Julian Assange face à la Famille le 9 septembre 2020 à la Old Bailey
Monika Karbowska
Le troisième
jour nous sommes devant la porte encore plus tôt que la veille. Je suis
confiante. Jamie a perdu sa course imaginaire. Deepa tient la porte pour
Rebecca Vincent à qui je cèderai moi-même la place à midi. De 5h30 à 10h cela
nous laisse le temps de discuter à trois de la situation politique en Europe, de
l’histoire de la Révolution Française et du système de Vienne encerclant la
France pendant tout le 19 siècle révolutionnaire. Nous nous interrogeons sur la
persistance du système féodal sur le territoire de la Grande Bretagne avec
cette enclave de banquiers et de multinationales qui fonctionne comme une mafia
d’intérêts privés parasitant les Etats et se riant de leur souveraineté.
Vers 9h30 une
jeune fille blonde habillée de noir de style « années 80 le
renouveau » vient frapper à la porte. L’agent de sécurité de l’escalier
est l’homme âgé du lundi. Elle est une victime qui doit témoigner dans un des
vrais procès de la Criminal Court. L’homme la renvoie vers la porte de la rue
ou quelques personnes attendent. On est loin des foules du lundi. La cour ne
semble pas fonctionner à plein régime, il n’y a quasiment plus de familles qui
viennent. La femme revient et lui répète qu’on la renvoie d’un endroit à un
autre et qu’elle ne comprend pas en tant que victime comment le tribunal peut
dysfonctionner ainsi. La deuxième fois elle pleure devant nous. Rien que venir
ici est éprouvant, nous le comprenons, cette attente dehors n’en est que plus
injuste et incompréhensible.
A 10h l’agent
appelle la Famille : John, Sulivan, Eliot Shipton, Esther et Craig Murray
entrent devant nous. Puis il nous désigne, ma collègue et moi. Nous ne perdons
pas de temps, cette fois ci nous avons laissé nos téléphones et appareils
photos à la maison. Le passage dans la boite anté-divulienne de détection de
métaux est rapide, la pression sur les salariés est aussi bien moindre, l’agent
de sécurité est donc moins sévère. Je cours dans les escaliers au 4 étage
précédée par ma collègue. A mon arrivée la Famille est déjà dans la salle 10.
Nous entrons dans le couloir et un agent de sécurité black, masqué, vêtu de
blanc, nous demande « vous venez pour le procès dans quelle
salle » ?
Je ne lui
mens pas en répondant « Court Room 10 ». Alors il nous ouvre la porte
du sésame. Nous entrons tout naturellement et nous
nous asseyons dans la 3ème rangée juste au-dessus des Shipton, d’Esther et de
Craig Murray, assis dans la 2ème rangée de la galerie du public. Je
regarde je fais vite un croquis des lieux.
La salle
semble être une salle jumelle de la numéro 9 mais en fait elle est différente.
Bien plus petite, plus sombre, toute en ambiance feutrée, aux lumières tamisées,
fauteuils de cuir rouge sombre et de meubles en bois foncé. L’absence de
fenêtres rend le lieu confiné et étouffant encore plus que dans la salle 9 qui
garde une allure de salle de classe ou d’université. Ici il y une ambiance
lourde, chargée de cérémonie, comme dans une église. La disposition est
inversée : Le box des accusé se trouve à gauche, l’estrade du juge à
droite. C’est bien, je serai en position stratégique pour voir Julian Assange.
J’observe ce
qui se passe pendant bien 20 minutes. Je finis par croire que ce n’est pas une
erreur, qu’on nous a bien laissé entrer dans le Saint des Saints et que c’est
une décision juste et honnête. Je suis presque convaincue que nous allons
pouvoir passer la matinée ici. Les présents ne font pas attention à nous sauf
Craig Murray qui tourne la tête vers moi et me sourit. Il faut dire que depuis
1 an je finis par faire partie de l’environnement à défaut de faire partie de
la Famille.
Je réalise
donc que ce que je vois est ce qui aurait dû rester caché aux yeux du public. A
la Woolwich Court en février le public voyait toute la salle sauf ce qui se
trouvait sous le balcon de la galerie du public mais n’entendait RIEN sans
micro car la galerie était séparée de la salle avec une vitre blindée. C’est
ainsi que j’ai pu VOIR alors Julian Assange se révolter, se lever, crier,
invectiver les présents, leur parler, mais je n’ai rien pu ENTENDRE. Ici je
suis plongée dans la véritable ambiance car aucune vitre ne me sépare des
protagonistes du jeu.
Et en bas
l’atmosphère est très différente de celle d’un procès. Les acteurs du jeu
devisent entre eux tranquillement dans une atmosphère détendue. Ils se
connaissent tous, ils font partie de la même bande, organisation, que sais-je,
ils rigolent entre eux, ce qui contraste avec la lourde et sérieuse ambiance de
la salle. Je vois très bien Fitzgerald et Summers aux côtés de Lewis et de Clair
Dobbin. Gareth Peirce circule entre les tables, place chacun et a l’air de
distribuer à chacun un rôle. La jeune Florence Iveson a parlé à des amis à un
bout de la pièce et revient à sa place derrière Lewis. Les assistantes de
Peirce et la collaboratrice de Dobbin, blonde forte, sont assises dans la
dernière rangée juste devant le box vitré et discutent entre elles. Je suis
surprise de voir que Baraitser est déjà à sa place surplombant le bureau du
greffier (également présent et silencieux) alors que la salle est dans une
ambiance de récréation – dans un vrai procès c’est l’entrée du juge qui marque
le début de l’audience judiciaire et l’assistance doit se lever pour le saluer.
Personne ne se lève au passage de Baraister car ici la juge semble être ici un
élément du décor et non pas une dépositaire de l’autorité de l’Etat et du
Droit. Il est vrai que nous ne sommes pas dans un Etat, mais dans une
organisation privée, une guilde de marchand datant du Moyen Age et Baraitser
n’est pas juge ici, à la Criminal Court. On se demande qui elle est, alors
qu’il est impossible de trouver la moindre information sur elle. Sa famille
existe belle et bien : Michael Baraitser, Lisa Baraitser, Paula Baraitser
sont propriétaires de diverses entreprises à voir sur Beta Companies https://beta.companieshouse.gov.uk/search/officers?q=Baraitser
mais Vanessa semble n’avoir aucun existence sociale autre que
l’affaire Assange.
Dans la
rangée perpendiculaire à Baraitser, à sa droite au fond de la pièce je
distingue Alastair Lyon, une femme brune à la veste verte et un homme roux. Ils
attendent tranquillement.
Mais le plus
surprenant se trouve en face de moi et c’est la partie que je n’aurais jamais dû
voir si je n’avais pas eu la possibilité d’être là en face de ces gens en
chairs et en os, car la camera ne montre JAMAIS cette partie de la salle. En
face de moi, perpendiculaire au box des accusés se trouvent 3 rangées de
fauteuils dans lesquels ont pris place Joseph Farell en veste rouge, tout à
droite et MC McGrath ! Joseph Farell en tant « qu’ambassadeur de
Wikileaks » ne devrait pas se trouver ici car il est une partie prenante
du procès ! En plus, les discours sur « on ne peut pas parler ni
rendre visite à Julian Assange » se trouvent immédiatement invalidés par
la présence de Farell ici dans une ambiance de récréation avant la reprise des
leçons où Farell voit Assange tous les jours pendant 3 semaines à 3 mètres de
lui ! MC McGrath qui est hacker et informaticien américain fait visiblement
partie de la « famille » du projet « Wikileaks » mais on ne
peut pas imaginer qu’une personne lambda comme lui puisse assister dans la
salle du tribunal si ce procès était un vrai procès !
Et surtout
derrière eux je vois bien Stella Moris en robe rouge foncée discuter
gaiement avec sa copine Jenifer Robinson en robe rouge écarlate également. (Robinson
portait le premier jour une robe verte, comme en février à la Woolwich et deux
robes rouges de plus en plus vermillon éclatantes le deuxième et troisième
jour, pas une tenue d’avocat donc). A gauche de Robinson est assis un jeune
homme roux ressemblant à Nathan Fuller, directeur de la Courage Corp,
entreprise américaine sise à New York.
Les deux amies
rigolent en se parlant, elles semblent heureuses d’être ensemble ici et
insouciantes. Le comportement de Stella Moris me stupéfait : alors
qu’elle vient de jouer les épouses éplorées dans son storytelling larmoyant à
Paris Match et devant la grille du 10 Downing Street, je la vois ici détendue
et satisfaite de sa performance. Je la vois ne pas montrer la moindre
émotion face au sort qui attend Julian Assange dont elle clame être la femme
chérie. Elle ne montrera pas non plus aucune émotion, aucune compassion lorsque
Julian Assange entrera dans la pièce. Je la vois assister au procès de
Julian Assange comme à un spectacle, une cérémonie, dont elle est une partie
prenante. Si elle avait été sa « famille » alors elle aurait dû
être avec nous à la place de la famille, dans la galerie du public.
En plus, me
dis-je, elle est là tous les jours à rigoler en le regardant pendant des heures
et elle raconte au monde entier son mensonge qu’elle ne peut pas le voir et ne
l’a pas revu depuis des mois… Tout comme elle avait tant menti sur les
audiences du 27 février alors qu’elle ne lui parlait pas et n’a jamais
encouragé et soutenu sa révolte face au sacrifice qu’on lui inflige.
Cette fois ci j’ai vraiment le sentiment d’assister non pas à un procès mais à un sacrifice. Une espèce de mise à mort rituelle de ce qui a été beau et bon – le projet de liberté d’expression totale mais aussi l’homme Julian Assange endossant ce projet malgré lui. Car Wikileaks est présenté comme quelque chose de bien – mais sacrifie-t-on quelque chose de mauvais ? Non, seul un animal beau était sacrifié dans l’Antiquité, un homme bon comme Jésus a été sacrifié, une BELLE idée comme la liberté d’expression est en route vers le sacrifice…. Sacrifier quelqu’un de laid et de mauvais n’aurait pas de sens !
Certes, il a été nécessaire de salir au préalable Julian Assange par une campagne planétaire le traitant de violeur narcissique, mais Jésus aussi avait d’abord été moqué comme imposteur et faux prophète avant d’être tué. Et je ne trahis pas la pensée de Julian Assange car lui-même a mentionné Jésus comme « premier lanceur d’alerte sacrifié » dans un discours combien prémonitoire en juillet 2009 en aux Pays Bas.
Je comprends alors que je me trouve comme dans ces familles patriarcales ou on décide dans une réunion du rituel du « crime d’honneur » : la famille doit sacrifier un membre qui a « fauté » pour garder le secret familial, la cohésion et le pouvoir de la structure. En tant que militante féministe et femme qui a dû lutter pour m’émanciper je ne comprends que trop bien la structure de pouvoir d’une telle famille sectaire. Il ne faut surtout pas imaginer que les membres de la famille détestent le membre sacrifié : au contraire, on l’aime c’est pour cela qu’on le tue. Pour son bien. Parce qu’il n’a pas d’existence propre, n’est qu’un membre de la famille. Sauver la famille en le tuant c’est le sauver lui, sauver son âme.
Stella Moris
clame à qui veut entendre que Julian Assange va se suicider et qu’il a demandé l’absolution des mourants à un prêtre
catholique. Premièrement, une extrême onction n’est administrée réellement
qu’au mourants par l’Eglise catholique et Julian Assange est bien vivant, comme
je le verrai tout l’heure. Deuxièmement, pour obtenir une absolution catholique
il faut encore traverser les sacrement de la confession, de la communion et du
… baptême, il faut donc encore être catholique ! Et troisièmement l’Eglise
catholique interdit le suicide, elle ne saurait donner l’absolution à quelqu’un
qui déciderait de pécher en s’ôtant la vie ! Pour moi, Polonaise élevée
dans le catholicisme, ce storytelling- là ne passe pas du tout !
Cette femme
qui ment publiquement se trouve alors ce mercredi 9 septembre à 10 heures en
face de moi dans la salle 10 de la Old Bailey et elle se prépare à une partie
importante d’une cérémonie. En me rappelant ses paroles sur le
« suicide » de Julian Assange je me demande si ce qu’elle annonce
ne sera pas plutôt un meurtre. Un meurtre rituel, un sacrifice : un
homme qui a fauté, qu’il faut punir, une idée qu’il faut tuer. Je frémis en
regardant de près la robe noire constellée de petits fibres rouges de la
femme : le bourreau, tout comme le sacrificateur, porte le rouge, couleur
de vie et de mort, couleur de la passion.
Brusquement
le silence se fait et tous les yeux se tournent vers la porte au fond du box
des accusés : je vois Julian Assange entrer par cette porte du fond
qui se trouve en face de moi et traverser le box, entouré de deux hommes en
blanc, jusqu’à une chaise au centre. Je le vois très bien, je ne l’ai jamais vu
d’aussi près, il est à 5 mètres de moi et derrière une seule vitre. Je suis
placée en hauteur, je vois très bien sa tête, son visage et le haut de son
corps.
Il porte une chemise blanche et une veste bleu sombre ainsi qu’une cravate noire et rouge, du même tissu que la robe sombre de Moris. Je vois bien le sommet de sa tête, ses cheveux blancs sont coupés, mais ils ne sont tout à fait coiffés. Il porte ce masque en papier qu’on nous impose aussi en France rituellement. Mais si le masque cache sa bouche, je vois bien ses yeux. Il est moins maigre qu’en février, moins voûté que le 21 octobre. Sa démarche est assurée, il n’est pas vacillant ou dodelinant comme j’ai pu le voir sur les vidéos de la Westminster. Au contraire, son entrée ne manque pas de panache : on dirait que c’est paradoxalement lui le maitre de cérémonie, ce n’est que lui qu’on attend. Comme le 27 février c’est lui qui donne le ton par son comportement. Comme si sans son accord, sans son adhésion la cérémonie du sacrifice n’était pas valable.
Le passage Warwick et les murs de la prison Old Bailey
Assange
arrive au centre du box puis pivote et enlève alors son masque. Je vois son visage,
ses yeux bleus gris, son expression profondément triste mais pas abattue. Ses
yeux portent des cernes, moins profondes qu’il y a un an, mais il a des cernes
sous les cernes. Son visage est glabre, ses traits un peu bouffis et son teint
est aussi pâle que le 26 et 27 février au matin. L’expression de ses lèvres
crispées fait penser à un enfant qui aurait été battu et retiendrait ses
larmes…
Alors la
porte de la galerie s’ouvre et l’agent de sécurité nous appelle pour sortir. Je
ne réagis pas, je laisse ma collègue parlementer pour gagner du temps. Je
regarde Julian Assange qui enlève son masque. Il me regarde et nos regards se
croisent. C’est fini, ils ne me laisseront pas rester. Mais alors je me lève
et je suis visible de loin dans mon habit violet. Je lève le poing droit, mon
chapelet polonais autour de ma main. Assange m’a vue.
Je sors à
regret. Dans le couloir l’agent de sécurité nous sermonne longuement. On a
commis un sacrilège, on lui a menti, nous devions aller dans la salle 9…
D’emblée je m’excuse, je lui dis que je regrette qu’il puisse perdre son boulot
à cause de nous, qu’on pensait qu’on avait le droit de venir dans la salle 10
car sa collègue nous l’avait annoncé la veille. Il me reproche d’avoir fait un
signe à l’accusé. Pas du tout, je récuse, j’ai juste ajusté le chapelet qui me
tombait de la main. Il semble accablé et dit qu’il va discuter de notre sort
avec son chef, talkie à la main. On n’entend pas ce que le chef lui dit, mais
j’en profite pour changer de ton. Je lui dis que je représente une association
des droits de l’homme, que nos destins en Europe sont suspendus à ce procès. Qu’il
est illégal de ne pas pouvoir voir le visage de l’accusé, un homme enfermé dans
des oubliettes comme au Moyen Age que personne ne peut voir, que nous avons
écrit 10 demandes de libération et 3 rapports médicaux, qu’Assange est torturé
et que nous devons témoigner de son état de santé…
Je ne sais
pas si l’entreprise de sécurité privée est sensible à la question des droits de
l’homme, mais son salarié nous permet finalement de nous rendre à la salle 9.
Pendant 2 heures j’ai tout le loisir de réfléchir à ce que j’ai vu tout en
observant le déroulé du storytelling pseudo judiciaire. Pas une seule fois la
caméra ne montrera Assange.
Dans la salle 9 il y a encore moins de monde qu’hier. Heike Hänsel, un jeune homme à sa gauche, l’homme de l’ambassade allemande, les deux journalistes allemands, la femme brune en vert, Hamish Hamilton, Rosie Sylvester – 8 personnes. Le professeur Rogers est interrogé comme témoin en vidéo. Il raconte la saga Wikileaks selon lui : les publications de Wikileaks auraient prouvé que les Etats Unis ne contrôlaient pas l’Afghanistan tandis qu’en Irak Wikileaks aurait permis de rajouter 15 000 morts civils à l’estimation de l’ONG britannique « Irak Body Count » – (je connais le travail de cette ONG pour avoir en 2005 co-organisé la Conférence de l’Association du Droit Humanitaire International au Parlement Français ou l’avocat William Bourdon a présenté l’estimation des 100 000 morts civils en Irak. C’est dire si les Européens n’ont pas attendu Wikileaks pour critiquer l’invasion de l’Irak par les Etats Unis).
La question posée
par la suite est « Julian Assange a-t -il une opinion politique, lui qui a
failli être nominé au Prix Nobel, a été le héraut de la liberté d’expression,
et a mené des discours au Trafalgar Square en 2011 lors du mouvement Occupy
London ? (comme ces temps paraissent ancien à l’aune de la dictature que
nous vivons…°). Oui, répond le professeur – Wikileaks est connu en Afghanistan
et Irak pour ses positions politiques et Assange a été porteur du succès de
Wikileaks en apportant l’attention du public sur ces guerres. Wikileaks a été
nécessaire pour les Droits de l’Homme, la transparence, la responsabilité.
C’est sûr
qu’on ne sacrifie que ce qui est Bon et Beau. Au vu de l’état actuel des Droits
de l’Homme dans ce procès, on n’a pas l’impression que Wikileaks ait été
très efficace. En tout cas j’aurais préféré que Wikileaks n’ait jamais
existé, que tous les accusés aient droit à des procès transparents et au
soutien d’association des Droits de l’Homme, que la liberté de circulation en
Europe soit garantie, que des milices privées ne nous arrêtent pas en pleine
rue ou en plein champs pour nous accuser de terrorisme et ne nous forcent pas à
des expérimentations médicales sur nous… Voilà l’état réel des droits de
l’hommes et non pas en Irak mais au cœur de l’Europe, 10 ans après Wikileaks.
Summers et le
professeur Rogers discutent longuement du rôle de Trump dans la liquidation de
la liberté d’expression, faisant l’impasse sur le fait que c’est bien Obama,
dont le pouvoir est simultané avec l’apparition du projet Wikileaks, qui a
enclenché les poursuites contre Assange. Le but est de prouver qu’Assange ayant
des opinions politiques, les poursuites sont motivées politiquement et donc
justement l’extradition ne devrait pas être possible. Je crois que comme la
City of London Corporation n’est pas un Etat et n’est donc pas liée par le
traité d’extradition signé par la Grande Bretagne, tout transfert d’Assange de
ce territoire vers les Etats Unis ne peut être appelé qu’un enlèvement ou
rendition.
Le procureur
somme le professeur d’expliquer ce qu’est que la politique et le journalisme et
si un journaliste doit avoir des opinions politiques. Sur le continent
d’Aristote, d’Erasme, de Locke, de Rousseau la réponse à la question
« qu’est-ce que la politique » est forcément longue et argumentée.
Mais le procureur exige que le professeur réponde par oui ou par non et le
débat tourne court. Je suis fatiguée par ce débat entre Américains plat comme
un désert sans relief et dont l’histoire et l’expérience des Européens est
exclue alors que cette réunion étrange a bien lieu sur notre continent et nous
concerne au plus haut point. Le procureur pose la question « Peut-on tout
dire ? Être transparent même contre la sécurité des
individus » ? Mais ce débat me semble une discussion autour du sexe
des anges, la réponse étant « ça dépend du contexte ».
Justement, je dois prêter attention à un des contextes cités. Le procureur accuse Julian Assange d’avoir dit le 8 août 2011 que « l’invasion allemande de la Pologne le 1er septembre 1939 est un mensonge construit par les catholiques ». Je n’ai jamais entendu Assange dans aucune apparition publique dire une stupidité pareille, ou alors il l’aurait dit en privé et il faudrait que le procureur le prouve, l’homme accusé étant interdit de parole et ne pouvant se défendre.
Le procureur accuse donc Assange de négationnisme historique, accusation grave en Europe lorsqu’il s’agit de faits liés à la dernière guerre mondiale qui a détruit notre continent. Dans le discours que j’entends ici, ce procureur veut faire dire au témoin « qu’on ne peut tout dire » et qu’une limite doit être mise à la liberté d’expression. Ceci est une question effectivement importante tranchée par les tribunaux après débats contradictoires et selon une législation différente pour chaque pays européen.
Pour ma part, en tant que Polonaise, je serais choquée si j’entendais quelqu’un dire une phrase aussi absurde que « l’invasion de la Pologne par les Hitlériens n’a pas eu lieu le 1 septembre 1939, c’est un mensonge des catholiques » (et je suis convaincue que Julian Assange n’a jamais prononcé cette phrase) mais plutôt que de chercher à interdire de la prononcer, j’inviterais mon interlocuteur à venir visiter Varsovie, ville anéantie par les nazis et le Mémorial d’Auschwitz pour voir les preuves des crimes des nazis commis dans mon pays. S’il n’est pas convaincu, les Russes, Biélorusses et Yougoslaves se chargeront de lui faire visiter d’autres nombreux lieux de martyre des populations d’Europe de l’Est que les Hitlériens avaient placées en premier sur leur liste de peuples à exterminer.
Je ne peux saisir comment le professeur Rogers se sort du piège tendu par le procureur. La dernière charge de celui-ci porte sur « criminal justice or political persecution », le professeur pense-t-il que les accusations portées contre Assange sont politiquement motivées ? Ou bien les accusations portent-elles sur des crimes ? Le professeur répond « je ne suis pas avocat mais spécialiste des sciences politiques ».
Puis à la question « Pensez-vous qu’il existe une preuve que Manning et Assange ont commis des crimes », il répond « je le lis dans l’accusation ». Le mélange de « politique » et de « crimes » est une confusion très dangereuse pour nous. Si faire de la politique devient un crime, alors nous serons tous des criminels demain et il ne restera plus rien de notre démocratie déjà quasiment en liquidation ! Le mot politique vient de Polis, « cité ». Celui qui fait de la politique se soucie de la bonne gestion d’une cité. C’est tout, sauf un crime. C’est un droit et un devoir ! En outre le niveau de débat philosophique me semble très bas dans cette salle et la parole donnée au professeur bien limitée.
La
climatisation antique crache sur moi son air froid et vicié. J’en ai assez vu.
Je rêve de revenir dans la salle 10 mais seule cela me parait trop risqué. Je
décide de partir en laissant à ma collègue le soin de finir le travail. Lorsque
je sors dans le couloir je dis à l’agent de sécurité que je laisse ma place aux
autres associations. L’homme me dit alors « vous ne rentrerez pas
demain ». Je lui réponds que je comprends les contraintes de son emploi,
que je fais un travail similaire en France, mais que le respect des droits de
l’homme nous concerne tous ou nous allons tous périr. Et je rajoute « nous
allons voir demain ». Arrivée en bas de l’escalier le vieil agent de
sécurité ne veut pas me laisser sortir. Il me reproche mon passage dans la
salle 10 et met ses gants en me disant de m’arrêter. Je me sens vaguement
menacée. Je m’excuse mais je rajoute qu’il était nécessaire de voir l’accusé
qui a droit à un procès équitable, un procès à huis clos secret est illégal. Je
lui parle de la guerre que les Américains préparent en Europe en se servant de
mon pays, la Pologne, contre la Biélorussie, des prisons secrètes ou les gens
sont torturés, que si Assange est extradé, nous les militants qui sommes contre
la politique guerrière des Etats Unis sommes les prochains sur la liste…
L’homme me
permet finalement de sortir. Je me sauve tout en lui souhaitant bon courage
dans son boulot de prolétaire que je ne connais que trop bien. A ma sortie je
signale à Rebecca Vincent que je ne reviendrai pas l’après-midi et qu’elle peut
prendre ma place. Elle est contente et cela me semble fair aussi.
Ma collègue
polonaise sort pour la pause midi et me raconte qu’elle a pu revoir Assange par
la porte entre-baillée de la salle 10. Jenifer Robinson dans sa robe rouge
écarlate lui expliquait quelque chose avec force gesticulations. Julian Assange
lui souriait mais ne semblait pas convaincu. Avait-il décidé de se révolter à
nouveau ?
Le lendemain nous serons tôt dans le passage Warwick mais Jamie et Sandra ont dormi sur des cartons devant la porte et nous précèdent, très satisfaits d’eux. Mais ils ont fourni ces efforts pour rien car à 10 heure le procès est ajournée pour 11h30. A midi les séances du jeudi 10 et vendredi 11 septembre sont annulées. Le covid est évidemment déclaré coupable mais je me demande si Julian Assange encouragé par notre présence n’a pas encore sonné la révolte.
Le temps de
la révolte est plus que nécessaire.
Extrait
de la demande de libération envoyée par Wikijustice Julian Assange aux
parlementaires britanniques et américains
Julian Assange est jugé
dans une Cour qui ne dépend pas du Ministère de la Justice de la Grande
Bretagne, mais dans un lieu privé appartenant à une enclave juridiquement
indépendante de la Grande Bretagne en tant qu’Etat et n’ayant pas de lien
diplomatique avec les Etats Unis car la City of London Corporation, en tant que
corporation, guilde, association d’hommes d’affaires n’est pas un sujet de
droit international et ne peut donc pas signer des traités avec des Etats. Le
traité d’extradition de 2003 entre la Grande Bretagne et les Etats Unis ne
s’applique donc pas à ce territoire et il ne peut servir de base juridique à la
rencontre qui a lieu à partir du 7 septembre 2020 entre Julian Assange et ceux
qui le maintiennent en captivité et veulent décider de son sort.
Par conséquence, la
demande d’extradition des Etats Unis ne s’appliquant pas à ce territoire et ne
pouvant être traité dans ce bâtiment privé qu’est la Old Bailey, Julian
Assange doit être considéré sur le territoire de la City of London comme un
otage et immédiatement rendu à sa dignité d’homme libre.
De plus des banquiers et
hommes d’affaires qui sont propriétaire de ce bâtiment et gérant de ce
territoires n’ont aucun droit à juger un homme Julian Assange car ils ne sont
pas juges dans le système juridique de la Grande Bretagne. En outre, leurs
intérêts privés sont liés aux grandes entreprises américaines, chinoises et
britanniques. Une justice sous leur responsabilité ne peut être qu’entachée de
partialité. En aucun cas ils ne peuvent être les garants d’un fair trial.
Aucune institution privé
ne peut juger un homme. C’est la prérogative des Etats
souverains qui doivent respecter la Déclaration Universelle des Droits de
l’Homme. Les institutions privées doivent être soumises à la Loi des Etats et
respecter les Lois internes de chaque pays. La City of London Corporation est
une anomalie dans le système de droit international et elle n’a pas le droit
d’usurper les prérogatives des Etats souverains. Par conséquent, nous
considérons que Julian Assange n’est pas un prisonnier en Grande Bretagne en
attente d’un jugement d’extradition demandé par les Etats Unis mais un otage
d’une organisation privée, la City of London Corporation. Une organisation qui
détient une personne prisonnière est une organisation criminelle et doit être
poursuivie. Nous demandons aux Etats souverains de poursuivre la City of
London Corporation dont Julian Assange est l’otage afin que Julian Assange soit
libéré de cette captivité illégale.
La Old Bailey à la City of London Corporation prépare le sort de Julian Assange la nuit du 6 septembre 2002
Le voyage en Europe
Ce difficile voyage en Europe du 3 au 11 septembre 2020 fut à bien des égards un exploit. Je n’aurais jamais pu imaginer, lorsqu’il y a un an je décidais de voir de plus près les tribunaux anglais ou Julian Assange devait comparaitre, que l’année d’après je parcourrai les familières routes de l’Europe dans une atmosphère d’apocalypse sanitaire, de tension politique intense et de destruction d’un mode de vie, de valeurs, de systèmes juridiques, de tout ce qui a fait notre culture. Je suis obligée de placer le procès de Julian Assange dans ce contexte de cette forme de suicide collectif de nos sociétés qu’est en réalité la « crise du coronavirus » et de lier les deux phénomènes, même si certains penseront que c’est exagéré, et que la persécution d’un homme innocent n’a rien à voir avec l’ambiance sourde de peur dans laquelle nous sommes des millions à vivre depuis 6 mois. Tant pis. Ceci est ma vision et mon analyse. Le peu de liberté d’expression qui nous reste, je l’utilise pleinement et sans masque avant qu’ils ne soient en mesure de nous bâillonner et nous enfermer pour de bon.
Je quittais la France avec soulagement le 3 septembre en ayant l’impression, pour la première fois de ma vie, que le pays ou j’ai choisi de vivre il y a 28 ans s’est transformé en hôpital psychiatrique à ciel ouvert. Le cynisme des politiques disputait la palme du prix de la violence avec une hideuse dictature policière et hygiéniste imposée à coup de décrets illégaux par des préfets autoritaires dans la plus pure tradition de Vichy. L’Occident a déjà connu beaucoup de périodes de folie – la dernière et la plus destructrice fut la folie collective du fascisme et de la guerre des années 1930 et 40, mais 1914 -18 comme suicide collectif de la culture européenne fut marquant également. On a accusé les Yougoslaves des années 1990-98 de « suicider leur Nation », mais les Occidentaux d’aujourd’hui ne peuvent plus servir de modèle de démocratie et de raison pour personne ! La date fixée pour le lancement du jugement de Julian Assange m’a frappée, le 7 septembre 2020 étant le jour du 80ème anniversaire du début du « Blitz » – l’opération « Seelöwe », l’invasion programmée de la Grande Bretagne par Hitler, remplacée in extremis par 57 jours et nuits de bombardements continus des maisons et des usines britanniques par l’aviation nazie. Cette date est aussi le symbole de la Résistance du peuple anglais au fascisme, et le début de la fin de la marche victorieuse du nazisme allemand sur l’Europe. Si les élites britanniques ont décidé de jeter un voile d’oubli sur cette date, elle ne m’a néanmoins pas échappée grâce à des auteurs comme Joshua Levine[1].
Imposition du masque
obligatoire partout dans les rues, les parcs, les jardins, les champs de la
banlieue, les bureaux, les ateliers, les transports, les magasins, les rares
lieux culturels et sociaux encore résistants… 22H sur 24 pour de nombreux
prolétaires. Port du masque muselière empêchant de respirer et de s’exprimer
pour tous les enfants et les jeunes de France, chicanes et punitions pour ceux
qui demandent à avoir leur mot à dire. Des enfants exclus des école pour cause
de pseudo tests covid, privés d’éducation suite à de fermetures d’école
complètement illégales aux regards de la Convention de l’ONU des Droits de
l’Enfant sans parler de notre Constitution et autres textes fondamentaux…
Interdiction policière des rassemblements et manifestations. Paris ville vide à
nouveau, car personne n’a envie de se promener avec la muselière la peur au
ventre de voir les flics débouler pour te coller une amende pour physique non
adéquat. Les bars du bord de Seine de nouveau vides de jeunes alors même que ce
sont les rares lieux ou on peut enlever pour 1 heure ou 2 notre symbole de
soumission à Macron et à l’idéologie covidienne. Comment tuer économiquement,
socialement et politiquement une ville, une nation, un pays. Je sentais
l’ambiance lourde de menaces policières et je me réjouissais à l’idée de
m’aérer ailleurs. Mais je n’avais pas encore vu l’état réel de l’Europe…
L’Allemagne décrète l’embargo
sur la France
La veille de mon départ je consulte le site de l’ambassade allemande en France et j’ai la désagréable surprise de lire que notre puissant voisin a décrété la France zone pestiférée et imposé une quarantaine aux voyageurs venant de l’Ile de France, du Midi et des Antilles. Comment les Allemands comptent-ils vérifier qui vient d’où sachant que les transports collectifs (trains et bus) pour chez eux partent de Paris ? Le site du gouvernement allemand ne fournit pas de détails. Comme toujours dans l’affaire du covid le discours médiatique et la violence réelle de la police tiennent lieu de Loi, l’Etat de droit a été relégué dans nos pays au rang de souvenir des « temps anciens » par opposition au « Nouveau Monde », que la gauche espère toujours voir naitre spontanément comme enfant de la « crise du covid ».
La réponse m’est donnée le lendemain dans la lourde atmosphère de cris, d’insultes et de tension qui règne à la gare low cost de Bercy désormais dans les mains de l’entreprise monopoliste allemande Flixbus. 25 personnes attendent de pouvoir monter dans le Paris-Berlin, dans la saleté d’une gare jamais nettoyée et en étouffant sous le masque obligatoire obstruant les voies respiratoires, alors que les deux chauffeurs de bus polonais leur crient directives et menaces dans un mauvais Anglais. Nous attendons une heure debout comme un bétail docile qui ne sait pas à quelle sauce il va être mangé. Les chauffeurs nous interdisent de mettre nos sacs dans la bagagerie du bus car à cause de nouvelles « mesures » de l’Allemagne déclarant la France « zone rouge », nous devons d’abord montrer nos papier d’identité aux chauffeurs et remplir une curieuse attestation « Passenger Locator Card ». Cette feuille de papier A4 parle de « special rules » (normes spéciales) qui s’appliquent désormais aux voyageurs de France déclarée « high risk area» (zone à haut risque) par les « autorités de l’Allemagne » (qui ?). Nous devons remplir le formulaire car omettre ou cacher des informations peut être puni d’une « amende de 25 000 Euros ». Le formulaire exige de savoir d’où nous venons, nos noms et dates de naissances, notre nationalité, notre numéro de téléphone, l’adresse ou nous allons rester et les adresses ou nous voulons nous rendre les 14 jours prochains. En bas je distingue un questionnaire de « santé covid » – avez-vous de la fièvre, de la toux, perte de gout et d’odorat. La dernière question exige de savoir si on a eu le test du covid, quel a été son résultat et dans quel pays il a été fait !
Les gens sont comme sonnés par la violence de la charge, pressentant l’illégalité monstrueuse de la chose, mais ne pouvant se défendre car otage de la firme Flixbus qui peut leur refuser de voyager. Un homme néanmoins proteste qu’il a payé son billet et qu’il n’est pas question qu’il ne monte pas dans le bus. Les deux chauffeurs polonais, un homme et une femme, sont visiblement terrorisés eux-mêmes mais remplissent leur rôle de kapos en criant violemment sur l’homme, en appelant des agents de sécurité privés de la gare et en menaçant que la « Polizei » va s’occuper de lui à Berlin s’il ne remplit par le formulaire. Je suis très inquiète et excédée , d’autant plus qu’une Ukrainienne mal élevée me pousse dans le dos pour me passer devant. Mais je calme le jeu en parlant doucement en Polonais aux deux chauffeurs. Mes mots amènent un peu d’humanité dans cette folie et la femme finit par faire son job et enregistrer les voyageurs, leur bagages et les installer dans le bus. Elle finit par nous faire remplir les formulaires et nous les prend des mains (je ne remplis pas les adresses et ni la partie « avez-vous eu le covid ». Après tout j’ai acheté un billet pour la Pologne, l’Allemagne n’est qu’un transit). Nous partons soulagés. Alors que Flixbus a condamné les toilettes pour cause de « coronavirus », le chauffeur polonais finit par se comporter en vrai professionnel : il sait qu’il transporte des humains et pas une cargaison de bétail dans un wagon plombé sur 1300 km du Paris-Berlin. Une fois loin de Bercy, il ouvre la porte des toilettes pour nous permettre de les utiliser. Il s’arrête même dans la nuit sur une aire d’autoroute pour une pause interdite par son employeur. Tous les masques tombent au cours de la nuit, et je suis soulagée de voir le visage marquée mais humain de la femme chauffeur si stressée.
Violations des Droits en
Europe
J’examine alors le
formulaire de Flixbus et toutes les violations des lois me sautent aux yeux
immédiatement. Le formulaire ne mentionne aucune institution : quelle
institution a décrété en Allemagne la France « high risk
zone » ? Sur quelle base légale ? Un décret ? Une
Loi ? Une circulaire ? On n’a pas le droit de menacer les gens de
punition ni d’amende simplement comme ça sur une feuille de papier sans aucun
en tête d’institution publique et de faire porter la responsabilité des
menaces aux employés de l’entreprise privée, ici Flixbus. Flixbus en tant
qu’entreprise privée se rend coupable de nombreuses violations de droits en
obligeant ces clients à lui fournir des informations aussi sensibles que l’état
de santé de ses clients (« avez-vous eu de la toux, de la fièvre, aves
vous fait le test covid et quel a été le résultat » ?), leurs
adresses de résidences dans plusieurs pays, leurs numéros de téléphone. Je
soupçonne que la « Polizei » qui sert d’épouvantail est un
storytelling destiné à nous faire peur, comme souvent aussi bien dans l’affaire
Assange que dans l’affaire du Covid. En effet, nous passons la frontière sans
aucun contrôle de la police aux frontières qui elle n’a pas l’air d’avoir envie
de participer des mesures arbitraires de la folie « covidienne». Elle
laisse cela aux employés de Flixbus…
Nous avons deux heures de
retard lorsque nous arrivons à Berlin le lendemain matin. Il ne me reste qu’une
heure pour mon bus pour la Pologne. Mais alors que nous arrivons au ZOB
«(Zentraler Omnibus Banhof), un événement inquiétant se produit : le bus
rentre dans le parking de la gare, tourne un peu puis ressort. Les voyageurs se
lèvent de leur siège inquiets : où sommes-nous donc conduits, enfermés que
nous sommes dans cette boite de métal ?
