, and that the persecution of an innocent man has nothing to do with the deaf atmosphere of fear in which millions of us have been living for the last 6 months. Too bad. This is my vision and my analysis. What little freedom of expression we have left, I use it fully and without masks before they are able to gag us and lock us up for good.

I left France with relief on September 3, feeling, for the first time in my life, that the country I chose to live in 28 years ago has been transformed into an open-air psychiatric hospital. The cynicism of the politicians competed with the price of violence with a hideous police and hygienist dictatorship imposed by illegal decrees by authoritarian prefects in the purest Vichy tradition. The West has already experienced many periods of madness – the last and most destructive was the collective madness of fascism and the war of the 1930s and 40s, but 1914-18 as the collective suicide of European culture was also significant. The Yugoslavs of 1990-98 were accused of « committing suicide of their Nation », but today’s Westerners can no longer serve as a model of democracy and reason for anyone! The date of Julian Assange’s trial struck me, September 7, 2020 being the 80th anniversary of the beginning of the « Blitz » – Operation Seelöwe, Hitler’s planned invasion of Britain, replaced in extremis by 57 days and nights of continuous bombing of British homes and factories by Nazi aviation. This date is also the symbol of the Resistance of the English people to fascism, and the beginning of the end of the victorious march of German Nazism on Europe. If the British elites have decided to cast a veil of oblivion over this date, it has not escaped me thanks to authors like Joshua Levine[1] .

Imposition of the compulsory mask everywhere in the streets, parks, gardens, suburban fields, offices, workshops, transport, stores, the rare cultural and social places still resistant … 22H out of 24 for many proletarians. Wearing a muzzle mask preventing breathing and expression for all children and young people in France, chicanes and punishments for those who ask to have their say. Children excluded from school because of pseudo covid tests, deprived of education due to school closures that are completely illegal under the UN Convention on the Rights of the Child, not to mention our Constitution and other fundamental texts… Police prohibition of gatherings and demonstrations. Paris city is empty again, because nobody wants to walk around with a muzzle and fear in their stomachs to see the cops coming to fine you for not being physically fit. The bars on the banks of the Seine empty again of young people even though they are the rare places where you can remove for an hour or two our symbol of submission to Macron and the covidian ideology. How to kill economically, socially and politically a city, a nation, a country. I felt the atmosphere heavy with police threats and I was looking forward to airing myself elsewhere. But I hadn’t yet seen the real state of Europe…

Germany Declares Embargo on France

The day before my departure I consult the website of the German embassy in France and I have the unpleasant surprise to read that our powerful neighbor has decreed France a pestiferous zone and imposed a quarantine on travelers coming from the Ile de France, the South of France and the West Indies. How do the Germans intend to check who comes from where, knowing that public transportation (trains and buses) to their homes leave from Paris? The German government site does not provide details. As always in the covid affair, media discourse and real police violence take the place of law, the rule of law has been relegated in our countries to the status of a memory of the « old times » as opposed to the « New World » that the left is still hoping for.

The answer was given to me the next day in the heavy atmosphere of shouting, insults and tension that reigns at the low-cost Bercy station now in the hands of the German monopoly company Flixbus. 25 people are waiting to board the Paris-Berlin, in the dirt of a station that has never been cleaned and suffocating under the obligatory mask obstructing their airways, while the two Polish bus drivers shout directives and threats in bad English. We wait for an hour standing like docile cattle who don’t know what sauce they will be eaten with. The drivers forbid us to put our bags in the bus luggage because of new « measures » from Germany declaring France a « red zone », we have to show our identity papers to the drivers first and fill in a strange « Passenger Locator Card » certificate. This A4 sheet of paper talks about « special rules » (special standards) which now apply to passengers from France declared « high risk area » by the « authorities of Germany » (who?). We have to fill in the form because omitting or hiding information can be punished by a « fine of 25 000 Euros ». The form requires to know where we come from, our names and dates of birth, our nationality, our telephone number, the address where we will stay and the addresses where we will be going in the next 14 days. At the bottom I see a « covid health » questionnaire – do you have fever, cough, loss of taste and smell. The last question asks if you have had the covid test, what was its result and in which country it was done!

People are as if stunned by the violence of the charge, sensing the monstrous illegality of the thing, but not being able to defend themselves as hostages of the Flixbus firm that can refuse them to travel. A man nevertheless protests that he has paid for his ticket and that there is no question of him not getting on the bus. The two Polish drivers, a man and a woman, are visibly terrorized themselves but fulfill their role as kapos by shouting violently at the man, calling private security guards from the station and threatening that the « Polizei » will take care of him in Berlin if he does not fill out the form. I am very worried and upset, especially since a rude Ukrainian woman is pushing me in the back to pass me in front. But I calm things down by speaking softly in Polish to the two drivers. My words bring a little humanity in this madness and the woman ends up doing her job and check in the passengers, their luggage and install them in the bus. She ends up making us fill in the forms and takes them from our hands (I don’t fill in the addresses and the « did you get the covid » part. After all I bought a ticket to Poland, Germany is only a transit). We leave relieved. While Flixbus has condemned the toilets because of « coronavirus », the Polish driver ends up behaving like a real professional: he knows that they are transporting humans and not a load of cattle in a leaded wagon over 1300 km from Paris to Berlin. Once far from Bercy, he opens the door to the toilets so we can use them. He even stops in the night on a highway area for a break forbidden by his employer. All the masks fall off during the night, and I am relieved to see the marked but human face of the woman driver so stressed.

Violations of Rights in Europe

I then review the Flixbus form and any violations of the laws immediately jump out at me. The form does not mention any institution: which institution in Germany has decreed France as a « high risk zone »? On what legal basis? A decree? A law? A circular? One is not allowed to threaten people with punishment or fines just like that on a piece of paper without any in the head of a public institution and to make the employees of the private company, in this case Flixbus, bear the responsibility for the threats. Flixbus as a private company is guilty of many violations of rights by forcing its customers to provide it with information as sensitive as the state of health of its customers (« did you have cough, fever, did you do the covid test and what was the result »?), their residential addresses in several countries, their phone numbers. I suspect that the « Polizei » that serves as a scarecrow is a storytelling designed to scare us, as often in both the Assange and Covid cases. Indeed, we cross the border without any control by the border police, who don’t seem to want to participate in arbitrary measures of « Covidian » madness. She leaves that to the employees of Flixbus…

We are two hours late when we arrive in Berlin the next morning.  I have only one hour left for my bus to Poland. But as we arrive at the ZOB « (Zentraler Omnibus Banhof), a disturbing event occurs: the bus enters the station parking lot, turns a little and then goes back out again. The passengers get up from their seats worried: where are we being taken to, locked in this metal box?

The bus bypasses the ZOB and a kind of « camp » appears, made up of white tents behind security barriers guarded by men in uniform. Later I will see that the camp was stamped « Deutsches Rotes Kreuz », German Red Cross. The bus stalled in front of the camp without opening the door and the « policemen » approached. The passengers panic. The Polish driver is afraid. She lets go of « Polizei Polizei », shouts that we are not going to get out if we do not obey and if we do not do the covid test, while handing out the famous forms. In fact, they are private security guards, obviously migrants. I turn to the driver and tell her in Polish that I am not going to Germany but to Poland and that in this case forcing people to take a medical test is illegal. Her colleague then opens the door and everything goes very quickly. I get out first and run to the private security guard. I shout to him in German, my ticket in hand, « I’m not going to Germany but to Poland, my bus is leaving right now! « He looks me in the eyes and he understands that I understood: « Take your luggage and save yourself » he shouts to me. I don’t ask for anything else, I grab my backpack and run with all my strength to put as much distance between me and the bus as possible. I run into the parking lot of the ZOB. A man comes up to me and asks me if I am « from Paris ». I am afraid he is an undercover cop and I say « nein »! At all costs not to be identified with France, the country of the pestiferous!

I can only rest when I see that life is going more or less normally in this big train station in the capital of Germany. Almost no masks, except on the buses when getting on, a pizzeria that works, travelers who behave normally, far from the madness in which we have been living for the last 6 months in France. The bus to Poland is almost empty, the driver is relaxed. A 70-year-old Polish co-traveller tells me about her life in the town of Police, a large industrial city on the outskirts of Szczecin, a mecca for the chemical industry built by Popular Poland and privatized for the benefit of the German oligarchs. She tells me that her family from the « East », the Ukrainian territories, rebuilt the city from ruins, but also used the houses and objects of the former German inhabitants driven out of Potsdam by the Allied decisions. In one hour I am entitled to a beautiful humanistic reflection on the madness of the war, those who suffered from it on both sides of the German-Polish border now on the Oder and on reconciliation between peoples. She is proud to tell me her story as a Polish worker and also to call herself « anticlerical » by announcing the non-religious marriage of her daughter, which for a Polish woman is an important mark of left-wing convictions. Poland as this woman presents it to me fills me with happiness and love. It is this Poland that I would like to see revived in freedom and dignity.

We are in an acute phase of the struggle – the dictatorship that is descending on everyone’s personal life makes it no longer possible to close our eyes to this hideous face of capitalism. The Polish Facebook groups « Stop the Health Dictatorship » and « Commission of Inquiry into the Abuses of the Health Dictatorship » have tens of thousands of Poles who suddenly awaken to civic life when they discover that the remnants of their personal freedoms are being abolished, that people die in front of the doors of public hospitals because doctors refuse to treat them « without covid test nothing is possible », that children are mistreated and even tortured by school directors when they can no longer stand the mask 8 hours a day. Children are also already excluded from school immediately for not wearing the mask. Polish parents must accept that their children are taken away from them and placed in « institutions » if they have a fever or a cold… or are deprived of school, a serious violation of the UN Convention on the Rights of the Child. Suddenly the citizens, deprived of citizen’s rights, find themselves confronted with the need to fight for this citizenship and the European revolt in Berlin on August 29th was the starting point of this insurrection.

Precisely the formular of Flixbus violates several rights guaranteed by the European Charter of Fundamental Rights: Article 3 which guarantees the right to integrity and in particular the « free and informed consent » of the person « in the field of medicine and biology », Article 6 guaranteeing « liberty » – (what about the practice of bringing captive persons in a metal box for a forced test other than a deprivation of liberty?). Then there is Article 45 guaranteeing « the right to move and reside freely within the Union space » and finally, the important Article 8 on « protection of personal data » stipulating that personal data may only be collected within the framework of the Law and on the basis of the person’s consent and with a guarantee of access to this data[2]. Flixbus has absolutely NO right to collect as a private company these personal data on the health and location of citizens traveling in the EU. But there are so many Fundamental Human Rights violated since the deprivation of liberty of 400 million Europeans called « confinement » by the Covidian propaganda that all the levees between democracy and dictatorship are easily breached… Also these arbitrary practices violate articles 3 of the Universal Declaration of Human Rights (right to liberty), article 13 (right to freedom of movement), article 12 (protection of privacy)[3] . Even the Lisbon Treaty that we on the left have criticized so much is blithely violated, especially Article 2 ensuring « the free movement of persons »[4]! The UN Covention Political and Civil Rights has also been violated by the policy of pseudo-sanitary confinement of the population (Article 12 guaranteeing freedom of movement within the framework of one’s country) while mandatory covid tests violate Article 7 of the Covention « In particular, it is prohibited to subject a person without his free consent to medical or scientific experimentation ». Moreover, while the Convention allows exceptional derogations in case of « serious threat to the life of the Nation », they can only be limited in time and above all do not concern articles as fundamental as the prohibition of medical experiments .

