Wikileaks en tant que projet de la Fondation allemande Wau Holland

Analyse financière de « Wikileaks » 2003 à 2012

Monika Karbowska

Ce document a été écrit en janvier 2020. Il n’a pas pu alors être publié à cause des événements violents qui ont débuté le 31 janvier 2020 : mon ordinateur a été volé à Paris pour une mafia intéressée par son contenu. Du 24 au 27 février j’ai assisté au grand « procès » de Julian Assange dans la galerie du public de la salle 2 de la Woolwich Court. J’ai été malade suite à ces quatre jours intenses qui m’ont révélé beaucoup de détails sur l’environnement de « Wikileaks » et Assange lui-même.

En mars a débuté la folie planétaire de la « covid guerre » et la dictature pseudo sanitaire qui dure aujourd’hui en Europe et dans le monde occidental. Aujourd’hui j’ai constaté la présence de l’Etat Allemand dans le « procès » que la City de Londres organise pour éliminer Julian Assange. Mais l’Allemagne a été partie prenante du « projet Wikileaks » depuis le début.

Cette analyse porte sur les rapports d’activité, des bilans financiers et des compte rendus de réunions de Conseil d’Administration de la Wau Holland Stiftung, fondation allemande. Elle démontre le rôle clé de l’Allemagne dans le « Projet 04 Wikileaks ».

La fondation Wau Holland et la Sunshine Press Production, deux structures exécutant le projet Wikileaks

Le 25 octobre 2010 a lieu au Frontline Club à Londres une forte et émouvante rencontre : Julian Assange tient une conférence avec Daniel Ellsberg, célèbre lanceur d’alerte qui a révélé les crimes de l’armée américaine au Vietam en 1971. Il y est question des crimes américains au Vietnam et en Irak, de la soumission des médias occidentaux à la propagande de guerre, du rôle des citoyens qui doivent se saisir des informations révélées pour arrêter ces guerres. A la fin, Daniel Ellsberg se montre préoccupé par les dangers qui menacent Julian Assange. Il demande alors comment l’aider à construire Wikileaks et propose de verser des dons. Julian Assange, qui dans deux semaines il sera poursuivi par le mandat d’arrêt européen émis par la Suède, évoque alors pour la première fois les structures légales de Wikileaks : la Fondation Wau Holland, structure de droit allemand, qui selon lui depuis juillet 2010 récolte les dons du public qui permettent de faire vivre Wikileaks[1] et une entreprise islandaise créée tout juste le 8 octobre[2] qui va seconder la première.

Il s’agit de la Sunshine Press Production, entreprise médias de droit islandais dont selon les documents fiscaux publiés Julian Assange serait juridiquement l’actionnaire majoritaire et Kristinn Hrafnsson, Ingi Ragnar Ingasson et Gavin Hall MacFadyen lesactionnaires minoritaires. Selon le RSK Register of Entreprise islandais, le « Certificate of Registration », (Certificat d’enregistrement) montre que Sunshine Press Productions ehf ID-nr: 611010-0280 est domicilié chez Ingi Ragnar Ingason à l’adresse Klapparhlíð 30 270 Mosfellsbæra en Islande[3]. C’est une entreprise qui produit des films, des videos et des programmes de télévision. Elle est créée le 8 octobre 2010. Les deux actionnaires non islandais, Julian Paul Assange, australien, et Gavin Macfadyen, britannique, obtiennent le 20 octobre 2010 du bureau de sécurité sociale islandais (Bjödskra), le « Kennitala », le numéro personnel islandais permettant l’ouverture d’une entreprise dans ce pays et ouvrant droit à une sécurité sociale définitive au bout de 6 mois de séjour et de travail dans ce pays[4]. Il n’est cependant pas nécessaire de fournir une adresse physique en Islande, une poste restante suffit et c’est un numéro de poste restante de l’Etat de Victoria qui apparait dans les documents comme domicile de Julian Assange tandis que l’adresse donnée pour Gavin Hall MacFadyen est le 34a Moreton Street à Pimlico, Londres.

Sous le nom de Julian Assange dans le document figure le titre de « Chairman », président du Conseil d’Administration, mais Ingi Ragnar Ingasson et Kristinn Hrafnsson sont tous les deux « Director » et Gavin Hall MacFadyen « Reserve Director ». Le Certificat d’enregistrement mentionne aussi qu’il est nécessaire d’obtenir la majorité du conseil d’administration pour avoir la « signature », la prise de décision. Julian Assange, malgré les 94% de parts du capital qu’il possède n’a donc pas le pouvoir de décision, il est en fait plus un porte-parole qu’un véritable dirigeant, alors que le pouvoir est juridiquement conjointement détenu par les 4 personnes citées. De plus, les associations expliquant le droit des affaires islandais aux investisseurs étrangers mettent bien en garde que le dans le droit islandais le directeur islandais, même s’il est actionnaire minoritaire a le droit de gérer l’entreprise, d’effectuer des dépenses et de prendre la responsabilité en l’absence de l’actionnaire majoritaire domicilié à l’étranger. L’Etat islandais protège ses ressortissants et ses entreprises et ne permet pas à un étranger d’avoir un pouvoir décisif dans une structure de droit islandais.

Sunshine Press Production fonctionne jusqu’à aujourd’hui et dépose donc auprès du bureau fiscal islandais, le Ríkisskattstjóri Reykjavík, 10 bilans d’activités de 2010 à 2019 que nous avons consultés auprès de cette institution. Les bilans annuels de 2010 jusqu’à 2018 sont accessibles. L’entreprise possède une activité, des revenus et des dépenses, les chiffres des actifs vont de l’équivalent de 250 000 Euros en 2011 à presque rien en 2017 avant une reprise en 2018. En 2010 Sunshine Press Production possède l’équivalent de 131 000 Euros d’actifs et à la fin de l’exercice fiscal 2018, l’assemblée annuelle du Conseil d’Administration du 29 août 2019 mentionne un bénéfice de l’équivalent de 13 000 Euros.

Ces faits posent plusieurs questions. Comment Julian Assange aurait-t-il eu la liberté de gérer son entreprise alors qu’il est en résidence surveillée en 2011 et 6 mois de l’année 2012 puis pendant 8 ans enfermé en captivité dans l’appartement de l’Equateur 3 rue Hans Crescent à Londres? Si la question est posée pour les années de janvier 2011 au 11 avril 2019, à partie de cette date, la réponse est claire : Julian Assange étant en prison, il ne peut exercer son rôle dans son entreprise et donc un administrateur judiciaire, un administrateur de biens aurait dû être nommé afin que pour les intérêts de Julian Assange soit assurés. Normalement, dans les pays européens, un tel administrateur indépendant veille aussi à ce que les relations entre l’actionnaire empêché et ses associés demeurent conformes à la Loi et à l’accord qu’ils ont passé en ouvrant l’entreprise, c’est-à-dire en s’assurant que Julian Assange ne soit pas lésé par ses associés. Le document « Upplýsingar með ársreikningi » – « Rapport du Conseil d’administration »- du 29 aout 2019[5] montre qu’aucun dispositif de ce genre n’a été prévu. Pis le Conseil d’administration se réunit comme si de rien n’était alors que le président du CA et actionnaire majoritaire est emprisonné. « Le conseil d’administration de Sunshine Press Productions ehf confirme par la présente les états financiers de la Société pour 2018 avec sa signature »[6]. Le Conseil d’Administration approuve les comptes, 13 000 Euros de bénéfices, 11 000 Euros de comptes propres et décide d’affecter le bénéfice à l’exercice de l’année prochaine. Ce Conseil d’Administration mentionne le paiement de 22 000 Euros de salaires. Julian Assange n’a logiquement pas pu participer à ce Conseil d’Administration alors qu’il est emprisonné. Quelle est donc la validité juridique de ces décisions ? Qui a touché l’argent des salaires ? Julian Assange a t -il eu accès à ces revenus ? Qui prend les décisions au quotidien touchant le fonctionnement de cette entreprise ?

Une enquête sur ces dysfonctionnement est nécessaire d’autant plus que depuis 2014 jusqu’à aujourd’hui la Sunshine Press Production est l’entreprise à laquelle la Fondation allemande Wau Hollande soustraite le projet « 04 Informationsfreiheit – Wikileaks »[7] . (Projet 04 « Liberté d’information »)

De plus, Gavin Hall MacFadyen est décédé le 22 octobre 2016 alors qu’il est mentionné dans ce document le plus récent comme étant toujours un actionnaire vivant et participant à la réunion du Conseil d’Administration. Sa succession devrait être décrite dans les documents avec le nom de la personne qui a hérité de ses parts. Une régulation en ce qui concerne le pouvoir dans l’entreprise aurait dûe être adoptée à partir de cette date. Julian Assange a -t-il pu s’occuper des intérêts de son entreprise islandaise, alors que d’octobre 2016 à mai 2017 il est coupé du monde, enfermé 3 rue Hans Crescent et ne bénéficie plus d’un accès à internet ?

Aujourd’hui les revenus de cette entreprise sont ses seuls revenus et il est vital pour que ses droits soient respectés que l’accès à ces revenus soit réglé selon la Loi.

Cependant Sunshine Press Production ou Kristinn Krafnsonn travaille activement n’est pas la seule structure porteuse du projet Wikileaks. La plus structure la plus importante est la fondation allemande Wau Holland.


[1] https://www.youtube.com/watch?v=FFDdHMEpqe, 1h.28 à 1h.30 minute. Julian Assange dit avoir financé le projet Wikilkeaks avec son propre argent jusqu’en juillet 2010.

[2]. https://fr.scribd.com/document/341479410/Sunshine-Press-Productions-Ehf-private-limited-company-aka-Wikileaks;

https://www.rsk.is/fyrirtaekjaskra/leit/kennitala/6110100280

[3] https://www.rsk.is/fyrirtaekjaskra/leit/kennitala/6110100280, Certificate of Registration

[4] https://fr.scribd.com/document/341479410/Sunshine-Press-Productions-Ehf-private-limited-company-aka-Wikileaks

[5] https://www.rsk.is/fyrirtaekjaskra/leit/kennitala/6110100280

Les documents sont accessibles en écrivant au bureau fiscal islandais RSK . Nous pouvons les fournir comme preuve suite à une demande qui peut nous être adressée.

[6] Document page 2 « Upplýsingar með ársreikningi »  2019

[7] http://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf, rapport d’activité 2014, page 1

2003 – 2011 des débuts d’une petite fondation à la célébrité mondiale

La Wau Holland Stiftung n’est mentionnée qu’une seule fois publiquement ce 25 octobre 2010 et ne réapparait plus dans le récit médiatique autour de Wikileaks. Aucun journaliste n’a cherché à comprendre quel est son rôle dans la création de Wikileaks. Aujourd’hui, alors que la vie de Julian Assange est suspendue à un fil et que la « procédure » de son « extradition » vers les USA touche à sa fin dans des locaux appartenant au « Mayor and commonalty and citizens of the City of London »[1] (« Le Maire, la commune et les citoyens de la City »)nous nous penchons sur l’histoire de Wikileaks afin de désigner les responsables de sa situation et ainsi sauver Julian Assange d’une mort annoncée, d’une exécution dans une des geôle de la Old Bailey ou d’un enfermement possible dans une institution psychiatrique dans un pays éloigné.

J’analyse ici les documents légaux accessibles sur le site de la fondation https://www.wauland.de/de/documents/ : rapports d’activité annuels, rapports du Conseil d’Administration et rapports financiers publics.

La Wau Holland Stiftung (Fondation Wau Holland) est un petite fondation crée le 23 août 2003 par les proches de l’informaticien et hacker Herwart Holland-Moritz, dit Wau Holland, afin de perpétuer sa mémoire[2]. Wau Holland décède en l’an 2001 à l’âge de 49 ans. Il est considéré comme le pionnier d’internet et il est le créateur du Chaos Computer Congress rassemblement mondiale de hackers à Berlin Ouest, en 1981. Le rassemblement de hackers deviendra en 10 ans le Chaos Computer Club. Le Chaos Computer Club n’est pas une ONG, contrairement à ce que sa page Facebook laisse suggérer[3] mais une nébuleuse d’entreprises privées et d’associations créées dans 18 villes de l’Allemagne[4], comme le montre le Handelsregister, le registre des entreprises allemands. C’est un vaste milieu de professionnels et de militants des nouvelles technologies de l’information attractant des adolescents et de jeunes adultes pour des formations et des rencontres autour de l’informatique mais aussi d’événements culturels et artistiques alternatifs[5].

Herwat Holland-Moritz est vu par ses proches comme un homme de gauche. Un article de 2003[6] le présente comme ayant combattu la prostitution des enfants et le rapport d’activités de 2003 de la fondation parle d’un projet de formation à l’informatique de jeunes victimes de la guerre au Kosovo[7]. Cependant, malgré son aura de hacker, Wau Holland n’est pas considéré comme sulfureux dans la société allemande. A la cérémonie de lancement de la fondation en décembre 2003 au Chaos Computer Club, le député socialiste Jorg Tauss, spécialiste des médias et de l’information, fait l’éloge du défunt[8]. Cependant, malgré ce départ médiatique, les biens de la fondations sont modestes : 48 000 Euros investis dans les placements selon le premier compte rendu du Conseil d’Administration d’août 2003[9]. Le siège est fixé dans le village de Guxhagen près de Kassel et les administrateurs de la fondation sont des proches de la famille de Wau Holland : Ursula Reichhardt, Gerriet Hellwig, Bernd Fix, Winfried Motzkus, Mel Wahl. La fondation obtient immédiatement en décembre 2003 le statut d’utilité publique.

Aujourd’hui il existe une fiche Wikipedia sur Wau Holland et des émissions tournées avec lui et sur lui[10]. Cependant, malgré ma jeunesse politisée dans les années 80 et le rôle important que l’informatique jouait dans l’enseignement de mon lycée à Cologne, je dois confesser que je n’ai jamais entendu parler de Wau Holland ni du Chaos Computer Congress avant de découvrir leur rôle dans la vie de Julian Assange. Ma génération est entrée dans la vie adulte avec l’usage d’internet et a su apprécier cette liberté. Pour nous, le hacker était certes celui qui dans ces temps de recul social des années 90 ouvrait de nouveaux horizons du possible, mais ce milieu était trop marginal pour que les jeunes politisés puissent comprendre l’importance de son rôle politique alors que le monde basculait dans le chaos avec la destruction de l’Union Soviétique, la fin des deux blocs et le début de la mondialisation néolibérale. Les hackers étaient déjà dans les années 1980 étroitement imbriqués dans le travail des services secrets comme le montre l’histoire du Chaos Computer Club.


[1] Cadastre HM Landregistry N° du titre EGL535175

[2] Stitftungsurkunde du 19 décembre 2003,

[4] https://www.handelsregister.de/rp_web/result.do?Page=7

Handelsregister Chaos Computer Club

https://www.wauland.de/media/2003-12-19_Stiftungs-Urkunde.pdf

[3] https://www.facebook.com/pages/category/Nonprofit-Organization/Chaos-Computer-Club-112304185449417/

[5] https://events.ccc.de/

[6] https://www.wauland.de/media/2003-10-12_Zitty-Ausgabe21.pdf

[7]  „Stiftet Daten“ Die (weltweit) erste Stiftung, die zum Datenspenden aufruft, stellt sich vor », « Faites des data, la première fondation mondiale qui appelle à des dons en ligne, se présente »  – communiqué de presse du 9 septembre 2003 https://www.wauland.de/media/2003-09-08_Stiftungstag.pdf

[8] https://www.wauland.de/media/2003-12-08_Kongress.pdf

[9] https://www.wauland.de/media/2003-08-23_Stiftungs-Antrag.pdf, Stiftungsgeschäft, 23 aout 2003

[10] https://en.wikipedia.org/wiki/Wau_Holland

2004 à 2006 – Passation des pouvoirs et transformation de la fondation en outil politique

Dans ses statuts publiés en 2004, la fondation Wau Holland précise ses objectifs : l’éducation, aux systèmes open source, la préservation de la mémoire de l’histoire de l’informatique, le soutien à la recherche et la création de nouveaux médias et la protection du consommateur[1]. Cette dernière catégorie englobe les actions politiques contre les lois sécuritaires du gouvernement visant à limiter la liberté de l’Internet. Les 5 membres du CA élus pour 2 ans sont tous bénévoles. Dans les années 2004-2006 les ressources de la fondation sont encore modestes mais une certaine dynamique s’installe. En 2004, sous la présidence de Ursula Reichhardt, Il y a 51 540 Euros placés[2] et les 1335 Euros issus des placements annuels sont utilisés[3]. La fondation possède un terrain agricole d’une valeur de 1500 Euros qu’elle ne loue que contre 20,44 Euros par an à une coopérative. En 2004 la fondation se structure comme le montre le compte rendu du CA du 1er novembre, elle lance le projet de sauvegarder les archives de Wau Holland et participe à l’Assemblée du Chaos Communication Congress avec 5 séminaires[4]. Dans les rapports du CA, les dépenses sont les frais de participation des membres de la fondation aux différents rassemblements politiques et scientifiques de leur milieu (Congrès, camping d’été du Chaos Computer Club, fête Easterhegg)[5]. Les coûts de bureau et de téléphone sont réduits: 40 Euros par poste[6]. Le site internet est réalisé par des étudiants et toutes les apparitions médiatiques sont traités comme des dons en nature pour la fondation. Une personne fait des dons mensuels de 255 Euros. Les rapports d’activité sont tenus très rigoureusement. Un communiqué de presse est publié le 11 août 2004 en soutien au projet de loi sur la liberté de l’information porté par le SPD et les Verts qui doit permettre à tous les citoyens d’avoir accès à tous les documents des administrations publiques[7].

Dans les années 2004 à 2006 les rapports d’activité sont très détaillés comparé à la période de 2009 jusqu’à 2016. Dès la réunion du CA du 2 juillet 2005 le renouvellement de la composition du Conseil d’Administration s’amorce. Il est décidé de se rapprocher du Chaos Computer Club et pourquoi pas de coopter certains dirigeants du CCC au Conseil d’Administration, d’autant plus que le Chaos Computer Club fait un don de 10 000 Euros à la fondation qui peuvent être considéré comme une contribution au capital donnant un pouvoir[8].Winfreid Motzkus devient président de la fondation mais Ursula Reinhardt reste active et à l’affut de nouveaux partenariats[9]. Ceci est d’autant plus nécessaire qu’un des dirigeant est malade et que le dernier siège au CA reste vacant. Motzkus et Fix reviennent à l’objectif initial de la fondation, la constitution des « Archives des Hackers » pour sauvegarder l’histoire des hackers. Fin 2005, 10 000 Euros sont provisionnés pour le projet qui cependant ne débute toujours pas[10]. Dans un article de 2005 la fondation Wau Holland apparait comme une fondation engagée à gauche à côté de la Fondation Rosa Luxemburg, liée au nouveau parti de gauche die Linke, de la « Stiftung für Meschenwürde und Arbeitswelt », (« Fondation pour la dignité humaine et le monde du travail ») active dans les mouvement altermondialiste en plein essor[11] et des différentes « fondations pour les femmes » qui structurent alors le mouvement féministe allemand.

Pour l’année 2006 les compte rendus de trois réunions de CA tous les 4 mois et le rapport d’activité sont disponibles. Dans ces documents dès janvier 2006 il est question d’élargir le CA pour le renouveler et la discussion s’engage sur l’opportunité de démarcher les fondations des grandes entreprises privées pour obtenir des fonds : SAP, Siemens, Telekom, Vodafone, Arcor, Versatel, Freenet, etc[12]. La réunion du CA du 29 juillet 2006 décide de trouver des candidats à la direction de la fondation en démarchant des dirigeants dynamique du Chaos Computer Club. Les deux organisations se rapprochent : le CCCgmbh (entreprises privée qu’est le Chaos Computer Club[13]) s’engage à réaliser le centre d’Archives des Hackers d’ici juillet 2007 alors que la Fondation va soutenir une campagne de dons pour le Congrès annuel du CCC 2006[14].

Andy Müller Maghun apparait alors pour la première fois dans les documents de la fondation. Il y est mentionné en compagnie de Tim Pritlove, manager professionnel du Chaos Computer Congress. En 2006 Müller Maghun prend la responsabilité au sein de la Fondation Wau Holland sous le nom de « Andy », de la gestion des « Gross Spenden », (« des dons conséquents »), sur proposition du Chaos Computer Club dont il est un fondateur historique[15]. Lors de la réunion du CA du 28 décembre 2006, tenue non pas à Guxhagen mais à Berlin, deux dirigeants de la fondation de l’ancienne génération s’effacent : l’un est décédé et l’autre démissionnaire. Deux trentenaires font leur entrée au CA : Jens Ohlig de Bonn et Hendrik Fulda de Hamburg. Ensemble avec « Andy » et Bernd Fix, ils feront Wikileaks à partir de 2008.

Andy Müller-Maguhn

Jens Ohlig est un développeur informatique lié au projet Wikimedia[16]. Hendrik Fulda vient plutôt du milieu politique : il est biologiste et a été candidat aux élections législatives en 2005 sur la liste des Verts[17] avec un programme socio-libéral tourné vers les intérêts des petites entreprises et l’amélioration de la vie quotidienne selon le modèle libéral-écologiste.

Jens Ohlig et Hendrik Fulda ont pour mission de seconder le président de la fondation dans le travail médiatique, les campagnes de dons, la coopération avec le CCC et la gestion du site internet. L’adresse du Chaos Computer Club Gmbh au 11 Marienstrasse de Berlin sera utilisée pour le courrier de la fondation et immédiatement un nouveau souffle s’installe et de nouveaux projets apparaissent[18]. Tim Pritlove qui a réussi à récolter 30 000 euros pour le Congrès du CCC de décembre 2006 va être chargé de continuer la tâche pour la fondation, tout en étant payé par son organisation, l’entreprise privée le CCC Veranstaltung Gmbh.

Tim Pritlove, artiste, informaticien et animateur radio est aussi un ancien du Chaos Computer Congress dont il est l’organisateur principal en tant que gérant de l’entreprise organisatrice du Congrès CCC Veranstaltung Gmbh[19]. C’est le manager, l’homme des médias, l’organisateur réel des collectes de fonds qui permettent au milieu des hackers de se structurer et de peser politiquement.

Le Chaos Computer Club joue en effet un rôle politique en Allemagne. Contanze Kurz, informaticienne et universitaire, porte-parole actuelle du Chaos Computer Club est aussi une femme politique qui a son mot à dire dans les commissions du Bundestag travaillant sur la protections des données, le vote électronique, les lois sécuritaires. Elle a été conseillère du Tribunal Constitutionnel Allemand pour les problématiques de lois anti-terroristes et de surveillance étatique de l’internet[20].

Dès 2005 les réunions du Conseil d’Administration de la Wau Holland Stiftung avaient déjà proposé que la fondation gère directement le Congrès du Chaos Computer Club. Les anciens dirigeants souhaitent étudier le partenariat d’un point de vue juridique, mais les nouveaux et plus jeunes dirigeants présentent de nouveaux projets sans se soucier des formes. En 2006 la Hacker Foundation de Californie avec son projet Tor apparaissent comme des un partenariat et un investissement utiles pour la fondation [21]. Le vieil objectif de la fondation « Histoire des hackers allemands » parait dépassé par les nouvelles opportunités même si un budget est provisionné et un planning de réalisation publié.

Curieusement l’arrivé aux commandes de la nouvelle génération coïncide avec l’appauvrissement de la documentation. Le rapport d’activité de fin 2006 ne donne plus le montant exact du capital de la fondation et les changements si importants de l’année sont expédiés en quelques phrases[22]. La fondation Wau Holland aura de ce fait quelques soucis avec le fisc, puisque le dépôt des rapports annuels est une obligation légale.

On a l’impression que la nouvelle génération de dirigeants, qui sont aussi des membres chevronnés de la « Hackers Szene », notamment Müller-Maguhn, Fix et Pritlove, ont réussi une forme d’OPA sur une petite structure mise en place par les héritiers directs de Herwart Holland Moritz. Ils pourront dorénavant s’en servir pour des projets d’envergure qui ne coïncident pas toujours avec les objectifs affichés de la fondation historique.


[1] « Verfassung der Wau Holland Stiftung » – 1 Janvier 2004 ; https://www.wauland.de/media/2004_Stiftungs-Verfassung.pdf

[2] https://www.wauland.de/media/2004-01-11_Konstituierende-Sitzung.pdf réunion de constitution 1 novembre 2004

[3] https://www.wauland.de/media/2004_Jahresbericht.pdf – Rapport d’activité 2004

[4] https://www.wauland.de/media/2004-01-11_Konstituierende-Sitzung.pdf

[5] https://www.wauland.de/media/2004-12-27_Vorstandssitzung.pdf, réunion de CA du 27 décembre 2004

[6] Op.cit.

[7] https://www.wauland.de/media/2004-08-11_Pressemitteilung.pdf

[8] Compte rendu du CA du 2 juillet 2005

https://www.wauland.de/media/2005-07-02_Vorstandssitzung.pdf

[9] Idem page 3, « What’s the Hack » in Boxtel.

[10] Jahresbericht 2005,Rapport d’activité 2005, https://www.wauland.de/media/2005_Jahresbericht.pdf

[11] https://www.wauland.de/media/2005-12-03_FR.pdf

[12] Compte rendu de CA du 18 mars 2006

https://www.wauland.de/media/2006-03-18_Vorstandssitzung.pdf

[13] https://www.handelsregister.de/rp_web/result.do?Page=7

[14] https://www.ccc.de/en/

[15] « Es wird beschlossen, dass die Akquise von Gross-Spenden durch Andy und Tim vorgenommen wird; dies wurde so vom CCC vorgeschlagen »  –  Compte rendu de réunion du Ca du 29 juillet 2006, https://www.wauland.de/media/2006-07-29_Vorstandssitzung.pdf

[16] https://conference.timemachine.eu/index.php/speaker/jens-ohlig/

https://www.johl.io/

https://diff.wikimedia.org/author/jens-ohlig/

[17] https://www.wen-waehlen.de/kandidaten/hendrik-fulda_1856.html

[18] CR du CA du 28 décembre 2006

https://www.wauland.de/media/2006-12-28_Vorstandssitzung.pdf

[19] https://de.wikipedia.org/wiki/Tim_Pritlove

[20] https://de.wikipedia.org/wiki/Constanze_Kurz

https://fahrplan.events.ccc.de/congress/2019/Fahrplan/speakers/1630.html

[21]« Eine Zusammenarbeit mit der Hacker Foundation aus Kalifornien wird möglichst  noch während des Congresses ausgelotet. Das Tor­Projekt hat angefragt Spenden über  die Stiftung abzuwickeln. ». CA du 28.12.2006, op.cit

[22] https://www.wauland.de/media/2006_Jahresbericht.pdf

Années 2007 à 2009 – mise en place du projet 04 Wikileaks

Andy Müller Maguhn et Bernd Fix du Chaos Computer Club en tant que dirigeants et promoteurs du projet

Il est dommage que pour les années 2007 à 2009, cruciales alors que se prépare le projet Wikileaks, les rapports d’activités de la fondation Wau Holland soient brouillons et très brefs. Néanmoins formellement les changements de génération sont officialisés et les nouveaux dirigeants obtiennent des pouvoirs conséquents. Lors de la réunion du CA du 27 décembre 2007, tenue désormais annuellement et non pas trimestriellement, Hendrik Fulda devient vice-président derrière Motzkus, et Jens Ohlig le responsable presse. Après le départ de Ursula Reichhart, qui a pourtant permis leur arrivée dans la fondation, ils décident de ne coopter personne au CA et en rester à 4 avec Bernd Fix en tant que quatrième membre, ce qui favorise, comme dans toute organisation, une forte concentration de pouvoir.

C’est alors qu’apparait pour la première fois le nom de Wikileaks dans la rubrique « divers et perspectives »[1]. Le projet est présentée comme une initiative internationale au même titre que la Hacker Foundation. Julian Assange est venu pour la première fois au Chaos Computer Congress en décembre 2007 avec Daniel Domscheit Berg en tant que Wikileaks. Il est peut-être même vénu au camping d’été au CCC après son séjour au Forum Social Mondial au Kenya en janvier 2007. La vidéo reste introuvable sur internet mais cette présence est mentionnée dans les vidéos du Congrès du CCC de 2008 et de 2009[2].

Bernd Fix et Andy Müller Maguhn apparaissent comme les têtes pensantes du Chaos Computer Club et il n’est donc pas étonnant qu’ils finissent par prendre la main sur la Wau Holland Stiftung. Ils ne sont pas de nouveaux mais de vieux routards de la « Hacker Szene » allemande. Tous les deux ont été amis et proches de Herwart Holland Moritz. L’aura de Bernd Fix est sulfureuse puisqu’il est connu comme le créateur du premier virus informatique appelé de son nom et utilisé par l’OTAN en 1988 pour attaquer les systèmes informatiques de l’Union Soviétique en déclin. Fix s’en défend, déclarant que son idée lui a été volée après son départ de l’Université, mais le doute demeure devant l’implication connue des services secrets allemands dans le milieu des hackers à la fin des années 80[3]. Bernd Fix est toujours dans le Chaos Computer Club, il est aussi directeur depuis sa création de la fondation Wau Holland et proche du milieu du CIJ, le Center for Investigative Journalism et ses sponsors comme la fondation américain David and Elaine Logan Foundation[4]. Les videos de Bernd Fix montrent un analyste ayant une vision et une pensée globale de la politique[5]. Il est très difficile de trouver des preuves de sa relation avec Julian Assange, ces liens restent dissimulés, sauf la conférence de presse du 24 novembre 2011 au Frontline Club ou les dirigeants du projet 04 Wikileaks se montrent la seule et unique fois avec leur collaborateur[6]. En 2013 le un magazine féminin suisse « Annabelle » le présente comme membre du conseil d’administration de la Wau Holland Stiftung, organisation qui qui payé « le salaire d’Assange »[7].

Andy Müller-Maguhn quand à lui est connu pour avoir été un « ami » de Julian Assange, il est alors porte-parole du Chaos Computer Club et un leader déjà historique. C’est un homme des médias et un acteur historique de la création d’internet. Il est donc très prolixe sur internet tout en restant assez secret sur sa vie personnelle et professionnelle concrète. Sa biographie officielle le donne né en 1971, il aurait donc le même âge que Julian Assange mais on ne connait pas sa région ni son milieu d’origine. Sa date de naissance est autant sujette à caution que celle de Julian Assange : lorsque certaines sources le mentionne comme créateur du Chaos Computer Congress avec son ami Herwart Moritz en 1981, il aurait alors 10 ans. La relation qu’un adulte comme Wau Holland entretiendrait avec un enfant de 10 ans pourrait sans mal alors être qualifiée d’abusive. Si sa date de naissance est bien 1971 et qu’il entre au Chaos Computer Club en 1986 il a alors 15 ans et en tant que mineur il est étonnant que la très conservatrice société ouest-allemande ait laissé un majeur embarquer un mineur dans des aventures contraire à la loi que sont déjà les intrusions informatiques. Les hackers, des jeunes de classe moyenne issus de famille déstructurées entrent dans le hacking entre 11 et 16 ans. Il n’est pas étonnant que le Bundesnachrichtendienst s’intéresse à la présence de mineurs dans ces activités illégales : il serait intéressant de vérifier si le Jugendamt, l’office de protection de la jeunesse s’y est intéressé alors aussi et a fait son travail.

Andy Müller Maguhn est donc connu pour son activité en tant que hacker au sein du Chaos Computer Club depuis les années 80 sans qu’aucune intrusion particulière ne puisse lui être attribuée Il crée en 1995 une entreprise de sécurité informatique, Data Reisen Bureau sont le siège se trouve jusqu’à aujourd’hui 11 Marienstrasse à Berlin à côté des bureaux du Chaos Computer Club. Il n’apparait pas comme diplômé d’une université allemande, pourtant il est élu à 29 ans en 2000 membre de l’ICANN l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, structure états uniennes dépendante du Département du Commerce des USA et attribuant les noms de domaines des sites internet du monde entier[8]. En 2003 il est membre du CA de European Digital Rights un réseau européen d’ONG faisant du lobbing pour la liberté d’internet auprès des autorités de l’UE[9]. En 2006 étant porte parole du Chaos Computer Club il est coopté au sein du CA de la Wau Holland Stiftung dont il devient officiellement président en 2016. Aujourd’hui il est toujours « second » président de la fondation tout en administrant le Center for Investigative Journalism, la structure de formation de journalisme crée par Gavin Mac Fadyen, l’autre mentor de Julian Assange[10].

Il est souvent interrogé sur les scandales du Chaos Computer Club, et notamment la mort violentes de deux jeunes hackers membres du milieu dont on peut soupçonner qu’elle peuvent être des assassinats : Karl Koch en 1989 et Boris Floricic en 1998. Il est curieux d’apprendre qu’il a assigné en justice les médias allemands en 2006 et notamment le site collaboratif Wikipedia pour leur interdire de publier le noms entier de Boris Floricic au prétexte de sauvegarder sa mémoire. Pour un militant de la transparence et de la liberté d’internet on se serait attendu à un comportement plus tolérant pour la liberté des journalistes d’enquêter sur les affaires suspectes[11].

Le Chaos Computer Club, nébuleuse de réseaux, de Clubs et d’entreprises privées d’informatique organisant et promouvant le hacking a été crée au sein des milieux de la gauche allemande par Wau Holland en 1981, Bernd Fix et le jeune Müller Maguhn. La participation de jeunes garçon isolés sans parents visibles à ces opérations politiques d’intrusions informatiques et le laxisme du système de protection de la jeunesse face à ce phénomène sont un des points qui m’ont toujours étonnés dans ce dossier. C’est un peu comme si la société et les Etats occidentaux (Allemagne de l’Ouest, Etats Unis, Grande Bretagne) trouvaient normal que des enfants de 11 à 16 ans soient embrigadés dans ces opérations de manipulations politico-policières et utilisés sans vergogne par des hommes adultes sans que la société ne puisse s’y opposer. Le livre signé par Julian Assange et Suelette Dreyfus et paru en 1997 et 2001 relate des fragments des histoires de ces garçons en Europe, Etats Unis et Australie au début des années 90 sous une forme romancée (« Assange, Dreyfus« Tales of Hacking, Madness and Obsession on the Electronic Frontier, Reed Books Australia 1997 et William Heinemann 2001 ).

Le Bundesnachrichtendienst, les services secrets ouest-allemands, s’intéresse depuis le début au milieu du hacking et il organise le projet RAHAB qui vise à utiliser les compétences de ces jeunes perturbés pour tester la fiabilité des réseaux informatiques de l’Occident et aussi pour attaquer des systèmes informatiques ennemis, ceux de l’Union Soviétique. Des documents avancent que les membres du Chaos Computer Club auraient directement servis aux services secrets ouest-allemands, ce qui ne serait pas étonnant – les débuts de l’informatique coïncident bien avec la nouvelle phase de la guerre froide achevée par la défaite et la désintégration de l’Union Soviétique en 1991. Que le BND ait cherché à exploiter les compétences présentes sur le sol allemand pour la défense et l’expansion de l’Allemagne est dans l’ordre des choses.

Bild von Computer Hacker karl Koch/ Sendung: Magazin 524-2/ Prod.-Nr.: 98.1311/ Sendedatum: 10.01.1999/ Titel: KGB-Hacker

En 1985 le jeune hacker Karl Koch ainsi que 5 de ses collègues du groupe de Hannovre spécialisés dans le hackage des serveurs VAX/VMS sont approchés par le KGB et immédiatement retournés par le BND. La même année Bernd Fix fait la démonstration à l’Université de Heidelberg de son virus « Fix » capable d’attaquer les grands systèmes Mainframe IBM370 dont se servent la majorité des entreprises alors informatisées au monde (banques, assurances, chemin de fer, compagnies aériennes et systèmes de santé). L’Union Soviétique fait l’acquisition de plusieurs systèmes Mainframe IBM en 1987 ce qui permet au BND et à la NSA de pénétrer directement son informatique via le virus « Fix ». En 1987 plusieurs manageurs d’entreprises militaires ou informatiques occidentales sont arrêtés en Allemagne et accusés de livrer les secrets du VAX et du Mainfraime IBM à l’Union Soviétique.

Les jeunes hackers de Hannovre, tous liés au CCC, sont arrêtés courant 1987[12]. Karl Koch aurait accepté la collaboration avec le BND sous la pression des agents début 1989. L’embrigadement de ce jeune homme de 23 ans dans la guerre des services secrets lui a été fatale : son corps est retrouvé brûlé le 1er juin 1989. Karl Koch aurait pourtant tenté de s’insérer dans la société en travaillant comme chauffeur pour un député de la CDU qui aurait tenté de le protéger (ou qui l’aurait utilisé). La solitude d’un jeune homme face au système politique écrasant et le manque de soutien de son milieu d’origine sont flagrants. Les médias exploitent déjà également la fragilité du hacker afin de mieux vendre son image associée à des « storytelling » sensationnalistes de hackage : deux journalistes du Nord Deutscher Rundfunk proposent à Karl Koch en avril 1989 une forte somme d’argent contre « un show de hacking en live »[13]. Les ingrédients sont déjà en place en 1989 pour vendre une histoire similaire à « Wikileaks » et permettent aux médias mainstream de gagner de l’argent immédiatement tout comme ils en gagneront énormément avec le visage et l’histoire de Julian Assange pendant des années et jusqu’à aujourd’hui.

Depuis Karl Koch est devenu une espèce de légende morbide du Chaos Computer Club sans que jamais justice ne lui soit rendue. Plusieurs de ses amis exigeaient pourtant une enquête sur les raisons de sa mort (il était orphelin), mais le Chaos Computer Club n’appuie pas cette demande. Aucune enquête sérieuse n’est menée et Andy Müller-Maguhn qui a dû le connaitre dans ce petit milieu déclare dans plusieurs vidéos du CCC que les problèmes psychiatriques auraient vaincu le jeune homme de 23 ans. Tout comme aujourd’hui, des problèmes psychiatriques pousseraient Julian Assange à se suicider. Certes, ce n’est pas Andy Müller Maguhn qui le déclare mais Stella Moris qui le déclame comme une fatalité sur tous les médias, au lieu d’appeler à la libération de son présumé compagnon, Julian Assange,  au nom du Ruling de l’ONU de 2016 exigeant sa libération, son indemnisation et sa mise en sécurité dans un pays de son choix.

Or, l’identité, pour le moins incertaine de Stella Moris (elle se fait aussi appeler Sara Gonzalez Devant ou Sara Smith Robertson) fait résonner cruellement l’annonce à répétition du suicide en prison de Julian Assange avec le suicide de Karl Koch et les déclaration sur sa prétendue folie faite par Andy Müller Maguhn au moment des faits. 

C’est bien Andy Müller Maguhn qui est le responsable pénal des publications Projet « 04 Wikileaks » comme nous le prouverons dans cette analyse. Si Julian Assange est suicidaire pourquoi ne met-il pas tout en œuvre pour prouver l’innocence de son employé Julian Assange en endossant ses responsabilités de patron face à la justice. Pourquoi Stella Moris ne l’exhorte-t-elle pas à le faire ? Si elle est la compagne de Julian Assange, elle sait forcément qu’il n’est que chef de projet sur le Projet 04 Wikileaks, « Créative director » sur le montage du film « Collateral murder » et qu’il n’a donc à endosser aucune responsabilité pénale. Décidément, l’histoire du Chaos Computer Club ressemble à un mauvais thriller où des hackers fous, ou poussé à la folie, finissent toujours par se suicider. Le Chaos Computer Club aime les légendes mais pas vraiment la transparence sur le sort réservé à ses membres les plus exposés politiquement.

Julian Assange en 2010

Les morts suspectes sont fréquente dans l’histoire de Wikileaks comme dans celle du Chaos Computer Club. Pour Wikileaks nous pouvons énumérer Seth Rich, Adrian Llamo, Michael Ratner, John Johns, Michael Hastings, Arjen Kamphuis… Après Karl Koch c’est le tour de Boris Floricic d’être victime de la politique au sein du Chaos Computer Club. Ce hacker allemand d’origine croate (comme son nom l’indique) était très engagé dans la hacking des cartes SIM de Deutsche Telekom. Il est retrouvé mort pendu en 1998 à l’âge de 26 ans à Berlin, et malgré la demande de sa famille la police ne fait aucune enquête. Pourtant le milieu des hackers sait à quel point leur activité de hacking est étroitement mélée à la politique et aux actions des services secrets. A l’époque l’Allemagne est impliquée par son soutien au nouveau régime fasciste croate de Tudjman dans la guerre contre la Yougoslavie. L’entreprise yougoslave Iskra était en Europe de l’Est un sérieux concurrent de Deutsche Telekom et de Siemens. D’ailleurs c’est Siemens qui a repris ce qu’il restait des morceaux de Iskra après son dépeçage en 1992 par le régime croate ami de l’Allemagne nouvellement réunifiée et en expansion en Europe. Il y a-t-il un lien entre la guerre en Yougoslavie, la politique de Deutsche Telekom et de Siemens en Croatie et la mort du jeune hacker ? Nous n’en savons rien et c’est fort dommage. Ce n’est pas Andy Müller-Maguhn, le leader du Chaos Computer Club et futur patron de Julian Assange qui va nous éclairer : sommé de temps en temps de s’expliquer publiquement sur les probables assassinats dans son organisation, l’homme évacue ces questions par ce fatalisme « on ne peut rien faire. C’est comme ça, c’est la vie » si commode qui sert si bien aujourd’hui à démobiliser dans le cas de l’exécution d’Assange[14]. Il est vrai que l’absence d’enquête judiciaire permet à Andy Müller-Maghun de ne jamais devoir s’expliquer sérieusement. L’incurie de l’Etat allemand face à la mort suspecte de jeunes hommes dans la force de l’âge laisse planer un doute sur la volonté de cette Etat de faire la lumière sur la réalité du fonctionnement du milieu de ses hackers.

L’opacité financière et juridique dans la mise en place du projet Wikileaks en 2007-2009

Henrik Fulda apparait dans les documents officiels du CA de la Wau Holland comme un gestionnaire actif: il s’occupe des contacts avec les autorités, les banques, de la comptabilité et gère la médiatisation ensemble avec Ohlig. La communication prend de plus en plus de place dans le travail de la fondation afin d’amener des dons. L’absence de rapports financiers pour 2005 et 2006 a attiré l’attention du fisc et Fulda doit vite effectuer la comptabilité pour 3 ans, trouver un conseiller fiscal et négocier avec les Impôts. Dans les documents de fin 2007 il n’y a cette année aucun chiffre donné pour 2007 ce qui est inhabituel pour une organisation allemande. Tout juste le compte rendu annuel du CA mentionne quelques milliers d’Euros pour la campagne de dons réussie contre le vote électronique et la participation à une campagne internationale pour Tor[15]. Le rapport d’activité n’est pas plus bavard : si le chiffre de 63 000 Euros est donné pour le capital de la fondation, aucun chiffre n’apparait pour matérialiser les campagnes de dons.

Au moment où la Fondation Wau Holland décide d’inclure l’action de Julian Assange dans ses activités courant de l’année 2008, les rapports de la fondation sont bizarrement des plus brefs comme s’il était nécessaire de dissimuler quelque chose. Pour 2009 alors que le projet Wikileaks décolle, les compte rendus du CA ne sont plus publics. Lors du CA du 27 décembre 2008 Hendrik Fulda devient trésorier et dispose donc des pleins pouvoirs sur les comptes bancaires ou arrivent les dons[16]. Une phrase résume la nouvelle politique des dirigeants : mis à part les campagnes de récolte de dons pour le moteur de recherche Tor et contre le vote électronique, il est décidé de devenir un outil de convergence pour les différents projets du milieu du Chaos Computer Club et d’en faire la publicité directe dès que ces projets sont en accord avec les objectifs statutaires de la fondation.[17] Il en sera ainsi pour Wikileaks même si le rapport expédie Wikileaks en une demi phrase sous le vocable de « Autres et perspectives, coopération avec les initiatives internationales comme Hackers Foundations USA ou Wikileaks ».[18] Julian Assange n’est même pas mentionné comme cheville ouvrière de « Wikileaks » alors que pourtant quelques jours plus tôt il vient de faire une intervention très suivie et applaudie lors du Chaos Computer Congrès sur les possibilités politiques ouvertes par la liberté de publier des documents fuités sur internet[19]. Les dirigeants de la Wau Holland communiquent très difficilement sur l’argent reçus des citoyens : dans le rapport d’activité 2008 à la place de la somme à côté du mot « dons reçus» se trouve non pas un chiffre, mais « XXX »[20].


[1] 7. » Verschiedenes und Perspektiven In Zukunft soll eine noch engere Zusammenarbeit mit dem CCC e.V aber auch mit internationalen Initiativen wie der Hacker Foundation oder Wikileaks erfolgen. », CR du CA du 27 décembre 2007, https://www.wauland.de/media/2007-12-27_Vorstandssitzung.pdf

[2] https://media.ccc.de/v/26c3-3567-en-wikileaks_release_10#t=1365

[3] https://hoi-polloi.org/~brf/rahab.html

[4] https://www.youtube.com/watch?v=GIG-TFmuke0

[5] https://www.youtube.com/watch?v=CP0Dd4N_bAE

[6] https://youtu.be/2YPaxLP3hFw

[7] https://hoi-polloi.org/~brf/media/2013-04-01_annabelle.pdf

[8] https://en.wikipedia.org/wiki/Andy_M%C3%BCller-Maguhn

[9] European Digital Rights (EDRI) https://edri.org/our-work/edrigramnumber13new-edri-members-2003/

[10] https://tcij.org/person/andy-mueller-maguhn/

[11] https://en.wikipedia.org/wiki/Tron_(hacker)

https://berlin.ccc.de/~andy/CCC/TRON/wikipedia/erklaerung.html

https://www.welt.de/wirtschaft/webwelt/article192456/Wie-ein-toter-Hacker-wikipedia-de-lahmlegt.html

[12] https://www.afcea.org/committees/cyber/documents/impactofbndprojectrahabandccconthefutureofcomputer-networkmediatedespionage-cuckooseggpreque.pdf

[13] http://networkclan.de/pdf/KarlKoch.PDF

[14] https://psychedelicdungeon.wordpress.com/2010/09/15/wikifreaks-pt-4-the-nerds-who-played-with-fire/?fbclid=IwAR2OojVdb4JsBctnZ5eanwrmrJkUa8seF9nboaKbfLLZPlWldynpppRdEOA

[15] https://www.wauland.de/media/2007-12-28_Vorstandssitzung.pdf

[16]«  1. Neu-Verteilung der Vorstands-Aufgaben Mit Wirkung zum 1.7.2008 übernimmt der stellvertretende Vorsitzende H.Fulda die Aufgabe des Schatzmeisters von B.Fix. Der neue Schatzmeister erhält dazu alle Unterlagen sowie die Berechtigungen für die Stiftungskonten (Banken, PayPal). », CR du CA du 27.12.2008,

https://www.wauland.de/media/2008-12-27_Protokoll.pdf

[17] « Es wird beschlossen, neben den Aktionen „Tor-Netzwerk“ und „Wahlcomputer“ weitere Spendenaktionen aus dem CCC-Umfeld zu fördern und als Anlaufstelle für Sammelprojekte zu fungieren. Dafür wird die Stiftung durch direkte Kommunikation in Projekten werben, die sich in Übereinstimmung mit der Stiftungssatzung engagieren », idem

[18] Verschiedenes und Perspektiven In Fortführung der bisherigen Ansätze soll auch in Zukunft  eine noch engere Zusammenarbeit mit dem CCC e.V, aber auch mit internationalen Initiativen wie der Hacker Foundation (USA) oder Wikileaks erfolgen. » idem

[19] https://media.ccc.de/v/26c3-3567-en-wikileaks_release_10#t=492

[20] « Im laufenden Jahr 2008 hat die WHS Spenden in Höhe von € xxxx erhalten, davon xx % für ausgeschriebene Spendenprojekte. » ; 1 page, https://www.wauland.de/media/2008_Jahresbericht.pdf

La Wau Holland Stiftung dirige-t-elle « Wikileaks » et en est-elle responsable ?

Au camping d’été du CCC en été 2009 Julian Assange et Daniel Domscheit Berg, qui est membre du Club de Berlin du Chaos Computer Club, présentent Wikileaks en tant que projet politique, idée et technique de sécurisation des données[1]. En octobre 2009 Julian Assange présente Wikileaks lors d’une conférence en Malaisie[2] et en décembre 2009 il revient en Europe pour travailler avec Daniel Domscheit Berg. Le rapport du CA du 28 décembre 2009 ne comporte qu’une demie page mais mentionne cette décision importante dans la rubrique « campagne de dons présentes et à venir » : « Il a été décidé en août 2009 de promouvoir le projet Wikileaks en réalisant un portail pour les dons et d’avoir recours à un système de paiement par internet pour les dons simples de l’étranger »[3].

« Fördern » est dans la langue allemande bien plus précis que « promouvoir ». Il s’agit de subventionner en s’en occupant activement, en veillant à sa réalisation. Dans la culture des ONG c’est le mot anglais implémenter, utilisé couramment dans l’informatique en Français qui rendrait le mieux les rapports complexes de responsabilité et de pouvoir qui s’instaurent alors le plus souvent entre des « partenaires inégaux ». Les fondations publiques et privées allemandes ont une histoire et une pratique politique structurée, forte et longue de plus 60 ans. Les fondations politiques quant à elles, qui donnent le « là » et servent d’exemple, sont des puissances financières aux mains des partis et de l’Etat comme l’a analysé la chercheuse Dorota Dakowska[4]. Selon le principe de subsidiarité il n’est pas rare que les fondations privées, associations ou églises réalisent sous forme de sous-traitance la politique de l’Etat à l’international[5]. Lorsqu’une fondation allemande décide de « fördern » ce n’est pas pour servir de simple boite postale pour récolter de l’argent, contrairement à ce que disait et peut être pensait Julian Assange en 2010.

Les rapports officiels de la Wau Holland Stiftung ne mentionnent pas qui a été décisionnaire dans l’implémentation du projet Wikileaks ni comment la décision a été prise de collaborer avec Julian Assange et Daniel Domscheit Berg, ni quelle forme juridique et pratique a pris cette collaboration. Les rapports sont singulièrement flous, ce qui tranche avec les bonnes pratiques en vigueur en Allemagne dans le secteur associatif et le secteur des fondations politiques. Sachant que chaque action d’une fondation politique doit donner lieu à un rapport mentionnant le noms et les qualités des participants, il est très surprenant et très préjudiciable pour l’intérêt public que dans un projet aussi important que « Wikileaks » qui va brasser plus d’1 million euros par an en 2011 et occuper l’espace médiatique pendant 10 ans, il ne soit pas possible de savoir qui a décidé de le lancer, quel dirigeant allemand de la Wau Holland en est pénalement responsable et à quelle liberté Julian Assange avait ou n’avait pas dans son travail avec la Fondation. Aujourd’hui, Julian Assange est SEUL poursuivi pour le « projet 04 Wikileaks » qui a pourtant été un projet porté par une structure de droit allemand et exécuté sous la responsabilité de dirigeants de cette structure, citoyens allemands. Pourquoi Julian Assange devrait-il payer à la place de ces Allemands ? De plus, les citoyens européens qui ont donné leur argent pour « Wikileaks » sont en droit de savoir qui a dépensé leur argent et pour quoi. L’Etat Allemand devrait aussi se pencher plus scrupuleusement sur les rapports d’activités par trop flous de la Fondation Wau Holland.

Nous ne savons pas non plus quel rôle a joué Daniel Domscheit Berg dans la mise en place du projet « Wikileaks » au sein de la Wau Holland car celui-ci, prolixe dans les médias après sa brouille en été 2010 sur le caractère d’Assange, l’est moins sur ses relations avec la Fondation Wau Holland. Tout juste apprendrons nous par un forum que les relations de Domscheit Berg sont si mauvaises avec Andy Müller Maguhn que celui-ci est accusé de l’avoir chassé du milieu du Chaos Computer Club[6]. Les relations de pouvoir entre les protagonistes de cette histoire sont néanmoins importantes pour la vie de Julian Assange qui bascule en été 2010 avec les poursuites judiciaires dont il est l’objet. Les relations de pouvoir entre Müller-Maguhn, Fix, Fulda, Ohlig avec Assange et Domscheit-Berg en 2008 et 2009 ont en effet déterminé le contrat de projet que Julian Assange signera avec la Fondation Wau Holland le 21 décembre 2010 en tant que « chef de projet », « Projektleiter » sur le projet 04 Wikileaks de la fondation. Selon moi ce contrat signera une subordination vis-à-vis de la fondation qui l’exonère des responsabilités juridiques pesant sur le projet Wikileaks. Julian Assange ne devrait pas être tenu pour responsable des publications de ce projet de la Wau Holland Stiftung. Donc la demande d’extradition du gouvernement des Etats Unis contre le responsable de publication des documents du site devrait être formulée à l’encontre des dirigeants de la Wau Holland Stiftung.

En 2009 les dirigeants de la Wau Holland Stiftung transforment donc la petite fondation en machine à générer du cash pour réaliser des actions politiques redoutables comme la publications des centaines de documents chiffrés du gouvernement américain transmis par les lanceurs d’alerte de 2010 jusqu’à 2016 à la plateforme au nom de domaine www.wikileak.org. La fondation est toujours aujourd’hui l’instrument stratégique de campagne de communication pour arracher des dons du public pour différents projets. Mais comme « fördern » ce n’est pas juste payer mais aussi co- créer, soutenir et veiller à la réalisation, le contrôle de la fondation sur le « créateur » supposé du portail Wikileaks ira en s’accentuant plus la vulnérabilité sociale de Julian Assange s’aggravera. Les conditions objectives dans lesquelles les contrats ont été signés sont aussi cruciaux que le terme des contrats pour déterminer, qu’est-ce qu’en fait que « Wikileaks » et qui devrait porter la responsabilité juridique du projet via à vis du public et de la Loi. A mon sens, à la lecture des documents existants, il me semble clair que Julian Assange ne devrait pas porter la responsabilité pénale du projet Wikileaks réalisé de concert avec la Wau Holland Stiftung allemande. Les dirigeants de la Wau Holland devraient être poursuivis.

Il faut aussi mentionner le fait que John Shipton est, en tant que dirigeant de la société états-unienne en Californie Dynadot, propriétaire du nom domaine www.wikileaks.org.[7] et non pas à Julian Assange. La lumière devrait être faite sur les liens entre John Shipton et les Allemands dirigeants le projet « 04 Wikileaks » dans le cadre de la fondation Wau Holland.

L’audit du projet Wikileaks a été réclamé par des citoyens et n’a pas été réalisé mais il est urgent aujourd’hui qu’il soit ordonné par la justice, étant donné ses enjeux politiques, juridiques et financiers. Le public a le droit de savoir ce qu’est réellement Wikileaks et qui a dépensé l’argent de ses dons.

En 2009 La fondation Wau Holland signale pour la première fois le montant des dons sans préciser si ce sont des dons pour le projet Tor ou Wikileaks : 17 801, 71 Euros. Mais sous la rubrique « Projet et activité » la phrase « Le projet Wikileaks a été en août 2009 enregistré comme projet promu » (« Das Projekt Wikileaks wurde im August 2009 als neues Förderprojekt aufgenommen ») est signée Winfried Motzkus, président de la fondation Wau Holland. Elle prouve encore plus que Julian Assange n’est pas le seul qui devrait porter la responsabilité du projet Wikileaks[8].


[1] https://www.youtube.com/watch?v=Pt4Z9-cZlZU; https://www.youtube.com/watch?v=HAtFjT_W6Gc;

https://www.youtube.com/watch?v=FGUPCvfw97o; https://www.youtube.com/watch?v=xMtAL4DmeFQ;

[2] https://www.youtube.com/watch?v=xpWo1_-QI6Y

[3] « Im August 2009 wurde beschlossen, das Projekt Wikileaks zu fördern, indem wir ein Spendenportal einrichten und speziell auch über Internetbezahldienste das einfache Spenden aus dem Ausland ermöglichen. », CR du CA du 28.12.2009 ; https://www.wauland.de/media/2009-12-28_Protokoll.pdf

[4] Voir Dorota Dakowska « Le pouvoir des fondations, des acteurs de la politique étrangère allemande ». Presses Universitaires de Rennes, 2014,

http://pur-editions.fr/detail.php?idOuv=3468

[5] Brot fur die Welt, association protestante, a ainsi organisé et subventionné le Forum Social Mondiale en Tunisie en 2013 et 2015 dans le cadre d’un contrat avec le Ministère allemande coopération et la Fondation Friedrich Ebert, voir Monika Karbowska « Les fondations allemandes, instrument d’un impérialisme particulier dans un monde globalisé » ;  https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/12/22/les-fondations-allemandes-instrument-dun-imperialisme-particulier-dans-un-monde-globalise-par-monika-karbowska/

[6] https://netzpolitik.org/2011/kommentar-vorstand-schmeist-daniel-domscheit-berg-aus-dem-ccc/

[7]

https://www.govinfo.gov/app/details/USCOURTS-cand-3_08-cv-00824/USCOURTS-cand-3_08-cv-00824-6

http://www.tlaxcala-int.org/upload/telechargements/331.pdf

[8] https://www.wauland.de/media/2009_Jahresbericht.pdf

2010 et 2011 – la fondation Wau Holland dirige effectivement le projet Wikileaks

L’année 2010 est cruciale pour la Wau Holland Stiftung car c’est alors que grâce au projet Wikileaks l’activité de la fondation change radicalement de dimension. Le rapport d’activité annuel 2010 décrit toujours le même capital stable de 53 000 Euros placés dans des placements à 3,5 et 4,5%. Il y a 10 000 Euros qui vont être placés en plus et des parts dans la banque Chattengau rapportent 1000 Euros. Il y a toujours le terrain agricole de valeur de 1500 Euros loués à 20,44 euros[1]. Les fonds propres de la fondation bougent à peine. Ces revenus servent à couvrir les projets anciens auxquels sont affectés de modestes sommes : 2200 Euros pour Tor et 2300 Euros pour la messagerie « Jabber »[2]. Le projet d’Archives des Hackers va être réalisé en partenariat avec une faculté de l’Université de Zurich et d’ici fin 2011 la fondation prévoit de louer des locaux à Berlin dédiés à cet archivage pour lesquels 12 000 Euros de budget sont provisionnés pour 2011 et une somme globale de 51 000 Euros est décidée. On en déduit que le projet prévu depuis 2004 n’a toujours pas réellement commencé[3]. En 2011 la fondation prévoit un projet de formation de scolaires intitulé  « Chaos macht Schule“ » « Les Chaos fait école »,  pour 10 000 Euros ainsi que le soutien financier aux structures régionales des Chaos Computer Club à hauteur de 40 000 Euros[4]. Le document ne mentionne pas de campagne de dons dédiée à ce projet, on peut donc estimer que l’argent sera retiré de la somme globale des dons reçus. 145 000 euros de dons seront en effet placés, pour le moment sur un compte simple à 1.5 % avant de pouvoir étudier d’autres possibilité[5].

Car il y a bien plus que 145 000 Euros qui sont arrivés sur les comptes de la fondation grâce à ce projet clé, Wikileaks. « Die 2009 initiierte Spendenkampagne Wikileaks wurde erfolgreich fortgesetzt »« La campagne de récolte de dons Wikileaks débutée en 2009 a été poursuivie avec succès », cette phrase figure page 2 du rapport annuel, sous le titre « Projekte und Aktivitäten , « Projets et activités ». Le paragraphe du bilan financier mentionne les sommes : « Im laufenden Jahr 2010 hat die WHS Spenden in Höhe von rund 1.455.600 € erhalten. »[6]« Au cours de l’année 2010 la fondation Wau Holland a obtenu 1 455 600 Euros de dons ». 

Cet argent est très probablement le projet Wikileaks. 

« Wikileaks » en 2010 existe par le travail de Julian Assange et jusqu’à septembre 2010 aussi par celui de Daniel Domscheit Berg. Mais c’est principalement Julian Assange qui par ses interventions médiatiques attire l’attention du public jusqu’à faire obtenir sur les comptes de la fondation la somme de 1 455 000 Euros. De février à fin avril 2010 Julian Assange travaille avec Birgita Jonsdottir et d’autres Islandais, mais il fait seul la promotion de Wikileaks en Norvège le 26 avril[7], dans le documentaire « the Whilsteblower » de Mark Davis, diffusé à la télévision australienne SBS le 17 mai 2010[8], aux conférences au Frontline Club le 26 et 30 juillet 2010 puis le 25 octobre 2010[9]. Le 18 avril 2010 il présente Wikileaks à la Logan Foundation [10]et le 21 juin 2010 au Parlement Européen[11] au côté de Birgita Jonsdottir qui elle cependant endosse la responsabilité uniquement de la Loi islandaise sur la protection des lanceurs d’alertes et des journalistes dont elle est la promotrice dans son pays. Le second documentaire de Mark Davis « Inside Wikileaks » réalisé en juillet 2010 à Londres montre Julian Assange en collaboration avec Sarah Harrison en tant que responsable de bureau[12] et c’est avec elle qu’il présente les « Irak Logs » à la conférence de presse de Genève le 4 novembre 2010[13].

Enfin, il est seul face au public de militants syndicaux et politiques et de journalistes qui remplissent la salle de la maison des syndicats de Stockholm le 14 aout 2010[14].

Pour la fondation, devoir gérer un brusque afflux d’1 million et demi d’Euros, c’est un changement radical d’échelle. Les dirigeants le reconnaissent et écrivent : « Es ist das bisher größte Projekt der Stiftung und stellt damit neue Anforderungen an die Abwicklung und das Controlling » – « C’est jusqu’à présent le plus grand projet de la fondation et il pose devant nous de nouvelles exigences pour sa réalisation et son contrôle ».

« Pour qu’un travail à long terme soit possible des aides doivent être engagées et des infrastructures doivent être construites dans plusieurs pays. (…).Pour que ces exigences puissent être mises en œuvres avec succès, la fondation a commissionné un expert-comptable à Hamburg pour une expertise. En conséquence la fondation a développé des accords avec le Chef de projet qui posent avec précision le règles du reporting. La large coopération avec les médias qui est liée au projet exige un management professionnel qui doit pouvoir travailler sur le long terme. Un plus grand budget prévisionnel est nécessaire. [15]»

La fondation Wau Holland pose bien sa responsabilité à mener à bien le projet qui est bien décrit comme le sien (« der größte Projekt der Stiftung »). Il est normal que dans le cadre d’un projet coûtant une somme aussi importante et posant des défis aussi immenses, un « management professionnel » soit engagé, tout comme un expert -comptable et que des accords soient signés avec le chef de projet. Il est aussi normal que celui à qui la responsabilité juridique incombe instaure des règles de contrôle et de reporting.

 Le nom de Julian Assange n’est pas cité. Le travail intense de Sarah Harrison sur l’organisation du travail quotidien tel que présenté dans le documentaire « Inside Wikileaks » ou la présence continue de Kristinn Hrafnsson aux côtés de Julian Assange visible sur les photos des médias depuis octobre 2010, pourrait indiquer que l’un d’eux est le chef de projet. Des accords oraux sont fréquents dans le monde associatif, mais pas lorsque de telles sommes sont en jeu. Les fondations politiques allemandes, aussi critiquables soit leur politique dans les pays pauvres, ont la règle d’établir des contrats de travail pour le personnel et de payer les prestations, y compris intellectuelles, de la sous-traitance. Dans le milieu de l’informatique, ne pas établir de contrat écrit avec un partenaire financier qu’on sollicite pour financer un logiciel, le développement d’une idée, équivaudrait à un suicide social de la part du porteur de projet.

La fondation Wau Holland n’a peut-être pas eu le temps de réguler par écrit sa collaboration avec Julian Assange, qui du 1 août au 27 septembre 2010 séjourne en Suède puis est accaparé par le travail d’édition et de médiatisation et par les poursuites judiciaires qu’il subit. Il signera son contrat de « chef de projet » « ProjektLeiter », le 21 décembre 2010 et le détail de ce contrat de réalisation du projet figurera donc dans le rapport d’activité de l’année 2011[16]. Ce jour-là, Julian Assange aura passé 10 jours à la prison de Wandsworth suite au mandat d’arrêt européen rédigé par la Suède le 18 novembre 2010. Lorsqu’il signe le contrat, il porte un bracelet électronique au pied et doit vivre en résidence surveillée sous la responsabilité de son garant. Enfin, en avril 2011, après 6 mois de présence sur le sol britannique il est tenu de demander une carte de résident, et s’il ne le fait pas, il entre dans le cadre du statut du sans papier. Il importe ici de souligner une vulnérabilité sociale qui s’aggravera rapidement.

Le budget du projet Wikileaks est établi à « environ 800 000 à 1 200 000 Euros. « Les documents publiées doivent être retravaillés souvent pendant des mois. Pour 2011 et 2012 un nouveau logiciel doit être développé pour le portail, qui augmentera ses standards de sécurité. Pour cela il sera nécessaire d’avoir 200 000 à 300 000 Euros. Pour les conseils juridiques déjà en 2010 il faut plus de 30 000 Euros. Le budget prévisionnel du projet Wikileaks doit être de 819 000 Euros »(« Die Rückstellungen für 2011 für das Projekt Wikileaks betragen rund 819.000 Euro »)[17]. Ce budget est évidemment flou pour qui a l’habitude du travail associatif et des documents financiers exigés par les financeurs comme l’Union Européenne ou les fondation politiques allemandes. Mais on peut comprendre l’urgence dans laquelle est mise une petite fondation qui voit ses revenus croitre exponentiellement sans y être préparée en terme de gestion. 200 000 à 300 000 Euros pour l’informatique est en 2010 le coût d’un bon logiciel de gestion développé sur mesure pour une PME de 50 à 100 salariés. Le nombre de salariés nécessaire n’est pas mentionné, or Julian Assange parle dans son entretien du 12 aout 2010 au journal suédois Aftonbladet de 5 salariés embauchés, et pas de bénévoles[18].

Le document « Projekt 04: Informationsfreiheit verteidigen » Vorläufiger Transparenzbericht 2010 » – « Projet 04, défendre la liberté d’expression, bilan de transparence 2010 provisoire » nous apprend plus sur l’origine des dons mais surtout sur les dépenses de la fondation. Que ces dépenses aient concerné le projet Wikileaks (auquel sera depuis accolé le nom Projekt 04), c’est le sous-titre « campagnes et actions » page 6 qui nous le montre : « April 2010: Video-Produktion “Collateral Murder” ● Juli 2010: “War Diary: Afghanistan War Logs” ● Oktober 2010: “War Diary: Iraq War Logs” ● November 2010: “CableGate: US Embassy Diplomatic Cables” »[19]. Il s’agit bien des activités du projet Wikileaks.

Nous y apprenons que les revenus du projet ont été de 1 331 698.19 Euros et les dépenses 401 824.62 Euros. La fondation Wau Holland annonce que le compte Paypal ouvert pour le projet jusqu’à sa fermeture par Paypal de 4 décembre 2010 a rapporté 635 772.73 Euros[20]. Les plus grandes sommes ont été versées en avril 2010 (170 170.98 Euros), en janvier (82 ‘901.19 Euros) et en décembre (102 623.29 Euros).

Le 5 avril 2010 le site Wikileaks.org a publié la très vite célèbre vidéo « Collateral murder » du meurtre de 18 civils irakiens par des soldats de l’armée américaines. Décembre 2010 c’est la consécration après la publication en novembre des 250 000 documents diplomatiques des Etats Unis, archives de 50 ans de diplomatie américaine. Mais janvier 2010 est également un mois faste alors que les publications ne concernent encore que les pays du sud comme le Kenya ou la Côte d’Ivoire ou des sujets politiquement vus comme annexes comme la scientologie. Les autres mois rapportent aussi une excellente moyenne de 34 000 à 60 000 Euros. Les dons bancaires pour le projet 04 de la fondation Wau Holland s’établissent à [21] 695 925.46 Euros. Là aussi les sommes les plus importantes sont versées en avril (127 886.40 Euros), décembre (398 365.60 Euros), février (62 719.51 Euros) et août (27 335.13 Euros). Les autres mois rapportent quelques milliers d’Euros chacun.

Par pays on apprend que ce sont les citoyens américains qui ont le plus doté le projet (219 897.21 Euros), les Allemands (91 336.21 Euros), les Britanniques (78 187, 3 Euros), les Canadiens (39 717 Euros) et les Australiens (36 180,36 Euros). Sous le vocable « others » se cachent peut-être les citoyens de pays absents de la liste, mais dont Julian Assange ne cesse de dire dans ses conférences de 2010 qu’ils sont les premiers propriétaires moraux de Wikileaks, ceux pour qui le projet est fait, ceux qui devraient se saisir de l’information publié pour poursuivre les criminels et les faire condamner, les pays victimes des attaques des Etats Unis[22].

Le citoyen donateur aimerait certainement savoir comment son argent a été dépensé. La page 6 du document décrit les postes de dépenses suivants :

« Les coûts d’infrastructure englobe la colocation de serveurs, le hard ware, la connexion internet est d’autres installations et d’autres couts qui sont nécessaires pour l’aménagement du hard ware »[23] . Pour la location des serveurs contenant les documents du projet 04 Wikileaks, la fondation payera pendant les 5 années suivantes 12 000 euros. On peut raisonnablement penser que ce poste comporte le paiement d’un salarié informaticien mais le bilan financier n’est pas assez précis pour chiffrer le travail du salarié.