Le bus contourne l’espace du ZOB et apparait alors un espèce de « camp » composé de tentes blanches derrière des barrières de sécurité gardées par des hommes en uniforme. Plus tard je verrai que le camp était estampillé « Deutsches Rotes Kreuz », Croix Rouge allemande. Le bus cale devant le camp sans cependant ouvrir la porte et les « policiers » s’approchent. Les voyageurs ont un mouvement de panique. La chauffeur polonaise a peur. Elle lâche « Polizei Polizei », crie que nous n’allons pas sortir si nous n’obéissons pas et si nous ne faisons pas le test du covid, tout en nous redistribuant les fameux formulaires. En fait de police, ce sont des agents de sécurité privée, des migrants visiblement. Je me tourne vers la chauffeur et je lui dis en Polonais que je ne vais pas en Allemagne mais en Pologne et qu’en l’occurrence forcer les gens à faire un test médical est illégal. Son collègue ouvre alors la portière et tout va très vite. Je sors la première et je cours vers l’agent de sécurité privée. Je lui crie en Allemand, mon billet à la main « Je ne vais pas en Allemagne mais en Pologne, mon bus part tout de suite ! » Il me regarde dans les yeux et il a compris que j’ai compris : « prends tes bagages et sauves toi» me crie-t-il. Je ne demande pas mon reste, j’attrape mon sac à dos et je cours de toutes mes forces pour mettre le plus possible de distance entre moi et le bus. Je rentre dans le parking du ZOB en courant. Un homme s’approche alors de moi et me demande si je « viens de Paris ». Je prends peur qu’il ne soit un flic en civil et je crie « nein » ! A tout prix ne pas être identifiée à la France, le pays des pestiférés !
Je ne peux me reposer que quand je constate que la vie se déroule à peu près normalement dans cette grande gare de la capitale de l’Allemagne. Quasiment pas de masques, sauf dans les bus au moment de monter, une pizzeria qui fonctionne, des voyageurs qui se comportent normalement, loin de la folie dans laquelle nous vivons depuis 6 mois en France. Le bus pour la Pologne est presque vide, le chauffeur est détendu. Une co-voyageuse polonaise de 70 ans me raconte sa vie dans la ville de Politze, grande ville industrielle de la banlieue de Szczecin, haut lieu d’industrie chimique construite par la Pologne Populaire et privatisée au profit des oligarques allemands. Elle me raconte que sa famille de « l’est », les territoires ukrainiens, ont reconstruit la ville des ruines, mais aussi utilisé les maisons et objets des anciens habitants allemands chassés par les décisions alliés de Potsdam. En une heure j’ai droit à une belle réflexion humaniste sur la folie de la guerre, ceux qui en ont souffert de part et d’autre de la frontière germano-polonaise désormais sur l’Oder et sur la réconciliation entre les peuples. Elle est fière de me raconter son histoire d’ouvrière polonaise et aussi de se dire « anticléricale » en m’annonçant le mariage non religieux de sa fille, ce qui pour une Polonaise est une marque importante de convictions de gauche. La Pologne telle que cette femme me présente me remplit de bonheur et d’amour. C’est cette Pologne que j’aimerais voir revivre dans la liberté et la dignité.
Nous nous trouvons dans
une phase aigüe de la lutte – la dictature qui s’abat sur la vie personnelle de
chacun fait qu’il n’est plus possible de fermer les yeux sur ce visage hideux
du capitalisme. Les groupes polonais sur Facebook « Stop à la dictature
sanitaire » et « Commission d’enquête sur les abus de la dictature
sanitaire » comptent des dizaines de milliers de Polonais qui
s’éveillent brusquement à la vie citoyenne lorsqu’ils découvrent que les restes
de leurs libertés personnelles sont abolis, que des gens meurent devant la
porte des hôpitaux publics car les médecins refusent de les soigner « sans
test covid rien n’est possible », que des enfant subissent des
maltraitances et même tortures de la part des directeurs d’écoles quand ils ne
supportent plus le masques 8 heures par jour. Des enfants sont aussi déjà
exclus des écoles immédiatement pour non-port du masque. Les parents polonais
doivent accepter que leurs enfants leurs soient enlevés et placés dans des
« institutions » s’ils ont une fièvre ou un rhume… ou sont privés
d’école, grave violation de la Convention des Droits de l’Enfant de l’ONU.
Brusquement les citoyens, privés de droits citoyens se trouvent confronté à la
nécessité de lutter pour cette citoyenneté et la révolte européenne à Berlin le
29 août dernier fut le coup d’envoi de cette insurrection.
Justement le formulaire obligatoire de Flixbus viole plusieurs droits garantis par la Charte Européenne des Droits Fondamentaux : l’article 3 qui garantit le droit à l’intégrité et notamment le « consentement libre et éclairé » de la personne « dans le cadre de la médecine et de la biologie », l’article 6 garantissant « la liberté » – (que dire d’une pratique consistant à amener des personne captives dans une boite de métal pour un test forcé que c’est une privation de liberté ? Ensuite vient l’article 45 garantissant « le droit de circuler et de séjourner librement dans l’espace de l’Union » et enfin, l’important article 8 sur la « protection des données personnelles » stipulant que la récolte des données personnels ne peut se faire que dans le cadre de la Loi et sur la base du consentement de la personne et avec garantie d’accès à ces données[2].
Flixbus n’a absolument AUCUN droit de rassembler en tant qu’entreprise privés ces données personnelles sur la santé et les lieu de circulation des citoyens voyageant dans l’UE. Mais il y a tellement de Droits Fondamentaux Humains violés depuis la privation de liberté de 400 millions d’Européens appelée « confinement » par la propagande covidienne que toutes les digues entre démocratie et dictature sautent facilement… De même ces pratiques arbitraires violent les articles 3 de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme (droit à la liberté), l’article 13 (droit à la liberté de circulation), l’article 12 (protection de la vie privée)[3]. Même le Traité de Lisbonne que nous avons tant critiqué à gauche est allègrement violé, notamment l’article 2 assurant « la libre circulation des personnes » [4]! Le Pacte des Nations Unies relatifs aux Droits Politiques et Civils a été également violé par la politique de l’enfermement pseudo sanitaire des population (article 12 garantissant la liberté de circulation dans le cadre de son pays) tandis que les tests covid obligatoires violent l’article 7 du Pacte « En particulier, il est interdit de soumettre une personne sans son libre consentement à une expérience médicale ou scientifique ». De plus, si le Pacte permet des dérogations exceptionnelles en cas de menace « grave sur la vie de la Nation », elles ne peuvent être que limitées dans le temps et surtout ne concernent pas des articles aussi fondamentaux que l’interdiction d’expériences médicales…
Il faut aussi souligner combien la politique d’embargo à laquelle
l’Allemagne soumet la France avec le pseudo argument sanitaire est aussi une
violation de l’égalité entre les Etats censés être garantie par les Traités
Européens… Le peuple français est présenté par la propagande des Etats
puissants tels l’Allemagne comme dangereux pour la « santé » de
l’Europe comme s’il était porteur de la maladie contagieuse de la
révolte ! En septembre 2020 plane sur l’Europe le spectre du système de
Vienne de 1815 quand les royaumes réactionnaires se sont ligués pendant 100
ans pour isoler la France coupable de Révolution ! Dans cette ambiance de
folie il n’est pas étonnant que la ville de Szczecin, anciennement grand port
industriel, maintenant enclavée et décrépie, m’a semblé ce 4 septembre 2020 un
havre de paix. Je n’oubliais pas pourtant que les seules protestations lors de
la fermeture de toute l’Europe en mars et avril ont eu lieu justement
ici : dans les villes de la frontières germano-polonaises, des citoyens
désespérés ont bravé la police dans des manifestations interdites car la
fermeture de la frontière avait privé ces travailleurs transfrontaliers de
moyens de subsistance. Priver l’humain de moyen de subsistance : encore
une violation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Hommes dont
les articles 23 et 25 garantissent le droit au travail et le droit à un revenu
décent !
La Fin de l’Etat de droit en Europe ?
Devant tant d’arbitraire je n’étais pas du tout assurée de pouvoir retraverser l’Europe du Nord et arriver en Angleterre pour le procès de Julian Assange alors que je quittais Szczecin accompagnée de la militante de gauche polonaise Basia W.
La route familière Pologne- Allemagne- Pays Bas- Belgique- France que je connais par cœur depuis que je suis née m’a paru brusquement jalonnée d’embuches et de dangers. Avant de partir nous remplissons le formulaire obligatoire pour rentrer en Grande Bretagne comportant nos numéros de téléphone, nos adresses de résidence et de séjour et les numéros de proches « à contacter si jamais vous avez contaminé quelqu’un avec le coronavirus », alors même que nous ne sommes pas en tant que Polonaises soumise à la quarantaine.
Si le trajet Szczecin-Berlin a été sans problème, Berlin sans touristes, restaurants vides un samedi soir du premier week-end de septembre m’a paru étrange et sinistre. Les habitants, même révoltés, même libre de masque dans la rue, même sans les annonces alarmistes dans les transports ( le slogan « contre le coronavirus ensemble restons mobilisés » du métro parisien font étrangement écho aux attentats terroristes de 1995), restent calfeutrés chez eux. Le bus Berlin- Rotterdam était donc presque vide aussi. Conduit par un chauffeur polonais effrayé comme ceux de la route Paris- Berlin, notre bus fut stoppé en rase campagne en pleine nuit par une voiture banalisée. Nous avons été sommés de sortir et alignés en rang par deux grands hommes blonds en civil et en armes comme les baqueux français. Dans cette ambiance angoissante nous ne savions même pas ou nous nous trouvions, en Allemagne ou aux Pays Bas. Les hommes, sans aucune insigne de police, (ils auraient pu très bien être des coupeurs de route ou des mafieux) interrogeaient les voyageurs sur leur lieu de destination à Rotterdam et sur les raisons de leur voyage et séjour. Arbitraire et totalement illégal, surtout qu’ils ne sont pas une Police des Frontières. Une mère de famille qui avait laissé ses trois petits enfants dans le bus est sommée de les extraire afin de les présenter aux « flics » à l’extérieur. Avant mon tour je demande au chauffeur polonais comment il a su que ceux qui lui ordonnent de s’arrêter en pleine nuit sont bien des policiers, car « ça fait peur de les voir comme ça vous arrêter sur la route». Le chauffeur désigna le panneau lumineux qui s’allumait à l’arrière de la voiture « police follow me », qui me parut bien léger comme signe de reconnaissance. Il ajoute : « Et encore, vous n’avez pas vu ce qu’ils sont capables de faire ! Lors de mon trajet précédent ils nous ont alignés avec les bagages comme pour nous fusiller » ! Le mot est prononcé, l’inquiétude monte. Ayant peut-être entendu cet échange, le baqueux hollandais entrouvre sa veste et apparait alors un un logo censé représenter son corps de police, mais toujours sans aucun numéro d’identification. Lorsque vint mon tour, l’homme vérifie ma carte d’identité polonaise, me demande ou j’habite et ou je vais et ce que je vais faire à Rotterdam. Rien, je vais à Londres chercher du travail, comme tant de migrants polonais. Et combien de temps allez-vous rester en Grande Bretagne ? Réponse de migrant : tant que durera le travail. Avec un tel interrogatoire, la liberté de circulation a bien cessé d’exister en Europe.
Dimanche matin la gare de Rotterdam, si proche du grand port qu’on
entend les mouettes crier, a des allures de monstre de verre capitaliste. Elle
ressemble au hideux quartier de Bruxelles ou sont concentrés les institutions
de l’Union Européenne. Nous sommes pourtant heureuses de découvrir un café
sans masques et sans folie hygiéniste: si la police néerlandaise protège son
pays des intrus, c’est bien parce que les élites très mondialistes de ce pays
ont la faculté de protéger leurs propres citoyens de la folie régnante
ailleurs. Les gens vivent donc normalement aux Pays Bas et dans le Flixbus qui
arrive deux heures plus tard pour nous emmener à Londres en passant par Lille
et Calais l’atmosphère pesante et violente propre à la France et un peu à
l’Allemagne s’est estompée. Seuls quelques jeunes font figure d’acharnés du
masque mais il faut dire que justement, étant en pleine santé, ils ne se
rendent pas encore compte à quelle contrainte ils soumettent leurs poumons en
respirant sous le tissu de fibre synthétiques.
A Lille de nombreux voyageurs français montent dans le bus et nous voilà
partis vers la dernière étape du trajet qui me semble la plus difficile :
le passage à Calais devant la police britannique et française avant le tunnel
de l’Eurostar. Depuis mes 14 voyages pour le procès de Julian Assange je
connais les lieux, pourtant tout me parait bizarre depuis que l’hystérie
autoritaire de la « coronaguerre ». Les policiers français
heureusement ne font pas de zèle. Alors qu’ils sont jeunes, ils sont fatigués
sous leur masques 8 heures par jour derrière leur guérite en verre et enlèvent
leur accoutrement dès qu’une occasion se présente. Nous enlevons le nôtre pour
leur présenter nos visages. Nous sommes comme les femmes saoudiennes qui
gardent l’abaya noire en permanence mais doivent bien soulever un pan du
« secret » pour montrer leur visage aux contrôle frontalier. Nous
sommes fatigués de trainer nos bagages afin de le faire passer dans le scanner
de contrôle. Puis nous remontons dans le bus et redescendons pour le contrôle
anglais. Surprise. Le passage que j’ai tant redouté se déroule sans encombre :
les policiers britanniques ne contrôlent pas du tout les fameuses
attestations ! Même les voyageurs français en théorie soumis à la
quarantaine ne sont pas inquiétés ! La fameuse quarantaine s’avère donc
être un storytelling de plus ! La police britannique dit à ma collègue
polonaise quelque chose sur la quarantaine qu’elle ne comprend pas bien mais le
papier qu’elle lui remet renvoie au site internet https://visas-immigration.service.gov.uk/public-health-passenger-locator-form
comportant le formulaire que nous avons déjà rempli. Nous sommes donc en règle
vis-à-vis de l’administration britannique. La suite du voyage se
déroule sans problèmes, nous traversons le channel, roulons sur l’autoroute du
Kent dans l’après midi et arrivons à Victoria Coach Station dans la soirée du
dimanche 6 septembre.
La City of London
Corporation n’est ni la ville de Londres ni la Grande Bretagne
Dans la soirée nous nous
installons dans l’appartement loué dans le centre de Londres, non loin de la
Old Bailey, le tribunal ou doit avoir lieu le procès et nous décidons de voir
de quoi ont l’air les lieux. Il est plus de 21 heures lorsque nous nous faisons
le tour de la Old Bailey : un énorme complexe de plusieurs bâtiments
entourés de non moins imposants immeubles de bureaux de banques et autres
entreprises sous lesquels se trouvent de profonds souterrains visibles aux
immenses portes d’entrées de camion. La Old Bailey est ainsi composée d’un
bâtiment du 19 siècle que jouxte un bunker austère des années 60. Il y donc
déjà en façade deux porte d’entrées – celle du tribunal Central Criminal Court
a l’air de recevoir des visiteurs car des barrières en délimitent l’entrée et
une vitrine affiche les audiences de la journée du vendredi 4 septembre. Une
porte cochère fermée barre la porte cochère du « Warwick passage »,
un passage qui mène à l’arrière de la Old Bailey.
Nous faisons le tour du
pâté de maison, photographions une église du 17 siècle et la « Amen
Court », un petit quartier de maison du 17 siècle qui ont survécu à
l’arrière de la Cour aux bombardements nazis qui avaient sérieusement endommagé
ce quartier central. Nous nous retrouvons aussi à l’arrière du complexe, à la
sortie du « Passage Warwick » – le complexe de la Old Bailey se
présente comme un immense complexe aux larges et hautes fenêtres, certaines
peuvent être des appartements et non des bureaux. En effet, chose
surprenante, cette nuit du dimanche il y a de la lumière dans les pièces du
tribunal. Les deux derniers étages, 4 et 5ème, sont même illuminés
d’une étrange lumière bleutée. Derrière le bâtiment se trouve un petit
square avec un banc, un parking ainsi que l’entrée principale des salariés du
tribunal. En sortant du parking nous pouvons refaire le tour du complexe sur
notre gauche et revenir vers la « Old Bailey » historique du 19
siècle avec sa haute tour et sa statue de la Justice au sommet. Nous longeons
alors la « Maison de la guilde des Couteliers » du 17 siècle avec ses
inscriptions en Français qui fait partie du complexe et un bâtiment moderne
dans lequel se trouvaient encore en juillet les bureaux de Axa. Partout, à tous
les coins du complexe, pas moins de 4 grandes portes cochères donnant sur des
souterrains. Par laquelle Julian Assange sera-t-il amené au procès ? Nous
ne pouvons pas le savoir et les avocats n’ont évidemment donné aucune
indication. Nous photographions donc les lieux pour mieux nous préparer.
Au-dessus de toutes les
portes se trouve le blason de la « City of London Corporation » – les
deux lions ailés portant un casque au-dessus de la croix de Saint Georges rouge
sur fond blanc. En effet, la City of London Corporation n’est pas la
Ville Londres, c’est l’enclave historique des banquiers et marchands, leur fief
plus ancien que l’Angleterre et plus ancien que le Royaume Uni. Julian
Assange ne comparait pas ici devant un tribunal dépendant du ministère de la
Justice britannique mais il est amené dans un lieu, un bâtiment appartenant à
la City de Londres, la fameuse place forte des banquiers. Car même si la
Central Criminal Court est effectivement un tribunal britannique qui siège dans
ce lieu, Julian Assange ne va pas être jugé par les juges officiels de la
Central Criminal Court. En réalité, dans la salle louée de la Old Bailey, nous
ne sommes plus en territoire britannique. Nous sommes dans la City.
En effet, la Cour
Criminel Old Bailey appartient à et dépend de la City of London Corporation. La
City of London Corporation est le cœur historique de Londres depuis sa
fondation par les Romains puis sous le règne des Anglo Saxons. Elle est une
association privée de commerçant et de banquiers. Guillaume le Conquérant donne
une série de privilèges à cette association appelée Cité de Londres, dont celui
de pouvoir s’autoadministrer par Conseil des Sages « Le Court of Aldermen ».
Son successeur choisit de construire sa capitale dans la commune de Westminster
qui devient ainsi la nouvelle capitale, aujourd’hui la ville de Londres. La
Cité de Londres, qui est une association d’affaires administrant un territoire,
gagne en 1186 le privilège de choisir son maire le Lord Mayor of London.
Aujourd’hui le Lord Major
of London est l’un des office électif les plus ancien au monde. Il représente
les intérêts du secteur bancaire établi dans le territoire de la Cité de
Londres et des quelques résidents. Il est de ce fait automatiquement Recteur de
l’Université de Londres et Amiral du port de Londres ce qui lui donne un grand
pouvoir indépendant du gouvernement de la Grande Bretagne. La Corporation est
le pouvoir suprême de la City incluant les plus riches de la Cité (Court
Aldermen) et le Mayor lui-même. Malgré le fait qu’il est censé faire allégeance
au Couronne de Grande Bretagne, la cérémonie annuelle de Tempel Bar ou
le Roi ou Reine doit attendre que le Mayor lui donne le droit d’entrer dans la
Cité montre l’étendue de son pouvoir et prouve que la suzeraineté de la Reine
d’Angleterre est purement symbolique. Le Gouvernement de Grande Bretagne ainsi
que le Parlement du pays n’ont aucun pouvoir ni réel ni symbolique sur le
territoire de la City of London Corporation.
La Cour Old Bailey est administrée par deux sheriff représentant les guildes bancaires de la Cité. Le Major of the City of London est à la tête de l’administration de la Cour et il a la prérogative d’y siéger de droit également. L’administrateur de la Mansion House, le siège du Mayor of City of London, est aussi le responsable de la Central Criminal Court. Depuis 2017 le directeur exécutif de la Mansion House et de la Central Criminal Court est le financier Vic Annells.Le Mayor of City of London est actuellement William Russel, un banquier de la banque américaine Meryll Linch.
Les deux sheriffs élus en 2019 par leur pairs sont aussi des banquiers. Michael Mainelli a été manager pour les fonds d’investissement anglo-américain de la City, pour des agences du ministère de la Défense et pour la Deutsche Morgan Grefell. Christopher Hayward est le sheriff lié aux intérêts de la Chine en tant que chef du CA de la Sichuan Business Association. Les deux sheriffs administrent la Criminal Court Old Bailey dont La City of London est propriétaire et doivent même y habiter le temps de leur mandat[5].
Je connaissais ces
informations avant de voir les lieux, mais je ne fus pas étonnée de lire sur le
panneau d’affichage à l’entrée de la partie « bunker » de la Old
Bailey que ce lieu a été producteur de la fameuse « Loi maritime »
britannique – le droit établi dans ce tribunal gérait tous les bateaux de la
marine anglaise et britannique pendant sa conquête du monde du Moyen Age
jusqu’à aujourd’hui ainsi que les territoires des colonies britanniques. Le
droit maritime dépendant de la Old Bailey s’étendait aussi aux territoires
établis et gérés par la Virginia Company of London[6],
autrement dit aux 13 Etats fondateurs des Etats Unis. La Constitution des Etats
unis d’Amériques et leur Déclaration d’Indépendance du 4 juillet 1776 ne
définissant pas le territoire des Etats Unis, ni leur langues, ni leur
coutumes, bref, tout ce qui fait une Nation… certains penseurs anglo-saxons
estiment que les Etats Unis restent de iure (et de facto ?) une colonie de
la City of London Corporation et ne sont donc pas un véritable Etat. Certes
indépendant du « roi anglais » comme le proclame leur Déclaration
mais toujours dépendants des banquiers de la City of London Corporation ?
Julian Assange avait bravé les deux, le pouvoir royal de la Reine d’Angleterre et celui des Etats Unis d’Amérique (anciennes ?) colonies de la City of London.
L’accueil musclé de la
City of London Corporation
Notre ballade effectuée, nous entrons dans une épicerie pakistanaise pour acheter de quoi dîner. C’est alors que se produit l’attaque policière la plus lourde et musclée de tout notre séjour. Deux policiers en uniformes entrent dans la boutique alors que nous nous approchons de la caisse. Je suis étonnée, ils ne sont pas là pour un vol, nous allons justement payer nos achats. Que se passe- t-il ? Un des policier somme ma collègue française d’abandonner ses emplettes et de sortir. Nous ne comprenons pas ce qui se passe mais nous obtempérons, tellement on est habitués par réflexe à obéir à la police même lorsque ce qu’elle est fait illégal. Je pense que c’est une erreur, surtout que l’homme, grand, blanc, jeune, musclé et roux, vêtu de noir, porteur d’une arme (taser ?) et de divers attirails, nous dit de sortir « pour information ». Mais voilà qu’une fois sorties devant la boutique, nous sommes toutes les trois encerclées par pas moins de 6 policiers, trois hommes et trois femmes, qui obéissent eux aux ordres d’un petit homme roux vêtu en civil, muni d’une oreillette et d’un talkie et qui se tient à côté d’une voiture que nous n’avions même pas remarquée. Nous sommes assez choquées, surtout qu’ils exigent de nous séparer et de parler à chaque flic séparément. Nous sommes étrangères, ma collègue polonaise vient à peine de poser le pied en Angleterre la première fois, je m’inquiète pour elle. La situation est très tendue et choquante.
Que nous reprochent ils ? D’avoir pris des photos de la Old Bailey au cours de notre promenade ! Je réponds qu’il n’est pas interdit de faire des photos de la Cour, il n’y a aucun panneau et d’ailleurs j’avais déjà fait des photos de tout le bâtiment en juillet dernier sans aucun problème. Je savais bien qu’il y avait des caméras partout, mais comme ce n’est pas interdit, je ne pensais pas que les agents de sécurité privée qui surveillent les banques allaient illico appeler la police en voyant trois femmes déambuler devant la Old Bailey et lire le panneau d’affichage devant la porte ! Ce ne sont d’ailleurs pas des policiers de Londres. C’est la police de la City of London Corporation. Ils portent une casquette à damier blanc et rouge et le logo de la City s’affiche sur leurs uniformes. Cela dit, ils sont jeunes et leurs habillement a bizarrement l’air flambant neuf. Dans l’émotion nous ne le remarquons pas tout de suite, mais les trois jeunes femmes qui nous prennent à part, deux blanches et une métisse ont des coiffures très étudiées comme si elles sortaient d’un studio de coiffure pour tournage de film. Celle qui me fouille arbore des petites tresses très compliquées à faire soi-même et à entretenir – dans les métiers de la sécurité, les femmes sont les plus souvent coiffées d’une queue de cheval facile et rapide à faire.
Ils exigent de voir nos
pièces d’identité, nous sommes deux à ne pas les avoir sur nous, après tout
nous sommes juste sorties faire un tour dans le quartier. Ils nous disent que
la carte bancaire suffit et recopient nos noms à partir de ces documents. Puis
ils exigent de voir nos photos. Nous devons ouvrir les deux appareils que ma
collègue polonaise avait utilisés. « Qu’est-ce que c’est que
ça » ? -me demande un des hommes en désignant la seule photo de mon
appareil, deux fenêtres éclairées de la Old Bailey mais pouvant provenir de
n’importe quel bâtiment. Je réponds simplement « je ne sais pas, un
bâtiment avec des fenêtres allumées ». Un autre questionne ma collègue
française sur la photo de l’Eglise Guilde Church of St Martin du 17 siècle de
la rue Lutgate Hill. Sa réponse est « c’est une église. Des Polonaises
s’intéressent forcément aux églises » ! Cela commence à faire très
bizarre d’être interrogées comme ça. Les flics ont bien cité rapidement quelque
chose qui ressemble à un article de loi mais ils l’ont fait tellement vite
qu’on n’a rien compris. On se met à leur parler. On est des touristes
étrangères qui viennent juste d’arriver à Londres. On a à peine mis le pied
dans l’appartement de location et fait notre première ballade dans le centre de
Londres. On a fait des photos d’un bâtiment certes officiel, mais historique
qu’il n’est pas interdit de photographier. Alors ?
Alors les étranges
policiers de la City of London nous disent que ce qui compte est « l’intention !
Et l’intention est de commettre un acte terroriste » ! En effet,
sous le « Terrorisme Act» il est interdit de photographier un bâtiment ou
aura lieu le lendemain « a very sensitive trial » (procès très
sensible) ! Nous y sommes… les flics de la City of London Corporation font
la chasse aux soutiens de Julian Assange qui viendraient près de la Cour !
Cela commence à m’énerver et m’angoisser. Je ne vais pas recommencer avec la
répression illégale comme celle que j’ai subie en Grèce de 2009 à 2013. Il faut
qu’on sorte de cette situation ! Nous expliquons qu’on n’a fait que des
photos touristiques de bâtiments historiques. C’est la nuit, nous sommes trois
femmes étrangères entourées de 6 flics bizarres qui ne se comportent pas en
vrais professionnels mais en milice privé – oui la police de la City of London
n’est pas une police d’Etat puisque la City of London Corporation n’est pas un
Etat ni même une ville mais un curieux territoire hybride appartenant à des
entreprises privés auxquelles la Reine d’Angleterre confère le privilège
d’avoir leur propre police. Nous ne sommes plus en Grande Bretagne, nous
sommes dans un territoire géré par une association privée, d’aucun dirait une
mafia. Quid de nos droits, alors que ce territoire n’a pas signé de
convention bilatérales avec nos pays ? Nos consuls peuvent-ils nous
aider ?
Lorsque le jeune
interrogateur me pose la question pourquoi je photographie ces bâtiments
modernes, je lui fais un cours d’histoire sur l’anniversaire du Blitz et les
souffrances que la population de Londres a enduré sous les bombardements nazis.
Je suis sensible en tant que Polonaise dont le pays a été entièrement détruit
par les nazis à cette terrible histoire de la destruction du cœur historique de
Londres et de sa reconstruction après la guerre. Je voulais montrer à ma jeune
amie polonaise le contraste entre les restes de l’architecture du 17 siècle et
les bâtiments reconstruits dans les années 50 et 60. L’homme parait un peu
impressionné par mon laïus et me fait un discours similaire sur sa famille
pendant le Blitz. En fait, je ne l’écoute pas, je stresse à l’idée de ce qui
peut se passer maintenant. En effet, ce n’est pas fini.
Ils cherchent quelque chose et se dévoilent vite. Chacune de nous est séparément sommée de dire si elle connait Julian Assange et ce qu’elle pense de Julian Assange. Et si elle vient pour le procès. Pas question. Nous répondons toutes la même chose, nous sommes venus en tant que Polonaises chercher du travail et comme on est dans le centre-ville on fait un tour touristique. La fliquette qui m’interroge est goguenarde. Elle me demande ou on habite, je donne la rue. L’appartement évidemment trop cher pour des migrantes. Je lui réponds « c’est une opportunité », rajoutant qu’à mon âge j’ai plus d’argent que ma jeune collègue. Elle me pose des questions sur le boulot que je vais faire, et quand je vais rentrer. Elle insiste sur Julian Assange, je vois bien qu’elle ne me croit pas, j’ai la tentation de dire la vérité, après tout nous ne faisons rien de mal. Nous ne violons aucune Loi en tant qu’association des Droits de l’Homme. C’est eux qui violent les Lois en maintenant un homme en otage captif depuis des années et en le faisant juger par un pseudo-tribunal d’entreprises privées.
Au final toutes les trois
nous finissons par dire « puisque vous nous dites que ce procès est
sensible et qu’il est si important et qu’il n’est pas interdit d’y assister,
alors oui, nous avons envie d’y aller » !
Ce n’est pas fini. L’intimidation continue. Alors que les jeunes flics semblaient avoir fini leur exercice de contrôle sur nous, le chef en civil qui se tient plus loin leur donne un ordre de continuer. Voilà que la fliquette aux nattes bien arrangées se saisit de mon sac et commence à me sortir une tirade sur les articles de loi anti terroristes selon lesquelles elle va me fouiller. Elle ne se présente pas et n’a pas de numéro d’identification sur elle, contrairement à ce que la Loi selon laquelle elle prétend agir exige (comme le montre leur propre attestation ci-contre). Une fouille au corps ici dans la rue me semble bizarre et inappropriée. Je saisis mon téléphone et je commence à composer le numéro du consulat polonais. Je lui dis « puisque vous m’accusez de terrorisme, cela commence à être sérieux. Je ne comprends pas ce que vous dites. J’ai droit à l’assistance d’un interprète et d’un avocat. Je téléphone donc à mon consul pour que le consulat polonais nous prête assistance ». La jeune femme bafouille et fait marche arrière : « non, vous n’êtes pas accusé de terrorisme, mais en vertu de la Loi terrorisme Act nous pouvons contrôler votre sac et vous fouiller dans la rue » ! Je réfléchis. Après tout nous n’avons vraiment rien dans nos sacs. Je décide de me laisser faire. La femme met des gants et procède à une palpation de sécurité malhabile et pas très professionnelle. La femme qui fouille ma collègue française fait tellement mal son travail que sa palpation s’apparente à une agression sexuelle. Je suis inquiète pour mon amie polonaise qui a subi en 24 heures 2 contrôles musclés de flics à peine arrivée dans le pays depuis 2 heures ! La rousse aux tresses ouvre mon sac et en sort tous les objets. Elle regarde mon agenda à la date du 5 et du 6 septembre, inspecte le roman érotique en Français j’ai avec moi comme porte-bonheur (« c’est quoi » ? « un roman érotique »). S’ils s’attendaient à des affiches ou tracts pour Assange, ils sont déçus, il n’y a strictement rien dans mon sac et heureusement. Cela dit des policiers professionnels cherchent des armes ou de la drogue, et ne passent pas leur service à inspecter des agendas personnels et des livres comme s’ils étaient déjà devenus une police politique de la pensée.
Finalement, la fliquette
rousse remet mes objets dans mon sac, mais un des hommes, un de ceux qui
décident, sort et exhibe mon Gilet Jaune toujours dans la poche de mon sac.
« Qu’est-ce que c’est » ? Il est ironique. Il cherche à me faire
avouer que je fais partie du mouvement des Gilets Jaunes. En Occident la police
politique a commencé. Je lui dis tranquillement « un gilet jaune pour le
vélo ». Je me tiens prête à appeler le consulat si jamais cela
dégénèrerait.
Enfin, c’est fini, les
élèves flics n’ont rien trouvé. Elles nous demandent si on veut des
attestations de la fouille. Oh que si ! Pour avoir la preuve que vous
n’avez rien trouvé ! Pendant que les fliquettes s’appliquent à remplir un
formulaire des plus succincts qui ne raconte aucunement la brutalité
psychologique de leur intervention sur nous, l’homme en civil décideur fait
mine de parler de fouiller notre domicile. Là je m’énerve et je lui dis
« Non. Pour cela vous devez présenter un ordre écrit». Il n’insiste pas. Visiblement,
tout cela est bluff et storytelling destiné à nous impressionner. Il n’a
aucun document nous incriminant pour aucun délit. Photographier la Old Bailey
n’est pas interdit et si cela l’était cela doit être visible par écrit.
Photographier un bâtiment n’est pas synonyme de préparation d’attentat
terroriste. Elles vont loin cependant, dans l’intimidation, les polices privées
de Lord Mayor de la City of London.
La policière métisse qui
inspecte notre collègue française finit par lui dire, alors qu’il nous démange
de leur poser la question cruciale « mais qui êtes-vous » ?
« Nous ne sommes pas la police britannique mais celle de la City of
London. La City of London, c’est quelque chose de particulier. Vous voyez le
Vatican ? Nous sommes comme le Vatican. Indépendant de le Grande
Bretagne ». Je pose aussi la question qui cible le pouvoir à mon
inspectrice rousse. Elle confirme : la milice de la City of London
Corporation est indépendante du gouvernement britannique. Nous sommes en
territoire hostile, mais un territoire qui n’est pas un sujet du droit
international, pas un Etat, mais une entreprise privée.
Ils nous relâchent. Nous
sommes sonnés et rentrons à l’appartement. Le papier que ces
« policiers » nous envoient ne mentionnent pas quel est le résultat
de leur fouille dans nos sacs et sur nos corps. Il est dit uniquement
« des femmes ont photographié la Old Bailey la veille d’un procès
sensible ». Dès le lendemain matin la Old Bailey sera photographiée des
dizaines de milliers de fois et aucun des supporters de Julian Assange ne sera
inquiété.
C’est cette nuit qu’il ne
fallait pas qu’on voit ce qui se passe à la Old Bailey. Que se passait-il donc
de si particulier cette nuit de veille du procès ?
Le papier de la police
que nous récupérons dans notre boite mail ne donne aucun résultat de leur
fouille, ce qui est inquiétant. Par contre il stipule que bien que la police
n’a le droit de procéder aux fouilles que si elle « des raisons de
suspecter que tu a volé quelque chose ou que tu portes des armes offensives,
des drogues ou quelques choses qui peut être utilisé pour un vol, un
cambriolage ou pour commettre un dommage criminel ». Visiblement
l’objet que les milices de la City considèrent comme une arme possible est un
appareil photo ! Bel exemple de mise en place d’une dictature que de
pénaliser des preneurs d’images la veille d’un procès pour journalisme ! La
dictature de milices privées en marche en Europe, il n’y a pas de doute !
[1]
Joshua Levine « The secret story of the Blitz », Simon and Shuster,
2015, London
Formulaire illégal de Flixbus recueillant des données de santé des voyageurs francais – violation de l’article 3 et 8 de la Charte Européenne des Droits FondamentauxAttestation de fouille anti terroriste de la milice de la City of London Corporation
Lundi 7 septembre 2020 –
premier jour à la Old Bailey
Nous sommes stressés par
l’incident policier et je ne peux pas me lever au plus tôt. Nous n’arrivons à
la Old Bailey qu’un peu après 6 heures du matin. 4 personnes sont déjà debout avec
deux pancartes devant le rideau tiré du Passage Warwick. On ne sait pas si
c’est bien ici que public va entrer mais nous n’avons pas le choix que de nous
placer à leur suite. On les salue et on reste polies mais la tension montera
vite et restera vive toute la journée. Jamie, Sandra, le journaliste allemand
Moritz Müller et deux autres hommes jouent le rôle de « chauffe
place » – ils font la queue pour d’autres et cèderont leur place à la
dernière minute. Ce ne sont évidemment pas des règles équitables du premier
arrivé premier servi, j’estime qu’il n’y a pas de personne plus importante que
d’autres et personne ne doit servir de larbin à quelqu’un, mais ce n’est pas le
problème le plus aigüe. Le plus dur est que même si nous restons calmes, les
« supporters » se sentent autorisés à resquiller et nous passer
devant, de sorte qu’au bout de 3 longues heures d’attente alors qu’un agent de
sécurité ouvre la grille et que nous pouvons rentrer dans l’étroit boyau du
passage, nous nous retrouverons dixièmes dans la file alors que nous étions
cinquièmes le matin.
Une femme au chapeau de
paille, un homme viennent se mettre devant nous et nous poussent des coudes
pour nous faire partir. Puis ils et elles nous agressent de diverses manières,
d’abord en criant que nous les agressons (la fameuse inversion du bourreau qui
crie être victime…), en jouant les kapo du « social distancing » ou
en nous interpellant méchamment sur la quarantaine que les Français sont
obligés de faire. Je réponds qu’ils n’ont qu’à faire 3 pas en arrière pour
avoir leur « social distancing », tout en mettant le masque muselière
qui ici devient un accessoire utile de démonstration de notre bonne volonté à
respecter les codes sociaux. Je dis aussi que je suis Polonaise donc exemptée
de quarantaine mais l’ambiance est irrespirable car la violence des
« supporters » augmente au fur et à mesure que l’heure avance.
Dès 8h30 alors que la
police de la City of London est sur place et que la manifestation en faveur de
Julian Assange grossit devant l’entrée principale, nous savons déjà qu’il
n’y a que DEUX places dans la galerie du public ! Les prétextes sont
fallacieux et le covid joue un rôle de choix dans l’annulation de la publicité
du procès, encore une violation des droits que nous subissons partout sur tout
notre continent européen. Nous tous, avec Julian Assange.
Mais je persévère,
d’autant plus qu’une des policière, une dame d’une soixantaine d’année, grande
blonde masquée, vêtue de l’uniforme au damier blanc et rouge de la City of
London Corporation qui semble diriger les opérations s’approche de nous
vers 8h00 et nous permet de rester faire la queue pour demander à la Cour si
notre association de défense des droits de l’homme pourrait recevoir une
accréditation pour le lendemain. Elle est affable et n’a rien à voir avec les
gens bizarres que nous avions subis la veille. Les « vrais »
policiers ne semblent pas du tout être les mêmes, aucun de ceux d’hier ne sont
présents. Les uniformes nickels et les coiffures apprêtées des femmes de la
fameuse patrouille de nuit nous semblent de plus en plus ressembler à du décor
de cinéma. La voiture des policiers de la City of London est noire alors
que celle des policiers britanniques sont bleues et jaunes. Quelques policiers
de la Grande Bretagne seront présents mardi et mercredi mais tout comme devant
la Westminster ils resteront courtois et discrets.