It is also necessary to underline how much the embargo policy to which Germany subjects France with the pseudo health argument is also a violation of the equality between the States supposed to be guaranteed by the European Treaties… The French people are presented by the propaganda of powerful States such as Germany as dangerous for the « health » of Europe as if they were carriers of the contagious disease of revolt! In September 2020, the spectre of the Vienna system of 1815, when the reactionary kingdoms united for 100 years to isolate France guilty of Revolution, looms over Europe! In this atmosphere of madness it is not surprising that the city of Szczecin, formerly a large industrial port, now landlocked and decrepit, seemed to me on September 4, 2020 a haven of peace. I hadn’t forgotten, however, that the only protests during the closure of the whole of Europe in March and April took place right here: in the cities on the German-Polish border, desperate citizens braved the police in forbidden demonstrations because the closure of the border had deprived these cross-border workers of their livelihood. Depriving people of a livelihood: another violation of the Universal Declaration of Human Rights, whose articles 23 and 25 guarantee the right to work and the right to a decent income!

The End of the Rule of Law in Europe?

Faced with so much arbitrariness I was not at all sure I would be able to cross back through Northern Europe and arrive in England for the trial of Julian Assange as I left Szczecin accompanied by the Polish left-wing activist Basia W. The familiar Poland-Germany-Belgium-Belgium-France route that I have known by heart since I was born seemed to me to be suddenly full of pitfalls and dangers. Before leaving we fill in the obligatory form to return to Great Britain with our telephone numbers, our residence and stay addresses and the numbers of relatives « to be contacted if you have infected someone with the coronavirus » even though we are not as Poles subject to quarantine.

If the journey from Szczecin to Berlin was without problems, Berlin without tourists, empty restaurants on a Saturday evening of the first weekend of September seemed strange and sinister to me. The inhabitants, even in revolt, even unmasked in the streets, even without the alarmist announcements in the transport system (« against the coronavirus together let’s stay mobilized » in the Parisian subway strangely echoing the terrorist attacks of 1995), remained calm at home. The Berlin-Rotterdam bus was therefore almost empty too. Driven by a Polish driver who was as scared as those on the Paris-Berlin route, our bus was stopped in the middle of the night by an unmarked car in the middle of the countryside. We were ordered to get out and lined up in a row by two tall blond men in civilian clothes and armed like the French « baqueux » (violent special police). In this agonizing atmosphere we didn’t even know where we were, in Germany or the Netherlands.

The men, without any police insignia, (they could very well have been highway robbers or mafia guys) were questioning the travelers about their destination in Rotterdam and the reasons for their trip and stay. Arbitrary and totally illegal, especially since they are not Border Police. A mother who had left her three small children on the bus was ordered to extract them in order to present them to the « cops » outside. Before my turn, I ask the Polish driver how he knew that those who order him to stop in the middle of the night are indeed policemen, because « it’s scary to see them stop like that on the road ». The driver pointed to the light panel on the back of the car « police follow me », which seemed to me to be a very light sign of recognition. He added: « And again, you haven’t seen what they are capable of doing! During my previous trip they lined us up with the luggage as if they were going to shoot us »! The word is pronounced, anxiety rises. Having perhaps heard this exchange, the Dutch « baqueux » opens his jacket and a logo appears, supposedly representing his police force, but still without any identification number. When it was my turn, the man checks my Polish identity card, asks me where I live and where I’m going and what I’m going to do in Rotterdam. Nothing, I go to London to look for work, like so many Polish migrants. And how long are you going to stay in Great Britain? Migrant answer: as long as the work lasts. With such a questioning, freedom of movement has indeed ceased to exist in Europe.

On Sunday morning, the Rotterdam train station, so close to the big port that you can hear the seagulls screaming, looks like a capitalist glass monster. It looks like the hideous district of Brussels where the institutions of the European Union are concentrated. Yet we are happy to discover a cafe without masks and without hygienic madness: if the Dutch police protect their country from intruders, it is because the very globalist elites of this country have the ability to protect their own citizens from the madness reigning elsewhere. So people are living normally in the Netherlands and on the Flixbus that arrives two hours later to take us to London via Lille and Calais the heavy and violent atmosphere of France and a little bit of Germany has faded away. Only a few young people look like they are masked but it must be said that precisely, being in full health, they do not yet realize to what extent they subject their lungs to the strain of breathing under the synthetic fiber product.

In Lille many French travelers get on the bus and we are now on the last stage of the journey which seems to me the most difficult: the passage in Calais in front of the British and French police before the Eurostar tunnel. Since my 14 trips for the trial of Julian Assange I know the places, yet everything seems strange to me since the authoritarian hysteria of the « coronaguerre ». Fortunately, the French policemen don’t overdo it. While they are young, they are tired under their masks 8 hours a day behind their glass guardhouse and take off their get-up as soon as an opportunity arises. We take off ours to show them our faces. We are like the Saudi women who keep the black abaya permanently but have to lift a piece of the « secret » to show their faces to the border control. We’re tired of dragging our luggage through the checkpoint scanner. Then we get back on the bus and go back down for the English control. Surprise. The passage that I dreaded so much goes smoothly: the British police officers do not check the famous attestations at all! Even French travelers theoretically subject to quarantine are not worried! So the famous quarantine turns out to be one more storytelling! The British police tell my Polish colleague something about quarantine that she doesn’t understand well but the paper she gives her refers to the website https://visas-immigration.service.gov.uk/public-health-passenger-locator-form with the form we already filled in. So we are in order with the British administration. The rest of the trip goes smoothly, we cross the channel, drive on the Kent freeway in the afternoon and arrive at Victoria Coach Station in the evening of Sunday September 6th.

The City of London Corporation is neither the City of London nor Great Britain.

In the evening we move into the rented apartment in central London, not far from the Old Bailey, the court where the trial is to take place and we decide to see what the place looks like. It is over 9 pm when we walk around the Old Bailey: a huge complex of several buildings surrounded by no less imposing office buildings of banks and other businesses under which there are deep underground passages visible at the huge truck gates. The Old Bailey consists of a 19th century building next to an austere bunker from the 1960s. There are already two entrance doors on the façade – the Central Criminal Court door looks as if it receives visitors, as barriers mark the entrance and a window displays the hearings of Friday, September 4. A closed carriage entrance bars the carriage entrance to the Warwick Passage, which leads to the back of the Old Bailey.

We walk around the block, photographing a 17th century church and the « Amen Court », a small neighbourhood of 17th century houses that survived the Nazi bombing of the rear of the Court that seriously damaged this central area. We also find ourselves at the rear of the complex, at the exit of the « Warwick Passage » – the Old Bailey complex is a huge complex with wide and high windows, some of which may be apartments and not offices. Surprisingly, on Sunday night there is light in the court rooms. The top two floors, 4th and 5th, are even illuminated with a strange bluish light. Behind the building is a small square with a bench, a parking lot and the main entrance for the court employees. Leaving the parking lot we can walk around the complex on our left and return to the historic 19th century « Old Bailey » with its high tower and statue of Justice at the top. We then walk along the 17th century « Maison de la guilde des Couteliers » with its French inscriptions which is part of the complex and a modern building where the Axa offices were still located in July. Everywhere, in every corner of the complex, no less than 4 large carriage gates lead to underground passages. By which way will Julian Assange be brought to trial? We cannot know and the lawyers have obviously given no indication. We are therefore photographing the premises to better prepare ourselves.

Above all the doors is the coat of arms of the « City of London Corporation » – the two winged lions wearing helmets above the red cross of St. George on a white background. Indeed, the City of London Corporation is not the City of London, it is the historic enclave of bankers and merchants, their fiefdom older than England and older than the United Kingdom. Julian Assange does not appear here before a court under the British Ministry of Justice, but he is brought to a place, a building belonging to the City of London, the famous stronghold of the bankers. For even if the Central Criminal Court is indeed a British court that sits in this place, Julian Assange is not going to be judged by the official judges of the Central Criminal Court. In fact, in the rented hall of the Old Bailey, we are no longer on British territory. We are in the City.

Indeed, the Old Bailey Criminal Court is owned and operated by the City of London Corporation. The City of London Corporation has been the historic heart of London since its foundation by the Romans and then during the reign of the Anglo-Saxons. It is a private association of merchants and bankers. William the Conqueror gave a series of privileges to this association called the City of London, including the right to be self-administered by the Council of Elders « The Court of Aldermen ». His successor chose to build his capital in the town of Westminster, which thus became the new capital, now the City of London. The City of London, which is a business association administering a territory, won in 1186 the privilege of choosing its mayor, the Lord Mayor of London.

Today the Lord Major of London is one of the oldest elective offices in the world. He represents the interests of the banking sector established in the territory of the City of London and the few residents. He is therefore automatically Rector of the University of London and Admiral of the Port of London, which gives him a great deal of power independent of the government of Great Britain. The Corporation is the supreme power of the City including the richest of the City (Court Aldermen) and the Mayor himself. Despite the fact that he is supposed to pledge allegiance to the Crown of Great Britain, the annual Tempel Bar ceremony where the King or Queen has to wait for the Mayor to give him the right to enter the City shows the extent of his power and proves that the suzerainty of the Queen of England is purely symbolic. The Government of Great Britain as well as the Parliament of the country have no real or symbolic power over the territory of the City of London Corporation.

The Old Bailey Court is administered by two sheriffs representing the banking guilds of the City. The Major of the City of London is the head of the administration of the Court and has the prerogative to sit on it as a matter of right as well. The Administrator of Mansion House, the seat of the Mayor of the City of London, is also the head of the Central Criminal Court. Since 2017 the Executive Director of Mansion House and the Central Criminal Court is financier Vic Annells. The Mayor of the City of London is currently Alderman William Russell, a banker with the American bank Meryll Linch. The two sheriffs elected in 2019 by their peers are banker Alderman Michael Mainelli has been a manager for the City’s Anglo-American investment funds, for agencies of the Ministry of Defence and for Deutsche Morgan Grefell, and sheriff Christopher Hayward is linked to China’s interests as head of the board of the Sichuan Business Association. Both sheriffs administer the Criminal Court Old Bailey owned by the City of London and are required to reside there for the duration of their tenure[5].