Le poste « Campagne/Actions » mentionne la nécessaire embauche de « personnel spécialisé externe »( « Externe Fachleute ») comme des « journalistes et des rédacteurs »[24]. « Ils sont indispensable pour le visionnage et la mise en forme des documents, le travail de la vidéo, le classement des documents selon les domaines et le degré d’importance, l’anonymisation etc »[25]. Les campagnes sont citées et le chiffre est important[26] : 143 305.15 Euros.

Le citoyen donateur n’a pas obtenu de réponses plus précises à d’éventuelles questions sur l’emploi de son argent. Les questions suivantes demeurent : les journalistes payés étaient-ils ceux des grands médias avec lesquels Julian Assange a collaboré pour les publication des documents (The Guardian, der Spiegel, le Monde, El Pais, le New York Times…) ou s’agit-il des collaborateurs du bureau au quotidien qui apparaissent dans les documentaires (Sarah Harrison, Renata Avila, Joseph Farell) ? Ces personnes étaient-elles salariées, et si oui, avec quels contrats ? Normalement, un bilan financier et un rapport d’activité d’association devraient contenir ses informations légales et elles devaient être publiques.

Les « Coûts de voyages et les frais » sont de 62 053, 31 Euros. Ils comportent la participation à des conférences, des meeting, des intervention, des rencontres avec les représentants des médias et responsable de l’infrastructure. Pour les activistes de Wikileaks les coûts du voyage ont été payés après présentation de preuves, selon la règle des vols de la classe économique, et de la seconde classe en train, d’hôtels de catégorie moyenne. Souvent aucun coût n’était payé pour l’hébergement qui avait lieu en privé »[27]. Cette somme parait réaliste étant donné le nombre de voyages réalisés, il est vrai presque exclusivement dans le cadre européen, encore que l’on ne sache pas si le voyage de Julian Assange dans son pays d’origine l’Australie, du 15 mai au 21 juin 2010 ait été effectué dans le cadre de sa collaboration avec la Wau Holland Stiftung. Dans le cadre du document « transparence » le lecteur reste sur sa faim concernant les liens du financeur et responsable juridique avec l’éxecutant physique du projet 04.

Le coût du « conseil juridique » est de 32 944, 95 Euros. La somme est importante, mais elle parait réaliste, étant donné les responsabilités énormes qu’implique une action risquée de publier des documents classifiées de la première puissance mondiale, qui possède des bases militaires et un commandement militaire sur le sol de l’Allemagne. Nul doute que les dirigeants de la Wau Holland Stiftung ont consulté des juristes spécialisés et sans doute des politiques aptes à les informer sur le danger que courent des particuliers quand ils dévoilent les secrets du premier partenaire du gouvernement allemand dans le cadre de l’OTAN. La question de la réaction du gouvernement allemand aux agissements de cette petite fondation allemande est également posée, même si elle ne peut être résolue en analysant uniquement des documents financiers publiques. La présence d’un diplomate allemand dans la salle 9 de la Old Bailey assistant en vidéo aux débats sur « Wikileaks » dont l’objet est le sort de Julian Assange atteste aussi de l’intérêt que l’Allemagne porte au tant qu’Etat au projet « Wikileaks ».

 « Des frais de conseil juridiques ont été engagés pour les campagnes et actions, mais aucun moyen n’a été alloué à un conseil juridique destiné à des personnes ou une représentation dans des procès ». [28] Nous ne savons pas si cette phrase fait allusion aux frais d’avocats que Julian Assange doit engager après avoir été visé par les plaintes en Suède. Julian Assange affirme dans la conférence du 25 octobre 2010 payer ses frais d’avocats seul et préserver « Wikileaks » de ces coûts. Le rapport d’activité de 2011 de la fondation Wau Holland sera plus explicite : « Les frais de conseils juridiques. Ne rentrent PAS dans ce poste les frais d’avocat de Julian Assange du fait du mandat d’arrêt suédois) » .[29]

Les « remboursements de frais » chiffrent jusqu’à 104 477.15 Euros. « Il a été effectué des remboursements de frais réguliers à quelques rares Chefs de Projet et militants. Ces indemnités s’orientent selon les degrés pratiqués par Greenpeace Deutschland »[30]. Nous ne savons pas pourquoi Greenpeace est le modèle. Mais à raison de 8706 Euros par mois il est possible de verser 3 salaires honorables de 2900 Euros avec cotisations. Une association française aurait été contrainte de salarier ses chefs de projets car le paiement de travail sur remboursement de facture est illégal en France et considéré comme du travail dissimulé s’il a lieu au long cours sur un projet comme dans ce cas sur un an. Les donateurs demandant un audit financier à la fondation Wau Holland pour le projet 04 Wikileaks pourront poser la question concernant le droit du travail allemand exécuté dans le cadre de la directive européenne de détachement, car le travail concret sur le projet a lieu depuis juillet 2010 en grande partie à Londres.

L’impression qui se dégage de ces documents de la fondation Wau Holland est que l’essentiel des publications du projet 04 Wikileaks a été fait en 2010, et ce dans une atmosphère d’urgence et de pression. Avec le recul du temps on peine cependant à comprendre les raisons de cette urgence. Les documents ont été soumis par les lanceurs d’alerte sur la plateforme sécurisée. Julian Assange, Daniel Domscheit Berg et l’équipe islandaise ont construit les outils informatiques indispensables à cette sécurisation dès mars 2010, peut-être même avant.  Les documents soumis auraient bien pu y rester un ou deux ans supplémentaires, le temps pour la fondation de structurer une équipe stable, fiable et rémunérée.

C’est le temps dont le chef de projet Julian Assange aurait eu besoin pour résoudre les problèmes des poursuites judiciaires qui s’abattent sur lui en Europe et dont on est en droit de penser qu’ils ont un lien avec son activité politique. Au lieu de travailler à résoudre ces problèmes de répression en Suède, Julian Assange est contraint de quitter ce pays où il a demandé une carte de séjour, signé un contrat de travail à mi-temps pour aller à Berlin le 27 septembre 2010 à une réunion avec des journalistes du Spiegel et d’enchainer les conférences de presse et les présentations des deux énormes «scoop » suivants, les « Irak logs » et les  « Cables Gate ». Le public aurait attendu un an de plus pour apprendre ces révélations qu’il n’y aurait pas eu de dommage et l’argent emmagasiné par les dons aurait pu attendre quelques mois de plus sur les comptes de la fondation. Mais le 8 décembre 2010 Julian Assange est emprisonné dans la prison de Wandsworth à Londres et la procédure de son extradition en Suède est engagée dans le cadre du mandat d’arrêt européen


[1] « Zum Jahresende 2010 hat die WHS ihr Stiftungskapital und ihre Rücklagen in Höhe von rund € 53.000 in langjährigen Sparbriefen mit Zinsen zwischen 3,15% und 4,5% Prozent angelegt. Ein fällig gewordener Sparbrief in Höhe von 10.000 Euro soll wieder in einer Festanlage angelegt werden. Darüber hinaus hält die WHS 10 Genossenschaftsanteile an der VR Bank Chattengau eG zu 1000 €. € Im laufenden Jahr 2010 hat die WHS Spenden in Höhe von rund 1.455.600 € erhalten. Zinserträge werden zur Deckung der Kosten für Büro und Telekommunikation sowie interne Spesen verwendet. Die nicht gedeckten Kosten werden aus der freien Rücklage finanziert. Der Wert des Ackers in Fambach beträgt 1500 Euro. Der 12-jährige Pachtvertrag mit jährlichen Einnahmen von 20,44 Euro ist weiterhin in Kraft. 10 % oder rund 145.000 Euro werden der freien Rücklage zugeführt. Wir werden dafür Anlagemöglichkeiten prüfen. Bis dahin wird es auf dem Tagesgeldkonto zu 1,5 % gelagert », Rapport d’activité annuel 2010,

https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[2] « Die 2007 initiierte Spendenkampagne für das Tor-Projekt wurde fortgesetzt. Für die Förderung der Öffentlichkeitsarbeit und die Infrastruktur werden 2200,- Euro in die Rückstellung übernommen.

Das Projekt Wahlcomputer pausiert zur Zeit, da die Einführung von Wahlcomputern zunächst aufgehoben wurde.Jabber Die Spendenaktion für Jabber konnte die Kosten dieses Services decken und wird fortgeführt. Es sind Rückstellungen für dieses Projekt in Höhe von rund 2300,- Euro vorgetragen worden. » ,

https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[3] « Für das Projekt „Hackerarchiv“ wird ein professioneller Scanservice gesucht und eine Zusammenarbeit mit einem Lehrstuhl an der Universität Zürich angestrebt. Dazu sollen bis Ende 2011 geeignete Räume in Berlin angemietet werden, um das Archiv zu lagern und aufzubereiten. Für die Ausstattung, den Umzug und Helfer werden 12.000 – 15.000 Euro an Kosten erwartet. Die Mietkosten werden mit 12.000 Euro pro Jahr veranschlagt. Dafür werden aus 2010 Rückstellungen in Höhe von rund 51.000 Euro vorgenommen. », op.cit, https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[4] « Das Projekt „Chaos macht Schule“ wird voraussichtlich ein weiteres Förderprojekt in 2011. Dafür werden deshalb jetzt Rückstellungen in Höhe von 10.000 Euro vorgetragen.

Ein weiteres neues Projekt ist die Förderung der regionalen gemeinnützigen CCC e.V.- Strukturen. Dafür werden 40.000 Euro an Rückstellungen vorgenommen ».,

op.cit, page 2 https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[5] « 10 % oder rund 145.000 Euro werden der freien Rücklage zugeführt. Wir werden dafür Anlagemöglichkeiten prüfen. Bis dahin wird es auf dem Tagesgeldkonto zu 1,5 % gelagert. », op.cit, 1  https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf, page 1.

[6] Op.cité, rapport d’activité 2010, page 1  https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[7] http://www.farmann.no/2010/12/09/transcript-of-interview-with-julian-assange/; https://oslofreedomforum.com/talks/the-whistleblower

[8] https://www.youtube.com/watch?v=gmZZHx_3_aA&feature=related

[9]https://www.frontlineclub.com/wikileaks_press_conference/;

https://www.youtube.com/watch?v=ehvqHbZJ77I; https://www.youtube.com/watch?v=FFDdHMEpqeA

[10] https://www.youtube.com/watch?v=juWRddv-cgk; https://www.youtube.com/watch?v=sIphxt42Ei0; https://www.youtube.com/watch?v=kYmzH38dinc; https://www.youtube.com/watch?v=SQZ4vfAle9g; https://www.youtube.com/watch?v=ygjzFWryJ0I; https://www.youtube.com/watch?v=oVWJnwEdmMM

[11] https://www.youtube.com/watch?v=wO8pclGN5II&feature=youtu.be&t=2h9m11s

[12] https://www.youtube.com/watch?v=QVPZsTSYhaY ; https://www.youtube.com/watch?v=K0Eys2F5iDM&t=29s;

[13] https://www.youtube.com/watch?v=kRtUeYDncYs

[14] https://www.youtube.com/watch?v=KcPlp5bNDKQ; https://www.youtube.com/watch?v=h3BWmPDWk54https://www.youtube.com/watch?v=fbZKI83ng8o; https://www.youtube.com/watch?v=Gs6t4t6lofY; https://www.youtube.com/watch?v=zFnXAj-CAV4

[15]«  Um eine langfristige Arbeit zu ermöglichen müssen dafür Helfer und Infrastruktur in verschiedenen Ländern engagiert bzw. ausgebaut werden. Es ist das bisher größte Projekt der Stiftung und stellt damit neue Anforderungen an die Abwicklung und das Controlling. Um diese Anforderungen erfolgreich umzusetzen beauftragte die Stiftung ein Hamburger Steuerbüro mit einer Expertise. Daraus entwickelte die Stiftung Verträge mit dem Projektleiter, die das Reportwesen genau regeln. Die mit dem Projekt verbundene umfangreiche Pressearbeit erfordert ein professionelles Management, dassauch langfristig arbeiten kann. Deshalb werden größere Rückstellungen notwendig », op. cit, page 2, https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[16] https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[17] « Der Finanzbedarf wird auf ca. 800.000 – 1.200.000 Euro geschätzt. Das zu veröffentlichende Material erfordert oft monatelange Aufbereitung. Für 2011 und 2012 soll eine neue Software für die Plattform entwickelt werden, die vor allem die Sicherheitsstandards hochsetzt. Dafür werden weitere 200.000 – 300.00dé0 Euro benötigt. Für juristischen Rat wurden bereits in 2010 über 30.000 Euro benötigt. Die Rückstellungen für 2011 für das Projekt Wikileaks betragen rund 819.000 Euro. » – op.cit, page 2, https://www.wauland.de/media/2010_Jahresbericht.pdf

[18] http://www.nnn.se/nordic/assange/docs/protocol.pdf; http://www.nnn.se/nordic/assange/docs/memoria.pdf

[19] https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[20] Op.cit, page 3

[21] « Die folgenden Spenden wurden durch Überweisung auf das Bank-Unterkonto des Projektes 04 der Wau-Holland-Stiftung getätigt und sind (summarisch) nach Monat aufgelistet », – op.cit, page 5,

https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[22] Page 4 https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[23] « Infrastrukturkosten umfassen Colocation von Servern, Serverhardware, Internetanbindung, Einrichtungskosten sowie alle weiteren Kosten, die für den Betrieb der Hardware anfallen »- op.cit, page 6, https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[24] « Kosten in diesem Bereich entstehen vor allem in der vorbereitenden Sichtung und Aufarbeitung von eingegangenen Materialien, z.B. Videobearbeitung, Sichtung und Ordnung von Dokumenten in grosser Zahl nach Sachgebieten und Prioritätsstufen, Anonymisierung etc. Die schliesst die Herbeiziehung externer Fachleute (z.B. Journalisten / Redakteure) ein » Op. cit, page 6,

https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[25] Op.cit, page 6, https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[26] « Im Jahr 2010 wurden folgende Kampagnen / Aktionen durchgeführt: ● April 2010: Video-Produktion “Collateral Murder” ● Juli 2010: “War Diary: Afghanistan War Logs” ● Oktober 2010: “War Diary: Iraq War Logs” ● November 2010: “CableGate: US Embassy Diplomatic Cables » – op.cit, page 6,

https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[27] « Reisekosten/Spesen € 62’053.31, Reisekosten entstehen für die Teilnahme an Konferenzen, Meetings, Vorträgen, Treffen mit Pressevertretern und Verantwortlichen für die Infrastruktur. Für die WikiLeaks-Aktivisten wurden Reisekosten nach Belegen bezahlt, in der Regel Flüge Economy Class, Bahn 2. Klasse und Hotelunterbringung in mittlerer Preislage. Häufig fielen allerdings auch keine Übernachtungskosten an, da eine private Unterbringung erfolgte. », – op. cit, page 6,

https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[28] « Rechtsbeistand € 32’944.95. Es wurden anwaltliche Beratungskosten für Projekt-Kampagnen/-Aktionen erstattet, jedoch keine Kosten für personen-bezogene juristische Beratung oder antwaltliche Vertretung in Gerichtsverfahren. Kosten entstehen durch die Beratung bei Kampagnen / Aktionen (sowohl im Vorfeld als auch danach) und bei drohenden juristischen Auseinandersetzungen », op.cit, page 6 , https://www.wauland.de/media/2010_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[29] « Rechtsberatungskosten (dazu gehören NICHT Anwaltskosten für Julian Assange wegen des schwedischen Auslieferungsantrags) » – page 2, rapport d’activité annuel 2011 https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[30] « Es wurden für einige wenige Projekt-Leiter und -Aktivisten regelmässige Aufwandsvergütungen nach Rechnungsstellung erstattet. Die Vergütungen orientieren sich jeweils an den Vergütungsstufen Die Vergütungen », page 6, op.cit, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

Analyse juridique et financière du projet 04 Wikileaks de la Fondation pour 2011 – Julian Assange salarié de la Wau Holland ?

L’année charnière 2011 voit la Fondation Wau Holland prendre une ampleur internationale inattendue grâce au projet 04 Wikileaks. Même si par la suite le tarissement des dons et la situation difficile du chef de projet Julian Assange réduira la voilure du projet, la fondation continuera à agir à l’internationale dans des projets comme Zivilcourage ou Tor. Il est dommage cependant que nous ne disposons plus pour cette année cruciale des comptes rendus des réunions du CA. Nous analyserons donc ici le rapport annuel « Jahresbericht 2011 », « Projet 04, Défendre la liberté d’expression, récit de transparence » (le rapport financier du projet 04 Wikileaks), les nouveaux statuts du 21 septembre 2011 et le modèle de contrat que la fondation signe avec ces chefs de projets (« Projektauftrag zwischen der Wau-Holland-Stiftung im nachfolgenden WHS und im nachfolgenden Projektleiter) » qui est publié pour l’année 2012 mais concerne aussi les activités de 2011.

« En 2011 à coté du Projet 04 « WikiLeaks » les projets TOR et « Chaos Macht Schule »- ont été soutenus par la fondation »[1] – ainsi commence le rapport d’activité annuel 2011. Nous apprenons que le chef du projet 02 Tor « Réseau d’anonymisation sur internet » est depuis des années Andreas Lehner[2] et qu’il a continué le travail en touchant un rémunération de 1750 Euros. Le cœur de métier de la fondation, la formation des jeunes et de leurs parents à l’informatique est réalisé par le projet « Chaos Macht Schule », le « Chaos fait école ». Ce projet est une initiative de groupe locaux de Chaos Computer Club qui travaillent localement avec des institutions scolaires de 11 villes de l’Allemagne. Les militants de ce projet se sont retrouvés le 28-30 novembre 2011 pour une rencontre nationale financée par la fondation. Suite à cela la fondation a décidé de mettre en œuvre le projet 05 « AlphaBITisierung » et lui dédier une campagne de dons. Un atelier avec des enfants et des adolescents a déjà été organisé à Dresde. La somme de 2799, 03 euros y a été dépensée[3].

Le rapport rentre ensuite dans le cœur de l’activité actuelle, Wikileaks.

 « Description du projet 04 et contrat de personnel aidant[4]-« Hilfspersonenvertrag und Beschreibung des Projekts 04. »

« Le 21 décembre 2010 a été signé entre la fondation et Julian Assange, le chef de projet du WHS Projekt 04 Wikileaks un contrat de projet. » « Am 21.12.2010 wurde zwischen der Stiftung und Julian Assange, dem Projektleiter des WHSProjekts 04 « WikiLeaks », ein Projektvertrag geschlossen [5]». En tant qu’association ayant le statut d’utilité publique, selon la loi allemande la fondation Wau Holland a l’obligation « d’immédiateté », c’est-à-dire de réaliser ses objectifs statutaires sans délai. Pour lui faciliter cela, le législateur lui permet d’embaucher ou de déléguer ses tâches à du « personnel aidant »[6]. C’est ainsi que la Wau Holland Stiftung est contrainte de signer un contrat d’exécution de projet, «un contrat de projet », « Projektvertrag », avec « Julian Assange, qui est chef de projet du Projet 04 de la Wau Holland Stiftung « Wikileaks ». Ici il convient de souligner que la Loi française ne connait comme contrat de projet que le récent « Contrat à durée Indéterminée de projet » longtemps utilisé comme « contrat de chantier » dans le bâtiment. Ce contrat est clairement un contrat de travail, alors qu’en Allemagne, comme dans les pays d’Europe de l’Est, un particulier peut signer un contrat commercial de prestation, appelé « Werkvertrag », « contrat d’ouvrage » ou un « Dienstleistungsvertrag », « contrat de services ». La littérature manageriale allemande et les syndicats mettent les citoyens en garde contre la « Scheinselbständigkeit », la « pseudo indépendance », c’est-à-dire le fait de signer un contrat d’ouvrage ou de services et de se retrouver dans la situation du salarié subordonné sans les protections afférentes[7].

L’appellation du contrat que signe Julian Assange avec la fondation Wau Holland alors qu’il est sous bracelet électronique et en résidence surveillée est suffisamment floue pour qu’on s’interroge s’il s’agit d’un contrat « d’ouvrage » ou le produit à livrer est défini, les étapes et les façons de le fabriquer, et ou le donneur d’ordre a le droit de mettre fin au contrat de son côté s’il n’est pas content du produit ?[8]Ou est-ce un contrat de services donnant la liberté la plus grande des deux côtés mais où chacun reste propriétaire de ses moyens de production et ou le produit fini appartient aux deux parties ? Finalement c’est la définition du « contrat de travail » « Arbeitsvertrag » selon l’article 611a du Code Civil Allemand (Bürgerliches Gesetzbuch) qui nous donne les clés pour comprendre quel contrat Julian Assange a signé avec la Wau Holland Stiftung pour exécuter le Projet 04 Wilkieaks et s’il ne s’agit pas d’un contrat de travail. Cet article de Loi explique clairement la notion de subordination juridique du salarié face à l’employeur dans le cadre de la « dépendance personnelle » définie comme le manque de possibilité de décider du contenu du travail, de sa façon de travailler, du temps et du lieu de travail. Le degré de dépendance dépend de la nature de l’activité. Mais surtout « Pour décider si un contrat de travail a lieu, il faut prendre en compte l’ensemble des conditions. Si la réalisation concrète du contrat montre qu’il s’agit d’un rapport de salariat, le nom du contrat n’a pas d’importance »[9].

Pour comprendre le degré de responsabilité juridique de Julian Assange dans le projet 04 de la Wau Holland Stiftung, nous pouvons faire confiance aux descriptions détaillée du rapport d’activité 2011. « Ce contrat projet définit les objectifs, les tâches et les règles que Monsieur Assange dans le projet 04 de la Fondation doit mettre en oeuvre dans le cadre de son projet « Wikileaks ». Le contenu de ce cadre et ses conditions ont été fixés au cours de nombreuses discussions depuis le premier contact fin 2008. En août 2009 le projet 04 a été mis en route et la campagne de récolte de dons a commencé. La fondation Wau Holland a de ce fait pris la responsabilité des parties essentielles du projet général Wikileaks. Les règles et procédures documentées dans le contrat du chef de projet ont été mises en œuvre déjà début 2010. Les objectifs du projet 04 comme sous-ensemble des « activités Wikileaks » sont définis de la façon suivante. » – dit le rapport d’activité de la Wau Holland. [10]

Certes, ce rapport n’est pas l’original du contrat de Julian Assange et il est difficile d’analyser sa relation juridique face à la Wau Holland Stiftung sans avoir accès à ce document. Nous serons donc obligés de compléter ce rapport avec le modèle de contrat-projet que la Wau Holland signe avec ses chefs de projet en général et qu’elle a publié sur son site pour l’année 2012. Nous reviendrons encore sur la question pourquoi ce contrat a une importance dans la procédure d’extradition pour laquelle Julian Assange est emprisonné aujourd’hui, en 2020. Mais ce qui est clair d’emblée dans ce texte est que la fondation Wau Holland s’assigne elle-même la responsabilité des parties essentielles du projet Wikileaks. La notion de responsabilité n’est pas neutre dans le code civil. En Allemagne comme en France l’employeur est pénalement responsable s’il demande à son salarié des actions répréhensibles pénalement comme fournir des produits défectueux par exemple. La « fausse indépendance » qui tend à diluer les responsabilités des deux parties inégales a aussi déjà été discutée dans la société allemande.[11] La question « qui est pénalement responsable pour Wikileaks » est la clé de la procédure d’extradition qui se déroule aujourd’hui. Si Julian Assange n’est pas pénalement responsable pour les publications pour lesquels il était le chef de projet certes, mais exécutant un contrat de travail, d’autres personnes, les vrais responsables selon la Loi, devraient être inculpés à sa place. Par ailleurs, il convient de souligner que ce contrat, qu’il soit « d’ouvrage ou de services », aurait pu le libérer de la résidence surveillée si ses avocats avaient fait valoir son existence auprès de la cour de justice britannique afin de changer le régime de détention provisoire de Julian Assange. En attente de son procès d’extradition par mandat d’arrêt européen, il aurait pu comparaitre libre comme le font la plupart des Polonais et autres est-européen qui ont partagé les listes d’extradition du tribunal avec lui, et pour lesquels leurs avocats se sont réellement battus[12].

Julian Assange, un exécutant sans pouvoir du projet 04 Wikileaks de la Wau Holland Stiftung

Le rapport d’activités détaille les « objectifs » du projet Wikileaks ce qui nous permet d’analyser en détail la façon dont le projet est réalisé.

Son décrits :

2 .1 « La gestion d’une plateforme interne. Le développement et la gestion d’une plateforme dédiée globale qui donne des possibilités techniques de publications des documents des « Whistleblowers » et donc la réalisations de la liberté d’expression selon les statuts de la Wau Holland ».[13]

Portail ou plateforme ? « Portal oder Platform» en Allemand. Ce n’est juridiquement absolument pas la même chose. Dans une plateforme les personnes exposant leurs produits et services restent propriétaires de leurs produits et services[14]. Or, dans le projet Wikileaks, les « whistleblowers » qui ont envoyé leur documents perdent la maitrise de leurs documents. La question « à qui appartiennent les documents publiés sur Wikileaks » n’est pas anodine car elle implique toujours la question de la responsabilité juridique, donc pénale. Les lanceurs d’alerte perdant le contrôle de leurs documents une fois que « Wikileaks » les réceptionne, il est clair selon moi que « le projet 04 Wikileaks » est un portail et non une plateforme.

2.2 « La réception, la vérification, la publication des documents déposés ou transmis (aussi bien par le traitement journalistique et les recherches nécessaires».[15].

2.3 . Un travail de relations publiques autour de la plateforme pour promouvoir (exécuter) les préoccupations premières de la fondation, la liberté de l’information »[16].

Ces trois premiers objectifs du projet sont bien décrits comme participant à la réalisation des objectifs statutaires de la fondation. Cette description dit en quelques phrases la totalité du travail sur « Wikileaks ». Ce n’est donc pas un « sous ensemble » du projet que la fondation dirige mais bien l’ensemble de l’activité 04. La direction de la fondation le confirme ici dans ce qui est le bilan annuel officiel déposé aux autorités de tutelles de la fondation du Land Hesse. La « Description des rôles et stratégie » est encore plus claire :

« En ce qui concerne les mesures stratégiques et tactiques nécessaires pour atteindre ces objectifs, il a été laissé à Monsieur Assange dans les conditions-cadres et description des objectifs définis (1.1, 1.2, 1.3 du contrat de M. Assange) une liberté de décision sur les détails de l’implémentation selon l’article 2.1 du contrat. Il a été décidé que ces activités qui sont financées directement par la fondation, seront présentées au public sous le nom de « Wikileaks » afin de profiter du nom déjà introduit pour les campagnes de dons »[17].

Nous pouvons tirer plusieurs conclusions de ces deux phrases. D’une part, la fondation laisse à monsieur Julian Assange la liberté de décision sur les détails dans le cadre de l’implémentation du projet, uniquement afin de réussir la tactique pensée par la fondation pour la réussite du projet. C’est l’autonomie d’action quotidienne dont bénéficient les cadres des entreprises capitalistes de notre époque, notamment les chefs de projet dans l’implémentation des projets informatiques. Mais la fondation souligne elle – même qu’il s’agit de « détails ». Il n’est pas question ici pour Monsieur Assange de changer la stratégie, la tactique de la réalisation du projet et il n’est pas non plus question d’un « copyright » pour lui, d’une propriété du concept, comme l’exigerait pourtant un « Werkvertrag », un « contrat d’ouvrage » selon le droit allemand.

La deuxième partie du point « description des rôles et stratégie » (des rôles de chacun, donc du rôle de Julian Assange d’une part et de la fondation d’autre part) décide que le public ne devra connaitre que le nom « Wikileaks » car il y est habitué du fait des campagnes de récoltes de dons et qu’il s’agit d’une décision guidée par l’efficacité de ces campagnes sous ce nom. Dans la description de son rôle, la fondation a décidé de ne pas apparaitre publiquement mais de mettre en avant « Wikileaks ». L’effacement de la fondation a été tellement efficace que depuis 10 ans le public est persuadé que « Wikileaks » est une association non-gouvernementale, une structure indépendante dont le président est Julian Assange. Or, la fondation n’a pas crée de structure juridique autonome pour le projet 04 Wikileaks et Julian Assange, est, selon le document, le réalisateur du projet de la fondation et non le propriétaire de la marque Wikileaks ou le président d’une ONG au tel nom.

Là où le bât blesse est que les donateurs sont persuadés de verser de l’argent directement à Julian Assange, sur la foi de ses conférences, après avoir entendu ses discours et vu son visage. Verraient-ils les visages de Winfried Motzkus, président de la fondation Wau Holland en 2011 ou Andy Müller Maguhn, président en 2020, qu’ils ne réagiraient peut-être pas de manière aussi enthousiaste et demanderaient alors des comptes à la fondation Wau Holland. La question de l’éthique d’une fondation allemande qui porte haut l’objectif de la transparence de l’information est posée, surtout que la Wau Holland Stiftung continue en 2019 et 2020 à récolter l’argent sur le nom de Julian Assange, alors qu’il est quasiment certain que de là ou il est emprisonné il n’en voit pas la couleur et ne décide pas de son emploi. La récolte de l’argent pour un but opaque au nom d’une bonne cause et sans fournir de comptes transparents peut être considérée ici en Europe par les citoyens comme une escroquerie financière.

Nous ne pouvons pas lire les points 1.1 ; 1.2 et 2.3 ainsi que l’article 2.1 du contrat de Julian Assange avec la Wau Holland qui posent les conditions de l’exécution de son travail car ce document n’a pas été publié. Evidemment il s’agit d’un contrat personnel d’une personne privée et si la fondation doit légalement rendre public son rapport annuel, elle n’est pas obligée de publier les contrats de travail. Cependant, selon les dires de ses avocats, Julian Assange n’a plus accès à des documents personnels, volés ou perdus lors de son arrestation le 11 avril 2019. Julian Assange est dans une situation dramatique, emprisonné comme un otage sans avoir accès à ses affaires personnelles et ses documents. La fondation Wau Holland, si elle agissait de façon juste et honnête, devrait donc lui rendre un exemplaire de ce document, le publier ou le remettre aux associations des droits de l’hommes comme Wikijustice Julian Assange présente aux 19 comparutions de Julian Assange à la cour depuis septembre 2019. Ayant été présente et ayant l’intention de retourner au procès je promets de tout faire afin d’obliger la cour à verser ce document essentiel dans le dossier de Julian Assange.

Ce document est essentiel car il contient la description de la responsabilité juridique qu’il partage avec le donneur d’ordre, la fondation Wau Holland. La façon dont cette responsabilité est partagée est fixée dans ce contrat signé le 21.12. 2010. Cependant, si nous nous fions au « modèle de contrat entre la WHS et le(s) chef/s de projet », contrat que la Wau Holland établit pour ses autres chefs de projets, dans les points 1.1, 1.2 du contrat, la fondation « charge le chef de projet des tâches suivantes, en accord avec les objectifs statutaires de la fondation, pour l’implémentation desquelles les chefs de projet développent des concepts stratégiques et les fixent par écrit par la Fondation Wau Holland [18]». Donc en règle général les chefs de projet de la Wau Holland Stiftung n’ont qu’une liberté limitée : leurs tâches – la réalisation du projet de la fondation et ce qu’ils y mettent comme idées propres, doivent être approuvés par écrit par la direction de la fondation. Ce n’est pas un contrat de partenariat entre deux associations, ni celui d’un concepteur d’idée avec un financeur, ni même un contrat de travail de cadre dirigeant. Cette description ressemble à celle d’un poste de coordinateur de projet subalterne dans une structure au fonctionnement bureaucratique et tatillon.

Dans l’article 2.2 du modèle de contrat établi pour ses autres chefs de projet, « Directives et conditions cadre », la fondation écrit : « 2.1 Stratégie du projet. Les chefs de projets sont libres dans la mise en œuvre de certaines tâches : ils informent la fondation Wau Holland à l’avance des changements programmés d’activités et des mesures. La modification de la direction du projet, qui serait proposée en cours de projet par les chefs de projets doit être acceptée par la fondation Wau Holland et inclut dans le contrat de projet sous forme écrite »[19]. La fondation fixe ici sa propriété de la finalité du projet. Elle est le décisionnaire exclusif puisque les modifications doivent être renégociées et les contrats resignés avec elle. Même pour les tâches pour lesquels les chefs de projets bénéficient de leur autonomie de décision, s’ils changent leur programme, ils doivent en informer la direction de la fondation à l’avance. Selon mon appréciation, du fait de 15 d’expérience de travail dans le secteur associatif européen et 5 ans de travail en tant que commerciale en SSII, ce document porte tous les signes d’un contrat de travail avec une faible autonomie et une forte subordination à la structure porteuse du projet et propriétaire de son concept.

« Finanzierung » – « Financement  »  : les choses suivantes sont financées par la fondation dans le projet 04 tant que les dons sont à disposition »[20] : « L’infrastructure, (hard et software), développement de logiciels et de processus opérationnels, remboursements selon les conditions cadres. Le paiement du chef de projet et des autres personnes aidant la fondation. Les coûts de chaque campagne et levée de fonds, le conseil juridiques (ceci n’inclut PAS les frais d’avocats de Julian Assange pour cause de mandat d’arrêt suédois). Les coûts de la structures et les coûts qui résultent de la croissance du projet. Les frais courant comme la location de bureaux et leur fournitures. L’arrivée de dons a été réduit en 2011 de 90% suite au blocage des moyens de paiement par Paypal, Visa, Mastercard comme conséquences de la publication des cables »[21].

Il est bien indiqué que la fondation paye les frais de développement des logiciels. Elle finance donc des informaticiens dédiés car les logiciels ne se développent pas tout seuls. De même elle fixe que le chef de projet et les collaborateurs du projet seront payés, le montant sera mentionné plus loin dans le rapport. Le rapport est suffisamment précis pour bien souligner que les problèmes de poursuites judiciaires de Julian Assange ne sont pas pris en charge par la fondation. Il doit payer ses avocats avec ses émoluments tout en travaillant sur le projet. Si la somme n’est pas suffisante, c’est tant pis pour lui. L’écrivain Andrew O’Hagan a rendu compte de l’état de stress dans lequel Julian Assange travaillait tout au long de l’année 2011[22]. Ceci est en lien avec son statut de prisonnier, mais doit aussi avoir un lien avec la nécessité de remplir ses obligations contractuelles avec la Wau Holland Stiftung. Sa vulnérabilité sociale réelle était en 2011 dissimulée aux yeux du public sous sa notoriété médiatique mais elle éclate aujourd’hui car sa situation actuelle n’est que la conséquences des événements de 2010 et 2011.

« 2.6. Le contrôle. Au chef de projet incombe l’obligation d’un rapport régulier qui d’abord prend la forme de communications cryptées, (chat) qui sera approfondie par des rencontres personnelles régulières. A la fondation incombe la vérification des factures qui lui sont soumises et qui déjà dans les règles ont été autorisées par le chef de projet ».[23]

Contrairement à un vrai contrat de prestation « Dienstleistungvertrag », ou un « contrat d’ouvrage », « Werkvertrag », dans lesquels le produit ou le service est vérifié comme conforme par le donneur d’ordre à sa livraison, Julian Assange dans son travail de chef de projet est soumis à un contrôle régulier par la fondation Wau Holland. Il doit exécuter un reporting par des chats et par des rencontres physiques avec des représentants de la fondation. Il peut autoriser les dépenses inhérentes au projet mais ses décisions doivent être soumises à la fondation et validées par elle. Selon moi et à la lecture du rapport d’activité 2011 de la Wau Holland Stiftung, il a donc l’autonomie d’un exécutant de projet salarié et pas d’un prestataire de service qui peut utiliser son budget selon son bon vouloir à condition de livrer le produit à terme échu.

Le châpitre 3 du rapport d’activité de 2011 de la fondation Wau Holland est prolixe sur les « preuves du contrôle réel » de l’exécution du projet. « Julian Assange et les autres personnels aidant du projet en accord avec le contrat de projet signé sont dans l’obligation de réaliser les activités pour ainsi respecter les conditions cadres prévues dans l’article 2 du contrat. Le Conseil d’Administration exerce son contrôle par la vérification individuelle des tâches dans le cadres de leur réception tant dans la forme que sur le fond. Le travail courant du Conseil d’Administration de la Fondation Wau Holland touchant cette question sera décidé dans des conférences téléphoniques hebdomadaires. Les membres du Conseil d’Administration communiquent entre temps avec le personnel aidant au sujet des étapes du travail et de sa réception par les moyens de communications comme chat, Jabber et téléphone. Il est ainsi garanti que seul les travaux du projet déjà décidés seront financés. Les factures transmises à la fondation Wau Holland pour des remboursements de frais ou la procédure de remboursement des dépenses sera adaptée par les rapports en cours de projets ou acceptée après discussions verbalement. En cas de nécessité d’explication, cette nécessité sera indiquée sur la facture. Chaque facture porte un signe personnel du membre du conseil d’administration qui a effectué l’acceptation en concertation ».[24]

Concrètement Julian Assange est tenu de réaliser le projet coûte que coûte. Qu’arriverait-il s’il ne le peut pas, le rapport est muet à ce sujet. Selon les conseils juridiques données aux « free lancers » allemands, « un contrat d’ouvrage », « Werkvertrag », doit comporter une clause qui donne une porte de sortie au prestataire face au pouvoir du donneur d’ordre de résilier le contrat à tout moment. Julian Assange avait-il la liberté de se dégager des obligations qu’il avait engagées face à la Wau Holland Stiftung ?

Puisqu’il n’habite pas en Allemagne et ne possède pas de carte de séjour dans l’UE en 2011, la Wau Holland ne peut pas exiger la réalisation d’un contrat légal alors qu’il n’est physiquement pas sur le sol allemand. La directive européenne de détachement s’applique aux salariés, la directive de liberté des services dite directive Bolkestein permet aux entreprises d’un pays de l’UE d’agir dans un autre pays de l’UE, mais Julian Assange, en 2011 est gérant de Sunshine Press Production, une entreprise islandaise, pays hors Union Européenne. En outre il signe le contrat de projet avec la Wau Holland en tant que particulier et pas en tant que dirigeant de cette entreprise. Le « Contrat modèle » de la fondation de 2012 montre que la fondation ne fait pas de cadeaux à ses autres chefs de projets : « Au cas où le chef de projet serait empêché par des conditions extérieures d’exercer son rôle, la direction du projet sera confié par la Fondation Wau Holland à une autre personne et un nouveau contrat projet établi ».La fondation se donne le droit absolu de licencier son chef de projet et de le remplacer[25]. Le droit du travail allemand et la législation européenne protégeant les travailleurs semblent bien avoir été violés par la fondation Wau Holland vis-à-vis de son prestataire ou salarié l’Australien Julian Assange.

Quant au processus de contrôle, il est continu, détaillé, tatillon. Tout d’abord, Julian Assange est contrôlé « sur la forme et sur le fond » dans la réalisation du projet. D’habitude, dans le secteur associatif, lorsqu’une structure collabore avec une personne qui a une certaine notoriété dans son milieu, qui est porteuse d’un savoir-faire, il est d’usage de lui laisser la liberté d’organiser ses équipes et son travail, éventuellement d’organiser des comités de pilotage ou sont présentés les avancements du travail et qui servent d’instance de contrôle. Ici la fondation Wau Holland affirme vouloir contrôler la façon de travailler de son collaborateur, ce qui amène autant de preuve que son collaborateur est un salarié. Le Conseil d’Administration contrôle donc son travail une fois par semaine au téléphone et se donne aussi le droit de communiquer régulièrement par messagerie et téléphone avec les membres de l’équipe que gère Julian Assange pour s’assurer que « seul le travail décidé en amont sera financé ». Drôle de partenariat associatif ou aucune confiance n’est de mise entre des partenaires visiblement très inégaux.

Le contrôle des factures par la fondation allemande tourne presque à l’obsession dans ce châpitre du rapport– le budget prévisionnel est établi en amont par la fondation, chaque facture doit être approuvée par le chef de projet Julian Assange puis présentée au responsable de la fondation délégué pour le projet. Si Julian Assange dévie du budget prévisionnel, ce qui arrive TOUJOURS pour qui a géré des projets associatifs internationaux complexes, il doit s’en expliquer à l’avance. La nécessaire explication est annotée sur la facture avec le nom du membre de la fondation qui aurait accepté la dépense. Visiblement Julian Assange n’a pas la maitrise du budget de son projet. Un chef de projet ayant la responsabilité de son budget participe à l’élaboration du budget prévisionnel afin d’être certain de disposer des moyens de réaliser son œuvre, engage des équipes lui-même ou participe aux entretiens d’embauche menée par la structure donneur d’ordre, engage des frais sur la base du budget prévisionnel, signe les contrats avec les fournisseurs, dispose de moyens de paiements et paye lui-même des dépenses courantes comme les frais de bureaux et de fournitures. En cas de dépassement du budget il doit évidemment en référer aux financeurs, mais il n’est pas contrôlé au jour le jour pour ses dépenses courantes. Selon ce document, Julian Assange est au sein de la Fondation Wau Holland un exécutant de projet sans pouvoir décisionnaire. Il ne devrait donc ni porter la responsabilité de l’échec ni de la réalisation du projet 04 Wikileaks.


[1] « Im Jahr 2011 wurden neben Projekt 04 « WikiLeaks » die Projekte TOR und « Chaos macht Schule » von der WHS unterstützt », page 1, Jahresbericht 2011. https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[2] Conférence de Andreas Lehner au Chaos Computer Congress de 2007 sur TOR. https://media.ccc.de/v/24c3-2382-de-tor#t=4188

[3] Page 1, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[4] Hilfspersonenvertrag und Beschreibung des Projekts 04. Am 21.12.2010 wurde zwischen der Stiftung und Julian Assange, dem Projektleiter des WHSProjekts 04 « WikiLeaks », ein Projektvertrag geschlossen. Dieser Projektvertrag definiert die Ziele, Aufgaben und Regeln, die Herr Assange im Stiftungsprojekt 04 und im Rahmen seines Projekts « WikiLeaks » realisieren soll. Inhaltlich festgelegt wurden diese Rahmenbedingungen zuvor in zahlreichen Gesprächen seit dem ersten Kontakt Ende 2008. Im August 2009 wurde das Projekt 04 eingerichtet und mit der Spendenakquisition begonnen. Die WHS übernahm damit die Verantwortung für wesentliche Projektteile des Gesamtprojekts Wikileaks. Die im Projektleitervertrag dokumentierten Regeln und Prozeduren wurden bereits seit Anfang 2010 angewandt Die Ziele von Projekt 04 als Teilmenge der gesamten « WikiLeaks »-Aktivitäten wurden folgendermaßen definiert : », page 1, Jahresbericht, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[5] Op.cit., page 1, , Jahresbericht, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[6] http://www.der-vereinsmanager.info/index.php/beitrag-anzeige/hilfspersonen-und-gemeinnuetzigkeit.html

https://dejure.org/gesetze/AO/57.html

[7] https://www.freelancermap.de/blog/dienstleistungsvertrag-fuer-freelancer-das-muss-rein/

[8] https://www.firma.de/unternehmensfuehrung/was-ist-ein-werkvertrag-definition-und-erklaerung/

https://www.gesetze-im-internet.de/bgb/__631.html

https://www.gesetze-im-internet.de/bgb/__611.html

[9] « Der Grad der persönlichen Abhängigkeit hängt dabei auch von der Eigenart der jeweiligen Tätigkeit ab. Für die Feststellung, ob ein Arbeitsvertrag vorliegt, ist eine Gesamtbetrachtung aller Umstände vorzunehmen. Zeigt die tatsächliche Durchführung des Vertragsverhältnisses, dass es sich um ein Arbeitsverhältnis handelt, kommt es auf die Bezeichnung im Vertrag nicht an. » , article 611a du Code civil,

https://www.gesetze-im-internet.de/bgb/__611a.html

[10] « Dieser Projektvertrag definiert die Ziele, Aufgaben und Regeln, die Herr Assange im Stiftungsprojekt 04 und im Rahmen seines Projekts « WikiLeaks » realisieren soll. Inhaltlich festgelegt wurden diese Rahmenbedingungen zuvor in zahlreichen Gesprächen seit dem ersten Kontakt Ende 2008. Im August 2009 wurde das Projekt 04 eingerichtet und mit der Spendenakquisition begonnen. Die WHS übernahm damit die Verantwortung für wesentliche Projektteile des Gesamtprojekts Wikileaks. Die im Projektleitervertrag dokumentierten Regeln und Prozeduren wurden bereits seit Anfang 2010 angewandt Die Ziele von Projekt 04 als Teilmenge der gesamten « WikiLeaks »-Aktivitäten wurden folgendermaßen definiert: », page 1, Jahresbericht 2011, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[11] https://www.benjamin-lanz.de/2017/03/20/arbeitgeber-und-strafrechtliche-verantwortung-das-vorenthalten-von-arbeitsentgelt-266a-stgb/

[12] https://www.youtube.com/watch?v=PMtE6CPED2I; discours de Julian Assange le 24 février 2011

[13] « 2.1Betrieb einer Internetplattform Entwicklung und Betrieb einer geeigneten globalen Plattform für die uneinschränkbare technische Realisierung zur Veröffentlichung der Materialien von Whistleblowern, um damit die Informationsfreiheit im Sinne der Satzung der WHS zu fördern », op.cit, page 2 Jahresbericht 2011, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[14] https://www.saadrachid.net/actualites/plateforme-vs-portail-web/

[15] « 2.2 Eingereichte Informationen .Entgegennahme, Prüfung und Publikation der eingereichten bzw. zugeleiteten Informationen (sowohl durch journalistische Aufbereitung als auch notwendige Recherche) ». op.cit, Jahresbericht 2011,  https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[16] « 2.3 Öffentlichkeitsarbeit. Öffentlichkeitsarbeit für die Plattform, um das primäre Anliegen der Stiftung, die Informationsfreiheit, zu fördern », op.cit, Jahresbericht 2011,  https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[17] « 2.4 Rollenbeschreibung und Strategie.Bei den notwendigen strategischen und taktischen Maßnahmen zur Erreichung dieser Ziele wurde Herrn Assange innerhalb der vereinbarten Rahmenbedingungen und Zielbeschreibungen (1.1, 1.2, 1.3 des Vertrags mit Herrn Assange) Entscheidungsfreiheit eingeräumt über die Einzelheiten der Umsetzung gemäß 2.1 des Vertrags. Es wurde beschlossen, dass auch diejenigen Aktivitäten, die direkt von der Stiftung finanziert werden, in der Öffentlichkeit unter dem Namen « WikiLeaks » dargestellt werden, um den bereits eingeführten Namen für die Spendenakquisition nutzen zu können ». op.cit, Jahresbericht 2011,

https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[18] « Gemäss den Stiftungszielen in den Statuten der WHS beauftragt die WHS die oben genannten Projektleiter mit folgenden Aufgaben, zu denen die Projektleiter strategische Konzepte zur Umsetzung entwickeln und von der WHS schriftlich freigeben lassen », Modèle de contrat projet, 22 mars 2012,

https://www.wauland.de/media/2012-03-22_Projektauftrag-Template_v1.pdf

[19] « Vorgaben und Rahmenbedingungen.  2.1 Projektstrategie. Die Projektleiter sind frei in der Umsetzung der abgestimmten Aufgaben; sie informieren die WHS aber jeweils vorab über die geplanten Massnahmen und Aktivitäten.. Änderungen in der Projekt-Ausrichtung, die von den Projektleitern im Laufe des Projektes vorgeschlagen Die Projektleiter sind frei in der Umsetzung der abgestimmten Aufgaben; sie informieren die WHS aber jeweils vorab über die geplanten Massnahmen und Aktivitäten.. Änderungen in der werden, müssen durch die WHS freigegeben und diesem Projektvertrag in schriftlicher Form beigefügt werden »., op.cit. page 1,

https://www.wauland.de/media/2012-03-22_Projektauftrag-Template_v1.pdf

[20] « 2.5 Finanzierung.  Folgende Dinge werden durch die Stiftung im Projekt 04 finanziert, solange zweckgebundene Spenden verfügbar sind: • Infrastruktur (Hard- und Software) sowie Entwicklung von Software und Arbeitsabläufen. • Auslagenerstattung im Rahmen des Projekts. • Bezahlung des Projektleiters und weiterer Hilfspersonen der Stiftung.. • Kosten von im Einzelfall vereinbarten Kampagnen und Fundraisingaktionen. • Rechtsberatungskosten (dazu gehören NICHT Anwaltskosten für Julian Assange wegen des schwedischen Auslieferungsantrags). • Strukturkosten und Kosten, die aus dem Wachstum des Projekts resultieren. • Übliche laufende Kosten wie z.B. Miete von Büroräumen und Ausrüstung. Das Spendenaufkommen in 2011 ist gegenüber 2010 um 90% eingebrochen auf Grund der Blockade der Zahlungswege über PayPal, VISA und Mastercard als Folge der Veröffentlichung der « cables » », Jahresbericht 2011, page 2, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[21] https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf, page 2

[22] https://www.lrb.co.uk/v36/n05/andrew-ohagan/ghosting

[23] « 2.6 Kontrolle .Dem Projektleiter obliegt eine regelmäßige Berichtspflicht, die primär in Form von verschlüsselter Internetkommunikation (Chat) wahrgenommen und durch regelmäßige persönliche Treffen vertieft wird. Der Stiftung obliegt die Prüfung der eingereichten Rechnungen, die in der Regel bereits vom Projektleiter autorisiert wurden », page 2, Jahresbericht 2011, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[24] « 3 Nachweis der tatsächlichen Kontrollausübung  Julian Assange und die weiteren Hilfspersonen des Projektes sind gemäß des geschlossenen Projektvertrages verpflichtet, die vereinbarten Tätigkeiten auszuführen und dabei die unter Punkt 2 des Vertrags vereinbarten Rahmenbedingungen einzuhalten.

Der Vorstand übt seine Kontrolle durch die individuelle Prüfung der Tätigkeiten im Rahmen der inhaltlichen und formellen Abnahme aus. Die diesbezüglich laufende Arbeit des WHS-Vorstands wird in wöchentlichen Telefonkonferenzen abgestimmt.

 Die Vorstandsmitglieder kommunizieren zwischendurch mit den Hilfspersonen über die laufenden Arbeitsschritte bzw. deren Abnahme über elektronische Kommunikationsmittel wie Chat, Jabber und Telefon. Dadurch wird sichergestellt, dass nur diejenigen Arbeiten des Projekts finanziert werden, die vereinbart worden sind.

 Die der WHS zugegangenen Rechnungen über Aufwandsentschädigungen bzw. die Erstattung von Auslagen werden jeweils mit den vorliegenden Berichten abgeglichen oder nach mündlicher Rücksprache freigegeben. Im Falle weiteren Klärungsbedarfs wurde dies auf der Rechnung entsprechend zur Klärung vermerkt. Jede Rechnung trägt einen persönlichen Kontrollvermerk des Vorstandsmitglieds, das die Freigabe in Abstimmung durchgeführt hat. », page 3, Jahresbericht 2011, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[25] « Für den Fall, dass die Projektleiter durch äussere Umstände behindert sind, ihre Rolle auszuüben, wird die Projektleitung durch die WHS an andere Personen delegiert und ein neuer Projektvertrag geschlossen », page ,

https://www.wauland.de/media/2012-03-22_Projektauftrag-Template_v1.pdf

Andy Müller-Maguhn comme véritable directeur du projet « Wikileaks »

« En 2011 Andy Müller-Maguhn a agit comme délégué du Conseil d’Administration chargé d’examiner les développements et les détails sur place.  Il a réalisé plusieurs voyages (voir la documentation de voyage) et a rendu compte au Conseil d’Administration par des entretiens téléphoniques et des conversations personnelles. Fin juillet 2011 la Fondation Wau Holland a tenu une réunion de conseil d’administration à laquelle tout les membres du CA ont participé de même que Andy Muller Maguhn pour examiner l’état du projet « Wikileaks » et ses besoins à l’avenir. Il a été ici question de l’amélioration des procédures dans la collaboration avec toutes les personnes participant au projet »[1].

La page 6 du rapport nous apprends à quelles dates et pour quelles raisons Andy Müller Maguhn se rend en 2011 à Ellingham Hall ou il est reçu par le propriétaire des lieux Vaughan Smith, garant de Julian Assange dans le cadre de sa résidence surveillée en détention provisoire. En janvier 2011 le délégué du CA de la fondation Wau Holland Andy Müller Maguhn vient pour « une discussion avec un responsable de secteur du Spiegel comme partenaire médias allemand au sujet des publications prévues »[2]. Il effectue « une visite de la situation locale du travail et décide de l’activité d’autres personnes aidantes »[3]. En mai 2011 il mène « une discussion au sujet d’un nouveau système de soumission des documents pour un enregistrement mondial anonyme des documents »[4](…). Il a « une rencontre personnelle dans la phase d’adaptation avec la nouvelle cheffe de projet »[5]. En juillet 2011 il effectue « une visite d’une soirée de fundraising décidée par le CA »[6]. Il mène « des négociations avec les partenaires médias » et conclut « des accords au sujet des objectifs et des procédures qui seront évoquées dans le point 4.4 au moment de la publication des « Spy files »[7].

En août 2011 Andy Müller Maguhn mène des « négociations d’étapes au sujet des travaux des « Spy Files »[8] et une conversation décisionnaire avec le partenaires médias Spiegel pour les autres publications »[9]. Enfin, du 21 au 24 octobre il revient avec deux autres membres du Conseil d’Administration, Klaus Schleisiek et Bernd Fix pour « une réunion de travail à Londres avec les partenaires médias pour les Spy Files. Les remboursements de factures sont clarifiés avec le personnel aidant à Elligham Hall ».[10] Bernd Fix membre du CA participe à une conférence de presse au Frontline Club au sujet du procès contre le blocage bancaire[11]. Enfin le 21 novembre 2011 Andy Müller Maguhn mène une « réunion de travail juste avant la publication des Spy Files avec les partenaires médias »[12] .

Nous ne pouvons déduire de ce rapport comment le délégué du CA de la fondation Wau Holland contrôle le travail du chef de projet du projet 04 « Wikileaks » Julian Assange sur les autres publications, mais il apparait ici agissant comme un rédacteur en chef en ce qui concerne la publication « Spy Files ». De plus, il parait être le négociateur principal ou même unique avec les médias partenaires et parait décisionnaire sur l’embauche de nouveaux salariés comme la nouvelle cheffe de projet dont le nom reste caché. Pendant ce temps, fin novembre 2011, Julian Assange a perdu tous ses procès en appel et doit faire recours à la Cour Suprême britannique contre l’extradition vers la Suède. Le 1 décembre 2011 lors de la conférence de presse de lancement de la publication des « Spy files», il est en attente de savoir si son recours sera accepté par la Cour[13]. Il perdra aussi ce procès le 13 juin 2012.

Les relations concrète du délégué du CA Andy Müller Maguhn et du « chef de projet » de la Wau Holland Julian Assange sur le projet 04 « Wikileaks » restent flous dans le rapport d’activité de la fondation, mais le document nous livre un descriptif de ce qui a été fait  sous le titre : « Inhaltliche Ausrichtung und Veröffentlichungen »- «La mise en place du contenu et des publications ».

« En 2011 le projet 04 à côté des travaux d’infrastructure a réalisé 2 complexes thématiques d’importance publique »[14]. Les travaux d’infrastructures consistent en construction de serveurs pour centraliser et pouvoir faire utiliser les documents par les partenaires médias. Les documents bruts ont été visionnés, puis des recherches ont été menées par les journalistes pour les présenter sous forme de récits dans un contexte. La publication anonymisée des documents a été synchronisée avec les publications des médias partenaires. « Par ce traitement, la vérification, la contextualisations et la sécurisation des personnes citées dans les publication a été garanties »[15]. Tout au long de l’année les publications portent sur les pays suivants : Brésil, Sri Lanka, Grande Bretagne, Suède, USA, Guatemala, Colombien, Equateur, Egypte, Jordanie, Yemen, Thailande, Inde. La publication du 2 février 2011  dévoile le projet des USA de destruction (« Zersetzungsplans ») de Wikileaks. Le 25 avril 2011 a lieu la publication des « Guantanamo Files » et le 1 décembre 2011 des « Spy Files », les documents de surveillance des télécommunications.

Le rapport présente la réalisation de chaque activité. En comparant avec le tableau de la page 6 ou les activités sont chiffrées, il est possible de voir à quoi a été dépensé l’argent des donateurs pour le projet 04 « Wikileaks ».

« Darstellung der Tätigkeitsbereiche im Projekt 04 » – « Présentation des champs d’activité du projet 04 ».

« 5.1 Verwaltung ». « La gestion ». « Ce sont les frais de gestion du côté de la fondation : comptabilité, conseil juridique et frais de voyages des membres du CA et des délégués pour la surveillance du projet. La gestion courante des affaires (tenue des dossiers, gestion des paiements, relations bancaires) est effectuée bénévolement par les membres du Conseil d’Administration. [16]» La somme est de 24 256 Euros. Elle comporte les 6 voyages de Andy Müller Maguhn et le voyage de Klaus Scheisiek et Bernd Fix en Angleterre. Cette description montre que le Conseil d’Administration possède les moyens de paiements, et donc paye probablement les salaires ou émoluments des salariés du projet, quel que soit le contrat sous lequel ils agissent.

5.2« Projektleitung » – « la direction du projet ». « Le gestion du projet quant à son contenu incombe à Julian Assange selon le point 2 du contrat signé avec lui. Lui incombe aussi la réception des activités en ce qui concerne le fond »[17]. Julian Assange est donc responsable du contenu des publication, mais pas de certains aspects touchant l’organisation du projet. Selon les passages du documents analysés plus haut, il ne serait pas responsable du budget et de l’embauche des collaborateurs. Pour ce faire Julian Assange est, selon la grille figurant page 6, payé 72 000 Euros par an, soit 6000 Euros par mois. Cette rémunération parait confortable, mais rien n’est dit sur le paiement de cotisations sociales, assurance maladie, retraite et assurance chômage. Selon les lois de l’Union Européenne, Julian Assange travaille pour une entreprise allemande en séjournant en Grande Bretagne. Son statut serait donc celui d’un travailleur détaché pour une entreprise allemande.

Dans ce cadre la fondation doit payer les cotisations dans une caisse de sécurité sociale allemande. Elle doit donc pour ce faire établir pour Julian Assange une carte de séjour en Allemagne, ou utiliser celle qu’il a déjà en séjournant dans l’espace de l’UE, quel que soit le pays. Si la fondation ne s’assure pas que son salarié ou son prestataire étranger possède cette carte de séjour dans l’UE, il est simplement sans papier mais le paiement de cotisations par la fondation est dû quand même, après régularisation du salarié vis-à-vis des autorités administratives, après un procès au tribunal du travail ou après une intervention de l’inspection du travail et ou des syndicats. Il est utile de rappeler ici que l’emploi de sans papiers sans payer leurs cotisations est illégal dans le droit allemand et dans la législation de l’UE. Cette pratique illégale est dénoncée et combattue par les syndicats en Europe comme du travail dissimulé, l’exploitation éhontée de travailleurs vulnérables, parfois aussi c’est une pratique proche de l’esclavage. L’inspection du travail allemande devrait être saisie pour établir la responsabilité de la fondation Wau Holland dans la situation de Julian Assange en tant que travailleur étranger non déclaré et dont les droits n’ont pas été respectés.

« 5.3 Planung » – «  Planification ». Ce terme englobe l’organisation des rencontres, la tenue de l’agenda et la coordination du programme des différents acteurs du projet en lien avec l’avancement du projet. C’est l’assistanat de direction pour lequel la somme de 40 800 Euros est citée. Cette somme peut servir à rémunérer largement un poste à environ 2000 à 3000 Euros par mois[18].

« 5.4 Logistik – logistique ». Ce terme recouvre : « l’organisation des réunion et des conférences, l’infrastructure pour les activités du projet, l’organisation des voyages, la coordination et le suivie des collaborateurs bénévoles. Dans le terme logistique, la fondation a inclut les voyages de ses délégués pour la réception des étapes du travail »[19]. Ce terme peut recouvrir donc les aspects de l’organisation évènementielle (conférences de presse) qui est très important dans le projet éditorial de « Wikileaks ». Le suivi des équipes de bénévoles peut être un poste d’encadrement à plein temps comme dans les grandes ONG. Quand aux voyages du délégué du CA en Angleterre, ils ont déjà été évoqués dans le point « gestion » mais il est possible qu’ils étaient plus nombreux afin de mieux contrôler les « étapes du travail »(« Arbeitschritte »). Avec la somme de 87 000 par an, il est possible de salarier deux personnes à des salaires de 2500 Euros net par mois tout en payant des cotisations sociales de l’ordre de 40% du salaire en plus.

« 5.5 Software » – « logiciels ». « Pour la réalisation des objectifs du projet en 2011 divers développeurs ont crée des composants pour la réception, la visualisation interne et la publication des documents. La plupart de ces activités a été bénévoles. En 2011 deux développeurs ont obtenu pour cela des indemnités »[20]. Le travail des développeurs a été donc rémunéré à hauteur de 26 000 Euros, soit 13 000 Euros chacun.

« 5.6 Recherche ». « Pour la vérification de l’authenticité et de l’importance des documents ont été employées 3 personnes en 2011, qui ont aussi effectué plusieurs voyages. Pour la compréhension des documents en langue étrangère une personne de plus a été engagée sur cette recherche »[21]. Nous ne savons pas hélas avec quels contrats ces personnes ont été embauchées ni avec quelle langue a travaillé la quatrième personne. La somme allouée de 64 330 Euros ne permet pas de rémunérer des personnes travaillant à plein temps sur un an de 4 personnes avec un salaire correct. On peut supposer que ces postes étaient temporaires ou qu’il s’agissait de postes à  mi-temps. La fondation Wau Holland reste muette sur les contrats de travail qu’elle a établie pour ces personnes. Je suis étonnée que l’inspection de travail allemande n’est pas été saisie pour combler ce flou et vérifier si l’embauche de ces personnes étaient en conformité avec le code du travail allemand et/ou les directives européennes sur le travail.

« 5. 7. Rechtsberatung » – « Conseil juridique ». Deux cabinets d’avocats ont été engagés pour « évaluer l’impact juridique des publications » et pour « sécuriser les accords de collaboration avec les médias partenaires et pour éclaircir les problèmes fiscaux »[22]. Un cabinet est britannique et le deuxième allemand. Le document ne donne hélas pas les noms. La somme importante de 72 000 Euros leur a été versée mais on ne sait pas qui sont les cabinets juridiques récipiendaires qui ont profité de cette manne d’argent du citoyen donateur. Il n’y a pas besoin de répéter ici que les procès en appel de Julian Assange contre la répression qui l’accable ne sont pas pris en charge par le projet 04 « Wikileaks ». Julian Assange n’a que des obligations vis-à-vis de la Wau Holland Stiftung et ne bénéficie même pas de son soutien financier contre la répression dont il est victime alors que les citoyens sont convaincus de lui apporter de l’aide A LUI en versant de l’argent à la Wau Holland. Le travail de Julian Assange pour la Wau Holland est clairement une exploitation du premier par la seconde et un abus de bien social vis-à-vis des donateurs pour le projet « Wikileaks ».

«  5.8 Journalistische Aufbereitung – « Mise en forme journalistique ».

« Pour la mise en forme journalistique, en particulier la mise en contexte des documents et l’explication du contexte historique et des relations, différents journalistes ont été engagés et leurs efforts indemnisés en conséquence. En 2011 en tout 6 journalistes ont été actifs comme « personnel aidant » dans ce domaine »[23]. La somme de 58 578 Euros a été dépensée soit 9763 euros par journaliste. Le document ne précise pas si ce sont des journalistes des médias partenaires qui ont été rémunérés ou de jeunes journalistes travaillant uniquement pour le projet. De même il n’y a aucune indication sur le type de contrat qu’ils ont signé sans parler de leur noms. Pourtant, si l’argent récolté auprès du citoyen sert à verser des salaires à des journalistes qui par la suite font du « storytelling » autour de Wikileaks ou de la personne de Julian Assange, le citoyen est en droit de savoir qui a effectué quelle tâche, pour combien d’Euro et avec quel argent.

« Technische Aufbereitung » – « Préparation technique des documents sur internet »[24]. Il s’agit ici du travail physique de mise en ligne. Il a été effectué par des bénévoles, néanmoins indemnisés à hauteur de 31 000 Euros par an, soit 2583 Euros par mois, somme assez importante pour du bénévolat.

« 5.10 Öffentlichkeitsarbeit » – « travail de relations publiques ». « Le travail de médiatisation a été coordonné, à côté de Julian Assange, par le porte-parole Kristinn Hrafnsson engagé à cet effet. De plus différents documents vidéos, courts métrages et contribution ont été produits. De même sont inclus ici le travail de graphistes, les frais des conférences de presse, et des voyages pour les rencontres presse. Les frais de traductions sont inclus aussi. Dans ce domaine ont travaillé jusqu’à 7 personnes aidantes, certaines temporairement et 3 en contrat de prestation de service »[25]. C’est le poste le plus important. Kristinn Hrafnsson apparait ici dans le rôle de responsable de communication médias que nous lui connaissons aujourd’hui. Avec 10 personnes, même si certaines temporaires, c’est toute une équipe de professionnels qui s’est occupée des outils communication de « Wikileaks ». Kristinn Hrafnsson est actionnaire dirigeant de la Sunshine Press Production, entreprise islandaise qui deviendra le sous-traitant exclusif de la fondation Wau Holland pour le projet 04 Wikileaks en 2014[26] et le restera jusqu’à 2020. Durant cette période Julian Assange ne sera plus apte à diriger cette entreprise dont il est censé être le gérant du fait de son enfermement dans les locaux de l’Equateur et après le 11 avril 2019 dans un lieu inconnu. Il est possible que les contrats de prestations évoqués ici concernent la Sunshine Press Productions et que les 7 personnes engagées le soient via des contrats avec cette entreprise. La somme de 111 574 Euros parait importante, mais divisé par 12 mois, reste un budget de 9297 Euros par mois, confortable mais ne permettant que l’embauche de 2 à 3 personnes de façon stable.

« 5.11 Technische Infrastruktur » – « Infrastructure technique »[27]. Ce terme englobe les installations de serveurs sur lesquels sont sécurisés les documents ainsi que toutes connexions internet. En 2011 les serveurs ont été loués à 3 entreprises pour la somme (assez modique comparée aux autres  dépenses ) de 12 000 Euros .

Dans le point « 5. 12 Allgemeine Infrastruktur », « Infrastructure générale »[28] est mentionné la location de plusieurs bureaux et des locaux de conférences. Il a été nécessaire de sous-traiter l’organisation des conférences de presse à deux entreprises. La somme globale est de 59 933 Euros et elle parait réaliste s’il faut compter les personnes embauchées à plein temps pour le travail quotidien dans un bureau et les coûts de location de salles à Londres. Les rapports d’activité de la Fondation ne mentionnent pas de quelles salles il s’agissait : des locaux du Frontline Club gérés par la Frontline Club Charity Trust, structure britannique subventionnée entre autres par la Open Society Foundation de Georges Soros dont le siège se trouve au 15A Norfolk Place à Londres[29] ou de la résidence Elligham Hall où Julian Assange étaient emprisonné ?

En tout le projet 04 « Wikileaks » de la Wau Holland Stiftung a coûté en 2011 660 522 Euros. Avec les 400 000 Euros dépensés en 2010, la masse de dons récolté en début de projet en juillet 2010 a été épuisée aux deux tiers. On peut estimer le nombre de personnes rémunérées par le projet à entre 11 et 25. Les postes stables seraient le chef de projet, l’assistanat de direction, le secrétariat (2 postes), les prestations informatiques (évaluée à un poste à plein temps au moins), 3 postes de recherche et 3 postes du pôle médias – 11 au minimum. Si on rajoute le paiement de 6 journalistes, les bénévoles défrayés (évalué à 1 plein temps) et en comptant l’ensemble des 7 personnes supplémentaires citées comme travaillant pour le pôle médias, le chiffre de 25 personnes au maximum parait réaliste.

Un demi-million d’Euros reste encore en réserve et les dons continuent à affluer en 2011, selon le document financier de la Wau Holland. Cependant, Julian Assange, tout en restant chef de projet en 2012, ne touchera plus aucune rémunération. Le rapport d’activité de 2012 annonce qu’il a travaillé bénévolement[30]. Il est impossible de comprendre à la lecture de ces documents selon quelle modalités juridiques son « contrat de projet » signé avec la fondation permet de le faire travailler gratuitement. Tout porte à croire que le « travail gratuit sous contrat » est illégal. En droit européen on ne peut forcer quelqu’un à exécuter une tâche gratuitement : le faire est du travail forcé, de l’esclavage donc. Le travail forcé est interdit sous toutes les formes dans les droits fondamentaux de tous les pays européens, dans la Charte Européenne des Droits Fondamentaux et dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Le bénévolat peut être régulé par un contrat spécial, mais aucune coercition ni aucune punition ne peut être infligé au bénévole qui est libre de s’arrêter quand il veut. Julian Assange en 2012 est déjà un prisonnier otage d’une situation ubuesque. Le faire travailler gratuitement sur un projet dirigé par une structure allemande est un abus particulier sur lequel la lumière doit être faite. Les responsables de cette situation et tous ceux qui ont profité de l’argent du « Projet Wikileaks » doivent assumer les conséquences légales de cette responsabilité.