A 9h30 la tension est à
son comble. La manifestation organisée bat son plein devant le bâtiment
historique. Certains aspects font penser à un spectacle ridicule et
décalé : un homme se promène jambes nues vêtu d’une jupe au couleurs de
l’Irlande, une femme porte un costume de kangourou censé représenté le
« kangurou court » le procès « kangourou ». Une autre
distribue des tracts pour « l’avènement de Jésus » tandis que des
acteurs grimés déambulent avec un simulacre de croix. Je ne pense pas que
cette mise en scène mette en valeur l’engagement politique de Julian Assange.
J’aurais préféré voir des vrais militants politiques, des syndicalistes, des
membres du Parti communiste, du Labour de gauche, des associations de droits de
l’homme anglaises… Mais ces représentants de la vraie société civile anglaise
ne veulent pas toucher à l’affaire Assange comme si la complexité de la
question les déroutait. Il est vrai qu’ils auraient alors besoin de nettoyer en
profondeur leur société, les contradictions de leur système politique féodal
(la City of London en tant que fief féodal du suzerain de la Couronne d’Angleterre)
et ils semblent reculer devant cette tâche herculéenne.
En tant qu’étranger
luttant pour la liberté d’un homme otage nous n’avons pas ces hésitations et
nous devons aller de l’avant parce que notre liberté est liée à la sienne.
A 10h un agent de
sécurité privé, assez âgé, ouvre la porte de la galerie du public dans le
Passage Warwick. Il fait entrer les familles des quelques autres
« cas » – Maurice Robinson et Christopher Kennedy, deux jeunes
routiers anglais accusés d’avoir assassiné 14 migrants vietnamiens en les
laissant mourir dans leur camion frigorifique en novembre 2019 ainsi que la
famille d’un homme ayant tué sa femme. Les quelques 10 personnes montent les
escaliers alors que nous restons devant la porte.
La confusion s’installe
alors et la pression physique des personnes « chauffe place »
augmente sur nous. Nous sommes accusés de tous les maux dont se rendent en
réalité coupable ces gens qui sont censés être nos alliés dans la défense de
Julian Assange. On dirait un scénario bien huilé pour nous empêcher d’entrer en
nous faisant perdre notre sang froid. Comme je connais le scénario depuis un an
et 14 audiences, je ne me démonte pas.
Les lieux et les
protagonistes du « jeu »
Puis brusquement la
situation se débloque : un agent de sécurité jeune vient prêter main forte
au plus âgé. La porte d’entrée vers la « public gallery » s’ouvre. Les
agents annoncent « la famille » de Julian Assange qui a priorité.
Avec je vois arriver John Shipton et puis avec surprise le trio de février et
composé du frère de John Shipton, de la femme de celui-ci et du fils du frère.
Je ne les ai évidemment vu à aucune audience intermédiaire à la Westminster
Court. Stella Moris est également absente, elle ne sera JAMAIS présente dans
les lieux avec la famille. Par contre Craig Murray leur emboite le pas. Je
suis fatiguée de cette opacité – qui décide de qui est la famille ? – mais
je ne peux rien faire. Pire, une fois que les cinq de la Woolwich Court
rentrent dans l’étroit escalier menant aux étages, des conciliabules entre
Deepa River et les agents de sécurité commencent car les militants
« chauffe-place » ont dégagé la place. Ces négociations opaques ont
comme résultat l’entrée de Kristinn Hrafnsson, de Fidel Narvaez et de John
Pilger dans l’escalier. Pilger n’a évidemment jamais fait la queue,
contrairement à Fidel Narvaez que j’ai vu depuis le matin mais qui a pu
circuler librement sans être acculé à tenir la porte comme nous pour ne pas
être viré. Je suis alors en colère, surtout quand je pense aux immenses efforts
que nous avons dû faire pour arriver là…. Mais je reste stoïque, essayant
cependant de discuter avec l’agent de sécurité d’une « accréditation pour
association de défense des droits de l’homme ». L’homme me regarde et dit
qu’il n’y a pas de place dans la salle 10 « à cause du coronavirus »
mais à son attitude je comprends qu’il faut persévérer.
Nous sommes maintenant
les deux Polonaises devant la porte. Entre l’entrée principale dans la rue et
notre porte s’active G., la mystérieuse militante que j’ai toujours vue, toutes
les fois à toutes les audiences depuis 1 an. G. a d’abord été hostile vis-à-vis
de moi, puis amicale lorsque nous avons fait cause commune contre les listes de
Greekemmy. Elle a assisté aux 4 jours à la Woolwich Court et je l’ai revue en
juillet et août dernier à la Westminster. G. parle un Anglais d’Oxford de très
haut niveau et on ne sait rien d’elle ni comment elle fait pour toujours
entrer. J’ai été peinée ce matin lorsqu’elle m’a attaqué vertement dans la
queue en resquillant alors même qu’elle était arrivée après moi et au final je
la vois me passer devant. Elle a l’air d’avoir un certain pouvoir car elle
négocie avec les agents de sécurité et des responsables de la Cour l’entrée de
deux autres protagonistes du jeu que je connais depuis la Woolwich, Rebecca
Vincent de Reporter Sans Frontières UK et Christian Mihr de Reporters Sans
Frontières Allemagne. Je ne peux cependant comprendre la teneur des
échanges car je ne peux quitter mon poste dans le sombre boyau du passage
Warwick pour aller vers l’entrée principale dans la rue.
Lorsqu’elle me pousse
pour se retrouver devant moi face à la porte, je réagis. D’un ton gentil,
presque suppliant je lui dis : « Pourquoi tu me fais cela. J’ai
toujours été loyale avec Toi ». Elle continue dans la veine agressive,
m’accusant de la pousser et me parlant du fameux « social
distancing ». C’est une pose. Alors, je lui dis simplement : « Qui
es-tu ? Comment se fait-il que tu entres toujours ? Tu as dit être
chercheuse, mais je n’ai jamais rien lu de ce que tu as écrit ». Alors, la
femme réprime un sourire. « Tu ne sais pas sous quel nom j’écris ».
Non, effectivement elle n’a jamais voulu dire son nom. Puis son visage devient
sévère, déterminé, mais également effrayé : « Je fais cela pour
mon pays » dit -elle. « Tu n’as pas remarqué qu’il n’y a aucun
Britannique dans cette affaire » ?
Si j’ai remarqué. Que des
Australiens et des Allemands. Et ici c’est le lieu international de la Cité des
Banquiers mondiaux par excellence. Je bafouille, surprise, je parle du frère de
Shipton, ne vit-il pas ici ? J’en oublie que Craig Murray est censé avoir
été diplomate de Sa Majesté. Mais pour elle, il ne représente ici pas son pays.
Porte cochère de livraison qui donne sur de vastes sous sols pourvus en cellule, une cantine…
Tout va alors très vite.
La porte s’ouvre. Kristinn Hrafnsson apparait suivi de John Pilger. Les deux
hommes quittent les lieux après une heure seulement. L’agent de sécurité
annonce qu’il peut nous faire entrer. Georgia la première, puis moi, puis les
deux de RSF. Je donne mon téléphone portable à ma coéquipière polonaise et je
devrais aussi jeter ma bouteille d’eau et mes biscuits, toute alimentation
étant interdite. Le passage vers la galerie du public est un étroit boyau tout
en bois sombre et au linoléum fatigué qui me rappelle l’architecture
stalinienne du tribunal de Varsovie dans les années 90-93. Dans un minuscule
entresol se trouve le PC de l’agent, ainsi qu’une caisse en métal – un
détecteur de métaux modèle des années 80. Une fois que nos sacs passent dans la
caisse et que l’agent n’a rien trouvé d’interdit, nous traversons un portique
de sécurité. Il est assez sensible car mes chaussures sonnent chaque fois. Dès
que je suis libérée de la fouille, je me mets à courir pour ne pas perdre ma
place. Trois grands étages à gravir d’un escalier bunkérisé sans fenêtres, un
plancher en lino sale, des toilettes dans les entresols derrière de lourdes
portes en bois foncé (les toilettes femmes sont condamnées pour cause de
corona, il faudra aller dans les toilettes hommes, garnies de lavabos et de pissotières
modèle des années 1960. Personne n’a jamais rénové ni modernisé ces lieux qui
n’ont d’ailleurs pas l’air très fréquentés).
Je croise au 1er, 2ème et
3ème étage les familles des autres accusés qui attendent dans un petit
vestibule sur le palier. Je dois courir tout en haut, au 4ème étage de cet
escalier, 5ème et dernier étage du bâtiment et j’arrive essoufflée. Sur le
palier une femme blanche âgée en uniforme blanc et noir masquée me dit
d’attendre. Elle se concerte avec une autre agente assise dans le couloir dans
un renfoncement devant un écran de caméras. Les caméras de surveillance montrent
l’escalier et elle doit en plus surveiller le couloir. Pas de PC sécurité, je
me fais la réflexion sur les conditions de travail lamentables des prolétaires
anglais si obéissants. Les deux femmes me disent de les suivre. Dans l’étroit
et sombre couloir nous longeons la « Court Room 10 » et elles ouvrent
la porte suivante « Court Room 9 ».
Je descends dans la
galerie du public, je m’assieds sur une des nombreuses chaises vides. G. est
derrière moi loin de moi, à ma gauche au fond je retrouve Fidel Narvaez mais
Rebecca Vincent et Christian Mihr ne se formalisent pas du « social
distancing » (et je ne leur en veux pas) et se placent dans la rangée
juste derrière moi un peu en hauteur. Je ne suis pas dans le « Saint
des Saints », ce lieu est la Courtroom 10. Je suis dans une salle
mitoyenne qui accueille les journalistes et le public sommés de suivre les
débats de la salle 10 sur deux écrans video placés de part et d’autre de la
pièce.
J’enrage quand je compte
le nombre de chaises vides : 40 places dans la galerie du public répartis
en 4 rangées et nous ne sommes que 5 ! Le Coronavirus permet décidemment
abolir toute règle d’Etat de Droit alors qu’il y a largement l’espace pour
faire entrer 20 personnes ! En bas du balcon de la galerie, je compte dans
la salle elle-même 50 chaises occupées seulement par 15 personnes ! Et il
y a aussi à droite de la salle le box des accusés ou pas moins de 10 places
restent vides ! En tout 100 places dont 80 vides !
Le public des
journalistes est donc très clairsemé. La salle est une salle d’audience comprenant
une grande estrade avec haut fauteuil en cuir pour le juge (quelques livres de
droit gisent sur ce bureau) à droite de la pièce. En dessous de l’estrade se
trouve, en face des participants au rituel, le non moins confortable fauteuil
du greffier. Ici le siège est occupé par… Rosie Sylvester, la manager que
nous connaissons si bien de la Westminster ! Elle est habillée d’un
tailleur bon marché et tape sur un ordinateur en regardant vaguement l’écran de
l’audience. Elle a droit à de l’eau, une bouilloire pour le café et à des
objets personnels qui attestent que c’est son lieu de travail actuel. Elle
ne travaille donc pas pour la Westminster Court mais pour « le cas
Assange »… Il n’y a dans la salle aucun personnel spécifique de la
Criminal Court Old Bailey car ce n’est pas cette Cour qui juge Assange. Cette
Cour est le lieu où ça se passe, comme si on avait loué une salle pour une
réunion qui ne peut plus se tenir nulle part ailleurs. Il se peut cependant
que Rosie Sylvester et Vanessa Baraitser travaillent pour l’entreprise privée
Prudential qui est en réalité propriétaire du bâtiment central au 179-185
Marylebone Road et qu’elle loue à la Westminster Court, comme le prouve le
document du cadastre N° NGL900525. Les bâtiments des tribunaux ont été
privatisés depuis longtemps en Grande Bretagne et le propriétaire Prudential
peut très bien louer des salles de réunions pour d’autres objectifs à
d’autres personnes morales et privées et salarier des employés directement ou
en sous-traitance. Le « Procès Assange » peut en réalité être un
spectacle menée par une entreprise privée qui emploie les protagonistes en
salariés. Un bâtiment comme la Old Bailey dans un lieu quasi extraterritorial
garantit à cette entreprise privée organisatrice une impunité totale.
Nous allons croiser Rosie
en route vers son bureau tôt le matin vers 8 heures cheminant par le passage
Warwick vers l’entrée du personnel à l’arrière du bâtiment. Les agents de
sécurité et de jeunes stagiaires passent aussi par cette entrée.
Ici salle 9 Rosie est
assise dans l’axe de la pièce comme si elle se trouvait en face de Vanessa
Baraitser derrière le mur à droite. En face de moi, perpendiculairement à Rosie
se trouvent 3 rangées de 25 places, dont la moitié est condamnée avec des
rubalises à droite alors qu’à gauche seules 4 places sont occupées par des gens
écrivant sur des ordinateurs (des journalistes ?), des hommes aux
physiques passe partout. Un homme se détache néanmoins de la masse : il
est plus costaud, aux cheveux roux et visages rond. Il a un notebook mais aussi
un téléphone portable non éteint qui fait du bruit lorsqu’arrivent les
messages. Il a l’air de sourire en regardant l’écran pile en face de lui. Il
suit très attentivement le déroulé comme un réalisateur le scénario de son
film, tout en faisant de nombreux gestes ponctuant son observation. De
temps en temps il note sur son téléphone (privilège car nous n’avons droit à
aucun outil ni même à un bloc-notes et stylo !). Le lendemain je
découvrirai qu’il est probable que ce soit le producteur de cinéma et de
spectacle Hamish Hamilton.
L’Allemagne dans la Old
Bailey
Les autres personnes ne
sont pas journalistes non plus : je découvre avec stupeur la députée au
Bundestag deDie Linke Heike Hänsel assise juste en face de Rosie
Sylvester dans la première rangée. Derrière elle se trouvent deux jeunes
hommes. Celui de gauche, un jeune roux aux lunettes, s’avère un représentant
de l’Ambassade de l’Allemagne ! Je l’apprends car Rebecca Vincent a
bien spécifié à l’agent de sécurité qu’elle est pistonnée par l’ambassade de
l’Allemagne dans les lieux. Sitôt arrivée Vincent et Mihr ont droit aux saluts
de Heike Hänsel qui leur désigne le jeune homme comme leur contact de
l’ambassade. Je n’entends pas son nom mais il apparait clair qu’il est un
personnel politique de la mission diplomatique.
Derrière eux une femme
brune à la veste vert foncée me parait avoir été parmi les journalistes qui
fréquentaient le procès depuis 1 an. A sa gauche sont assis trois hommes roux
ou blonds aux allures très « baba cool ». Toutes ces personnes se
parleront Allemand entre elles le lendemain et le surlendemain. Il n’y a
presque pas de Britanniques ici, oui. Par contre l’Allemagne en tant qu’Etat
est très présente par sa député et ses diplomates.
L’Allemagne est très
présente en particulier dans le dossier Assange, sans toutefois que les véritables
chefs du projet 04 Wikileaks « Freedom of Expression » de la Wau
Holland Siftung, sis au 25 Marienstrasse à Berlin, Andy Müller Maguhn, Bernd
Fix, Klaus Schleisiek n’aient le courage d’assumer ouvertement leur
responsabilité et prendre la place de leur ancien ami et salarié Julian Assange
dans le box des accusés. Ce sont pourtant eux les vrais chefs
de ce projet de la Wau Holland qui perdure aujourd’hui et dont Müller Maguhn
assume la direction. Assange ne fut que la belle gueule, la vitrine de
Wikileaks, pour laquelle le public donnait de l’argent séduit par son physique
et son apparente honnêteté. Müller Maguhn, Fix, Schleisieck et les autres dirigeants
de la Wau sont toujours restés dans l’ombre et ne sont donc pas inquiétés par
la justice américaine tandis que leur marionnette Assange est livrée en pâture
au Grand Inquisiteur. Il faut dire les choses brutalement car elles sont ainsi,
preuve dans les rapports d’activités de la Wau Holland que j’ai étudié avec
soin[1].
L’Etat Allemand a l’air
de vouloir protéger sa fondation et ses citoyens, à défaut de soutenir Assange.
L’Allemagne est ici chez elle dans cette affaire.
Qu’un procès se déroule en présence d’un Etat étranger est une pratique
impensable en droit mais il ne faut pas oublier qu’ici nous ne sommes pas en
Grande Bretagne mais à la City of London Corporation, la Guilde des Marchands
de Londres. Si les Sheriffs qui gouvernent le bâtiment de la Cour et le Lord
Mayor de la City acceptent l’influence de l’Allemagne sur leurs institutions,
je me demande si le gouvernement britannique a son mot à dire sur ce qui se
passe dans ce lieu- une enclave comme le Vatican sur son territoire…
Alors je regarde l’écran
suspendu sur le mur à l’opposé de la galerie. Et je ne vois hélas pas
grand-chose car il se trouve à 20 mètres de moi et l’image est floue. Le son
est également peu audible. Je distingue néanmoins la salle 10, avec Baraitser à
gauche sur une estrade, Fitzgerald et Summers en chemise blanche en face d’elle
devant des tables, Lewis et Clair Dobbin à leur droite. Au fond je distingue
vaguement des têtes. Lorsque les avocats parlent, la caméra ne montre pas
Julian Assange. Ce n’est que lorsque le procureur parle que la caméra se tourne
à gauche et je peux distinguer de très loin le box des accusés … et une
tâche blanche au visage blanc vêtu d’un habit vaguement marron entre deux
gardes à chemises blanches. Julian Assange est là, oui, mais comment en
être sûr que c’est bien lui alors qu’on ne voit rien de son visage qu’une tache
blanche ! Une autre tache blanche est assise devant lui, une femme avec
des cheveux noirs. Gareth Peirce est présente aussi derrière Fitzgerald, toute
en noire alors qu’elle n’apparaissait plus depuis février. Au fond de la
salle, à gauche d’Assange, des têtes indistinctes. Comment peut-on appeler cela
un procès équitable ? Un procès secret digne des temps féodaux oui. Mais
la City of London Corporation est toujours régie par des Lois datant des temps
féodaux toujours valables et la Grande Bretagne a toujours dans son système
politique des éléments de féodalité comme le pouvoir de la Reine sur certaines
institutions sociales, politiques juridiques et scientifiques. La City of
London Corporation est censée avoir fait allégeance à la Reine qui est son
suzerain direct selon les coutumes datant de 1186 !
Dans un tel espace nous
ne pouvons espérer le respect des Droits de l’Homme car les Lumières n’ont
jamais réussi à pénétrer ce lieu clôt, feutré, violent et puissant.
Comme je n’ai pas le
droit de prendre de notes, je n’ai pas retenu la plaidoirie de Summers et la
réponse du procureur. Je sais juste que pendant une heure l’avocat de Wikileaks
a essayé de plaider l’impossibilité d’accepter les nouvelles accusations des
Etats Unis avec l’argument d’un envoi trop tardif des documents. Il ne conteste
donc pas le fond et reste dans le cadre d’un « case management
hearing », une audience d’organisation.
Au bout d’une heure,
c’est la pause midi. Les agentes de sécurité viennent nous virer. Je n’ai pas
le choix que de sortir. Je parais tellement fatiguée que les femmes me disent
d’enlever mon masque pour souffler. Je regarde la porte de la salle 10, la
Famille a déjà quitté les lieux, je ne verrai ni Julian Assange ni personne par
une porte entre-ouverte.
Nous devons manger et
nous reposer, ayant atteint les limites de ce qu’un être humain peut endurer
sans repos et sommeil. Nous revenons trop tard, à 15 heures. Les militants
« chauffe place » sont là, ils se moquent de nous. Je reste un peu
devant la porte jusqu’à ce que quelqu’un sonne et que l’agent de sécurité ne me
voit. Il me dit poliment que pour aujourd’hui c’est impossible mais que je peux
revenir demain.
Je rejoins les quelques
amis qui participent à la manifestation carnavalesque devant la porte principale
de la Old Bailey. Puis à 16 heures nous nous retrouvons avec eux à attendre
devant la porte cochère de la rue Newgate (nom de la prison qui desservait la
Criminal Court tout au long de l’histoire de la City et de Londres). Cette
immense voûte commande l’entrée du passage entre le bâtiment de la Old Bailey
du 19 siècle et les bureaux d’Axa à gauche avec au fond au la Maison des
Couteliers. Le passage arrive dans la petite cour intérieure de la Old Bailey
qui est aussi l’entrée des salariés (à voir sur le plan Google)[2].
La chasse à la photo de Julian Assange dans son fourgon est organisée par la
meute de photographes, présents en nombre le premier jour, nettement moins
assidus les jours suivants.
Comme en décembre 2019 et
en janvier dernier les photographes se ruent sur les 4 fourgons sortants et sur
une grande berline noire aux vitres teintées. Ils flashent l’intérieur puis
regardent leur photo pour reconnaitre Assange. Ce n’est jamais lui, ils
persévèrent donc. On a compris qu’il faut les suivre, puisque leur but est de
vendre la photo et qu’ils cesseront une fois leur butin attrapé et envoyé à
leur rédaction. Pourtant les pauvres types qui sont sortis par la porte dans
les fourgons ont l’air d’être les autres accusés de la Criminal Court jugés inintéressants
par les médias. A un moment donné nous demandons aux photographes s’ils ont eu
la photo. Ils démentent, nous ne sommes pas certaines qu’ils disent la vérité. Peut-être
que oui puisqu’aucune photo d’Assange n’est finalement publiée. Dès que la
dernière voiture est partie, la police lève le camp immédiatement. Etrange
procès ou nous avons subi tant d’intimidation pour finalement voir de nos
propres yeux qu’il n’est pas si « sensitive » que cela aux yeux des
« vrais » autorités.
Julian Assange reste
visiblement piégé en captivité à l’intérieur de la Old Bailey. Il n’est pas
sorti de la semaine Après tout, dans la Old Bailey il y a tout ce qu’il faut
pour tenir un siège : de vastes souterrains visibles
quand les camions de livraisons amènent les plateaux repas et le matériel de
tournage et d’enregistrement, une cantine, une cuisine dont on entendait les
bruits dans le passage Warwick… Et certainement des appartements en haut et des
cellules en bas. La nuit, les 4 et le 5 èmes étages correspondant aux salles 9
et 10 et à leurs couloirs et galeries seront illuminés de leur lumière bleutée.
Quelqu’un dort et travaille ici la nuit, incontestablement.
Mardi 8 septembre 2020
Devant la Old Bailey de jour
Le lendemain après une
bonne nuit de repos nous arrivons beaucoup plus tôt, à 5h30. Le passage Warwick
est ouvert et désert. Jamie arrive vers 6 heures, suivi de Sandra et de Deepa.
Il est désappointé de nous voir avant lui et nous en fait la remarque
« cette fois vous avez été plus vite » ! Je ne lui en veux pas
mais je suis agacée. Pour nous ce n’est pas un jeu à « qui arrive le
premier ». Nous ne sommes pas comme ces « Titouchki » ukrainiens
ou biélorusses, ces gens payés par les fondations occidentales 100 Euros par
jour pour participer aux fausses manifestations de « révolution de
couleur » contre Janoukovitsch ou Loukachenko. Personne ne nous paye, au
contraire, nous donnons nos forces et nos ressources pour la lutte commune. Je
n’ai rien contre Jamie, mais il est certain qu’il n’écrira jamais aucun compte
rendu puisqu’il n’assistera jamais à aucune audience de lui-même.
Comme hier notre attente
dure longtemps, il commence à faire froid en cette matinée de septembre
londonien. J’ai amené mon sac de couchage qui me sert de couverture. Vers 8
heures des personnes commencent à se rassembler devant la Old Bailey. Il y en a
nettement moins que la vieille. Le storytelling effectué, nos chers
journalistes passent à une autre nouvelle. Les employés traversent le passage
pour se rendre vers l’entrée des salariés dans la cour. Rosie Sylvester passe
vers 8 heures mais ne répond pas à notre salut. Ce jour là il y a nettement
moins d’audiences « normales » et plus aucune famille ne fera la
queue côté passage Warwick. La véritable Cour Criminelle travaille aux étage 1,
2 et 3, le public fait la queue devant l’entrée principale. L’entrée du passage
Warwick et l’escalier qui y débouche est uniquement destiné au « cas
Julian Assange » comme si c’était une réunion d’une association ou
d’une entreprise privée qui aurait loué des salles inoccupés aux deux derniers
étages.
A 8h30 le jeune agent de
sécurité se pointe et nous annonce qu’il n’y aura que deux places pour le
public car trois sont « réservées pour les VIP ». Deepa tente de
parlementer et moi je rajoute « pouvez vous nous dire qui décide de qui
est « Very Important Person » ? Ce genre de passe-droit accordé
à des chanteuses comme autant des titres de noblesse modernes m’agace
profondément. Deepa appuie ma demande de transparence. L’homme est gêné et nous
dit qu’il va se renseigner. Il ne revient jamais. Une des amie supporteur me
dit ironiquement « voyons – les VIP, Pamela Anderson, Maria Carey, Mia, en
plus elles ne sont même pas là». C’est sûr que des riches comme ces dames ne
font pas se geler les fesses à faire la queue dans l’immonde et sale boyau du
passage. On est bien dans une société féodale et capitaliste.
A 9h30 John Shipton et Craig
Murray arrivent justement dans le boyau et échangent avec les militants. Vers
10 heures le jeune agent sécurité ouvre la porte d’entrée et appelle « la
Famille » puis nous désigne « deux personnes. Premiers arrivés,
premiers servis ». Nous donnons nos téléphone à notre collègue. J’ai vidé
mon sac de tout, sauf d’un chargeur électronique qui ne passera pas le
portique. Heureusement qu’une des militante, gentiment, me le gardera. John
Shipton, son frère, la femme du frère et leur fils sont là et entrent dans
l’escalier suivis de Craig Murray. Puis je rentre avec Barbara la Polonaise. Je
suis la dernière à passer l’antique détecteur de métaux et à gravir à toute
vitesse les 4 étages à pieds pour ne pas perdre une miette du procès. Mais
arrivée en haut je vois Barbara attendre dans le petit vestibule devant la
porte vitrée séparant l’escalier du couloir. Elle se tient debout en face des
« familiers » de Julian Assange assis sur des sièges en bois des années
60 tandis que le jeune homme est assis sur les marches. Une agente de sécurité
vêtue d’un uniforme bleu marine (il y a deux sociétés de sécurité différentes
qui travaillent pour le procès d’Assange ? Pourquoi les uniformes des
gardiens d’Assange sont aussi disparates ?) vient nous dire que l’audience
est retardée. Elle disparait dans le couloir et nous restons à nous regarder un
peu en chien de faïence. Craig Murray parle de l’Ouzbékistan à son ami John
Shipton. Ce dernier compare ses grandes mains caleuses à celles de son frère.
« C’est génétique » dit-il. Il rit, détendu. Ses mains ne ressemblent
pas à celles longues et fines de Julian Assange, mais on me dira « comment
être sûr de ressembler toujours à son père » ?
Au bout de 20 minutes
l’agente de sécurité ouvre la porte et dit «j’ai besoin de connaitre les noms
des membres de la famille ». Le groupe assis en face de nous n’est pas
très content de décliner son identité. J’entends ainsi que le frère de John
Shipton s’appelle Sullivan Shipton, son fils Elliot Shipton et l’épouse de
Sullivan Esther Bronfman ou Kaufman, elle le dit si bas que l’agente de
sécurité est obligée de se pencher vers elle pour comprendre. Quelques
minutes plus tard l’employée revient et nous fait signe de la suivre. Nous
pénétrons dans le couloir glauque et sans fenêtres, laissons sur notre gauche
le renfoncement avec sa table et ses caméras de surveillance et nous nous
retrouvons à la suite du groupe familial en face de la porte marquée
« court room 10 » à la peinture rouge. Elle ouvre cette porte et fait
entrer « la famille ». Je m’efforce de distinguer quelque chose – la
salle a l’air sombre, les murs tendus de vert et les fauteuils en bois et en
cuir rouge. Mais je ne peux hélas apercevoir Julian Assange. L’agente nous
barre l’entrée et dit « vous vous allez salle 9 ». Puis « Mais
vous pourrez peut-être aller salle 10 l’après-midi ». Il y a de
l’espoir !
Salle 9 nous nous
retrouvons seules parmi les 40 sièges vides du balcon. Nous nous asseyons de
façon à pouvoir communiquer. Nous sortons nos calepins et nos stylos pour
noter. Surprise, les règles ont changé, aujourd’hui il est permis d’écrire.
Devant moi la même configuration qu’hier et seules 8 personnes se trouvent dans
la salle : Rosie Sylvester à la place du greffier, Heike Hänsel en face
d’elle, le jeune homme de l’ambassade allemande derrière elle, les deux
« baba cool » allemands et la femme brune au pull vert dernière
rangée. Dans les fauteuils en face, celui qu’on identifiera comme Hamish
Hamilton et un autre homme dernière rangée à droite. C’est tout. Ou sont
donc les journalistes censés faire des reportages sur le procès ? Ils
n’ont pas pu ou pas VOULU entrer ?
Sur l’écran
retransmettant la salle 10 je vois Baraitser à droite, Summers et Fitzgerald,
le greffier, l’accusateur Lewis et trois silhouettes très loin dans les rangées
perpendiculaires au tables des avocats et accusateurs. Dans le coin droite en
bas de l’écran un homme se tient au pupitre des témoins : c’est l’avocat
Smith, que Summers présente immédiatement comme « spécialisé dans les
extraordinary rendition, les kidnapping, la torture, les disparitions
forcées ». Dommage que je ne puisse pas voir son visage car debout dans le
pupitre il tourne le dos à la caméra. Par contre on entend nettement mieux
qu’hier. Mark Summers est dans sa plaidoirie, après la présentation du CV du
témoin (qu’hélas je n’entends pas très bien) il lui demande s’il a eu des
contacts avec Wikileaks et si les documents classifiés publié par Wikileaks lui
ont servi dans son travail comme preuves. Il est surtout question d’assassinats
perpétrés en 1993 par l’armée US en Afghanistan. Non, l’avocat Smith n’a pas eu
de relations avec Wikileaks, oui il a utilisé les « cables » (les
télégrammes diplomatiques).
Alors que je m’efforce de
tout comprendre et tout noter brusquement, pendant 10 secondes la caméra zoome
sur le box des accusés ! Et je vois Julian Assange, bien plus
distinctement que la veille ! Je le vois assis entourée de deux gardes en
blanc. Il a les cheveux courts et pas de barbe. Il porte une chemise blanche et
une veste bleue marine. Hélas, trop loin pour que je puisse voir l’expression
de son visage. Il est immobile, assis droit comme un I… Les organisateurs du
sacrifice ne nous font pas de cadeaux ni à lui non plus. Immédiatement la
caméra quitte Assange et nous ne le reverrons plus !
Tout en restant attentive
à la caméra, je suis la démarche de Summers qui se réfère aux paragraphes de la
déposition du témoin et lui donne la parole sur les points cités. Le témoin
Smith, qui est Américain, explique que « la réputation de mon pays a été
sérieusement entachée par les crimes de guerre », qualifie les révélation
de Wikileaks de « powerfull » (fortes) et se réfère à des procès
conduits par la justice du Pakistan contre les « rendition » et les
assassinats. Les Etats-Unis ont-ils voulu bloquer les investigations sur les
« rendition » ? questionne Summers. Oui, répond le témoin. Le
document le plus important qu’il a utilisé dans son travail est la liste de 69
noms de personnes « cibles » d’assassinats décidés par les
« agences américaines ». Cette liste a été publiée dans la presse
pakistanaise et afghane et constitue un « document fascinant ».
L’avocat de Wikileaks questionne l’avocat des victimes du gouvernement
américain sur son « assassination program » et lui demande des
détails sur la façon dont il a travaillé avec ces « sources de
preuves ». Smith est prudent et parle d’une voix détachée et posée. Il ne
mentionne pas avoir lu par lui-même la page de Wikileaks, mais parle toujours
de presse afghane ou pakistanaise ou du New York Times. Puis Summers le
questionne sur les documents de « Guantanamo II » publiés par
Wikileaks, le débat passe sur les « secret prisons ». (Je ne peux
m’empêcher de penser à mon pays la Pologne qui sert toujours et va servir de
bagne secret à l’Etat voyou américain).
Smith exprime sa
tristesse et dit qu’il n’aurait jamais cru que son gouvernement allait tremper
dans des pratiques pareilles : torture, kidnapping, rendition, secret
prisons… Summers souligne et répète « Rendition, torture,
détention ». Selon Smith « la torture psychologique est la
pire » et il cite la Convention de l’ONU contre la torture qui oblige
effectivement les Etats à coopérer aux enquêtes criminelles sur la torture.
Summers assène « Wikileaks a aidé à prouver la torture, les renditions,
les disparition ». A ce point là on a la nausée à force d’entendre les
mots « torture disparition, rendition, kidnapping, assassination, target
(cible »). Le timbre de voix de Summers étant dépourvu de la moindre
émotion, l’impression qui se dégage de son discours est que oui, Wikileaks est
une bonne chose, mais la puissance américaine est telle et tellement violente,
qu’on ne peut rien y faire. C’est un monstre invincible qu’il est impossible
de vaincre et que seuls quelques courageux peuvent contester à la marge.
Justement, comment Smith
a-t-il pu poursuivre les Etats Unis devant Le tribunal international
criminel ? Il n’a pas pu, car même en ce qui concerne les prisonniers de
Guantanamo la CIA et les autres agences ne coopèrent pas avec la justice. La
nausée nous submerge. Décidément les hommes comme Summers manquent de
combativité et de persuasion si à la fin de leur juste plaidoirie l’opinion
publique ne retiendra que sa passivité face à l’innommable violence d’une
Superpuissance.
Mais comment l’opinion
publique pourrait même en être même informé ? Ce « procès » est
une réunion à huis clos comme une cérémonie sacrificielle de l’Inquisition
au 17 siècle. Les quelques « journalistes » dans la salle sont
clairement en train de regarder leur portable sans écouter. Le représentant de
l’Allemagne regarde même Facebook, je le vois du haut du balcon !
La procureur passe le
témoin « à la question ». D’abord il lui demande s’il croit que
Wikileaks est « public interest », « d’utilité publique »,
puis lui demande la définition de ce « public interest ». Puis il
demande si révéler les « secrets de l’Etat » peut être d’utilité
publique si c’est publié au New York Times et au Washington Post. L’impression
qui se dégage de la discussion entre les deux « Américains » (qui est
le procureur Lewis on n’en sait trop rien finalement) est que c’est débat …
américain. Deux Américains discutent de ce qu’il est bien et pas bien de
faire en Europe et cela se passe sur notre continent. A aucun moment des
Lois européennes, la Convention Européennes de Sauvegarde des Droits
Fondamentaux, la Chartes Européennes des Droits Fondamentaux que la Grande
Bretagne a signés, dont elle a été promotrice, ne sont cités. Oubliés les
Droits fondamentaux. La cérémonie du sacrifice d’Assange a eu raison de nos
droits pour ce qui est de la politique tandis que le coronavirus se charge de
liquider le reste de nos droits personnels comme le droit à l’intégrité
physique, à la santé, à la liberté de circuler, la non violabilité du domicile…
Le procureur affirme
cependant que Julian Assange n’est pas poursuivi pour les publications de
documents secrets mais pour avoir « outé » les collaborateurs
américains. Je n’entends hélas pas bien son échange avec Smith. J’estime qu’il
doit être environ 11 heures (nous n’avons pas droit à une montre) quand
brusquement j’entends dans l’écran distinctement la voix de Julian
Assange ! Il parle ! Et d’une voix décidée, le ton monte vers une
interrogation ! Je n’entends hélas pas ce qu’il dit et de plus, la
caméra ne le montre pas ! Je dis à ma collègue que Julian Assange a
parlé ! Baraitser lui interdit de parler ! Le renvoie à ses
avocats ! Puis on voit à l’écran qu’elle suspend la séance. Tout le monde
bouge, le son est coupé. Je fixe l’écran dans l’espoir d’entre apercevoir
Julian, mais pas question, les tortionnaires ne vont pas montrer ce qu’ils
font avec lui. On ne sait pas s’il est là ou s’ils l’ont fait sortir. Ce
qu’on comprend et qu’il s’est révolté encore et encore !
Dans notre salle un homme
entre par la porte du fond à gauche et vient parler à Rosie Sylvester. Je
distingue par cette porte la clarté du jour : derrière elle se trouve un
couloir garni de fenêtres donnant sur la rue. Le technicien sort et quelques
secondes après apparait à l’écran dans la salle 10. Dans cette pièce on n’a pas
l’impression de percevoir la moindre tension alors que nous, le public, restons
stupéfaits. On voit les avocats et les procureurs se parler, tout le monde a
l’air détendu. Assange est absent de l’écran. Baraitser rentre, reprend
sa place, admoneste Assange comme si elle parlait à un enfant fautif (nous
sommes de nos jours nombreux à être infantilisés par le système dominant…).
Elle lui dit que même s’il pense avoir le droit de parler lui-même, il ne doit
pas interrompre le témoin. Et non, il n’a pas à parler sinon il va être viré de
cette cour. A sa place, j’aurais fait la grève pour rester dans ma geôle,
plutôt que de cautionner une cérémonie inique digne du Moyen Age !
Eliot Shipton et Esther Bronfman ou Kaufman
D’ailleurs en fait, ici
à la City of London nous SOMMES au Moyen Age, régie par des coutumes et un
arbitraire directement venus du 11 siècle et on se demande bien en vertu de
quelles Lois internationales cet homme est maintenu en captivité dans ce
lieu ! D’ailleurs, les menaces de Baraitser sont peut-être déjà mises à
exécution : on n’a aucune preuve que Julian Assange soit toujours dans
la salle 10. Ils l’ont peut-être sorti et enfermé quelque part et ils
continuent à débattre de la justesse de « Wikileaks », cette page
internet dont le propriétaire du nom de domaine n’est pas Julian Assange mais
un certain John Shipton, le père assis tranquillement sur sa chaise de la
galerie du public, jamais inquiété par aucune instance ! Le père est sauf
et le fils sacrifié : on se croirait dans le plus patriarcaux des mythes,
celui de Abraham sacrifiant son fils par obéissance à un Dieu exterminateur. La
mort du fils pour sauver le père m’a toujours paru le comble de la perversité
du système !