I knew this information before I saw the place, but I was not surprised to read on the notice board at the entrance to the « bunker » part of the Old Bailey that this place was the producer of the famous British « Maritime Law » – the law established in this court managed all the ships of the English and British navy during its conquest of the world from the Middle Ages until today as well as the territories of the British colonies. The maritime law dependent on the Old Bailey also extended to the territories established and managed by the Virginia Company of London, in other words to the 13 founding states of the United States[6]. The Constitution of the United States of the Americas and their Declaration of Independence of July 4, 1776 does not define the territory of the United States, nor their languages, nor their customs, in short, everything that makes a nation … some Anglo-Saxon thinkers believe that the United States remains de iure (and de facto?) a colony of the City of London Corporation and are therefore not a true state. Certainly independent of the « English King » as their Declaration proclaims it, but still dependent on the bankers of the City of London Corporation?

Julian Assange had braved both, the royal power of the Queen of England and that of the United States of America (former?) colonies of the City of London.

The City of London Corporation’s muscular welcome

Our ballade carried out, we enter a Pakistani grocery store to buy what to dine. It is then that the heaviest and most muscular police attack of all our stay occurs. Two policemen in uniforms enter the store as we approach the cash register. I am surprised, they are not there for a robbery, we are just going to pay our purchases. What’s going on? One of the policemen summons my French colleague to abandon her shopping and go out. We don’t understand what’s going on but we obey, because we are so used to obeying the police even when what they do is illegal. I think it’s a mistake, especially since the man, tall, white, young, muscular and redheaded, dressed in black, carrying a weapon (taser?) and various paraphernalia tells us to go out « for information ». But once out in front of the store, the three of us are surrounded by no less than six policemen, three men and three women, who obey the orders of a small redheaded man dressed in civilian clothes and equipped with an earpiece and a walkie-talkie who is standing next to a car that we hadn’t even noticed. We are quite shocked, especially since they demand to separate us and talk to each cop separately. We are foreigners, my Polish colleague has just set foot in England the first time, I am worried about her. The situation is very tense and shocking.

What do they blame us for? For having taken pictures of the Old Bailey during our walk! I answer that it is not forbidden to take pictures of the Court, there is no sign and besides I had already taken pictures of the whole building last July without any problem. I knew that there were cameras everywhere, but as it is not forbidden, I didn’t think that the private security guards who watch the banks would immediately call the police when they saw three women walking in front of the Old Bailey and reading the billboard in front of the door! They are not London policemen, by the way. They are City of London Corporation police. They are wearing white and red checkered caps and the City logo is on their uniforms. That said, they are young and their clothes look strangely new. Emotionally we don’t notice it right away, but the three young women who take us aside, have very studied hairstyles as if they had just come out of a hairdressing studio for a film shoot. The one who searches me wears small braids that are very complicated to do yourself and to maintain – in security jobs, women are most often wearing a ponytail that is easy and quick to do.

They demand to see our ID, two of us don’t carry it with us, after all we’re just out for a walk in the neighborhood. They tell us that the credit card is enough and copy our names from these documents. Then they demand to see our photos. We have to open the two cameras that my Polish colleague had used. « What’s this? »? -asked one of the men pointing to the only photo on my camera, two lighted windows of the Old Bailey but which could come from any building. I simply answer « I don’t know, a building with lit windows ». Another questioned my French colleague about the photo of the 17th century Guilde Church of St. Martin on Lutgate Hill. Her answer is « it’s a church. Polish women are necessarily interested in churches! It’s starting to feel very strange to be questioned like that. The cops quickly quoted something that looks like an article of law but they did it so quickly that we didn’t understand anything. One starts to speak to them. We are foreign tourists who have just arrived in London. We hardly put the foot in the apartment of hiring and made our first ballade in the center of London. We made photographs of a building certainly official, but historical that it is not forbidden to photograph.  So What?

So the strange policemen of the City of London tell us that what counts is « intention! And the intention is to commit a terrorist act »! Indeed, under the « Terrorism Act » it is forbidden to photograph a building where a « very sensitive trial » will take place the next day! Here we are… the City of London Corporation cops are hunting for Julian Assange’s supporters who would come near the Court! This is starting to make me anxious. I’m not going to start again with the illegal repression like the one I suffered in Greece from 2009 to 2013. We have to get out of this situation! We explain that we only took tourist photos of historical buildings. It’s at night, we are three foreign women surrounded by 6 weird cops who don’t behave like real professionals but like a private militia – yes the City of London police is not a state police since the City of London Corporation is not a state or even a city but a curious hybrid territory belonging to private companies to which the Queen of England confers the privilege to have their own police. We are no longer in Great Britain, we are in a territory managed by a private association, some would say a mafia. What about our rights, when this territory has not signed a bilateral agreement with our countries? Can our consuls help us?

When the young interrogator asks me why I photograph these modern buildings, I give him a history lesson on the anniversary of the Blitz and the suffering that the people of London endured under the Nazi bombings. I am sensitive as a Pole whose country was completely destroyed by the Nazis to this terrible story of the destruction of the historic heart of London and its reconstruction after the war. I wanted to show my young Polish friend the contrast between the remains of 17th century architecture and the buildings rebuilt in the 1950s and 1960s. The man seemed a little impressed by my lecture and gave me a similar speech about his family during the Blitz. In fact, I don’t listen to him, I’m stressed at the thought of what might happen now. Indeed, it’s not over yet.

They are looking for something and they reveal themselves quickly. Each of us is separately summoned to say whether we know Julian Assange and what we think of him. And if she comes for the trial. No way. We answer all the same thing, we came as Poles looking for work and as we are in the city center we take a tourist tour. The cop who questions me is mocking. She asks me where we live, I give the street. The apartment is obviously too expensive for migrant women. I answer her « it’s an opportunity », adding that at my age I have more money than my young colleague. She asks me questions about the job I’m going to do, and when I’m going to come back. She insists on Julian Assange, I can see that she doesn’t believe me, I’m tempted to tell the truth, after all we’re not doing anything wrong. We are not violating any Law as a Human Rights Association. It is they who violate the Laws by holding a man hostage for years and having him tried by a pseudo-court of private companies.

The forbidden Old Bailey in the night

In the end all three of us end up saying « since you tell us that this trial is sensitive and that it is so important and that it is not forbidden to attend it, then yes, we want to go »!

It’s not over yet. The bullying continues. While the young cops seemed to have finished their exercise of control over us, the plainclothes chief standing further away gives them an order to continue. Now the policewoman with the neatly arranged mats grabs my bag and starts to pull a tirade on the anti-terrorist law articles that she will search me. She doesn’t show up and doesn’t have an identification number on her, contrary to what the law that she claims to be acting requires (as their own attestation shows here). A body search here on the street seems odd and inappropriate to me. I grab my phone and start dialing the number of the Polish Consulate. I tell her, « since you are accusing me of terrorism, this is starting to get serious. I don’t understand what you are saying. I am entitled to the assistance of an interpreter and a lawyer. So I call my consul so that the Polish consulate can assist us. The young woman stammers and backtracked: « No, you are not accused of terrorism, but under the Terrorism Act we can check your bag and search you in the street »!

I am thinking. After all we really have nothing in our bags. I decide to let it happen. The woman puts on gloves and makes a clumsy and unprofessional security palpation. The woman who searches my French colleague does her job so badly that her palpation is akin to a sexual assault. I’m worried about my Polish friend who has undergone 2 muscular checks by cops in 24 hours just after arriving in the country for 2 hours! The redhead with braids opens my bag and takes out all the objects. She looks at my diary for the 5th and 6th of September, inspects the erotic novel in French I have with me as a good luck charm (« what is this ? » ? « an erotic novel »). If they were expecting posters or leaflets for Assange, they are disappointed, there is absolutely nothing in my bag and fortunately. That said, professional policemen look for weapons or drugs, and don’t spend their shift inspecting personal diaries and books as if they had already become a political police.

Finally, the red cop puts my things back in my bag, but one of the men, one of the ones who decide, comes out and shows my Yellow Vest still in my bag pocket. « What’s that? It is ironic. He is trying to get me to admit that I am part of the Yellow Vest movement. In the West, the political police began. I quietly tell him « a yellow vest for the bike ». I’m ready to call the consulate if things get out of hand.

Finally, it’s over, the cop students have found nothing. They ask us if we want attestations of the search. Oh yes we do! To have proof that you didn’t find anything! While the cops are busy filling out a very short form that doesn’t in any way tell about the psychological brutality of their intervention on us, the plainclothes man in decision making pretends to talk about searching our home. There I get angry and I say « No. » The man decision-maker, pretends to talk about searching our house. For that you have to present a written order ». He does not insist. Obviously, all this is bluffing and storytelling intended to impress us. He has no documents incriminating us for any crime. Photographing the Old Bailey is not forbidden and if it was, it must be visible in writing. Photographing a building is not synonymous with preparing a terrorist attack. They go a long way, however, in intimidating the private police of the Lord Mayor of the City of London.

The policewoman who inspects our French colleague ends up telling him, as we itch to ask them the crucial question « but who are you »? « We are not the British police but the City of London police. The City of London is something special. You see the Vatican? We are like the Vatican. Independent from Britain. I also ask the question that targets power to my redheaded inspector. She confirms: the militia of the City of London Corporation is independent of the British government. We are in hostile territory, but a territory that is not a subject of international law, not a state, but a private company.

They are releasing us. We are stunned and return to the apartment. The paper that these « policemen » send us does not mention what the result of their search is in our bags and on our bodies. It only says « some women photographed the Old Bailey the day before a sensitive trial ». By the next morning the Old Bailey will be photographed tens of thousands of times and none of Julian Assange’s supporters will be worried.

It was that night that we were not supposed to see what was going on at the Old Bailey. What was so special about the night before the trial?

The police paper that we retrieve from our mailbox does not give any result of their search, which is worrying. On the other hand it does state that although the police are only allowed to search if they « have reason to suspect that you have stolen something or are carrying offensive weapons, drugs or anything that can be used for theft, burglary or to commit criminal damage ». Clearly the object that the City militia consider as a possible weapon is a camera! What a fine example of the establishment of a dictatorship to penalize image takers on the eve of a trial for journalism! The dictatorship of private militias on the march in Europe, there is no doubt!