Le document « »Projekt 04: Informationsfreiheit verteidigen » Transparenzbericht 2011 » – «  Projet 04 : défendre la liberté d’information, rapport de transparence 2011 »[31] est un bilan financier du projet Wikileaks. Pour la partie dépenses il reprend la description et les chiffres cités dans le rapport d’activité. Pour la partie revenus, les dons s’élèvent en 2011 à 139 401 Euros, somme honorable mais loin du succès de 2010. Les deux mois les plus fastes sont janvier 2011 (après les publication des télégrammes diplomatiques US) et octobre (avant la publication des « Spy files »), à raison de 29 000 Euros par mois. En février après la publication des documents américains contre Wikileaks 17 000 Euros sont récoltés et le reste de l’année les sommes vont de 1200 Euros en avril à 11 000 en juin et 15 000 en décembre. On voit que la somme mensuelle est aléatoire et que le projet exige donc une rigoureuse gestion à l’année.


[1] « Im Jahre 2011 agierte zudem Andy Müller-Maguhn als Delegierter des Vorstands, um über die Entwicklungen vor Ort im Bilde zu sein und Detailfragen vor Ort zu klären. Er unternahm mehrere Reisen (siehe Reisedokumentation) und berichtete hierzu dem Vorstand bei den Telefonkonferenzen bzw. in persönlichen Gesprächen. Ende Juli 2011 hat die Wau-Holland-Stiftung eine Vorstandsitzung in Hamburg abgehalten, an der alle Vorstandsmitglieder sowie Andy Müller-Maguhn teilnahmen, um den Stand und weiteren Bedarf des Projekts 04 « Wikileaks » festzustellen. Hier ging es auch um die Verbesserung der Verfahrensregeln im Umgang mit allen an dem Projekt beteiligten Personen »., page 3, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[2] « Gespräch mit einem Ressortleiter des SPIEGEL als deutschem Medienpartner über geplante weitere Veröffentlichungen. », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[3] « Besichtigung der lokalen Arbeitssituation und Abstimmung der Tätigkeiten weiterer Hilfspersonen » ; page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[4] « Konzeptionelle Diskussion über den Neuaufbau eines Submission-Systems für eine weltweite anonyme Entgegennahme von Materialien »,page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[5] « Treffen mit der in der Einarbeitungsphase befindlichen neuen Projektmanagerin », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[6] « Besuch der vom Vorstand beschlossenen « Fundraising Party », op. cit

[7] « Gespräche mit Medienpartnern. Vereinbarung der Zielvorgaben und Vorgehensweisen der unter 4.4 weiter ausgeführten Veröffentlichung « Spý Files », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[8] « Zwischenbesprechung zum Stand der Arbeiten bei den « Spy Files », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[9] « Abstimmungsgespräch mit dem Medienpartner SPIEGEL zu anderen Materialien » page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[10] « Arbeitssitzung in London mit den Medienpartnern für die « Spy Files ». Klärung offener Rechnungsabnahmen mit den Hilfspersonen in Ellingham Hall. Teilnahme », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[11] « Teilnahme von Bernd Fix an der Pressekonferenz zur Bankenblockade am 24.10.2011 im Frontline Club », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[12] « Arbeitssitzung mit den Medienpartnern unmittelbar vor Veröffentlichung der « Spy Files » », page 6, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[13] https://www.youtube.com/watch?v=Q3zpLefXOP4

https://www.news.com.au/technology/wikileaks-details-surveillance-industry/news-story/1cbcb6ff55fb5c57cc8d359aef1a326a

[14] « Im Jahre 2011 war das Projekt 04 neben infrastrukturellen Arbeiten vor allem mit 4 Themenkomplexen von öffentlichem Belang beschäftigt. Infrasturkturelle Arbeiten heißt konkret, ein Ausbau der Server-Infrastruktur, unter anderem für die dezentrale Sichtung und Kommentierung von eingereichten Materialien durch Medienpartner weltweit. Die von WikiLeaks den Medienpartnern zur Verfügung gestellten Rohmaterialien werden zunächst grob gesichtet. Dann werden in der Regel die Rechercheansätze, die sich ergeben, von den Journalisten selber verfolgt, so dass hieraus vollständige Berichte entstehen, die eine adäquate Darstellung der Materialien in ihrem Kontext sicherstellt. Die anonymisierte Veröffentlichung des Basismaterials erfolgt dann grundsätzlich synchronisiert und verlinkt mit den Veröffentlichungen der Medienpartner », page 3, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[15]«  Durch diese Vorgehensweise ist die Verifizierung, die Kontextualisierung und der Schutz von Betroffenen sichergestellt. », page 3, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[16]  « 5.1 Verwaltung Dies sind die Verwaltungskosten auf Seiten der Stiftung: Buchhaltung, Rechtsberatung und Reisekosten von Vorstandsmitgliedern und Deligierten für das Projektmonitoring. Die laufenden Verwaltungsgeschäfte (Aktenführung, Zahlungsmanagement, Bankgeschäfte) werden von Vorstandsmitgliedern ehrenamtlich geleistet. 5.2 Projektleitung Die inhaltliche Projektleitung obliegt Julian Assange, mit dem der unter Punkt 2 erwähnte Vertrag geschlossen wurde. Ihm obliegt auch die inhaltliche Abnahme der Tätigkeiten. », page 4 , https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[17] « Die inhaltliche Projektleitung obliegt Julian Assange, mit dem der unter Punkt 2 erwähnte Vertrag geschlossen wurde. Ihm obliegt auch die inhaltliche Abnahme der Tätigkeiten ». page 4, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[18] « 5.3 Planung Die Planung umfasst die Koordination von Terminen, Treffen und anderen Aktivitäten, inklusive der regelmäßigen Abstimmung mit den Akteuren über den Fortgang vereinbarter Aktivitäten », page 4,

https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[19] « Die Logistik des Projektes umfasst: • Technische Ausrichtung von Treffen und Konferenzen, • Infrastruktur für Tätigkeiten im Projekt, • Organisation von Reisemitteln bzw. Reisen, • Koordination und Infrastruktur für ehrenamtlich engagierte Projektmitarbeiter. Unter dem Punkt Logistik hat die Stiftung auch die Reisen ihrer Delegierten für die Abnahme und Kontrolle von Arbeitsschritten erfasst », page 4, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[20] « Zur Verwirklichung der Projektziele haben im Jahr 2011 verschiedene Entwickler Komponenten für die Entgegennahme, die interne Sichtung und die Veröffentlichung von Materialien erstellt. Die meisten dieser Tätigkeiten waren ehrenamtlich, im Jahre 2011 haben 2 Entwickler hierfür eine Vergütung bekommen. », page 4,

https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[21] « 5.6 Recherche Zur Verifizierung der Echtheit und Relevanz zugegangenen Materials waren im Jahre 2011 im wesentlichen 3 Personen beschäftigt, die hierfür auch mehrere Reisen unternommen haben. Zum Verständnis fremdsprachlichen Materials war temporär eine weitere Person mit Recherchen beschäftigt. », page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[22] « 5.7 Rechtsberatung Zur Klärung der juristischen Bewertung eingegangenen Materials, der Sicherstellung der rechtlichen Unbedenklichkeit von Veröffentlichungen, der Gestaltung von rechtlichen Vereinbarungen mit Medienpartnern und Projektpartnern, sowie der Klärung fiskaler Fragen wurde im Jahre 2011 eine Kanzlei in England und eine in Deutschland engagiert. », page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[23] « 5.8 Journalistische Aufbereitung Zur journalistischen Aufbereitung, insbesondere der Kontextualisierung zugegangenen Materials und der erklärenden Beleuchtung von Hintergründen und Zusammenhängen, wurden verschiedene Journalisten engagiert und ihr Aufwand entsprechend vergütet. Im Jahr 2011 waren damit insgesamt 6 Journalisten als Hilfskräfte in diesem Aufgabenbereich tätig. », page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[24] « 5.9 Technische Aufbereitung Im Vorfeld von Veröffentlichungen werden die Materialien technisch für die Verbreitung im Internet aufbereitet. Diese Tätigkeiten wurden im Jahre 2011 überwiegend ehrenamtlich erbracht, lediglich für eine besonders aufwändige Aufbereitung wurde die Tätigkeit honoriert. Die für die Organisation der ehrenamtlich Tätigen aufgelaufenen Aufwendungen wurden im Logistikbereich erfasst ». page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[25]«  Die Öffentlichkeitsarbeit wird neben Julian Assange primär von dem dafür engagierten Sprecher Kristinn Hrafnnson koordiniert. Zusätzlich wurden verschiedene Videodokumentationen, Kurzfilme und Beiträge erstellt. Ebenso sind hier Grafikarbeiten und  Ausrichtungskosten von Pressekonferenzen sowie Reisen zu Presseterminen erfasst. Hier wurden auch die Kosten von Übersetzungstätigkeiten zugeordnet. In diesem Bereich waren insgesamt bis zu 7 Hilfspersonen (teils temporär) und 3 Dienstleister tätig ». page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[26] https://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf

[27] « 5. 11. Unter der Bezeichung technische Infrastruktur sind hier nur die Serverinstallationen zur Organisation des Datenflusses erfasst. Die im Kontext angemieteter Räume organisierten Internetanschlüsse etc. sind als allgemeine Infrastrukturkosten verbucht. Im Jahre 2011 waren bei insgesamt 3 Internetdienstleistern Server untergebracht. », page 5,

https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[28] « 5.12 Allgemeine Infrastruktur Für die Tätigkeiten der engagierten Hilfspersonen und ehrenamtlich tätigen Helfer wurden im Jahr 2011 für mehrere Monate Büroräume angemietet, zum Teil fielen die Arbeiten auch während mehrtägiger Konferenzen an. Für diese Konferenzen wurden jeweils geeignete Räume mit Internet und Konferenzinfrastruktur angemietet. Im Jahr 2011 wurden hier von 2 Unternehmen Räumlichkeiten angemietet. », page 5, https://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[29] https://register-of-charities.charitycommission.gov.uk/ – voir les rapports d’activités de 2003 à aujourd’hui

[30] « Projektleitung. Die inhaltliche Projektleitung obliegt Julian Assange, mit dem ein entsprechender Projekt-Vertrag geschlossen wurde. Ihm obliegt auch die inhaltliche Abnahme der Tätigkeiten. Diese Tätigkeit wurde im Jahr 2012 ehrenamtlich ausgeführt. », page 7, “Projekt 04: Informationsfreiheit verteidigen” Transparenzbericht 2012, Wau Holland Stiftung,

https://www.wauland.de/media/2012_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[31] https://www.wauland.de/media/2011_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

La responsabilité pénale, morale et financière des dirigeants de la Wau Holland dans l’emprisonnement de Julian Assange

Pour finir notre analyse, nous citerons le document des nouveaux statuts de la Wau Holland Stiftung daté du 21 septembre 2011 – « Verfassung der Wau-Holland-Stiftung ». Les nouveaux statuts fixent le siège à Hamburg et comme objets de la fondation « La formation, la culture, la science, la protection du consommateur et le conseil aux usagers ». Les activités de la fondation en lien avec ses objectifs statutaires sont décrits comme la formation continue en nouvelles technologies des jeunes et des adultes par la promotion de l’open source, la culture (projets de musée des médias et des techniques), et l’activité scientifique. Après avoir cité la promotion des encyclopédies sur internet, la fondation « soutient la communication mondiale, la liberté de l’information et le « courage » -« Zivilcourage » peut être traduit par engagement ou responsabilité citoyenne. « Elle promeut la recherche scientifique dans le domaine des nouvelles technologies, l’histoire des médias et la recherche des relations entre relations sociales et communication médias »[1].

Le projet 04 Wikileaks et ceux qui vont le suivre, comme le projet 07« Zivilcourage »de soutien aux lanceurs l’alerte crée en 2014[2], peuvent rentrer ainsi dans cette formule alambiquée.

Le pouvoir au sein de la fondation appartient au Conseil d’Administration de 5 personnes qui ne peut être élargi mais uniquement renouvelé par cooptation après défection. Le président est primus inter pares. Les décisions sont prises à une majorité de voix avec minimum 3 personnes présentes. Les décisions engageants plus d’un tiers du capital de la fondation doivent être prise à minimum 4 personnes avec le président inclus. Pour exclure un membre, il faut 2/3 de voix soit 3 sur 4, puisque le cinquième serait l’exclus, une situation inédite. Le 25 mars 2018 Andy Müller Maghun signe le rapport de 2016 de la Fondation et ce document montre qu’il est alors président de la fondation. Aujourd’hui il est « deuxième président » après avoir cédé sa place à Klaus Peter Schleisieck, informaticien qui a milité à d’ATTAC Allemagne pour le revenu universel en 2017 et qui a participé à la direction du projet 04 Wikileaks en 2011 et 2012.

Bernd Fix aujourd’hui a tourné la page de « Wikileaks » et fait la promotion du bitcoin dans les conférences du Chaos Computer Club. Pourtant, il aurait fallu qu’il soit questionné sur sa responsabilité dans le projet 04 Wikileaks dont il s’est si habilement déchargé, de concert avec Andy Müller Maguhn, sur le dos de son ancien salarié et travailleur gratuit, Julian Assange.

Ceci est important non seulement parce que Julian Assange souffre pour des décisions qu’il n’a pas prises, n’ayant jamais eu aucune liberté dans sa collaboration avec la Wau Holland mais parce que le projet « 04 » continue depuis 2014 jusqu’à aujourd’hui sous forme de sous-traitance que la Wau Holland confie à la Sunshine Presse Production :

Le rapport d’activité de 2014 décrit ceci : « 5. Projet 04 – Liberté d’information. En ce qui concerne le projet 04 les activités ont été restructurée de façon à ce qu’un contrôle et une livraison des résultat soient plus facile pour le Conseil d’Administration. Il a été conclus un accord cadre avec l’entreprise médias Sunshine Press Production EHF (SSP Islande) pour des services journalistiques. Depuis des projets concrets leurs ont été commandés et réglés selon leur avancement. Les prestations concernent : la coordination de projet, la réécriture des documents pour protéger les lanceurs d’alertes et tierces personnes (enlever les Meta informations), la correction et la mise en contexte des documents, travail pour la publication sur internet et la communication avec les médias partenaires. En 2014 l’apparence du site internet wikileaks.org a été profondément remaniée avec une nouvelle formule d’envoi de document et une meilleure façon de chercher les documents »[3].

Tous les ans la même formule ou presque reconduit le projet « 04 » Wikileaks dans sa formule de sous-traitance à l’entreprise islandaise de Ingi Ragnar Ingasson et Kristinn Hrafnsson. Les Islandais sont cependant très justement désignés comme « prestataires » par les directeurs de projets allemands tandis que le président de la Wau Holland Stiftung appose sa signature sous les rapports d’activités authentifiant ainsi sa responsabilité pénale, morale et juridique au yeux du monde, des citoyens et des Etats.

Le projet 07 Zivilcourage qui apparait dans le rapport d’activité 2014 peut être identifié à la « Fondation Courage » dont Andy Müller Maguhn[4] est un « administrateur » et dont l’amie de Julian Assange et collaboratrice sur le projet 04 Wikileaks Sarah Harrison fut la « présidente » jusqu’en 2017. « Le projet 07 a été renouvelé en 2014 sous le nom de « Courage civique » afin d’honorer les personnes qui se sont engagées particulièrement dans les objectifs de la fondation et pour les aider le cas échéant. En 2014 des coûts de voyages ont été pris en charge pour les événements qui faisaient mieux connaitre ces activités là de la Wau Holland »[5].

Nous mettons les mot « présidente » et « administrateur » entre guillemets puisque de sérieux doutes subsistent quant à la structure juridique de cette organisation qui n’a aucune adresse dans aucun pays européen et qui ne fournit aucun document légal et ne publie aucun rapport d’activité. Le seul contact est un formulaire sur le site et personne ne répond jamais aux messages laissés. Le rapport d’activité de 2015 de la Wau Holland mentionne bien une « collaboration avec la Courage Foundation en Grande Bretagne »[6] mais la seule « Courage Foundation » existant dans le registre des associations en Grande Bretagne s’occupe d’enfants et n’a rien avoir avec des lanceurs d’alerte.

La seule adresse visible sur le site est celle qui figure sous le nom de la banque à laquelle les donateurs sont invités à envoyer de l’argent : La Chase Bank à New York – « Bank Account Courage Corp, account numer 000 000 83 87 31 689, BIC SWIFT code CHASUS 33, Routing numer IBAN 021 000 21, Reference : Courage Foundation, bank adress Chase Bank, 270 Park Avenue, New York, NY 100 17, USA. Recipient adress : Courage Foundation, 201, Varick Street, PO. Box #766, New York , USA »[7].

L’adresse de la banque à laquelle les citoyens sont invités par Andy Müller Maguhn et les autres dirigeants à envoyer leur argent pour soutenir Julian Assange et d’autres lanceurs d’alerte ne se trouve pas en Europe, mais aux Etats Unis ce qui ne peut qu’étonner, étant donné que ce pays est particulièrement hostile à « Wikileaks » et poursuit Julian Assange pénalement. La banque récipiendaire est la grande banque américaine Chase Manhattan Bank et l’adresse du compte de la « Courage Corp » se trouve Park Avenue. Mais il y a pire : l’adresse postale de la « Courage Foundation » se trouve au 201 Varick Street à New York, un immeuble appartenant à l’Etat fédéral américain dans lequel se trouve le tribunal de l’Immigration mais aussi le Laboratoire Nationale de Sécurité Urbaine et de l’Environnement dépendant du Department of Homeland Security, le ministère de l’intérieur fédéral américain ![8]

Andy Müller Maguhn et les autres administrateurs du « Courage Found»[9] demandent dont aux citoyens d’envoyer de l’argent dans une institution sise dans un lieu à risque, dans un pays qui est connu pour pourchasser les lanceurs d’alerte et qui pratique la surveillance de masse des citoyens, de leurs comptes en banque et de leur données sur internet ! Chaque envoi d’argent d’un citoyen européen pour la défense de Julian Assange peut donc être inscrit dans les registres de sécurité intérieure des Etats Unis qui ainsi pourront se constituer à peu de frais une belle base de données de militants hostiles au pouvoir américain sur la planète. Andy Müller Maguhn et les autres dirigeants de la structure mettent ainsi l’intégrité et la sécurité des citoyens européens en danger, cela doit être souligné afin que les Européens le sachent.

Mais il y a pire ! La « Courage Foundation ou Courage Found» n’a pas été trouvée dans les registres d’associations allemandes, françaises ni britanniques. Mais elle n’existe pas non plus dans les registres des ONG de l’Etat de New York. Par contre, la « Courage Corp » existe bien en tant qu’entreprise privée, « une Domestic Business Corporation », (« une société locale d’affaires ») crée le 30 mai 2017 et enregistrée sous le numéro DOS ID 5145362 au New York Departement of State Divison of Corporation (le services des entreprises privés de l’Etat de New York »)[10]. L’adresse de son siège est celle de son responsable Nathan Fuller, 2790 Brodway, app. 4D, 100 25, New York.

Aux Etats Unis, comme en Europe, la Loi oblige les organisations de charité et les associations non gouvernementales qui vivent de dons à soumettre leurs comptes à une autorité de contrôle et à les rendre publics. L’argent des citoyens doit être utilisé pour l’objectif déclaré dans les statuts légaux de ces structures et le public doit avoir le moyen de le vérifier. Toute utilisation de l’argent des citoyens pour un autre objectif est un abus de bien social. Que dire donc de l’entretien d’une entreprise privée capitaliste à but lucratif avec l’argent de dons citoyens ? Ce genre de pratique est condamné par la Loi et les mœurs dans nos sociétés capitalistes. Une entreprise « business » doit vendre des services et des biens et ne peut pas vivre de la charité du public.

La Courage Corp, ses dirigeants et ceux qui encouragent le versement de dons à la Courage Corp commettent donc un abus de bien social, peut-être même une escroquerie en récoltant l’argent de dons de citoyens qui veulent aider des lanceurs d’alerte. Ceci est d’autant plus grave que la Courage Corp, entité de business états-unienne se fait passer pour une association de charité, la Courage Foundation, entité qui n’existe en réalité nulle part juridiquement. Il est temps que des autorités judiciaires rappellent à l’ordre les dirigeants de ces structures, aussi bien Nathan Fuller à New York que Andy Müller-Maguhn en Allemagne. Müller-Maguhn en faisant appel à la générosité des citoyens européens pour verser des dons à une entreprise privée de business américain ne peut pas échapper à sa responsabilité juridique, d’autant plus qu’il reste aujourd’hui un membre dirigeant du Conseil d’Administration de la Wau Holland Stiftung, fondation dont le siège est à Hamburg et qui se trouve dans les registres des fondations de la Ville Libre de Hamburg[11].

Conclusion

Lorsque j’ai vu Julian Assange en vrai, le 21 octobre 2019, le 13 janvier 2020, le 24, 25, 26 e 27 février 2020 et le 9 septembre 2020 ce qui m’a toujours frappé est l’expression de tristesse sur son visage, celle d’un homme profondément blessé d’avoir été trahi par ceux qu’il considérait comme ses proches. Les hommes de la Wau Holland Stiftung ont été ses proches. Ils vivent tranquillement à Berlin et Hamburg entre leurs domiciles privés, leurs entreprises (Datareisenbureau de Andy Müller Maguhn), le Chaos Computer Club au 11 Marienstrasse ou ils se réunissent, et les bureaux de la Wau Holland au 25 Marienstrasse à Berlin. Ils sont libres et personne ne les inquiète. Pis, l’argent du citoyen continue à affluer tranquillement sur les comptes de la Wau Holland. Pendant ce temps, Julian Assange se meurt et eux sont indifférents à son sort. Jamais ils ne sont apparus ne serait-ce qu’à une seule audience du « procès ». Nous considérons leur trahison comme une faute morale et politique et nous souhaitons que lumière et justice soit faite sur leur responsabilité pénale. Qu’ils se dévoilent seuls comme responsables du Projet Wikileaks ou qu’ils soient dévoilés comme tels par une enquête citoyenne et judiciaire.


[1]  « Sie fördert die weltweite Kommunikation, Informationsfreiheit und Zivilcourage. Sie fördert wissenschaftliches Arbeiten im Bereich neuerer Technik- und Mediengeschichte und die Erforschung des Zusammenhangs gesellschaftlicher Entwicklungen und Kommunikationsmedien ». page 1,

https://www.wauland.de/media/2011-09-21_Verfassung-WHS.pdf

[2] https://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf

[3] http://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf

« 5 Projekt 04 – Informationsfreiheit Im Projektbereich 04 wurden die Aktivitäten umstrukturiert, so dass eine Abstimmung mit und eine Kontrolle der Aktivitäten durch den Vorstand einfacher wurden. Mit der Medienfirma Sunshine Press Productions EHF (SPP, Island) wurde ein Rahmenvertrag für journalistische Dienstleistungen geschlossen. Seitdem werden konkrete Projekte beauftragt und nach Arbeitsfortschritt abgerechnet. Die Dienstleistungen umfassen: Projektkoordination, technische Aufbereitung der Materialien zum Schutz von Whistleblowern und Dritten (Entfernen der Metainformationen), Review und Kontextualisierung der Materialien, Aufbereitung für die Veröffentlichung im Internet sowie Kommunikation mit Medienpartnern. 2014 wurde auch der Internetauftritt von wikileaks.org grundlegend überarbeitet mit neuer Submission-Platform und verbesserter Dokumentensuche »

[4] https://www.couragefound.org/tag/andy-muller-maguhn/

[5] « 8 Projekt 07: Zivilcourage Der Projektbereich 07 wurde 2014 unter dem Namen « Zivilcourage » neu eingerichtet, um Personen besonders zu würdigen und nötigenfalls zu unterstützen, die sich im Sinne der satzungsgemäßen Ziele der Stiftung besonders hervorgetan haben. Im Jahre 2014 wurden hier in geringem Umfang Reisekosten für die Teilnahme an Veranstaltungen erstattet, auch um die diesbezüglichen Aktivitäten der Wau Holland Stiftung besser bekannt zu machen »

http://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf *

[6] http://www.wauland.de/media/2015_Jahresbericht.pdf

[7] https://www.couragefound.org/donate/

500

[8] https://www.justice.gov/eoir/new-york-varick-immigration-court

https://en.wikipedia.org/wiki/National_Urban_Security_Technology_Laboratory

[9] https://www.couragefound.org/advisory-board/

[10]

https://appext20.dos.ny.gov/corp_public/CORPSEARCH.ENTITY_INFORMATION?p_token=D59D5B681BF708EB34A01B12983E32B0AF66E6B482D0DCCBE330598692791F670F764E558BEDCE22BCBC26AB4E7275B5&p_nameid=9805E5371F7C8010&p_corpid=0DFAEC3F1D70B519&p_captcha=17950&p_captcha_check=D59D5B681BF708EB34A01B12983E32B0AF66E6B482D0DCCBE330598692791F6730AFA8B9CB875F73B271C779DD1E75B7&p_entity_name=%43%6F%75%72%61%67%65%20%43%6F%72%70&p_name_type=%41&p_search_type=%42%45%47%49%4E%53&p_srch_results_page=0

[11] https://serviceportal.hamburg.de/HamburgGateway/FVP/FV/Justiz/Stiftungsdatenbank/?sid=55#

Julian Assange Julian Assange in front of the Family at the Old Bailey on September 9, 2020

Monika Karbowska

Deepl Translation from French

Wednesday, September 9, 2020

On the third day we are in front of the door even earlier than the day before. I am confident. Jamie has lost his imaginary race. Deepa is holding the door for Rebecca Vincent who I will give the place to myself at noon. From 5:30 to 10:00 a.m. this gives us time to discuss the political situation in Europe, the history of the French Revolution and the Vienna system encircling France throughout the revolutionary 19th century. We question the persistence of the feudal system on the territory of Great Britain with this enclave of bankers and multinationals that functions as a mafia of private interests parasitizing the states and laughing at their sovereignty.

Around 9:30 a.m. a young blond girl dressed in black in the style of « the 80’s the revival » comes knocking at the door. The security guard on the stairs is the old man from Monday. She is a victim who has to testify in one of the real Criminal Court trials. The man sends her back to the street door where a few people are waiting. This is a far cry from the Monday crowds. The court doesn’t seem to be running at full speed, there are hardly any families coming. The woman comes back and tells him that she is being sent from one place to another and that she, as a victim, does not understand how the court can malfunction in this way. The second time she cries in front of us. Just coming here is trying, we understand it, this waiting outside is all the more unjust and incomprehensible.

At 10:00 a.m. the officer calls the Family: John, Sulivan, Eliot Shipton, Esther and Craig Murray enter in front of us. Then he points at me and my colleague. We don’t waste any time, this time we have left our phones and cameras at home. The passage through the ante-divulsive metal detection box is quick, the pressure on the employees is also much less, so the security guard is less severe. I run down the stairs on the 4th floor preceded by my colleague. When I arrive, the Family is already in room 10. We enter the corridor and a black, masked, white-clad security guard asks us « what room are you coming for the trial in?

I don’t lie to him by answering « Court Room 10 ». So he opens the sesame door for us. We enter naturally and sit in the 3rd row just above the Shiptons, Esther and Craig Murray, sitting in the 2nd row of the public gallery. I look around and quickly sketch out a sketch of the place.

The room looks like a twin room to number 9 but in fact it is different. Much smaller, darker, all in a muffled atmosphere, with subdued lights, dark red leather armchairs and dark wood furniture. The absence of windows makes the place confined and suffocating even more than in room 9, which still looks like a classroom or university. Here there is a heavy, ceremonious atmosphere, like in a church. The layout is reversed: The defendants’ box is on the left, the judge’s platform on the right. That’s good, I will be in a strategic position to see Julian Assange.

I observe what happens for a good 20 minutes. I end up believing that it is not a mistake, that we have been allowed to enter the Holy of Holies and that it is a just and honest decision. I am almost convinced that we will be able to spend the morning here. Those present are not paying attention to us except for Craig Murray who turns his head towards me and smiles. I have to say that for the past year I have ended up being part of the environment instead of being part of the Family.

So I realize that what I see is what should have remained hidden from the public eye. At the Woolwich Court in February, the public could see the whole room except what was under the balcony of the public gallery but could hear NOTHING without a microphone because the gallery was separated from the room with a shielded glass. That’s how I could SEE Julian Assange revolting, standing up, shouting, invectivating the present, talking to them, but I couldn’t HEAR anything. Here I am immersed in the real atmosphere because no glass separates me from the protagonists of the game.

And down here the atmosphere is very different from that of a trial. The actors of the game are talking to each other in a relaxed atmosphere. They all know each other, they all belong to the same gang, organization, what do I know, they laugh at each other, which contrasts with the heavy and serious atmosphere of the room. I can see Fitzgerald and Summers very well alongside Lewis and Clair Dobbin. Gareth Peirce moves between the tables, places each one and seems to give each one a role. The young Florence Iveson has spoken to friends at one end of the room and returns to her seat behind Lewis. Peirce’s assistants and Dobbin’s strong blonde collaborator sit in the last row just in front of the glass box and chat amongst themselves. I am surprised to see that Baraitser is already in his place overlooking the clerk’s office (also present and silent) while the room is in a recreational atmosphere – in a real trial it is the entrance of the judge that marks the beginning of the court hearing and the audience must stand up to greet him. No one stands up at Baraister’s passage because here the judge seems to be a part of the decor and not a trustee of the authority of the State and the Law. It is true that we are not in a state, but in a private organization, a merchant’s guild dating from the Middle Ages, and Baraitser is not a judge here in the Criminal Court. One wonders who she is, while it is impossible to find any information about her. Her family exists well and good: Michael Baraitser, Lisa Baraitser, Paula Baraitser are owners of various businesses to be seen on Beta Companies https://beta.companieshouse.gov.uk/search/officers?q=Baraitser but Vanessa seems to have no social existence other than the Assange case.

In the row perpendicular to Baraitser, to her right at the back of the room I can see Alastair Lyon, a brown woman with a green jacket and a red man. They are waiting quietly.

But the most surprising thing is in front of me and this is the part I should never have seen if I hadn’t had the opportunity to be there in front of these flesh-and-blood people, because the camera NEVER shows this part of the room. In front of me, perpendicular to the defendants’ box are 3 rows of armchairs in which Joseph Farell in red jacket, on the far right, and MC McGrath took place! Joseph Farell as a « Wikileaks ambassador » should not be here because he is a part of the trial! Furthermore, the speeches about « you can’t talk or visit Julian Assange » are immediately invalidated by Farell’s presence here in a recreational atmosphere before the resumption of lessons where Farell sees Assange every day for 3 weeks at 3 meters from him! MC McGrath who is an American hacker and computer freak is obviously part of the « family » of the « Wikileaks » project, but one cannot imagine that a lambda person like him could be present in the courtroom if this trial was a real trial!

And especially behind them I can see Stella Moris in a dark red dress chatting happily with her friend Jenifer Robinson in a scarlet red dress as well. (Robinson wore a green dress on the first day, like in February at the Woolwich and two increasingly vermilion red dresses on the second and third day, not a lawyer’s outfit then). To Robinson’s left sits a young red-haired man looking like Nathan Fuller, director of Courage Corp, an American company based in New York.

The two friends are laughing as they talk to each other, they seem happy to be together here and relaxed. Stella Moris’ behavior amazes me: while she has just played the grieving wives in her tearful storytelling at Paris Match and in front of the grid at 10 Downing Street, I see her here relaxed and satisfied with her performance. I see her not showing the slightest emotion in the face of the fate that awaits Julian Assange of whom she claims to be the beloved wife. Nor will she show any emotion, any compassion when Julian Assange enters the room. I see her attending Julian Assange’s trial as a show, a ceremony, in which she is a part of. If she had been his « family » then she should have been with us instead of the family, in the public gallery.

What’s more, I thought to myself, she is there every day laughing at him for hours on end and she tells the whole world her lie that she cannot see him and hasn’t seen him for months… Just as she had lied so much about the February 27th hearings when she didn’t speak to him and never encouraged and supported his revolt against the sacrifice inflicted upon him.

This time I really feel that I am witnessing not a trial but a sacrifice. A kind of ritual killing of what has been beautiful and good – the project of total freedom of expression but also the man Julian Assange endorsing this project in spite of himself. For Wikileaks is presented as something good – but is something bad sacrificed? Not only a beautiful animal was sacrificed in antiquity, a good man like Jesus was sacrificed, a BEAUTIFUL idea like freedom of expression is on its way to being sacrificed? Sacrificing someone ugly and bad would not make sense!

Certainly it was necessary to first smear Julian Assange with a planetary campaign calling him a narcissistic rapist, but Jesus too had first been mocked as an impostor and false prophet before he was killed. And I do not betray the thought of Julian Assange, because he himself mentioned Jesus as « the first sacrificed whistleblower » in a very premonitory speech in July 2009 in Germany.

I understand then that I find myself in the same situation as in those patriarchal families where the ritual of the « honor killing » is decided in a meeting: the family must sacrifice a member who has « failed » to keep the family secret, the cohesion and the power of the structure. As a feminist activist and a woman who had to fight for my emancipation, I understand only too well the power structure of such a sectarian family. One should never imagine that family members hate the sacrificed member: on the contrary, one loves him/her and that’s why one kills him/her. For his or her own good. Because he has no existence of his own, he is just a member of the family. To save the family by killing him is to save him, to save his soul.

Stella Moris proclaims that Julian Assange is going to commit suicide and that he has asked a Catholic priest for the absolution of the dying. First of all, extreme unction is really only administered to the dying by the Catholic Church and Julian Assange is alive and well, as I will see later. Secondly, to obtain a Catholic absolution one must still pass through the sacraments of confession, communion and … baptism, so one must still be a Catholic! And thirdly, the Catholic Church prohibits suicide, she cannot give absolution to someone who decides to sin by taking his own life! For me, a Polish woman raised in Catholicism, this storytelling doesn’t go at all!

This woman who lies publicly is then this Wednesday, September 9 at 10 a.m. in front of me in room 10 of the Old Bailey and she is preparing for an important part of a ceremony. Remembering her words about Julian Assange’s « suicide » I wonder if what she is announcing is not rather a murder. A ritual murder, a sacrifice: a man who made a mistake, who must be punished, an idea that must be killed. I shudder when I look closely at the woman’s black dress studded with small red fibers: the executioner, like the priest, wears red, the color of life and death, the color of passion.

Suddenly there is silence and all eyes turn to the door at the back of the box of the accused: I see Julian Assange enter through this door at the back in front of me and cross the box, surrounded by two men in white, to a chair in the center. I can see him very well, I have never seen him so close, he is 5 meters away from me and behind only one glass. I am standing high up, I can see his head, his face and his upper body very well.

He is wearing a white shirt and a dark blue jacket as well as a black and red tie, the same fabric as Moris’ dark dress. I can clearly see the top of his head, his white hair is cut, but it is not quite coiffed. He is wearing this paper mask that is also ritually imposed on us in France. But if the mask hides his mouth, I can see his eyes. He is less thin than in February, less arched than on October 21. His gait is assured, he is not wobbly or dodelling as I could see on the Westminster videos. On the contrary, his entrance does not lack panache: paradoxically, he seems to be the master of ceremonies, he is the only one we are waiting for. As on February 27th he sets the tone by his behavior. As if without his agreement, without his adhesion, the sacrifice ceremony was not valid.

Assange arrives at the center of the box then swivels and takes off his mask. I see his face, his blue-grey eyes, his expression deeply sad but not downcast. His eyes have dark circles, not as deep as a year ago, but he has dark circles under them. His face is hairless, his features a little puffy and his complexion is as pale as the morning of February 26th and 27th. The expression on his tense lips reminds us of a child who would have been beaten and would hold back his tears.

Then the gallery door opens and the security guard calls us to get out. I don’t react, I let my colleague parley to save time. I watch Julian Assange take off his mask. He looks at me and our eyes meet. It’s over, they won’t let me stay. But then I get up and I can be seen from afar in my purple suit. I raise my right fist, my Polish rosary around my hand. Assange saw me.

I go out reluctantly. In the corridor the security guard is preaching to us at length. We committed a sacrilege, we lied to him, we had to go to room 9… Right away I apologize, I tell him that I regret that he could lose his job because of us, that we thought we had the right to come to room 10 because his colleague had announced it to us the day before. He reproaches me for having made a sign to the accused. Not at all, I recuse myself, I just adjusted the rosary that fell from my hand. He seems overwhelmed and says that he is going to discuss our fate with his boss, walkie-talkie in hand. We can’t hear what the chief is saying to him, but I take the opportunity to change my tone. I tell him that I represent a human rights association, that our fates in Europe are suspended at this trial. That it is illegal not to be able to see the face of the accused, a man locked up in dungeons like in the Middle Ages that no one can see, that we have written 10 requests for release and 3 medical reports, that Assange is being tortured and that we must testify about his state of health?

I don’t know if the private security company is sensitive to the issue of human rights, but its employee finally allows us to go to room 9. For 2 hours I have all the time I need to think about what I saw while observing the unfolding of the pseudo-judicial storytelling. Not once does the camera show Assange.

In room 9 there are even fewer people than yesterday. Heike Hänsel, a young man on his left, the man from the German embassy, the two German journalists, the brown woman in green, Hamish Hamilton, Rosie Sylvester – 8 people. Professor Rogers is interrogated as a witness on video. He recounts the Wikileaks saga according to him: Wikileaks publications would have proved that the United States did not control Afghanistan, while in Iraq Wikileaks would have added 15,000 civilian deaths to the estimate of the British NGO « Irak Body Count » – (I know the work of this NGO for having co-organized in 2005 the Conference of the Association of International Humanitarian Law in the French Parliament where the lawyer William Bourdon presented the estimate of 100,000 civilian deaths in Iraq. That is to say if Europeans did not wait for Wikileaks to criticize the invasion of Iraq by the United States).

The question asked afterwards is « Does Julian Assange have a political opinion, he who was almost nominated for the Nobel Prize, was the herald of freedom of speech, and led speeches in Trafalgar Square in 2011 during the Occupy London movement? (How ancient these times seem in the light of the dictatorship we are living under…). Yes, the professor replies – Wikileaks is known in Afghanistan and Iraq for its political stance and Assange has been instrumental in the success of Wikileaks in bringing public attention to these wars. Wikileaks has been necessary for human rights, transparency, accountability.

Of course, only what is good and beautiful is sacrificed. Given the current state of Human Rights in this trial, it does not seem that Wikileaks has been very effective. In any case, I would have preferred that Wikileaks had never existed, that all the accused had the right to transparent trials and the support of human rights associations, that freedom of movement in Europe was guaranteed, that private militias did not arrest us in the streets or in the fields to accuse us of terrorism and did not force medical experiments on us… This is the real state of human rights, not in Iraq but in the heart of Europe, 10 years after Wikileaks.

Summers and Professor Rogers discussed at length Trump’s role in the liquidation of free speech, ignoring the fact that it was Obama, whose power was simultaneous with the emergence of the Wikileaks project, who initiated the lawsuit against Assange. The goal is to prove that Assange has political views, so the prosecution is politically motivated and therefore extradition should not be possible. I believe that since the City of London Corporation is not a state and is therefore not bound by the extradition treaty signed by Great Britain, any transfer of Assange from this territory to the United States can only be called a kidnapping or rendition.

The prosecutor asks the professor to explain what politics and journalism are and whether a journalist should have political opinions. On the continent of Aristotle, Erasmus, Locke, Rousseau the answer to the question « what is politics » is necessarily long and argued. But the public prosecutor demands that the professor answer yes or no and the debate turns short. I am tired of this debate between Americans who are flat as a desert without relief and whose history and experience of Europeans is excluded, while this strange meeting is indeed taking place on our continent and concerns us to the utmost. The prosecutor asks the question « Can we say everything? Be transparent even against the security of individuals »? But this debate seems to me to be a discussion about the sex of angels, the answer being « it depends on the context ».

Precisely, I must pay attention to one of the contexts mentioned. The prosecutor accuses Julian Assange of having said on August 8, 2011 that « the German invasion of Poland on September 1, 1939 is a lie constructed by Catholics ». I have never heard Asssange saying such stupidity, and if he have said privatly, the prosecutor have to prove it, the accused man being forbidden to speak and unable to defend himself. The prosecutor therefore accuses Assange of historical negationism, a serious accusation in Europe when it comes to facts related to the last world war that destroyed our continent. In the speech I am hearing here, this prosecutor wants to make the witness say that « one cannot say everything » and that a limit must be placed on the freedom of expression. This is indeed an important issue decided by the courts after contradictory debates and according to a different legislation for each European country.

For my part, as a Pole, I would be shocked if I heard someone say something as absurd as « the invasion of Poland by the Hitlerians did not take place on September 1, 1939, it is a lie of the Catholics » (and I am convinced that Julian Assange never told this sentence) but rather than seeking to forbid it, I would invite my interlocutor to come and visit Warsaw, a city destroyed by the Nazis, and the Auschwitz Memorial to see the evidence of the crimes of the Nazis committed in my country. If he is not convinced, the Russians, Belarusians and Yugoslavs will take it upon themselves to show him other numerous martyrdom sites of the populations of Eastern Europe that the Hitlerians had first placed on their list of peoples to be exterminated.

I cannot hear how Professor Rogers is getting out of the trap set by the prosecutor. The latest charge is « criminal justice or political persecution, » does the professor think that the charges against Assange are politically motivated? Or are the charges related to crimes? The professor answers, « I am not a lawyer but a political scientist. Then to the question, « Do you think there is evidence that Manning and Assange committed crimes, » he answers, « I read it in the accusation ». The mixture of « politics » and « crimes » is a very dangerous confusion for us. If making politics becomes a crime, then we will all be criminals tomorrow and there will be nothing left of our democracy that is already in near liquidation! The word politics comes from Polis, « city ». Whoever is in politics cares about the good management of a city. It is everything but a crime. It is a right and a duty! Besides, the level of philosophical debate seems to me very low in this room and the word given to the professor is very limited.

The antique air-conditioning spits its cold and stale air on me. I have seen enough. I dream of coming back to room 10 but only that seems too risky to me. I decide to leave, leaving it to my colleague to finish the work. When I go out into the corridor I tell the security guard that I leave my place to the other associations. The man then tells me « you won’t be coming back tomorrow ». I answer him that I understand the constraints of his job, that I do similar work in France, but that the respect of human rights concerns us all or we will all perish. And I add « we’ll see tomorrow ». Arriving at the bottom of the stairs, the old security guard does not want to let me out. He reproaches me for my passage in room 10 and puts on his gloves and tells me to stop. I feel vaguely threatened. I apologize but I add that it was necessary to see the accused who is entitled to a fair trial, a secret closed trial is illegal. I tell him about the war that the Americans are preparing in Europe using my country, Poland, against Belarus, secret prisons where people are tortured, that if Assange is extradited, we activists who are against the war policy of the United States are next on the list?

The man finally allows me to go out. I save myself while wishing him good luck in his work as a proletarian that I know only too well. When I get out, I tell Rebecca Vincent that I will not come back in the afternoon and that she can take my place. She is happy and that seems fair to me too.

My Polish colleague goes out for the lunch break and tells me that she was able to see Assange again through the slatted door of room 10. Jenifer Robinson in her scarlet red dress was explaining something to him with forceful gestures. Julian Assange smiled at her but did not seem convinced. Had he decided to revolt again?

The next day we were early in the Warwick Passage but Jamie and Sandra slept on cardboard boxes in front of the door and preceded us, very satisfied. But they made these efforts for nothing because at 10 am the trial is adjourned for 11:30 am. At noon the sessions of Thursday, September 10 and Friday, September 11 are cancelled. The covid is obviously found guilty but I wonder if Julian Assange, encouraged by our presence, has not yet sounded the revolt.

The time for revolt is more than necessary.

Extract from the request for release sent by Wikijustice Julian Assange to British and American parliamentarians

Julian Assange is being judged in a court that does not depend on the Ministry of Justice of Great Britain, but in a private place belonging to an enclave that is legally independent of Great Britain as a state and has no diplomatic link with the United States because the City of London Corporation, as a corporation, guild, association of businessmen is not a subject of international law and therefore cannot sign treaties with states. The extradition treaty of 2003 between Great Britain and the United States does not apply to this territory and cannot serve as a legal basis for the meeting that will take place from September 7, 2020 between Julian Assange and those who hold him captive and want to decide his fate.

Consequently, since the extradition request from the United States does not apply to this territory and cannot be processed in the private building that is the Old Bailey, Julian Assange must be considered on the territory of the City of London as a hostage and immediately returned to his dignity as a free man.

Moreover, the bankers and businessmen who own this building and manage this territory have no right to judge a man Julian Assange because they are not judges in the legal system of Great Britain. Moreover, their private interests are linked to large American, Chinese and British companies. Justice under their responsibility can only be tainted by bias. In no case can they be the guarantors of a fair trial. No private institution has the right to judge a man. It is the prerogative of sovereign states which must respect the Universal Declaration of Human Rights. Private institutions must be subject to the Law of States and respect the internal laws of each country. The City of London Corporation is an anomaly in the system of international law and has no right to usurp the prerogatives of sovereign states. Therefore, we consider that Julian Assange is not a prisoner in Great Britain awaiting extradition by the United States, but a hostage of a private organization, the City of London Corporation. An organization that holds a prisoner is a criminal organization and must be prosecuted. We call on the sovereign states to prosecute the City of London Corporation, of which Julian Assange is a hostage, so that Julian Assange may be released from this illegal c

Elements on the installation of a dictatorship in Europe – Julian Assange at the Old Bailey September 7 to 10, 2020

Monika Karbowska

My trip in Europe and the 7 and 8 of September in the Old Bailey

The german Red Cross makes the illegal Covid tests on the travellers coming from France to Berlin

Deepl Translation from French

This difficult trip to Europe from September 3 to 11, 2020 was in many ways a feat. I could never have imagined, when a year ago I decided to take a closer look at the English courts where Julian Assange was to appear, that the following year I would be travelling the familiar roads of Europe in an atmosphere of health apocalypse, intense political tension and the destruction of a way of life, values, legal systems, and everything that has made up our culture. I am obliged to place the trial of Julian Assange in the context of this form of collective suicide of our societies that is in reality the « coronavirus crisis » and to link the two phenomena, even if some will think that it is exaggerated, and that the persecution of an innocent man has nothing to do with the deaf atmosphere of fear in which millions of us have been living for the last 6 months. Too bad. This is my vision and my analysis. What little freedom of expression we have left, I use it fully and without masks before they are able to gag us and lock us up for good.

I left France with relief on September 3, feeling, for the first time in my life, that the country I chose to live in 28 years ago has been transformed into an open-air psychiatric hospital. The cynicism of the politicians competed with the price of violence with a hideous police and hygienist dictatorship imposed by illegal decrees by authoritarian prefects in the purest Vichy tradition. The West has already experienced many periods of madness – the last and most destructive was the collective madness of fascism and the war of the 1930s and 40s, but 1914-18 as the collective suicide of European culture was also significant. The Yugoslavs of 1990-98 were accused of « committing suicide of their Nation », but today’s Westerners can no longer serve as a model of democracy and reason for anyone! The date of Julian Assange’s trial struck me, September 7, 2020 being the 80th anniversary of the beginning of the « Blitz » – Operation Seelöwe, Hitler’s planned invasion of Britain, replaced in extremis by 57 days and nights of continuous bombing of British homes and factories by Nazi aviation. This date is also the symbol of the Resistance of the English people to fascism, and the beginning of the end of the victorious march of German Nazism on Europe. If the British elites have decided to cast a veil of oblivion over this date, it has not escaped me thanks to authors like Joshua Levine[1] .

Imposition of the compulsory mask everywhere in the streets, parks, gardens, suburban fields, offices, workshops, transport, stores, the rare cultural and social places still resistant … 22H out of 24 for many proletarians. Wearing a muzzle mask preventing breathing and expression for all children and young people in France, chicanes and punishments for those who ask to have their say. Children excluded from school because of pseudo covid tests, deprived of education due to school closures that are completely illegal under the UN Convention on the Rights of the Child, not to mention our Constitution and other fundamental texts… Police prohibition of gatherings and demonstrations. Paris city is empty again, because nobody wants to walk around with a muzzle and fear in their stomachs to see the cops coming to fine you for not being physically fit. The bars on the banks of the Seine empty again of young people even though they are the rare places where you can remove for an hour or two our symbol of submission to Macron and the covidian ideology. How to kill economically, socially and politically a city, a nation, a country. I felt the atmosphere heavy with police threats and I was looking forward to airing myself elsewhere. But I hadn’t yet seen the real state of Europe…

Germany Declares Embargo on France

The day before my departure I consult the website of the German embassy in France and I have the unpleasant surprise to read that our powerful neighbor has decreed France a pestiferous zone and imposed a quarantine on travelers coming from the Ile de France, the South of France and the West Indies. How do the Germans intend to check who comes from where, knowing that public transportation (trains and buses) to their homes leave from Paris? The German government site does not provide details. As always in the covid affair, media discourse and real police violence take the place of law, the rule of law has been relegated in our countries to the status of a memory of the « old times » as opposed to the « New World » that the left is still hoping for.

The answer was given to me the next day in the heavy atmosphere of shouting, insults and tension that reigns at the low-cost Bercy station now in the hands of the German monopoly company Flixbus. 25 people are waiting to board the Paris-Berlin, in the dirt of a station that has never been cleaned and suffocating under the obligatory mask obstructing their airways, while the two Polish bus drivers shout directives and threats in bad English. We wait for an hour standing like docile cattle who don’t know what sauce they will be eaten with. The drivers forbid us to put our bags in the bus luggage because of new « measures » from Germany declaring France a « red zone », we have to show our identity papers to the drivers first and fill in a strange « Passenger Locator Card » certificate. This A4 sheet of paper talks about « special rules » (special standards) which now apply to passengers from France declared « high risk area » by the « authorities of Germany » (who?). We have to fill in the form because omitting or hiding information can be punished by a « fine of 25 000 Euros ». The form requires to know where we come from, our names and dates of birth, our nationality, our telephone number, the address where we will stay and the addresses where we will be going in the next 14 days. At the bottom I see a « covid health » questionnaire – do you have fever, cough, loss of taste and smell. The last question asks if you have had the covid test, what was its result and in which country it was done!

People are as if stunned by the violence of the charge, sensing the monstrous illegality of the thing, but not being able to defend themselves as hostages of the Flixbus firm that can refuse them to travel. A man nevertheless protests that he has paid for his ticket and that there is no question of him not getting on the bus. The two Polish drivers, a man and a woman, are visibly terrorized themselves but fulfill their role as kapos by shouting violently at the man, calling private security guards from the station and threatening that the « Polizei » will take care of him in Berlin if he does not fill out the form. I am very worried and upset, especially since a rude Ukrainian woman is pushing me in the back to pass me in front. But I calm things down by speaking softly in Polish to the two drivers. My words bring a little humanity in this madness and the woman ends up doing her job and check in the passengers, their luggage and install them in the bus. She ends up making us fill in the forms and takes them from our hands (I don’t fill in the addresses and the « did you get the covid » part. After all I bought a ticket to Poland, Germany is only a transit). We leave relieved. While Flixbus has condemned the toilets because of « coronavirus », the Polish driver ends up behaving like a real professional: he knows that they are transporting humans and not a load of cattle in a leaded wagon over 1300 km from Paris to Berlin. Once far from Bercy, he opens the door to the toilets so we can use them. He even stops in the night on a highway area for a break forbidden by his employer. All the masks fall off during the night, and I am relieved to see the marked but human face of the woman driver so stressed.

Violations of Rights in Europe

I then review the Flixbus form and any violations of the laws immediately jump out at me. The form does not mention any institution: which institution in Germany has decreed France as a « high risk zone »? On what legal basis? A decree? A law? A circular? One is not allowed to threaten people with punishment or fines just like that on a piece of paper without any in the head of a public institution and to make the employees of the private company, in this case Flixbus, bear the responsibility for the threats. Flixbus as a private company is guilty of many violations of rights by forcing its customers to provide it with information as sensitive as the state of health of its customers (« did you have cough, fever, did you do the covid test and what was the result »?), their residential addresses in several countries, their phone numbers. I suspect that the « Polizei » that serves as a scarecrow is a storytelling designed to scare us, as often in both the Assange and Covid cases. Indeed, we cross the border without any control by the border police, who don’t seem to want to participate in arbitrary measures of « Covidian » madness. She leaves that to the employees of Flixbus…

We are two hours late when we arrive in Berlin the next morning.  I have only one hour left for my bus to Poland. But as we arrive at the ZOB « (Zentraler Omnibus Banhof), a disturbing event occurs: the bus enters the station parking lot, turns a little and then goes back out again. The passengers get up from their seats worried: where are we being taken to, locked in this metal box?

The bus bypasses the ZOB and a kind of « camp » appears, made up of white tents behind security barriers guarded by men in uniform. Later I will see that the camp was stamped « Deutsches Rotes Kreuz », German Red Cross. The bus stalled in front of the camp without opening the door and the « policemen » approached. The passengers panic. The Polish driver is afraid. She lets go of « Polizei Polizei », shouts that we are not going to get out if we do not obey and if we do not do the covid test, while handing out the famous forms. In fact, they are private security guards, obviously migrants. I turn to the driver and tell her in Polish that I am not going to Germany but to Poland and that in this case forcing people to take a medical test is illegal. Her colleague then opens the door and everything goes very quickly. I get out first and run to the private security guard. I shout to him in German, my ticket in hand, « I’m not going to Germany but to Poland, my bus is leaving right now! « He looks me in the eyes and he understands that I understood: « Take your luggage and save yourself » he shouts to me. I don’t ask for anything else, I grab my backpack and run with all my strength to put as much distance between me and the bus as possible. I run into the parking lot of the ZOB. A man comes up to me and asks me if I am « from Paris ». I am afraid he is an undercover cop and I say « nein »! At all costs not to be identified with France, the country of the pestiferous!

I can only rest when I see that life is going more or less normally in this big train station in the capital of Germany. Almost no masks, except on the buses when getting on, a pizzeria that works, travelers who behave normally, far from the madness in which we have been living for the last 6 months in France. The bus to Poland is almost empty, the driver is relaxed. A 70-year-old Polish co-traveller tells me about her life in the town of Police, a large industrial city on the outskirts of Szczecin, a mecca for the chemical industry built by Popular Poland and privatized for the benefit of the German oligarchs. She tells me that her family from the « East », the Ukrainian territories, rebuilt the city from ruins, but also used the houses and objects of the former German inhabitants driven out of Potsdam by the Allied decisions. In one hour I am entitled to a beautiful humanistic reflection on the madness of the war, those who suffered from it on both sides of the German-Polish border now on the Oder and on reconciliation between peoples. She is proud to tell me her story as a Polish worker and also to call herself « anticlerical » by announcing the non-religious marriage of her daughter, which for a Polish woman is an important mark of left-wing convictions. Poland as this woman presents it to me fills me with happiness and love. It is this Poland that I would like to see revived in freedom and dignity.

We are in an acute phase of the struggle – the dictatorship that is descending on everyone’s personal life makes it no longer possible to close our eyes to this hideous face of capitalism. The Polish Facebook groups « Stop the Health Dictatorship » and « Commission of Inquiry into the Abuses of the Health Dictatorship » have tens of thousands of Poles who suddenly awaken to civic life when they discover that the remnants of their personal freedoms are being abolished, that people die in front of the doors of public hospitals because doctors refuse to treat them « without covid test nothing is possible », that children are mistreated and even tortured by school directors when they can no longer stand the mask 8 hours a day. Children are also already excluded from school immediately for not wearing the mask. Polish parents must accept that their children are taken away from them and placed in « institutions » if they have a fever or a cold… or are deprived of school, a serious violation of the UN Convention on the Rights of the Child. Suddenly the citizens, deprived of citizen’s rights, find themselves confronted with the need to fight for this citizenship and the European revolt in Berlin on August 29th was the starting point of this insurrection.

Precisely the formular of Flixbus violates several rights guaranteed by the European Charter of Fundamental Rights: Article 3 which guarantees the right to integrity and in particular the « free and informed consent » of the person « in the field of medicine and biology », Article 6 guaranteeing « liberty » – (what about the practice of bringing captive persons in a metal box for a forced test other than a deprivation of liberty?). Then there is Article 45 guaranteeing « the right to move and reside freely within the Union space » and finally, the important Article 8 on « protection of personal data » stipulating that personal data may only be collected within the framework of the Law and on the basis of the person’s consent and with a guarantee of access to this data[2]. Flixbus has absolutely NO right to collect as a private company these personal data on the health and location of citizens traveling in the EU. But there are so many Fundamental Human Rights violated since the deprivation of liberty of 400 million Europeans called « confinement » by the Covidian propaganda that all the levees between democracy and dictatorship are easily breached… Also these arbitrary practices violate articles 3 of the Universal Declaration of Human Rights (right to liberty), article 13 (right to freedom of movement), article 12 (protection of privacy)[3] . Even the Lisbon Treaty that we on the left have criticized so much is blithely violated, especially Article 2 ensuring « the free movement of persons »[4]! The UN Covention Political and Civil Rights has also been violated by the policy of pseudo-sanitary confinement of the population (Article 12 guaranteeing freedom of movement within the framework of one’s country) while mandatory covid tests violate Article 7 of the Covention « In particular, it is prohibited to subject a person without his free consent to medical or scientific experimentation ». Moreover, while the Convention allows exceptional derogations in case of « serious threat to the life of the Nation », they can only be limited in time and above all do not concern articles as fundamental as the prohibition of medical experiments .

It is also necessary to underline how much the embargo policy to which Germany subjects France with the pseudo health argument is also a violation of the equality between the States supposed to be guaranteed by the European Treaties… The French people are presented by the propaganda of powerful States such as Germany as dangerous for the « health » of Europe as if they were carriers of the contagious disease of revolt! In September 2020, the spectre of the Vienna system of 1815, when the reactionary kingdoms united for 100 years to isolate France guilty of Revolution, looms over Europe! In this atmosphere of madness it is not surprising that the city of Szczecin, formerly a large industrial port, now landlocked and decrepit, seemed to me on September 4, 2020 a haven of peace. I hadn’t forgotten, however, that the only protests during the closure of the whole of Europe in March and April took place right here: in the cities on the German-Polish border, desperate citizens braved the police in forbidden demonstrations because the closure of the border had deprived these cross-border workers of their livelihood. Depriving people of a livelihood: another violation of the Universal Declaration of Human Rights, whose articles 23 and 25 guarantee the right to work and the right to a decent income!

The End of the Rule of Law in Europe?

Faced with so much arbitrariness I was not at all sure I would be able to cross back through Northern Europe and arrive in England for the trial of Julian Assange as I left Szczecin accompanied by the Polish left-wing activist Basia W. The familiar Poland-Germany-Belgium-Belgium-France route that I have known by heart since I was born seemed to me to be suddenly full of pitfalls and dangers. Before leaving we fill in the obligatory form to return to Great Britain with our telephone numbers, our residence and stay addresses and the numbers of relatives « to be contacted if you have infected someone with the coronavirus » even though we are not as Poles subject to quarantine.

If the journey from Szczecin to Berlin was without problems, Berlin without tourists, empty restaurants on a Saturday evening of the first weekend of September seemed strange and sinister to me. The inhabitants, even in revolt, even unmasked in the streets, even without the alarmist announcements in the transport system (« against the coronavirus together let’s stay mobilized » in the Parisian subway strangely echoing the terrorist attacks of 1995), remained calm at home. The Berlin-Rotterdam bus was therefore almost empty too. Driven by a Polish driver who was as scared as those on the Paris-Berlin route, our bus was stopped in the middle of the night by an unmarked car in the middle of the countryside. We were ordered to get out and lined up in a row by two tall blond men in civilian clothes and armed like the French « baqueux » (violent special police). In this agonizing atmosphere we didn’t even know where we were, in Germany or the Netherlands.

The men, without any police insignia, (they could very well have been highway robbers or mafia guys) were questioning the travelers about their destination in Rotterdam and the reasons for their trip and stay. Arbitrary and totally illegal, especially since they are not Border Police. A mother who had left her three small children on the bus was ordered to extract them in order to present them to the « cops » outside. Before my turn, I ask the Polish driver how he knew that those who order him to stop in the middle of the night are indeed policemen, because « it’s scary to see them stop like that on the road ». The driver pointed to the light panel on the back of the car « police follow me », which seemed to me to be a very light sign of recognition. He added: « And again, you haven’t seen what they are capable of doing! During my previous trip they lined us up with the luggage as if they were going to shoot us »! The word is pronounced, anxiety rises. Having perhaps heard this exchange, the Dutch « baqueux » opens his jacket and a logo appears, supposedly representing his police force, but still without any identification number. When it was my turn, the man checks my Polish identity card, asks me where I live and where I’m going and what I’m going to do in Rotterdam. Nothing, I go to London to look for work, like so many Polish migrants. And how long are you going to stay in Great Britain? Migrant answer: as long as the work lasts. With such a questioning, freedom of movement has indeed ceased to exist in Europe.

On Sunday morning, the Rotterdam train station, so close to the big port that you can hear the seagulls screaming, looks like a capitalist glass monster. It looks like the hideous district of Brussels where the institutions of the European Union are concentrated. Yet we are happy to discover a cafe without masks and without hygienic madness: if the Dutch police protect their country from intruders, it is because the very globalist elites of this country have the ability to protect their own citizens from the madness reigning elsewhere. So people are living normally in the Netherlands and on the Flixbus that arrives two hours later to take us to London via Lille and Calais the heavy and violent atmosphere of France and a little bit of Germany has faded away. Only a few young people look like they are masked but it must be said that precisely, being in full health, they do not yet realize to what extent they subject their lungs to the strain of breathing under the synthetic fiber product.

In Lille many French travelers get on the bus and we are now on the last stage of the journey which seems to me the most difficult: the passage in Calais in front of the British and French police before the Eurostar tunnel. Since my 14 trips for the trial of Julian Assange I know the places, yet everything seems strange to me since the authoritarian hysteria of the « coronaguerre ». Fortunately, the French policemen don’t overdo it. While they are young, they are tired under their masks 8 hours a day behind their glass guardhouse and take off their get-up as soon as an opportunity arises. We take off ours to show them our faces. We are like the Saudi women who keep the black abaya permanently but have to lift a piece of the « secret » to show their faces to the border control. We’re tired of dragging our luggage through the checkpoint scanner. Then we get back on the bus and go back down for the English control. Surprise. The passage that I dreaded so much goes smoothly: the British police officers do not check the famous attestations at all! Even French travelers theoretically subject to quarantine are not worried! So the famous quarantine turns out to be one more storytelling! The British police tell my Polish colleague something about quarantine that she doesn’t understand well but the paper she gives her refers to the website https://visas-immigration.service.gov.uk/public-health-passenger-locator-form with the form we already filled in. So we are in order with the British administration. The rest of the trip goes smoothly, we cross the channel, drive on the Kent freeway in the afternoon and arrive at Victoria Coach Station in the evening of Sunday September 6th.

The City of London Corporation is neither the City of London nor Great Britain.

In the evening we move into the rented apartment in central London, not far from the Old Bailey, the court where the trial is to take place and we decide to see what the place looks like. It is over 9 pm when we walk around the Old Bailey: a huge complex of several buildings surrounded by no less imposing office buildings of banks and other businesses under which there are deep underground passages visible at the huge truck gates. The Old Bailey consists of a 19th century building next to an austere bunker from the 1960s. There are already two entrance doors on the façade – the Central Criminal Court door looks as if it receives visitors, as barriers mark the entrance and a window displays the hearings of Friday, September 4. A closed carriage entrance bars the carriage entrance to the Warwick Passage, which leads to the back of the Old Bailey.

We walk around the block, photographing a 17th century church and the « Amen Court », a small neighbourhood of 17th century houses that survived the Nazi bombing of the rear of the Court that seriously damaged this central area. We also find ourselves at the rear of the complex, at the exit of the « Warwick Passage » – the Old Bailey complex is a huge complex with wide and high windows, some of which may be apartments and not offices. Surprisingly, on Sunday night there is light in the court rooms. The top two floors, 4th and 5th, are even illuminated with a strange bluish light. Behind the building is a small square with a bench, a parking lot and the main entrance for the court employees. Leaving the parking lot we can walk around the complex on our left and return to the historic 19th century « Old Bailey » with its high tower and statue of Justice at the top. We then walk along the 17th century « Maison de la guilde des Couteliers » with its French inscriptions which is part of the complex and a modern building where the Axa offices were still located in July. Everywhere, in every corner of the complex, no less than 4 large carriage gates lead to underground passages. By which way will Julian Assange be brought to trial? We cannot know and the lawyers have obviously given no indication. We are therefore photographing the premises to better prepare ourselves.

Above all the doors is the coat of arms of the « City of London Corporation » – the two winged lions wearing helmets above the red cross of St. George on a white background. Indeed, the City of London Corporation is not the City of London, it is the historic enclave of bankers and merchants, their fiefdom older than England and older than the United Kingdom. Julian Assange does not appear here before a court under the British Ministry of Justice, but he is brought to a place, a building belonging to the City of London, the famous stronghold of the bankers. For even if the Central Criminal Court is indeed a British court that sits in this place, Julian Assange is not going to be judged by the official judges of the Central Criminal Court. In fact, in the rented hall of the Old Bailey, we are no longer on British territory. We are in the City.

Indeed, the Old Bailey Criminal Court is owned and operated by the City of London Corporation. The City of London Corporation has been the historic heart of London since its foundation by the Romans and then during the reign of the Anglo-Saxons. It is a private association of merchants and bankers. William the Conqueror gave a series of privileges to this association called the City of London, including the right to be self-administered by the Council of Elders « The Court of Aldermen ». His successor chose to build his capital in the town of Westminster, which thus became the new capital, now the City of London. The City of London, which is a business association administering a territory, won in 1186 the privilege of choosing its mayor, the Lord Mayor of London.

Today the Lord Major of London is one of the oldest elective offices in the world. He represents the interests of the banking sector established in the territory of the City of London and the few residents. He is therefore automatically Rector of the University of London and Admiral of the Port of London, which gives him a great deal of power independent of the government of Great Britain. The Corporation is the supreme power of the City including the richest of the City (Court Aldermen) and the Mayor himself. Despite the fact that he is supposed to pledge allegiance to the Crown of Great Britain, the annual Tempel Bar ceremony where the King or Queen has to wait for the Mayor to give him the right to enter the City shows the extent of his power and proves that the suzerainty of the Queen of England is purely symbolic. The Government of Great Britain as well as the Parliament of the country have no real or symbolic power over the territory of the City of London Corporation.

The Old Bailey Court is administered by two sheriffs representing the banking guilds of the City. The Major of the City of London is the head of the administration of the Court and has the prerogative to sit on it as a matter of right as well. The Administrator of Mansion House, the seat of the Mayor of the City of London, is also the head of the Central Criminal Court. Since 2017 the Executive Director of Mansion House and the Central Criminal Court is financier Vic Annells. The Mayor of the City of London is currently Alderman William Russell, a banker with the American bank Meryll Linch. The two sheriffs elected in 2019 by their peers are banker Alderman Michael Mainelli has been a manager for the City’s Anglo-American investment funds, for agencies of the Ministry of Defence and for Deutsche Morgan Grefell, and sheriff Christopher Hayward is linked to China’s interests as head of the board of the Sichuan Business Association. Both sheriffs administer the Criminal Court Old Bailey owned by the City of London and are required to reside there for the duration of their tenure[5].

I knew this information before I saw the place, but I was not surprised to read on the notice board at the entrance to the « bunker » part of the Old Bailey that this place was the producer of the famous British « Maritime Law » – the law established in this court managed all the ships of the English and British navy during its conquest of the world from the Middle Ages until today as well as the territories of the British colonies. The maritime law dependent on the Old Bailey also extended to the territories established and managed by the Virginia Company of London, in other words to the 13 founding states of the United States[6]. The Constitution of the United States of the Americas and their Declaration of Independence of July 4, 1776 does not define the territory of the United States, nor their languages, nor their customs, in short, everything that makes a nation … some Anglo-Saxon thinkers believe that the United States remains de iure (and de facto?) a colony of the City of London Corporation and are therefore not a true state. Certainly independent of the « English King » as their Declaration proclaims it, but still dependent on the bankers of the City of London Corporation?

Julian Assange had braved both, the royal power of the Queen of England and that of the United States of America (former?) colonies of the City of London.

The City of London Corporation’s muscular welcome

Our ballade carried out, we enter a Pakistani grocery store to buy what to dine. It is then that the heaviest and most muscular police attack of all our stay occurs. Two policemen in uniforms enter the store as we approach the cash register. I am surprised, they are not there for a robbery, we are just going to pay our purchases. What’s going on? One of the policemen summons my French colleague to abandon her shopping and go out. We don’t understand what’s going on but we obey, because we are so used to obeying the police even when what they do is illegal. I think it’s a mistake, especially since the man, tall, white, young, muscular and redheaded, dressed in black, carrying a weapon (taser?) and various paraphernalia tells us to go out « for information ». But once out in front of the store, the three of us are surrounded by no less than six policemen, three men and three women, who obey the orders of a small redheaded man dressed in civilian clothes and equipped with an earpiece and a walkie-talkie who is standing next to a car that we hadn’t even noticed. We are quite shocked, especially since they demand to separate us and talk to each cop separately. We are foreigners, my Polish colleague has just set foot in England the first time, I am worried about her. The situation is very tense and shocking.