Je n’en peux plus de voir
Julian Assange dans la position de l’agneau sacrifié, culpabilisé, humilié. J’aimerais
descendre dans l’arène, ouvrir toutes ces foutues portes, qu’en réalité aucun
policier ne garde, enjamber ce balcon, me diriger vers le box, y entrer (le box
n’est pas fermé non plus), prendre Julian Assange par la main et lui dire
« vient on se casse, on laisse tous ces tarés à leur cirque
absurde » ! Et on part
ensemble, les portes s’ouvrent toutes seules, les agents de sécurité qui sont
justes des salariés prolétaires nous font une haie d’honneur car ils n’ont plus
d’employeur à qui obéir et avec nos amis nous quittons ces lieux et ce pays le
plus vite possible !
Mais hélas le cirque
continue : l’accusateur exige du témoin de réfléchir s’il est juste de
révéler les secrets qui mettent en danger la « national security ».
La sécurité nationale n’a pas de sens en Français. La Nation est une entité qui
ne peut être mise en danger, la Nation est une communauté d’humains qui créent
un Etat pour assurer sa sécurité. L’Etat n’a pas d’existence ontologique c’est
un outil… Mais ici on est dans un débat ésotérique américano-américain. On
n’est pas, plus en Europe. Aucun des concepts philosophiques de notre histoire
n’a sa place. J’assiste impuissante à la discussion américano-américaine s’il
est permis de torturer pour assurer la « national security ». Le
simple fait de poser les termes du débat est une justification de la torture et
normalement il devrait être interdit ici sur notre continent qui a subit le
nazisme et deux guerre mondiales de PENSER même en ces termes ! La
torture est un crime, point barre !
Attente dans le Passage Warwick pour entrer au « procès » de Julian Assange
Mais ici, à la City des
banquiers, qui n’est pas la même entité juridique que l’Etat Grande Bretagne
qui a si courageusement combattu le nazisme, on débat si la torture peut quand
même être justifiée. L’avocat Smith essaye de minimiser la « faute» de
Julian Assange en arguant que seuls un très petit nombre de noms de
collaborateurs a été publié par Wikileaks. Dans la salle 9 une très vieille
climatisation poussée à fond crache sur nous un air froid et possiblement
surchargé de germes. Je me couvre avec mon sac de couchage. Même les
journalistes en bas du balcon ont froid.
Baraitser interrompt le
procureur et une pause de 5 minutes a lieu. On la reconnait au fait que le
témoin quitte son pupitre, et la pause finit quand il reprend sa place. Mark
Summers reprend la parole. Il reparle des « dark prison, assassination,
rendition » et demande si la révélation de ceci est un « public
interest ». Oui répond le témoin, ce sont les preuves des activités
criminelles de mon gouvernement ! Puis le débat se recentre sur ce dont
Julian Assange est réellement accusé, de « conspiration en vue d’obtenir
des documents secrets », auxquels Summers rajoute les « rules of
engagement » euphémisme des militaire américains pour désigner les permis
de tuer les civils qu’ils accordent à leurs soldats en toutes circonstances.
Assange a-t-il juste reçu ou a-t-il cherché à obtenir les documents
diplomatiques ? Telle est la problématique « accusatrice » alors
que personne ne cherche à définir ce qu’est un « complot », « une
conspiration, » terme existant en droit pénal européen pour des crimes
de sang ou des attentats. On n’a pas encore vu en Europe de complot en vue de
publier des textes… Mais cette cérémonie conjointe américano-City of London
est en train de créer un dangereux précédent sur notre continent !
Le procureur somme le
témoin de présenter son CV, mais Baraitser les interrompt et décide de la
pause. Nous devons reprendre à 14 heures. J’attends que l’écran s’éteigne.
J’écoute les participants du « bas » discuter en Allemand. Ils ne
sont pas obligés de quitter les lieux. L’agent de sécurité nous fait sortir.
Nous repassons devant la salle 10. J’aimerais tellement y entrer ! En
sortant l’agent de sécurité du portique nous assure que nous serons les
premières à entrer à nouveau.
Nous quittons les lieux
pour un déjeuner dans notre appartement. La décision est prise de continuer,
même s’il semble juste que nous cédions au moins une place à ceux qui
attendaient après nous. Les fameux VIP ne sont évidemment pas venus mais
contrairement à la veille les agents n’ont pas voulu accepter 3 personnes de
plus malgré les 38 sièges vides de la galerie ! Nous sommes de retour
avant 14 heures. Deepa est déjà devant la porte. Nous décidons de laisser
entrer ma collègue polonaise. Elle restera jusqu’à la fin et je l’attendrais
dehors dans la manifestation. Avant 14 heures la famille Shipton arrive devant
la porte. Je saisis l’occasion pour demander poliment à John Shipton ce que
Julian Assange a dit lorsqu’il a protesté, puisque nous n’entendions rien de ce
qu’il a dit. Shipton me regarde d’un air stupéfait comme s’il n’avait pas
assisté à cette scène. J’insiste ! Assange dit une phrase, Baraitser
l’a admonesté, il a bien dû entendre, il était aux premières loges, salle
10 ! L’homme me regarde encore d’un air ahuri et me demande qui je suis.
Je me présente, je lui rappelle que j’étais présente à toutes les audiences
depuis octobre 2019, sauf pendant le lockdown. Je lui rappele qu’on a discuté
le 14 août à la Westminster. Je lui présente ma collaboratrice polonaise. Je
n’en tirerai rien au sujet de la phrase d’Assange ni sur aucun autre sujet. Soit
il a dormi, soit ce n’était pas lui qui était salle 10, car je ne vois pas pour
quelle raison il devrait garder secrète la phrase protestatrice de Julian
Assange!
Nos amis sont rassemblés
au pied de l’immeuble en verre qui fait face à la Old Bailey. Ils ont beaucoup
de chance de ne pas être virés de ce lieu privé. Les policiers de la City of
London sont devant la porte d’entrée. Je parle avec l’officière qui a été si
affable avec nous. Des camions livrent du matériel par la porte cochère près du
passage Warwick ce qui me permet d’apprécier la profondeur des immenses
souterrains sous le bâtiment de la Cour. A 17 heures c’est fini. La famille
Shipton sort du passage Warwick. Pendant que John est entouré des caméras,
Sullivan, Eliot et Esther se pressent pour quitter les lieux par le passage à
côté de l’hôpital St Bartolomeus au nord de la Old Bailey. MC McGrath apparait
dans la rue, je suis étonnée de voir là le jeune hacker. Nous essayons comme
hier d’apercevoir Julian Assange par la fenêtre du fourgon, mais l’affaire est
pliée encore plus vite que la veille. Un seul fourgon sort, puis les policiers
de la City lèvent le camp. Il n’y a pas de photo. Le quartier redevient
rapidement désert et nous partons nous reposer.
I travelled across the
Channel to attend Julian Assange’s Final administrative hearing at the
Westminster Magistrate Court on Thursday 13 August, the day after the
announcement of the launch of Sputnik 5, Russia’s coronavirus vaccine, full of
hope that this step could help people out of the terrible crisis we have been
in for the past five months. My ticket had been ready for several weeks and I
kept hope that we could win this struggle, the one for HIS freedom and for OUR
freedom, since the crisis is a permanent war, a war of leaders against their
people and a « west against east » war since the American military
state and its Baltic and Polish henchmen openly attack Belarus by sending
fascist militants to foment riots there. During the trip I remained mobilized,
spreading on social networks the truth about the so-called « Polish
journalists arrested by Lukashenko » supported by the European Federation
of Journalists, when in reality they are two dangerous neo-Nazi activists.
The Westminster Magistrate Court and the Church Army building old Queens Charlotte Maternity Hostpital
I did not learn the news
of the quarantine imposed on the French by Great Britain until the evening of
my arrival in London. This news surprised me: until now the government of Boris
Johnson was involved in the global storytelling about the coronavirus, but in
reality it does not terrorize the British as the macronist mafia does the
French people. In fact, I had prepared in advance the certificate theoretically
necessary for entry into the British territory, with address of residence and
contact details of a third party in case I gave the coronavirus to someone and
refused to answer my own phone… And here in Calais, the English border police
does not ask for the certificate! The bus driver confirmed to me that for 10
days of daily travel this « covidian » attestation has never been
required. He was very kind to us and went to great lengths to get us to open
the toilets at the stops and hand out bottles of water on the Eurotunnel train.
Indeed, the coronavirus was used as a good excuse to close the toilets and the
air conditioning in the transport, which at 45 degrees outside generates stress
and discomfort.
The weather in London is
superb and cool. The Paddington district close to Westminster Court is slowly
coming alive since the hotels have almost all reopened since August 1st and the
tourists, first of all English-speaking, are coming back. Business obliges, the
managers are all very friendly and the prices very affordable. The masks are
almost non-existent and as I walk under the big trees in the neighborhood I
feel liberated from the intense collective psychosis in which we are so
immersed in France that we no longer realize it. It is only at the restaurant
that the corona reminds me of it in the form of a large register kept by the
waitress where her name and telephone number must be written down – but the
British have more confidence in their government than we have in ours and they
are not afraid of being found by the authorities, accused of having
« infected » someone or exterminated in a hospital. Similarly, in
another pub, a signposted route imposed on the consumer so that they do not mix
with others also reminds me that absurdity also exists on this side of the
Channel.
The Prudential Building rented to the Westminster Magistrate and to the Probation Service
The announcement of the
quarantine irritates me because it jeopardises our ability to come to Julian
Assange’s trial on 7 September. The measure is clearly a pressure on the French
economy, with English tourists bringing in a significant amount of money to the
economies of many regions. Like everything else in this crisis where decision-makers
are so concerned about human health, all decisions taken in the name of health
have real political reasons. In other words, since Putin called Macron
immediately the very same day to offer him his vaccine and to incite him to put
an end to the Covidian hysteria, are the British putting pressure on France in
these negotiations from which the people are excluded, even though their place
in the Western world has been at stake since they got rid of the European
Commission’s tutelage? I remain hopeful that these negotiations will lead to a
compromise and that the border can be opened to us again by 7 September.
I arrive in front of the
Westminster Court early in the morning so I’m the first one at the door.
Shortly after arrives an Australian activist with a large banner of support for
Julian Assange. We talk at length about the health terror that is being perpetuated
in our countries by governments more concerned with privatizing health systems
than with caring for the sick. She tells me about the latest liberticidal
discoveries of a West in full fascist temptation: the New Zealand law allowing
the confinement in special camps of those « infected » by the
coronavirus, the Australian law allowing the police in Melbourne to enter homes
without a court order for « sanitary » inspections and especially the
English law that provides for the immediate removal from parents of children
who, duly tested, would have fever at school! She is all the more horrified as
an environmental activist because it is the left-wing government of the State
of Victoria that proudly imposes tyrannical measures against terrified
citizens. But she also assures me that a certain revolt is rising in this very
fragmented British society and that the demonstration against the compulsory
mask had finally joined the activists who on the same day organised an action
in support of Julian Assange in front of 10 Downing Street.
Around 7 a.m. a French
activist whom I know arrived, then a German activist with whom I sympathized.
We discuss the situation in France and Europe, and in particular the way out of
the crisis that the Russian vaccine maneuver represents. The queue forms around
8 a.m. with a dozen of the usual activists, we all know each other. Since the
desire of some to make lists and decide who comes in and who doesn’t has faded,
the atmosphere is much more friendly and cordial. Among the public personalities
I see Fidel Narvaez but nobody else. However, rumours are circulating that the
« social distancing » has been hardened to leave only 5 places for the
public. The fight will take place again, this time with the Court… We go back
home at 9 o’clock, the building is completely deserted except for the security
guards. A ghost courtyard. We don’t know if it’s because of the corona-crisis,
since the British government had already tended to push justice to exist only
by video and telephone, or is it because in reality, apart from the extradition
of Julian Assange and the Eastern Europeans, this court only deals with minor
cannabis use offences or neighbourhood disputes. This building, built in 2011,
is therefore permanently empty and would therefore never really have been used
for justice.
Are the hearings of
extradited Eastern Europeans taking place « online » as announced by
the poster on the door on 27 July? This announcement has disappeared, in the
queue, the lawyers of the other cases are few. The secretariat of the court
seems to be closed and as on July 27th there will be no more list of names
posted on the doors of the rooms. However in the entrance hall several lists of
judges are present. The name of Julian Assange appears on a small sheet of paper
pinned on the list of cases judged in room 3. Opposite his name is a schedule:
3:30 pm. Ouch, if we have to wait that long, I’m not happy about it. But as we
know that nothing is done here according to the rules, we have to stay. Three
of us activists rush to the secretarial desk where only one employee has taken
off her cumbersome mask behind her glass wall: she tells us to stay, there will
be changes. We stand in front of the door in single file and talk.
Water flows from a neon
light on the ceiling. Security guards have installed a rubalise and are trying
to control the leak in the middle of the waiting room. They call in two
cleaning workers, Eastern Europeans, who have to mop up the water with a cloth
at the end of a long pole, without any safety equipment, even though they can
electrocute themselves… Here, I notice that one of the security guards we
know is wearing a blue badge instead of Mitye’s orange badges. He confirms:
yes, Mitie did lose the court deal, he was lucky enough to be taken over
by the new company, OSE, and he is happy to keep a job close to his home. It is
true that Mitye had committed some abuses here in front of us and against us
and maybe even against Julian Assange, whom we saw terrorized while they were
in charge of his custody. We are still waiting until 10 o’clock. Little by
little the situation is becoming clearer: the Eastern Europeans are gathering
in front of Room 1 and Room 3 will be entirely devoted to Julian Assange.
Florence Iveson, the new lawyer who replaced Hamilton Fitzgerald, is busy with
Alistar Lyon and Gareth Peirce’s assistant between the consultation room, the
secretariat and the still closed courtroom.
After 10 o’clock, the
hearing still hasn’t started, and a certain nervousness sets in. The
journalists who have arrived for Julian, Juan Passerelli, Mohamed El Maazi, a
woman and two men I don’t know are sitting on the waiting room armchairs
confident that they will be able to go home. That’s not our case, we’re worried
about having to stand here all day. Shortly after the court clerk, a woman I’ve
seen several times, still immersed in her computer, comes out of the courtroom
with a deeply annoyed face of someone who is being assigned a task that is not
hers. Finding myself nearby, I hear Florence Iveson asking for a delay because
Belmarsh is not responding to the lawyers’ requests. The clerk finally responds that perhaps they
can talk to him in the room once the video connection is established. But the
lawyers have to manage to get their clients to appear, and the court makes no
effort to do its job… Yet another galling indication that all these
malfunctions show a world of false pretenses. Finally at 10:30 am we are still
standing in front of the door, while Iveson and the two collaborators of Peirce
and Birnberg lock themselves in the room.
Then John Shipton and
Stella Morris enter the waiting room. John Shipton greets us kindly and then
exchanges with the journalists. It is a question of who is going to give him
his precious place, which I cannot do given the efforts I am making to be here.
But I have a feeling that, like the Woolwich Court, it won’t be necessary.
Nevertheless, when the clerk comes out at 10.45 a.m. and announces that because
of the « social distancing » only journalists will be allowed in and no
one else, the emotion is high. Someone still says that we have been here since
6 a.m. She brings in the journalists, who are five in all. That’s when John
Shipton walks towards her, Stella Morris behind him. He says, « I’m Julian
Assange’s father and she’s his partner ». And I, who’s always at the front
of the line, say « and I represent a human rights association ». The
woman looks at me with hostility and shouts « I’m not talking to
you »! I’m taken aback because I didn’t say anything aggressive. We
could have announced that we are Julian Assange’s « French family »,
the one John Shipton spoke about on April 18, 2020, but it is not our style to
lie. What could be more natural in a democratic country than the presence of a
human rights association to monitor respect for rights! We do not need to
justify being there!
So the clerk tells me to
step back to respect the « social distancing ». I do this with
difficulty because the line is pushing me behind my back and the activists are
as upset as I am. I point out to her that at least I am wearing a mask, a
utensil that visibly gives me more legitimacy today than the evocation of Human
Rights… The clerk remarks « I have to manage this situation » which
is not easy objectively. We wait silently. Finally, she brings in John Shipton
and Stella Morris. I can enter in my turn and I quickly push the door of the
public box without turning around. Three other activists can enter, one French,
one German and one British – the whole of (Western) Europe is there to at least
symbolically support Julian Assange. I’m sitting in the last seat in the front
row. With two of the three chairs condemned, John Shipton is on my right,
Stella Morris at the back of the row, the other activists behind. I find myself
in a good position to see Julian Assange on the two video screens on either
side of the room and I’m sitting right in line opposite Vanessa Baraister.
Vanessa Baraitser, real judge or employee of the Prudential owner?
Baraitser is already
there and staring at us. And above all, Julian Assange is also there in the
video. He’s sitting in this box with dark blue walls on red seats that look
like a waiting room. The room is different from the one on July 27th and
differently filmed. Whereas on July 27th the camera was filming him up close
across the street, cutting him at the waist, here it is located on top of a
wall, which is reminiscent of a surveillance camera, and you can see it in its
entirety. The set is the one of the productions of last December and January.
There is a door on the right, a small window overlooking the corridor and an
indecipherable sign above her head. Julian Assange is sitting with his hands
clasped in his lap, his right leg crossed over his left leg. He is wearing the
same beige sweater and white shirt as last time, slightly too short grey
trousers and white socks. He has short hair and no beard, or a very short
beard, no glasses and a sad and resigned look that I saw especially last
November and December. As then he looks bad, prostrate. He doesn’t move and
doesn’t change position for an hour and a quarter. Sometimes he leans to the side
as if he were the victim of a malaise and keeps his eyes down. He does not
participate in the show, either because he is unwell or because he refuses to
bail. He frequently has a dry cough, which resembles asthma, and then brings
his hands to his face. I am concerned and saddened to see him like this.
He looks cold in this
sweater, while the guards are all in white short-sleeved shirts and black
pants. And guards there are! The prison video suddenly pulsates, even if these
uniforms are rather reminiscent of those of private security guards and not the
black uniforms already seen in such circumstances. First there are two men, one
white and one black, looking at Assange as they stand in the doorway. Then there
are women joining them. It goes down the hallway, and the hubbub is audible all
the way down here. Julian Assange remains impassive but the pressure on him is
visible. On July 27th the staff of « Belmarsh » were dressed as nurses
in blue and green scrubs. Apparently Julian Assange has changed location again,
but we still don’t know exactly where he is. We still don’t know if he receives
our mail and if not why and why he can’t answer it .
In the room chaos floats
in the air. Vanessa Baraitser has her nose in a file, silent. Lawyer Florence
Iveson is in and out, for some reason. Julian Assange is absent, prostrate. The
noise gets louder: the guards are talking, and every time someone enters or
leaves the famous conference call a metallic voice « left the
conference » is heard. It REALLY doesn’t sound serious. Really
« Kindergarten », as I confide to my German colleague. Like a
kindergarten, a nusery, when the life of a man in prison is at stake. You pinch
yourself to believe it. At one point Baraitser raises his head, asks
« Officer, Wandsworth », and then catches up with « Belmarsh »,
and asks him to be quiet because we can’t hear anything in our room! A guard
arrives and sits down in front of Julian, we see him clearly crossing the box
and then disappearing from our field of vision. Permanent surveillance, how Assange
could freely express himself in court with such pressure on him!
Moreover, at 10:55 am
Julian Assange coughs, then nods his head and bites his cheeks, seems older.
Baraister then decides to open the trial and asks him to present his name
« formally identified ». I can hear his voice through the loudspeaker.
It is hesitant, stumbling over every syllable, every word is interspersed with
silence, like in December 2019 when he was at his worst. Is he under
psychological pressure, physical torture, medication? His date of birth,
« 3 July 71 » he pronounces it as if he doesn’t believe in this
identity as uncertain as his voice is here. The chaos continues: Baraitser
gives the floor to Claire Dobbin through the « conference call ». We
hear the beginning of a sentence uttered by Dobbin, then nothing more.
Baraitser then gives the floor to Florence Iveson, who forces the tone so that
Dobbin can hear through the machine. For once I can hear correctly what the
defence is saying. Florence Iveson seems uncomfortable and after 15 minutes her
cheeks are red, she turns around frequently to consult Alistar Lyon sitting
behind her. Julian Assange is coughing more and more, his shoulders are tucked
in, sometimes he just moves his fingers. The guard who controls him also moves
and then you can see him on the screen. Baraitser tries to get Dobbin to repeat
his sentence, then throws in the towel and calls a technician to repair the
equipment. A young man arrives and we wait another fifteen minutes without
moving.
This example clearly
shows that telephone justice, like telephone medicine, cannot work.
There is no prosecutor, how can a hearing take place? The conditions not being
met for a fair trial, in a normal country the judge would have immediately sent
everyone home and set another date that was binding for everyone without trying
to reconcile agendas! But the question has been asking itself for some time
now: Is Vanessa Baraitser really a judge?
At 11:15 Claire Dobbin
can finally talk on her phone. She says she didn’t know that the hearing was
set for 10 o’clock. Baraister preaches to her like a little girl on the subject
that she had actually set the date on July 27th. It’s so surreal that it feels
even more like a theatre rehearsal in a kindergarten with people playing a
role. A certain Smith stands behind Dobbin and tries to justify himself by the
lists announcing 3.30 pm. I can hear Clair Dobbin because the sound is very
loud.
Florence Iveson begins
her speech with the new accusation whose documents would have arrived the same
day. She points out that the defense did not have time to read the 43 pages and
that it is « astonishing » that a new « request » has been made
because it considerably expands the first one. According to her, Krombach did
not send the document in time and argues that the sheer size of the file makes
it impossible to meet the September 7 trial date with a « pragmatic
approach ». She also argues that the notion of « narrative
background » should not be excluded from the file. The new file should have
been presented at an « early stage ».
I don’t quite understand where she is going with this, what is the
« narrative background » – (the political history?) that would not be
highlighted? Nor do I understand why Prosecutor Gordon Krombach should have
handed over the file when he is only one of the seven « assistant United
State Attorneys » listed at the bottom of the indictment signed by G.
Zachary Terwilliger, Unit States Attorney, on June 24 (1). It will be necessary
to look into the complicated functioning of the American institutions and their
links with the 2003 bilateral extradition treaty.
I am perplexed by the
date of 21 December, which I hear without understanding the precise context.
What I understand is that it is asking for additional time to process these
documents and because this request initiates a new process (« new
conduct »). It would even seem to us that a new charge should give rise to
another separate procedure that should be separate from this one and should
first go through the diplomatic channel before becoming official. Baraitser
then asks her to illustrate her words with « new conduct ». I do not
understand her answer, which is very brief. Julian Assange is even more
immobile and prostrate. Then Ms. Dobbin has the floor. She cites Krombach and
paragraph 9 of the Grand Jury’s decision that the United States is continuing
its « criminal investigation » against Mr Assange and that the
prosecutor is continuing his « criminal » investigation. She repeats
that it is certainly not for this « substitute » charge that he has
been « charged » that is not
important since in any case the procedure will be « enlarged ».
According to the procedure, Mr. Assange is a hacker and this is the real
background of the extradition request. While she is talking, the guards move
from their seats, a woman opens the door of the box, there is noise and I can
no longer hear the details of what is being said. I have the impression that
Julian Assange hears nothing and doesn’t understand it either.
Florence Iveson replied
that according to paragraph 9, the ongoing investigation, the evidence given
relates only to the charges for 2010 and not to the « superseding
charges ». These are the Jabber Messenger conversations between Chelsea
Manning and Julian Assange, which the prosecution has always made a big deal of
in these documents, but never, in my view, was in a position to produce them
publicly. Yet at the February trial, Room 2 of the Woolwich Court was equipped
with a gigantic screen on which it was possible to show the famous Jabber
messaging protocols proving the Manning-Assange conversations. I attended all 4
days of the trial and saw nothing like it. It should also be remembered that
the Jabber messaging system was developed by the German Wau Holland Foundation,
the same foundation that from 2009 to 2014 produced and directed the Wikileaks
project 04 « Defending Freedom of Information » and for which Assange
was project manager (Projektleiter) in 2011 and 2012, according to the
foundation’s public activity reports (2). Jabber was supposed to be a
tamper-proof encrypted e-mail… Julian Assange trusted the Germans twice as
much as he did, as director of their « Wikileaks » project and as a
user of their Jabber product… and that was fatal to him. In the room, the
managers of Wau Holland, including « friend » Andy Müller Maguhn, are
conspicuous by their absence…
Once Florence Iveson has
repeated her request for more time, Baraitser sums up her position like a
teacher facing her pupil: the old request is not cancelled by the new one. The
defence needs more time. The « narrative background » has been ignored
and the « case management hearing » cannot decide which evidence is
admissible. She announced that she was in favour of giving the defence more
time to work on its arguments.
Julian Assange on video in a kind of waiting room of hospital (?)
I look at her closely and
then something happens. I see this woman’s face like it lights up and gets
rounder. She is right in front of me, not far away after all. She looks rejuvenated.
My eyes are exactly in line with hers, which then take on a beautiful light
green hue. She keeps talking, then looks down at her text. She reads her text
clearly, more and more mechanically, as if it had been written in advance, or
by someone else, like a script for a role. She reads more and more visibly. I
have in front of me a woman who behaves like Svietlana Tichanouska, the
housewife who was the « first opponent » of President Lukashenko when
she fled her country to pro-American Lithuania last Monday after pushing
militants to commit riots. She then published a video in which she read a text,
so visibly that one cannot help thinking that she is hostage to her new
American ‘friends’ and that she wants to show it indirectly (3). I turn to my
German colleague and disconcertedly ask her « is this woman an actress?
(Schauspielerin)
Vanessa Baraitser’s biography
and the reasons for her responsibility in this case have been a mystery until
now.
Her career as a judge seems quite mysterious as there is almost no public
information about her. Her father Michael Baraitser is a white South African
neurogeneticist of Jewish origin who came to Great Britain in the early 1970s
and is well established in British scientific institutes (4). One of her
sisters, Lisa Baraitser has an impressive CV as a psychologist, researcher and
specialist in maternity, gender, feminism and queer theories (5)! The second
sister, Paula Baraitser has a comfortable position as a researcher in sexology
at Kings College London, another prestigious institution (6). With such
extensive family expertise in psychology and human sexuality, one wonders how
Vanessa Baraitser could not see that the propaganda campaign slandering Assange
as a rapist was based on a complete vacuum, which I and some of my feminist friends
immediately perceived once we read the
published Swedish documents.
How is it that Vanessa
Baraitser, from such a family, versed in psychology and armed with prestigious
diplomas, as a district judge, a simple prudential court judge, participates in
such a shameful manipulative sketch? The key question would be « what’s her
interest »? Moreover, the seriousness of his activity as a judge is
called into question. Indeed, we have not been able to find other traces than a
few cases of harassment, voyeurism and alcoholism on the public highway (!) (7)and
in the chapter on extraditions, the curious French case of the flight of Alexandre
Djouhri, bearer of Nicolas Sarkozy’s financial suitcase in 2012, which she
released in February 2019 (8). A « magistrate » court judge may have
been a lawyer, but here again there is no trace of any activity. I myself did
not see Baraitser judge other extradited persons before the bizarre case of a
Latvian member of the KGB on July 27. In September and October 2019 I saw in
three hearings Emma Arbuthnot judge Poles locked up in the prisons of
Wandsworth or Belmarsh and decide whether or not to extradite them. I saw other
judges trying these routine cases. Vanessa Baraitser, on the other hand,
seems to have only the Assange case as her job and that is strange.
At the end of her
reading, Baraitser said to Iveson: « You need more time. When you’re ready,
inform the court ». Julian Assange’s
lawyer then seems to panic. She turns, with a red face, to Alistar Lyon and his
colleague and talks about « instructions » and « communication
difficulties ». However, it does not occur to her to ask her client what he
thinks about it, when he is right there in front of her, and normally a lawyer
is not forbidden to address his client during the trial (I checked with the
lawyers of the Poles). Apparently everything is done so that Julian Assange can
NEVER speak freely in person in the presence of anyone from outside the circle.
Baraitser helps him by setting a date, next Friday or Wednesday. Then she
addresses Julian Assange « the date of September 7 will be effective.
You have not been arrested on the new charges » (of course, he is still
presumed innocent, yes!).
Julian Assange raises his
head.
Then Baraitser asks
Iveson and Dobbin if they agree. For her, in February it was a general
agreement, and now there is a new procedure, a new request. Does everyone
agree? Dobbin and Iveson agree. We’re not asking Assange’s opinion. Baraitser’s
looking forward to getting it over with. She starts a layus on the « global
pandemic » (our beloved Covidian religion), proposes a « cloud video
platform » for witness depositions and gives the deadline of August 21 for
the list of witnesses who will come personally. The prospect of a cloud
platform trial is worrying. It is 11:40 a.m. Julian Assange is still coughing,
we activists, we feel our nervousness and our emotion rising. Baraitser, Dobbin
and Mr. Smith are discussing whether the secretariat is available. Dobbin goes
on about the « mental expertise, psychological report » requested by
prosecutor Krombach. Iveson agrees with her, but not us! Indeed, the long militant
experience shows that a political prisoner should never accept psychiatric
expertise to save his skin, because the credibility of his action will be
permanently damaged and this will inevitably harm him. A fortiori such an
expertise is useless in extradition proceedings! Finally, Iveson declares that
he will be able to present the « evidence » by August 24. Dobbin also
summoned him to respond to Mr. Krombach’s « 25 statements ». One enters
into secretarial debates, who can who cannot. There is talk of a « pre-hearing »
and then of a video conference.
The Frontline Club, the place of staying of Julian Assange in 2010 – owned by the Frontline Club Charity Trust
When Baraitser raises his
voice, I understand that the hearing of August 24 has been cancelled. She
announces that today was the last administrative hearing and that the physical
appearance of « Mr. Assange » at the Old Bailey on September 7 at 10
a.m. is maintained. She tells him that he remains in custody and asks for an
understanding. A weary, choppy voice is heard: « I have heard some of
your words, » says Julian Assange (I am having this sentence confirmed
by the real English speakers to make sure I understood). In fact, he hasn’t
heard everything that’s going on and may not be in a position to understand.
Vanessa Baraitser doesn’t care, she’s done her performance, she’s in a hurry to
leave. The whole room respects the ceremony and stands up. Then almost everyone
in the room has their backs turned and puts their things away. But I realize
that Julian Assange is still here and I’m staying, as always, until his final
departure. I want to see his gait so that our doctor can assess his state of
health. When the audience doesn’t really pay attention to him anymore, Julian
Assange raises his fist! So I raise my arm and my fist too! I look at him! Some activists will tell me, « But he
can’t see you. I say, « Maybe someone will tell him we’re here. He saw us
in January and February. He knows we’re here… ». And then Julian Assange
leaps up and leaves the room with a quick step like a man who is just
waiting for this opportunity to run away! I am reassured – his walk is alive
and well, not doddering or uncertain like in winter. He wants to live and run
away from there… When he disappears from the box, I agree to leave my seat
and leave the room.
Christophe Deloire, general secretary of Reporters without Borders, 24 February 2020 in the front of the Woolwich Court
As always, I am stunned
by what I have seen and experienced. It takes me a little time to come to my
senses as the activists give a voice to the door of the building. I talk to
John Shipton about the political quarantine that prevents us from coming to act
for Julian from France. We talk about Julian’s health and conditions of
detention « for 11 years » and the impossibility of talking to him
at the moment. I have to leave quickly because because because of the
quarantine I cannot afford to lose my return ticket on the Flixbus. I have work
to do because I am immersed in reading an important book: « Sexus
Politicus » by Christophe Deloire, General Secretary of Reporter sans
Frontières since 2012, who was present at the trial of Julian d’Assange on 24
February. It is really important to understand how the network of political
elites that decides our most intimate lives works, if we want to regain power
over ourselves.
The Imperial College of London St Marys Medical School, the origin of the Covidian panic ideology
J’ai repris le chemin outre- Manche pour assister au « Final administrative hearing » de Julian Assange à la Westminster Magistrate Court jeudi 13 août, le lendemain de l’annonce du lancement de « Sputnik 5 », le vaccin « anti-coronavirus » de la Russie, pleine d’espoir que ce pas puisse sortir les peuples de la terrible crise dans laquelle nous sommes enfoncés depuis 5 mois. Mon billet était prêt depuis plusieurs semaines et je gardais espoir que nous pouvions gagner cette lutte, celle pour SA liberté et pour la NOTRE, puisque la crise est une guerre permanente, une guerre de dirigeants contre leur peuple et une guerre « ouest contre est », puisque l’Etat militaire américain et ses sbires baltes et polonais attaquent ouvertement la Biélorussie en envoyant des militants fascistes y fomenter des émeutes. Lors du voyage je suis restée mobilisée, diffusant sur les réseaux sociaux la vérité sur les prétendus « journalistes polonais arrêtés par Loukachenko » que soutient la Fédération Européenne des Journalistes, alors qu’ils sont en réalité deux dangereux militants néonazis.
Hopital St Marys à côté du Frontline Club
Je n’ai appris la nouvelle de la quarantaine imposée aux Français par la Grande Bretagne ne que le soir de mon arrivée à Londres. Cette nouvelle m’a surprise : jusqu’à présent le gouvernement de Boris Johnson participait au storytelling planétaire sur le coronavirus, mais dans la réalité il ne terrorise pas les Britanniques comme la mafia macroniste le fait sur le peuple français. En effet, j’avais préparé à l’avance l’attestation en théorie indispensable à l’entrée sur le territoire britannique, avec adresse de résidence et coordonnées de tierce personne pour la contacter au cas j’aurais filé le coronavirus à quelqu’un et que je refusais de répondre à mon propre téléphone… Et là, à Calais, la police aux frontières anglaise ne demande pas l’attestation ! Le chauffeur de bus m’a confirmé que depuis 10 jours de trajet quotidien cette attestation « covidienne » n’a jamais été exigée. Il était très aimable avec nous et s’est mis en quatre pour nous faire ouvrir les toilettes aux haltes et distribuer des bouteilles d’eau dans le train de l’Eurotunnel. En effet, le coronavirus a servi de bon prétexte pour fermer les toilettes et la climatisation dans les transports, ce qui à 35 degrés dehors génère stress et malaise.
A Londres, le temps est superbe et frais. Le quartier Paddington proche de la Westminster Court s’anime doucement depuis que les hôtels ont presque tous réouvert depuis le 1 août et que les touristes, tout d’abord anglophones, reviennent. Business oblige, les gérants sont tous très aimables et les prix très abordables. Les masques sont presque inexistants et en me promenant sous les grands arbres du quartier je me sens libérée de l’intense psychose collective dans laquelle nous sommes si plongés en France que nous ne nous en rendons plus compte. Ce n’est qu’au restaurant que le corona se rappelle à mon souvenir sous forme de grand registre tenu par la serveuse ou il faut inscrire son nom et son téléphone – mais les Britanniques ont une confiance plus grande dans leur gouvernement que nous dans le nôtre et ils n’ont pas peur d’être retrouvés par les autorités, accusés d’avoir « infecté » quelqu’un ni exterminés dans un hôpital. De même dans un autre pub, un parcours fléché imposé au consommateur afin qu’il ne se mélange pas avec les autres me rappelle que l’absurdité existe aussi de ce côté-ci de la Manche.
L’annonce de la quarantaine m’irrite car elle met en danger notre faculté de venir au procès de Julian Assange le 7 septembre. La mesure est clairement une pression visant l’économie française, les touristes anglais rapportant un argent non négligeable à l’économie de nombreuses régions. Comme tout dans cette crise, alors que les décideurs se soucient comme d’une guigne de la santé humaine, les décisions prises au nom du sanitaire ont de vraies raisons politiques. En d’autres termes, Poutine ayant appelé Macron immédiatement le jour même pour lui proposer son vaccin et l’inciter à mettre fin à l’hystérie covidienne, les Anglais font-ils une pression sur la France dans ces négociations dont les peuples sont exclus, alors même que se pose leur place dans le monde occidental depuis qu’ils se sont débarrassés de la tutelle de la Commission Européenne ? Je garde espoir que ces négociations aboutissent à un compromis et que la frontière puisse nous être ouverte à nouveau d’ici le 7 septembre.
J’arrive devant la Westminster Court tôt le matin
et je suis donc la première devant la porte. Peu après arrive une militante
australienne avec une grande banderole de soutien à Julian Assange. Nous
discutons longuement de la terreur sanitaire entretenue dans nos pays par des
gouvernements plus soucieux d’habitude de privatiser les systèmes de santé que
de soigner les malades. Elle me raconte les dernières trouvailles liberticides
d’un Occident en pleine tentation fasciste : la loi néo-zélandaise
permettant l’enfermement dans des camps spéciaux des « infectés » par
le coronavirus, la loi australienne permettant à la police de Melbourne de
rentrer sans ordre de justice dans les maisons pour des inspections
« sanitaires » et surtout la loi anglaise prévoyant de retirer
immédiatement aux parents les enfants qui, dument testés, auraient de la fièvre
à l’école ! Elle est d’autant plus horrifiée en tant que militante
écologiste que c’est le gouvernement de gauche de l’Etat de Victoria qui impose
avec fierté des mesures tyranniques contre les citoyens terrifiés. Mais elle
m’assure aussi qu’une certaine révolte se lève dans cette société britannique
très atomisée et que la manifestation contre le masque obligatoire avait fini
par rejoindre les militants qui avait le jour même organisé une action de
soutien à Julian Assange devant le 10 Downing Street.
Vers 7 heures arrive une militante française que je connais, puis une militante allemande avec laquelle j’ai sympathisée. Nous discutons de la situation en France et en Europe, et notamment de la porte de sortie de crise que constitue la manoeuvre du vaccin russe. La queue se forme vers 8 heures avec une dizaine de militants habituels, nous nous connaissons tous. Depuis que la velléités de certaines de faire des listes et de décider qui rentre et qui ne rentre pas s’est estompée, l’ambiance est bien plus sympathique et cordiale. Parmi les personnalités publiques j’aperçois alors Fidel Narvaez mais personne d’autre. Cependant, les rumeurs courent que le « social distancing » a été durci pour ne laisser que 5 places au public. La lutte va encore avoir lieu, cette fois ci avec la Cour… On rentre à 9 heures, le bâtiment est entièrement désert hormis les agents de sécurité. Une cour fantôme. On ne sait si c’est à cause de la corona-crise, puisque le gouvernement britannique avait déjà auparavant tendance à pousser la justice à ne plus exister autrement que par video et téléphone, ou est-ce parce qu’en réalité, à part l’extradition de Julian Assange et des Européens de l’est, ce tribunal ne gère que de petits délits de consommation de cannabis ou de conflits de voisinage. Ce bâtiment construit en 2011 est donc vide en permanence et n’aurait jamais réellement servi à la justice.