Translated with www.DeepL.com/Translator (free version)


[1][1] Joshua Levine « The secret story of the Blitz », Simon and Shuster, 2015, London

[2] https://www.europarl.europa.eu/charter/pdf/text_fr.pdf

[3]http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-universelle-des-droits-de-lhomme-de-1948-11038.html

[4] https://www.europarl.europa.eu/charter/pdf/text_fr.pdf

[5] https://en.wikipedia.org/wiki/Michael_Mainelli

https://www.cityoflondon.gov.uk/about-us/about-the-city-of-london-corporation/lord-mayor/lord-mayor-biography

https://news.cityoflondon.gov.uk/city-of-london-corporation-appoints-new-executive-director-of-mansion-house–central-criminal-court/

https://en.wikipedia.org/wiki/Lord_Mayor_of_London

[6]https://www.encyclopediavirginia.org/virginia_company_of_london

https://www.britannica.com/topic/Virginia-Company

https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginia_Company

Monday, September 7, 2020 – first day at the Old Bailey

We are stressed out by the police incident and I can’t get up early. We arrive at the Old Bailey only a little after 6 a.m. 4 people are already up with two signs in front of the curtain drawn on Warwick Passage. We do not know if it is well here that the public will enter but we have no choice but to follow them. We greet them and we remain polite but the tension will go up quickly and will remain lively all day long. Jamie, Sandra, the German journalist Moritz Müller and two other men act as « place warmers » – they queue for others and will give up their places at the last minute. These are obviously not fair rules on a first come, first served basis, I don’t think one person is more important than another and no one should be a stooge for anyone, but that’s not the most acute problem. The hardest part is that even if we stay calm, the « supporters » feel they are allowed to free ride and pass us by, so that after 3 long hours of waiting while a security guard opens the gate and we can get into the narrow gut of the passage, we will find ourselves tenths in line when we were fifth in the morning.

A woman with a straw hat, a man come and stand in front of us and push us elbows to make us leave. Then they attack us in various ways, first by shouting that we are attacking them (the famous inversion of the executioner who shouts to be a victim…), by playing the kapo of « social distancing » or by calling us nasty about the forty-something the French are forced to do. I answer that they only have to take 3 steps backwards to have their « social distancing », while putting on the muzzle mask which here becomes a useful accessory to demonstrate our good will to respect social codes. I also say that I am Polish and therefore exempt from quarantine, but the atmosphere is unbreathable because the violence of the « supporters » increases as the hour goes by.

As early as 8:30 am when the City of London police is on the spot and the demonstration in favor of Julian Assange is growing in front of the main entrance, we already know that there are only TWO seats in the public gallery! The pretexts are fallacious and the covid is playing a key role in the cancellation of the publicity of the trial, another violation of the rights we suffer all over our continent. All of us, with Julian Assange.

But I persevere, all the more so because one of the policewomen, a lady in her sixties, tall, blonde, masked, dressed in the white and red checkered uniform of the City of London Corporation, who seems to be directing the operations, approaches us around 8:00 a.m. and allows us to stay in line to ask the Court if our human rights association could receive accreditation for the next day. She is polite and has nothing to do with the weird people we had to deal with the day before. The « real » policemen do not seem to be the same at all, none of yesterday’s policemen are present. The nickels uniforms and the dressed-up hairstyles of the women of the famous night patrol seem more and more like movie sets. The City of London policemen’s car is black, while the British policemen’s car is blue and yellow. Some policemen from Great Britain will be present on Tuesday and Wednesday but just like in front of the Westminster they will remain polite and discreet.

At 9:30 a.m. the tension is at its peak. The organized demonstration is in full swing in front of the historic building. Certain aspects make one think of a ridiculous and offbeat spectacle: a man walks barefoot wearing a skirt in the colors of Ireland, a woman wears a kangaroo costume supposed to represent the « kangaroo court ». Another distributes leaflets for the « coming of Jesus » while grim actors walk around with a simulated cross. I don’t think this staging highlights Julian Assange’s political commitment. I would have preferred to see real political activists, trade unionists, members of the Communist Party, left-wing Labour, English human rights associations… But these representatives of the real English civil society do not want to touch the Assange affair as if the complexity of the question were confusing them. It is true that they would then need to thoroughly clean up their society, the contradictions of their feudal political system (the City of London as the feudal fiefdom of the suzerain of the Crown of England) and they seem to be backing away from this Herculean task.

As a foreigner fighting for the freedom of a man hostage we do not have these hesitations and we must move forward because our freedom is linked to his.

At 10:00 a.m. an elderly private security guard opens the public gallery door in Warwick Passage. He brings in the families of the few other « cases » – Maurice Robinson and Christopher Kennedy, two young English truck drivers accused of murdering 14 Vietnamese migrants by leaving them to die in their refrigerated truck in November 2019, and the family of a man who killed his wife. The 10 or so people climb the stairs as we stand in front of the door.

Confusion then sets in and the physical pressure of the people « heating the place » increases on us. We are accused of all the evils of which these people, who are supposed to be our allies in the defense of Julian Assange, are actually guilty. It sounds like a well-oiled scenario to keep us out by making us lose our cool. Since I’ve known the scenario for a year and 14 hearings, I’m not dismantling myself.

Places and protagonists of the show

Some sleeps in the Warwick Passage in order to be the first in the queue….

Then suddenly the situation is unblocked: a young security guard comes to help the older one. The entrance door to the « public gallery » opens. The agents announce that Julian Assange’s « family » has priority. I see John Shipton arriving and then, with surprise, the February trio consisting of John Shipton’s brother, his wife and the brother’s son. I obviously did not see them at any intermediate hearing in Westminster Court. Stella Moris is also absent, she will NEVER be present in the premises with the family. However, Craig Murray is following. I am tired of this opacity – who decides who the family is? – but there is nothing I can do about it. Worse, once the five from Woolwich Court enter the narrow staircase leading to the upper floors, concussions between Deepa River and the security guards begin as the « seat warmer » activists have cleared the square. These opaque negotiations result in Kristinn Hrafnsson, Fidel Narvaez and John Pilger entering the staircase. Pilger, of course, never stood in line, unlike Fidel Narvaez, whom I have seen since the morning, but who was able to move freely without being forced to hold the door like us so as not to be fired. I am then angry, especially when I think of the immense efforts we had to make to get there? But I remain stoic, however, trying to discuss with the security guard an « accreditation for human rights association ». The man looks at me and says that there is no room in room 10 « because of the coronavirus » but at his attitude I understand that we must persevere.

We are now the two Poles in front of the door. Between the main entrance in the street and our door is G. the mysterious activist I have always seen, every time at every hearing for the past year. G. was at first hostile towards me, then friendly when we made common cause against Greekemmy’s lists. She attended the 4 days at the Woolwich Court and I saw her again in July and August at the Westminster. G. speaks very high level Oxford English and we know nothing about her and how she always gets in. I was saddened this morning when she attacked me hard in the queue while she came in after me and finally I see her pass me in front of me. She seems to have some power as she negotiates with security guards and court officials for the entry of two other protagonists of the game I know from Woolwich, Rebecca Vincent of Reporter Sans Frontieres UK and Christian Mihr of Reporters Without Borders Germany. However, I can’t understand the tenor of the exchanges because I can’t leave my post in the dark gut of the Warwick Passage to go to the main entrance in the street.

When she pushes me to stand in front of me in front of the door, I react. In a kind, almost begging tone I say to her, « Why are you doing this to me? I have always been loyal to you. She continues accusing me of pushing her and telling me about the famous « social distancing ». So I simply say to her, « Who are you? How come you always come in? You said you were a researcher, but I’ve never read anything you’ve written. So the woman represses a smile. Then she says »I’m doing this for my country, ». « Didn’t you notice that there are no British people in this business?

Yes, I have. Only Australians and Germans. And this is the international place of the World Bankers’ City par excellence.

So everything is going very fast. The door opens. Kristinn Hrafnsson appears, followed by John Pilger. The two men leave the place after only one hour. The security guard announces that he can let us in. G. first, then me, then the two from RSF. I give my cell phone to my Polish collegue and I should also throw away my water bottle and cookies, as all food is forbidden. The passage to the public gallery is a narrow gut made of dark wood and tired linoleum that reminds me of the Stalinist architecture of the Warsaw court in the years 90-93. In a tiny mezzanine is the agent’s PC, as well as a metal case – a model metal detector from the 80s. Once our bags pass through the crate and the agent has found nothing forbidden, we pass through a security gate. It’s quite sensitive because my shoes ring every time. As soon as I’m released from the search, I start running so I don’t lose my place. Three large floors to climb up a bunkered staircase without windows, a dirty linoleum floor, toilets in the mezzanine behind heavy dark wooden doors (the women’s toilets are condemned because of corona, we will have to go to the men’s toilets, furnished with sinks and pissoir model of the 1960s. No one has ever renovated or modernized these places, which do not seem to be very busy).

On the 1st, 2nd and 3rd floor, I meet the families of the other defendants who are waiting in a small vestibule on the landing. I have to run all the way up, to the 4th floor of this staircase, the 5th and last floor of the building and I arrive breathless. On the landing an elderly white woman in a black and white masked uniform tells me to wait. She is conferring with another agent sitting in the corridor in a recess in front of a camera screen. The surveillance cameras show the stairs and she has to watch the corridor as well. No security PC, I reflect on the lamentable working conditions of the so obedient English proletarians. The two women tell me to follow them. In the narrow and dark corridor we walk along Court Room 10 and they open the next door, Court Room 9.

I go down into the public gallery, I sit down on one of the many empty chairs. G. is behind me far away from me, to my left in the back I find Fidel Narvaez but Rebecca Vincent and Christian Mihr don’t mind the « social distancing » (and I don’t blame them) and place themselves in the row just behind me a little higher up. I am not in the « Saint of the Saints », this place is Courtroom 10. I’m in an adjoining room that welcomes journalists and the public who are summoned to follow the debates in Courtroom 10 on two video screens placed on either side of the room.

I get angry when I count the number of empty chairs: 40 seats in the public gallery divided into 4 rows and there are only 5 of us! The Coronavirus allows to abolish any rule of law while there is plenty of space to let 20 people in! At the bottom of the balcony of the gallery, I count in the room itself 50 chairs occupied by only 15 people! And there is also on the right side of the room the box of the accused or not less than 10 places remain empty! In all 100 places of which 80 are empty!

The public of the journalists is thus very sparse. The room is a courtroom with a large stage with a high leather armchair for the judge (some law books lie on this desk) on the right of the room. Below the stage is the no less comfortable clerk’s chair in front of the participants in the ritual. Here the seat is occupied by… Rosie Sylvester, the manager we know so well from Westminster! She is dressed in a cheap suit and is typing on a computer while vaguely looking at the screen of the audience. She is entitled to water, a kettle for coffee and personal items that attest to the fact that this is her current place of work. So she does not work for the Westminster Court but for « the Assange case »… There are no specific Criminal Court Old Bailey staff in the room because it is not this Court that judges Assange. This Court is the place where it happens, as if a room had been rented for a meeting that cannot be held anywhere else. However, it is possible that Rosie Sylvester and Vanessa Baraitser work for the private company Prudential which actually owns the central building at 179-185 Marylebone Road and rents it from the Westminster Court, as evidenced by land registry document No. NGL900525. Court buildings have been privatized in Great Britain and the owner Prudential can very well rent meeting rooms for other purposes to other legal and private persons and hire employees directly or by subcontracting. The « Assange Trial » may in fact be a show run by a private company that employs the protagonists as employees. A building like the Old Bailey in a quasi extraterritorial location guarantees this organizing private company total impunity.