What do they blame us for? For having taken pictures of the Old Bailey during our walk! I answer that it is not forbidden to take pictures of the Court, there is no sign and besides I had already taken pictures of the whole building last July without any problem. I knew that there were cameras everywhere, but as it is not forbidden, I didn’t think that the private security guards who watch the banks would immediately call the police when they saw three women walking in front of the Old Bailey and reading the billboard in front of the door! They are not London policemen, by the way. They are City of London Corporation police. They are wearing white and red checkered caps and the City logo is on their uniforms. That said, they are young and their clothes look strangely new. Emotionally we don’t notice it right away, but the three young women who take us aside, have very studied hairstyles as if they had just come out of a hairdressing studio for a film shoot. The one who searches me wears small braids that are very complicated to do yourself and to maintain – in security jobs, women are most often wearing a ponytail that is easy and quick to do.

They demand to see our ID, two of us don’t carry it with us, after all we’re just out for a walk in the neighborhood. They tell us that the credit card is enough and copy our names from these documents. Then they demand to see our photos. We have to open the two cameras that my Polish colleague had used. « What’s this? »? -asked one of the men pointing to the only photo on my camera, two lighted windows of the Old Bailey but which could come from any building. I simply answer « I don’t know, a building with lit windows ». Another questioned my French colleague about the photo of the 17th century Guilde Church of St. Martin on Lutgate Hill. Her answer is « it’s a church. Polish women are necessarily interested in churches! It’s starting to feel very strange to be questioned like that. The cops quickly quoted something that looks like an article of law but they did it so quickly that we didn’t understand anything. One starts to speak to them. We are foreign tourists who have just arrived in London. We hardly put the foot in the apartment of hiring and made our first ballade in the center of London. We made photographs of a building certainly official, but historical that it is not forbidden to photograph.  So What?

So the strange policemen of the City of London tell us that what counts is « intention! And the intention is to commit a terrorist act »! Indeed, under the « Terrorism Act » it is forbidden to photograph a building where a « very sensitive trial » will take place the next day! Here we are… the City of London Corporation cops are hunting for Julian Assange’s supporters who would come near the Court! This is starting to make me anxious. I’m not going to start again with the illegal repression like the one I suffered in Greece from 2009 to 2013. We have to get out of this situation! We explain that we only took tourist photos of historical buildings. It’s at night, we are three foreign women surrounded by 6 weird cops who don’t behave like real professionals but like a private militia – yes the City of London police is not a state police since the City of London Corporation is not a state or even a city but a curious hybrid territory belonging to private companies to which the Queen of England confers the privilege to have their own police. We are no longer in Great Britain, we are in a territory managed by a private association, some would say a mafia. What about our rights, when this territory has not signed a bilateral agreement with our countries? Can our consuls help us?

When the young interrogator asks me why I photograph these modern buildings, I give him a history lesson on the anniversary of the Blitz and the suffering that the people of London endured under the Nazi bombings. I am sensitive as a Pole whose country was completely destroyed by the Nazis to this terrible story of the destruction of the historic heart of London and its reconstruction after the war. I wanted to show my young Polish friend the contrast between the remains of 17th century architecture and the buildings rebuilt in the 1950s and 1960s. The man seemed a little impressed by my lecture and gave me a similar speech about his family during the Blitz. In fact, I don’t listen to him, I’m stressed at the thought of what might happen now. Indeed, it’s not over yet.

They are looking for something and they reveal themselves quickly. Each of us is separately summoned to say whether we know Julian Assange and what we think of him. And if she comes for the trial. No way. We answer all the same thing, we came as Poles looking for work and as we are in the city center we take a tourist tour. The cop who questions me is mocking. She asks me where we live, I give the street. The apartment is obviously too expensive for migrant women. I answer her « it’s an opportunity », adding that at my age I have more money than my young colleague. She asks me questions about the job I’m going to do, and when I’m going to come back. She insists on Julian Assange, I can see that she doesn’t believe me, I’m tempted to tell the truth, after all we’re not doing anything wrong. We are not violating any Law as a Human Rights Association. It is they who violate the Laws by holding a man hostage for years and having him tried by a pseudo-court of private companies.

The forbidden Old Bailey in the night

In the end all three of us end up saying « since you tell us that this trial is sensitive and that it is so important and that it is not forbidden to attend it, then yes, we want to go »!

It’s not over yet. The bullying continues. While the young cops seemed to have finished their exercise of control over us, the plainclothes chief standing further away gives them an order to continue. Now the policewoman with the neatly arranged mats grabs my bag and starts to pull a tirade on the anti-terrorist law articles that she will search me. She doesn’t show up and doesn’t have an identification number on her, contrary to what the law that she claims to be acting requires (as their own attestation shows here). A body search here on the street seems odd and inappropriate to me. I grab my phone and start dialing the number of the Polish Consulate. I tell her, « since you are accusing me of terrorism, this is starting to get serious. I don’t understand what you are saying. I am entitled to the assistance of an interpreter and a lawyer. So I call my consul so that the Polish consulate can assist us. The young woman stammers and backtracked: « No, you are not accused of terrorism, but under the Terrorism Act we can check your bag and search you in the street »!

I am thinking. After all we really have nothing in our bags. I decide to let it happen. The woman puts on gloves and makes a clumsy and unprofessional security palpation. The woman who searches my French colleague does her job so badly that her palpation is akin to a sexual assault. I’m worried about my Polish friend who has undergone 2 muscular checks by cops in 24 hours just after arriving in the country for 2 hours! The redhead with braids opens my bag and takes out all the objects. She looks at my diary for the 5th and 6th of September, inspects the erotic novel in French I have with me as a good luck charm (« what is this ? » ? « an erotic novel »). If they were expecting posters or leaflets for Assange, they are disappointed, there is absolutely nothing in my bag and fortunately. That said, professional policemen look for weapons or drugs, and don’t spend their shift inspecting personal diaries and books as if they had already become a political police.

Finally, the red cop puts my things back in my bag, but one of the men, one of the ones who decide, comes out and shows my Yellow Vest still in my bag pocket. « What’s that? It is ironic. He is trying to get me to admit that I am part of the Yellow Vest movement. In the West, the political police began. I quietly tell him « a yellow vest for the bike ». I’m ready to call the consulate if things get out of hand.

Finally, it’s over, the cop students have found nothing. They ask us if we want attestations of the search. Oh yes we do! To have proof that you didn’t find anything! While the cops are busy filling out a very short form that doesn’t in any way tell about the psychological brutality of their intervention on us, the plainclothes man in decision making pretends to talk about searching our home. There I get angry and I say « No. » The man decision-maker, pretends to talk about searching our house. For that you have to present a written order ». He does not insist. Obviously, all this is bluffing and storytelling intended to impress us. He has no documents incriminating us for any crime. Photographing the Old Bailey is not forbidden and if it was, it must be visible in writing. Photographing a building is not synonymous with preparing a terrorist attack. They go a long way, however, in intimidating the private police of the Lord Mayor of the City of London.

The policewoman who inspects our French colleague ends up telling him, as we itch to ask them the crucial question « but who are you »? « We are not the British police but the City of London police. The City of London is something special. You see the Vatican? We are like the Vatican. Independent from Britain. I also ask the question that targets power to my redheaded inspector. She confirms: the militia of the City of London Corporation is independent of the British government. We are in hostile territory, but a territory that is not a subject of international law, not a state, but a private company.

They are releasing us. We are stunned and return to the apartment. The paper that these « policemen » send us does not mention what the result of their search is in our bags and on our bodies. It only says « some women photographed the Old Bailey the day before a sensitive trial ». By the next morning the Old Bailey will be photographed tens of thousands of times and none of Julian Assange’s supporters will be worried.

It was that night that we were not supposed to see what was going on at the Old Bailey. What was so special about the night before the trial?

The police paper that we retrieve from our mailbox does not give any result of their search, which is worrying. On the other hand it does state that although the police are only allowed to search if they « have reason to suspect that you have stolen something or are carrying offensive weapons, drugs or anything that can be used for theft, burglary or to commit criminal damage ». Clearly the object that the City militia consider as a possible weapon is a camera! What a fine example of the establishment of a dictatorship to penalize image takers on the eve of a trial for journalism! The dictatorship of private militias on the march in Europe, there is no doubt!

Translated with www.DeepL.com/Translator (free version)


[1][1] Joshua Levine « The secret story of the Blitz », Simon and Shuster, 2015, London

[2] https://www.europarl.europa.eu/charter/pdf/text_fr.pdf

[3]http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-universelle-des-droits-de-lhomme-de-1948-11038.html

[4] https://www.europarl.europa.eu/charter/pdf/text_fr.pdf

[5] https://en.wikipedia.org/wiki/Michael_Mainelli

https://www.cityoflondon.gov.uk/about-us/about-the-city-of-london-corporation/lord-mayor/lord-mayor-biography

https://news.cityoflondon.gov.uk/city-of-london-corporation-appoints-new-executive-director-of-mansion-house–central-criminal-court/

https://en.wikipedia.org/wiki/Lord_Mayor_of_London

[6]https://www.encyclopediavirginia.org/virginia_company_of_london

https://www.britannica.com/topic/Virginia-Company

https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginia_Company

Monday, September 7, 2020 – first day at the Old Bailey

We are stressed out by the police incident and I can’t get up early. We arrive at the Old Bailey only a little after 6 a.m. 4 people are already up with two signs in front of the curtain drawn on Warwick Passage. We do not know if it is well here that the public will enter but we have no choice but to follow them. We greet them and we remain polite but the tension will go up quickly and will remain lively all day long. Jamie, Sandra, the German journalist Moritz Müller and two other men act as « place warmers » – they queue for others and will give up their places at the last minute. These are obviously not fair rules on a first come, first served basis, I don’t think one person is more important than another and no one should be a stooge for anyone, but that’s not the most acute problem. The hardest part is that even if we stay calm, the « supporters » feel they are allowed to free ride and pass us by, so that after 3 long hours of waiting while a security guard opens the gate and we can get into the narrow gut of the passage, we will find ourselves tenths in line when we were fifth in the morning.

A woman with a straw hat, a man come and stand in front of us and push us elbows to make us leave. Then they attack us in various ways, first by shouting that we are attacking them (the famous inversion of the executioner who shouts to be a victim…), by playing the kapo of « social distancing » or by calling us nasty about the forty-something the French are forced to do. I answer that they only have to take 3 steps backwards to have their « social distancing », while putting on the muzzle mask which here becomes a useful accessory to demonstrate our good will to respect social codes. I also say that I am Polish and therefore exempt from quarantine, but the atmosphere is unbreathable because the violence of the « supporters » increases as the hour goes by.

As early as 8:30 am when the City of London police is on the spot and the demonstration in favor of Julian Assange is growing in front of the main entrance, we already know that there are only TWO seats in the public gallery! The pretexts are fallacious and the covid is playing a key role in the cancellation of the publicity of the trial, another violation of the rights we suffer all over our continent. All of us, with Julian Assange.

But I persevere, all the more so because one of the policewomen, a lady in her sixties, tall, blonde, masked, dressed in the white and red checkered uniform of the City of London Corporation, who seems to be directing the operations, approaches us around 8:00 a.m. and allows us to stay in line to ask the Court if our human rights association could receive accreditation for the next day. She is polite and has nothing to do with the weird people we had to deal with the day before. The « real » policemen do not seem to be the same at all, none of yesterday’s policemen are present. The nickels uniforms and the dressed-up hairstyles of the women of the famous night patrol seem more and more like movie sets. The City of London policemen’s car is black, while the British policemen’s car is blue and yellow. Some policemen from Great Britain will be present on Tuesday and Wednesday but just like in front of the Westminster they will remain polite and discreet.

At 9:30 a.m. the tension is at its peak. The organized demonstration is in full swing in front of the historic building. Certain aspects make one think of a ridiculous and offbeat spectacle: a man walks barefoot wearing a skirt in the colors of Ireland, a woman wears a kangaroo costume supposed to represent the « kangaroo court ». Another distributes leaflets for the « coming of Jesus » while grim actors walk around with a simulated cross. I don’t think this staging highlights Julian Assange’s political commitment. I would have preferred to see real political activists, trade unionists, members of the Communist Party, left-wing Labour, English human rights associations… But these representatives of the real English civil society do not want to touch the Assange affair as if the complexity of the question were confusing them. It is true that they would then need to thoroughly clean up their society, the contradictions of their feudal political system (the City of London as the feudal fiefdom of the suzerain of the Crown of England) and they seem to be backing away from this Herculean task.

As a foreigner fighting for the freedom of a man hostage we do not have these hesitations and we must move forward because our freedom is linked to his.

At 10:00 a.m. an elderly private security guard opens the public gallery door in Warwick Passage. He brings in the families of the few other « cases » – Maurice Robinson and Christopher Kennedy, two young English truck drivers accused of murdering 14 Vietnamese migrants by leaving them to die in their refrigerated truck in November 2019, and the family of a man who killed his wife. The 10 or so people climb the stairs as we stand in front of the door.

Confusion then sets in and the physical pressure of the people « heating the place » increases on us. We are accused of all the evils of which these people, who are supposed to be our allies in the defense of Julian Assange, are actually guilty. It sounds like a well-oiled scenario to keep us out by making us lose our cool. Since I’ve known the scenario for a year and 14 hearings, I’m not dismantling myself.

Places and protagonists of the show

Some sleeps in the Warwick Passage in order to be the first in the queue….

Then suddenly the situation is unblocked: a young security guard comes to help the older one. The entrance door to the « public gallery » opens. The agents announce that Julian Assange’s « family » has priority. I see John Shipton arriving and then, with surprise, the February trio consisting of John Shipton’s brother, his wife and the brother’s son. I obviously did not see them at any intermediate hearing in Westminster Court. Stella Moris is also absent, she will NEVER be present in the premises with the family. However, Craig Murray is following. I am tired of this opacity – who decides who the family is? – but there is nothing I can do about it. Worse, once the five from Woolwich Court enter the narrow staircase leading to the upper floors, concussions between Deepa River and the security guards begin as the « seat warmer » activists have cleared the square. These opaque negotiations result in Kristinn Hrafnsson, Fidel Narvaez and John Pilger entering the staircase. Pilger, of course, never stood in line, unlike Fidel Narvaez, whom I have seen since the morning, but who was able to move freely without being forced to hold the door like us so as not to be fired. I am then angry, especially when I think of the immense efforts we had to make to get there? But I remain stoic, however, trying to discuss with the security guard an « accreditation for human rights association ». The man looks at me and says that there is no room in room 10 « because of the coronavirus » but at his attitude I understand that we must persevere.

We are now the two Poles in front of the door. Between the main entrance in the street and our door is G. the mysterious activist I have always seen, every time at every hearing for the past year. G. was at first hostile towards me, then friendly when we made common cause against Greekemmy’s lists. She attended the 4 days at the Woolwich Court and I saw her again in July and August at the Westminster. G. speaks very high level Oxford English and we know nothing about her and how she always gets in. I was saddened this morning when she attacked me hard in the queue while she came in after me and finally I see her pass me in front of me. She seems to have some power as she negotiates with security guards and court officials for the entry of two other protagonists of the game I know from Woolwich, Rebecca Vincent of Reporter Sans Frontieres UK and Christian Mihr of Reporters Without Borders Germany. However, I can’t understand the tenor of the exchanges because I can’t leave my post in the dark gut of the Warwick Passage to go to the main entrance in the street.

When she pushes me to stand in front of me in front of the door, I react. In a kind, almost begging tone I say to her, « Why are you doing this to me? I have always been loyal to you. She continues accusing me of pushing her and telling me about the famous « social distancing ». So I simply say to her, « Who are you? How come you always come in? You said you were a researcher, but I’ve never read anything you’ve written. So the woman represses a smile. Then she says »I’m doing this for my country, ». « Didn’t you notice that there are no British people in this business?

Yes, I have. Only Australians and Germans. And this is the international place of the World Bankers’ City par excellence.

So everything is going very fast. The door opens. Kristinn Hrafnsson appears, followed by John Pilger. The two men leave the place after only one hour. The security guard announces that he can let us in. G. first, then me, then the two from RSF. I give my cell phone to my Polish collegue and I should also throw away my water bottle and cookies, as all food is forbidden. The passage to the public gallery is a narrow gut made of dark wood and tired linoleum that reminds me of the Stalinist architecture of the Warsaw court in the years 90-93. In a tiny mezzanine is the agent’s PC, as well as a metal case – a model metal detector from the 80s. Once our bags pass through the crate and the agent has found nothing forbidden, we pass through a security gate. It’s quite sensitive because my shoes ring every time. As soon as I’m released from the search, I start running so I don’t lose my place. Three large floors to climb up a bunkered staircase without windows, a dirty linoleum floor, toilets in the mezzanine behind heavy dark wooden doors (the women’s toilets are condemned because of corona, we will have to go to the men’s toilets, furnished with sinks and pissoir model of the 1960s. No one has ever renovated or modernized these places, which do not seem to be very busy).

On the 1st, 2nd and 3rd floor, I meet the families of the other defendants who are waiting in a small vestibule on the landing. I have to run all the way up, to the 4th floor of this staircase, the 5th and last floor of the building and I arrive breathless. On the landing an elderly white woman in a black and white masked uniform tells me to wait. She is conferring with another agent sitting in the corridor in a recess in front of a camera screen. The surveillance cameras show the stairs and she has to watch the corridor as well. No security PC, I reflect on the lamentable working conditions of the so obedient English proletarians. The two women tell me to follow them. In the narrow and dark corridor we walk along Court Room 10 and they open the next door, Court Room 9.

I go down into the public gallery, I sit down on one of the many empty chairs. G. is behind me far away from me, to my left in the back I find Fidel Narvaez but Rebecca Vincent and Christian Mihr don’t mind the « social distancing » (and I don’t blame them) and place themselves in the row just behind me a little higher up. I am not in the « Saint of the Saints », this place is Courtroom 10. I’m in an adjoining room that welcomes journalists and the public who are summoned to follow the debates in Courtroom 10 on two video screens placed on either side of the room.

I get angry when I count the number of empty chairs: 40 seats in the public gallery divided into 4 rows and there are only 5 of us! The Coronavirus allows to abolish any rule of law while there is plenty of space to let 20 people in! At the bottom of the balcony of the gallery, I count in the room itself 50 chairs occupied by only 15 people! And there is also on the right side of the room the box of the accused or not less than 10 places remain empty! In all 100 places of which 80 are empty!

The public of the journalists is thus very sparse. The room is a courtroom with a large stage with a high leather armchair for the judge (some law books lie on this desk) on the right of the room. Below the stage is the no less comfortable clerk’s chair in front of the participants in the ritual. Here the seat is occupied by… Rosie Sylvester, the manager we know so well from Westminster! She is dressed in a cheap suit and is typing on a computer while vaguely looking at the screen of the audience. She is entitled to water, a kettle for coffee and personal items that attest to the fact that this is her current place of work. So she does not work for the Westminster Court but for « the Assange case »… There are no specific Criminal Court Old Bailey staff in the room because it is not this Court that judges Assange. This Court is the place where it happens, as if a room had been rented for a meeting that cannot be held anywhere else. However, it is possible that Rosie Sylvester and Vanessa Baraitser work for the private company Prudential which actually owns the central building at 179-185 Marylebone Road and rents it from the Westminster Court, as evidenced by land registry document No. NGL900525. Court buildings have been privatized in Great Britain and the owner Prudential can very well rent meeting rooms for other purposes to other legal and private persons and hire employees directly or by subcontracting. The « Assange Trial » may in fact be a show run by a private company that employs the protagonists as employees. A building like the Old Bailey in a quasi extraterritorial location guarantees this organizing private company total impunity.

We will pass Rosie Sylvester on her way to her office early in the morning at around 8 a.m. walking through the Warwick Passage to the staff entrance at the back of the building. Security guards and young interns also pass through this entrance.

Here in Room 9 Rosie Sylvester is sitting in the axis of the room as if she is facing Vanessa Baraitser behind the wall on the right. In front of me, perpendicular to Rosie Sylvester are 3 rows of 25 seats, half of which are condemned with rubbings on the right, while on the left only 4 seats are occupied by people writing on computers (journalists?), men with physics pass everywhere. One man stands out from the crowd, however: he is stronger, with red hair and a round face. He has a notebook but also a cell phone that is not switched off and makes noise when messages arrive. He looks like he’s smiling as he looks at the screen right in front of him. He follows the unfolding of the film very closely, like a director following the script of his film, while making many gestures punctuating his observation. From time to time he notes on his phone (privilege because we are not allowed any tools, not even a notepad and pen!). The next day someone will tell me that it’s probably movie and show producer Hamish Hamilton.

Germany in the Old Bailey

The other people are not journalists either: I discover with amazement the member of the Bundestag of Die Linke Heike Hänsel sitting right in front of Rosie Sylvester in the front row. Behind her are two young men. The one on the left, a young redhead with glasses, turns out to be a representative of the German Embassy! I learn this because Rebecca Vincent has specified to the security agent that she is being tracked by the German Embassy in the area. As soon as Vincent and Mihr arrive, they are greeted by Heike Hänsel, who designates the young man as their embassy contact. I don’t hear his name but it is clear that he is a political staff member of the diplomatic mission.

Behind them a brown woman in a dark green jacket seems to me to have been among the journalists who had been attending the trial for a year. To her left sit three red-haired or blond men who look very « baba cool ». All these people will speak German to each other the next day and the day after. There are almost no British people here, yes. On the other hand, Germany as a state is very present through its deputy and its diplomats.

Germany is very present in the Assange case in particular, but the real leaders of the 04 Wikileaks « Freedom of Expression » project of the Wau Holland Siftung, located at 25 Marienstrasse in Berlin, Andy Müller Maguhn, Bernd Fix, Klaus Schleisiek, do not have the courage to openly assume their responsibility and take the place of their former friend and employee Julian Assange in the box of the accused. Yet they are the real leaders of the Wau Holland project, which is still going on today and is headed by Müller Maguhn. Assange was just the pretty face, the showcase of Wikileaks, for which the public gave money, seduced by his physique and apparent honesty. Müller Maguhn, Fix, Schleisieck and the other Wau leaders have always remained in the shadows and are therefore not bothered by American justice while their puppet Assange is being fed to the Grand Inquisitor. It is necessary to say things brutally because they are like that, proof in the activity reports of Wau Holland that I studied carefully[1].

The German State seems to want to protect its foundation and its citizens, failing to support Assange. Germany is at home here in this matter. It is unthinkable in law that a trial should take place in the presence of a foreign state, but it should not be forgotten that here we are not in Great Britain but at the City of London Corporation, the Merchants’ Guild of London. If the Sheriffs who govern the Court building and the Lord Mayor of the City accept Germany’s influence on their institutions, I wonder if the British government has any say in what happens in this place – an enclave like the Vatican on its territory?

Then I look at the screen hanging on the wall opposite the gallery. And unfortunately I don’t see much because it’s 20 meters away from me and the image is blurred. The sound is also not very audible. Nevertheless, I can make out Room 10, with Baraitser on the left on a platform, Fitzgerald and Summers in white shirts in front of it in front of tables, Lewis and Clair Dobbin to their right. In the background I can make out heads vaguely. When the lawyers are talking, the camera does not show Julian Assange. It is only when the prosecutor speaks that the camera turns to the left and I can make out the box of the defendants from a distance … and a white spot with a white face dressed in a vaguely brown suit between two guards in white shirts. Julian Assange is there, yes, but how can we be sure it is him when we see nothing of his face but a white spot! Another white spot is sitting in front of him, a woman with black hair. Gareth Peirce is also present behind Fitzgerald, all in black, although she hadn’t appeared since February.  At the back of the room, to the left of Assange, indistinct heads. How can we call this a fair trial? A secret trial worthy of feudal times, yes. But the City of London Corporation is still governed by Laws dating from feudal times which are still valid, and Great Britain still has elements of feudalism in its political system, such as the Queen’s power over certain social, political, legal and scientific institutions. The City of London Corporation is supposed to have pledged allegiance to the Queen who is her direct suzerain according to customs dating back to 1186!

In such a space we cannot hope for the respect of Human Rights because the Enlightenment has never succeeded in penetrating this fenced, muffled, violent and powerful place.

As I am not allowed to take notes, I did not take Summers’ plea and the prosecutor’s answer. All I know is that for an hour the Wikileaks lawyer tried to plead the impossibility of accepting the new US charges with the argument of sending the documents too late. So he does not contest the merits and remains in the framework of a « case management hearing », an organizational hearing.

After one hour, there is a lunch break. The security guards come to fire us. I have no choice but to leave. I look so tired that the women tell me to take off my mask to breathe. I look at the door of room 10, the Family has already left the premises, I won’t see Julian Assange or anyone through a door that is ajar.

We must eat and rest, having reached the limits of what a human being can endure without rest and sleep. We come back too late, at 3 p.m. The activists are there to « warm up the place », they laugh at us. I stay a little bit in front of the door until someone rings the bell and the security guard sees me. He politely tells me that for today it’s impossible but that I can come back tomorrow.

I join the few friends participating in the carnaval demonstration in front of the main gate of the Old Bailey. Then at 4 p.m. we find ourselves with them waiting in front of the carriage entrance on Newgate Street (the name of the prison that served the Criminal Court throughout the history of the City and London). This huge door commands the entrance to the passage between the 19th century Old Bailey building and the Axa offices on the left with the Maison des Couteliers at the back. The passage arrives in the small inner courtyard of the Old Bailey which is also the entrance of the employees (see on the Google map)[2][3] . The photo hunt of Julian Assange in his van is organized by the pack of photographers, present in number the first day, much less assiduous the following days.

As in December 2019 and last January the photographers rush on the 4 outgoing vans and a large black sedan with tinted windows. They flash the interior and then look at their photo to recognize Assange. It is never him, so they persevere. We understand that we must follow them, since their goal is to sell the photo and they will stop once they have caught their loot and sent it to their editors. However, the poor guys who went out the door in the vans seem to be the other Criminal Court defendants who are considered uninteresting by the media. At some point we ask the photographers if they got the picture. They deny it, we are not sure they are telling the truth. Maybe they do, since no photo of Assange is finally published. As soon as the last car is gone, the police leave the camp immediately. Strange trial where we were so intimidated and finally saw with our own eyes that he is not so « sensitive » in the eyes of the « real » authorities.

Julian Assange remains visibly trapped in captivity inside the Old Bailey. After all, in the Old Bailey there is everything it takes to hold a seat: vast underground passages visible when delivery trucks bring in the food trays and filming and recording equipment, a canteen, a kitchen whose noises could be heard in the Warwick Passage… And certainly apartments upstairs and cells downstairs. At night, the 4 and 5 th floors corresponding to rooms 9 and 10 and their corridors and galleries will be illuminated with their bluish light. Someone sleeps and works here at night, no doubt about it.

Tuesday, September 8, 2020

The next day after a good night’s rest we arrive much earlier, at 5:30 am. The Warwick passage is open and deserted. Jamie arrives around 6 am, followed by Sandra and Deepa. He is disappointed to see us before him and remarks « this time you were faster »! I do not blame him but I am annoyed. For us it’s not a « who gets there first » game. We are not like these Ukrainian or Belarusian « Titushki », these people paid by the Western foundations 100 Euros a day to participate in the false demonstrations of « color revolution » against Janukovitsch or Lukashenko. Nobody pays us, on the contrary, we give our strength and resources for the common struggle. I have nothing against Jamie, but it is certain that he will never write any report since he will never attend any hearing of his own.

As yesterday our wait lasts a long time, it starts to get cold on this morning of September in London. I brought my sleeping bag that I use as a blanket. Around 8 o’clock people start to gather in front of the Old Bailey. There are much less than the old one. The storytelling done, our dear journalists move on to another news. The employees cross the passageway to go to the employees’ entrance in the courtyard. Rosie Sylvester passes by around 8 o’clock but does not answer our greeting. That day there are far fewer « normal » hearings and no more families queuing at the Warwick Passage. The real Criminal Court works on floors 1, 2 and 3, with the public queuing in front of the main entrance. The entrance to Warwick Passage and the staircase leading up to it is only for the « Julian Assange case » as if it were a meeting of an association or private company that would have rented unoccupied rooms on the top two floors.

At 8:30 a.m. the young security guard shows up and announces that there will only be two seats for the public because three are « reserved for VIPs ». Deepa tries to parley and I add « can you tell us who decides who is « Very Important Person »? This kind of pass granted to singers as much as modern nobility titles annoys me deeply. Deepa supports my request for transparency. The man is embarrassed and tells us that he is going to find out. He never comes back. One of the supporter friends ironically says to me « come on – the VIPs, Pamela Anderson, Maria Carey, Mia, plus they’re not even there ». Surely rich people like these ladies don’t freeze their asses off queuing up in the filthy, filthy gut of the passage. This is a feudal and capitalist society.

At 9:30 a.m. John Shipton and Craig Murray arrive in the gut and exchange with the activists. Around 10:00 a.m. the young security guard opens the front door and calls « the Family » and then points to « two people. First come, first served ». We give our phones to our colleague. I’ve emptied my bag of everything, except for an electronic charger that won’t fit through the gate. Fortunately, one of the activists will kindly keep it for me. John Shipton, his brother, the brother’s wife and their son are there and enter the stairs followed by Craig Murray. Then I return with Basia the Pole. I am the last one to pass the antique metal detector and to climb the 4 floors at full speed on foot so as not to lose a crumb of the trial. But when I get to the top I see Barbara waiting in the small vestibule in front of the glass door separating the staircase from the corridor. She is standing in front of Julian Assange’s « familiars » sitting on wooden seats from the 60s while the young man is sitting on the steps. A security guard dressed in a navy blue uniform (there are two different security companies working for Assange’s trial? Why are the uniforms of Assange’s guards so disparate?) comes to tell us that the hearing has been delayed. She disappears into the hallway and we stay to watch each other a little bit like dogs. Craig Murray talks about Uzbekistan to his friend John Shipton. The latter compares his big, calloused hands to those of his brother. « It’s genetic, » he says. He laughs, relaxed. His hands don’t look like Julian Assange’s long, thin hands, but I’ll be told, ‘how can you be sure you still look like your father?

After 20 minutes the security guard opens the door and says « I need to know the names of the family members. The group sitting in front of us is not very happy to reveal their identity. I hear John Shipton’s brother is named Sullivan Shipton, his son Elliot Shipton and Sullivan’s wife Esther Bronfman or Kaufman, she says it so low that the security guard has to lean over to her to understand. A few minutes later the employee comes back and signals us to follow her. We enter the creepy, windowless hallway, leave the recess with her table and surveillance cameras on our left and find ourselves following the family group in front of the door marked « court room 10 » with red paint. She opens this door and lets « the family » in. I try to make out something – the room looks dark, the walls are green and the chairs are made of wood and red leather. But unfortunately I cannot see Julian Assange. The officer blocks our entrance and says, « You’re going to Room 9. Then « But maybe you can go to room 10 in the afternoon. There is hope!

Room 9 we find ourselves alone among the 40 empty seats on the balcony. We sit down so that we can communicate. We take out our notebooks and pens to write down. Surprise, the rules have changed, today it is allowed to write. In front of me the same configuration as yesterday and there are only 8 people in the room: Rosie Sylvester in place of the clerk, Heike Hänsel in front of her, the young man from the German embassy behind her, the two German « baba cool » and the brown woman in the green sweater in the last row. In the armchairs opposite, the one identified as Hamish Hamilton and another man in the back row on the right. That’s all there is to it. Where are the reporters who are supposed to be reporting on the trial? Couldn’t or didn’t WANT to come in?

On the screen showing Room 10 I see Baraitser on the right, Summers and Fitzgerald, the clerk, the accuser Lewis and three silhouettes far away in the rows perpendicular to the lawyers’ and accusers’ tables. In the bottom right corner of the screen a man is standing at the witness stand: it is lawyer Smith, whom Summers immediately presents as « specializing in extraordinary rendition, kidnapping, torture, enforced disappearance. It’s a pity I can’t see his face because standing in the witness box he turns his back to the camera. On the other hand, we can hear much better than yesterday. Mark Summers is in his closing argument, after the presentation of the witness’ CV (which unfortunately I can’t hear very well) he asks him if he had any contact with Wikileaks and if the classified documents published by Wikileaks were used as evidence in his work. It is mainly about the assassinations carried out in 1993 by the US army in Afghanistan. No, lawyer Smith had no relations with Wikileaks, yes he used the « cables » (diplomatic telegrams).

While I try to understand everything and note everything down suddenly, for 10 seconds the camera zooms in on the defendants’ box! And I see Julian Assange, much more clearly than the day before! I see him sitting surrounded by two guards in white. He has short hair and no beard. He is wearing a white shirt and a navy blue jacket. Alas, too far away for me to see the expression on his face. He is motionless, sitting upright like an I… The organizers of the sacrifice are not giving us or him any gifts. Immediately the camera leaves Assange and we will never see him again!

While remaining attentive to the camera, I follow Summers’ approach, referring to the paragraphs of the witness’s testimony and giving him the floor on the points mentioned. Witness Smith, who is American, explains that « the reputation of my country has been seriously tarnished by war crimes », describes the Wikileaks revelations as « powerfull »  and refers to trials conducted by Pakistani justice against « rendition » and assassinations. Did the United States want to block the investigations into the renditions? Summers asked. Yes, the witness answered. The most important document he used in his work was the list of 69 names of people « targeted » for assassination by « American agencies ». This list was published in the Pakistani and Afghan press and constitutes a « fascinating document. Wikileaks’ lawyer asked the US government’s victims’ lawyer about his « assassination program » and asked him for details on how he worked with these « sources of evidence ». Smith is cautious and speaks in a detached and calm voice.

He does not mention having read the Wikileaks page himself, but always talks about the Afghan or Pakistani press or the New York Times. Then Summers questions him about the « Guantanamo II » documents published by Wikileaks, the debate moves on to « secret prisons ». (I can’t help but think of my country, Poland, which still serves and will serve as a secret prison for the American rogue state). Smith expresses his sadness and says that he never thought his government would be involved in such practices: torture, kidnapping, rendition, secret prisons… Summers underlines and repeats « Rendition, torture, detention ». According to Smith « psychological torture is the worst » and he quotes the UN Convention against Torture which effectively obliges states to cooperate in criminal investigations of torture. Summers asserts that « Wikileaks has helped to prove torture, rendition, disappearance ». At this point one gets nauseous from hearing the words « torture, disappearance, rendition, kidnapping, assassination, target ». The timbre of Summers’ voice being devoid of the slightest emotion, the impression that emerges from his speech is that yes, Wikileaks is a good thing, but American power is such and so violent that nothing can be done about it. It is an invincible monster that cannot be defeated and that only a few brave people can challenge at the margins.

Precisely, how could Smith have sued the United States in the International Criminal Court? He couldn’t, because even with regard to the prisoners in Guantanamo Bay, the CIA and other agencies do not cooperate with justice. The nausea overwhelms us. Men like Summers are decidedly lacking in combativeness and persuasion if, at the end of their just plea, public opinion will only retain its passivity in the face of the unspeakable violence of a Superpower.

But how could public opinion even be informed of this? This « trial » is a meeting behind closed doors like a sacrificial ceremony of the Inquisition in the 17th century. The few « journalists » in the room are clearly watching their cell phones without listening. The German representative is even looking at Facebook, I can see him from the balcony!

The prosecutor passes the witness « to the question ». First he asks him if he believes that Wikileaks is « public interest » and then asks him the definition of this « public interest ». Then he asks whether revealing « state secrets » can be in the public interest if it is published in the New York Times and the Washington Post. The impression that emerges from the discussion between the two « Americans » (who is prosecutor Lewis, we don’t really know) is that it is a debate … American. Two Americans are discussing what is right and wrong to do in Europe and it is happening on our continent. At no time are European laws, the European Convention for the Protection of Fundamental Rights, the European Charter of Fundamental Rights that Great Britain has signed and promoted, cited. Forgotten Fundamental Rights. The ceremony of Assange’s sacrifice has taken away our political rights, while the coronavirus is in charge of liquidating the rest of our personal rights, such as the right to physical integrity, health, freedom of movement, non-violability of the home…

The prosecutor, however, claims that Julian Assange is not being prosecuted for publishing secret documents but for having « outed » American collaborators. Unfortunately, I don’t hear his exchange with Smith very well. I estimate that it must be about 11 o’clock (we are not entitled to a watch) when suddenly I hear Julian Assange’s voice clearly on the screen! He speaks! And with a decided voice, the tone rises towards an interrogation! Unfortunately, I can’t hear what he is saying and what’s more, the camera doesn’t show him! I tell my colleague that Julian Assange has spoken! Baraitser forbids him to speak! I send him back to his lawyers! Then we see on the screen that she suspends the session. Everyone moves, the sound is muted. I stare at the screen in the hope of seeing Julian, but no way, the torturers are not going to show what they are doing with him. We don’t know if he’s there or if they’ve taken him out. What we understand is that he rebelled again and again!

Julian Assange in december 2011

In our room a man enters by the back door on the left and comes to speak to Rosie Sylvester. Through this door I can see the light of day: behind it is a corridor with windows overlooking the street. The technician goes out and a few seconds later appears on the screen in room 10. In this room we don’t feel any tension, while we, the audience, remain stunned. We see the lawyers and prosecutors talking to each other, everyone looks relaxed. Assange is absent from the screen. Baraitser comes in, takes his place, admonishes Assange as if she were talking to a child at fault (nowadays many of us are infantilized by the dominant system…). She tells him that even if he thinks he has the right to speak himself, he must not interrupt the witness. And no, he doesn’t have to speak or he will be fired from this court. In his place, I would have gone on strike to stay in my jail, rather than to support an iniquitous ceremony worthy of the Middle Ages!

In fact, here in the City of London we ARE in the Middle Ages, governed by customs and arbitrariness directly coming from the 11th century and one wonders by virtue of which International Laws this man is kept in captivity in this place! Besides, Baraitser’s threats may already have been carried out: we have no proof that Julian Assange is still in room 10. They may have taken him out and locked him up somewhere and they continue to debate about the rightness of « Wikileaks », this internet page whose owner of the domain name is not Julian Assange but a certain John Shipton, the father sitting quietly on his chair in the public gallery, never worried by any authority! The father is safe and the son is sacrificed: one would believe in the most patriarchal of myths, that of Abraham sacrificing his son out of obedience to an exterminating God. The death of the son to save the father has always seemed to me the height of the perversity of the system!

I can no longer bear to see Julian Assange in the position of the sacrificed lamb, guilt-ridden and humiliated. I’d like to go down into the arena, open all those damn doors, which in reality no police officer is guarding, climb over that balcony, walk towards the stall, enter it (the stall is not closed either), take Julian Assange by the hand and tell him « come on, let’s get out of here, let’s leave all these freaks to their absurd circus »!  And we leave together, the doors open by themselves, the security guards who are just proletarian employees make us a hedge of honor because they no longer have an employer to obey and with our friends we leave this place and this country as soon as possible!

But in reality the circus continues: the accuser demands that the witness reflect on whether it is right to reveal secrets that endanger « national security ». National security has no meaning in French. The Nation is an entity that cannot be endangered, the Nation is a community of humans who create a State to ensure its security. The State does not have an ontological existence, it is a tool… But here we are in an esoteric American-American debate. We are not, not in Europe anymore. None of the philosophical concepts of our history has its place. I stand helplessly in the American-American discussion if it is permitted to torture in order to ensure « national security« . Simply stating the terms of the debate is a justification for torture and normally it should be forbidden here on our continent which has suffered Nazism and two world wars to THINK even in these terms! Torture is a crime, stop !

But here in the City of Bankers, which is not the same legal entity as the state Great Britain which so courageously fought against Nazism, there is a debate whether torture can still be justified. Lawyer Smith tries to minimize Julian Assange’s « fault » by arguing that only a very small number of names of collaborators were published by Wikileaks. In room 9 a very old air-conditioning system pushed to full blast spits a cold and possibly germ-ridden air on us. I cover myself with my sleeping bag. Even the journalists below the balcony are cold.

Baraitser interrupts the prosecutor and there is a 5 minute break. It is recognizable by the fact that the witness leaves his desk, and the break ends when he resumes his place. Mark Summers takes the floor again. He speaks again about « dark prison, murder, rendition » and asks if the revelation of this is a « public interest ». Yes, » the witness answered, « it is evidence of my government’s criminal activities! Then the debate refocuses on what Julian Assange is really accused of, « conspiracy to obtain secret documents, » to which Summers adds the euphemistic « rules of engagement » of the American military to designate the permits to kill civilians that they grant to their soldiers in all circumstances. Did Assange just receive or seek to obtain the diplomatic documents? This is the « accusatory » problem, when no one is trying to define what is a « conspiracy, » a « conspiracy, » a term existing in European criminal law for blood crimes or attacks. We have not yet seen in Europe a conspiracy to publish texts… But this joint American-City of London ceremony is setting a dangerous precedent on our continent!

The prosecutor summoned the witness to present his CV, but Baraitser interrupted them and decided to pause. We have to resume at 2 p.m. I’m waiting for the screen to turn off. I listen to the participants at the « bottom » discuss in German. They don’t have to leave the premises. The security guard takes us out. We pass in front of room 10 again. I would love to go in there! As we leave the security guard at the gate assures us that we will be the first to enter again.

We leave the premises for a lunch in our apartment. The decision is made to continue, even if it seems fair that we give at least one place to those who were waiting after us. The famous VIPs obviously did not come but contrary to the day before the agents did not want to accept 3 more people despite the 38 empty seats in the gallery! We are back before 2 p.m. Deepa is already in front of the door. We decide to let in my Polish colleague. She will stay until the end and I will wait for her outside in the demonstration. Before 2 p.m. the Shipton family arrives in front of the door. I take this opportunity to politely ask John Shipton what Julian Assange said when he protested, since we were not hearing anything he said. Shipton looks at me in amazement as if he hadn’t been there. I insist! Assange said a sentence, Baraitser admonished him, he must have heard, he had a front row seat in room 10! The man still looks at me with a bewildered look and asks me who I am. I introduce myself, I remind him that I was present at all the hearings since October 2019, except during the lockdown. I remind him that we discussed on August 14 at the Westminster. I introduce him to my Polish collaborator. I won’t get anything out of it about Assange’s sentence or any other subject. Either he slept or he was not the one in Room 10, because I don’t see why he should keep Julian Assange’s protestant sentence a secret!

Our friends are gathered at the foot of the glass building facing the Old Bailey. They are very lucky not to be kicked out of this private place. The City of London police officers are in front of the building. No photo will be taken. The neighborhood quickly becomes deserted again and we leave to rest.


[1]  http://www.wauland.de/de/documents/

2. https://www.google.fr/maps/place/Old+Bailey/@51.5155385,-0.1017145,19.3z/data=!4m5!3m4!1s0x48761b533028c1c5:0xb0e45948a3ad1b6d!8m2!3d51.5155093!4d-0.1020219

Eléments sur l’installation d’une dictature en Europe – Julian Assange à la Old Bailey 7 au 10 septembre 2020

Julian Assange face à la Famille le 9 septembre 2020 à la Old Bailey

Monika Karbowska

Le troisième jour nous sommes devant la porte encore plus tôt que la veille. Je suis confiante. Jamie a perdu sa course imaginaire. Deepa tient la porte pour Rebecca Vincent à qui je cèderai moi-même la place à midi. De 5h30 à 10h cela nous laisse le temps de discuter à trois de la situation politique en Europe, de l’histoire de la Révolution Française et du système de Vienne encerclant la France pendant tout le 19 siècle révolutionnaire. Nous nous interrogeons sur la persistance du système féodal sur le territoire de la Grande Bretagne avec cette enclave de banquiers et de multinationales qui fonctionne comme une mafia d’intérêts privés parasitant les Etats et se riant de leur souveraineté.

Vers 9h30 une jeune fille blonde habillée de noir de style « années 80 le renouveau » vient frapper à la porte. L’agent de sécurité de l’escalier est l’homme âgé du lundi. Elle est une victime qui doit témoigner dans un des vrais procès de la Criminal Court. L’homme la renvoie vers la porte de la rue ou quelques personnes attendent. On est loin des foules du lundi. La cour ne semble pas fonctionner à plein régime, il n’y a quasiment plus de familles qui viennent. La femme revient et lui répète qu’on la renvoie d’un endroit à un autre et qu’elle ne comprend pas en tant que victime comment le tribunal peut dysfonctionner ainsi. La deuxième fois elle pleure devant nous. Rien que venir ici est éprouvant, nous le comprenons, cette attente dehors n’en est que plus injuste et incompréhensible.

A 10h l’agent appelle la Famille : John, Sulivan, Eliot Shipton, Esther et Craig Murray entrent devant nous. Puis il nous désigne, ma collègue et moi. Nous ne perdons pas de temps, cette fois ci nous avons laissé nos téléphones et appareils photos à la maison. Le passage dans la boite anté-divulienne de détection de métaux est rapide, la pression sur les salariés est aussi bien moindre, l’agent de sécurité est donc moins sévère. Je cours dans les escaliers au 4 étage précédée par ma collègue. A mon arrivée la Famille est déjà dans la salle 10. Nous entrons dans le couloir et un agent de sécurité black, masqué, vêtu de blanc, nous demande « vous venez pour le procès dans quelle salle » ?

Je ne lui mens pas en répondant « Court Room 10 ». Alors il nous ouvre la porte du sésame. Nous entrons tout naturellement et nous nous asseyons dans la 3ème rangée juste au-dessus des Shipton, d’Esther et de Craig Murray, assis dans la 2ème rangée de la galerie du public. Je regarde je fais vite un croquis des lieux.

La salle semble être une salle jumelle de la numéro 9 mais en fait elle est différente. Bien plus petite, plus sombre, toute en ambiance feutrée, aux lumières tamisées, fauteuils de cuir rouge sombre et de meubles en bois foncé. L’absence de fenêtres rend le lieu confiné et étouffant encore plus que dans la salle 9 qui garde une allure de salle de classe ou d’université. Ici il y une ambiance lourde, chargée de cérémonie, comme dans une église. La disposition est inversée : Le box des accusé se trouve à gauche, l’estrade du juge à droite. C’est bien, je serai en position stratégique pour voir Julian Assange.

J’observe ce qui se passe pendant bien 20 minutes. Je finis par croire que ce n’est pas une erreur, qu’on nous a bien laissé entrer dans le Saint des Saints et que c’est une décision juste et honnête. Je suis presque convaincue que nous allons pouvoir passer la matinée ici. Les présents ne font pas attention à nous sauf Craig Murray qui tourne la tête vers moi et me sourit. Il faut dire que depuis 1 an je finis par faire partie de l’environnement à défaut de faire partie de la Famille.

Je réalise donc que ce que je vois est ce qui aurait dû rester caché aux yeux du public. A la Woolwich Court en février le public voyait toute la salle sauf ce qui se trouvait sous le balcon de la galerie du public mais n’entendait RIEN sans micro car la galerie était séparée de la salle avec une vitre blindée. C’est ainsi que j’ai pu VOIR alors Julian Assange se révolter, se lever, crier, invectiver les présents, leur parler, mais je n’ai rien pu ENTENDRE. Ici je suis plongée dans la véritable ambiance car aucune vitre ne me sépare des protagonistes du jeu.

Et en bas l’atmosphère est très différente de celle d’un procès. Les acteurs du jeu devisent entre eux tranquillement dans une atmosphère détendue. Ils se connaissent tous, ils font partie de la même bande, organisation, que sais-je, ils rigolent entre eux, ce qui contraste avec la lourde et sérieuse ambiance de la salle. Je vois très bien Fitzgerald et Summers aux côtés de Lewis et de Clair Dobbin. Gareth Peirce circule entre les tables, place chacun et a l’air de distribuer à chacun un rôle. La jeune Florence Iveson a parlé à des amis à un bout de la pièce et revient à sa place derrière Lewis. Les assistantes de Peirce et la collaboratrice de Dobbin, blonde forte, sont assises dans la dernière rangée juste devant le box vitré et discutent entre elles. Je suis surprise de voir que Baraitser est déjà à sa place surplombant le bureau du greffier (également présent et silencieux) alors que la salle est dans une ambiance de récréation – dans un vrai procès c’est l’entrée du juge qui marque le début de l’audience judiciaire et l’assistance doit se lever pour le saluer. Personne ne se lève au passage de Baraister car ici la juge semble être ici un élément du décor et non pas une dépositaire de l’autorité de l’Etat et du Droit. Il est vrai que nous ne sommes pas dans un Etat, mais dans une organisation privée, une guilde de marchand datant du Moyen Age et Baraitser n’est pas juge ici, à la Criminal Court. On se demande qui elle est, alors qu’il est impossible de trouver la moindre information sur elle. Sa famille existe belle et bien : Michael Baraitser, Lisa Baraitser, Paula Baraitser sont propriétaires de diverses entreprises à voir sur Beta Companies https://beta.companieshouse.gov.uk/search/officers?q=Baraitser mais Vanessa semble n’avoir aucun existence sociale autre que l’affaire Assange.

Dans la rangée perpendiculaire à Baraitser, à sa droite au fond de la pièce je distingue Alastair Lyon, une femme brune à la veste verte et un homme roux. Ils attendent tranquillement.

Mais le plus surprenant se trouve en face de moi et c’est la partie que je n’aurais jamais dû voir si je n’avais pas eu la possibilité d’être là en face de ces gens en chairs et en os, car la camera ne montre JAMAIS cette partie de la salle. En face de moi, perpendiculaire au box des accusés se trouvent 3 rangées de fauteuils dans lesquels ont pris place Joseph Farell en veste rouge, tout à droite et MC McGrath ! Joseph Farell en tant « qu’ambassadeur de Wikileaks » ne devrait pas se trouver ici car il est une partie prenante du procès ! En plus, les discours sur « on ne peut pas parler ni rendre visite à Julian Assange » se trouvent immédiatement invalidés par la présence de Farell ici dans une ambiance de récréation avant la reprise des leçons où Farell voit Assange tous les jours pendant 3 semaines à 3 mètres de lui ! MC McGrath qui est hacker et informaticien américain fait visiblement partie de la « famille » du projet « Wikileaks » mais on ne peut pas imaginer qu’une personne lambda comme lui puisse assister dans la salle du tribunal si ce procès était un vrai procès !

Et surtout derrière eux je vois bien Stella Moris en robe rouge foncée discuter gaiement avec sa copine Jenifer Robinson en robe rouge écarlate également. (Robinson portait le premier jour une robe verte, comme en février à la Woolwich et deux robes rouges de plus en plus vermillon éclatantes le deuxième et troisième jour, pas une tenue d’avocat donc). A gauche de Robinson est assis un jeune homme roux ressemblant à Nathan Fuller, directeur de la Courage Corp, entreprise américaine sise à New York.

Les deux amies rigolent en se parlant, elles semblent heureuses d’être ensemble ici et insouciantes. Le comportement de Stella Moris me stupéfait : alors qu’elle vient de jouer les épouses éplorées dans son storytelling larmoyant à Paris Match et devant la grille du 10 Downing Street, je la vois ici détendue et satisfaite de sa performance. Je la vois ne pas montrer la moindre émotion face au sort qui attend Julian Assange dont elle clame être la femme chérie. Elle ne montrera pas non plus aucune émotion, aucune compassion lorsque Julian Assange entrera dans la pièce. Je la vois assister au procès de Julian Assange comme à un spectacle, une cérémonie, dont elle est une partie prenante. Si elle avait été sa « famille » alors elle aurait dû être avec nous à la place de la famille, dans la galerie du public.

En plus, me dis-je, elle est là tous les jours à rigoler en le regardant pendant des heures et elle raconte au monde entier son mensonge qu’elle ne peut pas le voir et ne l’a pas revu depuis des mois… Tout comme elle avait tant menti sur les audiences du 27 février alors qu’elle ne lui parlait pas et n’a jamais encouragé et soutenu sa révolte face au sacrifice qu’on lui inflige.

Cette fois ci j’ai vraiment le sentiment d’assister non pas à un procès mais à un sacrifice. Une espèce de mise à mort rituelle de ce qui a été beau et bon – le projet de liberté d’expression totale mais aussi l’homme Julian Assange endossant ce projet malgré lui. Car Wikileaks est présenté comme quelque chose de bien – mais sacrifie-t-on quelque chose de mauvais ? Non seuls un animal beau était sacrifié dans l’Antiquité, un homme bon comme Jésus a été sacrifié, une BELLE idée comme la liberté d’expression est en route vers le sacrifice…. Sacrifier quelqu’un de laid et de mauvais n’aurait pas de sens !

Certes, il a été nécessaire de salir au préalable Julian Assange par une campagne planétaire le traitant de violeur narcissique, mais Jésus aussi avait d’abord été moqué comme imposteur et faux prophète avant d’être tué. Et je ne trahis pas la pensée de Julian Assange car lui-même a mentionné Jésus comme « premier lanceur d’alerte sacrifié » dans un discours combien prémonitoire en juillet 2009 en Allemagne.

Je comprends alors que je me trouve comme dans ces familles patriarcales ou on décide dans une réunion du rituel du « crime d’honneur » : la famille doit sacrifier un membre qui a « fauté » pour garder le secret familial, la cohésion et le pouvoir de la structure. En tant que militante féministe et femme qui a dû lutter pour m’émanciper je ne comprends que trop bien la structure de pouvoir d’une telle famille sectaire. Il ne faut surtout pas imaginer que les membres de la famille détestent le membre sacrifié : au contraire, on l’aime c’est pour cela qu’on le tue. Pour son bien. Parce qu’il n’a pas d’existence propre, n’est qu’un membre de la famille. Sauver la famille en le tuant c’est le sauver lui, sauver son âme.

Stella Moris clame à qui veut entendre que Julian Assange va se suicider et qu’il a demandé l’absolution des mourants à un prêtre catholique. Premièrement, une extrême onction n’est administrée réellement qu’au mourants par l’Eglise catholique et Julian Assange est bien vivant, comme je le verrai tout l’heure. Deuxièmement, pour obtenir une absolution catholique il faut encore traverser les sacrement de la confession, de la communion et du … baptême, il faut donc encore être catholique ! Et troisièmement l’Eglise catholique interdit le suicide, elle ne saurait donner l’absolution à quelqu’un qui déciderait de pécher en s’ôtant la vie ! Pour moi, Polonaise élevée dans le catholicisme, ce storytelling- là ne passe pas du tout !

Cette femme qui ment publiquement se trouve alors ce mercredi 9 septembre à 10 heures en face de moi dans la salle 10 de la Old Bailey et elle se prépare à une partie importante d’une cérémonie. En me rappelant ses paroles sur le « suicide » de Julian Assange je me demande si ce qu’elle annonce ne sera pas plutôt un meurtre. Un meurtre rituel, un sacrifice : un homme qui a fauté, qu’il faut punir, une idée qu’il faut tuer. Je frémis en regardant de près la robe noire constellée de petits fibres rouges de la femme : le bourreau, tout comme le sacrificateur, porte le rouge, couleur de vie et de mort, couleur de la passion.

Brusquement le silence se fait et tous les yeux se tournent vers la porte au fond du box des accusés : je vois Julian Assange entrer par cette porte du fond qui se trouve en face de moi et traverser le box, entouré de deux hommes en blanc, jusqu’à une chaise au centre. Je le vois très bien, je ne l’ai jamais vu d’aussi près, il est à 5 mètres de moi et derrière une seule vitre. Je suis placée en hauteur, je vois très bien sa tête, son visage et le haut de son corps.

Il porte une chemise blanche et une veste bleu sombre ainsi qu’une cravate noire et rouge, du même tissu que la robe sombre de Moris. Je vois bien le sommet de sa tête, ses cheveux blancs sont coupés, mais ils ne sont tout à fait coiffés. Il porte ce masque en papier qu’on nous impose aussi en France rituellement. Mais si le masque cache sa bouche, je vois bien ses yeux. Il est moins maigre qu’en février, moins voûté que le 21 octobre. Sa démarche est assurée, il n’est pas vacillant ou dodelinant comme j’ai pu le voir sur les vidéos de la Westminster. Au contraire, son entrée ne manque pas de panache : on dirait que c’est paradoxalement lui le maitre de cérémonie, ce n’est que lui qu’on attend. Comme le 27 février c’est lui qui donne le ton par son comportement. Comme si sans son accord, sans son adhésion la cérémonie du sacrifice n’était pas valable.

Le passage Warwick et les murs de la prison Old Bailey

Assange arrive au centre du box puis pivote et enlève alors son masque. Je vois son visage, ses yeux bleus gris, son expression profondément triste mais pas abattue. Ses yeux portent des cernes, moins profondes qu’il y a un an, mais il a des cernes sous les cernes. Son visage est glabre, ses traits un peu bouffis et son teint est aussi pâle que le 26 et 27 février au matin. L’expression de ses lèvres crispées fait penser à un enfant qui aurait été battu et retiendrait ses larmes…

Alors la porte de la galerie s’ouvre et l’agent de sécurité nous appelle pour sortir. Je ne réagis pas, je laisse ma collègue parlementer pour gagner du temps. Je regarde Julian Assange qui enlève son masque. Il me regarde et nos regards se croisent. C’est fini, ils ne me laisseront pas rester. Mais alors je me lève et je suis visible de loin dans mon habit violet. Je lève le poing droit, mon chapelet polonais autour de ma main. Assange m’a vue. 

Je sors à regret. Dans le couloir l’agent de sécurité nous sermonne longuement. On a commis un sacrilège, on lui a menti, nous devions aller dans la salle 9… D’emblée je m’excuse, je lui dis que je regrette qu’il puisse perdre son boulot à cause de nous, qu’on pensait qu’on avait le droit de venir dans la salle 10 car sa collègue nous l’avait annoncé la veille. Il me reproche d’avoir fait un signe à l’accusé. Pas du tout, je récuse, j’ai juste ajusté le chapelet qui me tombait de la main. Il semble accablé et dit qu’il va discuter de notre sort avec son chef, talkie à la main. On n’entend pas ce que le chef lui dit, mais j’en profite pour changer de ton. Je lui dis que je représente une association des droits de l’homme, que nos destins en Europe sont suspendus à ce procès. Qu’il est illégal de ne pas pouvoir voir le visage de l’accusé, un homme enfermé dans des oubliettes comme au Moyen Age que personne ne peut voir, que nous avons écrit 10 demandes de libération et 3 rapports médicaux, qu’Assange est torturé et que nous devons témoigner de son état de santé…

Je ne sais pas si l’entreprise de sécurité privée est sensible à la question des droits de l’homme, mais son salarié nous permet finalement de nous rendre à la salle 9. Pendant 2 heures j’ai tout le loisir de réfléchir à ce que j’ai vu tout en observant le déroulé du storytelling pseudo judiciaire. Pas une seule fois la caméra ne montrera Assange.

Dans la salle 9 il y a encore moins de monde qu’hier. Heike Hänsel, un jeune homme à sa gauche, l’homme de l’ambassade allemande, les deux journalistes allemands, la femme brune en vert, Hamish Hamilton, Rosie Sylvester – 8 personnes. Le professeur Rogers est interrogé comme témoin en vidéo. Il raconte la saga Wikileaks selon lui : les publications de Wikileaks auraient prouvé que les Etats Unis ne contrôlaient pas l’Afghanistan tandis qu’en Irak Wikileaks aurait permis de rajouter 15 000 morts civils à l’estimation de l’ONG britannique « Irak Body Count » – (je connais le travail de cette ONG pour avoir en 2005 co-organisé la Conférence de l’Association du Droit Humanitaire International au Parlement Français ou l’avocat William Bourdon a présenté l’estimation des 100 000 morts civils en Irak. C’est dire si les Européens n’ont pas attendu Wikileaks pour critiquer l’invasion de l’Irak par les Etats Unis).

La question posée par la suite est « Julian Assange a-t -il une opinion politique, lui qui a failli être nominé au Prix Nobel, a été le héraut de la liberté d’expression, et a mené des discours au Trafalgar Square en 2011 lors du mouvement Occupy London ? (comme ces temps paraissent ancien à l’aune de la dictature que nous vivons…°). Oui, répond le professeur – Wikileaks est connu en Afghanistan et Irak pour ses positions politiques et Assange a été porteur du succès de Wikileaks en apportant l’attention du public sur ces guerres. Wikileaks a été nécessaire pour les Droits de l’Homme, la transparence, la responsabilité.

C’est sûr qu’on ne sacrifie que ce qui est Bon et Beau. Au vu de l’état actuel des Droits de l’Homme dans ce procès, on n’a pas l’impression que Wikileaks ait été très efficace. En tout cas j’aurais préféré que Wikileaks n’ait jamais existé, que tous les accusés aient droit à des procès transparents et au soutien d’association des Droits de l’Homme, que la liberté de circulation en Europe soit garantie, que des milices privées ne nous arrêtent pas en pleine rue ou en plein champs pour nous accuser de terrorisme et ne nous forcent pas à des expérimentations médicales sur nous… Voilà l’état réel des droits de l’hommes et non pas en Irak mais au cœur de l’Europe, 10 ans après Wikileaks.

Summers et le professeur Rogers discutent longuement du rôle de Trump dans la liquidation de la liberté d’expression, faisant l’impasse sur le fait que c’est bien Obama, dont le pouvoir est simultané avec l’apparition du projet Wikileaks, qui a enclenché les poursuites contre Assange. Le but est de prouver qu’Assange ayant des opinions politiques, les poursuites sont motivées politiquement et donc justement l’extradition ne devrait pas être possible. Je crois que comme la City of London Corporation n’est pas un Etat et n’est donc pas liée par le traité d’extradition signé par la Grande Bretagne, tout transfert d’Assange de ce territoire vers les Etats Unis ne peut être appelé qu’un enlèvement ou rendition.

Le procureur somme le professeur d’expliquer ce qu’est que la politique et le journalisme et si un journaliste doit avoir des opinions politiques. Sur le continent d’Aristote, d’Erasme, de Locke, de Rousseau la réponse à la question « qu’est-ce que la politique » est forcément longue et argumentée. Mais le procureur exige que le professeur réponde par oui ou par non et le débat tourne court. Je suis fatiguée par ce débat entre Américains plat comme un désert sans relief et dont l’histoire et l’expérience des Européens est exclue alors que cette réunion étrange a bien lieu sur notre continent et nous concerne au plus haut point. Le procureur pose la question « Peut-on tout dire ? Être transparent même contre la sécurité des individus » ? Mais ce débat me semble une discussion autour du sexe des anges, la réponse étant « ça dépend du contexte ».

Justement, je dois prêter attention à un des contextes cités. Le procureur accuse Julian Assange d’avoir dit le 8 août 2011 que « l’invasion allemande de la Pologne le 1er septembre 1939 est un mensonge construit par les catholiques ». Je n’ai jamais entendu Assange dans aucune apparition publique dire une stupidité pareille, ou alors il l’aurait dit en privé et il faudrait que le procureur le prouve, l’homme accusé étant interdit de parole et ne pouvant se défendre. Le procureur accuse donc Assange de négationnisme historique, accusation grave en Europe lorsqu’il s’agit de faits liés à la dernière guerre mondiale qui a détruit notre continent. Dans le discours que j’entends ici, ce procureur veut faire dire au témoin « qu’on ne peut tout dire » et qu’une limite doit être mise à la liberté d’expression. Ceci est une question effectivement importante tranchée par les tribunaux après débats contradictoires et selon une législation différente pour chaque pays européen. Pour ma part, en tant que Polonaise, je serais choquée si j’entendais quelqu’un dire une phrase aussi absurde que « l’invasion de la Pologne par les Hitlériens n’a pas eu lieu le 1 septembre 1939, c’est un mensonge des catholiques » (et je suis convaincue que Julian Assange n’a jamais prononcé cette phrase) mais plutôt que de chercher à interdire de la prononcer, j’inviterais mon interlocuteur à venir visiter Varsovie, ville anéantie par les nazis et le Mémorial d’Auschwitz pour voir les preuves des crimes des nazis commis dans mon pays. S’il n’est pas convaincu, les Russes, Biélorusses et Yougoslaves se chargeront de lui faire visiter d’autres nombreux lieux de martyre des populations d’Europe de l’Est que les Hitlériens avaient placées en premier sur leur liste de peuples à exterminer.

Je ne peux saisir comment le professeur Rogers se sort du piège tendu par le procureur. La dernière charge de celui-ci porte sur « criminal justice or political persecution », le professeur pense-t-il que les accusations portées contre Assange sont politiquement motivées ? Ou bien les accusations portent-elles sur des crimes ? Le professeur répond « je ne suis pas avocat mais spécialiste des sciences politiques ». Puis à la question « Pensez-vous qu’il existe une preuve que Manning et Assange ont commis des crimes », il répond « je le lis dans l’accusation ». Le mélange de « politique » et de « crimes » est une confusion très dangereuse pour nous. Si faire de la politique devient un crime, alors nous serons tous des criminels demain et il ne restera plus rien de notre démocratie déjà quasiment en liquidation ! Le mot politique vient de Polis, « cité ». Celui qui fait de la politique se soucie de la bonne gestion d’une cité. C’est tout, sauf un crime. C’est un droit et un devoir ! En outre le niveau de débat philosophique me semble très bas dans cette salle et la parole donnée au professeur bien limitée.

La climatisation antique crache sur moi son air froid et vicié. J’en ai assez vu. Je rêve de revenir dans la salle 10 mais seule cela me parait trop risqué. Je décide de partir en laissant à ma collègue le soin de finir le travail. Lorsque je sors dans le couloir je dis à l’agent de sécurité que je laisse ma place aux autres associations. L’homme me dit alors « vous ne rentrerez pas demain ». Je lui réponds que je comprends les contraintes de son emploi, que je fais un travail similaire en France, mais que le respect des droits de l’homme nous concerne tous ou nous allons tous périr. Et je rajoute « nous allons voir demain ». Arrivée en bas de l’escalier le vieil agent de sécurité ne veut pas me laisser sortir. Il me reproche mon passage dans la salle 10 et met ses gants en me disant de m’arrêter. Je me sens vaguement menacée. Je m’excuse mais je rajoute qu’il était nécessaire de voir l’accusé qui a droit à un procès équitable, un procès à huis clos secret est illégal. Je lui parle de la guerre que les Américains préparent en Europe en se servant de mon pays, la Pologne, contre la Biélorussie, des prisons secrètes ou les gens sont torturés, que si Assange est extradé, nous les militants qui sommes contre la politique guerrière des Etats Unis sommes les prochains sur la liste…

L’homme me permet finalement de sortir. Je me sauve tout en lui souhaitant bon courage dans son boulot de prolétaire que je ne connais que trop bien. A ma sortie je signale à Rebecca Vincent que je ne reviendrai pas l’après-midi et qu’elle peut prendre ma place. Elle est contente et cela me semble fair aussi.

Ma collègue polonaise sort pour la pause midi et me raconte qu’elle a pu revoir Assange par la porte entre-baillée de la salle 10. Jenifer Robinson dans sa robe rouge écarlate lui expliquait quelque chose avec force gesticulations. Julian Assange lui souriait mais ne semblait pas convaincu. Avait-il décidé de se révolter à nouveau ?

Le lendemain nous serons tôt dans le passage Warwick mais Jamie et Sandra ont dormi sur des cartons devant la porte et nous précèdent, très satisfaits d’eux. Mais ils ont fourni ces efforts pour rien car à 10 heure le procès est ajournée pour 11h30. A midi les séances du jeudi 10 et vendredi 11 septembre sont annulées. Le covid est évidemment déclaré coupable mais je me demande si Julian Assange encouragé par notre présence n’a pas encore sonné la révolte.

Le temps de la révolte est plus que nécessaire.

Extrait de la demande de libération envoyée par Wikijustice Julian Assange aux parlementaires britanniques et américains

Julian Assange est jugé dans une Cour qui ne dépend pas du Ministère de la Justice de la Grande Bretagne, mais dans un lieu privé appartenant à une enclave juridiquement indépendante de la Grande Bretagne en tant qu’Etat et n’ayant pas de lien diplomatique avec les Etats Unis car la City of London Corporation, en tant que corporation, guilde, association d’hommes d’affaires n’est pas un sujet de droit international et ne peut donc pas signer des traités avec des Etats. Le traité d’extradition de 2003 entre la Grande Bretagne et les Etats Unis ne s’applique donc pas à ce territoire et il ne peut servir de base juridique à la rencontre qui a lieu à partir du 7 septembre 2020 entre Julian Assange et ceux qui le maintiennent en captivité et veulent décider de son sort.

Par conséquence, la demande d’extradition des Etats Unis ne s’appliquant pas à ce territoire et ne pouvant être traité dans ce bâtiment privé qu’est la Old Bailey, Julian Assange doit être considéré sur le territoire de la City of London comme un otage et immédiatement rendu à sa dignité d’homme libre.

De plus des banquiers et hommes d’affaires qui sont propriétaire de ce bâtiment et gérant de ce territoires n’ont aucun droit à juger un homme Julian Assange car ils ne sont pas juges dans le système juridique de la Grande Bretagne. En outre, leurs intérêts privés sont liés aux grandes entreprises américaines, chinoises et britanniques. Une justice sous leur responsabilité ne peut être qu’entachée de partialité. En aucun cas ils ne peuvent être les garants d’un fair trial.