Les audiences des extradés est-européens ont-elles lieu « on line » comme l’annonçait l’affichette sur la porte le 27 juillet ? Cette annonce a disparu, dans la queue, les avocats des autres personnes sont peu nombreux. Le secrétariat du tribunal semble fermé et comme le 27 juillet il n’y aura plus aucune liste de noms affichée sur les porte des salles. Cependant dans le hall d’entrée plusieurs listes de jugés sont présentes. Le nom de Julian Assange figure sur une petite feuille épinglée par dessus la liste des cas jugés en salle 3. En face de son nom, un horaire : 15h30. Aïe, s’il faut attendre aussi longtemps, la perspective ne me réjouit guère. Mais comme on sait que rien n’est fait ici selon les règles, il faut rester. Nous sommes militantes qui nous précipitons au guichet du secrétariat où une seule employée a enlevé son masque encombrant derrière son mur de verre : elle nous dit de rester, il y aura des changements. Nous nous plaçons devant la porte en file indienne et discutons.
De l’eau s’écoule d’un éclairage de néon au plafond. Les agents de sécurité ont installé une rubalise et tentent de maitriser la fuite au beau milieu de la salle d’attente. Ils font appel à deux travailleur/es du nettoyage, est-européens, qui doivent éponger l’eau avec un chiffon au bout d’une longue perche, sans aucun équipement de sécurité alors qu’ils peuvent s’électrocuter… Tiens, je remarque qu’un des agents de sécurité que nous connaissons porte un badge bleu au lieu des insignes oranges de Mitie. Il confirme : oui, Mitie a bien perdu le marché du tribunal, lui a eu la chance d’être repris par la nouvelle boite, OSE, et il est bien content de garder un job proche de son domicile. Il est vrai que Mitie avait commis quelques abus ici devant nous et contre nous et peut être même contre Julian Assange, que nous avons pu voir terrorisé alors qu’ils étaient chargés de sa garde. Nous attendons encore jusqu’à 10 heures. Petit à petit la situation se clarifie : les Européens de l’est se regroupent devant la salle 1 et la salle 3 sera entièrement consacrée à Julian Assange. Florence Iveson, la nouvelle avocate ayant remplacé Hamilton Fitzgerald, s’active avec Alistar Lyon et la collaboratrice de Gareth Peirce entre les consultation room, le secrétariat et la salle d’audience toujours fermée.
A 10 heures passée l’audience n’a toujours pas commencé, et une certaine nervosité s’installe. Les journalistes arrivés pour Julian, Juan Passerelli, Mohamed El Maazi, une femme et deux hommes que je ne connais pas, sont assis sur les fauteuils de la salle d’attente confiants qu’ils vont pouvoir rentrer. Ce n’est pas notre cas, nous sommes inquiets de devoir rester debout toute la journée ici. Peu après la greffière, une femme que j’ai vu plusieurs fois toujours plongée dans son ordinateur, sort de la salle d’audience affichant un visage profondément ennuyé de quelqu’un qu’on charge d’une besogne qui n’est pas la sienne. Me trouvant toute proche j’entends Florence Iveson demander un délai parce que Belmarsh ne répond pas aux sollicitations des avocats. La greffière finit par répondre qu’ils pourront peut-être lui parler dans la salle une fois la connexion video établie. Ainsi les avocats doivent se débrouiller pour faire comparaitre leurs clients et la cour ne fait aucun effort pour faire ce qui est quand même son travail… Encore un indice exaspérant que tous ces dysfonctionnements montrent un monde de faux semblants. Finalement à 10h30 nous sommes toujours debout devant la porte, alors que Iveson et les deux collaborateurs de Peirce et Birnberg s’enferment dans la salle.
La juge Baraitser, la femme qui est censée juger Assange , ici dans la salle 3 du bâtiment appartenant à a multinationales Prudendial qui loue ses locaux à la Westminster Magristrate Court
C’est alors qu’entrent dans la salle d’attente John Shipton et Stella Morris. John Shipton nous salue aimablement puis échange avec les journalistes. Il est question de qui va lui céder sa précieuse place, je ne peux le faire vu les efforts que je fais pour être ici. Mais j’ai le pressentiment que comme dans la Woolwich Court, cela ne sera pas nécessaire. Néanmoins lorsque la greffière sort à 10h45 et annonce qu’à cause du « social distancing » seuls les journalistes pourront entrer et personne d’autre, l’émotion est vive. Quelqu’un dit que quand même nous sommes ici depuis 6 heures du matin. Elle fait entrer les journalistes qui sont cinq en tout. C’est alors que John Shipton s’avance vers elle, Stella Morris derrière lui. Il dit « je suis le père de Julian Assange et elle sa partenaire » (« partner »). Et moi, qui suis toujours en tête de la file, je déclare « et moi je représente une association des droits de l’hommes ». La greffière me regarde avec hostilité et crie « Je ne parle pas avec vous » ! Je suis interloquée car je n’ai rien dit d’agressif. On aurait pu annoncer que nous sommes la « famille française » de Julian Assange, celle dont John Shipton a parlé le 18 avril 2020, mais ce n’est pas dans notre style de mentir. Quoi de plus naturel dans un pays démocratique que la présence d’une association de défense des droits de l’homme pour contrôler le respect des droits ! Nous n’avons pas besoin de nous justifier d’être là !
Je suis à côté de John Shipton
Alors la greffière me somme de reculer pour respecter le « social distancing ». Je le fais avec peine car la file me pousse dans le dos et les militants sont aussi excédés que moi. Je lui fais remarquer qu’au moins je porte un masque, un ustensile qui me donne visiblement plus de légitimité aujourd’hui que l’évocation des Droits de l’Homme… La greffière remarque « je dois gérer cette situation » qui objectivement n’est pas facile. On attend silencieusement. Finalement, elle fait entrer John Shipton et Stella Morris. Je peux entrer à mon tour et je pousse vite la porte du box du public sans me retourner. Trois autres militantes pourront entrer, une Française, une Allemande et une Britannique – l’Europe (occidentale) est au complet pour au moins symboliquement soutenir Julian Assange. Je suis assise sur le dernier fauteuil du premier rang. Deux fauteuils étant condamnés sur 3, John Shipton est à ma droite, Stella Morris au fond de la rangée, les autres militantes derrière. Je me retrouve en bonne position pour voir Julian Assange sur les deux écrans videos de part et d’autre de la salle et je suis assise pile dans l’axe en face de la juge Baraister.
Julian Assange en video
Baraitser est déjà là et nous regarde fixement. Et
surtout, Julian Assange est là aussi dans la vidéo. Il est assis dans ce
box aux murs bleu foncé sur des sièges rouges ressemblant à une salle
d’attente. La pièce est différente de celle du 27 juillet et différemment
filmée. Alors que le 27 juillet la caméra le filmait de près en face en le
coupant au niveau de la taille, ici elle est située en haut d’un mur ce qui
fait penser à une caméra de surveillance, et on peut le voir en entier. Le
décor est celui des mises en scène de décembre et janvier dernier. Une porte à
droite, une petite fenêtre donnant sur le couloir et un écriteau indéchiffrable
au-dessus de sa tête. Julian Assange est assis les mains jointes sur ses
genoux, la jambe droite croisée sur sa jambe gauche. Il porte le même pull
beige et la même chemise blanche que la dernière fois, un pantalon gris un peu
trop court et des chaussettes blanches. Il a les cheveux courts et pas de
barbe, ou une barbe très courte, pas de lunettes et un air triste et résigné
que j’ai vu surtout en novembre et décembre dernier. Comme alors il a l’air mal
en point, prostré. Il ne bouge pas et ne change pas de position pendant une
heure et quart. Parfois il penche vers le côté comme victime d’un malaise et garde
les yeux baissés. Il ne participe pas au show, soit parce qu’il va mal, soit
parce qu’il refuse d’y apporter sa caution. Il tousse fréquemment d’une toux
sèche, qui ressemble à de l’asthme, et porte alors ses mains à son visage. Je
suis préoccupée et chagrinée de le voir ainsi.
Il a l’air d’avoir froid avec ce pull, alors que les gardiens sont tous en chemise blanche manches courtes et pantalons noirs. Et des gardiens il y en a ! Ca pullule brusquement sur la vidéo de la prison, même si ces uniformes rappellent plutôt ceux des agents de sécurité privée et pas les uniformes noirs déjà vus dans de pareilles circonstances. D’abord ce sont deux hommes, un Blanc et un Noir, qui regardent Assange en se tenant dans l’embrasure de la porte. Puis il y a des femmes qui se joignent à eux. Ca défile dans le couloir, le brouhaha est audible jusqu’ici. Julian Assange reste impassible mais la pression exercée sur lui est visible. Le 27 juillet le personnel de « Belmarsh » était habillé comme des infirmières de blouses bleus et vertes . Visiblement Julian Assange a encore changé d’endroit, mais nous ne savons toujours pas ou il se trouve exactement. Nous ne savons toujours pas s’il reçoit nos courriers et si non pourquoi et pourquoi il ne peut y répondre…
Dans la salle le chaos flotte dans l’air. La juge Baraitser est le nez dans un dossier, silencieuse. L’avocate Florence Iveson entre et sort, on ne sait pourquoi. Julian Assange est absent, prostré. Le bruit s’amplifie : les gardiens parlent, et chaque fois que quelqu’un entre ou quitte la fameuse conférence téléphonique « online » on entend une voix métallique dire« left the conference ». Cela ne fait VRAIMENT pas sérieux. Vraiment « Kindergarten » comme je le confie à ma collègue allemande. Comme une école maternelle, alors que la vie d’un homme emprisonné est en jeu. On se pince pour y croire. A un moment donné Baraitser lève la tête, demande « Officer, Wandsworth », puis se rattrape « Belmarsh », et lui demande de faire moins de bruit car on n’entend rien dans notre salle ! Un gardien arrive et s’assied en face de Julian, on le voit distinctement traverser le box puis disparaitre de notre champ de vision. Surveillance permanente, comment Assange pourrait librement s’exprimer devant la cour avec de telles pression exercées sur lui !
D’ailleurs, à 10h55 Julian Assange tousse, puis dodeline de la tête et se mord les joues, parait très vieilli. Baraister se décide alors d’ouvrir le procès et lui demande de présenter son nom, de « formally identify ». J’entend bien sa voix à travers le haut-parleur. La voix de Julian Assange est hésitante, bute sur chaque syllabe, chaque mot est entrecoupé d’un silence, comme en décembre 2019 quand il était au plus mal. Est-il soumis à des pressions psychologiques, de la torture physique, des médicaments ? Sa date de naissance, «3 July 71 », il la prononce comme s’il n’y croyait pas non plus à cette identité aussi incertaine que sa voix l’est ici. Le chaos continue : Baraitser donne la parole à Claire Dobbin par l’entremise de la « conférence téléphonique ». On entend le début d’une phrase prononcée par Dobbin, puis plus rien. Baraitser donne alors la parole à Florence Iveson qui force le ton pour que Dobbin entende à travers la machine. Pour une fois j’entends correctement ce que dit la défense. Florence Iveson parait mal à l’aise et au bout de 15 minutes ses joues sont rouges, elle se retourne fréquemment pour consulter Alistar Lyon assis derrière elle. Julian Assange tousse de plus en plus, il a les épaules rentrées, parfois il bouge juste les doigts. Le gardien qui le contrôle bouge aussi et alors on le voit à l’écran. Baraitser essaye de faire répéter sa phrase à Dobbin puis jette l’éponge et appelle un technicien pour réparer le matos. Un jeune homme arrive et nous attendons encore ainsi un quart d’heure sans bouger.
Cet exemple montre clairement que la justice
au téléphone, tout comme la médecine par téléphone, ça ne peut pas marcher.
Il n’y a pas de procureur, comment une audience peut-elle avoir lieu ? Les
conditions n’étant pas réunis pour un procès équitable, dans un pays normal le
juge aurait renvoyé immédiatement tout le monde à la maison et fixé une autre
date obligatoire pour tout le monde sans chercher à concilier des
agendas ! Mais la question se pose déjà depuis un moment pour nous: Vanessa
Baraitser est-elle vraiment juge ?
A 11h15 Claire Dobbin peut enfin parler dans son
téléphone. Elle dit qu’elle ne savait pas que l’audience était fixée à 10
heures. Baraister la sermonne comme une petite fille sur le thème qu’elle avait
effectivement fixé la date le 27 juillet. C’est tellement surréaliste qu’on a
encore plus l’impression d’une répétition théâtrale dans une maternelle avec
des gens qui jouent un rôle. Un certain Smith se trouve derrière Dobbin et
tente de se justifier par les listes annonçant 15h30. J’entends bien Clair
Dobbin car le son est très fort.
Florence Iveson commence son discours par la
nouvelle accusation dont les documents seraient arrivés le jour même. Elle
souligne que la défense n’a pas eu le temps de lire les 43 pages et qu’il est
« astonishing » (surprenant) qu’une nouvelle « request »
(demande) ait été faite car elle élargit considérablement la première. Selon
elle, M. Krombach n’aurait pas envoyé le document à temps et argumente que
l’ampleur du dossier ne permet pas de tenir avec une « approche
pragmatique » la date du 7 septembre pour le procès. Elle plaide aussi en
utilisant la notion de « narrative background » qui ne doit pas être
exclus du dossier. Le nouveau dossier aurait dû être présenté à une
« étape précoce ». Je ne
comprends pas bien ou elle veut en venir, qu’est-ce que le « narrative
background » – (l’historique politique ?) qui ne serait pas mis en évidence ?
Pas davantage je ne comprends pourquoi c’est le procureur Gordon Krombach qui
aurait du transmettre le dossier alors qu’il n’est qu’un des sept
« assistant United State Attorney » figurants en bas du document
d’accusation signé par G. Zachary Terwilliger « Unit States
Attorney » le 24 juin dernier[1].
Il va falloir se pencher sur le fonctionnement compliqué des institutions
américaines et de leurs liens avec le traité d’extradition bilatéral de 2003.
Je suis perplexe par rapport à la date du 21
décembre que j’entends sans comprendre le contexte précis. Ce que je comprends
est qu’elle demande un temps supplémentaire pour traiter ces documents et parce
que cette demande initie une nouvelle procédure (« new conduct »). Il
nous semblerait même qu’une nouvelle accusation devrait donner lieu à une autre
procédure distincte qui devrait être disjointe de celle-là et passer d’abord
par la voix diplomatique avant de devenir officiel. Baraitser lui demande alors
d’illustrer ses paroles sur ce qu’elle veut dire avec « new
conduct ». Je ne comprends pas sa réponse qui est très brève. Julian
Assange est encore plus immobile et prostré. Alors Madame Dobbin a la parole.
Elle cite Krombach et le paragraphe 9 du Grand Jury selon lequel les Etats Unis
continuent leur « criminal investigation » contre M. Assange et que le
procureur poursuit son enquête « criminelle ». Elle répète que
certes, ce n’est pas pour cette accusation « remplaçante » qu’il a
été accusé et « charged » (accusé) cela n’est pas important puisque
de toute façon la procédure sera « élargie ». Selon la procédure M.
Assange est un hacker et c’est cela le vrai « background » de la
demande d’extradition. Pendant qu’elle parle, les gardiens bougent de leur
siège, une femme ouvre la porte du box, il y a du bruit et je n’entends plus
les détails de ce qui est dit. J’ai l’impression que Julian Assange n’entend
rien et ne comprend pas lui non plus.
Florence Iveson répond que selon le paragraphe 9, l’enquête en cours, les preuves versées ne portent que sur les accusations pour 2010 et pas pour les « accusations de remplacements » (« superseding charges »). Il s’agit des conversations sur la messagerie Jabber entre Chelsea Manning et Julian Assange dont l’accusation a toujours fait grand cas dans ces documents, mais qu’elle n’a jamais, selon moi, était en mesure de les produire publiquement. Pourtant lors du procès de février la salle 2 de la Woolwich Court était pourvue d’un gigantesque écran sur lequel il était possible de montrer les fameux protocoles de la messagerie Jabber prouvant les conversations Manning-Assange. J’ai assisté aux 4 jours du procès et je n’ai rien vu de tel. Il faut aussi rappeler pour mémoire que la messagerie Jabber a été développée par la Fondation allemande Wau Holland, cette même fondation qui de 2009 à 2014 a produit et dirigé le projet 04 « défendre la liberté d’information Wikileaks » pour laquelle Assange a été chef de projet (Projektleiter) en 2011 et 2012, selon les rapports d’activité publics de la fondation[2]. Jabber était censée être une messagerie cryptée inviolable… Julian Assange a fait doublement confiance aux Allemands, en tant que directeur de leur projet « Wikileaks » et en tant qu’usager de leur produit Jabber… et cela lui a été fatal. Dans la salle, les dirigeants de la Wau Holland, dont « l’ami » Andy Müller Maguhn brillent par leur absence…
Une fois que Florence Iveson ait répété sa
demande de délai supplémentaire, Baraitser résume sa position comme une prof
face à son élève : l’ancienne demande n’est pas annulée par la nouvelle.
La défense a besoin de plus de temps. Le « narrative background » a
été ignoré et le « case management hearing » (audition de
préparation) ne peut pas décider quelle preuve est recevable. Elle annonce qu’elle
est favorable à ce que la défense ait plus de temps pour travailler ses
arguments.
Je la regarde bien et à ce moment-là il se passe quelque chose. Je vois le visage de cette femme comme s’éclairer et s’arrondir. Elle se trouve juste en face de moi, pas très loin finalement. Elle a l’air rajeunie. Mes yeux sont exactement dans l’axe des siens qui prennent alors une belle teinte vert claire. Elle continue de parler, puis baisse les yeux sur son texte. Elle lit clairement son texte, de plus en plus mécaniquement, comme s’il avait été écrit à l’avance, ou par quelqu’un d’autre, comme un scénario d’un rôle. Elle lit de plus en plus visiblement. J’ai en face de moi une femme qui se comporte comme Svietlana Tichanouska, la femme au foyer intronisée par l’Occident « première opposante » au président Loukachenko lorsqu’elle a fuit son pays pour la Lituanie pro-américaine lundi dernier après avoir poussé des militants à commettre des émeutes. Elle a alors publié une vidéo ou elle lit un texte, si visiblement qu’on ne peut s’empêcher de penser qu’elle est otage de ses nouveaux « amis » américains et qu’elle veut le montrer indirectement[3]. Je me tourne vers ma collègue allemande et je lui lance déconcertée « cette femme est-elle une actrice » ? (Schauspielerin)
La biographie de Baraitser et les raisons de sa responsabilité dans ce dossier ont été un mystère jusqu’à présent. Sa carrière de juge semble bien mystérieuse car il n’y a quasiment aucune information publique sur elle. Son père Michaël Baraitser est un neurogénéticien sud-africain blanc d’origine juive venu en Grande Bretagne au début des années 70 et bien établi dans les instituts scientifiques britanniques[4]. Une de ses sœurs, Lisa Baraitser a un impressionnant CV de psychologue, chercheuse et spécialiste de la maternité, du genre, du féminisme et des théories queer [5]! La deuxième sœur, Paula Baraitser possède un confortable poste de chercheuse en sexologie au Kings College de Londres, autre prestigieuse institution[6]. Avec des compétences familiales aussi poussées en psychologie et sexualité humaine, on se demande comment la juge Baraitser ne voit pas que la campagne de propagande diffamant Assange en tant que violeur s’appuyait sur un vide complet, ce que je moi et certaines de mes amis féministes nous avons immédiatement perçus une fois qu’on a lu le dossier suédois publié.
Comment se fait-il qu’originaire d’une telle famille, versée dans la psychologie et bardée de diplômes prestigieux, madame Baraitser, en tant que juge de quartier, d’une simple cour de justice prudhommale, participe à un sketch manipulatoire aussi honteux ? La question clé serait « qu’est-ce que cela peut-il bien lui rapporter » ? Par ailleurs, le sérieux de son activité de juge est mis en question. Nous n’avons en effet pas pu trouver d’autres traces que quelques affaires de harcèlement, de voyeurisme et d’alcoolisme sur la voie publique (!)[7] et dans le chapitre des extraditions, la curieuse affaire française de la fuite de Alexandre Djouhri[8], porteur de valise financier de Nicolas Sarkozy en 2012 qu’elle a remis en liberté en février 2019. Un juge de cour « magistrate » peut avoir été avocat, mais là non plus pas de trace d’une quelconque activité. De moi-même je n’ai pas vu madame Baraitser juger d’autres extradés avant le cas bizarre d’un Letton membre du KGB le 27 juillet dernier. En septembre et octobre 2019 j’ai vu lors de trois audiences Emma Arbuthnot juger des Polonais enfermés dans les prison de Wandsworth ou Belmarsh et décider de leur extradition ou non. J’ai vu d’autres juges juger ces affaires courantes. Madame Baraitser, elle, semble n’avoir comme travail que de s’occuper de l’affaire Assange et cela est étrange.
A la fin de sa lecture, Baraitser s’adresse à
Iveson : « vous avez besoin de plus de temps. Quand vous serez prête
informez la cour ». L’avocate de Julian Assange semble alors prise
de panique. Elle se tourne, visage rouge, vers Alistar Lyon et sa collègue et
parle « d’instructions » et de « difficultés de
communication ». Il ne lui vient cependant pas à l’esprit de demander à
son client ce qu’il en pense, alors qu’il est juste là en face d’elle, et que
normalement il n’est pas interdit à l’avocat de s’adresser à son client pendant
le procès (je l’ai vérifié avec les avocats des Polonais). Visiblement tout
est fait pour que Julian Assange ne puisse JAMAIS parler de vive voix librement
en présence de personne étrangère au cercle. Baraitser lui vient en aide en
fixant une date, vendredi ou mercredi prochain. Puis elle s’adresse à Julian
Assange « la date du 7 septembre sera effective. Vous n’avez pas été
arrêté pour les nouvelles accusations » (pardi, il est encore présumé
innocent, oui !).
Julian Assange lève la tête.
Alors Baraitser demande à Iveson et Dobbin si
elles sont d’accords. Pour elle, en février c’était un accord général, et
maintenant il y a une nouvelle procédure, nouvelle demande. Tout le monde est
d’accord ? Dobbin et Iveson sont d’accord. On ne demande pas à Assange son
avis. Baraitser a hâte d’en finir. Elle commence un layus sur la « global
pandemic » (notre chère religion covidienne), propose d’un « cloud
video plateform » pour les déposition des témoins et donne la date limite
du 21 août pour la liste des témoins qui viendront personnellement. La
perspective d’un procès en « cloud plateforme » est inquiétante. Il
est 11h40. Julian Assange tousse encore, nous les militants, nous sentons notre
nervosité et notre émotion monter. Baraitser, Dobbin et Mr. Smith discute si le
secrétariat est disponible. Dobbin enchaîne sur « l’expertise
psychologique » (mental expertise, psychological report) demandé par le
procureur Krombach. Iveson est d’accord avec elle, mais pas nous ! En
effet, la longue expérience militante montre qu’un prisonnier politique ne doit
jamais accepter d’expertise psychiatrique pour sauver sa peau, parce que la
crédibilité de son action en sera durablement atteinte et cela va fatalement
lui porter préjudice. A fortiori une telle expertise est inutile dans une
procédure d’extradition ! Finalement, Iveson déclare pouvoir présenter les
«preuves » pour le 24 août. Dobbin la somme aussi de répondre aux
« 25 statements » de M. Krombach. On entre dans des débats de
secrétariat, qui peut qui ne peut pas. Il est question d’un « pre-hearing »
et puis de video-conférence.
Lorsque Baraitser élève la voix, je comprends que l’audience du 24 août a été annulée. Elle annonce que ce fut aujourd’hui la dernière audience administrative et que la comparution physique de « M. Assange » à la Old Bailey le 7 septembre à 10 heures est maintenue. Elle lui dit qu’il reste en détention et demande s’a compris. On entend alors une voix lasse et hachée : « J’ai entendu certaines de vos paroles » dit Julian Assange (je me fais confirmer cette phrase par les anglophones pour être sûre d’avoir compris). En fait, il n’a pas entendu tout ce qui se passe et n’est peut-être pas en état de comprendre. La juge Baraitser n’en a cure, elle a effectué sa prestation, elle se dépêche de partir. Toute la salle respecte le cérémonial et se lève. Puis presque tout le monde dans la salle a le dos tourné et range ses affaires. Mais moi je m’aperçois que Julian Assange est encore là et je reste, comme toujours, jusqu’à son départ définitif. Je veux voir sa démarche pour que notre médecin puisse évaluer son état de santé. Alors que l’assistance ne prête plus vraiment attention à lui, Julian Assange lève le poing ! Alors je lève le bras et le poing aussi ! Je le regarde ! Des militants me diront, « mais il ne te voit pas ». Je réponds: « peut-être que quelqu’un lui dira que nous sommes là. Il nous a vu en janvier et février. Il sait qu’on est là…. » Et puis Julian Assange se lève d’un bond et quitte la pièce d’un pas rapide comme un homme qui n’attend que cette occasion pour fuir ! Je suis rassurée – sa démarche est bien vivante, pas dodelinante ou incertaine comme en hiver. Il a envie de vivre et se sauver de là… Lorsqu’il disparait du box, j’accepte de quitter mon siège et de sortir de la salle.
Imperial College of London ou Neil Ferguson nous a imposé l’idéologie de la panique Covid
Comme toujours, je suis sonnée par ce que j’ai vu
et vécu. Il me faut un peu de temps pour reprendre mes esprits alors que les
militants donnent de la voix devant la porte du bâtiment. J’échange avec John
Shipton sur la quarantaine politique qui nous empêche de venir agir pour Julian
de France. Nous évoquons la santé et les conditions de détention de Julian
« depuis 11 ans » et l’impossibilité de lui parler actuellement. Je
dois partir vite car à cause de la quarantaine je ne peux me permettre de
perdre mon billet de retour en Flixbus. J’ai du travail car je me plonge dans
la lecture d’un livre important : « Sexus Politicus » de Christophe
Deloire, secrétaire général de Reporter sans Frontières depuis 2012, présent
au procès de Julian d’Assange le 24 février dernier. Il est vraiment important
de comprendre comment marche le réseau des élites politiques qui décide de nos
vies les plus intimes, si nous voulons récupérer notre pouvoir sur nous-même.
I can’t hide it, emotion gripped me when I returned to London after exactly 5 long months since the epic last day of Julian Assange’s trial at the Woolwich Court on February 27th. In the meantime, we have lived through many trials, the strange and violent Covid adventure, police confinement, social and economic chaos, the ultimate terror that many of our citizens still feel. Words are lacking to describe the strange feeling of a return to the « life before », when the political power is still the same and we are weakened by what it inflicts on us, in France as in England and throughout Europe.
Nevertheless, we are not giving up the struggle. The borders being open again, the quarantine over, I went back to Paris – London Victoria Coach Station. Eurolines having been swallowed up by its German competitor, the bus drivers were no longer the ones I had come to know by dint of making the trip twice a month. Were they fired in the context of the compulsory liquidation that Flixbus imposed on Eurolines? Some restrictions are still in place: one out of two seats condemned, toilets closed… The bus was occupied by migrant families joining theirs. My young neighbour was a Polish migrant living in London who took advantage of a cheap offer to make a tourist stop in Paris.
The border crossing lasted two hours because you had to show your white paw: a form filled in on the British government website in which you had to fill in your departure and arrival details, information on your means of transport and the sacrosanct mobile phone in order to be contacted again if you had transmitted a coronavirus to someone… You also had to leave a third person’s phone in case you refused to answer the friendly government requests on the covid19. But the border police seemed annoyed by this bureaucratic hassle and let me pass without presenting the document in view of my French passport.
My reunion with the British capital was full of emotion. Indeed, contrary to what I had expected, I felt very comfortable. The great city of London is almost empty. People were walking slowly, without stress, the weather was superb (except this Monday…). The greenery and flowers were shining. People are apparently not terrorized by disease. Very few masks in the streets, and despite the obligation, very few masks in shops, cafes and restaurants. It is in the subway that the wearing of masks is the most disciplined, although the trains were empty of the usual crowds, although I don’t understand if this is due to holidays or teleworking. Admittedly, economic activity is reduced, and a large number of hotels and restaurants are closed, hoping to reopen in August. I do not know what is happening to the workers in these establishments. But I was happy to find my little habits in the cafés in the Paddington area around the Frontline Club, places that Julian Assange had frequented and which are only a few hundred metres from Westminster Court. Opposite the Frontline Club, Norfolk Place, lies the huge complex of St Mary’s Hospital, the historic site of Alexander Fleming’s discovery of penicillin. 50 metres from the Frontline Club is a place of powerful power, the importance of which we unfortunately did not grasp last winter: the Imperial College of London Medical School. This « Imperial » research centre which has influenced our lives in France and Europe to an unimaginable extent is physically part of the Saint Mary’s Hospital complex but is not dependent on the British health system, the National Health Administration. The all-too-famous Neil Fergusson, a 50-year-old mathematician who boasts of having imposed total confinement on the French population after terrorizing President Macron, is vice-decan, vice-president of this institution and sits in this building (1).
London from the side of the St Marys Hospital
On Monday 27 July 2020, at 8 a.m., in front of the Westminster Court there was nobody there. So I was the first to enter the court. At 8.15 a.m. two activists from Don’t Extradite Assange arrived, followed by journalists Marty Silk, Mohamed El Maazi, Juan Passerelli and other regulars. We greeted each other and exchanged news in a friendly atmosphere, like a family prevented from seeing each other again because of the political closure of the borders. It must be said that in the absence of Greekemmy the atmosphere was always more relaxed in the courtyard. I spent the hour and a half waiting in front of the door to sympathize and chat with a German-speaking activist.
the building of the Westminster Cout is part privatized: the left side belongs to the Insurance company Prudential. Prudential rent the rooms to the Westminster Court. Only the right side belong to the City of Westminster
At 9:30 a.m., I met the same security guards from Mitie who have known us for almost a year already. I found the list of extradited persons in the hall – Julian Assange as number 1 for room 3, then 15 names of Poles, Romanians, Slovaks, Hungarians… When I found myself in front of the door of room 3, with a « social distancing » of 2 meters imposed between each person, (to be compared with the 1 meter in France), I noticed that apart from us, Julian Assange’s supporters, there was nobody else. The court was empty, as if it was disused. No secretary came to stick the list of the judges on the door. The secretariat looked like it was closed. A poster on the front door informed that the hearings would be held by video and that each defendant and his family would receive the necessary information by e-mail. The Covid crisis has amplified the British policy already underway to dematerialize all institutions. The buildings thus freed from the useless human presence will thus be able to be used for something else, the question is precisely what for?
So we spent 45 minutes alone in the vast waiting room in front of the empty coffee machines. A few Polish lawyers nevertheless appeared later for some exceptional physical hearings. The families of the Eastern Europeans on trial after Julian Assange remained absent. The « ghost court » aspect was accentuated when at 10 am we noticed that there was still no movement in the courtroom. In the meantime, lawyer Edward Hamilton Fitzgerald had arrived accompanied by a young blonde woman, perhaps his collaborator, whose name was published on twitter as Julian Assange’s new lawyer. It must be said that Gareth Peirce was no longer there. Edward Hamilton Fitzgerald and the young woman held a brief meeting in the first consultation room at about 10 o’clock. I also note the presence of Mark Summers. In the audience, two female journalists arrived as well as a curious young girl wearing a black cap and a black mask so big that one could never recognize her face. She was sitting on a chair reading a book called « Skripal files ». She did not enter the public gallery until 11:30 am.
In the front of the Courtroom 3 wearing the mask I hate…
In theory the mask is compulsory for everyone, but only ordinary citizens are required to exercise. Vanessa Baraitser, the clerk, the court clerk, the prosecutor and the lawyers did not wear masks during the hearing or in the corridors. It is obvious that no one here believes in the need to protect oneself from « danger » and those present who know each other kiss and touch each other without any embarrassment. What a contrast with our countries of continental Europe, which have been kneaded for 5 months by a panic fear that is as irrational as it is ancestral!
It is already more than 10 o’clock when the hall opens and without any other form of ceremony, in the absence of any court officials, we settle in without any way, whereas in winter the control of the allocation of seats was so severe and the object of so much tension. Journalists are even moving into the right-wing ranks, normally reserved for the court employees who are now absent. The clerk is already sitting at his desk under the dais and he won’t raise his head from his computer as if everything that is happening here does not concern him. Fitzgerald is sitting next to a young prosecutor, the old one, Lewis, is not there. There is a playground atmosphere in the room, rather than a court of life and death, the freedom of people. Vanessa Baraitser arrives, equal to herself in her same black outfits and gives the same speech, not without having warned that she will not tolerate people standing in the public gallery: indeed, because of coronavirus, half of the seats are condemned, we can only be eight. As I entered first, I am comfortably seated in the middle of the front row.
In the surrounding hubbub, I don’t understand everything that is being said. Five months and a few tests later, I am no longer in the bath of legal English as I was in February. Moreover, the « online conference » – the parallel conference call – hinders comprehension because every time someone logs on or leaves the « conference » a loud, artificial voice resounds in the room. What is immediately apparent is that Julian Assange will not be appearing contrary to what was announced on twitter. I understand that lawyer Fitzgerald is justified in having contacted Belmarsh and that the prison would have told him that they were not aware of the prisoner’s appearance today! Judge Baraitser responds that she is not responsible and that the prisoner’s appearance is not her business ! I think we’re walking on our heads! If now it is up to the lawyers to call the prison to arrange the appearance of the accused, are we really still in a real court? But yes, Baraitser instructs the lawyer to call the prison himself!
She dialogues with the young prosecutor who seems to know nothing about it either and starts her administrative job of preparing the final trial asking the prosecution to provide written arguments by September and listening to the answers on what has already been e-mailed to her by the parties. Only once, out loud as if to address us, Baraitser notes Julian Assange’s absence. Fitzgerald is as usual hesitant with this attitude of permanent justification that characterizes him and which exasperates more than one activist. He ends up saying that he would like to consult with his client and would be very happy if he could establish this contact. At 10:30 a.m., Baraitser finally gets fed up with the cinema and says, « We were not able to see Mr. Assange. Make a request to the prison and when you are ready, let me know ». She leaves quietly, and while we stand up as usual, the journalists leave the room, while Mark Summers replaces Fitzgerald on the lawyers’ seat.
I’m annoyed. What is still going on in this « Kasperletheater », (puppet theatre according to the German sympathizer?). Should I go out like the others or should I stay and watch my place? Or are the real decisions made? Is it the lawyers who run the court or the court that establishes and monitors the procedures? What is this place that definitely does not look like a court?
Another young prosecutor begins a long tirade about organized bank fraud in Latvia at the beginning of the brilliant years of the wild capitalism of the 90s. I understand we’ve moved on to the next case and I’m staying to listen and learn. Mark Summers responds to the prosecutor and I understand the whole story for an hour and a quarter. A certain Mr. « Kopiczko » or « Pavliczko » (I never understand Eastern European names pronounced in English) is being prosecuted by Latvia for bank fraud. Having been an agent of the KGB, he was granted asylum in Russia, and in 1997 Russia rejected Latvia’s request for extradition. Summers pleads without hesitation for the rights of his client, a former KGB agent. In spite of his work for the Russian agency, the accused obtained the right of asylum in Great Britain in 1999 and Great Britain refused his extradition in 2002. Latvia joined the European Union in 2004 and demanded his extradition in 2007 via a European arrest warrant. However, since 2007, this warrant has not been executed. There is no reason to extradite in 2020 a man whose extradition was already refused by the British state in 2002, concludes the lawyer. I look in the direction of the box of the accused: Mr. « Bobiczko » or « Pavliczko » is sitting in front of the box, he is a small man in a dark suit and with an all-purpose appearance.
At 11.26 a.m. something suddenly happens, a rumour arises. The journalists return and the activists take their places. Some sit on the floor so that Baraitser cannot see them from his platform. The latter has run away without any way at the end of the pleading, she comes back quietly around 11:35 am. It is 11.28 a.m. and there is no more mention of Mr. « Bobiczko/Pavliczko ». Later, I go down to the hall to consult the list of defendants in room 3 to spell his name correctly. I note one Romanian, one Pole, one Lithuanian, one Hungarian, one Slovak and one Pole again. No Latvian or Russian on the list. That’s odd. An unscheduled case is being tried when the scheduled defendants are not. What’s going on here?
At 11:30, the clerk manipulates the video order. We understand that Julian’s going to appear in court. On the screen on the left, I see a dark box filmed up close with a door on the left and a window on the right. A small sign « HMP Belmarsh » hangs under the window. Curiously, a sort of bar crosses the screen, as if there were a table or counter in front of the seat. The minutes go by. At 11.45 a.m. the clerk declares « Good Morning Belmarsh ». Baraister then requests that Julian Assange be called. A blonde woman in black uniform appears on the screen in the doorway of the storeroom without it being known whether the suit she is wearing is really the dress of the guards of this prison. A minute goes by and we see a movement in the corridor behind the stall. Then Julian Assange comes in. You can’t see the whole thing because the camera cuts him off at the waist. So you can’t see if he’s walking normally or if he can barely stand. He immediately sits on the seat in front of the camera. The bar across the screen cuts him in the chest, so you can’t see his legs. He is wearing a beige sweater and a white shirt with the collar pulled out over the sweater. It is rather cool that day, but wearing a sweater in the middle of summer can only mean that he is subjected to the cold air of a severe climate. Behind him, the corridor is under artificial light. He has short hair with a fringe on the side, his face is hairless, he doesn’t wear glasses. Some activists told me about a white band on his forehead, I didn’t see it, but it’s possible that my vision at 10 meters away wasn’t good enough.
However, I can clearly see Julian Assange’s face. I recognize him. It is the same man as in February, his face looks the same as it did on February 27th. His face is rather round, less emaciated than in January. His eyes are a little bit blacked out, sunken in his sockets, and his face is sad. However, I have the impression that he is less emaciated than before. He puts his hands on his thighs and doesn’t move, looking down in a prostrate attitude.
When Vanessa Baraitser asks him to state his name, he says « Julian Assange » and his date of birth « 3 July 1971 » in a voice that seems more assured. Unless they had simply pushed the microphones to the limit: the events of February had shown us that the organizers of the show were capable of cutting off the microphones in the public gallery so that nothing could be heard of what he was saying or shouting – on February 26th and 27th he had stood up in protest and we had seen him revolt without being able to hear him… Everything is designed to leave him speechless and keep us helpless in the face of the « puppet show ».