We will pass Rosie Sylvester on her way to her office early in the morning at around 8 a.m. walking through the Warwick Passage to the staff entrance at the back of the building. Security guards and young interns also pass through this entrance.

Here in Room 9 Rosie Sylvester is sitting in the axis of the room as if she is facing Vanessa Baraitser behind the wall on the right. In front of me, perpendicular to Rosie Sylvester are 3 rows of 25 seats, half of which are condemned with rubbings on the right, while on the left only 4 seats are occupied by people writing on computers (journalists?), men with physics pass everywhere. One man stands out from the crowd, however: he is stronger, with red hair and a round face. He has a notebook but also a cell phone that is not switched off and makes noise when messages arrive. He looks like he’s smiling as he looks at the screen right in front of him. He follows the unfolding of the film very closely, like a director following the script of his film, while making many gestures punctuating his observation. From time to time he notes on his phone (privilege because we are not allowed any tools, not even a notepad and pen!). The next day someone will tell me that it’s probably movie and show producer Hamish Hamilton.

Germany in the Old Bailey

The other people are not journalists either: I discover with amazement the member of the Bundestag of Die Linke Heike Hänsel sitting right in front of Rosie Sylvester in the front row. Behind her are two young men. The one on the left, a young redhead with glasses, turns out to be a representative of the German Embassy! I learn this because Rebecca Vincent has specified to the security agent that she is being tracked by the German Embassy in the area. As soon as Vincent and Mihr arrive, they are greeted by Heike Hänsel, who designates the young man as their embassy contact. I don’t hear his name but it is clear that he is a political staff member of the diplomatic mission.

Behind them a brown woman in a dark green jacket seems to me to have been among the journalists who had been attending the trial for a year. To her left sit three red-haired or blond men who look very « baba cool ». All these people will speak German to each other the next day and the day after. There are almost no British people here, yes. On the other hand, Germany as a state is very present through its deputy and its diplomats.

Germany is very present in the Assange case in particular, but the real leaders of the 04 Wikileaks « Freedom of Expression » project of the Wau Holland Siftung, located at 25 Marienstrasse in Berlin, Andy Müller Maguhn, Bernd Fix, Klaus Schleisiek, do not have the courage to openly assume their responsibility and take the place of their former friend and employee Julian Assange in the box of the accused. Yet they are the real leaders of the Wau Holland project, which is still going on today and is headed by Müller Maguhn. Assange was just the pretty face, the showcase of Wikileaks, for which the public gave money, seduced by his physique and apparent honesty. Müller Maguhn, Fix, Schleisieck and the other Wau leaders have always remained in the shadows and are therefore not bothered by American justice while their puppet Assange is being fed to the Grand Inquisitor. It is necessary to say things brutally because they are like that, proof in the activity reports of Wau Holland that I studied carefully[1].

The German State seems to want to protect its foundation and its citizens, failing to support Assange. Germany is at home here in this matter. It is unthinkable in law that a trial should take place in the presence of a foreign state, but it should not be forgotten that here we are not in Great Britain but at the City of London Corporation, the Merchants’ Guild of London. If the Sheriffs who govern the Court building and the Lord Mayor of the City accept Germany’s influence on their institutions, I wonder if the British government has any say in what happens in this place – an enclave like the Vatican on its territory?

Then I look at the screen hanging on the wall opposite the gallery. And unfortunately I don’t see much because it’s 20 meters away from me and the image is blurred. The sound is also not very audible. Nevertheless, I can make out Room 10, with Baraitser on the left on a platform, Fitzgerald and Summers in white shirts in front of it in front of tables, Lewis and Clair Dobbin to their right. In the background I can make out heads vaguely. When the lawyers are talking, the camera does not show Julian Assange. It is only when the prosecutor speaks that the camera turns to the left and I can make out the box of the defendants from a distance … and a white spot with a white face dressed in a vaguely brown suit between two guards in white shirts. Julian Assange is there, yes, but how can we be sure it is him when we see nothing of his face but a white spot! Another white spot is sitting in front of him, a woman with black hair. Gareth Peirce is also present behind Fitzgerald, all in black, although she hadn’t appeared since February.  At the back of the room, to the left of Assange, indistinct heads. How can we call this a fair trial? A secret trial worthy of feudal times, yes. But the City of London Corporation is still governed by Laws dating from feudal times which are still valid, and Great Britain still has elements of feudalism in its political system, such as the Queen’s power over certain social, political, legal and scientific institutions. The City of London Corporation is supposed to have pledged allegiance to the Queen who is her direct suzerain according to customs dating back to 1186!

In such a space we cannot hope for the respect of Human Rights because the Enlightenment has never succeeded in penetrating this fenced, muffled, violent and powerful place.

As I am not allowed to take notes, I did not take Summers’ plea and the prosecutor’s answer. All I know is that for an hour the Wikileaks lawyer tried to plead the impossibility of accepting the new US charges with the argument of sending the documents too late. So he does not contest the merits and remains in the framework of a « case management hearing », an organizational hearing.

After one hour, there is a lunch break. The security guards come to fire us. I have no choice but to leave. I look so tired that the women tell me to take off my mask to breathe. I look at the door of room 10, the Family has already left the premises, I won’t see Julian Assange or anyone through a door that is ajar.

We must eat and rest, having reached the limits of what a human being can endure without rest and sleep. We come back too late, at 3 p.m. The activists are there to « warm up the place », they laugh at us. I stay a little bit in front of the door until someone rings the bell and the security guard sees me. He politely tells me that for today it’s impossible but that I can come back tomorrow.

I join the few friends participating in the carnaval demonstration in front of the main gate of the Old Bailey. Then at 4 p.m. we find ourselves with them waiting in front of the carriage entrance on Newgate Street (the name of the prison that served the Criminal Court throughout the history of the City and London). This huge door commands the entrance to the passage between the 19th century Old Bailey building and the Axa offices on the left with the Maison des Couteliers at the back. The passage arrives in the small inner courtyard of the Old Bailey which is also the entrance of the employees (see on the Google map)[2][3] . The photo hunt of Julian Assange in his van is organized by the pack of photographers, present in number the first day, much less assiduous the following days.

As in December 2019 and last January the photographers rush on the 4 outgoing vans and a large black sedan with tinted windows. They flash the interior and then look at their photo to recognize Assange. It is never him, so they persevere. We understand that we must follow them, since their goal is to sell the photo and they will stop once they have caught their loot and sent it to their editors. However, the poor guys who went out the door in the vans seem to be the other Criminal Court defendants who are considered uninteresting by the media. At some point we ask the photographers if they got the picture. They deny it, we are not sure they are telling the truth. Maybe they do, since no photo of Assange is finally published. As soon as the last car is gone, the police leave the camp immediately. Strange trial where we were so intimidated and finally saw with our own eyes that he is not so « sensitive » in the eyes of the « real » authorities.

Julian Assange remains visibly trapped in captivity inside the Old Bailey. After all, in the Old Bailey there is everything it takes to hold a seat: vast underground passages visible when delivery trucks bring in the food trays and filming and recording equipment, a canteen, a kitchen whose noises could be heard in the Warwick Passage… And certainly apartments upstairs and cells downstairs. At night, the 4 and 5 th floors corresponding to rooms 9 and 10 and their corridors and galleries will be illuminated with their bluish light. Someone sleeps and works here at night, no doubt about it.

Tuesday, September 8, 2020

The next day after a good night’s rest we arrive much earlier, at 5:30 am. The Warwick passage is open and deserted. Jamie arrives around 6 am, followed by Sandra and Deepa. He is disappointed to see us before him and remarks « this time you were faster »! I do not blame him but I am annoyed. For us it’s not a « who gets there first » game. We are not like these Ukrainian or Belarusian « Titushki », these people paid by the Western foundations 100 Euros a day to participate in the false demonstrations of « color revolution » against Janukovitsch or Lukashenko. Nobody pays us, on the contrary, we give our strength and resources for the common struggle. I have nothing against Jamie, but it is certain that he will never write any report since he will never attend any hearing of his own.

As yesterday our wait lasts a long time, it starts to get cold on this morning of September in London. I brought my sleeping bag that I use as a blanket. Around 8 o’clock people start to gather in front of the Old Bailey. There are much less than the old one. The storytelling done, our dear journalists move on to another news. The employees cross the passageway to go to the employees’ entrance in the courtyard. Rosie Sylvester passes by around 8 o’clock but does not answer our greeting. That day there are far fewer « normal » hearings and no more families queuing at the Warwick Passage. The real Criminal Court works on floors 1, 2 and 3, with the public queuing in front of the main entrance. The entrance to Warwick Passage and the staircase leading up to it is only for the « Julian Assange case » as if it were a meeting of an association or private company that would have rented unoccupied rooms on the top two floors.

At 8:30 a.m. the young security guard shows up and announces that there will only be two seats for the public because three are « reserved for VIPs ». Deepa tries to parley and I add « can you tell us who decides who is « Very Important Person »? This kind of pass granted to singers as much as modern nobility titles annoys me deeply. Deepa supports my request for transparency. The man is embarrassed and tells us that he is going to find out. He never comes back. One of the supporter friends ironically says to me « come on – the VIPs, Pamela Anderson, Maria Carey, Mia, plus they’re not even there ». Surely rich people like these ladies don’t freeze their asses off queuing up in the filthy, filthy gut of the passage. This is a feudal and capitalist society.

At 9:30 a.m. John Shipton and Craig Murray arrive in the gut and exchange with the activists. Around 10:00 a.m. the young security guard opens the front door and calls « the Family » and then points to « two people. First come, first served ». We give our phones to our colleague. I’ve emptied my bag of everything, except for an electronic charger that won’t fit through the gate. Fortunately, one of the activists will kindly keep it for me. John Shipton, his brother, the brother’s wife and their son are there and enter the stairs followed by Craig Murray. Then I return with Basia the Pole. I am the last one to pass the antique metal detector and to climb the 4 floors at full speed on foot so as not to lose a crumb of the trial. But when I get to the top I see Barbara waiting in the small vestibule in front of the glass door separating the staircase from the corridor. She is standing in front of Julian Assange’s « familiars » sitting on wooden seats from the 60s while the young man is sitting on the steps. A security guard dressed in a navy blue uniform (there are two different security companies working for Assange’s trial? Why are the uniforms of Assange’s guards so disparate?) comes to tell us that the hearing has been delayed. She disappears into the hallway and we stay to watch each other a little bit like dogs. Craig Murray talks about Uzbekistan to his friend John Shipton. The latter compares his big, calloused hands to those of his brother. « It’s genetic, » he says. He laughs, relaxed. His hands don’t look like Julian Assange’s long, thin hands, but I’ll be told, ‘how can you be sure you still look like your father?