Aucune institution privé ne peut juger un homme. C’est la prérogative des Etats souverains qui doivent respecter la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Les institutions privées doivent être soumises à la Loi des Etats et respecter les Lois internes de chaque pays. La City of London Corporation est une anomalie dans le système de droit international et elle n’a pas le droit d’usurper les prérogatives des Etats souverains. Par conséquent, nous considérons que Julian Assange n’est pas un prisonnier en Grande Bretagne en attente d’un jugement d’extradition demandé par les Etats Unis mais un otage d’une organisation privée, la City of London Corporation. Une organisation qui détient une personne prisonnière est une organisation criminelle et doit être poursuivie. Nous demandons aux Etats souverains de poursuivre la City of London Corporation dont Julian Assange est l’otage afin que Julian Assange soit libéré de cette captivité illégale.

Eléments sur l’installation d’une dictature en Europe – Julian Assange à la Old Bailey 7 au 10 septembre 2020

Monika Karbowska

La Old Bailey à la City of London Corporation prépare le sort de Julian Assange la nuit du 6 septembre 2002

Le voyage en Europe

Ce difficile voyage en Europe du 3 au 11 septembre 2020 fut à bien des égards un exploit. Je n’aurais jamais pu imaginer, lorsqu’il y a un an je décidai de voir de plus près les tribunaux anglais ou Julian Assange devait comparaitre, que l’année d’après je parcourrai les familières routes de l’Europe dans une atmosphère d’apocalypse sanitaire, de tension politique intense et de destruction d’un mode de vie, de valeurs, de systèmes juridiques, de tout ce qui a fait notre culture. Je suis obligée de placer le procès de Julian Assange dans ce contexte de cette forme de suicide collectif de nos sociétés qu’est en réalité la « crise du coronavirus » et de lier les deux phénomènes, même si certains penseront que c’est exagéré, et que la persécution d’un homme innocent n’a rien à voir avec l’ambiance sourde de peur dans laquelle nous sommes des millions à vivre depuis 6 mois. Tant pis. Ceci est ma vision et mon analyse. Le peu de liberté d’expression qui nous reste, je l’utilise pleinement et sans masque avant qu’ils ne soient en mesure de nous bâillonner et nous enfermer pour de bon.

Je quittais la France avec soulagement le 3 septembre en ayant l’impression, pour la première fois de ma vie, que le pays ou j’ai choisi de vivre il y a 28 ans s’est transformé en hôpital psychiatrique à ciel ouvert. Le cynisme des politiques disputait la palme du prix de la violence avec une hideuse dictature policière et hygiéniste imposée à coup de décrets illégaux par des préfets autoritaires dans la plus pure tradition de Vichy. L’Occident a déjà connu beaucoup de périodes de folie – la dernière et la plus destructrice fut la folie collective du fascisme et de la guerre des années 1930 et 40, mais 1914 -18 comme suicide collectif de la culture européenne fut marquant également. On a accusé les Yougoslaves des années 1990-98 de « suicider leur Nation », mais les Occidentaux d’aujourd’hui ne peuvent plus servir de modèle de démocratie et de raison pour personne ! La date fixée pour le lancement du jugement de Julian Assange m’a frappée, le 7 septembre 2020 étant le septembre 2020, jour du 80 anniversaire du début du « Blitz » – l’opération « Seelöwe », invasion programmée de la Grande Bretagne par Hitler, remplacée in extremis par 57 jours et nuits de bombardements continus des maisons et des usines britanniques par l’aviation nazie. Cette date est aussi le symbole de la Résistance du peuple anglais au fascisme, et le début de la fin de la marche victorieuse du nazisme allemand sur l’Europe. Si les élites britanniques ont décidé de jeter un voile d’oubli sur cette date, elle ne m’a néanmoins pas échappé grâce à des auteurs comme Joshua Levine[1].

Imposition du masque obligatoire partout dans les rues, les parcs, les jardins, les champs de la banlieue, les bureaux, les ateliers, les transports, les magasins, les rares lieux culturels et sociaux encore résistants… 22H sur 24 pour de nombreux prolétaires. Port du masque muselière empêchant de respirer et de s’exprimer pour tous les enfants et les jeunes de France, chicanes et punitions pour ceux qui demandent à avoir leur mot à dire. Des enfants exclus des école pour cause de pseudo tests covid, privés d’éducation suite à de fermetures d’école complètement illégales aux regards de la Convention de l’ONU des Droits de l’Enfant sans parler de notre Constitution et autres textes fondamentaux… Interdiction policière des rassemblements et manifestations. Paris ville vide à nouveau, car personne n’a envie de se promener avec la muselière la peur au ventre de voir les flics débouler pour te coller une amende pour physique non adéquat. Les bars du bord de Seine de nouveau vides de jeunes alors même que ce sont les rares lieux ou on peut enlever pour 1 heure ou 2 notre symbole de soumission à Macron et à l’idéologie covidienne. Comment tuer économiquement, socialement et politiquement une ville, une nation, un pays. Je sentais l’ambiance lourde de menaces policières et je me réjouissais à l’idée de m’aérer ailleurs. Mais je n’avais pas encore vu l’état réel de l’Europe…

L’Allemagne décrète l’embargo sur la France

La veille de mon départ je consulte le site de l’ambassade allemande en France et j’ai la désagréable surprise de lire que notre puissant voisin a décrété la France zone pestiférée et imposé une quarantaine aux voyageurs venant de l’Ile de France, du Midi et des Antilles. Comment les Allemands comptent ils vérifier qui vient d’où sachant que les transports collectifs (trains et bus) pour chez eux partent de Paris ? Le site du gouvernement allemand ne fournit pas de détails. Comme toujours dans l’affaire du covid le discours médiatique et la violence réelle de la police tiennent lieu de Loi, l’Etat de droit a été relégué dans nos pays au rang de souvenir des « temps anciens » par opposition au « Nouveau Monde » que la gauche espère toujours voir naitre spontanément comme enfant de la « crise du covid ».

La réponse m’est donnée le lendemain dans la lourde atmosphère de cris, d’insultes et de tension qui règne à la gare low cost de Bercy désormais dans les mains de l’entreprise monopoliste allemande Flixbus. 25 personnes attendent de pouvoir monter dans le Paris-Berlin, dans la saleté d’une gare jamais nettoyée et en étouffant sous le masque obligatoire obstruant les voies respiratoires, alors que les deux chauffeurs de bus polonais leur crient directives et menaces dans un mauvais Anglais. Nous attendons une heure debout comme un bétail docile qui ne sait pas à quelle sauce il va être mangé. Les chauffeurs nous interdisent de mettre nos sacs dans la bagagerie du bus car à cause de nouvelles « mesures » de l’Allemagne déclarant la France « zone rouge » nous devons d’abord montrer nos papier d’identité aux chauffeurs et remplir une curieuse attestation « Passenger Locator Card ». Cette feuille de papier A4 parle de « special rules » (normes spéciales) qui s’appliquent désormais aux voyageurs de France déclarée « high risk area» (zone à haut risque) par les « autorités de l’Allemagne » (qui ?). Nous devons remplir le formulaire car omettre ou cacher des informations peut être puni d’une « amende de 25 000 Euros ». Le formulaire exige de savoir d’où nous venons, nos noms et dates de naissances, notre nationalité, notre numéro de téléphone, l’adresse ou nous allons rester et les adresses ou nous voilons nous rendre les 14 jours prochains. En bas je distingue un questionnaire de « santé covid » – avez-vous de la fièvre, de la toux, perte de gout et d’odorat. La dernière question exige de savoir si on a eu le test du covid, quel a été son résultat et dans quel pays il a été fait !

Les gens sont comme sonnés par la violence de la charge, pressentant l’illégalité monstrueuse de la chose, mais ne pouvant se défendre car otage de la firme Flixbus qui peut leur refuser de voyager. Un homme néanmoins proteste qu’il a payé son billet et qu’il n’est pas question qu’il ne monte pas dans le bus. Les deux chauffeurs polonais, un homme et une femme, sont visiblement terrorisés eux-mêmes mais remplissent leur rôle de kapos en criant violemment sur l’homme, en appelant des agents de sécurité privés de la gare et en menaçant que la « Polizei » va s’occuper de lui à Berlin s’il ne remplit par le formulaire. Je suis très inquiète et excédée , d’autant plus qu’une Ukrainienne mal élevée me pousse dans le dos pour me passer devant. Mais je calme le jeu en parlant doucement en Polonais aux deux chauffeurs. Mes mots amènent un peu d’humanité dans cette folie et la femme finit par faire son job et enregistrer les voyageurs, leur bagages et les installer dans le bus. Elle finit par nous faire remplir les formulaires et nous les prend des mains (je ne remplis pas les adresses et ni la partie « avez-vous eu le covid ». Après tout j’ai acheté un billet pour la Pologne, l’Allemagne n’est qu’un transit). Nous partons soulagés. Alors que Flixbus a condamné les toilettes pour cause de « coronavirus », le chauffeur polonais finit par se comporter en vrai professionnel : il sait qu’ils transportent des humains et pas une cargaison de bétail dans un wagon plombé sur 1300 km du Paris-Berlin. Une fois loin de Bercy, il ouvre la porte des toilettes pour nous permettre de les utiliser. Il s’arrête même dans la nuit sur une aire d’autoroute pour une pause interdite par son employeur. Tous les masques tombent au cours de la nuit, et je suis soulagée de voir le visage marquée mais humain de la femme chauffeur si stressée.

Violations des Droits en Europe

J’examine alors le formulaire de Flixbus et toutes les violations des lois me sautent aux yeux immédiatement. Le formulaire ne mentionne aucune institution : quelle institution a décrété en Allemagne la France « high risk zone » ? Sur quelle base légale ? Un décret ? Une Loi ? Une circulaire ? On n’a pas le droit de menacer les gens de punition ni d’amende simplement comme ça sur une feuille de papier sans aucun en tête d’institution publique et de faire porter la responsabilité des menaces aux employés de l’entreprise privée, ici Flixbus. Flixbus en tant qu’entreprise privée se rend coupable de nombreuses violations de droits en obligeant ces clients à lui fournir des informations aussi sensibles que l’état de santé de ses clients (« avez-vous eu de la toux, de la fièvre, aves vous fait le test covid et quel a été le résultat » ?), leurs adresses de résidences dans plusieurs pays, leurs numéros de téléphone. Je soupçonne que la « Polizei » qui sert d’épouvantail est un storytelling destiné à nous faire peur, comme souvent aussi bien dans l’affaire Assange que dans l’affaire du Covid. En effet, nous passons la frontière sans aucun contrôle de la police aux frontières qui elle n’a pas l’air d’avoir envie de participer des mesures arbitraires de la folie « covidienne». Elle laisse cela aux employés de Flixbus…

Nous avons deux heures de retard lorsque nous arrivons à Berlin le lendemain matin. Il ne me reste qu’une heure pour mon bus pour la Pologne. Mais alors que nous arrivons au ZOB «(Zentraler Omnibus Banhof), un événement inquiétant se produit : le bus rentre dans le parking de la gare, tourne un peu puis ressort. Les voyageurs se lèvent de leur siège inquiets : où sommes-nous donc conduits, enfermés que nous sommes dans cette boite de métal ?

Le bus contourne l’espace du ZOB et apparait alors un espèce de « camp » composé de tentes blanches derrière des barrières de sécurité gardées par des hommes en uniforme. Plus tard je verrai que le camp était estampillé « Deutsches Rotes Kreuz », Croix Rouge allemande. Le bus cale devant le camp sans cependant ouvrir la porte et les « policiers » s’approchent. Les voyageurs ont un mouvement de panique. La chauffeur polonaise a peur. Elle lâche « Polizei Polizei », crie que nous n’allons pas sortir si nous n’obéissons pas et si nous ne faisons pas le test du covid, tout en nous redistribuant les fameux formulaires. En fait de police, ce sont des agents de sécurité privés, des migrants visiblement. Je me tourne vers la chauffeur et je lui dis en Polonais que je ne vais pas en Allemagne mais en Pologne et qu’en l’occurrence forcer les gens à faire un test médical est illégal. Son collègue ouvre alors la portière et tout va très vite. Je sors la première et je cours vers l’agent de sécurité privé. Je lui crie en Allemand, mon billet à la main « Je ne vais pas en Allemagne mais en Pologne, mon bus part tout de suite ! »  Il me regarde dans les yeux et il a compris que j’ai compris : « prends tes bagages et sauves toi» me crie-t-il. Je ne demande pas mon reste, j’attrape mon sac à dos et je cours de toutes mes forces pour mettre le plus possible de distance entre moi et le bus. Je rentre dans le parking du ZOB en courant. Un homme s’approche alors de moi et me demande si je « viens de Paris ». Je prends peur qu’il ne soit un flic en civil et je dis « nein » ! A tout prix ne pas être identifiée à la France, le pays des pestiférés !

Je ne peux me reposer que quand je constate que la vie se déroule à peu près normalement dans cette grande gare de la capitale de l’Allemagne. Quasiment pas de masques, sauf dans les bus au moment de monter, une pizzeria qui fonctionne, des voyageurs qui se comportent normalement, loin de la folie dans laquelle nous vivons depuis 6 mois en France. Le bus pour la Pologne est presque vide, le chauffeur est détendu. Une co-voyageuse polonaise de 70 ans me raconte sa vie dans la ville de Police, grande ville industrielle de la banlieue de Szczecin, haut lieu d’industrie chimique construite par la Pologne Populaire et privatisée au profit des oligarques allemands. Elle me raconte que sa famille de « l’est », les territoires ukrainiens, ont reconstruit la ville des ruines, mais aussi utilisé les maisons et objets des anciens habitants allemands chassés par les décisions alliés de Potsdam. En une heure j’ai droit à une belle réflexion humaniste sur la folie de la guerre, ceux qui en ont souffert de part et d’autre de la frontière germano-polonaise désormais sur l’Oder et sur la réconciliation entre les peuples. Elle est fière de me raconter son histoire d’ouvrière polonaise et aussi de se dire « anticléricale » en m’annonçant le mariage non religieux de sa fille, ce qui pour une Polonaise est une marque importante de convictions de gauche. La Pologne telle que cette femme me présente me remplit de bonheur et d’amour. C’est cette Pologne que j’aimerais voir revivre dans la liberté et la dignité.

Nous nous trouvons dans une phase aigüe de la lutte – la dictature qui s’abat sur la vie personnelle de chacun fait qu’il n’est plus possible de fermer les yeux sur ce visage hideux du capitalisme. Les groupes polonais sur Facebook « Stop à la dictature sanitaire » et « Commission d’enquête sur les abus de la dictature sanitaire » comptent des dizaines de milliers de Polonais qui s’éveillent brusquement à la vie citoyenne lorsqu’ils découvrent que les restes de leurs libertés personnelles sont abolis, que des gens meurent devant la porte des hôpitaux publics car les médecins refusent de les soigner « sans test covid rien n’est possible », que des enfant subissent des maltraitances et même tortures de la part des directeurs d’écoles quand ils ne supportent plus le masques 8 heures par jour. Des enfants sont aussi déjà exclus des écoles immédiatement pour non-port du masque. Les parents polonais doivent accepter que leurs enfants leurs soient enlevés et placés dans des « institutions » s’ils ont une fièvre ou un rhume… ou sont privés d’école, grave violation de la Convention des Droits de l’Enfant de l’ONU. Brusquement les citoyens, privés de droits citoyens se trouvent confronté à la nécessité de lutter pour cette citoyenneté et la révolte européenne à Berlin le 29 août dernier fut le coup d’envoi de cette insurrection.

Justement le formulaire obligatoire de Flixbus viole plusieurs droits garantis par la Charte Européenne des Droits Fondamentaux : l’article 3 qui garantit le droit à l’intégrité et notamment le « consentement libre et éclairé » de la personne « dans le cadre de la médecine et de la biologie », l’article 6 garantissant « la liberté » – (que dire d’une pratique consistant à amener des personne captives dans une boite de métal pour un test forcé autre que c’est une privation de liberté ?). Ensuite vient l’article 45 garantissant « le droit de circuler et de séjourner librement dans l’espace de l’Union » et enfin, l’important article 8 sur la « protection des données personnelles » stipulant que la récolte des données personnels ne peut se faire que dans le cadre de la Loi et sur la base du consentement de la personne et avec garantie d’accès à ces données[2]. Flixbus n’a absolument AUCUN droit de rassembler en tant qu’entreprise privés ces données personnelles sur la santé et les lieu de circulation des citoyens voyageant dans l’UE. Mais il y a tellement de Droits Fondamentaux Humains violés depuis la privation de liberté de 400 millions d’Européens appelée « confinement » par la propagande covidienne que toutes les digues entre démocratie et dictature sautent facilement… De même ces pratiques arbitraires violent les articles 3 de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme (droit à la liberté), l’article 13 (droit à la liberté de circulation), l’article 12 (protection de la vie privée)[3]. Même le Traité de Lisbonne que nous avons tant critiqué à gauche est allègrement violé, notamment l’article 2 assurant « la libre circulation des personnes » [4]! Le Pacte des Nations Unies relatifs aux Droits Politiques et Civils a été également violé par la politique de l’enfermement pseudo sanitaire des population (article 12 garantissant la liberté de circulation dans le cadre de son pays) tandis que les tests covid obligatoires violent l’article 7 du Pacte « En particulier, il est interdit de soumettre une personne sans son libre consentement à une expérience médicale ou scientifique ». De plus, si le Pacte permet des dérogations exceptionnelles en cas de menace « grave sur la vie de la Nation », elles ne peuvent être que limitées dans le temps et surtout ne concernent pas des articles aussi fondamentaux que l’interdiction d’expériences médicales…

Il faut aussi souligner combien la politique d’embargo à laquelle l’Allemagne soumet la France avec le pseudo argument sanitaire est aussi une violation de l’égalité entre les Etats censés être garantie par les Traités Européens… Le peuple français est présenté par la propagande des Etats puissants tels l’Allemagne comme dangereux pour la « santé » de l’Europe comme s’il était porteur de la maladie contagieuse de la révolte ! En septembre 2020 plane sur l’Europe le spectre du système de Vienne de 1815 quand les royaumes réactionnaires se sont ligués pendant 100 ans pour isoler la France coupable de Révolution ! Dans cette ambiance de folie il n’est pas étonnant que la ville de Szczecin, anciennement grand port industriel, maintenant enclavée et décrépie, m’a semblé ce 4 septembre 2020 un havre de paix. Je n’oubliais pas pourtant que les seules protestations lors de la fermeture de toute l’Europe en mars et avril ont eu lieu justement ici : dans les villes de la frontières germano-polonaises, des citoyens désespérés ont bravé la police dans des manifestations interdites car la fermeture de la frontière avait privé ces travailleurs transfrontaliers de moyens de subsistance. Priver l’humain de moyen de subsistance : encore une violation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Hommes dont les articles 23 et 25 garantissent le droit au travail et le droit à un revenu décent !

La Fin de l’Etat de droit en Europe ?

Devant tant d’arbitraire je n’étais pas du tout assurée de pouvoir retraverser l’Europe du Nord et arriver en Angleterre pour le procès de Julian Assange alors que je quittais Szczecin accompagnée de la militante de gauche polonaise Basia W.. La route familière Pologne- Allemagne- Pays Bas- Belgique- France que je connais par cœur depuis que je suis née m’a paru brusquement jalonnée d’embuches et de dangers. Avant de partir nous remplissons le formulaire obligatoire pour rentrer en Grande Bretagne comportant nos numéros de téléphone, nos adresses de résidence et de séjour et les numéros de proches « à contacter si jamais vous avez contaminé quelqu’un avec le coronavirus » alors même que nous ne sommes pas en tant que Polonaises soumise à la quarantaine.

Si le trajet Szczecin-Berlin a été sans problème, Berlin sans touristes, restaurants vides un samedi soir du premier week-end de septembre m’a paru étrange et sinistre. Les habitants, même révoltés, même libre de masque dans la rue, même sans les annonces alarmistes dans les transports (« contre le coronavirus ensemble restons mobilisés » du métro parisien font étrangement écho aux attentats terroristes de 1995), restent calfeutrés chez eux. Le bus Berlin- Rotterdam était donc presque vide aussi. Conduit par un chauffeur polonais effrayé comme ceux de la route Paris- Berlin, notre bus fut stoppé en rase campagne en pleine nuit par une voiture banalisée. Nous avons été sommés de sortir et alignés en rang par deux grands hommes blonds en civil et en armes comme les baqueux français. Dans cette ambiance angoissante nous ne savions même pas ou nous nous trouvions, en Allemagne ou aux Pays Bas. Les hommes, sans aucune insigne de police, (ils auraient pu très bien être des coupeurs de route ou des mafieux) interrogeaient les voyageurs sur leur lieu de destination à Rotterdam et sur les raisons de leur voyage et séjour. Arbitraire et totalement illégal, surtout qu’ils ne sont pas une Police des Frontières. Une mère de famille qui avait laissé ses trois petits enfants dans le bus est sommée de les extraire afin de les présenter aux « flics » à l’extérieur. Avant mon tour je demande au chauffeur polonais comment il a su que ceux qui lui ordonnent de s’arrêter en pleine nuit sont bien des policiers, car « ça fait peur de les voir comme ça vous arrêter sur la route». Le chauffeur désigna le panneau lumineux qui s’allumait à l’arrière de la voiture « police follow me », qui me parut bien léger comme signe de reconnaissance. Il ajoute : « Et encore, vous n’avez pas vu ce qu’ils sont capables de faire ! Lors de mon trajet précédent ils nous ont alignés avec les bagages comme pour nous fusiller » ! Le mot est prononcé, l’inquiétude monte. Ayant peut-être entendu cet échange, le baqueux hollandais entrouvre sa veste et apparait alors un un logo censé représenter son corps de police, mais toujours sans aucun numéro d’identification. Lorsque vint mon tour, l’homme vérifie ma carte d’identité polonaise, me demande ou j’habite et ou je vais et ce que je vais faire à Rotterdam. Rien, je vais à Londres chercher du travail, comme tant de migrants polonais. Et combien de temps allez-vous rester en Grande Bretagne ? Réponse de migrant : tant que durera le travail. Avec un tel interrogatoire, la liberté de circulation a bien cessé d’exister en Europe.

Dimanche matin la gare de Rotterdam, si proche du grand port qu’on entend les mouettes crier, a des allures de monstre de verre capitaliste. Elle ressemble au hideux quartier de Bruxelles ou sont concentrés les institutions de l’Union Européenne. Nous sommes pourtant heureuses de découvrir un café sans masques et sans folie hygiéniste: si la police néerlandaise protège son pays des intrus, c’est bien parce que les élites très mondialistes de ce pays ont la faculté de protéger leurs propres citoyens de la folie régnante ailleurs. Les gens vivent donc normalement aux Pays Bas et dans le Flixbus qui arrive deux heures plus tard pour nous emmener à Londres en passant par Lille et Calais l’atmosphère pesante et violente propre à la France et un peu à l’Allemagne s’est estompée. Seuls quelques jeunes font figure d’acharnés du masque mais il faut dire que justement, étant en pleine santé, ils ne se rendent pas encore compte à quelle contrainte ils soumettent leurs poumons en respirant sous le tissu de fibre synthétiques.

A Lille de nombreux voyageurs français montent dans le bus et nous voilà partis vers la dernière étape du trajet qui me semble la plus difficile : le passage à Calais devant la police britannique et française avant le tunnel de l’Eurostar. Depuis mes 14 voyages pour le procès de Julian Assange je connais les lieux, pourtant tout me parait bizarre depuis que l’hystérie autoritaire de la « coronaguerre ». Les policiers français heureusement ne font pas de zèle. Alors qu’ils sont jeunes, ils sont fatigués sous leur masques 8 heures par jour derrière leur guérite en verre et enlèvent leur accoutrement dès qu’une occasion se présente. Nous enlevons le nôtre pour leur présenter nos visages. Nous sommes comme les femmes saoudiennes qui gardent l’abaya noire en permanence mais doivent bien soulever un pan du « secret » pour montrer leur visage aux contrôle frontalier. Nous sommes fatigués de trainer nos bagages afin de le faire passer dans le scanner de contrôle. Puis nous remontons dans le bus et redescendons pour le contrôle anglais. Surprise. Le passage que j’ai tant redouté se déroule sans encombre : les policiers britanniques ne contrôlent pas du tout les fameuses attestations ! Même les voyageurs français en théorie soumis à la quarantaine ne sont pas inquiétés ! La fameuse quarantaine s’avère donc être un storytelling de plus ! La police britannique dit à ma collègue polonaise quelque chose sur la quarantaine qu’elle ne comprend pas bien mais le papier qu’elle lui remet renvoie au site internet https://visas-immigration.service.gov.uk/public-health-passenger-locator-form comportant le formulaire que nous avons déjà rempli. Nous sommes donc en règle vis-à-vis de l’administration britannique. La suite du voyage se déroule sans problèmes, nous traversons le channel, roulons sur l’autoroute du Kent dans l’après midi et arrivons à Victoria Coach Station dans la soirée du dimanche 6 septembre.

La City of London Corporation n’est ni la ville de Londres ni la Grande Bretagne

Dans la soirée nous nous installons dans l’appartement loué dans le centre de Londres, non loin de la Old Bailey, le tribunal ou doit avoir lieu le procès et nous décidons de voir de quoi ont l’air les lieux. Il est plus de 21 heures lorsque nous nous faisons le tour de la Old Bailey : un énorme complexe de plusieurs bâtiments entourés de non moins imposants immeubles de bureaux de banques et autres entreprises sous lesquels se trouvent de profonds souterrains visibles aux immenses portes d’entrées de camion. La Old Bailey est ainsi composée d’un bâtiment du 19 siècle que jouxte un bunker austère des années 60. Il y donc déjà en façade deux porte d’entrées – celle du tribunal Central Criminal Court a l’air de recevoir des visiteurs car des barrières en délimitent l’entrée et une vitrine affiche les audiences de la journée du vendredi 4 septembre. Une porte cochère fermée barre la porte cochère du « Warwick passage », un passage qui mène à l’arrière de la Old Bailey.

Nous faisons le tour du pâté de maison, photographions une église du 17 siècle et la « Amen Court », un petit quartier de maison du 17 siècle qui ont survécu à l’arrière de la Cour aux bombardements nazis qui avaient sérieusement endommagé ce quartier central. Nous nous retrouvons aussi à l’arrière du complexe, à la sortie du « Passage Warwick » – le complexe de la Old Bailey se présente comme un immense complexe aux larges et hautes fenêtres, certaines peuvent être des appartements et non des bureaux. En effet, chose surprenante, cette nuit du dimanche il y a de la lumière dans les pièces du tribunal. Les deux derniers étages, 4 et 5ème, sont même illuminés d’une étrange lumière bleutée. Derrière le bâtiment se trouve un petit square avec un banc, un parking ainsi que l’entrée principale des salariés du tribunal. En sortant du parking nous pouvons refaire le tour du complexe sur notre gauche et revenir vers la « Old Bailey » historique du 19 siècle avec sa haute tour et sa statue de la Justice au sommet. Nous longeons alors la « Maison de la guilde des Couteliers » du 17 siècle avec ses inscriptions en Français qui fait partie du complexe et un bâtiment moderne dans lequel se trouvaient encore en juillet les bureaux de Axa. Partout, à tous les coins du complexe, pas moins de 4 grandes portes cochères donnant sur des souterrains. Par laquelle Julian Assange sera-t-il amené au procès ? Nous ne pouvons pas le savoir et les avocats n’ont évidemment donné aucune indication. Nous photographions donc les lieux pour mieux nous préparer.

Au-dessus de toutes les portes se trouve le blason de la « City of London Corporation » – les deux lions ailés portant un casque au-dessus de la croix de Saint Georges rouge sur fond blanc. En effet, la City of London Corporation n’est pas la Ville Londres, c’est l’enclave historique des banquiers et marchands, leur fief plus ancien que l’Angleterre et plus ancien que le Royaume Uni. Julian Assange ne comparait pas ici devant un tribunal dépendant du ministère de la Justice britannique mais il est amené dans un lieu, un bâtiment appartenant à la City de Londres, la fameuse place forte des banquiers. Car même si la Central Criminal Court est effectivement un tribunal britannique qui siège dans ce lieu, Julian Assange ne va pas être jugé par les juges officiels de la Central Criminal Court. En réalité, dans la salle louée de la Old Bailey, nous ne sommes plus en territoire britannique. Nous sommes dans la City.

En effet, la Cour Criminel Old Bailey appartient à et dépend de la City of London Corporation. La City of London Corporation est le cœur historique de Londres depuis sa fondation par les Romains puis sous le règne des Anglo Saxons. Elle est une association privée de commerçant et de banquiers. Guillaume le Conquérant donne une série de privilèges à cette association appelée Cité de Londres, dont celui de pouvoir s’autoadministrer par Conseil des Sages « Le Court of Aldermen ». Son successeur choisit de construire sa capitale dans la commune de Westminster qui devient ainsi la nouvelle capitale, aujourd’hui la ville de Londres. La Cité de Londres, qui est une association d’affaires administrant un territoire, gagne en 1186 le privilège de choisir son maire le Lord Mayor of London.

Aujourd’hui le Lord Major of London est l’un des office électif les plus ancien au monde. Il représente les intérêts du secteur bancaire établi dans le territoire de la Cité de Londres et des quelques résidents. Il est de ce fait automatiquement Recteur de l’Université de Londres et Amiral du port de Londres ce qui lui donne un grand pouvoir indépendant du gouvernement de la Grande Bretagne. La Corporation est le pouvoir suprême de la City incluant les plus riches de la Cité (Court Aldermen) et le Mayor lui-même. Malgré le fait qu’il est censé faire allégeance au Couronne de Grande Bretagne, la cérémonie annuelle de Tempel Bar ou le Roi ou Reine doit attendre que le Mayor lui donne le droit d’entrer dans la Cité montre l’étendue de son pouvoir et prouve que la suzeraineté de la Reine d’Angleterre est purement symbolique. Le Gouvernement de Grande Bretagne ainsi que le Parlement du pays n’ont aucun pouvoir ni réel ni symbolique sur le territoire de la City of London Corporation.

La Cour Old Bailey est administrée par deux sheriff s représentant les guildes bancaires de la Cité. Le Major of the City of London est à la tête de l’administration de la Cour et il a la prérogative d’y siéger de droit également. L’administrateur de la Mansion House, le siège du Mayor of City of London, est aussi le responsable de la Central Criminal Court. Depuis 2017 le directeur exécutif de la Mansion House et de la Central Criminal Court est le financier Vic Annells. Le Mayor of City of London est actuellement Alderman William Russel un banquier de la banque américaine Meryll Linch. Les deux sheriffs élus en 2019 par leur pairs sont les banquier Alderman Michael Mainelli a été manager pour les fonds d’investissement anglo-américain de la City, pour des agences du ministère de la Défense et pour la Deutsche Morgan Grefell, et Christopher Hayward, sheriff est lié aux intérêts de la Chine en tant que chef du CA de la Sichuan Business Association. Les deux sheriffs administrent la Criminal Court Old Bailey dont La City of London est propriétaire et doivent même y habiter le temps de leur mandat[5].

Je connaissais ces informations avant de voir les lieux, mais je ne fus pas étonnée de lire sur le panneau d’affichage à l’entrée de la partie « bunker » de la Old Bailey que ce lieu a été producteur de la fameuse « Loi maritime » britannique – le droit établi dans ce tribunal gérait tous les bateaux de la marine anglaise et britannique pendant sa conquête du monde du Moyen Age jusqu’à aujourd’hui ainsi que les territoires des colonies britanniques. Le droit maritime dépendant de la Old Bailey s’étendait aussi aux territoires établis et gérés par la Virginia Company of London [6], autrement dit aux 13 Etats fondateurs des Etats Unis. La Constitution des Etats unis d’Amériques et leur Déclaration d’Indépendance du 4 juillet 1776 ne définissant pas le territoire des Etats Unis, ni leur langues, ni leur coutumes, bref, tout ce qui fait une Nation… certains penseurs anglo-saxons estiment que les Etats Unis restent de iure (et de facto ?) une colonie de la City of London Corporation et ne sont donc pas un véritable Etat. Certes indépendant du « roi anglais » comme le proclame leur Déclaration mais toujours dépendants des banquiers de la City of London Corporation ?

Julian Assange avait bravé les deux, le pouvoir royal de la Reine d’Angleterre et celui des Etats Unis d’Amérique (anciennes ?) colonies de la City of London.

L’accueil musclé de la City of London Corporation

Notre ballade effectuée, nous entrons dans une épicerie pakistanaise pour acheter de quoi dîner. C’est alors que se produit l’attaque policière la plus lourde et musclée de tout notre séjour. Deux policiers en uniformes entrent dans la boutique alors que nous nous approchons de la caisse. Je suis étonnée, ils ne sont pas là pour un vol, nous allons justement payer nos achats. Que se passe- t-il ? Un des policier somme ma collègue française d’abandonner ses emplettes et de sortir. Nous ne comprenons pas ce qui se passe mais nous obtempérons, tellement on est habitués par réflexe à obéir à la police même lorsque ce qu’elle est fait illégal. Je pense que c’est une erreur, surtout que l’homme, grand, blanc, jeune, musclé et roux, vêtu de noir, porteur d’une arme (taser ?) et de divers attirails nous dit de sortir « pour information ». Mais voilà qu’une fois sortie devant la boutique, nous sommes toutes les trois encerclées par pas moins de 6 policiers, trois hommes et trois femmes, qui obéissent eux aux ordres d’un petit homme roux vêtus en civil et munie d’une oreillette et d’un talkie qui se tient à côté d’une voiture que nous n’avions même pas remarquée. Nous sommes assez choquées, surtout qu’ils exigent de nous séparer et de parler à chaque flic séparément. Nous sommes étrangères, ma collègue polonaise vient à peine de poser le pied en Angleterre la première fois, je m’inquiète pour elle. La situation est très tendue et choquante.

Que nous reprochent ils ? D’avoir pris des photos de la Old Bailey au cours de notre promenade ! Je réponds qu’il n’est pas interdit de faire des photos de la Cour, il n’y a aucun panneau et d’ailleurs j’avais déjà fait des photos de tout le bâtiment en juillet dernier sans aucun problème. Je savais bien qu’il y avait des caméras partout, mais comme ce n’est pas interdit, je ne pensais pas que les agents de sécurité privés qui surveillent les banques allaient illico appeler la police en voyant trois femmes déambuler devant la Old Bailey et lire le panneau d’affichage devant la porte ! Ce ne sont d’ailleurs pas des policiers de Londres. C’est la police de la City of London Corporation. Ils portent une casquette à damier blanc et rouge et le logo de la City s’affiche sur leurs uniformes. Cela dit, ils sont jeunes et leurs habillement a bizarrement l’air flambant neuf. Dans l’émotion nous ne le remarquons pas tout de suite, mais les trois jeunes femmes qui nous prennent à part, deux blanches et une métisse ont des coiffures très étudiées comme si elles sortaient d’un studio de coiffure pour tournage de film. Celle qui me fouille arbore des petites tresses très compliquées à faire soi-même et à entretenir – dans les métiers de la sécurité, les femmes sont les plus souvent coiffées d’une queue de cheval facile et rapide à faire.

Ils exigent de voir nos pièces d’identité, nous sommes deux à ne pas les avoir sur nous, après tout nous sommes juste sorties faire un tour dans le quartier. Ils nous disent que la carte bancaire suffit et recopient nos noms à partir de ces documents. Puis ils exigent de voir nos photos. Nous devons ouvrir les deux appareils que ma collègue polonaise avait utilisés. « Qu’est-ce que c’est que ça » ? -me demande un des hommes en désignant la seule photo de mon appareil, deux fenêtres éclairées de la Old Bailey mais pouvant provenir de n’importe quel bâtiment. Je réponds simplement « je ne sais pas, un bâtiment avec des fenêtres allumées ». Un autre questionne ma collègue française sur la photo de l’Eglise Guilde Church of St Martin du 17 siècle de la rue Lutgate Hill. Sa réponse est « c’est une église. Des Polonaises s’intéressent forcément aux églises » ! Cela commence à faire très bizarre d’être interrogées comme ça. Les flics ont bien cité rapidement quelque chose qui ressemble à un article de loi mais ils l’ont fait tellement vite qu’on n’a rien compris. On se met à leur parler. On est des touristes étrangères qui viennent juste d’arriver à Londres. On a à peine mis le pied dans l’appartement de location et fait notre première ballade dans le centre de Londres. On a fait des photos d’un bâtiment certes officiel, mais historique qu’il n’est pas interdit de photographier.  Alors ?

Alors les étranges policiers de la City of London nous disent que ce qui compte est « l’intention ! Et l’intention est de commettre un acte terroriste » ! En effet, sous le « Terrorisme Act» il est interdit de photographier un bâtiment ou aura lieu le lendemain « a very sensitive trial » (procès très sensible) ! Nous y sommes… les flics de la City of London Corporation font la chasse aux soutiens de Julian Assange qui viendraient près de la Cour ! Cela commence à m’énerver et m’angoisser. Je ne vais pas recommencer avec la répression illégale comme celle que j’ai subie en Grèce de 2009 à 2013. Il faut qu’on sorte de cette situation ! Nous expliquons qu’on n’a fait que des photos touristiques de bâtiments historiques. C’est la nuit, nous sommes trois femmes étrangères entourées de 6 flics bizarres qui ne se comportent pas en vrais professionnels mais en milice privé – oui la police de la City of London n’est pas une police d’Etat puisque la City of London Corporation n’est pas un Etat ni même une ville mais un curieux territoire hybride appartenant à des entreprises privés auxquelles la Reine d’Angleterre confère le privilège d’avoir leur propre police. Nous ne sommes plus en Grande Bretagne, nous sommes dans un territoire géré par une association privée, d’aucun dirait une mafia. Quid de nos droits, alors que ce territoire n’a pas signé de convention bilatérales avec nos pays ? Nos consuls peuvent-ils nous aider ?

Lorsque le jeune interrogateur me pose la question pourquoi je photographie ces bâtiments modernes, je lui fais un cours d’histoire sur l’anniversaire du Blitz et les souffrances que la population de Londres a enduré sous les bombardements nazis. Je suis sensible en tant que Polonaise dont le pays a été entièrement détruit par les nazis à cette terrible histoire de la destruction du cœur historique de Londres et de sa reconstruction après la guerre. Je voulais montrer à ma jeune amie polonaise le contraste entre les restes de l’architecture du 17 siècle et les bâtiments reconstruits dans les années 50 et 60. L’homme parait un peu impressionné par mon laïus et me fait un discours similaire sur sa famille pendant le Blitz. En fait, je ne l’écoute pas, je stresse à l’idée de ce qui peut se passer maintenant. En effet, ce n’est pas fini.

Ils cherchent quelque chose et se dévoilent vite. Chacune de nous est séparément sommée de dire si elle connait Julian Assange et ce qu’elle pense de Julian Assange. Et si elle vient pour le procès. Pas question. Nous répondons toute la même chose, nous sommes venus en tant que Polonaises chercher du travail et comme on est dans le centre-ville on fait un tour touristique. La fliquette qui m’interroge est goguenarde. Elle me demande ou on habite, je donne la rue. L’appartement évidemment trop cher pour des migrantes. Je lui réponds « c’est une opportunité », rajoutant qu’à mon âge j’ai plus d’argent que ma jeune collègue. Elle me pose des questions sur le boulot que je vais faire, et quand je vais rentrer. Elle insiste sur Julian Assange, je vois bien qu’elle ne me croit pas, j’ai la tentation de dire la vérité, après tout nous ne faisons rien de mal. Nous ne violons aucune Loi en tant qu’association des Droits de l’Homme. C’est eux qui violent les Lois en maintenant un homme en otage captif depuis des années et en le faisant juger par un pseudo-tribunal d’entreprises privées.

Au final toutes les trois nous finissons par dire « puisque vous nous dites que ce procès est sensible et qu’il est si important et qu’il n’est pas interdit d’y assister, alors oui, nous avons envie d’y aller » !

Ce n’est pas fini. L’intimidation continue. Alors que les jeunes flics semblaient avoir fini leur exercice de contrôle sur nous, le chef en civil qui se tient plus loin leur donne un ordre de continuer. Voilà que la fliquette aux nattes bien arrangées se saisit de mon sac et commence à me sortir une tirade sur les articles de loi anti terroristes selon lesquelles elle va me fouiller. Elle ne se présente pas et n’a pas de numéro d’identification sur elle, contrairement à ce que la Loi selon laquelle elle prétend agir exige (comme le montre leur propre attestation ci contre). Une fouille au corps ici dans la rue me semble bizarre et inappropriée. Je saisis mon téléphone et je commence à composer le numéro du consulat polonais. Je lui dis « puisque vous m’accusez de terrorisme, cela commence à être sérieux. Je ne comprends pas ce que vous dites. J’ai droit à l’assistance d’un interprète et d’un avocat. Je téléphone donc à mon consul pour que le consulat polonais nous prête assistance ». La jeune femme bafouille et fait marche arrière : « non, vous n’êtes pas accusé de terrorisme, mais en vertu de la Loi terrorisme Act nous pouvons contrôler votre sac et vous fouiller dans la rue » ! Je réfléchis. Après tout nous n’avons vraiment rien dans nos sacs. Je décide de me laisser faire. La femme met des gants et procède à une palpation de sécurité malhabile et pas très professionnelle. La femme qui fouille ma collègue française fait tellement mal son travail que sa palpation s’apparente à une agression sexuelle. Je suis inquiète pour mon amie polonaise qui a subi en 24 heures 2 contrôles musclés de flics à peine arrivée dans le pays depuis 2 heures ! La rousse aux tresses ouvre mon sac et en sort tous les objets. Elle regarde mon agenda à la date du 5 et du 6 septembre, inspecte le roman érotique en Français j’ai avec moi comme porte-bonheur (« c’est quoi » ? « un roman érotique »). S’ils s’attendaient à des affiches ou tracts pour Assange, ils sont déçus, il n’y a strictement rien dans mon sac et heureusement. Cela dit des policiers professionnels cherchent des armes ou de la drogue, et ne passent pas leur service à inspecter des agendas personnels et des livres comme s’ils étaient déjà devenus une police politique de la pensée.

Finalement, la fliquette rousse remet mes objets dans mon sac, mais un des hommes, un de ceux qui décident, sort et exhibe mon Gilet Jaune toujours dans la poche de mon sac. « Qu’est-ce que c’est » ? Il est ironique. Il cherche à me faire avouer que je fais partie du mouvement des Gilets Jaunes. En Occident la police politique a commencé. Je lui dis tranquillement « un gilet jaune pour le vélo ». Je me tiens prête à appeler le consulat si jamais cela dégénèrerait.

Enfin, c’est fini, les élèves flics n’ont rien trouvé. Elles nous demandent si on veut des attestations de la fouille. Oh que si ! Pour avoir la preuve que vous n’avez rien trouvé ! Pendant que les fliquettes s’appliquent à remplir un formulaire des plus succincts qui ne raconte aucunement la brutalité psychologique de leur intervention sur nous, l’homme en civil décideur fait mine de parler de fouiller notre domicile. Là je m’énerve et je lui dis « Non. Pour cela vous devez présenter un ordre écrit». Il n’insiste pas. Visiblement, tout cela est bluff et storytelling destiné à nous impressionner. Il n’a aucun document nous incriminant pour aucun délit. Photographier la Old Bailey n’est pas interdit et si cela l’était cela doit être visible par écrit. Photographier un bâtiment n’est pas synonyme de préparation d’attentat terroriste. Elles vont loin cependant, dans l’intimidation, les polices privées de Lord Mayor de la City of London.

La policière métisse qui inspecte notre collègue française finit par lui dire, alors qu’il nous démange de leur poser la question cruciale « mais qui êtes-vous » ? « Nous ne sommes pas la police britannique mais celle de la City of London. La City of London, c’est quelque chose de particulier. Vous voyez le Vatican ? Nous sommes comme le Vatican. Indépendant de le Grande Bretagne ». Je pose aussi la question qui cible le pouvoir à mon inspectrice rousse. Elle confirme : la milice de la City of London Corporation est indépendante du gouvernement britannique. Nous sommes en territoire hostile, mais un territoire qui n’est pas un sujet du droit international, pas un Etat, mais une entreprise privée.

Ils nous relâchent. Nous sommes sonnés et rentrons à l’appartement. Le papier que ces « policiers » nous envoient ne mentionnent pas quel est le résultat de leur fouille dans nos sacs et sur nos corps. Il est dit uniquement « des femmes ont photographié la Old Bailey la veille d’un procès sensible ». Dès le lendemain matin la Old Bailey sera photographiée des dizaines de milliers de fois et aucun des supporters de Julian Assange ne sera inquiété.

C’est cette nuit qu’il ne fallait pas qu’on voit ce qui se passe à la Old Bailey. Que se passait-il donc de si particulier cette nuit de veille du procès ?

Le papier de la police que nous récupérons dans notre boite mail ne donne aucun résultat de leur fouille, ce qui est inquiétant. Par contre il stipule que bien que la police n’a le droit de procéder aux fouilles que si elle « des raisons de suspecter que tu a volé quelque chose ou que tu portes des armes offensives, des drogues ou quelques choses qui peut être utilisé pour un vol, un cambriolage ou pour commettre un dommage criminel ». Visiblement l’objet que les milices de la City considèrent comme une arme possible est un appareil photo ! Bel exemple de mise en place d’une dictature que de pénaliser des preneurs d’images la veille d’un procès pour journalisme ! La dictature de milices privées en marche en Europe, il n’y a pas de doute !


[1] Joshua Levine « The secret story of the Blitz », Simon and Shuster, 2015, London

[2] https://www.europarl.europa.eu/charter/pdf/text_fr.pdf

[3] http://www.textes.justice.gouv.fr/textes-fondamentaux-10086/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087/declaration-universelle-des-droits-de-lhomme-de-1948-11038.html

[4] https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex:12007L/TXT

[5] https://en.wikipedia.org/wiki/Michael_Mainelli

https://www.cityoflondon.gov.uk/about-us/about-the-city-of-london-corporation/lord-mayor/lord-mayor-biography
https://news.cityoflondon.gov.uk/city-of-london-corporation-appoints-new-executive-director-of-mansion-house–central-criminal-court/
https://en.wikipedia.org/wiki/Lord_Mayor_of_London

[6] https://www.encyclopediavirginia.org/virginia_company_of_london

https://www.britannica.com/topic/Virginia-Company
Formulaire illégal de Flixbus recueillant des données de santé des voyageurs francais – violation de l’article 3 et 8 de la Charte Européenne des Droits Fondamentaux

Attestation de fouille anti terroriste de la milice de la City of London Corporation
https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginia_Company

Lundi 7 septembre 2020 – premier jour à la Old Bailey

Nous sommes stressés par l’incident policier et je ne peux pas me lever au plus tôt. Nous n’arrivons à la Old Bailey qu’un peu après 6 heures du matin. 4 personnes sont déjà debout avec deux pancartes devant le rideau tiré du Passage Warwick. On ne sait pas si c’est bien ici que public va entrer mais nous n’avons pas le choix que de nous placer à leur suite. On les salue et on reste polies mais la tension montera vite et restera vive toute la journée. Jamie, Sandra, le journaliste allemand Moritz Müller et deux autres hommes jouent le rôle de « chauffe place » – ils font la queue pour d’autres et cèderont leur place à la dernière minute. Ce ne sont évidemment pas des règles équitables du premier arrivé premier servi, j’estime qu’il n’y a pas de personne plus importante que d’autres et personne ne doit servir de larbin à quelqu’un, mais ce n’est pas le problème le plus aigüe. Le plus dur est que même si nous restons calmes, les « supporters » se sentent autorisés à resquiller et nous passer devant, de sorte qu’au bout de 3 longues heures d’attente alors qu’un agent de sécurité ouvre la grille et que nous pouvons rentrer dans l’étroit boyau du passage, nous nous retrouverons dixièmes dans la file alors que nous étions cinquièmes le matin.

Une femme au chapeau de paille, un homme viennent se mettre devant nous et nous poussent des coudes pour nous faire partir. Puis ils et elles nous agressent de diverses manières, d’abord en criant que nous les agressons (la fameuse inversion du bourreau qui crie être victime…), en jouant les kapo du « social distancing » ou en nous interpellant méchamment sur la quarantaine que les Français sont obligés de faire. Je réponds qu’ils n’ont qu’à faire 3 pas en arrière pour avoir leur « social distancing », tout en mettant le masque muselière qui ici devient un accessoire utile de démonstration de notre bonne volonté à respecter les codes sociaux. Je dis aussi que je suis Polonaise donc exemptée de quarantaine mais l’ambiance est irrespirable car la violence des « supporters » augmente au fur et à mesure que l’heure avance.

Dès 8h30 alors que la police de la City of London est sur place et que la manifestation en faveur de Julian Assange grossit devant l’entrée principale, nous savons déjà qu’il n’y a que DEUX places dans la galerie du public ! Les prétextes sont fallacieux et le covid joue un rôle de choix dans l’annulation de la publicité du procès, encore une violation des droits que nous subissons partout sur tout notre continent européen. Nous tous, avec Julian Assange.

Mais je persévère, d’autant plus qu’une des policière, une dame d’une soixantaine d’année, grande blonde masquée, vêtue de l’uniforme au damier blanc et rouge de la City of London Corporation qui semble diriger les opérations s’approche de nous vers 8h00 et nous permet de rester faire la queue pour demander à la Cour si notre association de défense des droits de l’homme pourrait recevoir une accréditation pour le lendemain. Elle est affable et n’a rien à voir avec les gens bizarres que nous avions subis la veille. Les « vrais » policiers ne semblent pas du tout être les mêmes, aucun de ceux d’hier ne sont présents. Les uniformes nickels et les coiffures apprêtées des femmes de la fameuse patrouille de nuit nous semblent de plus en plus ressembler à du décor de cinéma. La voiture des policiers de la City of London est noire alors que celle des policiers britanniques sont bleues et jaunes. Quelques policiers de la Grande Bretagne seront présents mardi et mercredi mais tout comme devant la Westminster ils resteront courtois et discrets.

A 9h30 la tension est à son comble. La manifestation organisée bat son plein devant le bâtiment historique. Certains aspects font penser à un spectacle ridicule et décalé : un homme se promène jambes nues vêtu d’une jupe au couleurs de l’Irlande, une femme porte un costume de kangourou censé représenté le « kangurou court »  le procès « kangourou ». Une autre distribue des tracts pour « l’avènement de Jésus » tandis que des acteurs grimés déambulent avec un simulacre de croix. Je ne pense pas que cette mise en scène mette en valeur l’engagement politique de Julian Assange. J’aurais préféré voir des vrais militants politiques, des syndicalistes, des membres du Parti communiste, du Labour de gauche, des associations de droits de l’homme anglaises… Mais ces représentants de la vraie société civile anglaise ne veulent pas toucher à l’affaire Assange comme si la complexité de la question les déroutait. Il est vrai qu’ils auraient alors besoin de nettoyer en profondeur leur société, les contradictions de leur système politique féodal (la City of London en tant que fief féodal du suzerain de la Couronne d’Angleterre) et ils semblent reculer devant cette tâche herculéenne.

En tant qu’étranger luttant pour la liberté d’un homme otage nous n’avons pas ces hésitations et nous devons aller de l’avant parce que notre liberté est liée à la sienne.

A 10h un agent de sécurité privé, assez âgé, ouvre la porte de la galerie du public dans le Passage Warwick. Il fait entrer les familles des quelques autres « cas » – Maurice Robinson et Christopher Kennedy, deux jeunes routiers anglais accusés d’avoir assassiné 14 migrants vietnamiens en les laissant mourir dans leur camion frigorifique en novembre 2019 ainsi que la famille d’un homme ayant tué sa femme. Les quelques 10 personnes montent les escaliers alors que nous restons devant la porte.

La confusion s’installe alors et la pression physique des personnes « chauffe place » augmente sur nous. Nous sommes accusés de tous les maux dont se rendent en réalité coupable ces gens qui sont censés être nos alliés dans la défense de Julian Assange. On dirait un scénario bien huilé pour nous empêcher d’entrer en nous faisant perdre notre sang froid. Comme je connais le scénario depuis un an et 14 audiences, je ne me démonte pas.

Les lieux et les protagonistes du « jeu »

Puis brusquement la situation se débloque : un agent de sécurité jeune vient prêter main forte au plus âgé. La porte d’entrée vers la « public gallery » s’ouvre. Les agents annoncent « la famille » de Julian Assange qui a priorité. Avec je vois arriver John Shipton et puis avec surprise le trio de février et composé du frère de John Shipton, de la femme de celui-ci et du fils du frère. Je ne les ai évidemment vu à aucune audience intermédiaire à la Westminster Court. Stella Moris est également absente, elle ne sera JAMAIS présente dans les lieux avec la famille. Par contre Craig Murray leur emboite le pas. Je suis fatiguée de cette opacité – qui décide de qui est la famille ? – mais je ne peux rien faire. Pire, une fois que les cinq de la Woolwich Court rentrent dans l’étroit escalier menant aux étages, des conciliabules entre Deepa River et les agents de sécurité commencent car les militants « chauffe-place » ont dégagé la place. Ces négociations opaques ont comme résultat l’entrée de Kristinn Hrafnsson, de Fidel Narvaez et de John Pilger dans l’escalier. Pilger n’a évidemment jamais fait la queue, contrairement à Fidel Narvaez que j’ai vu depuis le matin mais qui a pu circuler librement sans être acculé à tenir la porte comme nous pour ne pas être viré. Je suis alors en colère, surtout quand je pense aux immenses efforts que nous avons dû faire pour arriver là…. Mais je reste stoïque, essayant cependant de discuter avec l’agent de sécurité d’une « accréditation pour association de défense des droits de l’homme ». L’homme me regarde et dit qu’il n’y a pas de place dans la salle 10 « à cause du coronavirus » mais à son attitude je comprends qu’il faut persévérer.

Nous sommes maintenant les deux Polonaises devant la porte. Entre l’entrée principale dans la rue et notre porte s’active G., la mystérieuse militante que j’ai toujours vue, toutes les fois à toutes les audiences depuis 1 an. G. a d’abord été hostile vis-à-vis de moi, puis amicale lorsque nous avons fait cause commune contre les listes de Greekemmy. Elle a assisté aux 4 jours à la Woolwich Court et je l’ai revue en juillet et août dernier à la Westminster. G. parle un Anglais d’Oxford de très haut niveau et on ne sait rien d’elle ni comment elle fait pour toujours entrer. J’ai été peinée ce matin lorsqu’elle m’a attaqué vertement dans la queue en resquillant alors même qu’elle était arrivée après moi et au final je la vois me passer devant. Elle a l’air d’avoir un certain pouvoir car elle négocie avec les agents de sécurité et des responsables de la Cour l’entrée de deux autres protagonistes du jeu que je connais depuis la Woolwich, Rebecca Vincent de Reporter Sans Frontières UK et Christian Mihr de Reporters Sans Frontières Allemagne. Je ne peux cependant comprendre la teneur des échanges car je ne peux quitter mon poste dans le sombre boyau du passage Warwick pour aller vers l’entrée principale dans la rue.

Lorsqu’elle me pousse pour se retrouver devant moi face à la porte, je réagis. D’un ton gentil, presque suppliant je lui dis : « Pourquoi tu me fais cela. J’ai toujours été loyale avec Toi ». Elle continue dans la veine agressive, m’accusant de la pousser et me parlant du fameux « social distancing ». C’est une pose. Alors, je lui dis simplement : « Qui es-tu ? Comment se fait-il que tu entres toujours ? Tu as dit être chercheuse, mais je n’ai jamais rien lu de ce que tu as écrit ». Alors, la femme réprime un sourire. « Tu ne sais pas sous quel nom j’écris ». Non, effectivement elle n’a jamais voulu dire son nom. Puis son visage devient sévère, déterminé, mais également effrayé : « Je fais cela pour mon pays » dit -elle. « Tu n’as pas remarqué qu’il n’y a aucun Britannique dans cette affaire » ?

Si j’ai remarqué. Que des Australiens et des Allemands. Et ici c’est le lieu international de la Cité des Banquiers mondiaux par excellence. Je bafouille, surprise, je parle du frère de Shipton, ne vit-il pas ici ? J’en oublie que Craig Murray est censé avoir été diplomate de Sa Majesté. Mais pour elle, il ne représente ici pas son pays.

Porte cochère de livraison qui donne sur de vastes sous sols pourvus en cellule, une cantine…

Tout va alors très vite. La porte s’ouvre. Kristinn Hrafnsson apparait suivi de John Pilger. Les deux hommes quittent les lieux après une heure seulement. L’agent de sécurité annonce qu’il peut nous faire entrer. Georgia la première, puis moi, puis les deux de RSF. Je donne mon téléphone portable à ma coéquipière polonaise et je devrais aussi jeter ma bouteille d’eau et mes biscuits, toute alimentation étant interdite. Le passage vers la galerie du public est un étroit boyau tout en bois sombre et au linoléum fatigué qui me rappelle l’architecture stalinienne du tribunal de Varsovie dans les années 90-93. Dans un minuscule entresol se trouve le PC de l’agent, ainsi qu’une caisse en métal – un détecteur de métaux modèle des années 80. Une fois que nos sacs passent dans la caisse et que l’agent n’a rien trouvé d’interdit, nous traversons un portique de sécurité. Il est assez sensible car mes chaussures sonnent chaque fois. Dès que je suis libérée de la fouille, je me mets à courir pour ne pas perdre ma place. Trois grands étages à gravir d’un escalier bunkérisé sans fenêtres, un plancher en lino sale, des toilettes dans les entresols derrière de lourdes portes en bois foncé (les toilettes femmes sont condamnées pour cause de corona, il faudra aller dans les toilettes hommes, garnies de lavabos et de pissotières modèle des années 1960. Personne n’a jamais rénové ni modernisé ces lieux qui n’ont d’ailleurs pas l’air très fréquentés).

Je croise au 1er, 2ème et 3ème étage les familles des autres accusés qui attendent dans un petit vestibule sur le palier. Je dois courir tout en haut, au 4ème étage de cet escalier, 5ème et dernier étage du bâtiment et j’arrive essoufflée. Sur le palier une femme blanche âgée en uniforme blanc et noir masquée me dit d’attendre. Elle se concerte avec une autre agente assise dans le couloir dans un renfoncement devant un écran de caméras. Les caméras de surveillance montrent l’escalier et elle doit en plus surveiller le couloir. Pas de PC sécurité, je me fais la réflexion sur les conditions de travail lamentables des prolétaires anglais si obéissants. Les deux femmes me disent de les suivre. Dans l’étroit et sombre couloir nous longeons la « Court Room 10 » et elles ouvrent la porte suivante « Court Room 9 ».

Je descends dans la galerie du public, je m’assieds sur une des nombreuses chaises vides. G. est derrière moi loin de moi, à ma gauche au fond je retrouve Fidel Narvaez mais Rebecca Vincent et Christian Mihr ne se formalisent pas du « social distancing » (et je ne leur en veux pas) et se placent dans la rangée juste derrière moi un peu en hauteur. Je ne suis pas dans le « Saint des Saints », ce lieu est la Courtroom 10. Je suis dans une salle mitoyenne qui accueille les journalistes et le public sommés de suivre les débats de la salle 10 sur deux écrans video placés de part et d’autre de la pièce.

J’enrage quand je compte le nombre de chaises vides : 40 places dans la galerie du public répartis en 4 rangées et nous ne sommes que 5 ! Le Coronavirus permet décidemment abolir toute règle d’Etat de Droit alors qu’il y a largement l’espace pour faire entrer 20 personnes ! En bas du balcon de la galerie, je compte dans la salle elle-même 50 chaises occupées seulement par 15 personnes ! Et il y a aussi à droite de la salle le box des accusés ou pas moins de 10 places restent vides ! En tout 100 places dont 80 vides !

Le public des journalistes est donc très clairsemé. La salle est une salle d’audience comprenant une grande estrade avec haut fauteuil en cuir pour le juge (quelques livres de droit gisent sur ce bureau) à droite de la pièce. En dessous de l’estrade se trouve, en face des participants au rituel, le non moins confortable fauteuil du greffier. Ici le siège est occupé par… Rosie Sylvester, la manager que nous connaissons si bien de la Westminster ! Elle est habillée d’un tailleur bon marché et tape sur un ordinateur en regardant vaguement l’écran de l’audience. Elle a droit à de l’eau, une bouilloire pour le café et à des objets personnels qui attestent que c’est son lieu de travail actuel. Elle ne travaille donc pas pour la Westminster Court mais pour « le cas Assange »… Il n’y a dans la salle aucun personnel spécifique de la Criminal Court Old Bailey car ce n’est pas cette Cour qui juge Assange. Cette Cour est le lieu où ça se passe, comme si on avait loué une salle pour une réunion qui ne peut plus se tenir nulle part ailleurs. Il se peut cependant que Rosie Sylvester et Vanessa Baraitser travaillent pour l’entreprise privée Prudential qui est en réalité propriétaire du bâtiment central au 179-185 Marylebone Road et qu’elle loue à la Westminster Court, comme le prouve le document du cadastre N° NGL900525. Les bâtiments des tribunaux ont été privatisés depuis longtemps en Grande Bretagne et le propriétaire Prudential peut très bien louer des salles de réunions pour d’autres objectifs à d’autres personnes morales et privées et salarier des employés directement ou en sous-traitance. Le « Procès Assange » peut en réalité être un spectacle menée par une entreprise privée qui emploie les protagonistes en salariés. Un bâtiment comme la Old Bailey dans un lieu quasi extraterritorial garantit à cette entreprise privée organisatrice une impunité totale.

Nous allons croiser Rosie en route vers son bureau tôt le matin vers 8 heures cheminant par le passage Warwick vers l’entrée du personnel à l’arrière du bâtiment. Les agents de sécurité et de jeunes stagiaires passent aussi par cette entrée.

Ici salle 9 Rosie est assise dans l’axe de la pièce comme si elle se trouvait en face de Vanessa Baraitser derrière le mur à droite. En face de moi, perpendiculairement à Rosie se trouvent 3 rangées de 25 places, dont la moitié est condamnée avec des rubalises à droite alors qu’à gauche seules 4 places sont occupées par des gens écrivant sur des ordinateurs (des journalistes ?), des hommes aux physiques passe partout. Un homme se détache néanmoins de la masse : il est plus costaud, aux cheveux roux et visages rond. Il a un notebook mais aussi un téléphone portable non éteint qui fait du bruit lorsqu’arrivent les messages. Il a l’air de sourire en regardant l’écran pile en face de lui. Il suit très attentivement le déroulé comme un réalisateur le scénario de son film, tout en faisant de nombreux gestes ponctuant son observation. De temps en temps il note sur son téléphone (privilège car nous n’avons droit à aucun outil ni même à un bloc-notes et stylo !). Le lendemain je découvrirai qu’il est probable que ce soit le producteur de cinéma et de spectacle Hamish Hamilton.

L’Allemagne dans la Old Bailey

Les autres personnes ne sont pas journalistes non plus : je découvre avec stupeur la députée au Bundestag de Die Linke Heike Hänsel assise juste en face de Rosie Sylvester dans la première rangée. Derrière elle se trouvent deux jeunes hommes. Celui de gauche, un jeune roux aux lunettes, s’avère un représentant de l’Ambassade de l’Allemagne ! Je l’apprends car Rebecca Vincent a bien spécifié à l’agent de sécurité qu’elle est pistonnée par l’ambassade de l’Allemagne dans les lieux. Sitôt arrivée Vincent et Mihr ont droit aux saluts de Heike Hänsel qui leur désigne le jeune homme comme leur contact de l’ambassade. Je n’entends pas son nom mais il apparait clair qu’il est un personnel politique de la mission diplomatique.

Derrière eux une femme brune à la veste vert foncée me parait avoir été parmi les journalistes qui fréquentaient le procès depuis 1 an. A sa gauche sont assis trois hommes roux ou blonds aux allures très « baba cool ». Toutes ces personnes se parleront Allemand entre elles le lendemain et le surlendemain. Il n’y a presque pas de Britanniques ici, oui. Par contre l’Allemagne en tant qu’Etat est très présente par sa député et ses diplomates.

L’Allemagne est très présente en particulier dans le dossier Assange, sans toutefois que les véritables chefs du projet 04 Wikileaks « Freedom of Expression » de la Wau Holland Siftung, sis au 25 Marienstrasse à Berlin, Andy Müller Maguhn, Bernd Fix, Klaus Schleisiek n’aient le courage d’assumer ouvertement leur responsabilité et prendre la place de leur ancien ami et salarié Julian Assange dans le box des accusés. Ce sont pourtant eux les vrais chefs de ce projet de la Wau Holland qui perdure aujourd’hui et dont Müller Maguhn assume la direction. Assange ne fut que la belle gueule, la vitrine de Wikileaks, pour laquelle le public donnait de l’argent séduit par son physique et son apparente honnêteté. Müller Maguhn, Fix, Schleisieck et les autres dirigeants de la Wau sont toujours restés dans l’ombre et ne sont donc pas inquiétés par la justice américaine tandis que leur marionnette Assange est livrée en pâture au Grand Inquisiteur. Il faut dire les choses brutalement car elles sont ainsi, preuve dans les rapports d’activités de la Wau Holland que j’ai étudié avec soin[1].

L’Etat Allemand a l’air de vouloir protéger sa fondation et ses citoyens, à défaut de soutenir Assange. L’Allemagne est ici chez elle dans cette affaire. Qu’un procès se déroule en présence d’un Etat étranger est une pratique impensable en droit mais il ne faut pas oublier qu’ici nous ne sommes pas en Grande Bretagne mais à la City of London Corporation, la Guilde des Marchands de Londres. Si les Sheriffs qui gouvernent le bâtiment de la Cour et le Lord Mayor de la City acceptent l’influence de l’Allemagne sur leurs institutions, je me demande si le gouvernement britannique a son mot à dire sur ce qui se passe dans ce lieu- une enclave comme le Vatican sur son territoire…

Alors je regarde l’écran suspendu sur le mur à l’opposé de la galerie. Et je ne vois hélas pas grand-chose car il se trouve à 20 mètres de moi et l’image est floue. Le son est également peu audible. Je distingue néanmoins la salle 10, avec Baraitser à gauche sur une estrade, Fitzgerald et Summers en chemise blanche en face d’elle devant des tables, Lewis et Clair Dobbin à leur droite. Au fond je distingue vaguement des têtes. Lorsque les avocats parlent, la caméra ne montre pas Julian Assange. Ce n’est que lorsque le procureur parle que la caméra se tourne à gauche et je peux distinguer de très loin le box des accusés … et une tâche blanche au visage blanc vêtu d’un habit vaguement marron entre deux gardes à chemises blanches. Julian Assange est là, oui, mais comment en être sûr que c’est bien lui alors qu’on ne voit rien de son visage qu’une tache blanche ! Une autre tache blanche est assise devant lui, une femme avec des cheveux noirs. Gareth Peirce est présente aussi derrière Fitzgerald, toute en noire alors qu’elle n’apparaissait plus depuis février.  Au fond de la salle, à gauche d’Assange, des têtes indistinctes. Comment peut-on appeler cela un procès équitable ? Un procès secret digne des temps féodaux oui. Mais la City of London Corporation est toujours régie par des Lois datant des temps féodaux toujours valables et la Grande Bretagne a toujours dans son système politique des éléments de féodalité comme le pouvoir de la Reine sur certaines institutions sociales, politiques juridiques et scientifiques. La City of London Corporation est censée avoir fait allégeance à la Reine qui est son suzerain direct selon les coutumes datant de 1186 !

Dans un tel espace nous ne pouvons espérer le respect des Droits de l’Homme car les Lumières n’ont jamais réussi à pénétrer ce lieu clôt, feutré, violent et puissant.

Comme je n’ai pas le droit de prendre de notes, je n’ai pas retenu la plaidoirie de Summers et la réponse du procureur. Je sais juste que pendant une heure l’avocat de Wikileaks a essayé de plaider l’impossibilité d’accepter les nouvelles accusations des Etats Unis avec l’argument d’un envoi trop tardif des documents. Il ne conteste donc pas le fond et reste dans le cadre d’un « case management hearing », une audience d’organisation.

Au bout d’une heure, c’est la pause midi. Les agentes de sécurité viennent nous virer. Je n’ai pas le choix que de sortir. Je parais tellement fatiguée que les femmes me disent d’enlever mon masque pour souffler. Je regarde la porte de la salle 10, la Famille a déjà quitté les lieux, je ne verrai ni Julian Assange ni personne par une porte entre-ouverte.

Nous devons manger et nous reposer, ayant atteint les limites de ce qu’un être humain peut endurer sans repos et sommeil. Nous revenons trop tard, à 15 heures. Les militants « chauffe place » sont là, ils se moquent de nous. Je reste un peu devant la porte jusqu’à ce que quelqu’un sonne et que l’agent de sécurité ne me voit. Il me dit poliment que pour aujourd’hui c’est impossible mais que je peux revenir demain.

Je rejoins les quelques amis qui participent à la manifestation carnavalesque devant la porte principale de la Old Bailey. Puis à 16 heures nous nous retrouvons avec eux à attendre devant la porte cochère de la rue Newgate (nom de la prison qui desservait la Criminal Court tout au long de l’histoire de la City et de Londres). Cette immense voûte commande l’entrée du passage entre le bâtiment de la Old Bailey du 19 siècle et les bureaux d’Axa à gauche avec au fond au la Maison des Couteliers. Le passage arrive dans la petite cour intérieure de la Old Bailey qui est aussi l’entrée des salariés (à voir sur le plan Google)[2]. La chasse à la photo de Julian Assange dans son fourgon est organisée par la meute de photographes, présents en nombre le premier jour, nettement moins assidus les jours suivants.