Vanessa Baraitser begins a dialogue with the lawyer and the prosecutor about the new accusations that are being reported in the media. Hamilton Fitzgerald brings up the subject, hoping that the existing charges will be dropped in favour of the news. This is odd because in law, proceedings that have already been initiated must be completed and a new charge would normally be the subject of another proceeding. I am trying to see Julian’s hands, I am trying to convey to him all our collective thoughts of support and friendship. Behind him, silhouettes of women dressed in green or blue gowns pass by and pass over several times. It clearly feels like they are medical gowns and the wives of hospital staff. Finally, Julian Assange raises his eyes and looks straight ahead into the camera. I’m convinced he knows we’re here. At the end, he coughs and then raises his hands to his face three times. The emotion is there, he responded to our gesture.
At 12.03 on the dot, Vanessa Baraitser said she was negotiating with the Old Bailey court. Julian Assange leans slightly to her right. Fitzgerald brings up the subject of a psychiatric examination. I’m disappointed. A psychiatric report has no place in extradition proceedings. It is finally the prosecutor who seems less aggressive: for him the new charges have not been filed, are therefore not subject to debate and he is not in a hurry to deal with the psychiatric expertise. Finally, Vanessa Baraitser sets two new dates: August 14 for a « final admission hearing » and August 24 for the « call over hearing ». Julian Assange will have to appear on video. The discussion resumes on the weeks of procedures scheduled at the Old Bailey. I understand that the defense is asking for additional weeks but I do not understand what the final decision is. At 12:05, it’s over. Vanessa Baraitser gets up and leaves. That’s expedited.
We try to stay, we raise our fists when Julian Assange gets up and turns to walk out of the stall. He looks weary and I feel his weariness. How much time are we going to spend within these walls? I come out disturbed, despite my satisfaction at having once again made the trip and done my duty.
From the waiting room, I see the Poles and the Romanians and their lawyers moving towards room number one. Outside, the activists are being filmed by cameras. Edward Fitzgerald gives a quick report of the hearing to someone on the phone. I have doubts that he is really the decision-maker in this trial. I have doubts about what this building, this courtroom, is all about. Around him are strange buildings: the adjoining building is disused and under construction since 2011, theoretically managed by the company Proximity, but in one of its wings, 191 Old Marylbone Road, refugees are housed in a kind of shabby hotel under the pompous name of « Mina Palace » (2). The history of the building tells us that in this place was until 1948 the oldest maternity hospital in London where poor women came to give birth and sometimes, alas, to abandon their children (3). The nurses of the hospital were directly housed here. Today, children’s clothes hanging from the windows and toys in the small hall attest to an effective human presence. Opposite the court, on the avenue, an imposing red brick building belongs to the Church Army, a charitable church organisation working for the state (no separation of church and state in England). It houses the Women’s Day Center, a shelter for homeless women. 300 metres west of the courtyard (4), towards Edgware Road, a building dating from the 1960s houses refugees from the NGO One Westminster. The neighbourhood appears in its obvious social regres.
the former Church Army building next to the Prudential -Court building belongs to Proximity compagny. The building is empty but his underground parkings are used by the China Embassy. Next to the empty building the refugee center with children « Mina palace ».The Mina Palace refugee center with women and children is part of the former Church Army building and just behing the Westminster Court -Prudential building
From the Marylbone subway station to Edgware Road station, this former working-class neighborhood is undergoing a profound transformation: entire blocks of houses are being destroyed and gaping holes are surrounded by large fences. Office buildings and residences made of concrete and glass are emerging from the ground. Powerful investors are transforming this neighbourhood in an intense gentrification process. The Westminster Court building, built in 2011 on the site of the « Old Marylbone police court », has the soulless style of so many offices in our neo-liberal metropolises. Its use as a court of law seems increasingly questionable to me.
the Womends Day Center – house for homeless women hold by the Church Army is just in from of the Prudential – Westminster Court buildingother shelters for refugees 100 meters from the Westminster Court
A few days later, on Wednesday evening at 9 p.m. on July 29th, the underground entrance to the courtyard through which the detainees are brought was illuminated, as was the entire « back office » part of the building where judges and defendants are located during the day. The lights were also switched on at night in part of the secretariat in the old wing of the building on the west side, as well as on the top floor in meeting rooms. So what kind of meeting is this building used for, apart from staging Julian Assange’s trial?
The next day I explore another place of power nearby: the Imperial College of London Medical School St Marys Campus, Praed Street, opposite the Frontline Club and the Alexander Fleming Museum, which is closed because of coronavirus. The Imperial College of London is the major research centre of the British Crown, whose Faculty of Medicine is world famous for seeking to impose the repressive confinement of European populations as an instrument for managing the health crisis known as « covid « 19 in continental Europe (5). Neil Ferguson, the vice-president of this institution, is known to be the ideologue of confinement (6). Its Centre for Infectious Disease Prevention is also known to be funded by the Bill and Melinda Gates Foundation and to serve as an advisory centre to the WHO (7). Since 2016, this centre had already prepared the policy that it successfully imposes on Europeans today (8).
Imperial College of London, St Marys Medical School, Medical School where Mr Neil Ferguson, Vice decan imposed the covidian ideology and health dictatorship on us in March 2020.St Marys Hospital left and Imperial College of London right on Praed Street
We probably witnessed, without knowing it, the launch of the health propaganda campaign aimed at terrorising the people of Europe. For me, the starting point for this global psychological operation was the strange conference we attended at the Frontline Club on 13 January 2020 – the journalists’ club that was Julian Assange’s place of work and life in 2010 and 2011 and located opposite the Imperial College of London Faculty of Medicine, 13 Norfolk Place. The title of the conference was « Antibiotic Resistance – Refraiming a Global Health Emergency »(9). We attended out of pure curiosity, but in reality we were in the midst of an economic and political environment that would profoundly influence our lives and we didn’t know it. A panel of five ideologues sat in front of an audience of young researchers and journalists. We heard an alarmist speech where the most absurd phrase seemed to be « you are all going to die of an unknown disease ». It made us laugh. It seemed absurd to us that we could terrorize the planet with a speech about antibiotic resistance without talking about human immunity and the adaptation of humanity to its environment. Somehow we were wrong not to take these ideologues seriously, because two months later this guilt ridden and terrifying discourse has become a global norm, the norm in our lives. Are the ideologues who imposed the « coronavirus » policy in our countries the ones who were in the room at the time? At the time, what I was hearing seemed so incredible that I could never have imagined the rest of the scenario.
The Frontline Club, a restaurant and club owned by Vaughan Smith and managed by the Frontline Club Charity Trust. Where Julian Assange was supported and owned from 2010 to the end of 2011. This is where we attended the « Antibiotic Resistance » conference on 13 January 2020 where speakers from Imperial College of London announced the advent of the Covidian ideology « you are all going to die ». In the background we can see the Imperial College of London building and the St Marys Hospital
I regret not having been more lucid and not having taken seriously what I was hearing, not having perceived the immediate danger in what seemed to me just a simplistic Soros-style speech led not by serious researchers but by ideologists paid by foundations and private labs. Now, if we want to return to normal life, we need to understand who imposed this discourse in our lives, by what means and for what reason. And undo that power. Yes, our lives are at stake, it’s no exaggeration to say.
7.« It gets tens of millions of dollars in annual funding from the Bill & Melinda Gates Foundation, and works with the UK National Health Service, the US Centres for Disease Prevention and Control (CDC), and is tasked with supplying the World Health Organization with « rapid analysis of urgent infectious disease problems. » – in :
Je ne peux pas le cacher, l’émotion m’a
étreint lorsque que je suis revenue à Londres après 5 longs mois exactement
depuis l’épique dernière journée du procès de Julian Assange à la Woolwich
Court, le 27 février. Entre temps, nous avons vécu bien des épreuves, l’étrange
et violente aventure du Covid, l’enfermement policier, le chaos social et
économique, la terreur ultime que bien de nos concitoyens éprouvent encore. Les
mots manquent pour décrire l’étrange sensation de retour à la « vie
d’avant », alors que le pouvoir politique est toujours le même et que nous
sommes affaiblis par ce qu’il nous inflige, en France comme en Angleterre et
partout en Europe.
Néanmoins, nous ne lâchons pas la lutte.
Les frontières étant à nouveau ouvertes, la quarantaine terminée, j’ai repris
le chemin du Paris – Londres Victoria Coach Station. Eurolines ayant été avalé
par sa concurrente allemande, les chauffeurs du bus n’étaient plus ceux que
j’avais finis par connaitre à force de faire le trajet 2 fois par mois. Ont-ils
été licenciés dans le cadre de la liquidation judiciaire que Flixbus a imposé à
Eurolines ? Certaines restrictions sont toujours présentes : un siège
sur deux condamné, toilettes fermées… Le bus était occupé par des familles de
migrants rejoignant les siens. Mon jeune voisin était un migrant Polonais
vivant à Londres qui a profité d’une offre bon marché pour faire un saut
touristique à Paris.
Le passage à la frontière a duré deux
heures car il fallait montrer patte blanche : un formulaire rempli sur le
site du gouvernement britannique dans lequel il faut consigner ses coordonnées
de départ et d’arrivée, les informations sur son moyen de transport ainsi que
le sacro-saint téléphone portable afin d’être recontacté si jamais on aurait
transmis un coronavirus à quelqu’un… Il fallait de plus laisser le téléphone
d’une tierce personne au cas on refuserait de répondre aux sollicitations
amicales du gouvernement sur le covid19. Mais la police des frontières semblait
ennuyée par ces tracasseries bureaucratiques et m’a laissé passer sans
présenter le document au vue de mon passeport français.
Dans mon café préféré à Paddington
Mes retrouvailles avec la capitale
britannique ont été pleines d’émotions. En effet, contrairement à ce que je
m’attendais, je me sentais très à l’aise. La grande ville de Londres est
presque vide. Les gens se promenaient doucement, sans stress, le temps était
superbe (sauf ce lundi…). La verdure et les fleurs resplendissaient. Les gens
ne sont apparemment pas terrorisés par la maladie. Très peu de masques dans les
rues, et malgré l’obligation, très peu de masques dans les magasins, les cafés
et les restaurants. C’est dans le métro que le port du masque est le plus
discipliné, encore que les rames aient été vides de la foule habituelle, sans
que je comprenne si c’est dû aux vacances ou au télétravail. Certes, l’activité
économique est réduite, de très nombreux hôtels et restaurants sont fermés,
espérant pouvoir rouvrir en août. Je ne sais pas ce que deviennent les
travailleurs de ces établissements. Mais j’ai retrouvé avec plaisir mes petites
habitudes prises dans les cafés du quartier Paddington, autour du Frontline
Club, lieux que Julian Assange avait fréquentés et qui se trouvent à quelques
centaines de mètres à peine de la Westminster Court. En face du Frontline Club,
Norfolk place, s’étend l’immense complexe du St Mary’s Hospital, lieu
historique de découverte de la pénicilline par Alexandre Fleming. A 50 mètres
du Frontline Club se trouve un lieu de pouvoir puissant dont nous n’avions
malheureusement pas saisit l’importance en hiver dernier : l’Imperial
College of London Medical School. Ce centre de recherche « Impérial »
qui a influencé nos vies en France et en Europe à un point inimaginable fait
physiquement partie du complexe de l’hôpital Saint Mary’s mais ne dépend pas du système de santé britannique, le
National Health Administration. Le trop fameux Neil Fergusson, mathématicien de
50 ans qui se vante d’avoir imposé le confinement total à la population
française après avoir terrorisé le président Macron, est vice-decan, vice-président
de cette institution et il siège dans ce bâtiment[1].
St Marys Hospital à Paddington, lieu historique de découverte de la péniciline
Le lundi 27 juillet 2020, à 8 heures, devant la
Cour Westminster il n’y avait personne. J’ai donc été la première à entrer dans
le tribunal. A 8h15, deux militants de Don’t Extradite Assange sont arrivés,
puis des journalistes, Marty Silk, Mohamed El Maazi, Juan Passerelli, et encore
d’autres habitués. Nous nous sommes salués et avons échangé les nouvelles dans
une ambiance amicale, comme une famille empêchée de se revoir pour cause de
fermeture politique des frontières. Il faut dire qu’en l’absence de Greekemmy
l’ambiance a toujours été plus détendue dans la cour. J’ai passé l’heure et
demie à attendre devant la porte à sympathiser et à discuter avec une militante
germanophone.
A 9h30, j’ai retrouvé les mêmes agents de
sécurité de Mitie qui nous connaissent depuis presque 1 an déjà. J’ai retrouvé
la liste des extradés dans le hall – Julian Assange en numéro 1 pour la salle
3, puis 15 noms de Polonais, Roumains, Slovaques, Hongrois… Lorsque je me suis
retrouvée devant la porte de la salle 3, avec un « social
distancing » de 2 mètres imposé entre chaque personne, (à comparer avec le
1 mètre en France), j’ai remarqué qu’à part nous, les soutiens de Julian
Assange, il n’y avait personne d’autre. Le tribunal était vide, comme
désaffecté. Aucun secrétaire n’est venu coller la liste des jugés sur la porte.
Le secrétariat avait l’air fermé. Il faut dire qu’une affiche sur la porte
d’entrée informait que les audiences auront lieu par vidéo et que chaque prévenu
et sa famille recevront les informations nécessaires par mail. La crise du
Covid a amplifié la politique britannique déjà en route de dématérialisation de
toutes les institutions. Les bâtiments ainsi libérés de la présence humaine
inutile pourront ainsi servir à autre chose, la question est justement à
quoi ?
L’entrée centrale de la Wesminster Magistrate Court
Nous avons donc passé seuls 45 minutes
dans la vaste salle d’attente devant les machines à cafés vides. Quelques
avocats polonais sont néanmoins apparus plus tard pour quelques audiences
physiques exceptionnelles. Les familles des Européens de l’est jugés après
Julian Assange sont restées absentes. L’aspect « cour fantôme »
s’accentua lorsqu’à 10h nous constations qu’il n’y avait toujours aucun
mouvement dans la salle d’audience. Entre temps, l’avocat Edward Hamilton
Fitzgerald était arrivé accompagné par une jeune femme blonde, peut être sa
collaboratrice dont le nom a été publié sur twitter comme nouvelle avocate de
Julian Assange. Il faut dire que Gareth Peirce n’était plus là. Edward Hamilton
Fitzgerald et la jeune femme ont tenu une brève réunion dans la première
consultation room vers 10 heures. Je remarque aussi la présence de Mark
Summers. Dans le public, deux femmes journalistes sont arrivées ainsi qu’une
curieuse jeune fille portant une casquette noire et un masque noir si grand
qu’on ne pourrait jamais reconnaitre son visage. Elle était assise sur un siège
à lire un livre intitulé « Skripal files ». Elle entrera dans la
galerie du public qu’à 11h30 seulement.
En théorie le masque est obligatoire pour tout le monde, mais seuls les citoyens lambda s’astreignent à l’exercice. La juge Baraitser, le greffier, l’employé du tribunal, le procureur et les avocats ne portaient pas de masque pendant l’audience, ni dans les couloirs. Visiblement ici personne ne croit à la nécessité de se protéger du « danger » et les personnes présentes qui se connaissent s’embrassent et se touchent sans gêne aucune. Quel contraste avec nos pays d’Europe continentale pétris depuis 5 mois par une peur panique aussi irrationnelle qu’ancestrale !
Il est déjà plus de 10 heures quand la salle s’ouvre et sans autre forme de cérémonie, en l’absence de tout agent du tribunal, nous nous y installons sans façon alors qu’en hiver le contrôle d’attribution des places était si sévère et l’objet de tant de tensions. Les journalistes s’installent même dans les rangs de droite, normalement réservés aux employés du tribunal aujourd’hui absents. Le greffier est déjà assis à son bureau sous l’estrade et il ne lèvera pas la tête de son ordinateur comme si tout ce qui se passait ici ne le concernait pas. Fitzgerald est assis à côté d’un jeune procureur, l’ancien, Lewis, n’est pas là. Il y a dans la pièce une ambiance de cour de récréation plutôt que celle d’un tribunal statuant sur la vie et la mort, la liberté de personnes. La juge Baraitser arrive, égale à elle-même dans ses mêmes ensembles noirs et débite le même discours, non sans avoir averti qu’elle ne tolérera pas de gens debout dans la galerie du public : en effet, pour cause de coronavirus, la moitié des sièges est condamnée, nous ne pouvons être que huit. Comme j’étais entrée la toute première, je suis confortablement assise au milieu du premier rang.
Dans le brouhaha ambiant, je ne comprends
pas tout ce qui est dit. Cinq mois et quelques épreuves plus tard, je ne suis
plus dans le bain de l’anglais juridique comme j’ai pu l’être en février. De
plus la « online conférence » – la conférence téléphonique parallèle,
gène la compréhension car chaque fois que quelqu’un se branche ou quitte la
« conférence » une voix forte et artificielle retentit dans la salle.
Ce qui apparait tout de suite est que Julian Assange ne comparaitra pas contrairement
à ce qui avait été annoncé sur twitter. Je comprends que l’avocat Fitzgerald se
justifie d’avoir contacté Belmarsh et que la prison lui aurait répondu qu’ils
n’étaient pas au courant de la comparution du prisonnier aujourd’hui ! La
juge Baraitser répond qu’elle n’en est pas responsable et que la comparution du
prévenu n’est pas son rayon. Je me dis qu’on marche sur la tête ! Si
maintenant c’est aux avocats d’appeler la prison pour arranger la comparution
de l’accusé, sommes-nous encore vraiment dans un vrai tribunal ? Mais
oui, Baraitser enjoint à l’avocat de faire lui-même la demande de comparution à
la prison !
Elle dialogue avec le jeune procureur qui
parait n’être au courant de rien non plus et elle entame son job administratif
de préparation du procès final demandant à l’accusation de fournir des
argumentaires écrits pour septembre et écoutant les réponses sur ce qui lui a
déjà été envoyé par mail par les parties. Une seule fois, à voix haute comme
pour s’adresser à nous, Baraitser constate l’absence de Julian Assange.
Fitzgerald est comme d’habitude hésitant avec cette attitude de justification
permanente qui le caractérise et qui exaspère plus d’un militant. Il finit par
dire qu’il voudrait consulter son client et serait très heureux s’il arrivait à
établir ce contact. A 10h30, Baraitser finit par en avoir marre du cinéma et
déclare « Nous n’avons pas pu voir Monsieur Assange. Faites une demande à
la prison et quand vous serez prêt, faites-moi savoir ». Elle sort
tranquillement, et pendant que nous nous levons selon l’usage, les journalistes
quittent la pièce, alors que Mark Summers remplace Fitzgerald sur le siège des
avocats.
Je suis agacée. Que se passe-t-il encore dans ce « Kasperletheater », (théâtre de marionnettes selon la sympathisante allemande ?) Dois-je sortir comme les autres ou rester surveiller ma place? Ou donc sont prises les vraies décisions ? Est-ce les avocats qui dirigent la cour ou la cour qui établit et surveille les procédures ? Qu’est-ce que c’est que ce lieu qui définitivement ne ressemble pas à un tribunal ?
Un autre jeune procureur commence une
longue tirade ou il est question de fraude bancaire organisée en Lettonie au
début des brillantes années du capitalisme sauvage des années 90. Je comprends
qu’on est passé au cas suivant et je reste pour écouter et apprendre. Mark
Summers répond au procureur et je comprends toute l’histoire déroulée pendant 1
heure et quart. Un certain M. « Kopiczko » ou « Pavliczko »
(je ne comprends jamais les noms est-européens prononcés en Anglais) est
poursuivi par la Lettonie pour fraude bancaire. Ayant été agent du KGB il
obtient le droit d’asile en Russie et ce pays rejette en 1997 la requête
d’extradition de la Lettonie indépendante. Summers plaide sans états d’âme les
droits de son client ancien agent du KGB. Malgré son travail pour l’agence
russe, l’accusé obtient le droit d’asile en Grande Bretagne en 1999 et la
Grande Bretagne refuse son extradition en 2002. La Lettonie rejoint l’Union
Européenne en 2004 et exige son extradition en 2007 via un mandat d’arrêt
européen. Or, depuis 2007, ce mandat n’a pas été exécuté. Il n’y a pas lieu
d’extrader en 2020 un homme dont l’extradition a été déjà refusé par l’Etat
britannique en 2002, conclut l’avocat. Je regarde en direction du box des
accusés : M. « Bobiczko » ou « Pavliczko » est assis
devant le box, c’est un petit homme au costume sombre et à l’aspect
passe-partout.
A 11h26, brusquement il se passe quelque
chose, une rumeur se lève. Les journalistes reviennent et les militants
reprennent leur place. Certains s’asseyent par terre afin que Baraitser ne les
voit pas de son estrade. Celle-ci s’est sauvée sans façon à la fin de la
plaidoierie, elle revient tranquillement vers 11h35. Il est 11h28 et il n’est
plus question de M. « Bobiczko/Pavliczko ». Plus tard, je descends
dans le hall consulter la liste des accusés de la salle 3 pour orthographier
correctement son nom. Successivement, je note un Roumain, un Polonais, un
Lithuanien, un Hongrois, un Slovaque, à nouveau un Polonais. Pas de Letton ni
de Russe sur la liste. Bizarre. Un cas non prévu est jugé alors que les accusés
prévus ne le sont pas. Que se passe-t-il ici ?
A 11h30, le greffier manipule la commande
de la vidéo. On comprend que Julian va comparaitre. Sur l’écran de gauche, je
vois apparaitre un box sombre filmé de près avec une porte à gauche et une
fenêtre à droite. Un petit écriteau « HMP Belmarsh » est suspendu
sous la fenêtre. Curieusement une espèce de barre traverse l’écran, comme si
une table ou un guichet se trouvait devant le siège. Les minutes passent. A
11h45 le greffier déclare « Good Morning Belmarsh ». Baraister demande
alors que Julian Assange soit appelé. Une femme blonde en uniforme noir
apparait dans l’écran dans l’embrasure de la porte du box sans qu’on sache si
le costume qu’elle arbore est réellement l’habit des gardiens de cette prison.
Une minute s’écoule et on voit un mouvement dans le corridor derrière le box.
Puis Julian Assange entre. On ne peut pas le voir en entier, car la caméra
le coupe à la taille. Impossible de voir donc s’il marche normalement ou s’il
tient à peine debout. Il s’assied immédiatement sur le siège devant la caméra.
La barre en travers de l’écran le coupe à la poitrine, on ne voit pas ses
jambes. Il porte un pull beige et une chemise blanche avec le coll sorti sur le
pull. Il fait plutôt frais ce jour-là, mais porter un pull en plein été ne peut
que signifier qu’il est soumis à un air froid d’une clim sévère. Derrière lui,
le corridor est sous lumière artificielle. Il a les cheveux courts avec une
frange coiffée sur le côté, son visage est glabre, il ne porte pas de lunettes.
Certains militants m’ont parlé d’un bandeau blanc sur le front, moi je ne l’ai
pas vu, mais il est possible que ma vision à 10 mètres de distance n’était pas
assez bonne.
Cependant je distingue bien le
visage de Julian Assange. Je le reconnais. C’est bien le même homme qu’en
février, son visage a l’aspect qu’il avait le 27 février. Son visage est plutôt
rond, moins émacié qu’en janvier. Ses yeux sont un peu cernés de noir, enfoncés
dans les orbites et son visage est triste. Cependant, j’ai l’impression qu’il
est moins amaigri qu’auparavant. Il pose ses mains sur ses cuisses et ne bouge
plus, le regard tourné vers le bas dans une attitude de prostration.
Lorsque la juge Baraitser lui demande de décliner son nom, il dit « Julian Assange » et sa date de naissance «3 July 1971 » d’une voix qui semble plus assurée. A moins qu’ils n’aient simplement que poussé les micros à fond : les événements de février nous avaient montré que les organisateurs du spectacle étaient capables de couper les micros dans la galerie du public afin qu’on n’entende rien de ce que lui dise ou crie – le 26 et 27 février il s’était levé en protestant et on l’avait vu se révolter sans pouvoir l’entendre… Tout est étudié pour le laisser sans voix et nous maintenir impuissants face au « spectacle de marionnettes ».
La juge Baraitser engage un dialogue avec l’avocat et le procureur au sujet des nouvelles accusations dont parlent les médias. C’est Hamilton Fitzgerald qui pose le sujet, escomptant que les accusations existantes soient annulées aux profit des nouvelles. C’est étrange parce qu’en droit, la procédure déjà engagée doit être menée à terme et une nouvelle accusation doit normalement être l’objet d’une autre procédure. J’essaye de voir les mains de Julian, je m’applique à lui transmettre toutes nos pensées collectives de soutien et d’amitié. Derrière lui, passent et repassent plusieurs fois des silhouettes de femmes habillées de blouses vertes ou bleues. On a clairement l’impression que ce sont des blouses médicales et les femmes du personnel hospitalier. Enfin, Julian Assange lève les yeux et regarde droit devant lui dans la caméra. J’ai la conviction qu’il sait qu’on est là. A la fin, il tousse et lève alors trois fois ses mains vers son visage. L’émotion est là, il a répondu à notre geste.
A 12H03 pile, la juge Baraitser dit négocier avec la cour Old Bailey. Julian Assange se penche légèrement sur sa droite. Fitzgerald aborde le sujet d’une expertise psychiatrique. Je suis désappointée. Une expertise psychiatrique n’a pas sa place dans une procédure d’extradition. C’est finalement le procureur qui semble moins agressif : pour lui les nouvelles accusations n’ont pas été déposées, ne sont pas donc pas objet de débat et il n’est pas pressé de s’occuper de l’expertise psychiatrique. Finalement, madame Baraitser pose deux nouvelles dates : le 14 août pour un « final admission hearing » et le 24 août pour le « call over hearing ». Julian Assange devra y comparaitre en vidéo. La discussion repart sur les semaines de procédures prévues à la Old Bailey. Je comprends que la défense demande des semaines supplémentaires mais je ne saisis pas quelle est la décision finale. A 12h05, c’est fini. La juge Baraitser se lève et s’en va. C’est expéditif.
On essaye de rester, on lève le poing
quand Julian Assange se lève et se tourne vers la sortie du box. Il parait las
et je ressens sa lassitude. Combien de temps allons-nous passer dans ces
murs ? Je sors perturbée, malgré ma satisfaction d’avoir encore une fois
fait le voyage et fait mon devoir.
De la salle d’attente, je vois les
Polonais et les Roumain et leur avocats se diriger vers la salle numéro 1.
Dehors les militants sont filmés par des caméras. Edward Fitzgerald fait un
rapport rapide de l’audience à quelqu’un au téléphone. J’ai des doutes qu’il
soit réellement décisionnaire dans ce procès. J’ai des doutes sur ce qu’est ce
bâtiment, ce tribunal. Autour de lui se trouvent des bâtiments étranges :
l’immeuble attenant est désaffecté et en construction depuis 2011, en théorie
géré par l’entreprise Proximity, mais dans une de ses ailes, 191 Old Marylbone
Road, des réfugiés sont logés dans un espèce d’hôtel miteux sous l’appellation
pompeuse de « Mina Palace »[2].
L’histoire de l’immeuble nous apprends que dans cet endroit se trouvait
jusqu’en 1948 la plus ancienne maternité de Londres ou les femmes pauvres
venaient accoucher et parfois hélas, abandonner leur enfants. Les infirmières
de l’hôpital étaient directement logées ici[3].
Aujourd’hui des vêtements d’enfants suspendus aux fenêtres et des jouets dans
le petit hall attestent d’une présence humaine effective. En face du tribunal,
sur l’avenue, un imposant immeuble de briques rouges appartient à la Church
Army, une organisation ecclésiastique caritative travaillant pour l’Etat (pas
de séparation de l’Eglise et de l’Etat en Angleterre). Il abrite le «Women’s
Day Center », un foyer pour femmes SDF[4].
A 300 mètres à l’ouest de la cour, en direction du métro Edgware Road, un
immeuble des années 60 loge des réfugiés de l’ONG One Westminster. Le quartier
apparait dans son délabrement social évident.
Foyer pour femmes sans domicile Womens Day Center en face de la Westminster Court
De la station de métro Marylbone à celle
d’Edgware Road ce quartier, anciennement ouvrier, est soumis à une
transformation profonde: des pâtés de maison entiers sont détruits et des trous
béants sont entourés de grandes palissades. Des immeubles de bureaux et des
résidences en béton et verre sortent de terre. Des investisseurs puissants
transforment ce quartier dans une gentrification intense. L’immeuble de la
Westminster Court, édifié en 2011 sur l’emplacement de la « Old Marylbone
police court » a d’ailleurs le style sans âme de tant de bureaux dans nos
métropoles néolibérales. Son usage en tant que tribunal me parait de plus en
plus douteux.
Bâtiments désaffectés jouxtant la Westminster Court au 181 Marylebone Road
Quelques jours plus tard, le mercredi soir
à 21h, le 29 juillet, l’entrée souterraine de la cour par laquelle les détenus
sont amenés était illuminée, de même que toute la partie « back
office » du bâtiment ou se trouvent dans la journée juges et accusés. La
lumière était allumée également cette nuit dans une partie du secrétariat dans
l’aile ancienne du bâtiment côté ouest, ainsi qu’au dernier étage dans des
salles de réunions. A quelle réunion donc ce bâtiment sert-il, à part à mettre
en scène le jugement de Julian Assange?
J’explore le lendemain un autre lieu de
pouvoir tout proche: l’Imperial College of London Medical School St Marys
Campus, Praed Street, en face du Frontline Club et du musée d’Alexandre
Fleming fermé pour cause de coronavirus. L’Imperial College of London est le grand
centre de recherche de la Couronne Britannique dont la Faculté de Médecine est
mondialement connue pour avoir cherché à imposer l’enfermement répressif des
populations européennes comme instrument de gestion de la crise sanitaire
appelée « covid19 » en Europe continentale.[5]Neil Ferguson, le vice-président de cette institution, est connu pour
être l’idéologue du confinement. [6]
Son Centre de Prévention des Maladie Infectieuses est aussi connu pour être
financé par la Fondation Bill et Melinda Gates et pour servir de centre de
conseil à l’OMS[7]. Ce
centre avait déjà par ailleurs préparé depuis 2016 la politique qu’il impose
avec succès aux Européens aujourd’hui[8].
Imperial College of London, St Marys Medical School, Ecole de Médecine où M. Neil Ferguson, Vice Decan nous a imposé l’idéologie covidienne et la dictature sanitaire en mars 2020
Nous avons probablement assisté sans le
savoir au lancement de la campagne de propagande sanitaire visant à terroriser
les populations européennes. Pour moi, le point de départ de cette opération
psychologique mondiale a été l’étrange conférence à laquelle nous avons assisté
au Frontline Club le 13 janvier 2020– ce club de journalistes qui fut le
lieu de travail et de vie de Julian Assange en 2010 et 2011 et situé en face de
l’Imperial College of London Faculté de Médecine, 13 Norfolk Place. Le titre de
la conférence était « La résistance aux antibiotiques – repenser
l’urgence sanitaire globale»[9].
Nous y avons assisté par pure curiosité, mais en réalité nous étions au cœur
d’un milieu économique et politique qui allait profondément influencer nos vies
et nous ne le savions pas. Un panel de 5 idéologues était assis devant un
parterre de jeunes chercheurs et de journalistes. Nous entendions un discours
alarmiste ou la phrase la plus absurde nous semblait être « vous allez
tous mourir d’une maladie inconnue ». Cela nous faisait rire. Il nous
semblait absurde qu’on puisse terroriser la planète avec un discours sur la
résistance aux antibiotiques sans parler de l’immunité humaine et de
l’adaptation de l’humanité à son environnement. Quelque part, nous avions tort de
ne pas prendre ces idéologues au sérieux, car deux mois plus tard ce discours
culpabilisant et terrifiant est devenu une norme mondiale, la norme dans nos
vies. Les idéologues qui ont imposé la politique du « coronavirus »
dans nos pays sont-ils ceux qui étaient alors dans la salle ? A l’époque
ce que j’entendais me semblait tellement incroyable que je n’aurais jamais
imaginé la suite du scénario.
Le Frontline Club, restaurant et Club appartenant à Vaughan Smith et géré par le Frontline Club Charity Trust. où Julian Assange a été soutenu et détenu en 2010 à fin 2011. C’est ici que nous avons assisté le 13 janvier 2020 à la conférence sur la « Résistance aux antibiotiques » ou les conférenciers de l’Impérial College of London nous ont annoncé l’avènement de l’idéologie covidienne « vous allez tous mourir ».
Je regrette de ne pas avoir été plus
lucide et de ne pas avoir pris au sérieux ce que j’entendais, de ne pas avoir
perçu la dangerosité immédiate dans ce qui me semblait juste un discours
simpliste « à la Soros » mené non pas par des chercheurs sérieux mais
des idéologues payés par des fondations et labos privés. Maintenant, si nous
voulons revenir à une vie normale, nous devons comprendre qui a imposé ce
discours dans nos vies, par quel moyen et pour quelle raison. Et défaire ce
pouvoir. Oui, il y va de nos vies, ce n’est pas exagéré de le dire.
[7] « It
gets tens of millions of dollars in annual funding from the Bill & Melinda
Gates Foundation, and works with the UK National Health Service, the US Centres
for Disease Prevention and Control (CDC), and is tasked
with supplying the World Health Organization with
« rapid analysis of urgent infectious disease problems. » – in :
Objections, analyses et actions de
Wikijustice – 2ème partie
Monika Karbowska
Incohérence du
storytelling photos et vidéos
La photo du couple
Morris/Assange publiée par le Daily Mail et reprise dans une version découpée
par les comptes Twitter et Facebook actuels de Stella Morris ne lasse pas
d’interroger les incohérences du récit journalistique. Le couple est ensemble
depuis 2015. Ils sont pris en photo enlacés dans une rue d’une ville. Mais
alors, en 2015, Julian Assange n’était-il pas confiné dans une pièce de
l’ambassade de l’Equateur, interdit de sortir sous peine d’être emprisonné
et extradé vers la Suède ? Pouvait-il arpenter tranquillement avec le
sourire les boulevards de Londres avec Stella Morris ? On nous a donc
bien menti.
Je n’aime pas pointer du
doigt le physique des personnes et ceux qui lisent mes articles ne trouveront
pas de critiques irréfléchies de ce type. Mais la composition de la photo
publiée par le Daily Mail le 11 avril dernier [1]et
reprise par Stella Morris sur son compte twitter et Facebook est tellement
étrange qu’elle m’oblige à faire le commentaire suivant : un observateur
attentif verra, en regardant le bas de la photo, que les jambes de Julian
Assange sont coupées au niveau de ses mollets et celles de Stella Morris au
niveau de ses pieds. Ayant vu les deux personnes en chair et en os plusieurs
fois et sachant que Stella Morris est de très petite taille (moins d’1 mètre
55) et Julian Assange plutôt haut de taille (1 mètre 90), la différence de
taille fait qu’il est impossible que la tête de Madame Morris accolée à Julian
Assange lui arrive au menton, tout au plus peut-elle arriver à sa poitrine.
C’est logique et cela saute aux yeux de tous ceux qui ont vu en vrai les
deux protagonistes de l’histoire. Leur jambes ont été découpées sur la photo
pour pouvoir « ajuster » les personnages et réduire leur dimorphisme.
J’affirme donc que cette photo est truquée.
En revenant vers le
storytelling de la même presse d’il y a quelques années, les incohérences sont
encore plus flagrantes. Un article du Guardian du 15 mai 2018[2]
décrit avec un luxe de détails la surveillance intrusive que Julian Assange
aurait subie dans « l’ambassade » de 2016 à mars 2018. Les agents
d’UC Global l’observaient des années durant par les caméras de surveillance
d’un PC de sécurité installé dans un immeuble voisin. Ils contrôlaient les
passeports de toutes les personnes entrant pour lui rendre visite et
transmettaient leurs coordonnées d’abord à Rafaël Correa puis à Lénine Moreno.
Dans ces conditions, puisque UC Global aurait vendu les images aux autorités
américaines, ces autorités étaient donc parfaitement au courant de la
relation d’Assange avec Stella Morris. Nul besoin de voler des couches de
bébé, il suffit de regarder ce qui se passe dans l’intimité de l’appartement
via les caméras, procédé pornographique obscène s’il en est, mais il semble
effectivement que rien n’a été épargné à Julian Assange. L’article précise que
le gouvernement de Correa a coupé internet à Julian Assange définitivement en
février 2018 et il a été interdit de visite dès mars 2018, enfermée dans le
« solitary confinement » que nous commençons tous à expérimenter en
Europe depuis ces dernières semaines, et ce pratiquement jusqu’au bout,
jusqu’au 11 avril 2019. Or, Madame Morris affirme aujourd’hui que c’est la
période à laquelle elle lui rendait visite en permanence, pour concevoir leur
deuxième enfant, puis en étant enceinte.
Il est étonnant que
Julian Assange n’ait à aucun moment évoqué sa « partenaire » et sa paternité
future pendant 5 ans de 2015 à 2020. Depuis 2016, ses avocats ne se sont à
aucun moment servis de cette information pourtant capitale pour demander un
arrêt des poursuites suédoises ou sa libération en tant que soutien de famille,
particulièrement dans les moments dramatiques de mai à octobre 2019 alors que
Julian Assange était enfermé à l’isolement suite à sa condamnation pour rupture
de libération conditionnelle. Le récit larmoyant de Stella Morris ne nous
fournit pas de précisions sur l’état civil des enfants pourtant importantes
pour toute action de soutien juridique à Julian Assange. Julian Assange a-t-il
reconnu ces enfants à l’état civil britannique ? Portent-ils son
nom ? S’appellent-ils Morris, Gonzalez Devant ou Smith Robertson ?
John Shipton, considéré comme le père biologique de Julian Assange, est
lui-même en contradiction avec les dires de Stella Morris lorsque le 18 avril
dernier il évoque encore une fois la « famille française » et
fait l’impasse sur les enfants de Morris[3].
Devons-nous comprendre que John Shipton ne se considère pas comme le grand-père
des enfants que Stella Morris présente à la presse comme étant ceux de Julian
Assange ?
De moi-même, je ne
croirai à l’histoire de Madame Morris que si Julian Assange s’exprime librement
en public. C’est son droit de s’exprimer lui-même sur sa propre
situation. Personne ne devrait parler de sa vie personnelle et intime à sa
place.