After 20 minutes the security guard opens the door and says « I need to know the names of the family members. The group sitting in front of us is not very happy to reveal their identity. I hear John Shipton’s brother is named Sullivan Shipton, his son Elliot Shipton and Sullivan’s wife Esther Bronfman or Kaufman, she says it so low that the security guard has to lean over to her to understand. A few minutes later the employee comes back and signals us to follow her. We enter the creepy, windowless hallway, leave the recess with her table and surveillance cameras on our left and find ourselves following the family group in front of the door marked « court room 10 » with red paint. She opens this door and lets « the family » in. I try to make out something – the room looks dark, the walls are green and the chairs are made of wood and red leather. But unfortunately I cannot see Julian Assange. The officer blocks our entrance and says, « You’re going to Room 9. Then « But maybe you can go to room 10 in the afternoon. There is hope!

Room 9 we find ourselves alone among the 40 empty seats on the balcony. We sit down so that we can communicate. We take out our notebooks and pens to write down. Surprise, the rules have changed, today it is allowed to write. In front of me the same configuration as yesterday and there are only 8 people in the room: Rosie Sylvester in place of the clerk, Heike Hänsel in front of her, the young man from the German embassy behind her, the two German « baba cool » and the brown woman in the green sweater in the last row. In the armchairs opposite, the one identified as Hamish Hamilton and another man in the back row on the right. That’s all there is to it. Where are the reporters who are supposed to be reporting on the trial? Couldn’t or didn’t WANT to come in?

On the screen showing Room 10 I see Baraitser on the right, Summers and Fitzgerald, the clerk, the accuser Lewis and three silhouettes far away in the rows perpendicular to the lawyers’ and accusers’ tables. In the bottom right corner of the screen a man is standing at the witness stand: it is lawyer Smith, whom Summers immediately presents as « specializing in extraordinary rendition, kidnapping, torture, enforced disappearance. It’s a pity I can’t see his face because standing in the witness box he turns his back to the camera. On the other hand, we can hear much better than yesterday. Mark Summers is in his closing argument, after the presentation of the witness’ CV (which unfortunately I can’t hear very well) he asks him if he had any contact with Wikileaks and if the classified documents published by Wikileaks were used as evidence in his work. It is mainly about the assassinations carried out in 1993 by the US army in Afghanistan. No, lawyer Smith had no relations with Wikileaks, yes he used the « cables » (diplomatic telegrams).

While I try to understand everything and note everything down suddenly, for 10 seconds the camera zooms in on the defendants’ box! And I see Julian Assange, much more clearly than the day before! I see him sitting surrounded by two guards in white. He has short hair and no beard. He is wearing a white shirt and a navy blue jacket. Alas, too far away for me to see the expression on his face. He is motionless, sitting upright like an I… The organizers of the sacrifice are not giving us or him any gifts. Immediately the camera leaves Assange and we will never see him again!

While remaining attentive to the camera, I follow Summers’ approach, referring to the paragraphs of the witness’s testimony and giving him the floor on the points mentioned. Witness Smith, who is American, explains that « the reputation of my country has been seriously tarnished by war crimes », describes the Wikileaks revelations as « powerfull »  and refers to trials conducted by Pakistani justice against « rendition » and assassinations. Did the United States want to block the investigations into the renditions? Summers asked. Yes, the witness answered. The most important document he used in his work was the list of 69 names of people « targeted » for assassination by « American agencies ». This list was published in the Pakistani and Afghan press and constitutes a « fascinating document. Wikileaks’ lawyer asked the US government’s victims’ lawyer about his « assassination program » and asked him for details on how he worked with these « sources of evidence ». Smith is cautious and speaks in a detached and calm voice.

He does not mention having read the Wikileaks page himself, but always talks about the Afghan or Pakistani press or the New York Times. Then Summers questions him about the « Guantanamo II » documents published by Wikileaks, the debate moves on to « secret prisons ». (I can’t help but think of my country, Poland, which still serves and will serve as a secret prison for the American rogue state). Smith expresses his sadness and says that he never thought his government would be involved in such practices: torture, kidnapping, rendition, secret prisons… Summers underlines and repeats « Rendition, torture, detention ». According to Smith « psychological torture is the worst » and he quotes the UN Convention against Torture which effectively obliges states to cooperate in criminal investigations of torture. Summers asserts that « Wikileaks has helped to prove torture, rendition, disappearance ». At this point one gets nauseous from hearing the words « torture, disappearance, rendition, kidnapping, assassination, target ». The timbre of Summers’ voice being devoid of the slightest emotion, the impression that emerges from his speech is that yes, Wikileaks is a good thing, but American power is such and so violent that nothing can be done about it. It is an invincible monster that cannot be defeated and that only a few brave people can challenge at the margins.

Precisely, how could Smith have sued the United States in the International Criminal Court? He couldn’t, because even with regard to the prisoners in Guantanamo Bay, the CIA and other agencies do not cooperate with justice. The nausea overwhelms us. Men like Summers are decidedly lacking in combativeness and persuasion if, at the end of their just plea, public opinion will only retain its passivity in the face of the unspeakable violence of a Superpower.

But how could public opinion even be informed of this? This « trial » is a meeting behind closed doors like a sacrificial ceremony of the Inquisition in the 17th century. The few « journalists » in the room are clearly watching their cell phones without listening. The German representative is even looking at Facebook, I can see him from the balcony!

The prosecutor passes the witness « to the question ». First he asks him if he believes that Wikileaks is « public interest » and then asks him the definition of this « public interest ». Then he asks whether revealing « state secrets » can be in the public interest if it is published in the New York Times and the Washington Post. The impression that emerges from the discussion between the two « Americans » (who is prosecutor Lewis, we don’t really know) is that it is a debate … American. Two Americans are discussing what is right and wrong to do in Europe and it is happening on our continent. At no time are European laws, the European Convention for the Protection of Fundamental Rights, the European Charter of Fundamental Rights that Great Britain has signed and promoted, cited. Forgotten Fundamental Rights. The ceremony of Assange’s sacrifice has taken away our political rights, while the coronavirus is in charge of liquidating the rest of our personal rights, such as the right to physical integrity, health, freedom of movement, non-violability of the home…

The prosecutor, however, claims that Julian Assange is not being prosecuted for publishing secret documents but for having « outed » American collaborators. Unfortunately, I don’t hear his exchange with Smith very well. I estimate that it must be about 11 o’clock (we are not entitled to a watch) when suddenly I hear Julian Assange’s voice clearly on the screen! He speaks! And with a decided voice, the tone rises towards an interrogation! Unfortunately, I can’t hear what he is saying and what’s more, the camera doesn’t show him! I tell my colleague that Julian Assange has spoken! Baraitser forbids him to speak! I send him back to his lawyers! Then we see on the screen that she suspends the session. Everyone moves, the sound is muted. I stare at the screen in the hope of seeing Julian, but no way, the torturers are not going to show what they are doing with him. We don’t know if he’s there or if they’ve taken him out. What we understand is that he rebelled again and again!

Julian Assange in december 2011

In our room a man enters by the back door on the left and comes to speak to Rosie Sylvester. Through this door I can see the light of day: behind it is a corridor with windows overlooking the street. The technician goes out and a few seconds later appears on the screen in room 10. In this room we don’t feel any tension, while we, the audience, remain stunned. We see the lawyers and prosecutors talking to each other, everyone looks relaxed. Assange is absent from the screen. Baraitser comes in, takes his place, admonishes Assange as if she were talking to a child at fault (nowadays many of us are infantilized by the dominant system…). She tells him that even if he thinks he has the right to speak himself, he must not interrupt the witness. And no, he doesn’t have to speak or he will be fired from this court. In his place, I would have gone on strike to stay in my jail, rather than to support an iniquitous ceremony worthy of the Middle Ages!

In fact, here in the City of London we ARE in the Middle Ages, governed by customs and arbitrariness directly coming from the 11th century and one wonders by virtue of which International Laws this man is kept in captivity in this place! Besides, Baraitser’s threats may already have been carried out: we have no proof that Julian Assange is still in room 10. They may have taken him out and locked him up somewhere and they continue to debate about the rightness of « Wikileaks », this internet page whose owner of the domain name is not Julian Assange but a certain John Shipton, the father sitting quietly on his chair in the public gallery, never worried by any authority! The father is safe and the son is sacrificed: one would believe in the most patriarchal of myths, that of Abraham sacrificing his son out of obedience to an exterminating God. The death of the son to save the father has always seemed to me the height of the perversity of the system!

I can no longer bear to see Julian Assange in the position of the sacrificed lamb, guilt-ridden and humiliated. I’d like to go down into the arena, open all those damn doors, which in reality no police officer is guarding, climb over that balcony, walk towards the stall, enter it (the stall is not closed either), take Julian Assange by the hand and tell him « come on, let’s get out of here, let’s leave all these freaks to their absurd circus »!  And we leave together, the doors open by themselves, the security guards who are just proletarian employees make us a hedge of honor because they no longer have an employer to obey and with our friends we leave this place and this country as soon as possible!

But in reality the circus continues: the accuser demands that the witness reflect on whether it is right to reveal secrets that endanger « national security ». National security has no meaning in French. The Nation is an entity that cannot be endangered, the Nation is a community of humans who create a State to ensure its security. The State does not have an ontological existence, it is a tool… But here we are in an esoteric American-American debate. We are not, not in Europe anymore. None of the philosophical concepts of our history has its place. I stand helplessly in the American-American discussion if it is permitted to torture in order to ensure « national security« . Simply stating the terms of the debate is a justification for torture and normally it should be forbidden here on our continent which has suffered Nazism and two world wars to THINK even in these terms! Torture is a crime, stop !

But here in the City of Bankers, which is not the same legal entity as the state Great Britain which so courageously fought against Nazism, there is a debate whether torture can still be justified. Lawyer Smith tries to minimize Julian Assange’s « fault » by arguing that only a very small number of names of collaborators were published by Wikileaks. In room 9 a very old air-conditioning system pushed to full blast spits a cold and possibly germ-ridden air on us. I cover myself with my sleeping bag. Even the journalists below the balcony are cold.