Comme en décembre 2019 et en janvier dernier les photographes se ruent sur les 4 fourgons sortants et sur une grande berline noire aux vitres teintées. Ils flashent l’intérieur puis regardent leur photo pour reconnaitre Assange. Ce n’est jamais lui, ils persévèrent donc. On a compris qu’il faut les suivre, puisque leur but est de vendre la photo et qu’ils cesseront une fois leur butin attrapé et envoyé à leur rédaction. Pourtant les pauvres types qui sont sortis par la porte dans les fourgons ont l’air d’être les autres accusés de la Criminal Court jugés inintéressants par les médias. A un moment donné nous demandons aux photographes s’ils ont eu la photo. Ils démentent, nous ne sommes pas certaines qu’ils disent la vérité. Peut-être que oui puisqu’aucune photo d’Assange n’est finalement publiée. Dès que la dernière voiture est partie, la police lève le camp immédiatement. Etrange procès ou nous avons subi tant d’intimidation pour finalement voir de nos propres yeux qu’il n’est pas si « sensitive » que cela aux yeux des « vrais » autorités.

Julian Assange reste visiblement piégé en captivité à l’intérieur de la Old Bailey. Il n’est pas sorti de la semaine Après tout, dans la Old Bailey il y a tout ce qu’il faut pour tenir un siège : de vastes souterrains visibles quand les camions de livraisons amènent les plateaux repas et le matériel de tournage et d’enregistrement, une cantine, une cuisine dont on entendait les bruits dans le passage Warwick… Et certainement des appartements en haut et des cellules en bas. La nuit, les 4 et le 5 èmes étages correspondant aux salles 9 et 10 et à leurs couloirs et galeries seront illuminés de leur lumière bleutée. Quelqu’un dort et travaille ici la nuit, incontestablement.

Mardi 8 septembre 2020

Devant la Old Bailey de jour

Le lendemain après une bonne nuit de repos nous arrivons beaucoup plus tôt, à 5h30. Le passage Warwick est ouvert et désert. Jamie arrive vers 6 heures, suivi de Sandra et de Deepa. Il est désappointé de nous voir avant lui et nous en fait la remarque « cette fois vous avez été plus vite » ! Je ne lui en veux pas mais je suis agacée. Pour nous ce n’est pas un jeu à « qui arrive le premier ». Nous ne sommes pas comme ces « Titouchki » ukrainiens ou biélorusses, ces gens payés par les fondations occidentales 100 Euros par jour pour participer aux fausses manifestations de « révolution de couleur » contre Janoukovitsch ou Loukachenko. Personne ne nous paye, au contraire, nous donnons nos forces et nos ressources pour la lutte commune. Je n’ai rien contre Jamie, mais il est certain qu’il n’écrira jamais aucun compte rendu puisqu’il n’assistera jamais à aucune audience de lui-même.

Comme hier notre attente dure longtemps, il commence à faire froid en cette matinée de septembre londonien. J’ai amené mon sac de couchage qui me sert de couverture. Vers 8 heures des personnes commencent à se rassembler devant la Old Bailey. Il y en a nettement moins que la vieille. Le storytelling effectué, nos chers journalistes passent à une autre nouvelle. Les employés traversent le passage pour se rendre vers l’entrée des salariés dans la cour. Rosie Sylvester passe vers 8 heures mais ne répond pas à notre salut. Ce jour là il y a nettement moins d’audiences « normales » et plus aucune famille ne fera la queue côté passage Warwick. La véritable Cour Criminelle travaille aux étage 1, 2 et 3, le public fait la queue devant l’entrée principale. L’entrée du passage Warwick et l’escalier qui y débouche est uniquement destiné au « cas Julian Assange » comme si c’était une réunion d’une association ou d’une entreprise privée qui aurait loué des salles inoccupés aux deux derniers étages.

A 8h30 le jeune agent de sécurité se pointe et nous annonce qu’il n’y aura que deux places pour le public car trois sont « réservées pour les VIP ». Deepa tente de parlementer et moi je rajoute « pouvez vous nous dire qui décide de qui est « Very Important Person » ? Ce genre de passe-droit accordé à des chanteuses comme autant des titres de noblesse modernes m’agace profondément. Deepa appuie ma demande de transparence. L’homme est gêné et nous dit qu’il va se renseigner. Il ne revient jamais. Une des amie supporteur me dit ironiquement « voyons – les VIP, Pamela Anderson, Maria Carey, Mia, en plus elles ne sont même pas là». C’est sûr que des riches comme ces dames ne font pas se geler les fesses à faire la queue dans l’immonde et sale boyau du passage. On est bien dans une société féodale et capitaliste.

A 9h30 John Shipton et Craig Murray arrivent justement dans le boyau et échangent avec les militants. Vers 10 heures le jeune agent sécurité ouvre la porte d’entrée et appelle « la Famille » puis nous désigne « deux personnes. Premiers arrivés, premiers servis ». Nous donnons nos téléphone à notre collègue. J’ai vidé mon sac de tout, sauf d’un chargeur électronique qui ne passera pas le portique. Heureusement qu’une des militante, gentiment, me le gardera. John Shipton, son frère, la femme du frère et leur fils sont là et entrent dans l’escalier suivis de Craig Murray. Puis je rentre avec Barbara la Polonaise. Je suis la dernière à passer l’antique détecteur de métaux et à gravir à toute vitesse les 4 étages à pieds pour ne pas perdre une miette du procès. Mais arrivée en haut je vois Barbara attendre dans le petit vestibule devant la porte vitrée séparant l’escalier du couloir. Elle se tient debout en face des « familiers » de Julian Assange assis sur des sièges en bois des années 60 tandis que le jeune homme est assis sur les marches. Une agente de sécurité vêtue d’un uniforme bleu marine (il y a deux sociétés de sécurité différentes qui travaillent pour le procès d’Assange ? Pourquoi les uniformes des gardiens d’Assange sont aussi disparates ?) vient nous dire que l’audience est retardée. Elle disparait dans le couloir et nous restons à nous regarder un peu en chien de faïence. Craig Murray parle de l’Ouzbékistan à son ami John Shipton. Ce dernier compare ses grandes mains caleuses à celles de son frère. « C’est génétique » dit-il. Il rit, détendu. Ses mains ne ressemblent pas à celles longues et fines de Julian Assange, mais on me dira « comment être sûr de ressembler toujours à son père » ?

Au bout de 20 minutes l’agente de sécurité ouvre la porte et dit «j’ai besoin de connaitre les noms des membres de la famille ». Le groupe assis en face de nous n’est pas très content de décliner son identité. J’entends ainsi que le frère de John Shipton s’appelle Sullivan Shipton, son fils Elliot Shipton et l’épouse de Sullivan Esther Bronfman ou Kaufman, elle le dit si bas que l’agente de sécurité est obligée de se pencher vers elle pour comprendre. Quelques minutes plus tard l’employée revient et nous fait signe de la suivre. Nous pénétrons dans le couloir glauque et sans fenêtres, laissons sur notre gauche le renfoncement avec sa table et ses caméras de surveillance et nous nous retrouvons à la suite du groupe familial en face de la porte marquée « court room 10 » à la peinture rouge. Elle ouvre cette porte et fait entrer « la famille ». Je m’efforce de distinguer quelque chose – la salle a l’air sombre, les murs tendus de vert et les fauteuils en bois et en cuir rouge. Mais je ne peux hélas apercevoir Julian Assange. L’agente nous barre l’entrée et dit « vous vous allez salle 9 ». Puis « Mais vous pourrez peut-être aller salle 10 l’après-midi ». Il y a de l’espoir !

Salle 9 nous nous retrouvons seules parmi les 40 sièges vides du balcon. Nous nous asseyons de façon à pouvoir communiquer. Nous sortons nos calepins et nos stylos pour noter. Surprise, les règles ont changé, aujourd’hui il est permis d’écrire. Devant moi la même configuration qu’hier et seules 8 personnes se trouvent dans la salle : Rosie Sylvester à la place du greffier, Heike Hänsel en face d’elle, le jeune homme de l’ambassade allemande derrière elle, les deux « baba cool » allemands et la femme brune au pull vert dernière rangée. Dans les fauteuils en face, celui qu’on identifiera comme Hamish Hamilton et un autre homme dernière rangée à droite. C’est tout. Ou sont donc les journalistes censés faire des reportages sur le procès ? Ils n’ont pas pu ou pas VOULU entrer ?

Sur l’écran retransmettant la salle 10 je vois Baraitser à droite, Summers et Fitzgerald, le greffier, l’accusateur Lewis et trois silhouettes très loin dans les rangées perpendiculaires au tables des avocats et accusateurs. Dans le coin droite en bas de l’écran un homme se tient au pupitre des témoins : c’est l’avocat Smith, que Summers présente immédiatement comme « spécialisé dans les extraordinary rendition, les kidnapping, la torture, les disparitions forcées ». Dommage que je ne puisse pas voir son visage car debout dans le pupitre il tourne le dos à la caméra. Par contre on entend nettement mieux qu’hier. Mark Summers est dans sa plaidoirie, après la présentation du CV du témoin (qu’hélas je n’entends pas très bien) il lui demande s’il a eu des contacts avec Wikileaks et si les documents classifiés publié par Wikileaks lui ont servi dans son travail comme preuves. Il est surtout question d’assassinats perpétrés en 1993 par l’armée US en Afghanistan. Non, l’avocat Smith n’a pas eu de relations avec Wikileaks, oui il a utilisé les « cables » (les télégrammes diplomatiques).

Alors que je m’efforce de tout comprendre et tout noter brusquement, pendant 10 secondes la caméra zoome sur le box des accusés ! Et je vois Julian Assange, bien plus distinctement que la veille ! Je le vois assis entourée de deux gardes en blanc. Il a les cheveux courts et pas de barbe. Il porte une chemise blanche et une veste bleue marine. Hélas, trop loin pour que je puisse voir l’expression de son visage. Il est immobile, assis droit comme un I… Les organisateurs du sacrifice ne nous font pas de cadeaux ni à lui non plus. Immédiatement la caméra quitte Assange et nous ne le reverrons plus !

Tout en restant attentive à la caméra, je suis la démarche de Summers qui se réfère aux paragraphes de la déposition du témoin et lui donne la parole sur les points cités. Le témoin Smith, qui est Américain, explique que « la réputation de mon pays a été sérieusement entachée par les crimes de guerre », qualifie les révélation de Wikileaks de « powerfull » (fortes) et se réfère à des procès conduits par la justice du Pakistan contre les « rendition » et les assassinats. Les Etats-Unis ont-ils voulu bloquer les investigations sur les « rendition » ? questionne Summers. Oui, répond le témoin. Le document le plus important qu’il a utilisé dans son travail est la liste de 69 noms de personnes « cibles » d’assassinats décidés par les « agences américaines ». Cette liste a été publiée dans la presse pakistanaise et afghane et constitue un « document fascinant ». L’avocat de Wikileaks questionne l’avocat des victimes du gouvernement américain sur son « assassination program » et lui demande des détails sur la façon dont il a travaillé avec ces « sources de preuves ». Smith est prudent et parle d’une voix détachée et posée. Il ne mentionne pas avoir lu par lui-même la page de Wikileaks, mais parle toujours de presse afghane ou pakistanaise ou du New York Times. Puis Summers le questionne sur les documents de « Guantanamo II » publiés par Wikileaks, le débat passe sur les « secret prisons ». (Je ne peux m’empêcher de penser à mon pays la Pologne qui sert toujours et va servir de bagne secret à l’Etat voyou américain).

Smith exprime sa tristesse et dit qu’il n’aurait jamais cru que son gouvernement allait tremper dans des pratiques pareilles : torture, kidnapping, rendition, secret prisons… Summers souligne et répète « Rendition, torture, détention ». Selon Smith « la torture psychologique est la pire » et il cite la Convention de l’ONU contre la torture qui oblige effectivement les Etats à coopérer aux enquêtes criminelles sur la torture. Summers assène « Wikileaks a aidé à prouver la torture, les renditions, les disparition ». A ce point là on a la nausée à force d’entendre les mots « torture disparition, rendition, kidnapping, assassination, target (cible »). Le timbre de voix de Summers étant dépourvu de la moindre émotion, l’impression qui se dégage de son discours est que oui, Wikileaks est une bonne chose, mais la puissance américaine est telle et tellement violente, qu’on ne peut rien y faire. C’est un monstre invincible qu’il est impossible de vaincre et que seuls quelques courageux peuvent contester à la marge.

Justement, comment Smith a-t-il pu poursuivre les Etats Unis devant Le tribunal international criminel ? Il n’a pas pu, car même en ce qui concerne les prisonniers de Guantanamo la CIA et les autres agences ne coopèrent pas avec la justice. La nausée nous submerge. Décidément les hommes comme Summers manquent de combativité et de persuasion si à la fin de leur juste plaidoirie l’opinion publique ne retiendra que sa passivité face à l’innommable violence d’une Superpuissance.

Mais comment l’opinion publique pourrait même en être même informé ? Ce « procès » est une réunion à huis clos comme une cérémonie sacrificielle de l’Inquisition au 17 siècle. Les quelques « journalistes » dans la salle sont clairement en train de regarder leur portable sans écouter. Le représentant de l’Allemagne regarde même Facebook, je le vois du haut du balcon !

La procureur passe le témoin « à la question ». D’abord il lui demande s’il croit que Wikileaks est « public interest », « d’utilité publique », puis lui demande la définition de ce « public interest ». Puis il demande si révéler les « secrets de l’Etat » peut être d’utilité publique si c’est publié au New York Times et au Washington Post. L’impression qui se dégage de la discussion entre les deux « Américains » (qui est le procureur Lewis on n’en sait trop rien finalement) est que c’est débat … américain. Deux Américains discutent de ce qu’il est bien et pas bien de faire en Europe et cela se passe sur notre continent. A aucun moment des Lois européennes, la Convention Européennes de Sauvegarde des Droits Fondamentaux, la Chartes Européennes des Droits Fondamentaux que la Grande Bretagne a signés, dont elle a été promotrice, ne sont cités. Oubliés les Droits fondamentaux. La cérémonie du sacrifice d’Assange a eu raison de nos droits pour ce qui est de la politique tandis que le coronavirus se charge de liquider le reste de nos droits personnels comme le droit à l’intégrité physique, à la santé, à la liberté de circuler, la non violabilité du domicile…

Le procureur affirme cependant que Julian Assange n’est pas poursuivi pour les publications de documents secrets mais pour avoir « outé » les collaborateurs américains. Je n’entends hélas pas bien son échange avec Smith. J’estime qu’il doit être environ 11 heures (nous n’avons pas droit à une montre) quand brusquement j’entends dans l’écran distinctement la voix de Julian Assange ! Il parle ! Et d’une voix décidée, le ton monte vers une interrogation ! Je n’entends hélas pas ce qu’il dit et de plus, la caméra ne le montre pas ! Je dis à ma collègue que Julian Assange a parlé ! Baraitser lui interdit de parler ! Le renvoie à ses avocats ! Puis on voit à l’écran qu’elle suspend la séance. Tout le monde bouge, le son est coupé. Je fixe l’écran dans l’espoir d’entre apercevoir Julian, mais pas question, les tortionnaires ne vont pas montrer ce qu’ils font avec lui. On ne sait pas s’il est là ou s’ils l’ont fait sortir. Ce qu’on comprend et qu’il s’est révolté encore et encore !

Dans notre salle un homme entre par la porte du fond à gauche et vient parler à Rosie Sylvester. Je distingue par cette porte la clarté du jour : derrière elle se trouve un couloir garni de fenêtres donnant sur la rue. Le technicien sort et quelques secondes après apparait à l’écran dans la salle 10. Dans cette pièce on n’a pas l’impression de percevoir la moindre tension alors que nous, le public, restons stupéfaits. On voit les avocats et les procureurs se parler, tout le monde a l’air détendu. Assange est absent de l’écran. Baraitser rentre, reprend sa place, admoneste Assange comme si elle parlait à un enfant fautif (nous sommes de nos jours nombreux à être infantilisés par le système dominant…). Elle lui dit que même s’il pense avoir le droit de parler lui-même, il ne doit pas interrompre le témoin. Et non, il n’a pas à parler sinon il va être viré de cette cour. A sa place, j’aurais fait la grève pour rester dans ma geôle, plutôt que de cautionner une cérémonie inique digne du Moyen Age !

Eliot Shipton et Esther Bronfman ou Kaufman

D’ailleurs en fait, ici à la City of London nous SOMMES au Moyen Age, régie par des coutumes et un arbitraire directement venus du 11 siècle et on se demande bien en vertu de quelles Lois internationales cet homme est maintenu en captivité dans ce lieu ! D’ailleurs, les menaces de Baraitser sont peut-être déjà mises à exécution : on n’a aucune preuve que Julian Assange soit toujours dans la salle 10. Ils l’ont peut-être sorti et enfermé quelque part et ils continuent à débattre de la justesse de « Wikileaks », cette page internet dont le propriétaire du nom de domaine n’est pas Julian Assange mais un certain John Shipton, le père assis tranquillement sur sa chaise de la galerie du public, jamais inquiété par aucune instance ! Le père est sauf et le fils sacrifié : on se croirait dans le plus patriarcaux des mythes, celui de Abraham sacrifiant son fils par obéissance à un Dieu exterminateur. La mort du fils pour sauver le père m’a toujours paru le comble de la perversité du système !

Je n’en peux plus de voir Julian Assange dans la position de l’agneau sacrifié, culpabilisé, humilié. J’aimerais descendre dans l’arène, ouvrir toutes ces foutues portes, qu’en réalité aucun policier ne garde, enjamber ce balcon, me diriger vers le box, y entrer (le box n’est pas fermé non plus), prendre Julian Assange par la main et lui dire « vient on se casse, on laisse tous ces tarés à leur cirque absurde » !  Et on part ensemble, les portes s’ouvrent toutes seules, les agents de sécurité qui sont justes des salariés prolétaires nous font une haie d’honneur car ils n’ont plus d’employeur à qui obéir et avec nos amis nous quittons ces lieux et ce pays le plus vite possible !

Mais hélas le cirque continue : l’accusateur exige du témoin de réfléchir s’il est juste de révéler les secrets qui mettent en danger la « national security ». La sécurité nationale n’a pas de sens en Français. La Nation est une entité qui ne peut être mise en danger, la Nation est une communauté d’humains qui créent un Etat pour assurer sa sécurité. L’Etat n’a pas d’existence ontologique c’est un outil… Mais ici on est dans un débat ésotérique américano-américain. On n’est pas, plus en Europe. Aucun des concepts philosophiques de notre histoire n’a sa place. J’assiste impuissante à la discussion américano-américaine s’il est permis de torturer pour assurer la « national security ». Le simple fait de poser les termes du débat est une justification de la torture et normalement il devrait être interdit ici sur notre continent qui a subit le nazisme et deux guerre mondiales de PENSER même en ces termes ! La torture est un crime, point barre !

Attente dans le Passage Warwick pour entrer au « procès » de Julian Assange

Mais ici, à la City des banquiers, qui n’est pas la même entité juridique que l’Etat Grande Bretagne qui a si courageusement combattu le nazisme, on débat si la torture peut quand même être justifiée. L’avocat Smith essaye de minimiser la « faute» de Julian Assange en arguant que seuls un très petit nombre de noms de collaborateurs a été publié par Wikileaks. Dans la salle 9 une très vieille climatisation poussée à fond crache sur nous un air froid et possiblement surchargé de germes. Je me couvre avec mon sac de couchage. Même les journalistes en bas du balcon ont froid.

Baraitser interrompt le procureur et une pause de 5 minutes a lieu. On la reconnait au fait que le témoin quitte son pupitre, et la pause finit quand il reprend sa place. Mark Summers reprend la parole. Il reparle des « dark prison, assassination, rendition » et demande si la révélation de ceci est un « public interest ». Oui répond le témoin, ce sont les preuves des activités criminelles de mon gouvernement ! Puis le débat se recentre sur ce dont Julian Assange est réellement accusé, de « conspiration en vue d’obtenir des documents secrets », auxquels Summers rajoute les « rules of engagement » euphémisme des militaire américains pour désigner les permis de tuer les civils qu’ils accordent à leurs soldats en toutes circonstances. Assange a-t-il juste reçu ou a-t-il cherché à obtenir les documents diplomatiques ? Telle est la problématique « accusatrice » alors que personne ne cherche à définir ce qu’est un « complot », « une conspiration, » terme existant en droit pénal européen pour des crimes de sang ou des attentats. On n’a pas encore vu en Europe de complot en vue de publier des textes… Mais cette cérémonie conjointe américano-City of London est en train de créer un dangereux précédent sur notre continent !

Le procureur somme le témoin de présenter son CV, mais Baraitser les interrompt et décide de la pause. Nous devons reprendre à 14 heures. J’attends que l’écran s’éteigne. J’écoute les participants du « bas » discuter en Allemand. Ils ne sont pas obligés de quitter les lieux. L’agent de sécurité nous fait sortir. Nous repassons devant la salle 10. J’aimerais tellement y entrer ! En sortant l’agent de sécurité du portique nous assure que nous serons les premières à entrer à nouveau.

Nous quittons les lieux pour un déjeuner dans notre appartement. La décision est prise de continuer, même s’il semble juste que nous cédions au moins une place à ceux qui attendaient après nous. Les fameux VIP ne sont évidemment pas venus mais contrairement à la veille les agents n’ont pas voulu accepter 3 personnes de plus malgré les 38 sièges vides de la galerie ! Nous sommes de retour avant 14 heures. Deepa est déjà devant la porte. Nous décidons de laisser entrer ma collègue polonaise. Elle restera jusqu’à la fin et je l’attendrais dehors dans la manifestation. Avant 14 heures la famille Shipton arrive devant la porte. Je saisis l’occasion pour demander poliment à John Shipton ce que Julian Assange a dit lorsqu’il a protesté, puisque nous n’entendions rien de ce qu’il a dit. Shipton me regarde d’un air stupéfait comme s’il n’avait pas assisté à cette scène. J’insiste ! Assange dit une phrase, Baraitser l’a admonesté, il a bien dû entendre, il était aux premières loges, salle 10 ! L’homme me regarde encore d’un air ahuri et me demande qui je suis. Je me présente, je lui rappelle que j’étais présente à toutes les audiences depuis octobre 2019, sauf pendant le lockdown. Je lui rappele qu’on a discuté le 14 août à la Westminster. Je lui présente ma collaboratrice polonaise. Je n’en tirerai rien au sujet de la phrase d’Assange ni sur aucun autre sujet. Soit il a dormi, soit ce n’était pas lui qui était salle 10, car je ne vois pas pour quelle raison il devrait garder secrète la phrase protestatrice de Julian Assange!

Nos amis sont rassemblés au pied de l’immeuble en verre qui fait face à la Old Bailey. Ils ont beaucoup de chance de ne pas être virés de ce lieu privé. Les policiers de la City of London sont devant la porte d’entrée. Je parle avec l’officière qui a été si affable avec nous. Des camions livrent du matériel par la porte cochère près du passage Warwick ce qui me permet d’apprécier la profondeur des immenses souterrains sous le bâtiment de la Cour. A 17 heures c’est fini. La famille Shipton sort du passage Warwick. Pendant que John est entouré des caméras, Sullivan, Eliot et Esther se pressent pour quitter les lieux par le passage à côté de l’hôpital St Bartolomeus au nord de la Old Bailey. MC McGrath apparait dans la rue, je suis étonnée de voir là le jeune hacker. Nous essayons comme hier d’apercevoir Julian Assange par la fenêtre du fourgon, mais l’affaire est pliée encore plus vite que la veille. Un seul fourgon sort, puis les policiers de la City lèvent le camp. Il n’y a pas de photo. Le quartier redevient rapidement désert et nous partons nous reposer.


[1] http://www.wauland.de/de/documehttp://www.wauland.de/de/documents/nts/

https://www.google.fr/maps/place/Old+Bailey/@51.5155385,-0.1017145,19.3z/data=!4m5!3m4!1s0x48761b533028c1c5:0xb0e45948a3ad1b6d!8m2!3d51.5155093!4d-0.1020219

[2] https://www.google.fr/maps/place/Old+Bailey/@51.5155385,-0.1017145,19.3z/data=!4m5!3m4!1s0x48761b533028c1c5:0xb0e45948a3ad1b6d!8m2!3d51.5155093!4d-0.1020219

Hearing of Julian Assange on 14 August – Westminster Court turns into « Kindergarten » (nursery school)

Monika Karbowska

Translation with Deepl. translator

I travelled across the Channel to attend Julian Assange’s Final administrative hearing at the Westminster Magistrate Court on Thursday 13 August, the day after the announcement of the launch of Sputnik 5, Russia’s coronavirus vaccine, full of hope that this step could help people out of the terrible crisis we have been in for the past five months. My ticket had been ready for several weeks and I kept hope that we could win this struggle, the one for HIS freedom and for OUR freedom, since the crisis is a permanent war, a war of leaders against their people and a « west against east » war since the American military state and its Baltic and Polish henchmen openly attack Belarus by sending fascist militants to foment riots there. During the trip I remained mobilized, spreading on social networks the truth about the so-called « Polish journalists arrested by Lukashenko » supported by the European Federation of Journalists, when in reality they are two dangerous neo-Nazi activists.

The Westminster Magistrate Court and the Church Army building old Queens Charlotte Maternity Hostpital

I did not learn the news of the quarantine imposed on the French by Great Britain until the evening of my arrival in London. This news surprised me: until now the government of Boris Johnson was involved in the global storytelling about the coronavirus, but in reality it does not terrorize the British as the macronist mafia does the French people. In fact, I had prepared in advance the certificate theoretically necessary for entry into the British territory, with address of residence and contact details of a third party in case I gave the coronavirus to someone and refused to answer my own phone… And here in Calais, the English border police does not ask for the certificate! The bus driver confirmed to me that for 10 days of daily travel this « covidian » attestation has never been required. He was very kind to us and went to great lengths to get us to open the toilets at the stops and hand out bottles of water on the Eurotunnel train. Indeed, the coronavirus was used as a good excuse to close the toilets and the air conditioning in the transport, which at 45 degrees outside generates stress and discomfort.

The weather in London is superb and cool. The Paddington district close to Westminster Court is slowly coming alive since the hotels have almost all reopened since August 1st and the tourists, first of all English-speaking, are coming back. Business obliges, the managers are all very friendly and the prices very affordable. The masks are almost non-existent and as I walk under the big trees in the neighborhood I feel liberated from the intense collective psychosis in which we are so immersed in France that we no longer realize it. It is only at the restaurant that the corona reminds me of it in the form of a large register kept by the waitress where her name and telephone number must be written down – but the British have more confidence in their government than we have in ours and they are not afraid of being found by the authorities, accused of having « infected » someone or exterminated in a hospital. Similarly, in another pub, a signposted route imposed on the consumer so that they do not mix with others also reminds me that absurdity also exists on this side of the Channel.

The Prudential Building rented to the Westminster Magistrate and to the Probation Service

The announcement of the quarantine irritates me because it jeopardises our ability to come to Julian Assange’s trial on 7 September. The measure is clearly a pressure on the French economy, with English tourists bringing in a significant amount of money to the economies of many regions. Like everything else in this crisis where decision-makers are so concerned about human health, all decisions taken in the name of health have real political reasons. In other words, since Putin called Macron immediately the very same day to offer him his vaccine and to incite him to put an end to the Covidian hysteria, are the British putting pressure on France in these negotiations from which the people are excluded, even though their place in the Western world has been at stake since they got rid of the European Commission’s tutelage? I remain hopeful that these negotiations will lead to a compromise and that the border can be opened to us again by 7 September.

I arrive in front of the Westminster Court early in the morning so I’m the first one at the door. Shortly after arrives an Australian activist with a large banner of support for Julian Assange. We talk at length about the health terror that is being perpetuated in our countries by governments more concerned with privatizing health systems than with caring for the sick. She tells me about the latest liberticidal discoveries of a West in full fascist temptation: the New Zealand law allowing the confinement in special camps of those « infected » by the coronavirus, the Australian law allowing the police in Melbourne to enter homes without a court order for « sanitary » inspections and especially the English law that provides for the immediate removal from parents of children who, duly tested, would have fever at school! She is all the more horrified as an environmental activist because it is the left-wing government of the State of Victoria that proudly imposes tyrannical measures against terrified citizens. But she also assures me that a certain revolt is rising in this very fragmented British society and that the demonstration against the compulsory mask had finally joined the activists who on the same day organised an action in support of Julian Assange in front of 10 Downing Street.

Around 7 a.m. a French activist whom I know arrived, then a German activist with whom I sympathized. We discuss the situation in France and Europe, and in particular the way out of the crisis that the Russian vaccine maneuver represents. The queue forms around 8 a.m. with a dozen of the usual activists, we all know each other. Since the desire of some to make lists and decide who comes in and who doesn’t has faded, the atmosphere is much more friendly and cordial. Among the public personalities I see Fidel Narvaez but nobody else. However, rumours are circulating that the « social distancing » has been hardened to leave only 5 places for the public. The fight will take place again, this time with the Court… We go back home at 9 o’clock, the building is completely deserted except for the security guards. A ghost courtyard. We don’t know if it’s because of the corona-crisis, since the British government had already tended to push justice to exist only by video and telephone, or is it because in reality, apart from the extradition of Julian Assange and the Eastern Europeans, this court only deals with minor cannabis use offences or neighbourhood disputes. This building, built in 2011, is therefore permanently empty and would therefore never really have been used for justice.

Are the hearings of extradited Eastern Europeans taking place « online » as announced by the poster on the door on 27 July? This announcement has disappeared, in the queue, the lawyers of the other cases are few. The secretariat of the court seems to be closed and as on July 27th there will be no more list of names posted on the doors of the rooms. However in the entrance hall several lists of judges are present. The name of Julian Assange appears on a small sheet of paper pinned on the list of cases judged in room 3. Opposite his name is a schedule: 3:30 pm. Ouch, if we have to wait that long, I’m not happy about it. But as we know that nothing is done here according to the rules, we have to stay. Three of us activists rush to the secretarial desk where only one employee has taken off her cumbersome mask behind her glass wall: she tells us to stay, there will be changes. We stand in front of the door in single file and talk.

Water flows from a neon light on the ceiling. Security guards have installed a rubalise and are trying to control the leak in the middle of the waiting room. They call in two cleaning workers, Eastern Europeans, who have to mop up the water with a cloth at the end of a long pole, without any safety equipment, even though they can electrocute themselves… Here, I notice that one of the security guards we know is wearing a blue badge instead of Mitye’s orange badges. He confirms: yes, Mitie did lose the court deal, he was lucky enough to be taken over by the new company, OSE, and he is happy to keep a job close to his home. It is true that Mitye had committed some abuses here in front of us and against us and maybe even against Julian Assange, whom we saw terrorized while they were in charge of his custody. We are still waiting until 10 o’clock. Little by little the situation is becoming clearer: the Eastern Europeans are gathering in front of Room 1 and Room 3 will be entirely devoted to Julian Assange. Florence Iveson, the new lawyer who replaced Hamilton Fitzgerald, is busy with Alistar Lyon and Gareth Peirce’s assistant between the consultation room, the secretariat and the still closed courtroom.

After 10 o’clock, the hearing still hasn’t started, and a certain nervousness sets in. The journalists who have arrived for Julian, Juan Passerelli, Mohamed El Maazi, a woman and two men I don’t know are sitting on the waiting room armchairs confident that they will be able to go home. That’s not our case, we’re worried about having to stand here all day. Shortly after the court clerk, a woman I’ve seen several times, still immersed in her computer, comes out of the courtroom with a deeply annoyed face of someone who is being assigned a task that is not hers. Finding myself nearby, I hear Florence Iveson asking for a delay because Belmarsh is not responding to the lawyers’ requests.  The clerk finally responds that perhaps they can talk to him in the room once the video connection is established. But the lawyers have to manage to get their clients to appear, and the court makes no effort to do its job… Yet another galling indication that all these malfunctions show a world of false pretenses. Finally at 10:30 am we are still standing in front of the door, while Iveson and the two collaborators of Peirce and Birnberg lock themselves in the room.

Then John Shipton and Stella Morris enter the waiting room. John Shipton greets us kindly and then exchanges with the journalists. It is a question of who is going to give him his precious place, which I cannot do given the efforts I am making to be here. But I have a feeling that, like the Woolwich Court, it won’t be necessary. Nevertheless, when the clerk comes out at 10.45 a.m. and announces that because of the « social distancing » only journalists will be allowed in and no one else, the emotion is high. Someone still says that we have been here since 6 a.m. She brings in the journalists, who are five in all. That’s when John Shipton walks towards her, Stella Morris behind him. He says, « I’m Julian Assange’s father and she’s his partner ». And I, who’s always at the front of the line, say « and I represent a human rights association ». The woman looks at me with hostility and shouts « I’m not talking to you »! I’m taken aback because I didn’t say anything aggressive. We could have announced that we are Julian Assange’s « French family », the one John Shipton spoke about on April 18, 2020, but it is not our style to lie. What could be more natural in a democratic country than the presence of a human rights association to monitor respect for rights! We do not need to justify being there!

So the clerk tells me to step back to respect the « social distancing ». I do this with difficulty because the line is pushing me behind my back and the activists are as upset as I am. I point out to her that at least I am wearing a mask, a utensil that visibly gives me more legitimacy today than the evocation of Human Rights… The clerk remarks « I have to manage this situation » which is not easy objectively. We wait silently. Finally, she brings in John Shipton and Stella Morris. I can enter in my turn and I quickly push the door of the public box without turning around. Three other activists can enter, one French, one German and one British – the whole of (Western) Europe is there to at least symbolically support Julian Assange. I’m sitting in the last seat in the front row. With two of the three chairs condemned, John Shipton is on my right, Stella Morris at the back of the row, the other activists behind. I find myself in a good position to see Julian Assange on the two video screens on either side of the room and I’m sitting right in line opposite Vanessa Baraister.

Vanessa Baraitser, real judge or employee of the Prudential owner?

Baraitser is already there and staring at us. And above all, Julian Assange is also there in the video. He’s sitting in this box with dark blue walls on red seats that look like a waiting room. The room is different from the one on July 27th and differently filmed. Whereas on July 27th the camera was filming him up close across the street, cutting him at the waist, here it is located on top of a wall, which is reminiscent of a surveillance camera, and you can see it in its entirety. The set is the one of the productions of last December and January. There is a door on the right, a small window overlooking the corridor and an indecipherable sign above her head. Julian Assange is sitting with his hands clasped in his lap, his right leg crossed over his left leg. He is wearing the same beige sweater and white shirt as last time, slightly too short grey trousers and white socks. He has short hair and no beard, or a very short beard, no glasses and a sad and resigned look that I saw especially last November and December. As then he looks bad, prostrate. He doesn’t move and doesn’t change position for an hour and a quarter. Sometimes he leans to the side as if he were the victim of a malaise and keeps his eyes down. He does not participate in the show, either because he is unwell or because he refuses to bail. He frequently has a dry cough, which resembles asthma, and then brings his hands to his face. I am concerned and saddened to see him like this.

He looks cold in this sweater, while the guards are all in white short-sleeved shirts and black pants. And guards there are! The prison video suddenly pulsates, even if these uniforms are rather reminiscent of those of private security guards and not the black uniforms already seen in such circumstances. First there are two men, one white and one black, looking at Assange as they stand in the doorway. Then there are women joining them. It goes down the hallway, and the hubbub is audible all the way down here. Julian Assange remains impassive but the pressure on him is visible. On July 27th the staff of « Belmarsh » were dressed as nurses in blue and green scrubs. Apparently Julian Assange has changed location again, but we still don’t know exactly where he is. We still don’t know if he receives our mail and if not why and why he can’t answer it .

In the room chaos floats in the air. Vanessa Baraitser has her nose in a file, silent. Lawyer Florence Iveson is in and out, for some reason. Julian Assange is absent, prostrate. The noise gets louder: the guards are talking, and every time someone enters or leaves the famous conference call a metallic voice « left the conference » is heard. It REALLY doesn’t sound serious. Really « Kindergarten », as I confide to my German colleague. Like a kindergarten, a nusery, when the life of a man in prison is at stake. You pinch yourself to believe it. At one point Baraitser raises his head, asks « Officer, Wandsworth », and then catches up with « Belmarsh », and asks him to be quiet because we can’t hear anything in our room! A guard arrives and sits down in front of Julian, we see him clearly crossing the box and then disappearing from our field of vision. Permanent surveillance, how Assange could freely express himself in court with such pressure on him!

Moreover, at 10:55 am Julian Assange coughs, then nods his head and bites his cheeks, seems older. Baraister then decides to open the trial and asks him to present his name « formally identified ». I can hear his voice through the loudspeaker. It is hesitant, stumbling over every syllable, every word is interspersed with silence, like in December 2019 when he was at his worst. Is he under psychological pressure, physical torture, medication? His date of birth, « 3 July 71 » he pronounces it as if he doesn’t believe in this identity as uncertain as his voice is here. The chaos continues: Baraitser gives the floor to Claire Dobbin through the « conference call ». We hear the beginning of a sentence uttered by Dobbin, then nothing more. Baraitser then gives the floor to Florence Iveson, who forces the tone so that Dobbin can hear through the machine. For once I can hear correctly what the defence is saying. Florence Iveson seems uncomfortable and after 15 minutes her cheeks are red, she turns around frequently to consult Alistar Lyon sitting behind her. Julian Assange is coughing more and more, his shoulders are tucked in, sometimes he just moves his fingers. The guard who controls him also moves and then you can see him on the screen. Baraitser tries to get Dobbin to repeat his sentence, then throws in the towel and calls a technician to repair the equipment. A young man arrives and we wait another fifteen minutes without moving.

This example clearly shows that telephone justice, like telephone medicine, cannot work. There is no prosecutor, how can a hearing take place? The conditions not being met for a fair trial, in a normal country the judge would have immediately sent everyone home and set another date that was binding for everyone without trying to reconcile agendas! But the question has been asking itself for some time now: Is Vanessa Baraitser really a judge?

At 11:15 Claire Dobbin can finally talk on her phone. She says she didn’t know that the hearing was set for 10 o’clock. Baraister preaches to her like a little girl on the subject that she had actually set the date on July 27th. It’s so surreal that it feels even more like a theatre rehearsal in a kindergarten with people playing a role. A certain Smith stands behind Dobbin and tries to justify himself by the lists announcing 3.30 pm. I can hear Clair Dobbin because the sound is very loud.

Florence Iveson begins her speech with the new accusation whose documents would have arrived the same day. She points out that the defense did not have time to read the 43 pages and that it is « astonishing » that a new « request » has been made because it considerably expands the first one. According to her, Krombach did not send the document in time and argues that the sheer size of the file makes it impossible to meet the September 7 trial date with a « pragmatic approach ». She also argues that the notion of « narrative background » should not be excluded from the file. The new file should have been presented at an « early stage ».  I don’t quite understand where she is going with this, what is the « narrative background » – (the political history?) that would not be highlighted? Nor do I understand why Prosecutor Gordon Krombach should have handed over the file when he is only one of the seven « assistant United State Attorneys » listed at the bottom of the indictment signed by G. Zachary Terwilliger, Unit States Attorney, on June 24 (1). It will be necessary to look into the complicated functioning of the American institutions and their links with the 2003 bilateral extradition treaty.

I am perplexed by the date of 21 December, which I hear without understanding the precise context. What I understand is that it is asking for additional time to process these documents and because this request initiates a new process (« new conduct »). It would even seem to us that a new charge should give rise to another separate procedure that should be separate from this one and should first go through the diplomatic channel before becoming official. Baraitser then asks her to illustrate her words with « new conduct ». I do not understand her answer, which is very brief. Julian Assange is even more immobile and prostrate. Then Ms. Dobbin has the floor. She cites Krombach and paragraph 9 of the Grand Jury’s decision that the United States is continuing its « criminal investigation » against Mr Assange and that the prosecutor is continuing his « criminal » investigation. She repeats that it is certainly not for this « substitute » charge that he has been « charged »  that is not important since in any case the procedure will be « enlarged ». According to the procedure, Mr. Assange is a hacker and this is the real background of the extradition request. While she is talking, the guards move from their seats, a woman opens the door of the box, there is noise and I can no longer hear the details of what is being said. I have the impression that Julian Assange hears nothing and doesn’t understand it either.

Florence Iveson replied that according to paragraph 9, the ongoing investigation, the evidence given relates only to the charges for 2010 and not to the « superseding charges ». These are the Jabber Messenger conversations between Chelsea Manning and Julian Assange, which the prosecution has always made a big deal of in these documents, but never, in my view, was in a position to produce them publicly. Yet at the February trial, Room 2 of the Woolwich Court was equipped with a gigantic screen on which it was possible to show the famous Jabber messaging protocols proving the Manning-Assange conversations. I attended all 4 days of the trial and saw nothing like it. It should also be remembered that the Jabber messaging system was developed by the German Wau Holland Foundation, the same foundation that from 2009 to 2014 produced and directed the Wikileaks project 04 « Defending Freedom of Information » and for which Assange was project manager (Projektleiter) in 2011 and 2012, according to the foundation’s public activity reports (2). Jabber was supposed to be a tamper-proof encrypted e-mail… Julian Assange trusted the Germans twice as much as he did, as director of their « Wikileaks » project and as a user of their Jabber product… and that was fatal to him. In the room, the managers of Wau Holland, including « friend » Andy Müller Maguhn, are conspicuous by their absence…

Once Florence Iveson has repeated her request for more time, Baraitser sums up her position like a teacher facing her pupil: the old request is not cancelled by the new one. The defence needs more time. The « narrative background » has been ignored and the « case management hearing » cannot decide which evidence is admissible. She announced that she was in favour of giving the defence more time to work on its arguments.

Julian Assange on video in a kind of waiting room of hospital (?)

I look at her closely and then something happens. I see this woman’s face like it lights up and gets rounder. She is right in front of me, not far away after all. She looks rejuvenated. My eyes are exactly in line with hers, which then take on a beautiful light green hue. She keeps talking, then looks down at her text. She reads her text clearly, more and more mechanically, as if it had been written in advance, or by someone else, like a script for a role. She reads more and more visibly. I have in front of me a woman who behaves like Svietlana Tichanouska, the housewife who was the « first opponent » of President Lukashenko when she fled her country to pro-American Lithuania last Monday after pushing militants to commit riots. She then published a video in which she read a text, so visibly that one cannot help thinking that she is hostage to her new American ‘friends’ and that she wants to show it indirectly (3). I turn to my German colleague and disconcertedly ask her « is this woman an actress? (Schauspielerin)

Vanessa Baraitser’s biography and the reasons for her responsibility in this case have been a mystery until now. Her career as a judge seems quite mysterious as there is almost no public information about her. Her father Michael Baraitser is a white South African neurogeneticist of Jewish origin who came to Great Britain in the early 1970s and is well established in British scientific institutes (4). One of her sisters, Lisa Baraitser has an impressive CV as a psychologist, researcher and specialist in maternity, gender, feminism and queer theories (5)! The second sister, Paula Baraitser has a comfortable position as a researcher in sexology at Kings College London, another prestigious institution (6). With such extensive family expertise in psychology and human sexuality, one wonders how Vanessa Baraitser could not see that the propaganda campaign slandering Assange as a rapist was based on a complete vacuum, which I and some of my feminist friends immediately perceived once we read  the published Swedish documents.

How is it that Vanessa Baraitser, from such a family, versed in psychology and armed with prestigious diplomas, as a district judge, a simple prudential court judge, participates in such a shameful manipulative sketch? The key question would be « what’s her interest »? Moreover, the seriousness of his activity as a judge is called into question. Indeed, we have not been able to find other traces than a few cases of harassment, voyeurism and alcoholism on the public highway (!) (7)and in the chapter on extraditions, the curious French case of the flight of Alexandre Djouhri, bearer of Nicolas Sarkozy’s financial suitcase in 2012, which she released in February 2019 (8). A « magistrate » court judge may have been a lawyer, but here again there is no trace of any activity. I myself did not see Baraitser judge other extradited persons before the bizarre case of a Latvian member of the KGB on July 27. In September and October 2019 I saw in three hearings Emma Arbuthnot judge Poles locked up in the prisons of Wandsworth or Belmarsh and decide whether or not to extradite them. I saw other judges trying these routine cases. Vanessa Baraitser, on the other hand, seems to have only the Assange case as her job and that is strange.

At the end of her reading, Baraitser said to Iveson: « You need more time. When you’re ready, inform the court ».  Julian Assange’s lawyer then seems to panic. She turns, with a red face, to Alistar Lyon and his colleague and talks about « instructions » and « communication difficulties ». However, it does not occur to her to ask her client what he thinks about it, when he is right there in front of her, and normally a lawyer is not forbidden to address his client during the trial (I checked with the lawyers of the Poles). Apparently everything is done so that Julian Assange can NEVER speak freely in person in the presence of anyone from outside the circle. Baraitser helps him by setting a date, next Friday or Wednesday. Then she addresses Julian Assange « the date of September 7 will be effective. You have not been arrested on the new charges » (of course, he is still presumed innocent, yes!).

Julian Assange raises his head.

Then Baraitser asks Iveson and Dobbin if they agree. For her, in February it was a general agreement, and now there is a new procedure, a new request. Does everyone agree? Dobbin and Iveson agree. We’re not asking Assange’s opinion. Baraitser’s looking forward to getting it over with. She starts a layus on the « global pandemic » (our beloved Covidian religion), proposes a « cloud video platform » for witness depositions and gives the deadline of August 21 for the list of witnesses who will come personally. The prospect of a cloud platform trial is worrying. It is 11:40 a.m. Julian Assange is still coughing, we activists, we feel our nervousness and our emotion rising. Baraitser, Dobbin and Mr. Smith are discussing whether the secretariat is available. Dobbin goes on about the « mental expertise, psychological report » requested by prosecutor Krombach. Iveson agrees with her, but not us! Indeed, the long militant experience shows that a political prisoner should never accept psychiatric expertise to save his skin, because the credibility of his action will be permanently damaged and this will inevitably harm him. A fortiori such an expertise is useless in extradition proceedings! Finally, Iveson declares that he will be able to present the « evidence » by August 24. Dobbin also summoned him to respond to Mr. Krombach’s « 25 statements ». One enters into secretarial debates, who can who cannot. There is talk of a « pre-hearing » and then of a video conference.

The Frontline Club, the place of staying of Julian Assange in 2010 – owned by the Frontline Club Charity Trust

When Baraitser raises his voice, I understand that the hearing of August 24 has been cancelled. She announces that today was the last administrative hearing and that the physical appearance of « Mr. Assange » at the Old Bailey on September 7 at 10 a.m. is maintained. She tells him that he remains in custody and asks for an understanding. A weary, choppy voice is heard: « I have heard some of your words, » says Julian Assange (I am having this sentence confirmed by the real English speakers to make sure I understood). In fact, he hasn’t heard everything that’s going on and may not be in a position to understand. Vanessa Baraitser doesn’t care, she’s done her performance, she’s in a hurry to leave. The whole room respects the ceremony and stands up. Then almost everyone in the room has their backs turned and puts their things away. But I realize that Julian Assange is still here and I’m staying, as always, until his final departure. I want to see his gait so that our doctor can assess his state of health. When the audience doesn’t really pay attention to him anymore, Julian Assange raises his fist! So I raise my arm and my fist too! I look at him!  Some activists will tell me, « But he can’t see you. I say, « Maybe someone will tell him we’re here. He saw us in January and February. He knows we’re here… ». And then Julian Assange leaps up and leaves the room with a quick step like a man who is just waiting for this opportunity to run away! I am reassured – his walk is alive and well, not doddering or uncertain like in winter. He wants to live and run away from there… When he disappears from the box, I agree to leave my seat and leave the room.

Christophe Deloire, general secretary of Reporters without Borders, 24 February 2020 in the front of the Woolwich Court

As always, I am stunned by what I have seen and experienced. It takes me a little time to come to my senses as the activists give a voice to the door of the building. I talk to John Shipton about the political quarantine that prevents us from coming to act for Julian from France. We talk about Julian’s health and conditions of detention « for 11 years » and the impossibility of talking to him at the moment. I have to leave quickly because because because of the quarantine I cannot afford to lose my return ticket on the Flixbus. I have work to do because I am immersed in reading an important book: « Sexus Politicus » by Christophe Deloire, General Secretary of Reporter sans Frontières since 2012, who was present at the trial of Julian d’Assange on 24 February. It is really important to understand how the network of political elites that decides our most intimate lives works, if we want to regain power over ourselves.

The Imperial College of London St Marys Medical School, the origin of the Covidian panic ideology

[1] https://www.justice.gov/opa/press-release/file/1289641/download

2. http://www.wauland.de/media/2009_Jahresbericht.pdf

http://www.wauland.de/media/2011_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

3. https://mobile.twitter.com/tutby/status/1293099290349404160

4. https://therealslog.com/2020/03/03/extradition-showtrial-julian-assange-is-a-curates-egg-but-magistrate-vanessa-baraitser-is-a-rotten-apple-from-central-barrel-casting/

https://www.waterstones.com/author/michael-baraitser/57524

5. http://www.bbk.ac.uk/psychosocial/our-staff/academic/lisa-baraitser

6. https://www.health.org.uk/fellow/paula-baraitser

7. https://www.dailymail.co.uk/news/article-6516565/London-barrister-Aisha-Bijlani-court-allegedly-harrassing-city-lawyer-colleague.html

https://www.dailymail.co.uk/news/article-6607417/Ministry-Justice-adviser-52-punched-paramedic-road-spared-jail.html

https://news.sky.com/story/man-guilty-of-upskirting-photos-spared-jail-after-losing-job-and-having-mental-health-issues-11713948

https://www.bbc.com/news/uk-england-london-48716898

8 https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/02/26/la-justice-britannique-ordonne-l-extradition-d-alexandre-djouhri-vers-la-france_5428453_1653578.html

Audience de Julian Assange du 14 août – La Cour Westminster se mue en « Kindergarten »(école maternelle)

Monika Karbowska

J’ai repris le chemin outre- Manche pour assister au « Final administrative hearing » de Julian Assange à la Westminster Magistrate Court jeudi 13 août, le lendemain de l’annonce du lancement de « Sputnik 5 », le vaccin « anti-coronavirus » de la Russie, pleine d’espoir que ce pas puisse sortir les peuples de la terrible crise dans laquelle nous sommes enfoncés depuis 5 mois. Mon billet était prêt depuis plusieurs semaine et je gardais espoir que nous pouvions gagner cette lutte, celle pour SA liberté et pour la NOTRE, puisque la crise est une guerre permanente, une guerre de dirigeants contre leur peuple et une guerre « ouest  contre est » puisque l’Etat militaire américain et ses sbires baltes et polonais attaquent ouvertement la Biélorussie en envoyant des militants fascistes y fomenter des émeutes. Lors du voyage je suis restée mobilisée, diffusant sur les réseaux sociaux la vérité sur les prétendus « journalistes polonais arrêtés par Loukachenko » que soutient la Fédération Européenne des Journalistes, alors qu’ils sont en réalité deux dangereux militants néonazis.

Hopital St Marys à côté du Frontline Club

Je n’ai appris la nouvelle de la quarantaine imposée aux Français par la Grande Bretagne ne que le soir de mon arrivée à Londres. Cette nouvelle m’a surprise : jusqu’à présent le gouvernement de Boris Johnson participait au storytelling planétaire sur le coronavirus, mais dans la réalité il ne terrorise pas les Britanniques comme la mafia macroniste le fait sur le peuple français. En effet, j’avais préparé à l’avance l’attestation en théorie indispensable à l’entrée sur le territoire britannique, avec adresse de résidence et coordonnées de tierce personne pour la contacter au cas j’aurais filé le coronavirus à quelqu’un et que je refusais de répondre à mon propre téléphone… Et là, à Calais, la police aux frontières anglaise ne demande pas l’attestation ! Le chauffeur de bus m’a confirmé que depuis 10 jours de trajet quotidien cette attestation « covidienne » n’a jamais été exigée. Il était très aimable avec nous et s’est mis en quatre pour nous faire ouvrir les toilettes aux haltes et distribuer des bouteilles d’eau dans le train de l’Eurotunnel. En effet, le coronavirus a servi de bon prétexte pour fermer les toilettes et la climatisation dans les transports, ce qui à 45 degrés dehors génère stress et malaise.

A Londres, le temps est superbe et frais. Le quartier Paddington proche de la Westminster Court s’anime doucement depuis que les hôtels ont presque tous réouvert depuis le 1 août et que les touristes, tout d’abord anglophones, reviennent. Business oblige, les gérants sont tous très aimables et les prix très abordables. Les masques sont presque inexistants et à en me promenant sous les grands arbres du quartier je me sens libérée de l’intense psychose collective dans laquelle nous sommes si plongés en France que nous ne nous en rendons plus compte. Ce n’est qu’au restaurant que le corona se rappelle à mon souvenir sous forme de grand registre tenu par la serveuse ou il faut inscrire son nom et son téléphone – mais les Britanniques ont une confiance plus grande dans leur gouvernement que nous dans le nôtre et ils n’ont pas peur d’être retrouvés par les autorités, accusés d’avoir « infecté » quelqu’un ni exterminés dans un hôpital. De même dans un autre pub, un parcours fléché imposé au consommateur afin qu’il ne se mélange pas avec les autres me rappelle aussi que l’absurdité existe aussi de ce côté-ci de la Manche.

L’annonce de la quarantaine m’irrite car elle met en danger notre faculté de venir au procès de Julian Assange le 7 septembre. La mesure est clairement une pression visant l’économie française, les touristes anglais rapportant un argent non négligeable à l’économie de nombreuses régions. Comme tout dans cette crise ou les décideurs se soucient comme d’une guigne de la santé humaine, toutes les décisions prise au nom du sanitaire ont de vraies raisons politiques. En d’autres termes, Poutine ayant appelé Macron immédiatement le jour même pour lui proposer son vaccin et l’inciter à mettre fin à l’hystérie covidienne, les Anglais font-ils une pression sur la France dans ces négociations dont les peuples sont exclus, alors même que se pose leur place dans le monde occidentale depuis qu’ils se sont débarrassés de la tutelle de la Commission Européenne ? Je garde espoir que ces négociations aboutissent à un compromis et que la frontière puisse nous être ouverte à nouveau d’ici le 7 septembre.

J’arrive devant la Westminster Court tôt le matin et je suis donc la première devant la porte. Peu après arrive une militante australienne avec une grande banderole de soutien à Julian Assange. Nous discutons longuement de la terreur sanitaire entretenue dans nos pays par des gouvernements plus soucieux d’habitude de privatiser les systèmes de santé que de soigner les malades. Elle me raconte les dernières trouvailles liberticides d’un Occident en pleine tentation fasciste : la loi néo-zélandaise permettant l’enfermement dans des camps spéciaux des « infectés » par le coronavirus, la loi australienne permettant à la police de Melbourne de rentrer sans ordre de justice dans les maisons pour des inspections « sanitaires » et surtout la loi anglaise prévoyant de retirer immédiatement aux parents les enfants qui, dument testés, auraient de la fièvre à l’école ! Elle est d’autant plus horrifiée en tant que militante écologiste que c’est le gouvernement de gauche de l’Etat de Victoria qui impose avec fierté des mesures tyranniques contre les citoyens terrifiés. Mais elle m’assure aussi qu’une certaine révolte se lève dans cette société britannique très atomisée et que la manifestation contre le masque obligatoire avait fini par rejoindre les militants qui avait le jour même organisé une action de soutien à Julian Assange devant le 10 Downing Street.

Vers 7 heures arrive une militante française que je connais, puis une militante allemande avec laquelle j’ai sympathisé. Nous discutons de la situation en France et en Europe, et notamment de la porte de sortie de crise que constitue la manoeuvre du vaccin russe. La queue se forme vers 8 heures avec une dizaine de militants habituels, nous nous connaissons tous. Depuis que la velléités de certaines de faire des listes et de décider qui rentre et qui ne rentre pas s’est estompée, l’ambiance est bien plus sympathique et cordiale. Parmi les personnalités publiques j’aperçois alors Fidel Narvaez mais personne d’autre. Cependant, les rumeurs courent que le « social distancing » a été durci pour ne laisser que 5 places au public. La lutte va encore avoir lieu, cette fois ci avec la Cour… On rentre à 9 heures, le bâtiment est entièrement désert hormis les agents de sécurité. Une cour fantôme. On ne sait si c’est à cause de la corona-crise, puisque le gouvernement britannique avait déjà auparavant tendance à pousser la justice à ne plus exister autrement que par video et téléphone, ou est-ce parce qu’en réalité, à part l’extradition de Julian Assange et des Européens de l’est, ce tribunal ne gère en que de petits délits de consommation de cannabis ou de conflits de voisinage. Ce bâtiment construit en 2011 est donc vide en permanence et n’aurait donc jamais réellement servi à la justice.

Les audiences des extradés est européens ont elle lieu « on line » comme l’annonçait l’affichette sur la porte le 27 juillet ? Cette annonce a disparu, dans la queue, les avocats des autres cas sont peu nombreux. Le secrétariat du tribunal semble fermé et comme le 27 juillet il n’y aura plus aucune liste de nom affiché sur les porte des salles. Cependant dans le hall d’entrée plusieurs listes de jugés sont présentes. Le nom de Julian Assange figure sur une petite feuille épinglée sur la liste des cas jugés en salle 3. En face de son nom un horaire : 15h30. Aïe, s’il faut attendre aussi longtemps, la perspective ne me réjouit guère. Mais comme on sait que rien n’est fait ici selon les règles, il faut rester. A trois militantes nous nous précipitons au guichet du secrétariat ou une seule employée a enlevé son masque encombrant derrière son mur de verre : elle nous dit de rester, il y aura des changements. Nous nous plaçons devant la porte en file indienne et discutons.

De l’eau s’écoule d’un éclairage de néon au plafond. Les agents de sécurité ont installé une rubalise et tentent de maitriser la fuite au beau milieu de la salle d’attente. Ils font appel à deux travailleur/es du nettoyage, est-européens, qui doivent éponger l’eau avec un chiffon au bout d’une longue perche, sans aucun équipement de sécurité alors qu’ils peuvent s’électrocuter… Tiens, je remarque qu’un des agents de sécurité que nous connaissons porte un badge bleu au lieu des insignes oranges de Mitie. Il confirme : oui, Mitie a bien perdu le marché du tribunal, lui a eu la chance d’être repris par la nouvelle boite, OSE, et il est bien content de garder un job proche de son domicile. Il est vrai que Mitie avait commis quelques abus ici devant nous et contre nous et peut être même contre Julian Assange que nous avons pu voir terrorisé alors qu’ils étaient chargés de sa garde. Nous attendons encore jusqu’à 10 heures. Petit à petit la situation se clarifie : les Européens de l’est se regroupent devant la salle 1 et la salle 3 sera entièrement consacré à Julian Assange. Florence Iveson, la nouvelle avocate ayant remplacé Hamilton Fitzgerald, s’active avec Alistar Lyon et la collaboratrice de Gareth Peirce entre les consultation room, le secrétariat et la salle d’audience toujours fermée.

A 10 heures passée l’audience n’a toujours pas commencé, et une certaine nervosité s’installe. Les journalistes arrivés pour Julian, Juan Passerelli, Mohamed El Maazi, une femme et deux hommes que je ne connais pas sont assis sur les fauteuils de la salle d’attente confiants qu’ils vont pouvoir rentrer. Ce n’est pas notre cas, nous sommes inquiets de devoir rester debout toute la journée ici. Peu après la greffière, une femme que j’ai vu plusieurs fois toujours plongée dans son ordinateur, sort de la salle d’audience affichant un visage profondément ennuyé de quelqu’un qu’on charge d’une besogne qui n’est pas la sienne. Me trouvant toute proche j’entends Florence Iveson demander un délai parce que Belmarsh ne répond pas aux sollicitations des avocats.  La greffière finit par répondre qu’ils pourront peut-être lui parler dans la salle une fois la connexion video établie. Mais les avocats doivent se débrouiller pour faire comparaitre leurs clients et la cour ne fait aucun effort pour faire ce qui est quand même son travail… Encore un indice exaspérant que tous ces dysfonctionnements montrent un monde de faux semblants. Finalement à 10h30 nous sommes toujours debout devant la porte, alors que Iveson et les deux collaborateurs de Peirce et Birnberg s’enferment dans la salle.

Vanessa Baraitser la femme qui est censée juger Assange , ici dans la salle 3 du batiment appartenant à a multinationales Prudentdial qui loue ses locaux à la Westminster Magristrate Court

C’est alors qu’entrent dans la salle d’attente John Shipton et Stella Morris. John Shipton nous salue aimablement puis échange avec les journalistes. Il est question de qui va lui céder sa précieuse place, je ne peux le faire vu les efforts que je fais pour être ici. Mais j’ai le pressentiment que comme dans la Woolwich Court, cela ne sera pas nécessaire. Néanmoins lorsque la greffière sort à 10h45 et annonce qu’à cause du « social distancing » seuls les journalistes pourront entrer et personne d’autre, l’émotion est vive. Quelqu’un dit quand même que nous sommes ici depuis 6 heures du matin. Elle fait entrer les journalistes qui sont cinq en tout. C’est alors que John Shipton s’avance vers elle, Stella Morris derrière lui. Il dit « je suis le père de Julian Assange et elle sa partenaire » (« partner »). Et moi, qui suis toujours en tête de la file, je dis « et moi je représente une association des droits de l’hommes ». La femme me regarde avec hostilité et crie « Je ne parle pas avec vous » ! Je suis interloquée car je n’ai rien dit d’agressif. On aurait pu annoncer que nous sommes la « famille française » de Julian Assange, celle dont John Shipton a parlé le 18 avril 2020, mais ce n’est pas dans notre style de mentir. Quoi de plus naturel dans un pays démocratique que la présence d’une association de défense des droits de l’homme pour contrôler le respect des droits ! Nous n’avons pas besoin de nous justifier d’être là !

Je suis à coté de John Shipton

Alors la greffière me somme de reculer pour respecter le « social distancing ». Je le fais avec peine car la file me pousse dans le dos et les militants sont aussi excédés que moi. Je lui fais

remarquer qu’au moins je porte un masque, un ustensile qui me donne visiblement plus de légitimité aujourd’hui que l’évocation des Droits de l’Homme… La greffière remarque « je dois gérer cette situation » qui objectivement n’est pas facile. On attend silencieusement. Finalement, elle fait entrer John Shipton et Stella Morris. Je peux entrer à mon tour et je pousse vite la porte du box du public sans me retourner. Trois autres militantes pourront entrer, une Française, une Allemande et une Britannique – l’Europe (occidentale) est au complet pour au moins symboliquement soutenir Julian Assange. Je suis assise sur le dernier fauteuil du premier rang. Deux fauteuils étant condamnés sur 3, John Shipton est à ma droite, Stella Morris au fond de la rangée, les autres militantes derrière. Je me retrouve en bonne position pour voir Julian Assange sur les deux écrans videos de part et d’autre de la salle et je suis assise pile dans l’axe en face de Vanessa Baraister.

Julian Assange en video

Baraitser est déjà là et nous regarde fixement. Et surtout, Julian Assange est là aussi dans la vidéo. Il est assis dans ce box aux murs bleu foncé sur des sièges rouges ressemblant à une salle d’attente. La pièce est différente de celle du 27 juillet et différemment filmée. Alors que le 27 juillet la caméra le filmait de près en face en le coupant au niveau de la taille, ici elle est située en haut d’un mur ce qui fait penser à une caméra de surveillance, et on peut le voir en entier. Le décor est celui des mises en scène de décembre et janvier dernier. Une porte à droite, une petite fenêtre donnant sur le couloir et un écriteau indéchiffrable au-dessus de sa tête. Julian Assange est assis les mains jointes sur ses genoux, la jambe droite croisée sur sa jambe gauche. Il porte le même pull beige et la même chemise blanche que la dernière fois, un pantalon gris un peu trop court et des chaussettes blanches. Il a les cheveux courts et pas de barbe, ou une barbe très courte, pas de lunettes et un air triste et résigné que j’ai vu surtout en novembre et décembre dernier. Comme alors il a l’air mal en point, prostré. Il ne bouge pas et ne change pas de position pendant une heure et quart. Parfois il penche vers le côté comme victime d’un malaise et garde les yeux baissés. Il ne participe pas au show, soit parce qu’il va mal, soit parce qu’il refuse d’y apporter sa caution. Il tousse fréquemment d’une toux sèche, qui ressemble à de l’asthme, et porte alors ses mains à son visage. Je suis préoccupée et chagrinée de le voir ainsi.

Il a l’air d’avoir froid avec ce pull, alors que les gardiens sont tous en chemise blanche manches courtes et pantalons noirs. Et des gardiens il y en a ! Ca pullule brusquement sur la vidéo de la prison, même si ces uniformes rappellent plutôt ceux des agents de sécurité privé et pas les uniformes noirs déjà vus dans de pareilles circonstances. D’abord ce sont deux hommes, un Blanc et un Noir, qui regardent Assange en se tenant dans l’embrasure de la porte. Puis il y a des femmes qui se joignent à eux. Ca défile dans le couloir, le brouhaha est audible jusqu’ici. Julian Assange reste impassible mais la pression exercée sur lui est visible. Le 27 juillet le personnel de « Belmarsh » était habillé comme des infirmières de blouses bleus et vertes . Visiblement Julian Assange a encore changé d’endroit, mais nous ne savons toujours pas ou il se trouve exactement. Nous ne savons toujours pas s’il reçoit nos courriers et si non pourquoi et pourquoi il ne peut y répondre…

Dans la salle le chaos flotte dans l’air. Vanessa Baraitser est le nez dans un dossier, silencieuse. L’avocate Florence Iveson entre et sort, on ne sait pourquoi. Julian Assange est absent, prostré. Le bruit s’amplifie : les gardiens parlent, et chaque fois que quelqu’un entre ou quitte la fameuse conférence téléphonique on entend une voix métallique « left the conference ». Cela ne fait VRAIMENT pas sérieux. Vraiment « Kindergarten » comme je le confie à ma collègue allemande. Comme une école maternelle, alors que la vie d’un homme emprisonné est en jeu. On se pince pour y croire. A un moment donné Baraitser lève la tête, demande « Officer, Wandsworth », puis se rattrape « Belmarsh », et lui demande de faire moins de bruit car on n’entend rien dans notre salle ! Un gardien arrive et s’assied en face de Julian, on le voit distinctement traverser le box puis disparaitre de notre champ de vision. Surveillance permanente, comment Assange pourrait librement s’exprimer devant la cour avec de telles pression exercées sur lui !

D’ailleurs, à 10h55 Julian Assange tousse, puis dodeline de la tête et se mord les joues, parait très vieilli. Baraister se décide alors d’ouvrir le procès et lui demande de présenter son nom « formally identify ». J’entend bien sa voix à travers le haut-parleur. Elle est hésitante, bute sur chaque syllabe, chaque mot est entrecoupé d’un silence, comme en décembre 2019 quand il était au plus mal. Est-il soumis à des pressions psychologiques, de la torture physique, des médicaments ? Sa date de naissance, «3 July 71 » il la prononce comme s’il n’y croyait pas non plus à cette identité aussi incertaine que sa voix l’est ici. Le chaos continue : Baraitser donne la parole à Claire Dobbin par l’entremise de la « conférence téléphonique ». On entend le début d’une phrase prononcée par Dobbin, puis plus rien. Baraitser donne alors la parole à Florence Iveson qui force le ton pour que Dobbin entende à travers la machine. Pour une fois j’entends correctement ce que dit la défense. Florence Iveson parait mal à l’aise et au bout de 15 minutes ses joues sont rouges, elle se retourne fréquemment pour consulter Alistar Lyon assis derrière elle. Julian Assange tousse de plus en plus, il a les épaules rentrées, parfois il bouge juste les doigts. Le gardien qui le contrôle bouge aussi et alors on le voit à l’écran. Baraitser essaye de faire répéter sa phrase à Dobbin puis jette l’éponge et appelle un technicien pour réparer le matos. Un jeune homme arrive et nous attendons encore ainsi un quart d’heure sans bouger.

Cet exemple montre clairement que la justice au téléphone, tout comme la médecine par téléphone, ça ne peut pas marcher. Il n’y a pas de procureur, comment une audience peut-elle avoir lieu ? Les conditions n’étant pas réunis pour un procès équitable, dans un pays normal le juge aurait renvoyé immédiatement tout le monde à la maison et fixé une autre date obligatoire pour tout le monde sans chercher à concilier des agendas ! Mais la question se pose déjà depuis un moment pour nous: Vanessa Baraitser est-elle vraiment juge ?

A 11h15 Claire Dobbin peut enfin parler dans son téléphone. Elle dit qu’elle ne savait pas que l’audience était fixée à 10 heures. Baraister la sermonne comme une petite fille sur le thème qu’elle avait effectivement fixé la date le 27 juillet. C’est tellement surréaliste qu’on a encore plus l’impression d’une répétition théâtrale dans une maternelle avec des gens qui jouent un rôle. Un certain Smith se trouve derrière Dobbin et tente de se justifier par les listes annonçant 15h30. J’entends bien Clair Dobbin car le son est très fort.