Les organisations
qui protègent Stella Morris
Stella Morris affirme ne
pas avoir agi pour sauver son compagnon de peur des attaques du gouvernement
américain contre ses enfants. C’est plutôt ridicule si on pense que les enfants
nés à Londres sont forcément déclarés à l’Etat civil, d’autant plus s’ils
vivent normalement dotés de la nationalité britannique transmise par leur mère.
Le gouvernement britannique était donc parfaitement au courant de
l’existence de ces enfants et a donc, avec grande probabilité, transmis
l’information à ses homologues états-uniens.
La peur de la compagne
aimante du prisonnier politique, qui a attendu 6 ans pour agir, est d’autant
plus incompréhensible qu’elle est protégée en tant que collaboratrice du
célèbre Baltazar Garzon, ancien juge de la Chambre d’Instruction espagnole
Audiencia National 5.
Ayant pu constater de
visu à la Westminster Magistrate Court les liens que Stella Morris entretient
avec les représentants d’autres structures puissantes, j’en conclue qu’elle
était logiquement protégée par ces institutions et n’était nullement la mère
célibataire fragile et solitaire qu’elle se présente être. Je parle ici de la
Courage Foundation ou officiellement « Courage Corp, domestic business
entity », sise à New York et dirigée par Nathan Fuller,
domicilié à l’adresse 2790 Brodway appart. 4D, New York 10025[4].
Sur son site, la Courage Corp. se présente comme étant la Courage Foundation
dont le Conseil d’Administration est rempli de lanceurs d’alerte, de
journalistes, d’anciens agents de la CIA, de la NSA, du MI5, tous plus célèbres
les uns que les autres. Stella Morris est amie avec Naomi Colvin (ce que j’ai
pu voir de mes propres yeux de décembre 2019 à février 2020), qui succède à
Sarah Harrison à la tête de la Courage « Foundation » en Europe.
Stella Morris est aussi amie avec Renata Avila, membre du CA de Diem 25 et
proche du politique gréco-australien actif à Berlin Yanis Varoufakis. Il est
facile de le constater en fréquentant les audiences du procès de Julian
Assange.
Par ailleurs, ces
personnes comme Naomi Colvin, et Renata Avila, travaillent avec le Centre
d’Investigation du Journalisme, école privée britannique de formation au journalisme,
dont le fondateur Gavin MacFadyen fut un ami et superviseur de Julian
Assange. Le CIJ[5] organise
des sessions de formation financées par de riches fondations privées
américaines (Reva and David Logan Foundation) britanniques (Lorana Sullivan Foundation,
Joseph Rowntree Trust) et sud-africaines (Fondation David Potter et Ellen
Potter Fondation…[6]). La
plus importante de toutes est la Fondation Bertha[7].
La Fondation Bertha
a été crée par le milliardaire sud-africain Tony Tabasnik[8]
possédant le plus grand laboratoire de médicaments génériques du pays[9].
L’ancien avocat décédé de Julian Assange Michael Ratner était un ami de Tony
Tabasnik[10].
Certains événements du Centre For Investigative Journalism sont financés
directement par la plus célèbre des fondations, la Open Society Foundation de
Georges Soros[11]. La
Bertha Foundation est également liée par le partenariat avec la
« Hungarian Civil Liberties Union » à Georges Soros[12].
Mais il n’est pas étonnant que ces fondations des plus grands oligarques du
monde occidental travaillent ensemble. Le réseau des structures de Georges
Soros forme une entreprise mondiale présente sur presque la totalité des pays
du globe[13].
Côté allemand, la Fondation
Wau Holland est propriétaire de la marque « Projet 04Wikileaks ».
Julian Assange a été salarié de cette structure en tant que chef de projet en
2010-2012 déjà sous la responsabilité du patron actuel Andy Müller Maguhn.
Andy Müller Maguhn est aussi membre du Conseil d’Administration de la Courage
Foundation[14], cette
structure dont le siège est à la New York et qui récolte l’argent que les
Européens de bonne foi croient verser pour la défense de Julian Assange. Andy
Müller Maghun est aussi membre du Conseil d’Administration du Centre for
Investigative Journalism [15].
Le dernier rapport
d’activité de la Fondation allemande Wau Holland date de 2016, les
rapports de 2017, 2018 et 2019 n’ont pas été publiés alors que légalement ils
devraient être accessibles au public. Selon ce document[16], la fondation Wau Holland reverse
depuis 2014[17] une
partie (non spécifiée) de cet argent pour la prestation « Projet
libertéd’expression », autre nom de « Wikileaks » à
l’entreprise privée islandaise Sunshine PressProduction dirigée
par les directeurs adjoints Kristinn Hrafnsson et Inga Ragnar
Ingasson, Julian Assange emprisonné ne pouvant évidemment pas assurer la
gestion de cette entreprise[18].
Gavin Mc Fadyen, troisième administrateur de l’entreprise étant mort, il ne
peut pas, lui non plus, en assurer la gestion. Stella Morris est en relation
amicale avec Kristinn Hrafnsson ce que j’ai constaté de visu et semble aller de
soi. Pour finir, rajoutons que Stella Morris est amie avec Jennifer
Robinson, directrice à la Bertha Foundation, outil d’influence du
milliardaire sud-africain Tabasnik[19].
Elle est aussi fondatrice de la branche juridique de la Bertha Foundation, la
Bertha Justice Initiative qui est en capacité de donner en 2019
500 000 dollars de subventions[20]
à une importante et ancienne organisation de défense des droits des minorités
aux Etats-Unis, la « Center for Constitutional Right » – le Centre
pour les Droits Constitutionnels. Ces
organisations que dirige ou influence l’amie de Stella Morris et avocate
d’Assange ne sont donc pas de petites structures militantes.
Ce sont des agences
privées, outil d’influence des intérêts de milliardaires anglo-saxons et
d’entreprises de pointe allemandes. En tant que telles ces structures et leurs
décideurs sont évidemment connues des agences de renseignements CIA et BND
(Bundesnachrichtendienst). Comme l’ont démontré les analyses citées en bas de
page, le chef de l’équipe des avocats de Julian Assange, Geoffrey Robertson,
est un ami de Tony Blair, de Georges Soros et travaille avec la Banque
Mondiale. Il est le mentor de Jennifer Robinson[21].
Alan Dershowitz, avocat américain et ami de Robertson, est connu pour avoir
défendu aussi bien la légalisation de la torture que le richissime pédophile et
trafiquant d’enfant Jeffrey Epstein[22].
Dougthy Street Chambers, le bureau d’avocats de Robertson a défendu les Etats
Unis dans l’affaire Browder-Magnistky, et Mark Summers, avocat de Julian
Assange chez Matrix Chambers a aussi déjà plaidé en faveur des intérêts américains[23].
Gareth Peirce, avocate « sollicitor » en première ligne du procès
défend depuis 9 mois très mollement son client victime de torture visible par
les témoins du public[24].
Quant à Baltazar Garzon, il est accusé de torture par l’opposition basque et
catalane en Espagne entre autres faits d’armes en tant que juge[25].
Pendant ce temps les administrateurs de « Wikileaks » actuel ne
répugnent pas à confier les intérêts de leur structure à des agences de
communication en lien avec les politiques américains qui sont les premiers
ennemis de Julian Assange[26].
Insérée dans un réseau
aussi dense de relations puissantes dont les intérêts sont très en phase avec
ceux du système étatique américain, Stella Morris ne devrait pas craindre
d’être enlevée par la CIA. Comment se fait -il qu’elle en ait
peur alors que nous, militants pour les droits humains, nous faisons notre
devoir de défendre Julian Assange publiquement alors que nous sommes bien moins
protégés qu’elle des attaques des services secrets britanniques et
américains ?
Mensonges,
silences et incohérences
Dans un article du 29
août 2018 du média « Abc news », Jennifer Robinson affirme que Julian
Assange se trouverait dans un isolement total 3 rue Hans Crescent, interdit de
visites et d’internet[27].
Aujourd’hui, il serait bon qu’elle admette avoir alors menti, puisque
Stella Morris affirme avoir préparé, à cette période-là, la venue de son second
enfant conçu avec le prisonnier politique dans ce même lieu.
Une fois ces mensonges
constatés, comment donc les militants de base que nous sommes pourrions-nous
faire confiance à ces deux femmes prétendant être aussi avocates de Julian
Assange ? L’image de Julian Assange pleurant sur le balcon de
l’appartement, le 19 mai 2017 et brandissant le Ruling de l’ONU, affirmant avec
force les violations de droit qu’il subit, nous reste en mémoire. Ayant subi
une première coupure d’internet et l’isolement total depuis octobre 2016,
Assange est dans une souffrance visible. Aujourd’hui, Stella Morris nous
raconte que c’est la période de naissance de leur première enfant… Nous sommes
gênées par ces contradictions qui nous forcent à nous poser la question « qui
dit vrai, et à quel moment est-ce -vrai » ? Un homme qui est un
père heureux et soutenu par sa compagne ne peut pas porter autant de
souffrance, ne peut pas envoyer un SOS à des inconnus. C’est aussi ma
conviction après avoir vu Julian Assange en « vrai » et avoir
constaté de visu les marques de tristesse et du sentiment d’être trahi et
abandonné sur son visage lors des audiences du 21 octobre 2019, du 13 janvier
2020, du 24, 25, 26 et 26 février dernier.
Le silence de Stella
Morris et son absence lors des événements dramatiques de 2019 m’empêchent de
croire totalement à l’histoire qu’elle nous raconte dans le Daily Mail du 11
avril 2020. Le 11 avril 2019, alors que son compagnon, l’homme de sa vie, le
père de ses enfants, est enlevé brutalement par les services secrets
britanniques et placé en prison avant d’être jugé à la va vite le 1er et le 2
mai, Stella Morris est absente et silencieuse. Elle n’est pas davantage
plus loquace pendant les deux mois angoissants qui suivent : le 9 mai 2019
Nils Melzer dit dans son rapport sur la torture avoir rendu visite à Julian
Assange et constaté la dégradation de sa santé. Stella Morris se tait.
Les quelques visiteurs admis à Belmarsh (Ai Wewei, Pamela Anderson, John
Shipton) affirment que Julian Assange a perdu 15 kilos et donc peut mourir à
tout moment. La vidéo fuitée en juin, probablement de la prison Wandsworth où
Assange séjourne du 11 avril au 2 mai, montre un homme émacié et amaigri. Elle
fait le tour d’internet et de nombreux militants se mobilisent en Europe pour
organiser des manifestations devant les tribunaux anglais et la prison de
Belmarsh, dont les Gilets Jaunes français. Stella Morris, qui affirme
aujourd’hui avoir rendu visite à Julian Assange, en juin 2019, dans le cadre
des visites familiales normalement accordées dans les prisons britanniques, se
tait à l’époque et ne nous informe en rien de la réalité de la santé du prisonnier
politique. C’est incompréhensible et irrespectueux pour les milliers de
militants qui consacrent leur énergie et leurs moyens à sauver son compagnon et
qui angoissent sur son sort.
C’est criminel pour
Julian Assange. Un intervention de Stella Morris parlant
des enfants aurait permis de mobiliser l’opinion publique et aurait appuyé les
7 (sic !) demandes de libération faites par Wikijustice Julian Assange
depuis octobre 2019.
Mais le plus étonnant est
que Stella Morris laisse s’installer et perdurer la campagne calomnieuse
présentant son compagnon comme un violeur de femmes méritant cet acharnement
judiciaire. La campagne de diffamation dure depuis 2010 et a été
propagée par les même médias qui aujourd’hui racontent la « story »
du père de famille aimé et de son épouse dévouée. Cette campagne agressive et
omniprésente avait été précisément ce qui a rendu très difficile aux militants
de gauche de convaincre les féministes, les partis communistes et écologistes,
les milieux de la gauche radicale de l’innocence et de la bonne foi de Julian
Assange. Pourquoi Stella Morris, prétendument avocate spécialisée dans le droit
suédois, n’a-t-elle jamais déconstruit le dossier d’accusation rédigé par
l’officière de police Irmeli Krans alors qu’il est truffé d’incohérences,
d’invraisemblances, de collusion d’intérêts entre plaignantes, officière de
police, avocats et procureur/es, toutes et tous membres du même parti politique
socialiste et poursuivant les mêmes buts politiques et électoraux ?
Pourquoi n’a-t-elle jamais cherché à aider les militants qui travaillaient à
démontrer les failles politiques du dossier ?
Pourquoi avons dû nous
être seuls avec cette tâche compliquée alors qu’il suffisait qu’elle dise ce
qu’elle dit aujourd’hui, un an trop tard : Assange est un homme posé,
doux, respectueux, pas du tout le névrosé déséquilibré capable du pire avec les
femmes qu’on nous a tant de fois dépeint dans les médias. Ayant lu la
déposition de Julian Assange face aux accusations d’Anna Ardin datée du 30 août
2010, j’ai acquis tôt la conviction qu’Assange est plus une victime qu’un
délinquant, mais le témoignage d’une compagne prétendument aimante et mère de
ses enfants aurait beaucoup aidé à mobiliser les milieux de gauche européens. Je
suis obligée donc de souligner que l’absence de Madame Morris sur le front de
la lutte ne nous a pas aidé.
L’absence et l’inaction
de Stella Morris sur le front de la lutte pour sauver son compagnon atteint son
apogée en été 2019. Plus personne ne parle alors de Julian Assange pendant 2
mois. Les médias officiels sont silencieux ou continuent de le calomnier. Les
militants de la campagne « Dont Extradite Assange », « Defend
Wikileaks » ou « Unity4J » sur Twitter ne livrent pas les
informations cruciales sur une importante audience du 31 juillet au cours de
laquelle se décide la mise en place de la procédure d’extradition. (Il convient
là de souligner combien le choix de Twitter comme outil de campagne pour la
libération d’un prisonnier politique européen est étrange. Comment expliquer la
complexité d’une procédure judiciaire en 3 phrases sur Twitter alors que des
milliers de jeunes militants ne savent même pas qui est Julian Assange, 10 ans
s’étant écoulés depuis les exploits de « Wikileaks » ?)
Jennifer Robinson et John
Shipton se trouvent alors en Australie. Personne ne rend plus visite à Julian
Assange et de plus en plus de voix inquiètes s’élèvent réclamant que le Royaume
Unie livre des « preuves de vie » d’un prisonnier politique vu vivant
pour la dernière fois mi-juin. Les militants européens guettent avec angoisse
les très rares lettres qui parviennent au public : 3 en tout, du 20 juin
au 31 août alors que des milliers de personnes de toute l’Europe sont
encouragées à écrire et écrivent effectivement à Julian Assange à l’adresse de
la prison Belmarsh.
L’affaire du
numéro d’écrou
Les sites de défenses
officiels de Julian Assange comme Defend Wikileaks, la fondation Courage,
Unity4J etc. ont tous appelé pendant l’été 2019 à écrire au prisonnier
politique à Belmarsh SANS son numéro d’écrou A9379AY. Or, ayant retrouvé par un
hasard de recherche sur l’internet « à l’ancienne » ce numéro pour
demander une visite à Belmarsh, Wikijustice a très vite obtenu l’information
que ce numéro est nécessaire[28]pour
que le courrier parvienne au destinataire. Sans numéro du prisonnier, la lettre
ne lui est pas livrée. Cependant, lorsque nous avons publié cette information,
des militants « officiels » nous ont dénigré publiquement. Notre
premier voyage à Belmarsh, le 21 septembre 2019, a confirmé que nous avions
raison : le numéro d’écrou est indispensable si on veut que le courrier
parvienne à Julian Assange. Pourquoi les « proches », les réseaux
officiels de Wikileaks ont caché cette information, pis, ont désinformé les
militants et ce n’est que lorsqu’il n’était plus possible de la cacher, ont
enfin rendu public le numéro d’écrou de Julian Assange, en octobre 2019, par la
voix de John Shipton ?
Les actions de
Wikijustice Julian Assange
Parmi ces lettres, une
militante française de Wikijustice reçoit le 17 août la lettre incroyable qui
nous fait depuis agir intensément pour sa libération. Trois phrases comme les
vers d’un poème écrites d’une écriture qui ressemble aux différentes signatures
que nous avons pu trouver sur divers documents signés par Julian Assange et
publiés sur internet : « Thanks B for fithing for me, I am in a
very Dark place presently. Light up de night until victory !
J.A. ». Au dos de la feuille la même main a tracé le numéro d’écrou de
Julian Assange A9379AY surmonté du code SOS en Morse. SOS, un appel au
secours.
Wikijustice avait
immédiatement contacté par twitter, Facebook et mail John Shipton, Christine
Assange, Kristinn Hrafnsson, et par courrier Jennifer Robinson, Gareth Peirce,
Mark Summers et Geoffrey Robertson leur demandant de bien vouloir authentifier
la lettre via l’analyse de l’écriture. Nous n’avons reçu aucune réponse. Madame
Morris s’est tue, elle aussi, tout l’été. Comment croire qu’elle était présente
aux côtés de Julian Assange dans ces moments dramatiques alors qu’il envoyait
une lettre SOS comme une bouteille lancée à la mer ? Seul un homme
désespéré et seul envoie un SOS à des inconnus.
Nous avons alors eu
l’intuition que « very dark place » n’était pas une métaphore
littéraire comme certaines personnes bien intentionnées voulaient nous faire
croire. « Dark place » est le nom des prisons secrètes et
illégales situés dans les pays vassaux que les Etats Unis ont utilisées
pour emprisonner et torturer leurs opposants après les avoir enlevés
illégalement (« extraordinary rendition »). Des personnes ont ainsi
été détenues et torturées, de 2001 à 2006, en Pologne, Lithuanie, Maroc,
Thailande, Egypte…En Europe, des aéroports britanniques ont servis de points de
départ à des « vol secrets » de prisonniers torturés à destination
des centres de la mort de la CIA dans les pays cités[29].
Nous avions de bonnes raisons de croire que Julian Assange pouvait être détenu
et torturé dans un de ces centres. En Pologne, par exemple, se trouvent
plusieurs bases militaires officielles américaines, mais aussi des structures
et des centres secrets, ce que nous savons par des militants politiques
polonais opposés à la soumission de leur pays aux Etats Unis et réprimés pour
leur opinions par la justice et la police. C’est ainsi que nous avons amplifié
les questionnements et exigé que la Grande Bretagne donne une preuve de vie de
Julian Assange. Nous n’avons été un peu soulagés que lorsque Donald Trump a
inexplicablement annulé, à la dernière minute, sa très médiatisée visite à
Westerplatte en Pologne prévue pour le 1 septembre 2019, pour les cérémonies de
commémoration du début de la Seconde Guerre Mondiale. En effet, une puissante
armada américaine se trouvait alors dans le port militaire de Gdansk et il
n’était pas interdit d’imaginer que la livraison d’un prisonnier politique
puisse être effectuée d’une prison secrète vers un de ces bateaux. Il vaut
mieux imaginer le pire et le prévenir que laisser le pire se produire sous
prétexte qu’imaginer le pire serait « complotiste » ou stupide.
Nous avons, dès début
août, fait des demandes de visite à Julian Assange sur le site « visit a
prisonner »[30]. Ces
demandes se heurtaient non pas à un refus mais à la réponse sibylline que Julian
Assange « is not available ». Est-il donc là ou n’est-il pas
là ? Nous avons interpellé la prison Belmarsh par mail, courrier, document
de réclamation et nous nous sommes physiquement rendus au « Centre des
visiteurs » le 21 septembre et le 10 octobre 2019. Il nous a été
répondu que le prisonnier gère une « visitor list » et que nous
devons lui demander par mail ou courrier d’être inclus dans cette liste si on
souhaitait lui rendre visite. Mais comment savoir si Julian Assange reçoit bien
nos courriers, alors que les colis que nous lui avons envoyés ne lui ont
manifestement jamais été donnés (preuve de la poste à l’appui, les colis
restent à la poste et ne sont pas livrés à la prison…), que les lettres non
livrées ne nous sont pas retournées, alors que c’est la Loi et qu’il n’y a
aucune preuve qu’il ait reçu nos mails et même l’argent envoyé via le site
internet de la prison ? Nos démarches avaient été décrites dans plusieurs
de nos articles. Nous avons publié à de multiples reprises la lettre SOS de
Julian Assange. Il est curieux que cette lettre n’ait jamais émue Stella Morris.
Jamais elle n’a jugé important, utile pour la lutte, de nous expliquer ou se
trouve réellement son compagnon, de donner des preuves de sa vie et de sa santé
alors que des milliers de militants européens passaient des mois d’été à
angoisser et à agir de toutes leurs forces pour que lumière soit faite sur la
« dark place » (la place sombre). Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons
obtenu aucune explication de la part de Stella Morris si oui ou non Julian
Assange reçoit les lettres et les colis que les nombreux militants lui
envoient. Il me semble pourtant que ces actions désintéressées méritent le
respect et qu’il est en outre bénéfique pour la lutte que les proches d’un
prisonnier politique entretiennent des relations suivis avec les militants.
Le 10 octobre 2019, j’ai
été agressée par deux gardiens de Belmarsh qui voulaient m’obliger à sortir du
centre de visiteur ou je venais poser des questions sur la « visitor
list ». Les bénévoles de l’association PACT les en ont empêché. Nous avons
écrit d’innombrables plaintes et réclamations à la direction de la prison.
Elles ont eu comme issues deux courriers de réponses de M. Harding,
directeur de la prison Belmarsh[31] .
Ces courriers peuvent être résumés en une phrase suivante « Comme aucun
prisonnier n’est maintenu en isolement à Belmarsh, ce n’est pas la prison qui
est responsable de son état présentant des symptômes de torture ». En
effet, notre intervention au tribunal Westminster Magistrate Court à
l’audience du 20 septembre 2019 ou Julian Assange était absent, puis à celle du
11 octobreoù il fut présenté en vidéo très mal en point, pâle, hirsute,
émacié et hagard, nous ont conduit à réclamer des autorités anglaises
l’arrêt immédiat des tortures que Julian Assange visiblement subissait. Nous
avons aussi réclamé l’arrêt de ce procès inique et la libération immédiate de
Julian Assange pour raison de santé, d’autant plus qu’il n’était plus condamné,
mais en détention provisoire pendant la procédure d’extradition.
Pendant ce temps, Stella
Morris, mère des enfants et compagne de Julian Assange selon ses dires, étaient
absente des audiences et se taisait. Elle n’a pas non plus initié de
demande de libération sous caution pour raison de soutien de famille. Un père
de famille a non seulement le droit de voir ses enfants, mais aussi
l’obligation de les entretenir. C’est justement la première action que posent
les avocats des prisonniers polonais en attente d’extradition : demander
la libération pour raison de soutien de famille, comme j’ai pu le voir en
assistant à plusieurs audiences de ce genre le 11 et le 18 octobre 2019 à la
Westminster Magistrate Court. Maitre Goscinski, Maitre Mastalerz et Maitre
Matelska, avocats défenseurs des Polonais menacés d’extradition, m’ont expliqué
que cette procédure est très simple à effectuer et qu’elle peut être renouvelée
tous les 28 jours lors de l’audience de prolongation de la détention
provisoire. Un détenu peut lui-même demander sa libération sous caution pour
raison familiale en remplissant un court formulaire disponible par exemple dans
ce guide distribué dans les prisons[32].
Les juges britanniques
accordent cette libération facilement pour peu que le détenu puisse démontrer
avoir une adresse stable au Royaume Uni, une famille et une possibilité de
revenus. Julian Assange est le gérant d’une entreprise de production de film, Sunshine
Press Production qui a bien généré quelques revenus en 2019[33].
Il remplit tout à fait les critères exigés que tant de migrants de l’Est
satisfont et sont relâchés par les juges de la Westminster Court, y compris par
Vanessa Baraitser, dans la journée qui suit. Bien sûr, le cas de Julian
Assange, peut sembler plus compliqué mais est-il si différent juridiquement des
autres accusés ? Non. Il ne devrait pas y avoir de prisonnier politique
en démocratie. Ou bien nous ne sommes plus en démocratie.
Au moins serait-il
intéressant politiquement d’utiliser cette possibilité offerte par le droit
pour réclamer sans relâche tous les mois sa libération. Les proches de Julian
Assange, ici John Shipton et surtout Stella Morris n’ont pas utilisé cette
possibilité alors même que le statut de citoyenne britannique Madame Morris et
de mère d’enfants je présume reconnus par Julian Assange lui conférait la
faculté d’accorder l’adresse stable en Grande Bretagne qui avait fait défaut à
Assange en 2010-2011. De plus, il est tout à fait possible de se marier en
étant en prison et le mariage accorderait au citoyen non-britannique qu’est
Julian Assange la possibilité d’acquérir des droits au séjour et de stabiliser
sa situation sociale. Stella Morris n’a pas utilisé toutes ces possibilités
pendant que Wikijustice envoyait, depuis octobre 2019, tous les mois, une
requête de libération à la Westminster Magistrate Court.
Les absences de
Madame Stella Morris
Stella Morris fut aussi
absente de l’audience du 21 octobre 2019 qui fut une première victoire des
militants exigeant le droit à comparaitre physiquement à son propre procès,
garanti notamment par la CEDH et inclus dans l’Habeas Corpus. Julian Assange y
est apparu très affaibli physiquement et psychologiquement[34].
Sur son visage, j’ai lu un sentiment de grande solitude et de grande détresse.
Il n’a pas salué ses avocats ni les personnes de son ancien entourage.
Impossible de savoir s’il a remarqué l’absence de de Stella Morris, il faut
dire qu’aujourd’hui non plus ce n’est pas lui qui parle de sa relation avec
elle aux médias, mais elle qui parle de lui à sa place. Lorsqu’il s’est révolté
et a pris la parole malgré l’opposition du juge et l’absence de soutien de ses
avocats, il a eu de la peine à finir ses phrases et a évoqué « le vol de
l’ADN de ses enfants » et « l’intrusion des psychologues dans son
intérieur ». A l’époque nous avions pensé que « le DNA
children » pouvait évoquer ses procédés informatique car « parents
enfants » sont des métaphores utilisés pour les serveurs et les logiciels.
Stella Morris n’a montré aucune émotion quant à ces paroles terribles qui
ont été répercutés par la presse et les militants. Elle n’a pas pensé qu’il
aurait été utile et important de les expliciter. De toute manière, elle
sera absente des audiences du 18 novembre et du 13 décembre au cours desquelles
l’état de Julian Assange se dégrade brutalement. Julian Assange n’est plus
capable, dès lors, de prononcer son nom et n’est pas en état de suivre les
débats de la cour. Wikijustice analyse sa souffrance comme consécutive à la
torture. Nous réclamons sa libération immédiate, l’accès aux soins ailleurs
qu’en Grande Bretagne ou dans un autre pays inféodé aux Etats Unis et l’arrêt
de la procédure d’extradition. Des militants suisses se mobilisent alors pour
enclencher la procédure d’accès à un visa humanitaire pour Julian Assange. Le
président du Mexique appelle à sa libération immédiate.
Stella Morris a-t-elle vu
la dégradation de la santé de son compagnon ? Si elle n’a pu lui rendre
visite, elle aurait pu au moins assister aux audiences. Elle apparait à la cour
le 19 et le 20 décembre, dans le public, comme accompagnatrice du jeune MC
McGrath. Le 20 décembre, alors que Julian Assange doit comparaitre physiquement
à la Westminster Court comme témoin ou victime et non comme accusé dans le
cadre de la procédure de Mandat d’Enquête Européen (EIO), elle prépare cette
comparution dans une « consultation room » en compagnie de MC McGrath
et de Fidel Narvaez. Finalement l’audience a lieu à huis clos et les
militants sont empêchés d’y assister. Nous, militants de Wikijustice, nous ne
pouvions qu’entre-apercevoir Julian Assange entouré d’agents de sécurité dans
la salle N°4. Pendant les heures d’attente que nous avons passées à la cour,
nous avons tenté de demander à Madame Morris, présente dans les escaliers et
les couloirs du tribunal, si elle avait plus d’informations sur cette étrange
procédure. Elle nous a ignorés d’un revers de main désinvolte et froid. Drôle
de façon de lutter pour la libération de son compagnon que le mépris affiché à
l’égard de personnes qui se dépensent sans compter pour que l’injustice recule.
Nous ne sommes pas de simples porteurs de pancartes. La lutte pour la justice
requiert toutes nos ressources et notre intelligence. Il serait bon qu’elles
fussent respectées par celle qui clame aujourd’hui être la plus proche de
Julian Assange.
Le 13 janvier 2020, la
cour permet à Julian Assange de comparaitre une deuxième fois physiquement.
C’est un moment important qui nous permet de communiquer avec lui par gestes à
défaut des paroles, puisque nos courriers ne lui parviennent plus et nous en
avons la preuve par le suivi postal. Madame Morris est présente dans la salle
d’audience accompagnée des étranges « avocats » qui ne plaident pas –
MC McGrath et Jennifer Robinson. Elle ne salue pas Julian Assange, ne lui fait
aucun signe, même quand il tente de prendre la parole, ne l’encourage même pas
en geste et reste en général dans une attitude froide et impersonnelle. Le
témoignage de la journaliste Véronique Pidancet Barrière, présente en face
de Julian Assange parmi les journalistes, rend bien compte de l’atmosphère de
cette cour et de l’attitude des avocats et du public[35].
Julian Assange y apparait plus que jamais comme un homme seul et sans espoir,
un homme qui se débat dans une souffrance intérieure intense et qui cherche par
le regard un contact avec une personne amie. Il s’anime et reprend espoir grâce
à cette communication visuelle avec Véronique Pidancet Barrière, seule à le
regarder parmi tous les journalistes assis à l’intérieur de la salle
d’audience.
Impossible de croire en
observant sa souffrance, ce que j’ai pu faire étant aussi présente dans le
public[36],
qu’il serait un homme comblé et soutenu par la présence de deux fils qui
grandissent entourés de l’amour d’une mère et d’une compagne aimé et aimante.
Il est alors dit qu’il n’est plus placé en isolement, isolement d’ailleurs
illégal. Les visites familiales sont un droit de base et elles devraient alors
lui avoir été accordées selon le règlement des prisons britanniques[37].
Par ailleurs, Stella
Morris n’était pas présente parmi les militants qui, le 13 janvier 2020 ont
bloqué le fourgon transportant Julian Assange du tribunal après l’audience. Or,
ce rare moment toléré par la police britannique était capital pour montrer la
solidarité du peuple avec Julian Assange. Les militants ont pu lui montrer à
travers la vitre des mots écrits sur des pancartes, lui faire des signes de
soutien avec les mains posées sur la vitre du hublot, crier des slogans et des
mots d’encouragement en ce moment rare ou il peut les entendre avec certitude.
Les photos de Julian Assange prises alors par les photographes montrent un
homme dont les yeux reprennent vie. C’est par ce « french activism »
(« activisme à la mode française » selon le qualificatif d’un des
agents des sécurité admiratif de la combativité des Gilets Jaunes) que nous
avons su insuffler la vie et espoir à un homme qui se voyait mourir solitaire
dans un « un lieu sombre ».
Stella Morris lors
du procès de février dernier
Le 23 janvier et 19
février alors que Julian Assange comparait en vidéo immobile, prostré et comme
absent (peut être drogué à des médicaments), Stella Morris participe au procès
dans la salle d’audience, au dernier rang de la salle, à côté de MC McGrath qui
est alors qualifié de « scholar », étudiant ou stagiaire par le
secrétaire du tribunal. MC McGrath, informaticien et hacker, n’a en réalité
aucun droit à se trouver à cette place puisqu’il n’est pas juriste. Stella
Morris ne semble pas plus submergée par l’émotion à la vue de Julien Assange
qu’elle ne l’a été auparavant le 19 décembre dans le public. Aucun signe de
connivence, aucun sourire…
Sa discrétion
professionnelle se poursuit pendant les longues et éprouvante heures du
« full extradition hearing » « procès final d’extradition »
du 24, 25, 26 et 27 février 2020, dans la salle 2 à l’intérieur de la
Woolwich Crown Court attenante aux prisons Thameside et Belmarsh. Je retrouve
dans ma mémoire et consigné dans mes écrits[38]
l’emplacement où elle se trouvait et son comportement au cours du procès.
Assise juste devant Julian Assange au dernier rang de la salle d’audience (le
box des accusés se trouve ici au fond de la salle alors qu’il est gauche de la
salle au tribunal Westminter), Stella Morris accompagnait Baltazar Garzon et MC
McGrath les deux premiers jours du procès. Le troisième jours elle est assise à
la même place à droite de l’avocat hispanophone Aitor Martinez. Le quatrième
jour c’est Jennifer Robinson qui réapparait et l’accompagne.
Stella Morris ne se
tourne pas vers Julian Assange lorsqu’il entre dans le
box et alors que l’émotion dans la galerie du public est à son comble. Elle ne
prend pas la peine de se lever et de lui serrer la main dans les pauses, comme
Baltazar Garzon le fait deux fois. Elle se contente de prendre les petits
papiers qu’il lui transmet et les fait passer au premier rang vers Gareth
Peirce et Edward Hamilton Fitzgerald. J’ai observé son visage comme j’observe
tout le monde dans l’assistance pour bien saisir qui est qui et qui fait quoi
dans ce spectacle. Je l’ai trouvé impassible comme celui des autres
protagonistes du jeu et comme il l’avait été lors des rencontres précédentes.
Le mercredi 26 février,
au troisième jour du procès, l’état de santé de Julian Assange empire. Il est
pâle et prostré le matin, livide et au bord du malaise en début d’après-midi.
J’ai pu décrire les événements à chaud et publier l’information le soir même [39].
En fin d’après-midi, le prisonnier se révolte brusquement. Il se lève et
parle, gesticule et exige trois fois de la juge qu’elle l’écoute. Alors que
les avocats s’affolent, sortent pour se concerter avec l’autorisation de la
juge, l’agent de sécurité qui surveille le public se sauve nous permettant de
laisser libre court à nos émotions et notre stupeur… Stella Morris assise juste
devant l’homme de sa vie ne l’encourage pas dans sa révolte ni même ne le réconforte
alors qu’elle se trouve à 1 mètre de lui.
Certes, son effacement
est tel que je ne peux être certaine aujourd’hui que j’ai observé tous ses
gestes, mon attention était alors absorbée par Julian Assange. Mais il est
évident qu’elle n’a joué aucun rôle dans la décision prise par les avocats
d’accepter la proposition de demande de libération sous caution que Vanessa
Baraitser leur fait pour éviter que le prisonnier ne s’effondre en direct
devant les témoins la plaçant ainsi dans une position très inconfortable. Nous
publions la nouvelle le soir même en envoyant encore une autre demande de
libération de la part de Wikijustice. Nous sommes très déçus lorsque
Fitzgerald ne fait aucune allusion à la libération sous caution de son client le
lendemain, le 27 février 2020, dernier jour du procès.
Lorsque Julian Assange
sort de sa torpeur et que l’ambiance d’hypnose collective s’estompe, à la fin
de l’audience, Stella Morris est une des premières à venir vers lui, enfin,
mais elle n’est qu’une parmi d’autres. Elle n’est pas celle à qui Julian
Assange parle en premier ni celle à qui il lance un salut ultime avant de
quitter la pièce.
Car le point commun de
toutes ces communications, celle du Daily Mail du Samedi de Pâques, comme
celles diffusées depuis, est que Julian Assange NE PARLE PAS publiquement.
Ce n’est pas lui qui présente sa fiancée ou sa famille. C’est encore une fois
un/e autre qui parle à sa place, comme s’il était trop malade pour parler ou
sous curatelle et incapable de présenter ses intérêts et dialoguer avec son
public. Hélas, dans l’ambiance exacerbée d’histoires de toutes sortes racontées
à tord et à travers, je ne croirai à cette histoire-ci que si Julian Assange,
libre de toute pression, la présente lui-même. De préférence live et non pas en
vidéo aisément trucable.
Julian Assange et
les droits des enfants
Je vois déjà venir ceux
qui me reprocheront mon incrédulité fasse à ces voltes-faces incessantes des
« proches » de Julian Assange. Pourquoi serait-ce si inconfortable
d’accepter l’idée de Julian Assange père de deux enfants ? En fait, je
n’ai pas de problème avec cette hypothèse.
Je sais que Julian
Assange a toujours été ému par le sort des enfants et a dénoncé le crimes et
les abus dont de trop nombreux enfants sont victimes. Présentant le film
« Collateral Murder » et les documents relatifs aux crimes des Etats
Unis en Irak et Afghanistan pour lesquelles il est accusé, il a toujours
souligné, dans ses conférences d’avril à octobre 2010, le sort révoltant fait
aux enfants.
C’est bien lui qui a fait
publier les 1100 pages des documents de la police belge sur les violences
commises sur les enfants par les réseaux mafieux pédo-criminels dans le
cadre de l’enquête sur Marc Dutroux[40].
Sachant que les versions papier des procès-verbaux d’auditions des victimes et
des témoins du trafic d’êtres humains de l’Europe de l’Est vers les pays
occidentaux, de 1996 à 2001, ont étrangement brûlé dans les archives de la
police belge, il n’y a donc qu’une seule version qui subsiste : celle que
Julian Assange a sauvegardé sur « Wikileaks » et mis à la disposition
de notre connaissance afin que les citoyens s’en saisissent pour finir le
travail de la trop lente ou trop corrompue justice.
Pour finir, il faut
mentionner aussi le rôle de la publication des mails de John Podesta pour laquelle
Julian Assange a récolté une critique acerbe jusque dans son propre camp en
2016 : ces mails ont été le début d’une enquête citoyenne qui a permis de
faire tomber Jeffrey Epstein, le criminels pourvoyeur d’enfants à vendre
pour la jet set états-unienne et britannique[41]
. Julian Assange et certains de ses proches qui l’ont aidé dans l’isolement du
3 Hans Crescent a toujours défendu les enfants.
A défaut de croire en
l’histoire d’une vie de famille clandestine mais chaleureuse, je regarde les
photos que Stella Morris a fournies aux médias de Julian Assange portant des
bébés dans ses bras comme une métaphore de son véritable engagement pour
les droits et la liberté des plus petits d’entre nous.
Nous ne lâcherons pas ce
combat pour le faire libérer et libérer tous ceux qui souffrent et qui luttent.
Nous ne nous laisserons pas enfermer ni dans la maladie ni dans la panique. Les
droits humains sont universels et la lutte collective nous mènera à la victoire.
Nous ne nous laisserons pas hypnotiser par la peur et la répression. Si nous
tombons, d’autres sortiront à notre place. Nous sommes nombreux et nos pensées
sont plus que jamais unies dans nos actions pour la liberté et la justice.