Baraitser interrupts the prosecutor and there is a 5 minute break. It is recognizable by the fact that the witness leaves his desk, and the break ends when he resumes his place. Mark Summers takes the floor again. He speaks again about « dark prison, murder, rendition » and asks if the revelation of this is a « public interest ». Yes, » the witness answered, « it is evidence of my government’s criminal activities! Then the debate refocuses on what Julian Assange is really accused of, « conspiracy to obtain secret documents, » to which Summers adds the euphemistic « rules of engagement » of the American military to designate the permits to kill civilians that they grant to their soldiers in all circumstances. Did Assange just receive or seek to obtain the diplomatic documents? This is the « accusatory » problem, when no one is trying to define what is a « conspiracy, » a « conspiracy, » a term existing in European criminal law for blood crimes or attacks. We have not yet seen in Europe a conspiracy to publish texts… But this joint American-City of London ceremony is setting a dangerous precedent on our continent!

The prosecutor summoned the witness to present his CV, but Baraitser interrupted them and decided to pause. We have to resume at 2 p.m. I’m waiting for the screen to turn off. I listen to the participants at the « bottom » discuss in German. They don’t have to leave the premises. The security guard takes us out. We pass in front of room 10 again. I would love to go in there! As we leave the security guard at the gate assures us that we will be the first to enter again.

We leave the premises for a lunch in our apartment. The decision is made to continue, even if it seems fair that we give at least one place to those who were waiting after us. The famous VIPs obviously did not come but contrary to the day before the agents did not want to accept 3 more people despite the 38 empty seats in the gallery! We are back before 2 p.m. Deepa is already in front of the door. We decide to let in my Polish colleague. She will stay until the end and I will wait for her outside in the demonstration. Before 2 p.m. the Shipton family arrives in front of the door. I take this opportunity to politely ask John Shipton what Julian Assange said when he protested, since we were not hearing anything he said. Shipton looks at me in amazement as if he hadn’t been there. I insist! Assange said a sentence, Baraitser admonished him, he must have heard, he had a front row seat in room 10! The man still looks at me with a bewildered look and asks me who I am. I introduce myself, I remind him that I was present at all the hearings since October 2019, except during the lockdown. I remind him that we discussed on August 14 at the Westminster. I introduce him to my Polish collaborator. I won’t get anything out of it about Assange’s sentence or any other subject. Either he slept or he was not the one in Room 10, because I don’t see why he should keep Julian Assange’s protestant sentence a secret!

Our friends are gathered at the foot of the glass building facing the Old Bailey. They are very lucky not to be kicked out of this private place. The City of London police officers are in front of the building. No photo will be taken. The neighborhood quickly becomes deserted again and we leave to rest.


[1]  http://www.wauland.de/de/documents/

2. https://www.google.fr/maps/place/Old+Bailey/@51.5155385,-0.1017145,19.3z/data=!4m5!3m4!1s0x48761b533028c1c5:0xb0e45948a3ad1b6d!8m2!3d51.5155093!4d-0.1020219

Eléments sur l’installation d’une dictature en Europe – Julian Assange à la Old Bailey 7 au 10 septembre 2020

Julian Assange face à la Famille le 9 septembre 2020 à la Old Bailey

Monika Karbowska

Le troisième jour nous sommes devant la porte encore plus tôt que la veille. Je suis confiante. Jamie a perdu sa course imaginaire. Deepa tient la porte pour Rebecca Vincent à qui je cèderai moi-même la place à midi. De 5h30 à 10h cela nous laisse le temps de discuter à trois de la situation politique en Europe, de l’histoire de la Révolution Française et du système de Vienne encerclant la France pendant tout le 19 siècle révolutionnaire. Nous nous interrogeons sur la persistance du système féodal sur le territoire de la Grande Bretagne avec cette enclave de banquiers et de multinationales qui fonctionne comme une mafia d’intérêts privés parasitant les Etats et se riant de leur souveraineté.

Vers 9h30 une jeune fille blonde habillée de noir de style « années 80 le renouveau » vient frapper à la porte. L’agent de sécurité de l’escalier est l’homme âgé du lundi. Elle est une victime qui doit témoigner dans un des vrais procès de la Criminal Court. L’homme la renvoie vers la porte de la rue ou quelques personnes attendent. On est loin des foules du lundi. La cour ne semble pas fonctionner à plein régime, il n’y a quasiment plus de familles qui viennent. La femme revient et lui répète qu’on la renvoie d’un endroit à un autre et qu’elle ne comprend pas en tant que victime comment le tribunal peut dysfonctionner ainsi. La deuxième fois elle pleure devant nous. Rien que venir ici est éprouvant, nous le comprenons, cette attente dehors n’en est que plus injuste et incompréhensible.

A 10h l’agent appelle la Famille : John, Sulivan, Eliot Shipton, Esther et Craig Murray entrent devant nous. Puis il nous désigne, ma collègue et moi. Nous ne perdons pas de temps, cette fois ci nous avons laissé nos téléphones et appareils photos à la maison. Le passage dans la boite anté-divulienne de détection de métaux est rapide, la pression sur les salariés est aussi bien moindre, l’agent de sécurité est donc moins sévère. Je cours dans les escaliers au 4 étage précédée par ma collègue. A mon arrivée la Famille est déjà dans la salle 10. Nous entrons dans le couloir et un agent de sécurité black, masqué, vêtu de blanc, nous demande « vous venez pour le procès dans quelle salle » ?

Je ne lui mens pas en répondant « Court Room 10 ». Alors il nous ouvre la porte du sésame. Nous entrons tout naturellement et nous nous asseyons dans la 3ème rangée juste au-dessus des Shipton, d’Esther et de Craig Murray, assis dans la 2ème rangée de la galerie du public. Je regarde je fais vite un croquis des lieux.

La salle semble être une salle jumelle de la numéro 9 mais en fait elle est différente. Bien plus petite, plus sombre, toute en ambiance feutrée, aux lumières tamisées, fauteuils de cuir rouge sombre et de meubles en bois foncé. L’absence de fenêtres rend le lieu confiné et étouffant encore plus que dans la salle 9 qui garde une allure de salle de classe ou d’université. Ici il y une ambiance lourde, chargée de cérémonie, comme dans une église. La disposition est inversée : Le box des accusé se trouve à gauche, l’estrade du juge à droite. C’est bien, je serai en position stratégique pour voir Julian Assange.

J’observe ce qui se passe pendant bien 20 minutes. Je finis par croire que ce n’est pas une erreur, qu’on nous a bien laissé entrer dans le Saint des Saints et que c’est une décision juste et honnête. Je suis presque convaincue que nous allons pouvoir passer la matinée ici. Les présents ne font pas attention à nous sauf Craig Murray qui tourne la tête vers moi et me sourit. Il faut dire que depuis 1 an je finis par faire partie de l’environnement à défaut de faire partie de la Famille.

Je réalise donc que ce que je vois est ce qui aurait dû rester caché aux yeux du public. A la Woolwich Court en février le public voyait toute la salle sauf ce qui se trouvait sous le balcon de la galerie du public mais n’entendait RIEN sans micro car la galerie était séparée de la salle avec une vitre blindée. C’est ainsi que j’ai pu VOIR alors Julian Assange se révolter, se lever, crier, invectiver les présents, leur parler, mais je n’ai rien pu ENTENDRE. Ici je suis plongée dans la véritable ambiance car aucune vitre ne me sépare des protagonistes du jeu.

Et en bas l’atmosphère est très différente de celle d’un procès. Les acteurs du jeu devisent entre eux tranquillement dans une atmosphère détendue. Ils se connaissent tous, ils font partie de la même bande, organisation, que sais-je, ils rigolent entre eux, ce qui contraste avec la lourde et sérieuse ambiance de la salle. Je vois très bien Fitzgerald et Summers aux côtés de Lewis et de Clair Dobbin. Gareth Peirce circule entre les tables, place chacun et a l’air de distribuer à chacun un rôle. La jeune Florence Iveson a parlé à des amis à un bout de la pièce et revient à sa place derrière Lewis. Les assistantes de Peirce et la collaboratrice de Dobbin, blonde forte, sont assises dans la dernière rangée juste devant le box vitré et discutent entre elles. Je suis surprise de voir que Baraitser est déjà à sa place surplombant le bureau du greffier (également présent et silencieux) alors que la salle est dans une ambiance de récréation – dans un vrai procès c’est l’entrée du juge qui marque le début de l’audience judiciaire et l’assistance doit se lever pour le saluer. Personne ne se lève au passage de Baraister car ici la juge semble être ici un élément du décor et non pas une dépositaire de l’autorité de l’Etat et du Droit. Il est vrai que nous ne sommes pas dans un Etat, mais dans une organisation privée, une guilde de marchand datant du Moyen Age et Baraitser n’est pas juge ici, à la Criminal Court. On se demande qui elle est, alors qu’il est impossible de trouver la moindre information sur elle. Sa famille existe belle et bien : Michael Baraitser, Lisa Baraitser, Paula Baraitser sont propriétaires de diverses entreprises à voir sur Beta Companies https://beta.companieshouse.gov.uk/search/officers?q=Baraitser mais Vanessa semble n’avoir aucun existence sociale autre que l’affaire Assange.

Dans la rangée perpendiculaire à Baraitser, à sa droite au fond de la pièce je distingue Alastair Lyon, une femme brune à la veste verte et un homme roux. Ils attendent tranquillement.

Mais le plus surprenant se trouve en face de moi et c’est la partie que je n’aurais jamais dû voir si je n’avais pas eu la possibilité d’être là en face de ces gens en chairs et en os, car la camera ne montre JAMAIS cette partie de la salle. En face de moi, perpendiculaire au box des accusés se trouvent 3 rangées de fauteuils dans lesquels ont pris place Joseph Farell en veste rouge, tout à droite et MC McGrath ! Joseph Farell en tant « qu’ambassadeur de Wikileaks » ne devrait pas se trouver ici car il est une partie prenante du procès ! En plus, les discours sur « on ne peut pas parler ni rendre visite à Julian Assange » se trouvent immédiatement invalidés par la présence de Farell ici dans une ambiance de récréation avant la reprise des leçons où Farell voit Assange tous les jours pendant 3 semaines à 3 mètres de lui ! MC McGrath qui est hacker et informaticien américain fait visiblement partie de la « famille » du projet « Wikileaks » mais on ne peut pas imaginer qu’une personne lambda comme lui puisse assister dans la salle du tribunal si ce procès était un vrai procès !

Et surtout derrière eux je vois bien Stella Moris en robe rouge foncée discuter gaiement avec sa copine Jenifer Robinson en robe rouge écarlate également. (Robinson portait le premier jour une robe verte, comme en février à la Woolwich et deux robes rouges de plus en plus vermillon éclatantes le deuxième et troisième jour, pas une tenue d’avocat donc). A gauche de Robinson est assis un jeune homme roux ressemblant à Nathan Fuller, directeur de la Courage Corp, entreprise américaine sise à New York.