Florence Iveson commence son discours par la nouvelle accusation dont les documents seraient arrivés le jour même. Elle souligne que la défense n’a pas eu le temps de lire les 43 pages et qu’il est « astonishing » (surprenant) qu’une nouvelle « request » (demande) ait été faite car elle élargit considérablement la première. Selon elle, M. Krombach n’aurait pas envoyé le document à temps et argumente que l’ampleur du dossier ne permet pas de tenir avec une « approche pragmatique » la date du 7 septembre pour le procès. Elle plaide aussi en utilisant la notion de « narrative background » qui ne doit pas être exclus du dossier. Le nouveau dossier aurait dû être présenté à une « étape précoce ».  Je ne comprends pas bien ou elle veut en venir, qu’est-ce que le « narrative background » – (l’historique politique ?) qui ne serait pas mis en évidence ? Pas davantage je ne comprends pourquoi c’est le procureur Gordon Krombach qui aurait du transmettre le dossier alors qu’il n’est qu’un des sept « assistant United State Attorney » figurants en bas du document d’accusation signé par G. Zachary Terwilliger « Unit States Attorney » le 24 juin dernier[1]. Il va falloir se pencher sur le fonctionnement compliqué des institutions américaines et de leurs liens avec le traité d’extradition bilatéral de 2003.

Je suis perplexe par rapport à la date du 21 décembre que j’entends sans comprendre le contexte précis. Ce que je comprends est qu’elle demande un temps supplémentaire pour traiter ces documents et parce que cette demande initie une nouvelle procédure (« new conduct »). Il nous semblerait même qu’une nouvelle accusation devrait donner lieu à une autre procédure distincte qui devrait être disjointe de celle-là et passer d’abord par la voix diplomatique avant de devenir officiel. Baraitser lui demande alors d’illustrer ses paroles sur ce qu’elle veut dire avec « new conduct ». Je ne comprends pas sa réponse qui est très brève. Julian Assange est encore plus immobile et prostré. Alors Madame Dobbin a la parole. Elle cite Krombach et le paragraphe 9 du Grand Jury selon lequel les Etats Unis continuent leur « criminal investigation » contre M. Assange et que le procureur poursuit son enquête « criminelle ». Elle répète que certes, ce n’est pas pour cette accusation « remplaçante » qu’il a été accusé et « charged » (accusé) cela n’est pas important puisque de toute façon la procédure sera « élargie ». Selon la procédure M. Assange est un hacker et c’est cela le vrai « background » de la demande d’extradition. Pendant qu’elle parle, les gardiens bougent de leur siège, une femme ouvre la porte du box, il y a du bruit et je n’entends plus les détails de ce qui est dit. J’ai l’impression que Julian Assange n’entend rien et ne comprend pas lui non plus.

Florence Iveson répond que selon le paragraphe 9, l’enquête en cours, les preuves versées ne portent que sur les accusations pour 2010 et pas pour les « accusations de remplacements » (« superseding charges »). Il s’agit des conversations sur la messagerie Jabber entre Chelsea Manning et Julian Assange dont l’accusation a toujours fait grand cas dans ces documents, mais qu’elle n’a jamais, selon moi, était en mesure de les produire publiquement. Pourtant lors du procès de février la salle 2 de la Woolwich Court était pourvue d’un gigantesque écran sur lequel il était possible de montrer les fameux protocoles de la messagerie Jabber prouvant les conversations Manning-Assange. J’ai assisté aux 4 jours du procès et je n’ai rien vu de tel. Il faut aussi rappeler pour mémoire que la messagerie Jabber a été développé par la Fondation allemande Wau Holland, la même qui de 2009 à 2014 a produit et dirigé le projet 04 « défendre la liberté d’information » Wikileaks et pour laquelle Assange a été chef de projet (Projektleiter) en 2011 et 2012, selon les rapports d’activité publics de la fondation[2]. Jabber était censé être une messagerie cryptée inviolable… Julian Assange a fait doublement confiance aux Allemands, en tant que directeur de leur projet « Wikileaks » et en tant qu’usager de leur produit Jabber… et cela lui a été fatal. Dans la salle, les dirigeants de la Wau Holland, dont « l’ami » Andy Müller Maguhn brillent par leur absence…

Une fois que Florence Iveson ait répété sa demande de délai supplémentaire, Baraitser résume sa position comme une prof face à son élève : l’ancienne demande n’est pas annulée par la nouvelle. La défense a besoin de plus de temps. Le « narrative background » a été ignoré et le « case management hearing » (audition de préparation) ne peut pas décider quelle preuve est recevable. Elle annonce qu’elle est favorable à ce que la défense ait plus de temps pour travailler ses arguments.

Je la regarde bien et à ce moment-là il se passe quelque chose. Je vois le visage de cette femme comme s’éclairer et s’arrondir. Elle se trouve juste en face de moi, pas très loin finalement. Elle a l’air rajeunie. Mes yeux sont exactement dans l’axe des siens qui prennent alors une belle teinte vert clair. Elle continue de parler, puis baisse les yeux sur son texte. Elle lit clairement son texte, de plus en plus mécaniquement, comme s’il avait été écrit à l’avance, ou par quelqu’un d’autre, comme un scénario d’un rôle. Elle lit de plus en plus visiblement. J’ai en face de moi une femme qui se comporte comme Svietlana Tichanouska, la femme au foyer intronisée par l’Occident « première opposante » au président Loukachenko lorsqu’elle a fuit son pays pour la Lithuanie pro américaine lundi dernier après avoir poussé des militants à commettre des émeutes. Elle a alors publié une vidéo ou elle lit un texte, si visiblement qu’on ne peut s’empêcher de penser qu’elle est otage de ses nouveaux « amis » américains et qu’elle veut le montrer indirectement[3]. Je me tourne vers ma collègue allemande et je lui lance déconcertée « cette femme est-elle une actrice » ? (Schauspielerin)

La biographie de Vanessa Baraitser et les raisons de sa responsabilité dans ce dossier ont été un mystère jusqu’à présent. Sa carrière de juge semble bien mystérieuse car il n’y a quasiment aucune information publique sur elle. Son père Michaël Baraitser est un neurogénéticien sud-africain blanc d’origine juive venu en Grande Bretagne au début des années 70 et bien établi dans les instituts scientifiques britanniques[4]. Une de ses sœurs, Lisa Baraitser a un impressionnant CV de psychologue, chercheuse et spécialiste de la maternité, du genre, du féminisme et des théories queer [5]! La deuxième sœur, Paula Baraitser possède un confortable poste de chercheuse en sexologie au Kings College de Londres, autre prestigieuse institution[6]. Avec des compétences familiales aussi poussées en psychologie et sexualité humaine, on se demande comment Vanessa Baraitser ne voit pas que la campagne de propagande diffamant Assange en tant que violeur s’appuyait sur un vide complet, ce que je moi et certaines de mes amis féministes nous avons immédiatement perçus une fois qu’on a lu le dossier suédois publié.

Comment se fait-il qu’originaire d’une telle famille, versée dans la psychologie et bardée de diplômes prestigieux, Vanessa Baraitser, en tant que juge de quartier, d’une simple cour de justice prudhommale, participe à un sketch manipulatoire aussi honteux ? La question clé serait « qu’est-ce que cela peut-il bien lui rapporter » ? Par ailleurs, le sérieux de son activité de juge est mis en question. Nous n’avons en effet pas pu trouver d’autres traces que quelques affaires de harcèlement, de voyeurisme et d’alcoolisme sur la voie publique (!)[7] et dans le chapitre des extraditions, la curieuse affaire française de la fuite de Alexandre Djouhri[8], porteur de valise financier de Nicolas Sarkozy en 2012 qu’elle a remis en liberté en février 2019. Un juge de cour « magistrate » peut avoir été avocat, mais là non plus pas de trace d’une quelconque activité. De moi-même je n’ai pas vu Baraitser juger d’autres extradés avant le cas bizarre d’un Letton membre du KGB le 27 juillet dernier. En septembre et octobre 2019 j’ai vu lors de trois audiences Emma Arbuthnot juger des Polonais enfermés dans les prison de Wandsworth ou Belmarsh et décider de leur extradition ou non. J’ai vu d’autres juges juger ces affaires courantes. Vanessa Baraitser, elle, semble n’avoir comme travail que de s’occuper de l’affaire Assange et cela est étrange.

A la fin de sa lecture, Baraitser s’adresse à Iveson : « vous avez besoin de plus de temps. Quand vous serez prête informez la cour ».  L’avocate de Julian Assange semble alors prise de panique. Elle se tourne, visage rouge, vers Alistar Lyon et sa collègue et parle « d’instructions » et de « difficultés de communication ». Il ne lui vient cependant pas à l’esprit de demander à son client ce qu’il en pense, alors qu’il est juste là en face d’elle, et que normalement il n’est pas interdit à l’avocat de s’adresser à son client pendant le procès (je l’ai vérifié avec les avocats des Polonais). Visiblement tout est fait pour que Julian Assange ne puisse JAMAIS parler de vive voix librement en présence de personne étrangère au cercle. Baraitser lui vient en aide en fixant une date, vendredi ou mercredi prochain. Puis elle s’adresse à Julian Assange « la date du 7 septembre sera effective. Vous n’avez pas été arrêté pour les nouvelles accusations » (pardi, il est encore présumé innocent, oui !).

Julian Assange lève la tête.

Alors Baraitser demande à Iveson et Dobbin si elles sont d’accords. Pour elle, en février c’était un accord général, et maintenant il y a une nouvelle procédure, nouvelle demande. Tout le monde est d’accord ? Dobbin et Iveson sont d’accord. On ne demande pas à Assange son avis. Baraitser a hâte d’en finir. Elle commence un layus sur la « global pandemic » (notre chère religion covidienne), propose d’un « cloud video plateform » pour les déposition des témoins et donne la date limite du 21 août pour la liste des témoins qui viendront personnellement. La perspective d’un procès en « cloud plateforme » est inquiétante. Il est 11h40. Julian Assange tousse encore, nous les militants, nous sentons notre nervosité et notre émotion monter. Baraitser, Dobbin et Mr. Smith discute si le secrétariat est disponible. Dobbin enchaîne sur « l’expertise psychologique » (mental expertise, psychological report) demandé par le procureur Krombach. Iveson est d’accord avec elle, mais pas nous ! En effet, la longue expérience militante montre qu’un prisonnier politique ne doit jamais accepter d’expertise psychiatrique pour sauver sa peau, parce que la crédibilité de son action en sera durablement atteinte et cela va fatalement lui porter préjudice. A fortiori une telle expertise est inutile dans une procédure d’extradition ! Finalement, Iveson déclare pouvoir présenter les «preuves » pour le 24 août. Dobbin la somme aussi de répondre aux « 25 statements » de M. Krombach. On entre dans des débats de secrétariat, qui peut qui ne peut pas. Il est question d’un « pre-hearing » et puis de video-conférence.

Lorsque Baraitser élève la voix, je comprends que l’audience du 24 août a été annulée. Elle annonce que ce fut aujourd’hui la dernière audience administrative et que la comparution physique de « M. Assange » à la Old Bailey le 7 septembre à 10 heures est maintenue. Elle lui dit qu’il reste en détention et demande s’a compris. On entend alors une voix lasse et haché : « J’ai entendu certaines de vos paroles » dit Julian Assange (je me fais confirmer cette phrase par les vrais anglophones pour être sûre d’avoir compris). En fait, il n’a pas entendu tout ce qui se passe et n’est peut-être pas en état de comprendre. Vanessa Baraitser n’en a cure, elle a effectué sa prestation, elle se dépêche de partir. Toute la salle respecte le cérémonial et se lève. Puis presque tout le monde dans la salle a le dos tourné et range ses affaires. Mais moi je m’aperçois que Julian Assange est encore là et je reste, comme toujours, jusqu’à son départ définitif. Je veux voir sa démarche pour que notre médecin puisse évaluer son état de santé. Alors que l’assistance ne prête plus vraiment attention à lui, Julian Assange lève le poing ! Alors je lève le bras et le poing aussi ! Je le regarde !  Des militants me diront, « mais il ne te voit pas ». Je réponds « peut-être que quelqu’un lui dira que nous sommes là. Il nous a vu en janvier et février. Il sait qu’on est là…. ». Et puis Julian Assange se lève d’un bond et quitte la pièce d’un pas rapide comme un homme qui n’attend que cette occasion pour fuir ! Je suis rassurée – sa démarche est bien vivante, pas dodelinante ou incertaine comme en hiver. Il a envie de vivre et se sauver de là… Lorsqu’il disparait du box, j’accepte de quitter mon siège et de sortir de la salle.

Imperial College of London ou Neil Ferguson nous a imposé l’idéologie de la panique Covid

Comme toujours, je suis sonnée par ce que j’ai vu et vécu. Il me faut un peu de temps pour reprendre mes esprits alors que les militants donnent de la voix devant la porte du bâtiment. J’échange avec John Shipton sur la quarantaine politique qui nous empêche de venir agir pour Julian de France. Nous évoquons la santé et les conditions de détention de Julian « depuis 11 ans » et l’impossibilité de lui parler actuellement. Je dois partir vite car à cause de la quarantaine je ne peux me permettre de perdre mon billet de retour en Flixbus. J’ai du travail car je me plonge dans la lecture d’un livre important : « Sexus Politicus » de Christophe Deloire, secrétaire général de Reporter sans Frontières depuis 2012, présent au procès de Julian d’Assange le 24 février dernier. Il est vraiment important de comprendre comment marche le réseau des élites politiques qui décide de nos vies les plus intimes, si nous voulons récupérer notre pouvoir sur nous-même.


[1] https://www.justice.gov/opa/press-release/file/1289641/download

[2] http://www.wauland.de/media/2009_Jahresbericht.pdf

http://www.wauland.de/media/2011_Transparenzbericht-Projekt04_de.pdf

[3] https://mobile.twitter.com/tutby/status/1293099290349404160

[4] https://therealslog.com/2020/03/03/extradition-showtrial-julian-assange-is-a-curates-egg-but-magistrate-vanessa-baraitser-is-a-rotten-apple-from-central-barrel-casting/

https://www.waterstones.com/author/michael-baraitser/57524

[5] http://www.bbk.ac.uk/psychosocial/our-staff/academic/lisa-baraitser

[6] https://www.health.org.uk/fellow/paula-baraitser

[7] https://www.dailymail.co.uk/news/article-6516565/London-barrister-Aisha-Bijlani-court-allegedly-harrassing-city-lawyer-colleague.html

https://www.dailymail.co.uk/news/article-6607417/Ministry-Justice-adviser-52-punched-paramedic-road-spared-jail.html

https://news.sky.com/story/man-guilty-of-upskirting-photos-spared-jail-after-losing-job-and-having-mental-health-issues-11713948

https://www.bbc.com/news/uk-england-london-48716898

[8] https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/02/26/la-justice-britannique-ordonne-l-extradition-d-alexandre-djouhri-vers-la-france_5428453_1653578.html

Un chaos scénarisé – Julian Assange apparait à la Westminster Magistrate Court le Lundi 27 juillet 2020

Monika Karbowska

Je ne peux pas le cacher, l’émotion m’a étreint lorsque que je suis revenue à Londres après 5 longs mois exactement depuis l’épique dernière journée du procès de Julian Assange à la Woolwich Court, le 27 février. Entre temps, nous avons vécu bien des épreuves, l’étrange et violente aventure du Covid, l’enfermement policier, le chaos social et économique, la terreur ultime que bien de nos concitoyens éprouvent encore. Les mots manquent pour décrire l’étrange sensation de retour à la « vie d’avant », alors que le pouvoir politique est toujours le même et que nous sommes affaiblis par ce qu’il nous inflige, en France comme en Angleterre et partout en Europe.

Néanmoins, nous ne lâchons pas la lutte. Les frontières étant à nouveau ouvertes, la quarantaine terminée, j’ai repris le chemin du Paris – Londres Victoria Coach Station. Eurolines ayant été avalé par sa concurrente allemande, les chauffeurs du bus n’étaient plus ceux que j’avais finis par connaitre à force de faire le trajet 2 fois par mois. Ont-ils été licenciés dans le cadre de la liquidation judiciaire que Flixbus a imposé à Eurolines ? Certaines restrictions sont toujours présentes : un siège sur deux condamné, toilettes fermées… Le bus était occupé par des familles de migrants rejoignant les siens. Mon jeune voisin était un migrant Polonais vivant à Londres qui a profité d’une offre bon marché pour faire un saut touristique à Paris.

Le passage à la frontière a duré deux heures car il fallait montrer patte blanche : un formulaire rempli sur le site du gouvernement britannique dans lequel il faut consigner ses coordonnées de départ et d’arrivée, les informations sur son moyen de transport ainsi que le sacro-saint téléphone portable afin d’être recontacté si jamais on aurait transmis un coronavirus à quelqu’un… Il fallait de plus laisser le téléphone d’une tierce personne au cas on refuserait de répondre aux sollicitations amicales du gouvernement sur le covid19. Mais la police des frontières semblait ennuyée par ces tracasseries bureaucratiques et m’a laissé passer sans présenter le document au vue de mon passeport français.

Mes retrouvailles avec la capitale britannique ont été pleines d’émotions. En effet, contrairement à ce que je m’attendais, je me sentais très à l’aise. La grande ville de Londres est presque vide. Les gens se promenaient doucement, sans stress, le temps était superbe (sauf ce lundi…). La verdure et les fleurs resplendissaient. Les gens ne sont apparemment pas terrorisés par la maladie. Très peu de masques dans les rues, et malgré l’obligation, très peu de masques dans les magasins, les cafés et les restaurants. C’est dans le métro que le port du masque est le plus discipliné, encore que les rames aient été vides de la foule habituelle, sans que je comprenne si c’est dû aux vacances ou au télétravail. Certes, l’activité économique est réduite, de très nombreux hôtels et restaurants sont fermés, espérant pouvoir rouvrir en août. Je ne sais pas ce que deviennent les travailleurs de ces établissements. Mais j’ai retrouvé avec plaisir mes petites habitudes prises dans les cafés du quartier Paddington, autour du Frontline Club, lieux que Julian Assange avait fréquentés et qui se trouvent à quelques centaines de mètres à peine de la Westminster Court. En face du Frontline Club, Norfolk place, s’étend l’immense complexe du St Mary’s Hospital, lieu historique de découverte de la pénicilline par Alexandre Fleming. A 50 mètres du Frontline Club se trouve un lieu de pouvoir puissant dont nous n’avions malheureusement pas saisit l’importance en hiver dernier : l’Imperial College of London Medical School. Ce centre de recherche « Impérial » qui a influencé nos vies en France et en Europe à un point inimaginable fait physiquement partie du complexe de l’hôpital Saint Mary’s mais ne dépend pas du système de santé britannique, le National Health Administration. Le trop fameux Neil Fergusson, mathématicien de 50 ans qui se vante d’avoir imposé le confinement total à la population française après avoir terrorisé le président Macron, est vice-decan, vice-président de cette institution et il siège dans ce bâtiment[1].

St Marys Hospital à Paddington, lieu historique de découverte de la péniciline

Le lundi 27 juillet 2020, à 8 heures, devant la Cour Westminster il n’y avait personne. J’ai donc été la première à entrer dans le tribunal. A 8h15, deux militants de Don’t Extradite Assange sont arrivés, puis des journalistes, Marty Silk, Mohamed El Maazi, Juan Passerelli, et encore d’autres habitués. Nous nous sommes salués et avons échangé les nouvelles dans une ambiance amicale, comme une famille empêchée de se revoir pour cause de fermeture politique des frontières. Il faut dire qu’en l’absence de Greekemmy l’ambiance a toujours été plus détendue dans la cour. J’ai passé l’heure et demie à attendre devant la porte à sympathiser et à discuter avec une militante germanophone.

A 9h30, j’ai retrouvé les mêmes agents de sécurité de Mitie qui nous connaissent depuis presque 1 an déjà. J’ai retrouvé la liste des extradés dans le hall – Julian Assange en numéro 1 pour la salle 3, puis 15 noms de Polonais, Roumains, Slovaques, Hongrois… Lorsque je me suis retrouvée devant la porte de la salle 3, avec un « social distancing » de 2 mètres imposé entre chaque personne, (à comparer avec le 1 mètre en France), j’ai remarqué qu’à part nous, les soutiens de Julian Assange, il n’y avait personne d’autre. Le tribunal était vide, comme désaffecté. Aucun secrétaire n’est venu coller la liste des jugés sur la porte. Le secrétariat avait l’air fermé. Il faut dire qu’une affiche sur la porte d’entrée informait que les audiences auront lieu par vidéo et que chaque prévenu et sa famille recevront les informations nécessaires par mail. La crise du Covid a amplifié la politique britannique déjà en route de dématérialisation de toutes les institutions. Les bâtiments ainsi libérés de la présence humaine inutile pourront ainsi servir à autre chose, la question est justement à quoi ?

L’entrée centrale de la Wesminster Magistrate Court

Nous avons donc passé seuls 45 minutes dans la vaste salle d’attente devant les machines à cafés vides. Quelques avocats polonais sont néanmoins apparus plus tard pour quelques audiences physiques exceptionnelles. Les familles des Européens de l’est jugés après Julian Assange sont restées absentes. L’aspect « cour fantôme » s’accentua lorsqu’à 10h nous constations qu’il n’y avait toujours aucun mouvement dans la salle d’audience. Entre temps, l’avocat Edward Hamilton Fitzgerald était arrivé accompagné par une jeune femme blonde, peut être sa collaboratrice dont le nom a été publié sur twitter comme nouvelle avocate de Julian Assange. Il faut dire que Gareth Peirce n’était plus là. Edward Hamilton Fitzgerald et la jeune femme ont tenu une brève réunion dans la première consultation room vers 10 heures. Je remarque aussi la présence de Mark Summers. Dans le public, deux femmes journalistes sont arrivées ainsi qu’une curieuse jeune fille portant une casquette noire et un masque noir si grand qu’on ne pourrait jamais reconnaitre son visage. Elle était assise sur un siège à lire un livre intitulé « Skripal files ». Elle entrera dans la galerie du public qu’à 11h30 seulement.

En théorie le masque est obligatoire pour tout le monde, mais seuls les citoyens lambda s’astreignent à l’exercice. Vanessa Baraitser, le greffier, l’employé du tribunal, le procureur et les avocats ne portaient pas de masque pendant l’audience, ni dans les couloirs. Visiblement ici personne ne croit à la nécessité de se protéger du « danger » et les personnes présentes qui se connaissent s’embrassent et se touchent sans gêne aucune. Quel contraste avec nos pays d’Europe continentale pétris depuis 5 mois par une peur panique aussi irrationnelle qu’ancestrale !

Il est déjà plus de 10 heures quand la salle s’ouvre et sans autre forme de cérémonie, en l’absence de tout agent du tribunal, nous nous y installons sans façon alors qu’en hiver le contrôle d’attribution des places était si sévère et l’objet de tant de tensions. Les journalistes s’installent même dans les rangs de droite, normalement réservés aux employés du tribunal aujourd’hui absents. Le greffier est déjà assis à son bureau sous l’estrade et il ne lèvera pas la tête de son ordinateur comme si tout ce qui se passait ici ne le concernait pas. Fitzgerald est assis à côté d’un jeune procureur, l’ancien, Lewis, n’est pas là. Il y a dans la pièce une ambiance de cour de récréation plutôt que celle d’un tribunal statuant sur la vie et la mort, la liberté de personnes. Vanessa Baraitser arrive, égale à elle-même dans ses mêmes ensembles noirs et débite le même discours, non sans avoir averti qu’elle ne tolérera pas de gens debout dans la galerie du public : en effet, pour cause de coronavirus, la moitié des sièges est condamnée, nous ne pouvons être que huit. Comme j’étais entrée la toute première, je suis confortablement assise au milieu du premier rang.

Dans le brouhaha ambiant, je ne comprends pas tout ce qui est dit. Cinq mois et quelques épreuves plus tard, je ne suis plus dans le bain de l’anglais juridique comme j’ai pu l’être en février. De plus la « online conférence » – la conférence téléphonique parallèle, gène la compréhension car chaque fois que quelqu’un se branche ou quitte la « conférence » une voix forte et artificielle retentit dans la salle. Ce qui apparait tout de suite est que Julian Assange ne comparaitra pas contrairement à ce qui avait été annoncé sur twitter. Je comprends que l’avocat Fitzgerald se justifie d’avoir contacté Belmarsh et que la prison lui aurait répondu qu’ils n’étaient pas au courant de la comparution du prisonnier aujourd’hui ! La juge Baraitser répond qu’elle n’en est pas responsable et que la comparution du prévenu n’est pas son rayon. Je me dis qu’on marche sur la tête ! Si maintenant c’est aux avocats d’appeler la prison pour arranger la comparution de l’accusé, sommes-nous encore vraiment dans un vrai tribunal ? Mais oui, Baraitser enjoint à l’avocat de faire lui-même la demande de comparution à la prison !

Elle dialogue avec le jeune procureur qui parait n’être au courant de rien non plus et elle entame son job administratif de préparation du procès final demandant à l’accusation de fournir des argumentaires écrits pour septembre et écoutant les réponses sur ce qui lui a déjà été envoyé par mail par les parties. Une seule fois, à voix haute comme pour s’adresser à nous, Baraitser constate l’absence de Julian Assange. Fitzgerald est comme d’habitude hésitant avec cette attitude de justification permanente qui le caractérise et qui exaspère plus d’un militant. Il finit par dire qu’il voudrait consulter son client et serait très heureux s’il arrivait à établir ce contact. A 10h30, Baraitser finit par en avoir marre du cinéma et déclare « Nous n’avons pas pu voir Monsieur Assange. Faites une demande à la prison et quand vous serez prêt, faites-moi savoir ». Elle sort tranquillement, et pendant que nous nous levons selon l’usage, les journalistes quittent la pièce, alors que Mark Summers remplace Fitzgerald sur le siège des avocats.

Je suis agacée. Que se passe-t-il encore dans ce « Kasperletheater », (théâtre de marionnettes selon la sympathisante allemande ?). Dois-je sortir comme les autres ou rester surveiller ma place? Ou donc sont prises les vraies décisions ? Est-ce les avocats qui dirigent la cour ou la cour qui établit et surveille les procédures ? Qu’est-ce que c’est que ce lieu qui définitivement ne ressemble pas à un tribunal ?

Un autre jeune procureur commence une longue tirade ou il est question de fraude bancaire organisée en Lettonie au début des brillantes années du capitalisme sauvage des années 90. Je comprends qu’on est passé au cas suivant et je reste pour écouter et apprendre. Mark Summers répond au procureur et je comprends toute l’histoire déroulée pendant 1 heure et quart. Un certain M. « Kopiczko » ou « Pavliczko » (je ne comprends jamais les noms est-européens prononcés en Anglais) est poursuivi par la Lettonie pour fraude bancaire. Ayant été agent du KGB il obtient le droit d’asile en Russie et ce pays rejette en 1997 la requête d’extradition de la Lettonie indépendante. Summers plaide sans états d’âme les droits de son client ancien agent du KGB. Malgré son travail pour l’agence russe, l’accusé obtient le droit d’asile en Grande Bretagne en 1999 et la Grande Bretagne refuse son extradition en 2002. La Lettonie rejoint l’Union Européenne en 2004 et exige son extradition en 2007 via un mandat d’arrêt européen. Or, depuis 2007, ce mandat n’a pas été exécuté. Il n’y a pas lieu d’extrader en 2020 un homme dont l’extradition a été déjà refusé par l’Etat britannique en 2002, conclut l’avocat. Je regarde en direction du box des accusés : M. « Bobiczko » ou « Pavliczko » est assis devant le box, c’est un petit homme au costume sombre et à l’aspect passe-partout.

A 11h26, brusquement il se passe quelque chose, une rumeur se lève. Les journalistes reviennent et les militants reprennent leur place. Certains s’asseyent par terre afin que Baraitser ne les voit pas de son estrade. Celle-ci s’est sauvée sans façon à la fin de la plaidoierie, elle revient tranquillement vers 11h35. Il est 11h28 et il n’est plus question de M. « Bobiczko/Pavliczko ». Plus tard, je descends dans le hall consulter la liste des accusés de la salle 3 pour orthographier correctement son nom. Successivement, je note un Roumain, un Polonais, un Lithuanien, un Hongrois, un Slovaque, à nouveau un Polonais. Pas de Letton ni de Russe sur la liste. Bizarre. Un cas non prévu est jugé alors que les accusés prévus ne le sont pas. Que se passe-t-il ici ?

A 11h30, le greffier manipule la commande de la vidéo. On comprend que Julian va comparaitre. Sur l’écran de gauche, je vois apparaitre un box sombre filmé de près avec une porte à gauche et une fenêtre à droite. Un petit écriteau « HMP Belmarsh » est suspendu sous la fenêtre. Curieusement une espèce de barre traverse l’écran, comme si une table ou un guichet se trouvait devant le siège. Les minutes passent. A 11h45 le greffier déclare « Good Morning Belmarsh ». Baraister demande alors que Julian Assange soit appelé. Une femme blonde en uniforme noir apparait dans l’écran dans l’embrasure de la porte du box sans qu’on sache si le costume qu’elle arbore est réellement l’habit des gardiens de cette prison. Une minute s’écoule et on voit un mouvement dans le corridor derrière le box. Puis Julian Assange entre. On ne peut pas le voir en entier, car la caméra le coupe à la taille. Impossible de voir donc s’il marche normalement ou s’il tient à peine debout. Il s’assied immédiatement sur le siège devant la caméra. La barre en travers de l’écran le coupe à la poitrine, on ne voit pas ses jambes. Il porte un pull beige et une chemise blanche avec le coll sorti sur le pull. Il fait plutôt frais ce jour-là, mais porter un pull en plein été ne peut que signifier qu’il est soumis à un air froid d’une clim sévère. Derrière lui, le corridor est sous lumière artificielle. Il a les cheveux courts avec une frange coiffée sur le côté, son visage est glabre, il ne porte pas de lunettes. Certains militants m’ont parlé d’un bandeau blanc sur le front, moi je ne l’ai pas vu, mais il est possible que ma vision à 10 mètres de distance n’était pas assez bonne.

Cependant je distingue bien le visage de Julian Assange. Je le reconnais. C’est bien le même homme qu’en février, son visage a l’aspect qu’il avait le 27 février. Son visage est plutôt rond, moins émacié qu’en janvier. Ses yeux sont un peu cernés de noir, enfoncés dans les orbites et son visage est triste. Cependant, j’ai l’impression qu’il est moins amaigri qu’auparavant. Il pose ses mains sur ses cuisses et ne bouge plus, le regard tourné vers le bas dans une attitude de prostration.

Lorsque Vanessa Baraitser lui demande de décliner son nom, il dit « Julian Assange » et sa date de naissance «3 July 1971 » d’une voix qui semble plus assurée. A moins qu’ils n’aient simplement que poussé les micros à fond : les événements de février nous avaient montré que les organisateurs du spectacle étaient capables de couper les micros dans la galerie du public afin qu’on n’entende rien de ce que lui dise ou crie – le 26 et 27 février il s’était levé en protestant et on l’avait vu se révolter sans pouvoir l’entendre… Tout est étudié pour le laisser sans voix et nous maintenir impuissants face au « spectacle de marionnettes ».

Vanessa Baraitser engage un dialogue avec l’avocat et le procureur au sujet des nouvelles accusations dont parlent les médias. C’est Hamilton Fitzgerald qui pose le sujet, escomptant que les accusations existantes soient annulées aux profit des nouvelles. C’est étrange parce qu’en droit, la procédure déjà engagée doit être menée à terme et une nouvelle accusation doit normalement être l’objet d’une autre procédure. J’essaye de voir les mains de Julian, je m’applique à lui transmettre toutes nos pensées collectives de soutien et d’amitié. Derrière lui, passent et repassent plusieurs fois des silhouettes de femmes habillées de blouses vertes ou bleues. On a clairement l’impression que ce sont des blouses médicales et les femmes du personnel hospitalier. Enfin, Julian Assange lève les yeux et regarde droit devant lui dans la caméra. J’ai la conviction qu’il sait qu’on est là. A la fin, il tousse et lève alors trois fois ses mains vers son visage. L’émotion est là, il a répondu à notre geste.

A 12H03 pile, Vanessa Baraitser dit négocier avec la cour Old Bailey. Julian Assange se penche légèrement sur sa droite. Fitzgerald aborde le sujet d’une expertise psychiatrique. Je suis désappointée. Une expertise psychiatrique n’a pas sa place dans une procédure d’extradition. C’est finalement le procureur qui semble moins agressif : pour lui les nouvelles accusations n’ont pas été déposées, ne sont pas donc pas objet de débat et il n’est pas pressé de s’occuper de l’expertise psychiatrique. Finalement, Vanessa Baraitser pose deux nouvelles dates : le 14 août pour un « final admission hearing » et le 24 août pour le « call over hearing ». Julian Assange devra y comparaitre en vidéo.  La discussion repart sur les semaines de procédures prévues à la Old Bailey. Je comprends que la défense demande des semaines supplémentaires mais je ne saisis pas quelle est la décision finale. A 12h05, c’est fini. Vanessa Baraitser se lève et s’en va. C’est expéditif.

On essaye de rester, on lève le poing quand Julian Assange se lève et se tourne vers la sortie du box. Il parait las et je ressens sa lassitude. Combien de temps allons-nous passer dans ces murs ? Je sors perturbée, malgré ma satisfaction d’avoir encore une fois fait le voyage et fait mon devoir.

De la salle d’attente, je vois les Polonais et les Roumain et leur avocats se diriger vers la salle numéro 1. Dehors les militants sont filmés par des caméras. Edward Fitzgerald fait un rapport rapide de l’audience à quelqu’un au téléphone. J’ai des doutes qu’il soit réellement décisionnaire dans ce procès. J’ai des doutes sur ce qu’est ce bâtiment, ce tribunal. Autour de lui se trouvent des bâtiments étranges : l’immeuble attenant est désaffecté et en construction depuis 2011, en théorie géré par l’entreprise Proximity, mais dans une de ses ailes, 191 Old Marylbone Road, des réfugiés sont logés dans un espèce d’hôtel miteux sous l’appellation pompeuse de « Mina Palace »[2]. L’histoire de l’immeuble nous apprends que dans cet endroit se trouvait jusqu’en 1948 la plus ancienne maternité de Londres ou les femmes pauvres venaient accoucher et parfois hélas, abandonner leur enfants. Les infirmières de l’hôpital étaient directement logées ici[3]. Aujourd’hui des vêtements d’enfants suspendus aux fenêtres et des jouets dans le petit hall attestent d’une présence humaine effective. En face du tribunal, sur l’avenue, un imposant immeuble de briques rouges appartient à la Church Army, une organisation ecclésiastique caritative travaillant pour l’Etat (pas de séparation de l’Eglise et de l’Etat en Angleterre). Il abrite le «Women’s Day Center », un foyer pour femmes SDF[4]. A 300 mètres à l’ouest de la cour, en direction du métro Edgware Road, un immeuble des années 60 loge des réfugiés de l’ONG One Westminster. Le quartier apparait dans son délabrement social évident.

Foyer pour femmes sans domicile Womens Day Center en face de la Westminster Court

De la station de métro Marylbone à celle d’Edgware Road ce quartier, anciennement ouvrier, est soumis à une transformation profonde: des pâtés de maison entiers sont détruits et des trous béants sont entourés de grandes palissades. Des immeubles de bureaux et des résidences en béton et verre sortent de terre. Des investisseurs puissants transforment ce quartier dans une gentrification intense. L’immeuble de la Westminster Court, édifié en 2011 sur l’emplacement de la « Old Marylbone police court » a d’ailleurs le style sans âme de tant de bureaux dans nos métropoles néolibérales. Son usage en tant que tribunal me parait de plus en plus douteux.

Batiments désaffectés jouxtant la Westminster Court au 181 Marylebone Road

Quelques jours plus tard, le mercredi soir à 21h, le 29 juillet, l’entrée souterraine de la cour par laquelle les détenus sont amenés était illuminée, de même que toute la partie « back office » du bâtiment ou se trouvent dans la journée juges et accusés. La lumière était allumée également cette nuit dans une partie du secrétariat dans l’aile ancienne du bâtiment côté ouest, ainsi qu’au dernier étage dans des salles de réunions. A quelle réunion donc ce bâtiment sert-il, à part à mettre en scène le jugement de Julian Assange?

J’explore le lendemain un autre lieu de pouvoir tout proche: l’Imperial College of London Medical School St Marys Campus, Praed Street, en face du Frontline Club et du musée d’Alexandre Fleming fermé pour cause de coronavirus. L’Imperial College of London est le grand centre de recherche de la Couronne Britannique dont la Faculté de Médecine est mondialement connue pour avoir cherché à imposer l’enfermement répressif des populations européennes comme instrument de gestion de la crise sanitaire appelée « covid19 » en Europe continentale.[5] Neil Ferguson, le vice-président de cette institution, est connu pour être l’idéologue du confinement. [6] Son Centre de Prévention des Maladie Infectieuses est aussi connu pour être financé par la Fondation Bill et Melinda Gates et pour servir de centre de conseil à l’OMS[7]. Ce centre avait déjà par ailleurs préparé depuis 2016 la politique qu’il impose avec succès aux Européens aujourd’hui[8].

Imperial College of London, St Marys Medical School, Ecole de Médecin ou M. Neil Ferguson, Vice decan nous a imposé l’idéologie covidienne et la dictature sanitaire en mars 2020

Nous avons probablement assisté sans le savoir au lancement de la campagne de propagande sanitaire visant à terroriser les populations européennes. Pour moi, le point de départ de cette opération psychologique mondiale a été l’étrange conférence à laquelle nous avons assisté au Frontline Club le 13 janvier 2020– ce club de journalistes qui fut le lieu de travail et de vie de Julian Assange en 2010 et 2011 et situé en face de l’Imperial College of London Faculté de Médecine, 13 Norfolk Place. Le titre de la conférence était « La résistance aux antibiotiques – repenser l’urgence sanitaire globale»[9]. Nous y avons assisté par pure curiosité, mais en réalité nous étions au cœur d’un milieu économique et politique qui allait profondément influencer nos vies et nous ne le savions pas. Un panel de 5 idéologues était assis devant un parterre de jeunes chercheurs et de journalistes. Nous entendions un discours alarmiste ou la phrase la plus absurde nous semblait être « vous allez tous mourir d’une maladie inconnue ». Cela nous faisait rire. Il nous semblait absurde qu’on puisse terroriser la planète avec un discours sur la résistance aux antibiotiques sans parler de l’immunité humaine et de l’adaptation de l’humanité à son environnement. Quelque part, nous avions tort de ne pas prendre ces idéologues au sérieux, car deux mois plus tard ce discours culpabilisant et terrifiant est devenu une norme mondiale, la norme dans nos vies. Les idéologues qui ont imposé la politique du « coronavirus » dans nos pays sont-ils ceux qui étaient alors dans la salle ? A l’époque ce que j’entendais me semblait tellement incroyable que je n’aurais jamais imaginé la suite du scénario.

Le Frontline Club, restaurant et Club appartenant à Vaughan Smith et géré par le Frontline Club Charity Trust. ou Julian Assange a été soutenu et détenu en 2010 à fin 2011. C’est ici que nous avons assisté le 13 janvier 2020 à la conférence sur la « Résistance aux antibiotiques » ou les conférenciers de l’Impérial College of London nous ont annoncé l’avènement de l’idéologie covidienne « vous allez tous mourir ».

Je regrette de ne pas avoir été plus lucide et de ne pas avoir pris au sérieux ce que j’entendais, de ne pas avoir perçu la dangerosité immédiate dans ce qui me semblait juste un discours simpliste « à la Soros » mené non pas par des chercheurs sérieux mais des idéologues payés par des fondations et labos privés. Maintenant, si nous voulons revenir à une vie normale, nous devons comprendre qui a imposé ce discours dans nos vies, par quel moyen et pour quelle raison. Et défaire ce pouvoir. Oui, il y va de nos vies, ce n’est pas exagéré de le dire.


[1]             https://www.imperial.ac.uk/people/neil.ferguson

http://www.francesoir.fr/politique-monde/les-mysteres-du-masque-entre-deraison-soumission-panique-et-contagion

https://www.businessinsider.fr/us/neil-ferguson-transformed-uk-covid-response-oxford-challenge-imperial-model-2020-4

[2] https://www.google.fr/maps/place/Proximity+London,+191+Old+Marylebone+Rd,+Marylebone,+London+NW1+5DZ,+Royaume-Uni/@51.5203389,-0.1657446,19z/data=!4m5!3m4!1s0x48761ab6064fd427:0x7a793037a3c957b2!8m2!3d51.520384!4d-0.16553

https://www.google.fr/search?q=191+old+marylebone+road&sxsrf=ALeKk00ktssVWUqKpcrPwQEeVwBZZ2ajZw:1594562971617&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=2ahUKEwjW1fr78cfqAhUux4UKHcCLBIIQ_AUoA3oECAwQBQ&biw=1536&bih=754#imgrc=TbYxHFJc35DwZM

[3]             https://ezitis.myzen.co.uk/queencharlottemarylebone.html

[4]             https://www.maryleboneproject.org.uk/

[5] https://en.wikipedia.org/wiki/Imperial_College_London

https://www.imperial.ac.uk/medicine/about-us/

https://www.imperial.ac.uk/stories/covid-19-first-six-months/

[6] https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200409.OBS27280/10-choses-a-savoir-sur-neil-ferguson-l-epidemiologiste-que-tout-le-monde-ecoute-face-au-covid-19.html

https://www.imperial.ac.uk/people/neil.ferguson

[7] «  It gets tens of millions of dollars in annual funding from the Bill & Melinda Gates Foundation, and works with the UK National Health Service, the US Centres for Disease Prevention and Control (CDC), and is tasked with supplying the World Health Organization with « rapid analysis of urgent infectious disease problems. » – in :

https://www.businessinsider.fr/us/neil-ferguson-transformed-uk-covid-response-oxford-challenge-imperial-model-2020-4

[8] https://www.imperial.nhs.uk/about-us/events/predicting-and-preventing-infectious-diseases

[9]             https://www.frontlineclub.com/superbugs-reframing-a-global-health-emergency/

Fin de partie romantique de l’affaire Julian Assange? 2ème partie

Objections, analyses et actions de Wikijustice – 2ème partie

Monika Karbowska

Incohérence du storytelling photos et vidéos

La photo du couple Morris/Assange publiée par le Daily Mail et reprise dans une version découpée par les comptes Twitter et Facebook actuels de Stella Morris ne lasse pas d’interroger les incohérences du récit journalistique. Le couple est ensemble depuis 2015. Ils sont pris en photo enlacés dans une rue d’une ville. Mais alors, en 2015, Julian Assange n’était-il pas confiné dans une pièce de l’ambassade de l’Equateur, interdit de sortir sous peine d’être emprisonné et extradé vers la Suède ? Pouvait-il arpenter tranquillement avec le sourire les boulevards de Londres avec Stella Morris ? On nous a donc bien menti.

Je n’aime pas pointer du doigt le physique des personnes et ceux qui lisent mes articles ne trouveront pas de critiques irréfléchies de ce type. Mais la composition de la photo publiée par le Daily Mail le 11 avril dernier [1]et reprise par Stella Morris sur son compte twitter et Facebook est tellement étrange qu’elle m’oblige à faire le commentaire suivant : un observateur attentif verra, en regardant le bas de la photo, que les jambes de Julian Assange sont coupées au niveau de ses mollets et celles de Stella Morris au niveau de ses pieds. Ayant vu les deux personnes en chair et en os plusieurs fois et sachant que Stella Morris est de très petite taille (moins d’1 mètre 55) et Julian Assange plutôt haut de taille (1 mètre 90), la différence de taille fait qu’il est impossible que la tête de Madame Morris accolée à Julian Assange lui arrive au menton, tout au plus peut-elle arriver à sa poitrine. C’est logique et cela saute aux yeux de tous ceux qui ont vu en vrai les deux protagonistes de l’histoire. Leur jambes ont été découpées sur la photo pour pouvoir « ajuster » les personnages et réduire leur dimorphisme. J’affirme donc que cette photo est truquée.

En revenant vers le storytelling de la même presse d’il y a quelques années, les incohérences sont encore plus flagrantes. Un article du Guardian du 15 mai 2018[2] décrit avec un luxe de détails la surveillance intrusive que Julian Assange aurait subie dans « l’ambassade » de 2016 à mars 2018. Les agents d’UC Global l’observaient des années durant par les caméras de surveillance d’un PC de sécurité installé dans un immeuble voisin. Ils contrôlaient les passeports de toutes les personnes entrant pour lui rendre visite et transmettaient leurs coordonnées d’abord à Rafaël Correa puis à Lénine Moreno. Dans ces conditions, puisque UC Global aurait vendu les images aux autorités américaines, ces autorités étaient donc parfaitement au courant de la relation d’Assange avec Stella Morris. Nul besoin de voler des couches de bébé, il suffit de regarder ce qui se passe dans l’intimité de l’appartement via les caméras, procédé pornographique obscène s’il en est, mais il semble effectivement que rien n’a été épargné à Julian Assange. L’article précise que le gouvernement de Correa a coupé internet à Julian Assange définitivement en février 2018 et il a été interdit de visite dès mars 2018, enfermée dans le « solitary confinement » que nous commençons tous à expérimenter en Europe depuis ces dernières semaines, et ce pratiquement jusqu’au bout, jusqu’au 11 avril 2019. Or, Madame Morris affirme aujourd’hui que c’est la période à laquelle elle lui rendait visite en permanence, pour concevoir leur deuxième enfant, puis en étant enceinte.

Il est étonnant que Julian Assange n’ait à aucun moment évoqué sa « partenaire » et sa paternité future pendant 5 ans de 2015 à 2020. Depuis 2016, ses avocats ne se sont à aucun moment servis de cette information pourtant capitale pour demander un arrêt des poursuites suédoises ou sa libération en tant que soutien de famille, particulièrement dans les moments dramatiques de mai à octobre 2019 alors que Julian Assange était enfermé à l’isolement suite à sa condamnation pour rupture de libération conditionnelle. Le récit larmoyant de Stella Morris ne nous fournit pas de précisions sur l’état civil des enfants pourtant importantes pour toute action de soutien juridique à Julian Assange. Julian Assange a-t-il reconnu ces enfants à l’état civil britannique ? Portent-ils son nom ? S’appellent-ils Morris, Gonzalez Devant ou Smith Robertson ? John Shipton, considéré comme le père biologique de Julian Assange, est lui-même en contradiction avec les dires de Stella Morris lorsque le 18 avril dernier il évoque encore une fois la « famille française » et fait l’impasse sur les enfants de Morris[3]. Devons-nous comprendre que John Shipton ne se considère pas comme le grand-père des enfants que Stella Morris présente à la presse comme étant ceux de Julian Assange ?

De moi-même, je ne croirai à l’histoire de Madame Morris que si Julian Assange s’exprime librement en public. C’est son droit de s’exprimer lui-même sur sa propre situation. Personne ne devrait parler de sa vie personnelle et intime à sa place.

Les organisations qui protègent Stella Morris

Stella Morris affirme ne pas avoir agi pour sauver son compagnon de peur des attaques du gouvernement américain contre ses enfants. C’est plutôt ridicule si on pense que les enfants nés à Londres sont forcément déclarés à l’Etat civil, d’autant plus s’ils vivent normalement dotés de la nationalité britannique transmise par leur mère. Le gouvernement britannique était donc parfaitement au courant de l’existence de ces enfants et a donc, avec grande probabilité, transmis l’information à ses homologues états-uniens.

La peur de la compagne aimante du prisonnier politique, qui a attendu 6 ans pour agir, est d’autant plus incompréhensible qu’elle est protégée en tant que collaboratrice du célèbre Baltazar Garzon, ancien juge de la Chambre d’Instruction espagnole Audiencia National 5.

Ayant pu constater de visu à la Westminster Magistrate Court les liens que Stella Morris entretient avec les représentants d’autres structures puissantes, j’en conclue qu’elle était logiquement protégée par ces institutions et n’était nullement la mère célibataire fragile et solitaire qu’elle se présente être. Je parle ici de la Courage Foundation ou officiellement « Courage Corp, domestic business entity », sise à New York et dirigée par Nathan Fuller, domicilié à l’adresse 2790 Brodway appart. 4D, New York 10025[4]. Sur son site, la Courage Corp. se présente comme étant la Courage Foundation dont le Conseil d’Administration est rempli de lanceurs d’alerte, de journalistes, d’anciens agents de la CIA, de la NSA, du MI5, tous plus célèbres les uns que les autres. Stella Morris est amie avec Naomi Colvin (ce que j’ai pu voir de mes propres yeux de décembre 2019 à février 2020), qui succède à Sarah Harrison à la tête de la Courage « Foundation » en Europe. Stella Morris est aussi amie avec Renata Avila, membre du CA de Diem 25 et proche du politique gréco-australien actif à Berlin Yanis Varoufakis. Il est facile de le constater en fréquentant les audiences du procès de Julian Assange.

Par ailleurs, ces personnes comme Naomi Colvin, et Renata Avila, travaillent avec le Centre d’Investigation du Journalisme, école privée britannique de formation au journalisme, dont le fondateur Gavin MacFadyen fut un ami et superviseur de Julian Assange. Le CIJ[5] organise des sessions de formation financées par de riches fondations privées américaines (Reva and David Logan Foundation) britanniques (Lorana Sullivan Foundation, Joseph Rowntree Trust) et sud-africaines (Fondation David Potter et Ellen Potter Fondation…[6]). La plus importante de toutes est la Fondation Bertha[7].

La Fondation Bertha a été crée par le milliardaire sud-africain Tony Tabasnik[8] possédant le plus grand laboratoire de médicaments génériques du pays[9]. L’ancien avocat décédé de Julian Assange Michael Ratner était un ami de Tony Tabasnik[10]. Certains événements du Centre For Investigative Journalism sont financés directement par la plus célèbre des fondations, la Open Society Foundation de Georges Soros[11]. La Bertha Foundation est également liée par le partenariat avec la « Hungarian Civil Liberties Union » à Georges Soros[12]. Mais il n’est pas étonnant que ces fondations des plus grands oligarques du monde occidental travaillent ensemble. Le réseau des structures de Georges Soros forme une entreprise mondiale présente sur presque la totalité des pays du globe[13].

Côté allemand, la Fondation Wau Holland est propriétaire de la marque « Projet 04 Wikileaks ». Julian Assange a été salarié de cette structure en tant que chef de projet en 2010-2012 déjà sous la responsabilité du patron actuel Andy Müller Maguhn. Andy Müller Maguhn est aussi membre du Conseil d’Administration de la Courage Foundation[14], cette structure dont le siège est à la New York et qui récolte l’argent que les Européens de bonne foi croient verser pour la défense de Julian Assange. Andy Müller Maghun est aussi membre du Conseil d’Administration du Centre for Investigative Journalism [15].

Le dernier rapport d’activité de la Fondation allemande Wau Holland date de 2016, les rapports de 2017, 2018 et 2019 n’ont pas été publiés alors que légalement ils devraient être accessibles au public. Selon ce document[16], la fondation Wau Holland reverse depuis 2014[17] une partie (non spécifiée) de cet argent pour la prestation « Projet liberté d’expression », autre nom de « Wikileaks » à l’entreprise privée islandaise Sunshine Press Production dirigée par les directeurs adjoints Kristinn Hrafnsson et Inga Ragnar Ingasson, Julian Assange emprisonné ne pouvant évidemment pas assurer la gestion de cette entreprise[18]. Gavin Mc Fadyen, troisième administrateur de l’entreprise étant mort, il ne peut pas, lui non plus, en assurer la gestion. Stella Morris est en relation amicale avec Kristinn Hrafnsson ce que j’ai constaté de visu et semble aller de soi. Pour finir, rajoutons que Stella Morris est amie avec Jennifer Robinson, directrice à la Bertha Foundation, outil d’influence du milliardaire sud-africain Tabasnik[19]. Elle est aussi fondatrice de la branche juridique de la Bertha Foundation, la Bertha Justice Initiative qui est en capacité de donner en 2019 500 000 dollars de subventions[20] à une importante et ancienne organisation de défense des droits des minorités aux Etats-Unis, la « Center for Constitutional Right » – le Centre pour les Droits Constitutionnels.  Ces organisations que dirige ou influence l’amie de Stella Morris et avocate d’Assange ne sont donc pas de petites structures militantes.

Ce sont des agences privées, outil d’influence des intérêts de milliardaires anglo-saxons et d’entreprises de pointe allemandes. En tant que telles ces structures et leurs décideurs sont évidemment connues des agences de renseignements CIA et BND (Bundesnachrichtendienst). Comme l’ont démontré les analyses citées en bas de page, le chef de l’équipe des avocats de Julian Assange, Geoffrey Robertson, est un ami de Tony Blair, de Georges Soros et travaille avec la Banque Mondiale. Il est le mentor de Jennifer Robinson[21]. Alan Dershowitz, avocat américain et ami de Robertson, est connu pour avoir défendu aussi bien la légalisation de la torture que le richissime pédophile et trafiquant d’enfant Jeffrey Epstein[22]. Dougthy Street Chambers, le bureau d’avocats de Robertson a défendu les Etats Unis dans l’affaire Browder-Magnistky, et Mark Summers, avocat de Julian Assange chez Matrix Chambers a aussi déjà plaidé en faveur des intérêts américains[23]. Gareth Peirce, avocate « sollicitor » en première ligne du procès défend depuis 9 mois très mollement son client victime de torture visible par les témoins du public[24]. Quant à Baltazar Garzon, il est accusé de torture par l’opposition basque et catalane en Espagne entre autres faits d’armes en tant que juge[25]. Pendant ce temps les administrateurs de « Wikileaks » actuel ne répugnent pas à confier les intérêts de leur structure à des agences de communication en lien avec les politiques américains qui sont les premiers ennemis de Julian Assange[26].

Insérée dans un réseau aussi dense de relations puissantes dont les intérêts sont très en phase avec ceux du système étatique américain, Stella Morris ne devrait pas craindre d’être enlevée par la CIA. Comment se fait -il qu’elle en ait peur alors que nous, militants pour les droits humains, nous faisons notre devoir de défendre Julian Assange publiquement alors que nous sommes bien moins protégés qu’elle des attaques des services secrets britanniques et américains ?

Mensonges, silences et incohérences

Dans un article du 29 août 2018 du média « Abc news », Jennifer Robinson affirme que Julian Assange se trouverait dans un isolement total 3 rue Hans Crescent, interdit de visites et d’internet[27]. Aujourd’hui, il serait bon qu’elle admette avoir alors menti, puisque Stella Morris affirme avoir préparé, à cette période-là, la venue de son second enfant conçu avec le prisonnier politique dans ce même lieu.

Une fois ces mensonges constatés, comment donc les militants de base que nous sommes pourrions-nous faire confiance à ces deux femmes prétendant être aussi avocates de Julian Assange ? L’image de Julian Assange pleurant sur le balcon de l’appartement, le 19 mai 2017 et brandissant le Ruling de l’ONU, affirmant avec force les violations de droit qu’il subit, nous reste en mémoire. Ayant subi une première coupure d’internet et l’isolement total depuis octobre 2016, Assange est dans une souffrance visible. Aujourd’hui, Stella Morris nous raconte que c’est la période de naissance de leur première enfant… Nous sommes gênées par ces contradictions qui nous forcent à nous poser la question « qui dit vrai, et à quel moment est-ce -vrai » ? Un homme qui est un père heureux et soutenu par sa compagne ne peut pas porter autant de souffrance, ne peut pas envoyer un SOS à des inconnus. C’est aussi ma conviction après avoir vu Julian Assange en « vrai » et avoir constaté de visu les marques de tristesse et du sentiment d’être trahi et abandonné sur son visage lors des audiences du 21 octobre 2019, du 13 janvier 2020, du 24, 25, 26 et 26 février dernier.

Le silence de Stella Morris et son absence lors des événements dramatiques de 2019 m’empêchent de croire totalement à l’histoire qu’elle nous raconte dans le Daily Mail du 11 avril 2020. Le 11 avril 2019, alors que son compagnon, l’homme de sa vie, le père de ses enfants, est enlevé brutalement par les services secrets britanniques et placé en prison avant d’être jugé à la va vite le 1er et le 2 mai, Stella Morris est absente et silencieuse. Elle n’est pas davantage plus loquace pendant les deux mois angoissants qui suivent : le 9 mai 2019 Nils Melzer dit dans son rapport sur la torture avoir rendu visite à Julian Assange et constaté la dégradation de sa santé. Stella Morris se tait. Les quelques visiteurs admis à Belmarsh (Ai Wewei, Pamela Anderson, John Shipton) affirment que Julian Assange a perdu 15 kilos et donc peut mourir à tout moment. La vidéo fuitée en juin, probablement de la prison Wandsworth où Assange séjourne du 11 avril au 2 mai, montre un homme émacié et amaigri. Elle fait le tour d’internet et de nombreux militants se mobilisent en Europe pour organiser des manifestations devant les tribunaux anglais et la prison de Belmarsh, dont les Gilets Jaunes français. Stella Morris, qui affirme aujourd’hui avoir rendu visite à Julian Assange, en juin 2019, dans le cadre des visites familiales normalement accordées dans les prisons britanniques, se tait à l’époque et ne nous informe en rien de la réalité de la santé du prisonnier politique. C’est incompréhensible et irrespectueux pour les milliers de militants qui consacrent leur énergie et leurs moyens à sauver son compagnon et qui angoissent sur son sort.

C’est criminel pour Julian Assange. Un intervention de Stella Morris parlant des enfants aurait permis de mobiliser l’opinion publique et aurait appuyé les 7 (sic !) demandes de libération faites par Wikijustice Julian Assange depuis octobre 2019.

Mais le plus étonnant est que Stella Morris laisse s’installer et perdurer la campagne calomnieuse présentant son compagnon comme un violeur de femmes méritant cet acharnement judiciaire. La campagne de diffamation dure depuis 2010 et a été propagée par les même médias qui aujourd’hui racontent la « story » du père de famille aimé et de son épouse dévouée. Cette campagne agressive et omniprésente avait été précisément ce qui a rendu très difficile aux militants de gauche de convaincre les féministes, les partis communistes et écologistes, les milieux de la gauche radicale de l’innocence et de la bonne foi de Julian Assange. Pourquoi Stella Morris, prétendument avocate spécialisée dans le droit suédois, n’a-t-elle jamais déconstruit le dossier d’accusation rédigé par l’officière de police Irmeli Krans alors qu’il est truffé d’incohérences, d’invraisemblances, de collusion d’intérêts entre plaignantes, officière de police, avocats et procureur/es, toutes et tous membres du même parti politique socialiste et poursuivant les mêmes buts politiques et électoraux ? Pourquoi n’a-t-elle jamais cherché à aider les militants qui travaillaient à démontrer les failles politiques du dossier ?

Pourquoi avons dû nous être seuls avec cette tâche compliquée alors qu’il suffisait qu’elle dise ce qu’elle dit aujourd’hui, un an trop tard : Assange est un homme posé, doux, respectueux, pas du tout le névrosé déséquilibré capable du pire avec les femmes qu’on nous a tant de fois dépeint dans les médias. Ayant lu la déposition de Julian Assange face aux accusations d’Anna Ardin datée du 30 août 2010, j’ai acquis tôt la conviction qu’Assange est plus une victime qu’un délinquant, mais le témoignage d’une compagne prétendument aimante et mère de ses enfants aurait beaucoup aidé à mobiliser les milieux de gauche européens. Je suis obligée donc de souligner que l’absence de Madame Morris sur le front de la lutte ne nous a pas aidé.

L’absence et l’inaction de Stella Morris sur le front de la lutte pour sauver son compagnon atteint son apogée en été 2019. Plus personne ne parle alors de Julian Assange pendant 2 mois. Les médias officiels sont silencieux ou continuent de le calomnier. Les militants de la campagne « Dont Extradite Assange », « Defend Wikileaks » ou « Unity4J » sur Twitter ne livrent pas les informations cruciales sur une importante audience du 31 juillet au cours de laquelle se décide la mise en place de la procédure d’extradition. (Il convient là de souligner combien le choix de Twitter comme outil de campagne pour la libération d’un prisonnier politique européen est étrange. Comment expliquer la complexité d’une procédure judiciaire en 3 phrases sur Twitter alors que des milliers de jeunes militants ne savent même pas qui est Julian Assange, 10 ans s’étant écoulés depuis les exploits de « Wikileaks » ?)

Jennifer Robinson et John Shipton se trouvent alors en Australie. Personne ne rend plus visite à Julian Assange et de plus en plus de voix inquiètes s’élèvent réclamant que le Royaume Unie livre des « preuves de vie » d’un prisonnier politique vu vivant pour la dernière fois mi-juin. Les militants européens guettent avec angoisse les très rares lettres qui parviennent au public : 3 en tout, du 20 juin au 31 août alors que des milliers de personnes de toute l’Europe sont encouragées à écrire et écrivent effectivement à Julian Assange à l’adresse de la prison Belmarsh.

L’affaire du numéro d’écrou

Les sites de défenses officiels de Julian Assange comme Defend Wikileaks, la fondation Courage, Unity4J etc. ont tous appelé pendant l’été 2019 à écrire au prisonnier politique à Belmarsh SANS son numéro d’écrou A9379AY. Or, ayant retrouvé par un hasard de recherche sur l’internet « à l’ancienne » ce numéro pour demander une visite à Belmarsh, Wikijustice a très vite obtenu l’information que ce numéro est nécessaire[28] pour que le courrier parvienne au destinataire. Sans numéro du prisonnier, la lettre ne lui est pas livrée. Cependant, lorsque nous avons publié cette information, des militants « officiels » nous ont dénigré publiquement. Notre premier voyage à Belmarsh, le 21 septembre 2019, a confirmé que nous avions raison : le numéro d’écrou est indispensable si on veut que le courrier parvienne à Julian Assange. Pourquoi les « proches », les réseaux officiels de Wikileaks ont caché cette information, pis, ont désinformé les militants et ce n’est que lorsqu’il n’était plus possible de la cacher, ont enfin rendu public le numéro d’écrou de Julian Assange, en octobre 2019, par la voix de John Shipton ?

Les actions de Wikijustice Julian Assange

Parmi ces lettres, une militante française de Wikijustice reçoit le 17 août la lettre incroyable qui nous fait depuis agir intensément pour sa libération. Trois phrases comme les vers d’un poème écrites d’une écriture qui ressemble aux différentes signatures que nous avons pu trouver sur divers documents signés par Julian Assange et publiés sur internet : « Thanks B for fithing for me, I am in a very Dark place presently. Light up de night until victory ! J.A. ». Au dos de la feuille la même main a tracé le numéro d’écrou de Julian Assange A9379AY surmonté du code SOS en Morse. SOS, un appel au secours.

Wikijustice avait immédiatement contacté par twitter, Facebook et mail John Shipton, Christine Assange, Kristinn Hrafnsson, et par courrier Jennifer Robinson, Gareth Peirce, Mark Summers et Geoffrey Robertson leur demandant de bien vouloir authentifier la lettre via l’analyse de l’écriture. Nous n’avons reçu aucune réponse. Madame Morris s’est tue, elle aussi, tout l’été. Comment croire qu’elle était présente aux côtés de Julian Assange dans ces moments dramatiques alors qu’il envoyait une lettre SOS comme une bouteille lancée à la mer ? Seul un homme désespéré et seul envoie un SOS à des inconnus.

Nous avons alors eu l’intuition que « very dark place » n’était pas une métaphore littéraire comme certaines personnes bien intentionnées voulaient nous faire croire. « Dark place » est le nom des prisons secrètes et illégales situés dans les pays vassaux que les Etats Unis ont utilisées pour emprisonner et torturer leurs opposants après les avoir enlevés illégalement (« extraordinary rendition »). Des personnes ont ainsi été détenues et torturées, de 2001 à 2006, en Pologne, Lithuanie, Maroc, Thailande, Egypte…En Europe, des aéroports britanniques ont servis de points de départ à des « vol secrets » de prisonniers torturés à destination des centres de la mort de la CIA dans les pays cités[29].  Nous avions de bonnes raisons de croire que Julian Assange pouvait être détenu et torturé dans un de ces centres. En Pologne, par exemple, se trouvent plusieurs bases militaires officielles américaines, mais aussi des structures et des centres secrets, ce que nous savons par des militants politiques polonais opposés à la soumission de leur pays aux Etats Unis et réprimés pour leur opinions par la justice et la police. C’est ainsi que nous avons amplifié les questionnements et exigé que la Grande Bretagne donne une preuve de vie de Julian Assange. Nous n’avons été un peu soulagés que lorsque Donald Trump a inexplicablement annulé, à la dernière minute, sa très médiatisée visite à Westerplatte en Pologne prévue pour le 1 septembre 2019, pour les cérémonies de commémoration du début de la Seconde Guerre Mondiale. En effet, une puissante armada américaine se trouvait alors dans le port militaire de Gdansk et il n’était pas interdit d’imaginer que la livraison d’un prisonnier politique puisse être effectuée d’une prison secrète vers un de ces bateaux. Il vaut mieux imaginer le pire et le prévenir que laisser le pire se produire sous prétexte qu’imaginer le pire serait « complotiste » ou stupide.

Nous avons, dès début août, fait des demandes de visite à Julian Assange sur le site « visit a prisonner »[30]. Ces demandes se heurtaient non pas à un refus mais à la réponse sibylline que Julian Assange « is not available ». Est-il donc là ou n’est-il pas là ? Nous avons interpellé la prison Belmarsh par mail, courrier, document de réclamation et nous nous sommes physiquement rendus au « Centre des visiteurs » le 21 septembre et le 10 octobre 2019. Il nous a été répondu que le prisonnier gère une « visitor list » et que nous devons lui demander par mail ou courrier d’être inclus dans cette liste si on souhaitait lui rendre visite. Mais comment savoir si Julian Assange reçoit bien nos courriers, alors que les colis que nous lui avons envoyés ne lui ont manifestement jamais été donnés (preuve de la poste à l’appui, les colis restent à la poste et ne sont pas livrés à la prison…), que les lettres non livrées ne nous sont pas retournées, alors que c’est la Loi et qu’il n’y a aucune preuve qu’il ait reçu nos mails et même l’argent envoyé via le site internet de la prison ? Nos démarches avaient été décrites dans plusieurs de nos articles. Nous avons publié à de multiples reprises la lettre SOS de Julian Assange. Il est curieux que cette lettre n’ait jamais émue Stella Morris. Jamais elle n’a jugé important, utile pour la lutte, de nous expliquer ou se trouve réellement son compagnon, de donner des preuves de sa vie et de sa santé alors que des milliers de militants européens passaient des mois d’été à angoisser et à agir de toutes leurs forces pour que lumière soit faite sur la « dark place » (la place sombre). Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons obtenu aucune explication de la part de Stella Morris si oui ou non Julian Assange reçoit les lettres et les colis que les nombreux militants lui envoient. Il me semble pourtant que ces actions désintéressées méritent le respect et qu’il est en outre bénéfique pour la lutte que les proches d’un prisonnier politique entretiennent des relations suivis avec les militants.

Le 10 octobre 2019, j’ai été agressée par deux gardiens de Belmarsh qui voulaient m’obliger à sortir du centre de visiteur ou je venais poser des questions sur la « visitor list ». Les bénévoles de l’association PACT les en ont empêché. Nous avons écrit d’innombrables plaintes et réclamations à la direction de la prison. Elles ont eu comme issues deux courriers de réponses de M. Harding, directeur de la prison Belmarsh[31] . Ces courriers peuvent être résumés en une phrase suivante « Comme aucun prisonnier n’est maintenu en isolement à Belmarsh, ce n’est pas la prison qui est responsable de son état présentant des symptômes de torture ». En effet, notre intervention au tribunal Westminster Magistrate Court à l’audience du 20 septembre 2019 ou Julian Assange était absent, puis à celle du 11 octobre où il fut présenté en vidéo très mal en point, pâle, hirsute, émacié et hagard, nous ont conduit à réclamer des autorités anglaises l’arrêt immédiat des tortures que Julian Assange visiblement subissait. Nous avons aussi réclamé l’arrêt de ce procès inique et la libération immédiate de Julian Assange pour raison de santé, d’autant plus qu’il n’était plus condamné, mais en détention provisoire pendant la procédure d’extradition.

Pendant ce temps, Stella Morris, mère des enfants et compagne de Julian Assange selon ses dires, étaient absente des audiences et se taisait. Elle n’a pas non plus initié de demande de libération sous caution pour raison de soutien de famille. Un père de famille a non seulement le droit de voir ses enfants, mais aussi l’obligation de les entretenir. C’est justement la première action que posent les avocats des prisonniers polonais en attente d’extradition : demander la libération pour raison de soutien de famille, comme j’ai pu le voir en assistant à plusieurs audiences de ce genre le 11 et le 18 octobre 2019 à la Westminster Magistrate Court. Maitre Goscinski, Maitre Mastalerz et Maitre Matelska, avocats défenseurs des Polonais menacés d’extradition, m’ont expliqué que cette procédure est très simple à effectuer et qu’elle peut être renouvelée tous les 28 jours lors de l’audience de prolongation de la détention provisoire. Un détenu peut lui-même demander sa libération sous caution pour raison familiale en remplissant un court formulaire disponible par exemple dans ce guide distribué dans les prisons[32].

Les juges britanniques accordent cette libération facilement pour peu que le détenu puisse démontrer avoir une adresse stable au Royaume Uni, une famille et une possibilité de revenus. Julian Assange est le gérant d’une entreprise de production de film, Sunshine Press Production qui a bien généré quelques revenus en 2019[33]. Il remplit tout à fait les critères exigés que tant de migrants de l’Est satisfont et sont relâchés par les juges de la Westminster Court, y compris par Vanessa Baraitser, dans la journée qui suit. Bien sûr, le cas de Julian Assange, peut sembler plus compliqué mais est-il si différent juridiquement des autres accusés ? Non. Il ne devrait pas y avoir de prisonnier politique en démocratie. Ou bien nous ne sommes plus en démocratie.

Au moins serait-il intéressant politiquement d’utiliser cette possibilité offerte par le droit pour réclamer sans relâche tous les mois sa libération. Les proches de Julian Assange, ici John Shipton et surtout Stella Morris n’ont pas utilisé cette possibilité alors même que le statut de citoyenne britannique Madame Morris et de mère d’enfants je présume reconnus par Julian Assange lui conférait la faculté d’accorder l’adresse stable en Grande Bretagne qui avait fait défaut à Assange en 2010-2011. De plus, il est tout à fait possible de se marier en étant en prison et le mariage accorderait au citoyen non-britannique qu’est Julian Assange la possibilité d’acquérir des droits au séjour et de stabiliser sa situation sociale. Stella Morris n’a pas utilisé toutes ces possibilités pendant que Wikijustice envoyait, depuis octobre 2019, tous les mois, une requête de libération à la Westminster Magistrate Court.

Les absences de Madame Stella Morris

Stella Morris fut aussi absente de l’audience du 21 octobre 2019 qui fut une première victoire des militants exigeant le droit à comparaitre physiquement à son propre procès, garanti notamment par la CEDH et inclus dans l’Habeas Corpus. Julian Assange y est apparu très affaibli physiquement et psychologiquement[34]. Sur son visage, j’ai lu un sentiment de grande solitude et de grande détresse. Il n’a pas salué ses avocats ni les personnes de son ancien entourage. Impossible de savoir s’il a remarqué l’absence de de Stella Morris, il faut dire qu’aujourd’hui non plus ce n’est pas lui qui parle de sa relation avec elle aux médias, mais elle qui parle de lui à sa place. Lorsqu’il s’est révolté et a pris la parole malgré l’opposition du juge et l’absence de soutien de ses avocats, il a eu de la peine à finir ses phrases et a évoqué « le vol de l’ADN de ses enfants » et « l’intrusion des psychologues dans son intérieur ». A l’époque nous avions pensé que « le DNA children » pouvait évoquer ses procédés informatique car « parents enfants » sont des métaphores utilisés pour les serveurs et les logiciels. Stella Morris n’a montré aucune émotion quant à ces paroles terribles qui ont été répercutés par la presse et les militants. Elle n’a pas pensé qu’il aurait été utile et important de les expliciter. De toute manière, elle sera absente des audiences du 18 novembre et du 13 décembre au cours desquelles l’état de Julian Assange se dégrade brutalement. Julian Assange n’est plus capable, dès lors, de prononcer son nom et n’est pas en état de suivre les débats de la cour. Wikijustice analyse sa souffrance comme consécutive à la torture. Nous réclamons sa libération immédiate, l’accès aux soins ailleurs qu’en Grande Bretagne ou dans un autre pays inféodé aux Etats Unis et l’arrêt de la procédure d’extradition. Des militants suisses se mobilisent alors pour enclencher la procédure d’accès à un visa humanitaire pour Julian Assange. Le président du Mexique appelle à sa libération immédiate.

Stella Morris a-t-elle vu la dégradation de la santé de son compagnon ? Si elle n’a pu lui rendre visite, elle aurait pu au moins assister aux audiences. Elle apparait à la cour le 19 et le 20 décembre, dans le public, comme accompagnatrice du jeune MC McGrath. Le 20 décembre, alors que Julian Assange doit comparaitre physiquement à la Westminster Court comme témoin ou victime et non comme accusé dans le cadre de la procédure de Mandat d’Enquête Européen (EIO), elle prépare cette comparution dans une « consultation room » en compagnie de MC McGrath et de Fidel Narvaez. Finalement l’audience a lieu à huis clos et les militants sont empêchés d’y assister. Nous, militants de Wikijustice, nous ne pouvions qu’entre-apercevoir Julian Assange entouré d’agents de sécurité dans la salle N°4. Pendant les heures d’attente que nous avons passées à la cour, nous avons tenté de demander à Madame Morris, présente dans les escaliers et les couloirs du tribunal, si elle avait plus d’informations sur cette étrange procédure. Elle nous a ignorés d’un revers de main désinvolte et froid. Drôle de façon de lutter pour la libération de son compagnon que le mépris affiché à l’égard de personnes qui se dépensent sans compter pour que l’injustice recule. Nous ne sommes pas de simples porteurs de pancartes. La lutte pour la justice requiert toutes nos ressources et notre intelligence. Il serait bon qu’elles fussent respectées par celle qui clame aujourd’hui être la plus proche de Julian Assange.

Le 13 janvier 2020, la cour permet à Julian Assange de comparaitre une deuxième fois physiquement. C’est un moment important qui nous permet de communiquer avec lui par gestes à défaut des paroles, puisque nos courriers ne lui parviennent plus et nous en avons la preuve par le suivi postal. Madame Morris est présente dans la salle d’audience accompagnée des étranges « avocats » qui ne plaident pas – MC McGrath et Jennifer Robinson. Elle ne salue pas Julian Assange, ne lui fait aucun signe, même quand il tente de prendre la parole, ne l’encourage même pas en geste et reste en général dans une attitude froide et impersonnelle. Le témoignage de la journaliste Véronique Pidancet Barrière, présente en face de Julian Assange parmi les journalistes, rend bien compte de l’atmosphère de cette cour et de l’attitude des avocats et du public[35]. Julian Assange y apparait plus que jamais comme un homme seul et sans espoir, un homme qui se débat dans une souffrance intérieure intense et qui cherche par le regard un contact avec une personne amie. Il s’anime et reprend espoir grâce à cette communication visuelle avec Véronique Pidancet Barrière, seule à le regarder parmi tous les journalistes assis à l’intérieur de la salle d’audience.

Impossible de croire en observant sa souffrance, ce que j’ai pu faire étant aussi présente dans le public[36], qu’il serait un homme comblé et soutenu par la présence de deux fils qui grandissent entourés de l’amour d’une mère et d’une compagne aimé et aimante. Il est alors dit qu’il n’est plus placé en isolement, isolement d’ailleurs illégal. Les visites familiales sont un droit de base et elles devraient alors lui avoir été accordées selon le règlement des prisons britanniques[37].

Par ailleurs, Stella Morris n’était pas présente parmi les militants qui, le 13 janvier 2020 ont bloqué le fourgon transportant Julian Assange du tribunal après l’audience. Or, ce rare moment toléré par la police britannique était capital pour montrer la solidarité du peuple avec Julian Assange. Les militants ont pu lui montrer à travers la vitre des mots écrits sur des pancartes, lui faire des signes de soutien avec les mains posées sur la vitre du hublot, crier des slogans et des mots d’encouragement en ce moment rare ou il peut les entendre avec certitude. Les photos de Julian Assange prises alors par les photographes montrent un homme dont les yeux reprennent vie. C’est par ce « french activism » (« activisme à la mode française » selon le qualificatif d’un des agents des sécurité admiratif de la combativité des Gilets Jaunes) que nous avons su insuffler la vie et espoir à un homme qui se voyait mourir solitaire dans un « un lieu sombre ».

Stella Morris lors du procès de février dernier

Le 23 janvier et 19 février alors que Julian Assange comparait en vidéo immobile, prostré et comme absent (peut être drogué à des médicaments), Stella Morris participe au procès dans la salle d’audience, au dernier rang de la salle, à côté de MC McGrath qui est alors qualifié de « scholar », étudiant ou stagiaire par le secrétaire du tribunal. MC McGrath, informaticien et hacker, n’a en réalité aucun droit à se trouver à cette place puisqu’il n’est pas juriste. Stella Morris ne semble pas plus submergée par l’émotion à la vue de Julien Assange qu’elle ne l’a été auparavant le 19 décembre dans le public. Aucun signe de connivence, aucun sourire…

Sa discrétion professionnelle se poursuit pendant les longues et éprouvante heures du « full extradition hearing » « procès final d’extradition » du 24, 25, 26 et 27 février 2020, dans la salle 2 à l’intérieur de la Woolwich Crown Court attenante aux prisons Thameside et Belmarsh. Je retrouve dans ma mémoire et consigné dans mes écrits[38] l’emplacement où elle se trouvait et son comportement au cours du procès. Assise juste devant Julian Assange au dernier rang de la salle d’audience (le box des accusés se trouve ici au fond de la salle alors qu’il est gauche de la salle au tribunal Westminter), Stella Morris accompagnait Baltazar Garzon et MC McGrath les deux premiers jours du procès. Le troisième jours elle est assise à la même place à droite de l’avocat hispanophone Aitor Martinez. Le quatrième jour c’est Jennifer Robinson qui réapparait et l’accompagne.

Stella Morris ne se tourne pas vers Julian Assange lorsqu’il entre dans le box et alors que l’émotion dans la galerie du public est à son comble. Elle ne prend pas la peine de se lever et de lui serrer la main dans les pauses, comme Baltazar Garzon le fait deux fois. Elle se contente de prendre les petits papiers qu’il lui transmet et les fait passer au premier rang vers Gareth Peirce et Edward Hamilton Fitzgerald. J’ai observé son visage comme j’observe tout le monde dans l’assistance pour bien saisir qui est qui et qui fait quoi dans ce spectacle. Je l’ai trouvé impassible comme celui des autres protagonistes du jeu et comme il l’avait été lors des rencontres précédentes.

Le mercredi 26 février, au troisième jour du procès, l’état de santé de Julian Assange empire. Il est pâle et prostré le matin, livide et au bord du malaise en début d’après-midi. J’ai pu décrire les événements à chaud et publier l’information le soir même [39]. En fin d’après-midi, le prisonnier se révolte brusquement. Il se lève et parle, gesticule et exige trois fois de la juge qu’elle l’écoute. Alors que les avocats s’affolent, sortent pour se concerter avec l’autorisation de la juge, l’agent de sécurité qui surveille le public se sauve nous permettant de laisser libre court à nos émotions et notre stupeur… Stella Morris assise juste devant l’homme de sa vie ne l’encourage pas dans sa révolte ni même ne le réconforte alors qu’elle se trouve à 1 mètre de lui.

Certes, son effacement est tel que je ne peux être certaine aujourd’hui que j’ai observé tous ses gestes, mon attention était alors absorbée par Julian Assange. Mais il est évident qu’elle n’a joué aucun rôle dans la décision prise par les avocats d’accepter la proposition de demande de libération sous caution que Vanessa Baraitser leur fait pour éviter que le prisonnier ne s’effondre en direct devant les témoins la plaçant ainsi dans une position très inconfortable. Nous publions la nouvelle le soir même en envoyant encore une autre demande de libération de la part de Wikijustice. Nous sommes très déçus lorsque Fitzgerald ne fait aucune allusion à la libération sous caution de son client le lendemain, le 27 février 2020, dernier jour du procès.

Lorsque Julian Assange sort de sa torpeur et que l’ambiance d’hypnose collective s’estompe, à la fin de l’audience, Stella Morris est une des premières à venir vers lui, enfin, mais elle n’est qu’une parmi d’autres. Elle n’est pas celle à qui Julian Assange parle en premier ni celle à qui il lance un salut ultime avant de quitter la pièce.

Car le point commun de toutes ces communications, celle du Daily Mail du Samedi de Pâques, comme celles diffusées depuis, est que Julian Assange NE PARLE PAS publiquement. Ce n’est pas lui qui présente sa fiancée ou sa famille. C’est encore une fois un/e autre qui parle à sa place, comme s’il était trop malade pour parler ou sous curatelle et incapable de présenter ses intérêts et dialoguer avec son public. Hélas, dans l’ambiance exacerbée d’histoires de toutes sortes racontées à tord et à travers, je ne croirai à cette histoire-ci que si Julian Assange, libre de toute pression, la présente lui-même. De préférence live et non pas en vidéo aisément trucable.

Julian Assange et les droits des enfants

Je vois déjà venir ceux qui me reprocheront mon incrédulité fasse à ces voltes-faces incessantes des « proches » de Julian Assange. Pourquoi serait-ce si inconfortable d’accepter l’idée de Julian Assange père de deux enfants ? En fait, je n’ai pas de problème avec cette hypothèse.

Je sais que Julian Assange a toujours été ému par le sort des enfants et a dénoncé le crimes et les abus dont de trop nombreux enfants sont victimes. Présentant le film « Collateral Murder » et les documents relatifs aux crimes des Etats Unis en Irak et Afghanistan pour lesquelles il est accusé, il a toujours souligné, dans ses conférences d’avril à octobre 2010, le sort révoltant fait aux enfants.

C’est bien lui qui a fait publier les 1100 pages des documents de la police belge sur les violences commises sur les enfants par les réseaux mafieux pédo-criminels dans le cadre de l’enquête sur Marc Dutroux[40]. Sachant que les versions papier des procès-verbaux d’auditions des victimes et des témoins du trafic d’êtres humains de l’Europe de l’Est vers les pays occidentaux, de 1996 à 2001, ont étrangement brûlé dans les archives de la police belge, il n’y a donc qu’une seule version qui subsiste : celle que Julian Assange a sauvegardé sur « Wikileaks » et mis à la disposition de notre connaissance afin que les citoyens s’en saisissent pour finir le travail de la trop lente ou trop corrompue justice.

Pour finir, il faut mentionner aussi le rôle de la publication des mails de John Podesta pour laquelle Julian Assange a récolté une critique acerbe jusque dans son propre camp en 2016 : ces mails ont été le début d’une enquête citoyenne qui a permis de faire tomber Jeffrey Epstein, le criminels pourvoyeur d’enfants à vendre pour la jet set états-unienne et britannique[41] . Julian Assange et certains de ses proches qui l’ont aidé dans l’isolement du 3 Hans Crescent a toujours défendu les enfants.

A défaut de croire en l’histoire d’une vie de famille clandestine mais chaleureuse, je regarde les photos que Stella Morris a fournies aux médias de Julian Assange portant des bébés dans ses bras comme une métaphore de son véritable engagement pour les droits et la liberté des plus petits d’entre nous.

Nous ne lâcherons pas ce combat pour le faire libérer et libérer tous ceux qui souffrent et qui luttent. Nous ne nous laisserons pas enfermer ni dans la maladie ni dans la panique. Les droits humains sont universels et la lutte collective nous mènera à la victoire. Nous ne nous laisserons pas hypnotiser par la peur et la répression. Si nous tombons, d’autres sortiront à notre place. Nous sommes nombreux et nos pensées sont plus que jamais unies dans nos actions pour la liberté et la justice. Julian Assange n’est pas seul et nous sommes toujours à ses côtés.


[1]             https://www.dailymail.co.uk/news/article-8210957/WikiLeaks-boss-Julian-Assange-fathered-two-children-inside-Ecuadorian-embassy-lawyer.html

[2]             https://www.theguardian.com/world/2018/may/15/julian-assange-ecuador-london-embassy-how-he-became-unwelcome-guest

[3] https://www.youtube.com/watch?v=K9NZCdfO8P4&fbclid=IwAR0MmFlvwHhlOgOw2q_bj_8wKcmUh0zZqabIyvKX3zW5d12BYSI45e9yuz0; minute  38 :23

John Shipton dit aussi que Wikileaks a été crée en France, a publié en France et mené des actions judiciaires en France. Il n’y a aucune trace d’une association Wikileaks dans les registres de la Préfecture de Paris.

[4]             Voir le site de NYS Department of State, Division of Corporation, Entity Information. La Courage Corp a été crée le 30 Mai 2017, numéro DOS 5145362

https://www.dos.ny.gov/corps/bus_entity_search.html

[5]https://www.facebook.com/CIJournalism

[6]http://apps.charitycommission.gov.uk/Showcharity/RegisterOfCharities/CharityWithPartB.aspx?RegisteredCharityNumber=1118602&SubsidiaryNumber=0

[7]             https://berthafoundation.org/

[8]             https://keywiki.org/Tony_Tabatznik

[9]             https://www.caglobalint.com/recruitmentafrica/blog/2019/08/05/south-african-billionaires-on-the-uk-rich-list-2019/

[10]            https://berthafoundation.org/michael-ratner-we-stand-on-your-shoulders/

[11]            https://www.facebook.com/media/set/?set=a.3144581135608584&type=3

[12]            https://berthafoundation.org/bertha-justice-network-welcomes-new-partners/

[13]            https://www.opensocietyfoundations.org/who-we-are

[14]            https://www.couragefound.org/advisory-board#andy           ²

[15]            Voir le rapport d’activité Centre for Investigative Journalism Limited, Company no. 05471322

Charity no. 1118602, Report of the Trustees and Financial Statements 30 November 2018

[16]http://www.wauland.de/media/2016-12-31_jahresbericht.pdf

[17]« 5 Projekt 04 – Informationsfreiheit Im Projektbereich 04 wurden die Aktivitäten umstrukturiert, so dass eine Abstimmung mit und eine Kontrolle der Aktivitäten durch den Vorstand einfacher wurden. Mit der Medienfirma Sunshine Press Productions EHF (SPP, Island) wurde ein Rahmenvertrag für journalistische Dienstleistungen geschlossen. Seitdem werden konkrete Projekte beauftragt und nach Arbeitsfortschritt abgerechnet. Die Dienstleistungen umfassen: Projektkoordination, technische Aufbereitung der Materialien zum Schutz von Whistleblowern und Dritten (Entfernen der Metainformationen), Review und Kontextualisierung der Materialien, Aufbereitung für die Veröffentlichung im Internet sowie Kommunikation mit Medienpartnern. 2014 wurde auch der Internetauftritt von wikileaks.org grundlegend überarbeitet mit neuer Submission-Platform und verbesserter Dokumentensuche » – extrait du rapport d’activité de la Wau Holland en 2014

http://www.wauland.de/media/2014_Jahresbericht.pdf

[18]            Certificat d’enregistrement de Sunshine Press Production : « – Register of Enterprises – Laugavegi 166, 150 Reyk javík , Iceland – Tel: +354 442-1250, Fax: +354 442-1279 Certificate of Registration

               Sunshine Press Productions ehf c/o Ingi Ragnar Ingason Postal Address: Klapparhlíð 30 270 Mosfellsbær

               ID-nr: 611010-0280 Domicile: Klapparhlíð 30 270 Mosfellsbær

               Issued: 15.1.2020 Date of Articles of Association: 8.10.2010

               Company’s Board of Directors according to a meeting on: 8.10.2010: 030771-3039 Julian Paul Assange, Ástralía, Chairman 250662-5219 Kristinn Hrafnsson, Miklubraut 68, 105 Reykjav ík, Director 250571-2919 Ingi Ragnar Ingason, Klapparhlíð 18, 270 Mosfellsbær, Director 010140-2269 Gavin Hall Macfadyen, Bretland, Reserve Director »

[19]            https://www.opendemocracy.net/en/author/jennifer-robinson/

[20]https://ccrjustice.org/sites/default/files/attach/2020/01/Audit-Report-06-30-2019.pdf

[21] https://blogs.mediapart.fr/edition/liberez-assange-ethiques-et-medias/article/220819/les-avocats-fantomes-de-julian-assange

[22]https://blogs.mediapart.fr/edition/liberez-assange-ethiques-et-medias/article/201019/lhomme-julian-assange-trahi-par-ses-avocats-0

https://blogs.mediapart.fr/edition/liberez-assange-ethiques-et-medias/article/121219/assange-regression-feodale-au-royaume-uni

[23]https://blogs.mediapart.fr/edition/liberez-assange-ethiques-et-medias/article/201119/avocats-d-assange-le-scandale-des-conflits-d-interets-se-repand-j

[24]https://blogs.mediapart.fr/edition/liberez-assange-ethiques-et-medias/article/261219/assange-torture-gareth-peirce-detourne-le-regard

[25] https://blogs.mediapart.fr/edition/liberez-assange-ethiques-et-medias/article/140220/le-juge-dechu-et-tortionnaire-garzon-escorte-assange

[26] https://blogs.mediapart.fr/edition/liberez-assange-ethiques-et-medias/article/090819/sans-assange-wikileaks-reste-t-il-digne-de-confiance

https://blogs.mediapart.fr/edition/liberez-assange-ethiques-et-medias/article/201119/assange-amnesty-international-moves-international-guilty

[27]            https://abcnews.go.com/Politics/isolation-intensifies-wikileaks-julian-assange-faces-threat-eviction/story?id=57475632

[28]            https://blogs.mediapart.fr/edition/liberez-assange-ethiques-et-medias/article/090919/la-fibre-federatrice-de-julian-assange

[29]            https://www.facebook.com/notes/wikijustice-julian-assange/les-extraditions-extraordinaires-et-illégales-de-la-cia/358323091470678

https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13642987.2015.1044772

https://www.therenditionproject.org.uk/flights/index.html

https://www.hsdl.org/?abstract&did=760248

https://blogs.mediapart.fr/edition/liberez-assange-ethiques-et-medias/article/121219/assange-regression-feodale-au-royaume-uni

[30] https://www.justice.gov.uk/contacts/prison-finder/belmarsh/visiting-information

[31] https://www.facebook.com/photo/?fbid=3156585994408098&set=a.3156589991074365

https://www.facebook.com/photo/?fbid=3156586414408056&set=a.3156589991074365

https://www.facebook.com/photo/?fbid=3156608564405841&set=a.3156589991074365

[32]            http://www.prisonreformtrust.org.uk/Portals/0/Documents/pibs/10003E57Polish_pib_08_male.pdf

[33]            Rapport du Conseil d’Administration de Sunshine Press Production du 29 août 2919 – administration fiscale de l’Islande : Ríkisskattstjóri Reykjavík, Internal Revenue, Main Office Reykjavík

               « Upplýsingar með ársreikningi Kennitala: Nafn: 611010-0280 Sunshine Press Productions ehf Reikningsár: Reikningstegund: Dagsetning aðalfundar: Ársverk 2018 Ársreikningur 29.8.2019 0,50 Stjórnarmenn Kennitala Nafn 030771-3039 Julian Paul Assange 250571-2919 Ingi Ragnar Ingason 250662-5219 Kristinn Hrafnsson

               Endurskoðendur/skoðunarmenn Kennitala Nafn 0604593049 Theodór Siemsen Sigurbergsson 4301901999 Grant Thornton endurskoðun ehf. Tíu stærstu hluthafar Kennitala Nafn Hlutur % Hlutafé 030771-3039 Julian Paul Assange 94 470.000 250662-5219 Kristinn Hrafnsson 2 10.000 250571-2919 Ingi Ragnar Ingason 2 10.000 010140-2269 Gav in Hall Macfadyen 2 10.000 » ,

[34]            http://www.defenddemocracy.press/comment-traverser-les-murs-de-la-dark-place-a-une-rencontre-incroyable/

[35]            https://www.facebook.com/notes/wikijustice-julian-assange/audience-du-13012020-face-à-face-avec-julian-assange/490463704923282

[36]            http://amitie-entre-les-peuples.org/Remonter-de-la-Dark-Place-a-la-lumiere-Julian-Assange-face-au-systeme-politique

[37]            https://www.justice.gov.uk/contacts/prison-finder/belmarsh/visiting-information

[38] https://www.facebook.com/notes/wikijustice-julian-assange/procès-de-wikileaks-ou-procès-de-julian-assange-/505746903394962

http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=28226

[39]https://lepcf.fr/Revolte-a-la-Woolwich-Court

[40]            https://file.wikileaks.org/file/dutroux-dossier-summary-2005.pdf

[41]            Regarder dans la base de données de Wikileaks avec le mot clé « Jeffrey Epstein » – par exemple :

https://wikileaks.org/dnc-emails/emailid/27438

https://wikileaks.org/dnc-emails/emailid/27842

https://wikileaks.org/dnc-emails/emailid/2077

https://wikileaks.org/dnc-emails/emailid/29315

https://wikileaks.org/gifiles/docs/20/2053540_-os-uk-econ-uk-s-prince-andrew-to-quit-as-trade-envoy-.html

https://wikileaks.org/podesta-emails/emailid/1929

               Sur l’affaire Epstein : https://www.marianne.net/monde/affaire-epstein-une-enigme-nommee-bill-clinton

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_affaire-epstein-d-autres-personnalites-impliquees?id=10301044

https://www.lesoir.be/241887/article/2019-08-13/trump-clinton-et-le-prince-andrew-jeffrey-epstein-avait-de-nombreux-liens-avec

Romantic end to the Julian Assange case? Objections, analyses and actions of Wikijustice – Part 1

Julian Assange by the Logan Foundation – USA, the 18-20 April 2010

Monika Karbowska

(autotranslation with Deepl)

Julian Assange under the control of the cameras

When we began, with Wikijustice Julian Assange, to analyze, 9 months ago, the whole history of « Wikileaks » and Julian Assange, we were struck by the suspicious deaths that mark the history of the whole struggle for the liberation of this political prisoner in the West: Seth Rich, John Johns, Michael Ratner, Adrian Lamo, Arjen Kamphuis… So many sudden deaths of people who were involved in Julian Assange’s revelations of state secrets or who sincerely wanted to help him! There are also people who have asked us if we are not in danger by taking too close an interest in the case. Naturally, the fight against the system is a risk. I know this better than anyone who lost my country, my best friends, in opposition to capitalism in Poland as early as 1991, when I was threatened by the bloodthirsty Ukrainian extreme right when I supported the families of the victims of the Odessa massacre on 2 May 2014. But we said to each other then: we are not isolated, we are part of the powerful Yellow Vests social movement. To silence us we would have to silence an entire country that stands up against the local, European and global oligarchy.

Yellow jackets on the way to the Revolution in Great Britain

Looking at the violence of the crisis we are going through in continental Europe and particularly in France, we could say to ourselves, three months before the end of the first phase of the trial at the Woolwich Court at the end of February, that we are not far from this scenario? Prohibition to leave one’s home under penalty of a police fine and prosecution, a halt to the economy and social ties, closure of all places of sociability, collective fear of dying from an unknown disease for which nothing has been prepared by the rulers…

The need for resourcefulness and self-management where people are still being treated, in hospitals and certain local health systems, to save the communes, departments and regions in general from a failing state capable only of repression… I’ll spare you the litany, you’ve been living it like me since mid-March.

Even the language used for us is the same as the torture Julian Assange endured. His « solitary confinement » in an apartment corresponds to our collective « confinement » in our homes…

Julian Assange’s latest trial hearings without activists’ scrutiny

In this debacle in my country, it has been impossible for us to attend the four trials of Julian Assange since the end of February, on 25 March, 7 April, 27 April and 4 May. It is certainly possible to travel from France to Great Britain because Eurostar puts tickets on sale every day and also to book a Paris-London on the liligo.fr website, but it was getting out of one’s house that had become difficult in France.

The information I have been able to obtain has been provided to me by the detailed accounts of the hearings written by the only journalist I consider to be doing substantive work, Marty Silk of the Australian Associated Press (who is to be commended for his work, by the way). Having been able to watch him work and watch him take notes a number of times, I know that he at least describes the proceedings fairly accurately. For example, I learned from the two hearings on March 25 and April 7 that an application for bail was finally filed by lawyers Fitzgerald and Summers, after so many months of prevarication, and that it was denied by Justice Baraitser on March 25. The bulk of the hearings on 25 March and 7 April, however, consisted not in arguments about the release, but in endless debates about the revelation of the identity of a new « companion » of Julian Assange and his two children. According to Marty Silk, it was rather the lawyers who constantly brought up the subject in a dramaturgy worthy of Paris Match, Gala or Voici when the judge and the prosecution were observing an obvious neutrality. Obvious because in a legal procedure only the identity of the litigant is known to the public attending the trial. The name of the husband/wife is known to the judicial institution since it concerns the civil status of the litigant and his family obligations which are part of his social situation, but it does not have to be delivered to the public. And a fortiori, the judge will never publicly disclose the names of the children of the litigant because this information is logically protected by the laws on the protection of children, personal privacy and data protection.

The colourful account of the « paparazzi who might sue the poor woman if her name were to be revealed to the public » and the fear of « kidnapping by the American secret service » left me, as is often the case, incredulous about the bizarre elements of this case. As already in 2019, I repeated to the activists that « if this woman lives in Great Britain, the British secret services know her perfectly and if they know her, the American secret services know her too ». It is unlikely that the CIA would take the risk of murdering or abducting a British woman and children on British soil. Despite all the disgust that this institution may inspire in us, it has never yet committed this kind of crime on the soil of its closest ally vis-à-vis British nationals because to do so would be diplomatically very risky for the US government. In any case, I had rather left to find Julian Assange’s girlfriend in France. Following the numerous public statements made by Juan Branco and Eric Dupont Moretti at the press conference of February 20, 2020 in Paris,[1] according to which Julian Assange was the father of a French child, activists regularly asked us this question: « Do you know who Julian Assange’s French wife is? ». No, I did not know, but I kept an option on this probability, knowing that it was credible that a computer activist like Julian Assange could have met a companion in France in the years 2005 to 2009 and that it would have been useful for us, activists, to have his open support in our struggle for Julian Assange’s political asylum in France.

Stella Morris at the Daily Mail.

After years of trying at all costs to protect her identity and succeeding in spite of the « paparazzi », Stella Morris alias Sara Gonzales Devant or Stella Smith Robertson[2] is now putting herself and her children on stage with her face uncovered in front of the journalists of the tabloid « Daily Mail »[3] – I discovered the article on the evening of April 11th. The newspaper publishes a few photos, a fictionalized text and a video of Stella Morris with a cat and two children in a decor that resembles that of a computer workshop (equipment in boxes on shelves…) in which children’s toys have been placed.

This news prompts me to write here some reflections on the nature of the activism that I have carried out in recent months, for which I have taken many risks and experienced moments of great violence, as I have described in all my articles, on the trial of Julian Assange. Indeed, I have attended all of the hearings in Julian Assange’s trial since September 2019: September 20, October 11, October 21, 2019, November 18, December 13, December 19 and 20, 2019, January 13, 2020, January 23, 2020, February 19, 2020, February 24, 24, 26 and 27, 2020. After having put in so much effort, I feel justified in making a few remarks.

Similarly, it is unfortunate that no journalist questions and encourages the public to reflect on the credibility of a person who may have changed his or her first and last name three times in his or her life and who claims to be doing a job when there is no proof that he or she is capable of doing so. In western legal systems, it is very difficult to change one’s name and even more difficult to change one’s first name except in the case of marriage or naturalization. A special procedure requiring valid arguments is then necessary. If Sara Gonzales Devant, a specialist in the history of East Timor, is the same person as Stella Morris, legal advisor, then it is necessary to mention that « Stella Morris » is a pseudonym and to be accurate in the story so as not to mislead the public and activists.

It is unfortunate that the media portray Stella Morris or Sara Gonzales Devant or Stella Smith Robertson as a « barrister » when she is not a member of the British Bar, the Bar Council or the[4] Law Society[5] under any of her three names. She is not the only one: Jennifer Robinson and Geoffrey Robertson are also not registered with the British Bar, but the words are important, to say legal adviser or legal assistant would be more accurate. Of Julian Assange’s many « lawyers », only Jean Gareth Peirce and Alaistar James Lloyd Lyon are registered with the Law Society and Edward Hamilton Fitzgerald and Mark John Summers with the Bar Council.

Moreover, while Stella Morris portrays Julian Assange as both her client and her companion, reporters could also have concluded that Stella Morris does not respect the code of ethics of her profession when she is in the courtroom sharing her intimate life with the accused. If she is indeed the accused’s companion, her presence is a procedural defect that should have caused the hearings to be cancelled. To « defend » as a lawyer is to defend according to rules and a code of ethics that in most countries prohibit a lawyer from having close personal ties with his or her client. Moreover, the second procedural flaw is that if Julian Assange is indeed Stella Morris’s partner, she cannot remain her lawyer, since if she respected the rules she would not be able to plead and therefore represent him properly. Julian Assange would again find himself powerless because of a personal and legal imbroglio which could only once again be detrimental to him.

At all the hearings from 19 December 2019 to 27 February 2010 we noted the incongruous presence of very young people who obviously do not have a law degree and are not, of course, registered with the Bar Council or the Law Society. On 19 December, 13 and 23 January and 19 February 2020, it was the young hacker MC McGrath[6] who played the role of apprentice lawyer sitting on the defence bench at the Westminter Magistrate’s Court. On February 24, 25, 26 and 27, 2020, he was present next to Stella Morris and a bunch of teenage girls who were visibly bored during the long hours of the « trial of the century » and were playing on their laptops or pink computers. I know you have to see it to believe it, and as I have seen, having attended all these hearings, I encourage those who do not believe me to line up from 5 a.m. next time to see what is a strange sight far removed from what is expected of a serious political trial. From the audience gallery, I sometimes felt as if I was watching the dress rehearsal for a film shoot or a play with young extras, or an « in situ » exercise for young actors-in-training.

Stella Morris as Sara Gonzalez

Sara Gonzalez Devant is apparently a graduate in political science (Department of International Development[7]) at Oxford University, specializing in the issue of refugees in East Timor[8]. She would have stayed in East Timor in 2005-2006 and would have written a dissertation for this faculty: this document is quoted in two academic books on the subject[9]. One of these academic books, edited by Jacqueline Aquino Sapiano, presents her as a scholarship holder of the « Agencia Espanola de Cooperación y Desarolla AECID », the Spanish governmental agency for international cooperation. The website of a British refugee aid organisation (Refugee Legal Aid Information) states that she would have been a consultant in East Timor for the United Nations High Commissioner for Refugees[10] and would have worked in 2010-2011 on the issue of transgenerational poverty for the Oversea Development Institute, a major international think tank working on the themes of migration, sustainable development and climate change and financed by British, American, Swedish and French government agencies as well as major companies[11].

She was also funded by the Jeanne Sauvé Canadian Public Foundation « for Women’s Leadership » [12]but it is impossible to find details of her work or research. Sara Gonzalez Devant has written two articles on East Timor and one on Botswana on the specialized website « New Internationalist »[13] and has participated in a newsletter on the theme of refugee rights[go14].

Sara Gonzalez Devant on the south african portal Devex

It is a very honourable professional background, but far removed from Swedish law on sexual violence or British law on extradition, which she claims to use to help Julian Assange as Stella Morris. As Sara Gonzalez Her professional career path also seems to stop in 2012.

Stella Morris or Sara Gonzalez Devant or Sara Smith Robertson, september 2020 in the front of the Old Bailey. Despite the make up and the smile she never has in the reality, she seams the same person as the women I saw in the Westminster the 19, 20 décember, the 23 of January, the 19 of february and the 24, 25, 26, 27 february 2020

What really happened at 3 Hans Crescent for seven years?

Having known Mrs. Gonzalez devant under the name « Stella Morris » I will continue to use this pseudonym. Her account, in the first article of the Daily Mail, on April 11, 2010, inspires me to make the following reflections.

Having children in a heterosexual couple involves having sex. It is possible, of course, to have children in non-consensual sexual relationships, but Stella Morris shows us in her film the loving relationship she says she developed with Julian Assange. Having loving emotional and sexual relationships implies having a space of one’s own where this intimacy can blossom in confidence. It is also necessary to have a free and protected mental space to be able to create an ongoing relationship and focus on creating that relationship.

What we have been told, since 2012, about the life of Julian Assange in the apartment at 3 Hans Crescent Street belonging to the State of Ecuador is incompatible with the conditions necessary for an intimate and family life to flourish. Julian Assange would have been under constant surveillance by UC Global’s cameras placed from 2015 onwards in all spaces, including the bathroom and toilets, as Andy Müller Maguhn, Chairman of the Board of the Wau Holland Foundation,[15] shows in the film shown on 27 December 2019 at the Chaos Computer Congress and composed of these intrusive images stolen from Julian Assange’s private life[16]. According to the official narrative, which has been repeated so many times by the media and by « relatives », Julian Assange spent seven years confined to 5.5 square meters of a bedroom and an even smaller space in which his bed was placed, formerly a toilet[17]. Not exactly ideal conditions to develop a love life, as Stella Morris claims to have visited him every day from 2015 until April 11, 2019.

Andy Müller Maguhn shows the private pictures of the 3 Hans Crescent Street by the Chaos Computer Congress the 27 of december 2019. But where was Assange? In the storage room?

But perhaps we were simply lied to and Julian Assange’s life in Ecuadorian space was very different from what we were presented with?

The reality of the place at 3 Hans Crescent Street

going to the 3 Hans Crescent Street

According to the land register, the building at 3 Hans Crescent Street is owned in absolute ownership (Freehold) by the Hans Crescent Freehold limited company (Document LN62660), located in a tax haven and owned by Mohammed bin Khalifa Al Nahyan, son of the President of the United Arab Emirates[18]. Ecuador, for its part, has had a « Leasehold » (a kind of very long-term lease) for Apartment 3B on the ground floor since 25 December 1976, with a storage room in the basement (Document NGL333924)[19]. This apartment is located on the left corner of the building when you stand in front of the entrance to number 3. One notices that only 3 windows (including the famous balcony where Julian Assange sometimes appeared and was filmed by the media and activists) look out onto Hans Crescent Street. The rest of the apartment, 5 windows, overlooks a small cul-de-sac, Landon Square. The Ecuador apartment has a large emergency exit immediately overlooking the dead end, perhaps a second one from the storage room, since there are two doors under the apartment at the end of the Landon Square dead end that allow you to go out of the « basement » (rather a « basement » – a room at ground level) of the building and go to the street or into the Harrods parking lot across the street.

the Landon place, the real view to Ecuadors flat.
the entrance of the building – for the flats, the Ecuadors Flat and for the Colombian diplomatic mission

Right in front of the apartment, integrated in the same building complex, is the imposing entrance to the parking lot and the Harrods delivery tunnel (see photos)[20]. This entrance located at 1 Hans Crescent Street connects this car park and the delivery tunnel through the basement of the building to the Harrods store located to the right of the building complex at 3 Hans Crescent Street, on the Basil Street side. The Harrods car park therefore extends underneath the 3 Hans Crescent Street building complex and it is possible to exit through a second entrance on the other side of the building, next to the luxury pizzeria facing the Harrods, the only restaurant in the area. These entrances and tunnels under the building at 3 Hans Crescent Street are mentioned in the land register.[21]

the Colombian diplomatic mission on the right side of the building, in front of the Harrods

No wonder. Anyone who knows London knows that the area is full of World War II-era underground tunnels[22]. The underground car parks were, as early as the 1930s, the first part of the underground shelters for civilians during the Nazi bombings of London. A short distance from Hans Crescent Street is even the famous « 206 Brompton Road », the former underground station under which, during the war, the headquarters of London’s anti-aircraft defence was located! Property of the British Ministry of Defence, which kept the underground bunker as it was, the place was sold to the Ukrainian oligarch Dimitri Fyrtach at the height of the Ukrainian war against the Donbass in 2014[23]. As one of the richest and most powerful oligarchs in the country, and the sole owner of the Russian gas supply systems to the Ukraine, chemical plants and titanium import companies, Fyrtach is also closely linked to the British and American elites. During the war in Ukraine he was accused of having been too close to President Yanukovitsch, whom the Western powers initially pushed with the putsch of 21 February 2014. Since then, Fyrtach has been prosecuted for corruption but he remains the owner of the walls of the historic building while the British Minister of Defence retains ownership and control of the vast underground passages[24]. When the old bunker was put up for sale, history buffs were able to film what is the point of entry of a tangle of underground passages in this district steeped in a hard and heroic history[25]. These details are given to demonstrate that it is possible to enter the buildings of this historic district, go down into the basement inside and exit the building through another entrance, sometimes located in another building.

When he was forcibly removed from the premises at 3 Hans Crescent Street on April 11, 2019, Julian Assange held up a book by Gore Vidal in front of the cameras. Curiously enough, the American writer lived in his property at 31 Egerton Crescent just 500 meters from the Hans Crescent building complex, as he mentions in his autobiographical book « Palimpsest ».

thefire security exit of the ecuadors flat to the Landon place

It is also known that the Embassy’st services moved in 2015 when the double-entry building at 6 James Sessions Square and 12 Buckle Street in Whitechapel was completed. It is here that Ecuadorian diplomats work, most likely from 2015, alongside their colleagues at the Consulate, as shown on the official Facebook page of the State of Ecuador in London, there is no other website[26]. The apartment at 3 rue Hans Crescent may have remained covered by diplomatic immunity and has since been used as a storage space, meeting and reception room, or simply as accommodation for diplomats or visitors to the mission.

The underground going to Harrods – with delivery trucks just in front of the windows of the ecuadorian flat

Moreover, if the story about cameras installed by the security officer of the diplomatic mission were true, it is not the custom of diplomats to work with surveillance cameras installed in their work station (and in the toilets of their workplace), cameras zooming in on secret defence documents… No real diplomat would accept this, if only because of the danger that these images could be stolen. Moreover, there is no need to spy on diplomats in their work, these people have already been chosen for their loyalty to the government in place. Today the apartment is empty and the security guard posted in the vestibule controls the entrances to both apartments, the one from Colombia and the one from Ecuador. Those curious about Ecuador are systematically directed towards 12 Buckle street.

Precisely, another embassy, which no media ever shows, the Colombian embassy is on the same floor of the ground floor of the building. The two missions are therefore adjoining; they share the same main entrance, the same staircase and the same narrow vestibule. This proximity is very surprising when one knows the deep hostility of the Colombian regime, closely associated with the domination of the United States over all Latin America, to any left-wing government in any country of the continent, including that of Correa. Observing these two flags, which are very similar, of Colombia on the balcony of the apartment on the right, and that of Ecuador on the balcony of the apartment on the left, the visitor always wonders how on earth Julian Assange could have felt safe in an apartment with windows, some of them exposed on a square, the others stuck at the end of a dead end and located on the same level as the headquarters of his worst enemies.

To conclude on the inconsistencies in the fable of the evil UC Global spying on the Ecuadorian diplomatic mission, it should be pointed out that a security agent officiating in the adjoining vestibule cannot filter the entries to the apartment from Ecuador without Colombia’s agreement as well. Otherwise, this would lead to serious diplomatic friction between two countries whose governments are ideologically hostile from 2007 to 2017. It is also clear that Ecuador, which only owns apartment 3B, did not have the right to control the entrances of the inhabitants of the other apartments in the 5-storey building. This requires the agreement of Hans Crescent Freehold limited, owner of the entire building. Either this filtering with passport control was decided by all the owners, or this story is a fake intended to raise the tension of the media spectacle.

Storytelling put to the test of diplomatic customs and realities

Guillaume Long, Rafaël Correa’s former Minister of Foreign Affairs, told us during the conference at the Sorbonne on September 25, 2019, that Ecuador has always respected the Swedish legal actions against Assange and has always negotiated with the United Kingdom during Julian Assange’s seven years of stay in Ecuador[27]. By saying this, he confirmed the doubts we had about the image of « the embassy under siege by the British police force, to the point that the ambassador cannot do his job ». The film « Risk » by Laura Poitras takes this dramatization to the extreme. However, Fidel Narvaez, consul and head of security at the place, is filmed talking (probably) to British authorities in June 2012 when Julian Assange walked through the door of the apartment at 3 Hans Crescent Street, but while he complains about a « disproportionate » number of police officers, he does not complain about the « siege » and even less about a state of war[28]

The real Ecuador Embassy 12 Buckle street
The real ecuador embassy and consulat 6 James Session Square in Whitechapel

It must be understood that in history besieging a diplomatic mission has always been an act of war, which was therefore quickly resolved by a war between the parties (often after the express evacuation of personnel). The most emblematic case in the 20th century was the taking of American diplomats hostage in their mission in Tehran in 1979, in the context of the Islamic Revolution in Iran. Since 1979, it can be said that relations between the two countries have resembled hostile tension on the verge of war. There was no example in the 20th century or even before an embassy was besieged by the host country for 7 years. No professional diplomat believes the story told by the media of the ambassador being prevented from working in his mission and surrounded by the forces of the host country for 7 years in peacetime.

As I explained in a previous article[29], the Vienna Convention of 18 April 1961 establishes the principle of diplomatic immunity on the basis of the principle of reciprocity. It is through this principle of reciprocity and fear of reprisals against its own diplomats that the host country, even in the event of a deterioration in relations, refrains from hostile acts vis-à-vis the foreign mission on its soil. The principle of immunity, which requires that any intervention by the host country in the mission should only take place with the agreement of the highest authorities of the country concerned, i.e. the Minister for Foreign Affairs, lays down the condition for cooperation between the two countries to resolve any conflict between them. Clearly, it is impossible for British police officers to have « surrounded » the Ecuadorian Embassy without the agreement of Ecuador. It was rather a surveillance-protection measure granted precisely because of the Vienna Convention to Ecuador by the government of Great Britain, at Ecuador’s request, perhaps to keep away the curious who would like to get too close to the apartment 3 rue Hans Crescent to observe the reality of Julian Assange’s life there.

If Ecuador had really been « surrounded » and the work of its diplomats had been prevented, Ecuador would have been entitled to do exactly the same to the British diplomats posted in Quito. However, Raphael Correa was careful not to apply the principle of reciprocity against the British Embassy in his country. On the contrary, Ecuadorian-British relations certainly experienced some difficulties with the Assange question, but negotiations never ceased during this period[30]. The impasse was attributed to the incompetence of Ambassador Ada Alban, a close associate of Raphaël Correa but not a professional diplomat, who was in office from 2010 to 2013. The man who has been deciding on Julian Assange’s stay since April 2012 is Fidel Narvaez[31], consul since the beginning of Correa’s presidency, very politically linked to the president, and very probably, as is often the case with the posts of consul or vice-consul not well defined, his head of security. Curiously, Fidel Narvaez, presented as a close friend of Julian Assange, should, according to the customs of the milieu, have been persona non grata and immediately asked to return home after the expiry of his diplomatic immunity, if he had been responsible for the state of tension between his country and Great Britain. On the contrary, today Fidel Narvaez lives in Great Britain, where he has a residence permit. Having met him several times in the corridors of the Westminster Magistrate’s Court and having been able to talk to him, I did not get the impression that he is very worried about his situation as a « troublemaker » vis-à-vis Great Britain. On the contrary, he has attended Julian Assange’s hearings since 19 December 2019 and then the trial from 24 to 27 February 2020 at the Woolwich Crown Court, in the public gallery in the row reserved for the prisoner’s « family ». The British authorities do not seem to resent him for having been at the origin of a situation that was costly for them in media, political and financial terms and that generated heavy diplomatic problems. On the contrary, the British authorities have granted him the right to remain on their soil after his status as an Ecuadorian diplomat has ended. One more argument in favour of the hypothesis that the « siege » was a show for sensitive souls.

Storytelling versus real geopolitics

Not only has Correa’s Ecuador has not been at war with Great Britain during these 7 years, but it has continued to develop very profitable relations with the European Union and its countries throughout this period, especially with Germany. However, Great Britain was a member of the European Union at that time, and considering the role the Germans played in the Wikileaks project (the Wau Holland Foundation as owner and funder of the project and employer of Julian Assange in 2010-2012[32]), it is surprising that at no time did the German government play the good offices, as is usually done in the world of diplomacy, to resolve the « burning Assange conflict » between Ecuador, his new friend in Latin America,[33]and Great Britain, the third strongest power in the European Union. Rafael Correa’s government maintains privileged relations with Germany through the Friedrich Ebert Foundation, which specializes in relations between the German Socialist Party SPD and socialist networks and organizations around the world[34].

It is as if the « Assange case » was only hot for the media, which zooms in on the balcony with the Ecuadorian flag and removes the other elements of the decor from the field of vision: vans entering Harrods’ parking lot in front of the apartment, the Colombian embassy on the landing, the absence of any Ecuadorian diplomat in the whole neighborhood, of any Ecuadorian whatsoever, as ironically reported to me by the workers of the neighborhood.

In serious diplomatic channels, the Assange affair does not exist or is a marginal media epiphenomenon. I am sure that when we open the Foreign Office archives in 30 years there will be no record of the violent conflict between Ecuador and Britain over Julian Assange’s presence at 3 Hans Crescent Street. The absence of conflict does not mean that there were no negotiations about the fate of the « host » as UC Global officials spying on Assange on behalf of Correa and then Moreno called him. Julian Assange himself spoke of his hostage status in the negotiations between three countries, Ecuador, Great Britain and the United States during his last speech on the balcony on May 19, 2017. He appeared sad and defeated, evoking the violations of rights in the European Union while the British have just chosen the Brexit by referendum. He then mentioned the blackmail that Ecuador would suffer from the European Union which would penalize « Ecuadorian exporters » because of his case[35].  We Europeans experience in our lives how Germany decides almost all the policy of the European Union and the fate of its citizens. Does Julian Assange think of Germany as a stakeholder in the conflict that penalizes him without being able to express it clearly? No journalist has ever analysed his speech from this political angle, which is essential for understanding the situation. We will not know more, as Correa’s left-wing government is careful not to take public opinion as a witness and never reveals the true nature of its relationship with the Anglo-Saxon powers and with the European Union in the case of « Julian Assange ».

Nor did any journalist or analyst consider the interests that Wikileaks publications (such as the publication of the Vault 7 global surveillance files mentioned by Julian Assange in this 10-minute speech) could represent for Germany as a state in its relations with the United States, even though Merkel’s government had been very angry at the CIA’s spying on the Chancellor’s mobile phone. One hypothesis would be that the « Wikileaks » unveilings serve as leverage for Germany to put pressure on the United States and strengthen its independence from its powerful US allies.

In fact, on European soil, since the signing of the Vienna Convention, there have been no cases of flagrant violation of diplomatic immunity despite the conflicts and tensions that shake our continent. The only precedent resembling that of Julian Assange at 3 Hans Crescent Street would be that of Cardinal Mindszenty who took refuge in the American Embassy in Budapest after being released from prison by the Communist government in 1956. But if Mindszenty, an anti-communist activist, spent 15 years in the spacious American building in Budapest, it is because he refused to leave Hungary for the United States or the Hungarian communists would have preferred to send him away to prevent him from continuing his political action against them. Closer to home, the dreadful assassination of the Saudi journalist Jamal Khashoggi in his country’s consulate terrified diplomatic circles for whom a mission is a sanctuary. But it must be stressed that this despicable crime was facilitated by the permissive attitude of the host country, Turkey. Here again, cooperation between countries based on reciprocity played to the full, to the detriment of the most basic human rights.

We can deduce from this that Great Britain and Ecuador practiced for 7 years a form of agreement about Julian Assange and that Julian Assange was the only hostage of this negotiation. Germany also played a secret and important role that should be analysed.

Julian Assange’s identity

Guillaume Long in the Sorbonne conference 25 of September 2019

Did Julian Assange ever have Ecuadorian nationality and political asylum? The question is far from absurd. As for nationality, Guillaume Long, former Minister of Foreign Affairs under Rafael Correa from March 2016 to May 2017, answered our question on the subject during the conference at the Sorbonne on 25 September 2019. According to him, Maria Fernanda Espinoza, who heads this ministry after him, was not allowed to sign Julian Assange’s Ecuadorian naturalization document. This prerogative was reserved for the President of the Republic, Lenin Moreno, who never approved this decision[36]. Guillaume Long therefore considers this nationality to be false and therefore legally revocable. The document has not been published.

Worse, Julian Assange has never been able to show, in video or live, the document guaranteeing him political asylum in Ecuador – Ecuadorian residence permit or other. However, articles 27 and 28 of the Geneva Convention require the refugee to have an identity document that allows him to travel and establishes his identity with certainty, mentioning his exact name, date and place of birth and address[37]. The only document published by the media, the « Documento de Identitad de persono que ostendo proteccion international », bears Julian Assange’s photo but no other data required by the Geneva Convention, nor his signature[38]. This document was drawn up on 30 November 2016 by José Luis Jacome, Vice-Minister of Human Mobility under the responsibility of Guillaume Long. Jacome will remain in office after the election of Lenin Moreno in February 2017, while Maria Fernanda Espinoza, the new Minister of Foreign Affairs, declared in December 2018 that she had granted Ecuadorian nationality to Julian Assange. This loyalty of the Ecuadorian senior civil servant to the leader who revokes the nationality and asylum of a political refugee, in defiance of the Geneva Convention and the Universal Declaration of Human Rights, casts doubt on the reality of his support for Julian Assange under President Correa.

In addition, Guillaume Long also stated on 25 September 2019 that it is possible that Ecuadorian asylum was only guaranteed in 2012 on the basis of the Inter-American Convention on Human Rights, (article 22.7 and 22.8)[39] not the UN Geneva Convention on Refugees, which would explain why Britain does not recognise Julian Assange’s asylum. We can see that there is a significant lack of clarity regarding Julian Assange’s Ecuadorian political asylum and that these contradictions are detrimental to him.

In addition, on 15 and 16 November 2016, at a hearing with Swedish prosecutor Ingrid Isgren Julian Assange, he claims that he is an Australian citizen, that his passport was taken by the British authorities and that he cannot prove his identity. It is inferred that he does not possess any documents[40]. No one has ascertained the true meaning of these dramatic words and no journalist has asked for explanations. Firstly, when the British court granted him bail in December 2010, it should have returned his passport after he was released from the Wandsworth pre-trial detention centre. The confiscation of this passport is, in every respect, illegal under international law, and such experienced lawyers should have fought first to ensure that their client was not de facto stateless, in addition to being already an « undocumented migrant » (a residence card is compulsory for Australian citizens after more than 6 months in the UK). The fact that such an action against the British state was not taken for 6 years, until Julian Assange’s meeting with this Swedish prosecutor, says a lot about the inefficiency of the lawyers we have already denounced.

Secondly, it is surprising that Julian Assange « is not able to prove his formal identity » when, as a refugee under the protection of the Geneva Convention, he should have a document issued by Ecuador, proving his identity, his right to the protection of the State of Ecuador and his right to travel (as stipulated in articles 27 and 28 of the Convention). The Charter of the United Nations prohibits the revocation of a citizen’s nationality at birth and the fabrication of stateless persons. How is it that the senior Swedish official did not point out these flagrant violations of rights on the person of Julian Assange, violations committed by the British authorities, by the Australian authorities who must protect their citizens and by Ecuador which did not provide him with an identity document in accordance with the obligations of the Geneva Convention? Julian Assange in making this statement clearly called for the help of this person legally mandated by a State and likely to understand the kidnapping of which he is a victim.

What value can the work of « chief prosecutor » Ingrid Isgren have when she cannot record on the hearing report the surname, first name, place and date of birth, address, passport number and dates, place and authority of issue and expiry of Julian Assange’s legal identity document? Why did she not ask him about the Ecuadorian identity documents he should have? Why does she accept the illegality of the person she is interviewing, an illegality which she does not denounce?

Why is it that nobody notices that this essential data is missing from the Swedish file? The protagonists of the Swedish charges, complainants and witnesses, moreover, never seem to have presented any identity documents to the police and the courts because these documents are blank of any identifying number[41].

At the time, the Minister of Foreign Affairs was Guillaume Long and the President of Ecuador Rafael Correa. They are all as much responsible for Julian Assange’s inextricable situation as Lenin Moreno, whom it is so convenient to call the « villain » of the story. This storytelling technique allows to whitewash the personalities in power for 7 years and to contribute to reinforce the passivity of the citizen on the theme of « we can’t do anything against fate, the bad guys, Moreno and the Americans are too powerful ». This attitude of fatality is what we fight the most with Wikijustice.

The attitude of fate is alien to us because we are militants against the corrupt and dictatorial neoliberal capitalist system. But the further we go in our analysis, the more we discover, in the case of Julian Assange, that the political, legal and journalistic elites who are supposed to support him do so only lazily, at the last minute, without getting wet or are simply absent and silent. How can we accept the fatality of a trial played out in advance when, in theory, Julian Assange should benefit from the support of the powerful network of connections of his principal lawyer, the famous former judge Baltazar Garzon? Baltazar Garzon frequented 3 Hans Crescent Street because he was filmed dancing at a party in the apartment – this scene is immortalized in the film shown by Andy Müller Maguhn at the Chaos Computer Congress on December 27 last year[42]. However, Maitre Garzon has been conspicuous by his absence since Julian Assange’s incommunicado detention on April 11, 2019. He did not answer letters from European activists and did not attend the extradition hearings I have been attending in London since 20 September 2019. Admittedly, at the end of February 2020, he was present at the Woolwich Crown Court and was the only lawyer to shake hands with Julian Assange and talk to him. But he only remained at the trial for a day and a half, on 24 February and the morning of the 25th. Nor did he mobilize any Spanish politicians or activists for his client’s cause. Baltazar Garzon is very close to Reporters Without Borders, of which he was an active supporter during the time of Robert Ménard’s presidency, especially by being the honorary president of RSF’s internal legal support organisation Damocles, « charged with taking legal action to defend the freedom of journalists[43]. RWB was absent from the struggle for the release of Julian Assange in 2019 and only woke up for the trial in February 2020. Christophe Deloire, General Secretary of RSF France, and Christian Mihr for Germany, however, only stayed for one day at the trial, delegating the task of representation to Rebecca Vincent.

We often notice the present, rarely the absent. However, the absence of personalities at the very moment when we were able to observe the torture that Julian Assange is undergoing during the hearings contributes to the reinforcement of the feeling of powerlessness in the face of the fatality of the rights violations. Powerlessness that the dominant system wants to inculcate in us willingly or unwillingly.

Julian Assange’s alleged children before Stella Morris…

Returning to the testimony of Stella Morris on the intimate relationship she claims to have developed with Julian Assange from 2015, it is surprising that Julian Assange, in his interview with the doctors mandated by the Working Group on Arbitrary Detention of the United Nations High Committee for Human Rights and dated November 2015, already speaks of his children whom he cannot see growing up. So these are not the children that Stella Morris shows in the Daily Mail photos. The doctor who wrote the report « on the trauma and psycho-social situation of Mr. Julian Assange » mentions several interviews conducted from June 2014 to July 2015. This doctor speaks, on the contrary, of « young children in France as well as others in Australia with whom Mr. Assange cannot maintain an affective relationship in the embassy[44]. In addition, the report describes all the traumas caused by prolonged « confinement » in a place with no light, no possibility of going out, no exercise, and surrounded by a hostile environment (something that we are beginning to understand with the health violence that has recently been inflicted on us in France on a large scale): insomnia, anxiety, depression, loss of the ability to use one’s senses…

The storytelling about Julian Assange french wife and children – 2015

This « confinement » has been described as torture by Nils Melzer, the UN Special Rapporteur on Torture in his famous report on the situation of Julian Assange. Stella Morris’ rose-water novel currently in the media discredits Nils Melzer’s report and puts Julian Assange in danger. For how can a prisoner be both tortured and the happy father of a loving family?

Finally, driven into raptures by the images shown by Stella Morris, the audience is led to forget what Julian Assange himself said about his children in France and those in Australia. Citizens will know nothing about the mother of the latter, who is not present to support the father of her children. Yet, for human rights defenders, the question arises as to whether lawyers and the justice system have done everything possible to protect their interests both in terms of the legitimacy of their filiation and in terms of their property. Indeed, these children are heirs, like Stella Morris’ children, to dividends through the shares Julian Assange owns in the Icelandic company Sunshine Press Production[45]. The worrying question « who manages Julian Assange’s assets » must be asked by the activists so that Julian Assange is not robbed of his property during the long years of captivity he has suffered. Daniel Assange, portrayed by the media as his Australian son, now 31 years old, never came to the hearings and never defended his father either in front of the cameras or at a press conference. He never went to see his father in Belmarsh. It is now normal to have doubts about his existence. In 2010, this son was still tweeting about his father, since he disappeared[46]. None of the journalists chasing John Shipton in a pack have asked themselves the question of the son present in his father’s life in 2010 and absent in 2020.

Moreover, if this relationship began in 2015 when Julian Assange’s health was a concern, why hasn’t Stella Morris already sounded the alarm to save her companion? Why has she remained silent about the torture he is suffering, as demonstrated by Nils Melzer’s report and the three Wikijustice medical reports dated 29 December 2019, 8 February and 29 February 2020?[47]

Whoever does not denounce the crime, torture, is guilty of failing to assist a person in danger.

Article 1 of the UN Convention against Torture is very clear: anyone who consents to torture, [48]tacitly or with knowledge of it, is an accomplice to the crime:

Article 1 of the Convention against Torture

https://www.cncdh.fr/sites/default/files/cat_protocole_1.pdf

« « 1. For the purposes of this Convention, the term « torture » means any act by which severe pain or suffering, whether physical or mental, is intentionally inflicted on a person for such purposes as obtaining from him or a third person information or a confession, punishing him for an act he or a third person has committed or is suspected of having committed, to intimidate or coerce her or intimidate or coerce a third person, or for any reason based on discrimination of any kind, when such pain or suffering is inflicted by or at the instigation of or with the consent or acquiescence of a public official or other person acting in an official capacity. This term does not extend to pain or suffering arising only from, inherent in or incidental to lawful sanctions ».


[1] https://www.lepoint.fr/monde/dupond-moretti-veut-demander-l-asile-politique-pour-assange-a-emmanuel-macron-20-02-2020-2363736_24.php

[2]             An article from an Australian media outlet that mentions the Smith Robertson identity: https://www.sbs.com.au/news/julian-assange-s-fiancee-publicly-joins-the-campaign-for-his-release

[3]             https://www.dailymail.co.uk/news/article-8210957/WikiLeaks-boss-Julian-Assange-fathered-two-children-inside-Ecuadorian-embassy-lawyer.html

[4] https://www.directaccessportal.co.uk/search/1/barrister

[5] https://solicitors.lawsociety.org.uk/

[6] https://theintercept.com/staff/m-c-mcgrath/

[7] https://www.qeh.ox.ac.uk

[8] https://www.devex.com/people/sara-g-494301

[9]             Sara Gonzalez Devant, « Displacement in the 2006 Dili conflict, dynamics of ongoing crisis », Refugee Studies Centrer Working Paper 45, 2008, University of Oxford. In Jacquline Aquino Sapiano, « East Timor, How to build a nationa in Southeast Asia in the 21 century », Proceedings of the 2006 Naples Congress, Institute for Research on Contemporary Southeast Asia, 2018 and in Vandra Harris, Andrew Goldsmith, « Security, Development and Nation Building in Timor Leste » Routledge, 2012.

[10] http://refugeelegalaidinformation.org/former-editors

[11] https://www.odi.org/sites/odi.org.uk/files/odi_funders_2017-18.pdf – the name of Sara Gonzalez Devant or Stella Morris does not, however, appear in the documents visible on the site.

[12]            https://www.facebook.com/fondationjeannesauve/,

https://jeannesauve.org/scholar/sara-gonzalez-devant/sara-gonzalez-devant-2/

https://www.google.fr/search?q=Jeanne+Sauv%C3%A9+foundation+Sara+gonzalez+front&sxsrf=ALeKk02l_RYDGsYftXnWNL5Dsd5LnzKnQ:1587493438654&tbm=isch&source=iu&ictx=1&fir=qQ3SzNEc7cVGGM%253A%252C0jcLFerXhBC25M%252C_&vet=1&usg=AI4_-kSNOVT9k5UN9Xm70eQ_WdruEeIrEw&sa=X&ved=2ahUKEwjJ5_nzkfroAhUE1xoKHQ13AawQ9QEwA3oECAoQBw#imgrc=qQ3SzNEc7cVGGM:

[13] https://newint.org/author/Sara%20Gonzalez%20Devant

 [14]https://rightsinexile.tumblr.com/post/16854265845/a-monthly-forum-for-news-and-discussion-on-refugee

[15]
http://www.wauland.de/media/2016-12-31_jahresbericht.pdf http://www.wauland.de/media/2016-12-31_jahresbericht.pdf

http://www.wauland.de/de/

Wau Holland Foundation – the real boss of Wikileaks

[16] https://media.ccc.de/v/36c3-11247-technical_aspects_of_the_surveillance_in_and_around_the_ecuadorian_embassy_in_london

[17] https://www.lemonde.fr/idees/article/2015/07/03/julian-assange-monsieur-hollande-accueillez-moi-en-france_4668919_3232.html

www.slate.fr/story/126902/assange-colocation-equateur-ambass

[18] https://blogs.mediapart.fr/edition/liberez-assange-ethiques-et-medias/article/121219/assange-regression-feodale-au-royaume-uni

[19]            Documents available on https://eservices.landregistry.gov.uk/eservices/FindAProperty/view/MapEnquiryInformationRequest.do

[20] https://www.facebook.com/media/set/?set=a.3154590997940931ype=3

[21]            Document from HM Land Regiester: RegisterBGL5852 – 87-135 Brompton Road (SW1X 7XL) – Freehold », which is the cadastre for the Harrods store.

[22]            Joshua Levine, « The secret history of the Blitz », Simon and Shuster UK, 2016,

Nick Cooper, « London Underground at war », Amberley Publishing 2014.

http://www.nickcooper.org.uk/subterra/lu/tuaw.htm

https://underground-history.co.uk/brompton.php

[23] https://en.wikipedia.org/wiki/Brompton_Road_tube_station

https://www.standard.co.uk/news/london/disused-brompton-road-tube-station-sold-to-wealthy-ukranian-for-53m-9162296.html

[24]            Land Register LN43910

[25]            https://www.youtube.com/watch?v=JEqKJDR7L0w

[26] https://www.facebook.com/ceculondres/

               Before 2015 the Ecuadorian Consulate was located at 144, 146 Kings Cross road.

https://www.facebook.com/events/144-146-kings-cross-road-esquina-de-lorenzo-street-wc1x-9du/casa-ecuatoriana-de-londres/380564388708992/

[27]            Foreign Minister from 2016 until the election of Lenin Moreno, Guillaume Long, who also has French and British nationality, was the one who in October 2016 cut off Julian Assange’s internet access following the publication by « Wikileaks » of the emails of John Podesta, Hillary Clinton’s campaign manager.

[28]  minute 54 :20

[29] http://www.defenddemocracy.press/monika-karbowska-faire-la-lumiere-pour-gagner-la-bataille-qui-sont-les-proches-de-julian-assange/

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19610070/index.html – the Vienna Convention

[30]            Articles on the Ecuador – UK negotiations :

https://www.bbc.com/news/uk-22928276

https://www.bbc.com/news/uk-22816226

[31] https://www.bbc.com/news/uk-22928276

[32] http://www.wauland.de/media/2011_Jahresbericht.pdf

[33]            Raphaël Correa’s visit to Germany in April 2013:

https://archiv.bundesregierung.de/archiv-de/dokumente/pressestatements-von-bundeskanzlerin-merkel-und-des-praesidenten-der-republik-ecuador-correa-delgado-849028

https://www.kas.de/de/laenderberichte/detail/-/content/ecuador-land-der-unbegrenzten-investitions-moeglichkeiten-1

[34] https://amerika21.de/2013/03/81799/correa-besuch-deutschland

https://www.dw.com/de/correas-tipps-für-die-europäer/a-16752246

https://www.fes.de/referat-lateinamerika-und-karibik/suedamerika/ecuador

[35]https://www.youtube.com/watch?v=Kkx9_jf3FXw=117s ; 3 :40 minute

[36] https://www.numerama.com/politique/320190-lequateur-voudrait-bien-que-julian-assange-parte-de-son-ambassade.html

               Note that in this article of January 10, 2018 Maria Fernanda Espinoza refers to the negotiations with Great Britain for an orderly solution to the Assange question.

[37] https://www.unhcr.org/excom/scip/3ae68cce4/identity-documents-refugees.html

[38] http://www.talkmedianews.com/the-world-in-2/2019/04/11/why-julian-assanges-impending-us-legal-battle-is-scaring-reporters/

               « Identity document of a person who is guaranteed international protection. »

[39] https://www.cidh.oas.org/Basicos/French/c.convention.htm

[40]            « I, Julian Assange, an Australian citizen, have had my passport taken by British authorities and so cannot provide formal identification »

https://justice4assange.com/IMG/html/assange-statement-2016.html

[41]            Here are the originals published by journalist Al Burke on the Nordic News Network website. Notice the empty boxes for the ID numbers. That is to say that no hearing protocol contains this essential data, although it should  have been marked and possibly hidden by the editor.

http://www.nnn.se/nordic/assange/docs/memoria.pdf

[42] https://media.ccc.de/v/36c3-11247-technical_aspects_of_the_surveillance_in_and_around_the_ecuadorian_embassy_in_london

[43]            Page 77, Maxime Vivas, « Hidden face of Reporters Sans Frontières. From the CIA to the hawks of the Pentagon ». Editions Aden, Brussels 2007

[44]            « Mr Assange has a young family in France, as well as children in Australia to whom he has been unable to have an affective relationship whilst in the Embassy; the uncertainty as to whether reunion can ever be accomplished, and whether the development of those relationships can be restored, creates a further uncertainty »

https://file.wikileaks.org/file/cms/Psychosocial%20Medical%20Report%20December%202015.pdf

[45]            Icelandic Tax Office website: https://www.rsk.is/fyrirtaekjaskra/leit/kennitala/6110100280

[46]            https://www.theatlantic.com/international/archive/2010/12/what-julian-assange-s-son-is-tweeting-about-his-dad/342931/

https://www.smh.com.au/technology/driven-to-dissent–like-father-like-son-20101204-18kpr.html

Twitt de Daniel Assange en 2010 : « Our final battle has begun, dad. We don’t cry, we don’t regret, and we never, ever give up. I love you more than anything and anyone in this world. I couldn’t ask for a better father, mentor, and role model in life. Thank you for everything. We fight to win. See you soon »

[47] http://newsnet.fr/167829

https://m.facebook.com/notes/wikijustice-julian-assange/wjja-troisième-rapport-médical-attestant-de-la-torture-dont-est-victime-julian-a/508066593162993/