Les deux amies rigolent en se parlant, elles semblent heureuses d’être ensemble ici et insouciantes. Le comportement de Stella Moris me stupéfait : alors qu’elle vient de jouer les épouses éplorées dans son storytelling larmoyant à Paris Match et devant la grille du 10 Downing Street, je la vois ici détendue et satisfaite de sa performance. Je la vois ne pas montrer la moindre émotion face au sort qui attend Julian Assange dont elle clame être la femme chérie. Elle ne montrera pas non plus aucune émotion, aucune compassion lorsque Julian Assange entrera dans la pièce. Je la vois assister au procès de Julian Assange comme à un spectacle, une cérémonie, dont elle est une partie prenante. Si elle avait été sa « famille » alors elle aurait dû être avec nous à la place de la famille, dans la galerie du public.

En plus, me dis-je, elle est là tous les jours à rigoler en le regardant pendant des heures et elle raconte au monde entier son mensonge qu’elle ne peut pas le voir et ne l’a pas revu depuis des mois… Tout comme elle avait tant menti sur les audiences du 27 février alors qu’elle ne lui parlait pas et n’a jamais encouragé et soutenu sa révolte face au sacrifice qu’on lui inflige.

Cette fois ci j’ai vraiment le sentiment d’assister non pas à un procès mais à un sacrifice. Une espèce de mise à mort rituelle de ce qui a été beau et bon – le projet de liberté d’expression totale mais aussi l’homme Julian Assange endossant ce projet malgré lui. Car Wikileaks est présenté comme quelque chose de bien – mais sacrifie-t-on quelque chose de mauvais ? Non seuls un animal beau était sacrifié dans l’Antiquité, un homme bon comme Jésus a été sacrifié, une BELLE idée comme la liberté d’expression est en route vers le sacrifice…. Sacrifier quelqu’un de laid et de mauvais n’aurait pas de sens !

Certes, il a été nécessaire de salir au préalable Julian Assange par une campagne planétaire le traitant de violeur narcissique, mais Jésus aussi avait d’abord été moqué comme imposteur et faux prophète avant d’être tué. Et je ne trahis pas la pensée de Julian Assange car lui-même a mentionné Jésus comme « premier lanceur d’alerte sacrifié » dans un discours combien prémonitoire en juillet 2009 en Allemagne.

Je comprends alors que je me trouve comme dans ces familles patriarcales ou on décide dans une réunion du rituel du « crime d’honneur » : la famille doit sacrifier un membre qui a « fauté » pour garder le secret familial, la cohésion et le pouvoir de la structure. En tant que militante féministe et femme qui a dû lutter pour m’émanciper je ne comprends que trop bien la structure de pouvoir d’une telle famille sectaire. Il ne faut surtout pas imaginer que les membres de la famille détestent le membre sacrifié : au contraire, on l’aime c’est pour cela qu’on le tue. Pour son bien. Parce qu’il n’a pas d’existence propre, n’est qu’un membre de la famille. Sauver la famille en le tuant c’est le sauver lui, sauver son âme.

Stella Moris clame à qui veut entendre que Julian Assange va se suicider et qu’il a demandé l’absolution des mourants à un prêtre catholique. Premièrement, une extrême onction n’est administrée réellement qu’au mourants par l’Eglise catholique et Julian Assange est bien vivant, comme je le verrai tout l’heure. Deuxièmement, pour obtenir une absolution catholique il faut encore traverser les sacrement de la confession, de la communion et du … baptême, il faut donc encore être catholique ! Et troisièmement l’Eglise catholique interdit le suicide, elle ne saurait donner l’absolution à quelqu’un qui déciderait de pécher en s’ôtant la vie ! Pour moi, Polonaise élevée dans le catholicisme, ce storytelling- là ne passe pas du tout !

Cette femme qui ment publiquement se trouve alors ce mercredi 9 septembre à 10 heures en face de moi dans la salle 10 de la Old Bailey et elle se prépare à une partie importante d’une cérémonie. En me rappelant ses paroles sur le « suicide » de Julian Assange je me demande si ce qu’elle annonce ne sera pas plutôt un meurtre. Un meurtre rituel, un sacrifice : un homme qui a fauté, qu’il faut punir, une idée qu’il faut tuer. Je frémis en regardant de près la robe noire constellée de petits fibres rouges de la femme : le bourreau, tout comme le sacrificateur, porte le rouge, couleur de vie et de mort, couleur de la passion.

Brusquement le silence se fait et tous les yeux se tournent vers la porte au fond du box des accusés : je vois Julian Assange entrer par cette porte du fond qui se trouve en face de moi et traverser le box, entouré de deux hommes en blanc, jusqu’à une chaise au centre. Je le vois très bien, je ne l’ai jamais vu d’aussi près, il est à 5 mètres de moi et derrière une seule vitre. Je suis placée en hauteur, je vois très bien sa tête, son visage et le haut de son corps.

Il porte une chemise blanche et une veste bleu sombre ainsi qu’une cravate noire et rouge, du même tissu que la robe sombre de Moris. Je vois bien le sommet de sa tête, ses cheveux blancs sont coupés, mais ils ne sont tout à fait coiffés. Il porte ce masque en papier qu’on nous impose aussi en France rituellement. Mais si le masque cache sa bouche, je vois bien ses yeux. Il est moins maigre qu’en février, moins voûté que le 21 octobre. Sa démarche est assurée, il n’est pas vacillant ou dodelinant comme j’ai pu le voir sur les vidéos de la Westminster. Au contraire, son entrée ne manque pas de panache : on dirait que c’est paradoxalement lui le maitre de cérémonie, ce n’est que lui qu’on attend. Comme le 27 février c’est lui qui donne le ton par son comportement. Comme si sans son accord, sans son adhésion la cérémonie du sacrifice n’était pas valable.

Le passage Warwick et les murs de la prison Old Bailey

Assange arrive au centre du box puis pivote et enlève alors son masque. Je vois son visage, ses yeux bleus gris, son expression profondément triste mais pas abattue. Ses yeux portent des cernes, moins profondes qu’il y a un an, mais il a des cernes sous les cernes. Son visage est glabre, ses traits un peu bouffis et son teint est aussi pâle que le 26 et 27 février au matin. L’expression de ses lèvres crispées fait penser à un enfant qui aurait été battu et retiendrait ses larmes…

Alors la porte de la galerie s’ouvre et l’agent de sécurité nous appelle pour sortir. Je ne réagis pas, je laisse ma collègue parlementer pour gagner du temps. Je regarde Julian Assange qui enlève son masque. Il me regarde et nos regards se croisent. C’est fini, ils ne me laisseront pas rester. Mais alors je me lève et je suis visible de loin dans mon habit violet. Je lève le poing droit, mon chapelet polonais autour de ma main. Assange m’a vue. 

Je sors à regret. Dans le couloir l’agent de sécurité nous sermonne longuement. On a commis un sacrilège, on lui a menti, nous devions aller dans la salle 9… D’emblée je m’excuse, je lui dis que je regrette qu’il puisse perdre son boulot à cause de nous, qu’on pensait qu’on avait le droit de venir dans la salle 10 car sa collègue nous l’avait annoncé la veille. Il me reproche d’avoir fait un signe à l’accusé. Pas du tout, je récuse, j’ai juste ajusté le chapelet qui me tombait de la main. Il semble accablé et dit qu’il va discuter de notre sort avec son chef, talkie à la main. On n’entend pas ce que le chef lui dit, mais j’en profite pour changer de ton. Je lui dis que je représente une association des droits de l’homme, que nos destins en Europe sont suspendus à ce procès. Qu’il est illégal de ne pas pouvoir voir le visage de l’accusé, un homme enfermé dans des oubliettes comme au Moyen Age que personne ne peut voir, que nous avons écrit 10 demandes de libération et 3 rapports médicaux, qu’Assange est torturé et que nous devons témoigner de son état de santé…

Je ne sais pas si l’entreprise de sécurité privée est sensible à la question des droits de l’homme, mais son salarié nous permet finalement de nous rendre à la salle 9. Pendant 2 heures j’ai tout le loisir de réfléchir à ce que j’ai vu tout en observant le déroulé du storytelling pseudo judiciaire. Pas une seule fois la caméra ne montrera Assange.

Dans la salle 9 il y a encore moins de monde qu’hier. Heike Hänsel, un jeune homme à sa gauche, l’homme de l’ambassade allemande, les deux journalistes allemands, la femme brune en vert, Hamish Hamilton, Rosie Sylvester – 8 personnes. Le professeur Rogers est interrogé comme témoin en vidéo. Il raconte la saga Wikileaks selon lui : les publications de Wikileaks auraient prouvé que les Etats Unis ne contrôlaient pas l’Afghanistan tandis qu’en Irak Wikileaks aurait permis de rajouter 15 000 morts civils à l’estimation de l’ONG britannique « Irak Body Count » – (je connais le travail de cette ONG pour avoir en 2005 co-organisé la Conférence de l’Association du Droit Humanitaire International au Parlement Français ou l’avocat William Bourdon a présenté l’estimation des 100 000 morts civils en Irak. C’est dire si les Européens n’ont pas attendu Wikileaks pour critiquer l’invasion de l’Irak par les Etats Unis).

La question posée par la suite est « Julian Assange a-t -il une opinion politique, lui qui a failli être nominé au Prix Nobel, a été le héraut de la liberté d’expression, et a mené des discours au Trafalgar Square en 2011 lors du mouvement Occupy London ? (comme ces temps paraissent ancien à l’aune de la dictature que nous vivons…°). Oui, répond le professeur – Wikileaks est connu en Afghanistan et Irak pour ses positions politiques et Assange a été porteur du succès de Wikileaks en apportant l’attention du public sur ces guerres. Wikileaks a été nécessaire pour les Droits de l’Homme, la transparence, la responsabilité.

C’est sûr qu’on ne sacrifie que ce qui est Bon et Beau. Au vu de l’état actuel des Droits de l’Homme dans ce procès, on n’a pas l’impression que Wikileaks ait été très efficace. En tout cas j’aurais préféré que Wikileaks n’ait jamais existé, que tous les accusés aient droit à des procès transparents et au soutien d’association des Droits de l’Homme, que la liberté de circulation en Europe soit garantie, que des milices privées ne nous arrêtent pas en pleine rue ou en plein champs pour nous accuser de terrorisme et ne nous forcent pas à des expérimentations médicales sur nous… Voilà l’état réel des droits de l’hommes et non pas en Irak mais au cœur de l’Europe, 10 ans après Wikileaks.

Summers et le professeur Rogers discutent longuement du rôle d