Julian Assange n’est pas seul et nous sommes toujours à ses côtés.
John Shipton dit aussi que Wikileaks a été crée en
France, a publié en France et mené des actions judiciaires en France. Il n’y a
aucune trace d’une association Wikileaks dans les registres de la Préfecture de
Paris.
[4] Voir
le site de NYS Department of State, Division of Corporation, Entity
Information. La Courage Corp a été crée le 30 Mai 2017, numéro DOS 5145362
[17]« 5 Projekt 04 – Informationsfreiheit
Im Projektbereich 04 wurden die Aktivitäten umstrukturiert, so dass eine
Abstimmung mit und eine Kontrolle der Aktivitäten durch den Vorstand einfacher
wurden. Mit der Medienfirma Sunshine Press Productions EHF (SPP, Island) wurde
ein Rahmenvertrag für journalistische Dienstleistungen geschlossen. Seitdem
werden konkrete Projekte beauftragt und nach Arbeitsfortschritt abgerechnet.
Die Dienstleistungen umfassen: Projektkoordination, technische Aufbereitung der
Materialien zum Schutz von Whistleblowern und Dritten (Entfernen der
Metainformationen), Review und Kontextualisierung der Materialien, Aufbereitung
für die Veröffentlichung im Internet sowie Kommunikation mit Medienpartnern.
2014 wurde auch der Internetauftritt von wikileaks.org grundlegend überarbeitet
mit neuer Submission-Platform und verbesserter Dokumentensuche » – extrait
du rapport d’activité de la Wau Holland en 2014
Issued:
15.1.2020 Date of Articles of Association: 8.10.2010
Company’s
Board of Directors according to a meeting on: 8.10.2010: 030771-3039 Julian
Paul Assange, Ástralía, Chairman 250662-5219 Kristinn Hrafnsson, Miklubraut 68,
105 Reykjav ík, Director 250571-2919 Ingi Ragnar Ingason, Klapparhlíð 18, 270
Mosfellsbær, Director 010140-2269 Gavin Hall Macfadyen, Bretland, Reserve
Director »
[33] Rapport du Conseil d’Administration
de Sunshine Press Production du 29 août 2919 – administration fiscale de
l’Islande : Ríkisskattstjóri
Reykjavík, Internal
Revenue, Main Office Reykjavík
Inconsistency of the storytelling photos and videos
The photo of the Morris/Assange couple published by the Daily Mail and reproduced in a cut-out version by Stella Morris’ current Twitter and Facebook accounts never tires of questioning the inconsistencies in the journalistic account. The couple has been together since 2015. They are photographed on a street in a city, embracing each other. But then, in 2015, wasn’t Julian Assange confined to a room in the Ecuadorian embassy, banned from going out on pain of being imprisoned and extradited to Sweden? Could he wander quietly and smilingly along London’s boulevards with Stella Morris?
So we were lied to.
I don’t like to point fingers at people’s faces and those who read my articles won’t find such rash criticism. But the composition of the photo published in the Daily Mail on April 11th [1] and taken by Stella Morris on her twitter and Facebook account is so strange that it forces me to make the following comment: an attentive observer will see, by looking at the bottom of the photo, that Julian Assange’s legs are cut off at the level of his calves and Stella Morris’ legs at the level of her feet. Having seen the two people in the flesh many times and knowing that Stella Morris is very small (less than 155 cm. tall) and Julian Assange is rather tall (185 cm. tall), the difference in detail makes it impossible for Mrs. Morris’ head to reach Julian Assange’s chin, or at most to reach his chest. It is logical and it is obvious to all those who have seen the two protagonists of the story in real life. Their legs have been cut out on the photoplate to be able to « adjust » the characters and reduce their dysmorphism. I therefore affirm that this photo is a fake.
Returning to the storytelling of the same press a few years ago, the inconsistencies are even more glaring. An article in the Guardian of 15 May 2018[2] describes in great detail the intrusive surveillance that Julian Assangea would have undergone in the « embassy » from 2016 to March 2018. UC Global’s agents had been watching him for years through the surveillance cameras of a security PC installed in a neighboring building. They checked the passports of all persons entering to visit him and transmitted their details first to Rafael Correa and then to Lenin Moreno. In these conditions, since UC Global allegedly sold the images to the American authorities, these authorities were therefore perfectly aware of Assange’s relationship with Stella Morris. No need to steal baby diapers, just watch what happens in the privacy of the apartment via the cameras,an obscene pornographic process if ever there was one, but it seems that Julian Assange was not spared. The article states that Correa’s government cut off Julian Assange’s internet access permanently in February 2018 and he was banned from visiting in March 2018, locked in the « solitary confinement » that we have all begun to experience in Europe over the past few weeks, almost to the end, until April 11, 2019. Now, Ms. Morris says that this is the period when she was permanently visiting him, to conceive their second child, and then being pregnant.
It is astonishing that Julian Assange never mentioned his « partner » and his paternity for five years from 2015 to 2020. At no time since 2016 have her lawyers used this crucial information to request a stay of Swedish prosecution or her release as the breadwinner, particularly in the dramatic moments between May and October 2019 when Julian Assange was in solitary confinement following his conviction for breach of parole. Stella Morris’s tearful account did not provide us with details about the children’s civil status, which is important for any legal support to Julian Assange. Did Julian Assange recognize these children in the British registry office? Do they bear his name? Are they called Morris, Gonzalez Devant or Smith Robertson? John Shipton, considered to be the biological father of Julian Assange, is himself in contradiction with Stella Morris’ statements when on 18 April he once again refers to the ‘French family’ and ignores the children of Morris[3]. Are we to understand that John Shipton does not consider himself to be the grandfather of the children whom Stella Morris presents to the press as being those of Julian Assange?
I, for one, would believe Mrs. Morris’ story only if Julian Assange were to speak freely in public. It’s his right to express himself on his own behalf. No one should talk about his personal and intimate life in public.
The organizations that protect Stella Morris
Stella Morris claims that she did not act to save her companion for fear of the American government’s attacks on her children. This is rather ridiculous if one thinks that children born in London are necessarily declared to the Registrar of Births and Marriages, especially if they are normally endowed with the British nationality passed on by their mother, so the British government was perfectly aware of the existence of these children and therefore, in all probability, passed the information on to its American counterparts.
The fear of the political prisoner’s girlfriend, who has waited six years to act, is all the more incomprehensible as she is protected as a collaborator of the famous Baltazar Garzon, former judge of the Spanish Chamber of Investigation -Audiencia National 5.
Having been able to observe at the Westminster Magistrate Court the links that Stella Morris had with representatives of other powerful structures, I conclude that she was logically protected by these institutions and was in no way the fragile and solitary single mother she presents herself to be. I am speaking here of the Courage Foundation or officially « Courage Corp, domestic businessentity », based in New York and directed by Nathan Fuller, residing at 2790 Brodway apartment. 4D, New York 10025 [4] On its website, Courage Corp. presents itself as the Courage Foundation whose Board of Directors is filled with whistleblowers, journalists, former agents of the CIA, NSA, MI5, all more famous than the others. Stella Morris is friends with Naomi Colvin (which I saw with my own eyes from December 2019 to February 2020), who succeeds Sarah Harrison at the head of the Courage « Foundation » in Europe. Stella Morris is also friends with Renata Avila, a member of the Board of Diem 25 and close friend of the Greco-Australian politician active in Berlin Yanis Varoufakis. It is easy to see this by attending the hearings of the trial of Julian Assange.
In addition, these people, like Naomi Colvin and Renata Avila, work with the Centre d’Investigation du Journalisme, a private British journalism school whose founder Gavin MacFadyen was a friend and supervisor of Julian Assange. CIJ[5] organizes training sessions funded by wealthy private American (Reva and David Logan Foundation) British (Lorana SullivanFoundation, Joseph Rowntree Trust) and South African (David Potter Foundation and Ellen Potter Foundation…[6]) foundations, the most important of which is the Bertha Foundation[7].
Kristinn Hrafnsson, Gavin MacFadyen, and Julien Assange (left to right) of WikiLeaks, before a Media press conference at a south London Hotel, where they talked about the Iraq body count, this morning. (Photo by John Stillwell/PA Images via Getty Images)
The Bertha Foundation was established by South African billionaire Tony Tabasnik[8] who owns the country’s largest generic drug company[9].the late Julian Assange’s former lawyer Michael Ratner was a friend of Tony Tabasnik[10].
Some of the events of the Centre for Investigative Journalism are funded directly by the most famous foundation, the Open Society Foundation of George Soros[11]. 11] La Bertha Foundation is also linked by the partnership with the Hungarian Civil Liberties Union in George Soros. 12] But it is not surprising that these foundations of the largest oligarchs in the Western world work together. The network of Goerges Soros structures forms a global enterprise that is present in almost all countries of the world[13].
On the German side, the Wau Holland Foundation is the owner of the brand « Project 04 Wikileaks ».Julian Assange was employed by this structure as project manager in 2010-2012, already under the responsibility of the current boss Andy Müller Maguhn. Andy Müller Maguhn is also a member of the Board of Directors of the Courage Foundation[14], a New York-based structure that collects the money that bona fide Europeans believe they are paying for the defense of Julian Assange. Andy Müller Maghun is also a member of the Board of Directors of the Centre for Investigative Journalism [15].
15. Annual Report of the Centre for Investigative Journalism Limited, Company no. 05471322
Charity no. 1118602, Report of the Trustees and Financial Statements 30 November 2018
The last activity report of the German Wau Holland Foundation was published in 2016, the reports for 2017, 2018 and 2019 have not been published although they should legally be available to the public. According to this document[16], the Wau Holland Foundation will donate from 2014 [17] a (unspecified) part of this money for the provision of the « Freedom of Expression Project », another name for « Wikileaks » to the private Icelandic company Sunshine Press Production headed by deputy directors Kristinn Hrafnsson and Inga Ragnar Ingasson, since Julian Assange, who is in prison, obviously cannot manage this company[18].
Gavin McFadyen, the company’s third director, having died, could not manage the company either. Stella Morris is in a friendly relationship with Kristinn Hrafnsson, which I have seen for myself and which seems to go without saying. Finally, let us add that Stella Morris is friends with Jennifer Robinson, director at the Bertha Foundation, a tool of influence for the South African billionaire Tabaznik. 19]
She is also the founder of the legal branch of the Bertha Foundation, the Bertha Justice Initiative, which is in a position to make grants[20] in 2019 500,000 dollars to an important and former organization defending the rights of minorities in the United States, the Center for Constitutional Rights. These organizations, led or influenced by Stella Morris’ friend and Assange’s lawyer, are therefore not small militant structures.
They are private agencies, a tool for influencing the interests of Anglo-Saxon billionaires and leading German companies. As such, these structures and their decision-makers are of course known to the intelligence agencies CIA and BND (Bundesnachrichtendienst). As the analyses quoted below show, the head of Julian Assange’s legal team, Geoffrey Robertson, is a friend of Tony Blair, Georges Soros and works with the World Bank and is the mentor of Jennifer Robinson[21].
Alan Dershowitz, an American lawyer and friend of Robertson’s, is known to have defended both the legalization of torture and the extremely wealthy paedophile and child trafficker Jeffrey Epstein[22].
Dougthy Street Chambers, Robertson’s law firm, defended the United States in the Browder-Magnistky case, and Mark Summers, Julian Assange’s lawyer at Matrix Chambers, has also argued in favour of American interests[23].
Gareth Peirce, a solicitor on the front line of the trial, has been defending her client, a victim of torture visible to public witnesses, for nine months now in a very weak defence[24]. Baltazar Garzon is accused of torture by the Basque and Catalan opposition in Spain, among other crimes as a judge[25]
Meanwhile the administrators of the current Wikileaks do not hesitate to entrust the interests of their structure to communication agencies linked to the American policies that are the first enemies of Julian Assange[26].
Inserted in such a dense network of powerful relations whose interests are very much in line with those of the American state system, Stella Morris should not fear being kidnapped by the CIA. How is it that she fears this when we human rights activists are doing our duty to defend Julian Assange publicly when we are far less protected than she is from attacks by British and American secret services?
Lies, silences and inconsistencies
In an August 29, 2018 article in Abc news, Jennifer Robinson claims that JulianAssange would be in total isolation at 3 Hans Crescent Street, forbidden to visit and use the internet (27) Today, it would be good for her to admit that she lied, since Stella Morris claims to have prepared, at that time, the arrival of her second child conceived with the political prisoner in the same place.
Once these lies have been established, how can we, as grassroots activists, trust these two women who claim to be also Julian Assange’s lawyers? The image of Julian Assange crying on the balcony of the apartment on 19 May 2017 and brandishing the UN Ruling, forcefully asserting the violations of rights he is suffering, remains in our memory. Having suffered a first internet blackout and total isolation since October 2016, Assange is in visible suffering. Today, Stella Morris tells us that it is the birth of their first child…
We are troubled by these contradictions that force us to ask ourselves the question « what is true, and when is it true »? A man who is a happy father and supported by his girlfriend cannot bear so much suffering, cannot send an SOS to strangers. It is also maconviction after having seen Julian Assange in « real life » and having witnessed first hand the marks of sadness and the feeling of being betrayed and abandoned on his face during the hearings of October 21, 2019, January 13, 2020, February 24, 25, 26 and 26.
The silence of Stella Morris and her absence during the dramatic events of 2019 prevents me from totally believing the story she tells us in the Daily Mail of April 11, 2020. On April 11, 2019, when her companion, the man of her life, the father of her children, was brutally kidnapped by the British secret service and placed in prison before being tried in haste on May 1 and 2, Stella Morris was absent and silent. She is no more talkative during the two agonizing months that follow: May 9, 2019 Nils Melzer says in his report on torture to have visited JulianAssange and noted the deterioration of his health. The few visitors admitted to Belmarsh (Ai Wewei, Pamela Anderson, JohnShipton) claim that Julian Assange has lost 15 kilos and can therefore die at any moment. The video leaked in June, probably from Wandsworth Prison where Assange stayed from April 11 to May 2, shows a man emaciated and thinned out.
It is now on the internet and many activists are mobilising in Europe to organise demonstrations in front of English courts and Belmarsh prison, including the French Gilets Jaunes. Stella Morris, who now claims to have visited Julian Assange in June 2019, as part of the family visits normally granted in British prisons, was in prison at the time and does not give us any information about the reality of the health of the political prisoner. This is incomprehensible and disrespectful to the thousands of activists who are devoting their energy and resources to saving his companion and who are worried about his fate.
It’s criminal for Julian Assange. An intervention by Stella Morris talking about children would have mobilized public opinion and would have supported the 10 (sic!) demands for release made by Wikijustice Julian Assangedsince October 2019.
But the most astonishing thing is that Stella Morris allows the slanderous campaign to take hold and continue, portraying her companion as a rapist of women deserving of this judicial relentlessness. The slander campaign has been going on since 2010 and has been propagated by the same media that now tell the « story » of the beloved father and his devoted wife. This aggressive and pervasive campaign was precisely what made it very difficult for left-wing activists to convince feminists, communist and environmentalist parties and radical left-wing militants of Julian Assange’s innocence and good faith. Why has Stella Morris, allegedly a lawyer specializing in Swedish law, never deconstructed the case file written by police officer Irmeli Krans, which is riddled with inconsistencies, implausibilities and collusion of interests between the complainants, police officer, lawyers and prosecutor, all members of the same socialist political party and all pursuing the same political and electoral goals? Why did she never seek to help the activists who were working to demonstrate the political flaws in the case?
Why did we have to be alone with this complicated task when all we needed was for her to say what she says today, a year too late: Assange is a calm, gentle, respectful man, not at all the neurotic unbalanced man capable of the worst with women that we have been portrayed so many times in the media. Having read Julian Assange’s statement against Anna Ardin’s accusations of August 30, 2010, I became convinced early on that Assange is more a victim than an offender, but the testimony of a supposedly loving companion and mother of the children would have helped a lot to mobilize European left-wing circles. I am therefore obliged to point out that the absence of Mrs Morris on the front line of the struggle did not help us.
The absence and inaction of Stella Morris on the front line of the struggle to save her companion reaches its peak in the summer of 2019. No one spoke of Julian Assange for two months. The official media are silent or continue to slander him. Activists of the « Extradite Assange », « Defend Wikileaks » or « Unity4J » campaign on Twitter did not provide crucial information about an important hearing on 31 July during which the extradition procedure was decided. (It should be noted that the choice of Twitter as a tool to campaign for the release of a European political prisoner is strange. How can we explain the complexity of a judicial procedure that lasts 10 years in 3 sentences on Twitter when thousands of young activists don’t even know who Julian Assange is, 10 years having passed since the exploits of « Wikileaks »)?
Jennifer Robinson and John Shipton were in Australia at the time. No one visits Julian Assange any more and there are increasing calls for the United Kingdom to provide ‘proof of life’ from a political prisoner last seen alive in mid-June. European activists are anxiously awaiting the very few letters that reach the public: 3 in all from 20 June to 31 August as thousands of people from all over Europe are encouraged to write and are indeed writing to Julian Assange at the Belmarsh prison address.
The case of prisoners number
Julian Assange’s official defence sites such as Defend Wikileaks, the Courage Foundation, Unity4J etc. all called in the summer of 2019 to write to the political prisoner in Belmarsh WITHOUT his prison number A9379AY. However, having found this number through an « old-fashioned » internet search to request a visit to Belmarsh, Wikijustice quickly obtained the information that this number is necessary [28] for the mail to reach the addressee. Without the prisoner’s number, the letter is not delivered to him. However, when we published this information, « official » activists publicly denigrated us. Our first trip to Belmarsh, on 21 September 2019, confirmed that we were right: the prisoner number is essential if the mail is to reach Julian Assange. Why did the « relatives », the official networks of Wikileaks, hide this information, and worse, misinform the activists, and only when it was no longer possible to hide it, did they finally make Julian Assange’s prisoners number public, in October 2019, through the voice of John Shipton?
Among these letters, a French Wikijustice activist receives on August 17 the incredible letter that we have since been acting intensely for her liberation. Three sentences like the verses of a poem written in a handwriting that resembles the different signatures we could find on various documents signed by Julian Assange and published on the internet: « Thanks B for fithing for me, I am in a very Dark place presently. Light up de night until victory! J.A. ». On the back of the sheet the same hand has traced Julian Assange’s nut number A9379AY overwritten with the SOS code in Morse code. SOS, a call for help.
Wikijustice immediately contacted by twitter, Facebook and email John Shipton, Christine Assange, Kristinn Hrafnsson, and by mail Jennifer Robinson, Gareth Peirce, Mark Summers and Geoffrey Robertson asking them to authenticate the letter through handwriting analysis. We have received no response. Mrs. Morris has also been silent all summer. How could we believe that she was present alongside Julian Assange in those dramatic moments when he sent an SOS letter like a bottle thrown into the sea? Only a desperate and lonely man would send an SOS to strangers.
We then had the intuition that « very dark place » was not a literary metaphor as some well-meaning people wanted us to believe. « Dark place » is the name of the secret and legal prisons located in vassal countries that the United States used to imprison and torture their opponents after abducting them illegally (« extraordinary rendition »). People were thus detained and tortured from 2001 to 2006 in Poland, Lithuania, Morocco, Thailand, Egypt… In Europe, British airports were used as departure points for « secret flights » of tortured prisoners to CIA death centres in the countries mentioned[29].
We had good reason to believe that Julian Assange could be detained and tortured in one of these centers. In Poland, for example, there are not only several official US military bases, but also secret structures and centres, as we know from Polish political activists opposed to the submission of their country to the United States and repressed for leuropinions by the judiciary and the police.
This is how we have amplified the questions and demanded that Great Britain give proof of Julian Assange’s life. We were only somewhat relieved when Donald Trump inexplicably cancelled, at the last minute, his important visit to Westerplatte in Poland scheduled for September 1, 2019, for the commemoration ceremonies of the beginning of World War II. Indeed, a powerful American armada was then in the military port of Gdansk and it was not forbidden to imagine that the delivery of a political prisoner could be made from a secret prison to one of these ships. It is better to imagine the worst and prevent it than to let the worst happen under the pretext that imagining the worst would be « plotting » or stupid.
From the beginning of August, we made requests to visit Julian Assange on the site « visit aprisonner » [30]. These requests did not meet with a refusal but with the cryptic response that Julian Assange « is not available ». Is he there or is he not there? We contacted Belmarsh Prison by email, letter, complaint document, and physically went to the « Visitors’ Centre » on 21 September and 10 October 2019. We were told that the prisoner has a « visitor list » and that we must ask him by email or mail to be included in this list if we wish to visit him. But how do we know that Julian Assange receives our mail, when the packet we sent him have obviously never been given to him (with proof from the post office, the packet remain at the post office and are not delivered to the prison…), that the undelivered letters are not returned to us, when it is the law and there is no proof that he received our emails and even the money sent via the prison’s website? Our actions are described in several of our articles.
We have repeatedly published Julian Assange’s SOS letter. It is curious that this letter never moved Stella Morris. She has never considered it important, useful for the struggle, to explain to us where her companion really is, to give proof of his life and health, while thousands of European activists spent summer months in anguish and acting with all their strength to shed light on the « dark place ». Until today, we have received no explanation from Stella Morris as to whether or not Julian Assange receives the letters and packets sent to him by many activists. It seems to me, however, that these disinterested actions deserve respect and that it is also beneficial to the struggle that the relatives of a political prisoner have a continuing relationship with the activists.
On October 10, 2019, I was assaulted by two Belmarsh guards who wanted to force me out of the Visitor Centre where I came to ask questions on the visitor list. The PACT volunteers stopped them from doing so. We wrote countless complaints and claims to the prison management, resulting in two letters of response from Mr. Harding, direction of communication of Belmarsh Prison[31] . These letters can be summarized in the following sentence: « As no prisoner is kept in isolation at Belmarsh, it is not the prison that is responsible for his condition with symptoms of torture.
Indeed, our intervention in the Westminster Magistrate Court on 20 September 2019, when Julian Assange was absent, and again on 11 October, when he was shown on video in very poor condition, pale, shaggy, emaciated and haggard, led us to demand that the English authorities immediately stop the torture that Julian Assange was apparently undergoing. We also demanded the end of this iniquitous trial and the immediate release of Julian Assange on health grounds, especially since he was no longer convicted but was in pre-trial detention during the extradition procedure.
Meanwhile, Stella Morris, mother of the children and companion of Julian Assange according to her, was silent during the hearings. She also did not initiate an application for bail as the breadwinner. A father has not only the right to see his children but also the obligation to support them. This is precisely the first action taken by lawyers for Polish prisoners awaiting extradition: to request release on the grounds of the breadwinner, as I have seen in several such hearings on 11 and 18 October 2019 in the Westminster Magistrate Court. Maitre Goscinski, Maitre Mastalerz and Maitre Matelska, lawyers defending Poles threatened with extradition, explained to me that this procedure is very simple to carry out and that it can be renewed every 28 days at the hearing to extend pre-trial detention. A detainee can himself apply for release on bail for family reasons by filling in a short form available for example in this guide distributed in prisons[32].
British judges will grant such release easily provided the prisoner can show a stable address in the United Kingdom, a family and the possibility of reincarceration. Julian Assange is the manager of a film production company, Sunshine Press Production, which did generate some income in 2019[33]. He fully meets the criteria required by so many Ests migrants and is released by the Westminster Court judges, including by Vanessa Baraitser, within a day. Of course, the case of Julian Assange may seem more complicated, but is he so legally different from the other defendants? No. There should be no political prisoners in a democracy. Or we’re not in a democracy anymore.
33. Annual Report of the Sunshine Press Production Compagny 29.09.2019 – Julian Assange in prison and Gavin MacFadyen passed away, something is wrong
At least it would be politically interesting to use this possibility offered by the law to relentlessly demand his release every month. Julian Assange’s relatives, here John Shipton and especially Stella Morris did not use this possibility even though the status of British citizen Mrs Morris and mother of children I presume recognized by Julian Assange gave her the ability to grant the stable address in Great Britain that had been lacking to Assange in 2010-2011. Moreover, it is quite possible to marry while in prison and marriage would give the non-British citizen Julian Assange the opportunity to acquire residence rights and to stabilise his social situation. Stella Morris did not make use of all these possibilities while Wikijustice was sending a release petition to the Westminster Magistrate Court every month since October 2019.
The absences of Mrs. Stella Morris
Stella Morris was also absent from the hearing on 21 October 2019, which was a first victory for activists demanding the right to physically appear at her own trial, guaranteed by the ECHR and included in Habeas Corpus. Julian Assange appeared there very weakened physically and psychologically[34].
On his face, I read a feeling of great loneliness and distress. He did not greet his lawyers or the people of his former entourage. Impossible to know if he noticed the absence of Stella Morris, it must be said that today it is not he who speaks to the media about his relationship with her, but she speaks about him instead. When he rebelled and spoke despite the judge’s opposition and the lack of support from his lawyers, he found it difficult to finish his sentences and referred to « the theft of his children’s DNA » and « the intrusion of psychologists into his interior ». At the time we thought that « DNA children » could evoke his computer processes because « parents-children » are metaphors used for servers and software.
Stella Morris showed no emotion about these terrible words which were echoed by the press and activists. She did not think it would have been useful and important to make them explicit. In any case, they will be absent from the hearings of 18 November and 13 December during which Julian Assange’s condition deteriorated brutally. Julian Assange is therefore no longer able to pronounce his name and is not in a position to follow the court’s debates. Wikijustice analyses his suffering as a result of the latorture. We call for his immediate release, access to health care outside the UK or any other country under the control of the United States, and a halt to the extradition process. Swiss activists are mobilizing to initiate the procedure for a humanitarian visa for Julian Assange. The President of Mexico called for his immediate release.
Did tell Stella Morris see her companion’s health deteriorate? If she couldn’t visit him again, she could at least have attended the hearings. She appeared in court on December 19 and 20, in public, as the accompanist of the young MCMcGrath. On 20 December, when Julian Assange is due to appear physically in Westminster Court as a witness or victim and not as an accused under the European Investigation Order (EIO) procedure, she prepares this appearance in a consultation room with MC McGrath and Fidel Narvaez.
Finally, the hearing is held in camera and the activists are prevented from attending. We, Wikijustice activists, could only catch a glimpse of Julian Assange surrounded by security agents in room 4. During the hours of waiting we spent in court, we tried to ask Mrs Morris, who was present in the stairs and corridors of the court, if she had any more information about this strange procedure. She ignored us with a cold and casual wave of her hand. It is a strange way of fighting for the release of one’s companion that the contempt shown for people who spend so much effort to make injustice recede. We are not mere placard bearers. The struggle for justice requires all our resources and intelligence. It would be good if they were respected by the woman who today claims to be closest to Julian Assange.
On January 13, 2020, the court allows Julian Assange to appear physically for a second time. This is an important moment that allows us to communicate with him by gestures rather than words, since our letters no longer reach him and we have proof of this through postal follow-up. Ms. Morris is in the courtroom with the strange « lawyers » who are not pleading – MC McGrath and Jennifer Robinson. She does not greet Julian Assange, does not wave to him even when he tries to speak, does not even encourage him in any way, and generally remains in a cold and impersonal attitude. The testimony of the journalist Véronique Pidancet Barrière, who is present opposite Julian Assange among the journalists, gives a good account of the atmosphere in the courtroom and the attitude of the lawyers and the public[35].
Julian Assange appears there more than ever as a lonely and hopeless man, a man who struggles in intense inner suffering and who is looking for a contact with a friend. He comes to life and regains hope thanks to this visual communication with Véronique Pidancet Barrière, the only one watching him among all the journalists sitting inside the courtroom.
Impossible to believe in observing his suffering, which I was able to do, being also present in the public[36], that he would be a man fulfilled and sustained by the presence of two sons who are surrounded by the love of a mother and a beloved and loving companion. It is then said that he is no longer placed in isolation, an isolation that is illegal. Family visits are a basic right and should have been granted according to British prison regulations[37].
Moreover, Stella Morris was not present among the activists who, on 13 January 2020, blocked the van carrying Julian Assange from the court after the hearing. This rare moment tolerated by the British police was crucial to show the people’s solidarity with Julian Assange. The activists were able to show him through the window words written on signs, make signs of support with their hands resting on the window, shout slogans and words of encouragement at this rare moment when he can hear them with certainty. The photos of Julian Assange taken by the photographers at the time show a man whose eyes are coming back to life. It is through this « French activism » as one of the security guards admiring the combativeness of the Yellow Vests) that we have breathed life and hope into a man who saw himself dying alone in a « dark place ».
Stella Morris at the trial last February.
On January 23rd and February 19th, while Julian Assange appeared in still video, prostrate and as absentee (possibly drugged), Stella Morris participated in the trial in the courtroom, in the back row of the room, next to MC McGrath who was then described as a « scholar », student or trainee by the court secretary. MC McGrath, a computer scientist and hacker, actually has no right to be in this position since he is not a lawyer. Stella Morris does not seem any more overwhelmed by the emotion at the sight of Julien Assange than she was before on December 19th in the public. No sign of disconcertion, no smile…
His professional discretion continued during the long and trying hours of the « full extradition hearing » « final extradition trial » on 24, 25, 26 and 27 February 2020, in Room 2 inside theoolwich Crown Court adjacent to Thameside and Belmarsh Prisons. Sitting just in front of Julian Assange in the back row of the courtroom (the defendants’ box is at the back of the room here while he is left of the room in Westminter Court), Stella Morris accompanied Baltazar Garzon and MCMcGrath on the first two days of the trial. On the third day she sits in the same seat to the right of the Spanish-speaking lawyer Aitor Martinez and on the fourth day Jennifer Robinson reappears and accompanies her.(38)
Stella Morris doesn’t turn to Julian Assange when he enters the box and when the emotion in the audience’s gallery is at its peak. She doesn’t bother to get up and shake his hand during the breaks, as Baltazar Garzon does twice. She simply takes the small papers he hands her and passes them to the front row to Gareth Peirce and Edward Hamilton Fitzgerald. I have watched her face as I watch everyone in the audience to get a good grasp of who is who and who is doing what in this show. I found him impassive like the other players in the game and as he had been in previous games.
Woolwich Court the 24 february 2020
On Wednesday 26 February, the third day of the trial, Julian Assange’s health worsened. He was pale and prostrate in the morning, livid and on the verge of collapse in the early afternoon. I was able to describe the events in the heat of the moment and to publish the information that same evening [39]. In the late afternoon, the prisoner suddenly revolted. He stood up and spoke, gesticulated and demanded three times that the judge listen to him. Then the lawyers panic, go out to confer with the judge’s authorization, the security guard who is watching the public runs away allowing us to let our emotions and our stupor run free… Stella Morris sitting just in front of the man of her life does not encourage him in his revolt or even comfort him when she is one meter away from him.
Certainly, her erasure is such that I cannot be certain today that I have observed all her gestures, my attention was then absorbed by Julian Assange. But it is obvious that she played no role in the decision taken by the lawyers to accept the proposal for bail that the judge Baraitser made to prevent the prisoner from collapsing live in front of the witnesses, thus placing her in a very uncomfortable position. We published the news the same evening by sending yet another request for release from Wikijustice. We are very disappointed when Fitzgerald makes no mention of his client’s release on bail the next day, February 27, 2020, the last day of the trial.
When Julian assuages his torpor and the atmosphere of collective hypnosis fades, at the end of the audience, Stella Morris is one of the first to come to him, at last, but she is only one among others. She is not the one Julian Assange speaks to first, nor is she the one to whom he gives the ultimate salute before leaving the room.
For what all these communications have in common, the one in the Easter Saturday Daily Mail, as they have since been circulated, is that Julian Assange does NOT speak publicly, nor does he introduce his fiancée or his family. It is once again someone else who speaks for him, as if he is too ill to speak under guardianship and unable to present his interests and dialogue with his audience. Alas, in an atmosphere exacerbated by stories of all kinds told through and through, I will only believe this story if Julian Assange, free of all pressure, presents it himself. Preferably live and not in a video that can be easily tricked.
Julian Assange and children’s rights
I can already see those who will reproach me for my disbelief in the incessant about-turns of Julian Assange’s « relatives » coming. Why would it be so uncomfortable to accept the idea of Julian Assange as the father of two children? Actually, I don’t have a problem with that hypothesis.
I know that Julian Assange has always been moved by the plight of children and has denounced the crime and abuse that too many children are victims of. Presenting the film « Collateral Murder » and the documents relating to the US crimes in Iraq and Afghanistan for which he is accused, he has always stressed, in his lectures from April to October 2010, the revolting fate of children.
It is indeed he who had the 1100 pages of Belgian police documents on the violence committed against children by pedocriminal mafia networks published in the framework of the investigation on Marc Dutroux[40]. Knowing that the paper versions of the minutes of hearings of victims and witnesses of human trafficking from Eastern Europe to Western countries, from 1996 to 2001, have strangely burned in the archives of the Belgian police, there is only one version that remains: the one that Julian Assange saved on « Wikileaks » and made available to our knowledge so that citizens can finish the work of the too slow or too corrupt justice.
Finally, we must also mention the role of the publication of the e-mails of John Podesta, for which Julian Assange received sharp criticism even in his own camp in 2016: these e-mails were the beginning of a citizen’s investigation that led to the downfall of Jeffrey Epstein, the criminal provider of children for sale to the American and British jet set. Julian Assange and some of his relatives who helped him in the isolation of the3 Hans Crescent have always defended children. (41)
41. Look in the database of Wikileaks with « Jeffrey Epstein » :
For lack of believing the story of a warm but clandestine family life, I look at the photos that Stella Morris provided to the media of Julian Assange carrying babies in her arms as a metaphor for his true commitment to the rights and freedoms of the smallest among us.
We will not give up the fight to free him and all those who suffer and struggle, and we will not allow ourselves to be trapped in sickness or panic. Human rights are universal and the collective struggle will lead us to victory. We will not let ourselves be hypnotized by fear and repression, and if we fall, others will come out in our place. We are many and our thoughts are more united than ever in our actions for freedom and justice.
Julian Assange is not alone and we are always at his side.
John Shipton told also that Wikileaks was created in France, published in France and had a trial in France. We couldnt find any prouve of an NGO called Wikileaks in the french Préfecture databse.
4. Voir le site de NYS Department of State, Division of Corporation, Entity Information. La Courage Corp a été crée le 30 Mai 2017, numéro DOS 5145362
17. « 5 Projekt 04 – Informationsfreiheit Im Projektbereich 04 wurden die Aktivitäten umstrukturiert, so dass eine Abstimmung mit und eine Kontrolle der Aktivitäten durch den Vorstand einfacher wurden. Mit der Medienfirma Sunshine Press Productions EHF (SPP, Island) wurde ein Rahmenvertrag für journalistische Dienstleistungen geschlossen. Seitdem werden konkrete Projekte beauftragt und nach Arbeitsfortschritt abgerechnet. Die Dienstleistungen umfassen: Projektkoordination, technische Aufbereitung der Materialien zum Schutz von Whistleblowern und Dritten (Entfernen der Metainformationen), Review und Kontextualisierung der Materialien, Aufbereitung für die Veröffentlichung im Internet sowie Kommunikation mit Medienpartnern. 2014 wurde auch der Internetauftritt von wikileaks.org grundlegend überarbeitet mit neuer Submission-Platform und verbesserter Dokumentensuche » – extrait du rapport d’activité de la Wau Holland en 2014
Issued: 15.1.2020 Date of Articles of Association: 8.10.2010
Company’s Board of Directors according to a meeting on: 8.10.2010: 030771-3039 Julian Paul Assange, Ástralía, Chairman 250662-5219 Kristinn Hrafnsson, Miklubraut 68, 105 Reykjav ík, Director 250571-2919 Ingi Ragnar Ingason, Klapparhlíð 18, 270 Mosfellsbær, Director 010140-2269 Gavin Hall Macfadyen, Bretland, Reserve Director »
33. Annual report of the Sunshine Press Production 29 August 2919 – Icelands tax administration: Ríkisskattstjóri Reykjavík, Internal Revenue, Main Office Reykjavík
Julian Assange by the Logan Foundation – USA, the 18-20 April 2010
Monika Karbowska
(autotranslation with Deepl)
Julian Assange under the control of the cameras
When we began, with
Wikijustice Julian Assange, to analyze, 9 months ago, the whole history of
« Wikileaks » and Julian Assange, we were struck by the suspicious
deaths that mark the history of the whole struggle for the liberation of
this political prisoner in the West: Seth Rich, John Johns, Michael Ratner,
Adrian Lamo, Arjen Kamphuis… So many sudden deaths of people who were
involved in Julian Assange’s revelations of state secrets or who sincerely
wanted to help him! There are also people who have asked us if we are not in
danger by taking too close an interest in the case. Naturally, the fight
against the system is a risk. I know this better than anyone who lost my
country, my best friends, in opposition to capitalism in Poland as early as
1991, when I was threatened by the bloodthirsty Ukrainian extreme right when I
supported the families of the victims of the Odessa massacre on 2 May 2014. But
we said to each other then: we are not isolated, we are part of the powerful
Yellow Vests social movement. To silence us we would have to silence an
entire country that stands up against the local, European and global oligarchy.
Yellow jackets on
the way to the Revolution in Great Britain
Looking at the violence
of the crisis we are going through in continental Europe and particularly in
France, we could say to ourselves, three months before the end of the first
phase of the trial at the Woolwich Court at the end of February, that we are
not far from this scenario? Prohibition to leave one’s home under penalty of a
police fine and prosecution, a halt to the economy and social ties, closure of
all places of sociability, collective fear of dying from an unknown disease for
which nothing has been prepared by the rulers…
The need for
resourcefulness and self-management where people are still being treated, in
hospitals and certain local health systems, to save the communes, departments
and regions in general from a failing state capable only of repression… I’ll
spare you the litany, you’ve been living it like me since mid-March.
Even the language used
for us is the same as the torture Julian Assange endured. His « solitary
confinement » in an apartment corresponds to our collective
« confinement » in our homes…
Julian Assange’s
latest trial hearings without activists’ scrutiny
In this debacle in my
country, it has been impossible for us to attend the four trials of Julian Assange
since the end of February, on 25 March, 7 April, 27 April and 4 May. It is
certainly possible to travel from France to Great Britain because Eurostar puts
tickets on sale every day and also to book a Paris-London on the liligo.fr
website, but it was getting out of one’s house that had become difficult in
France.
The information I have
been able to obtain has been provided to me by the detailed accounts of the
hearings written by the only journalist I consider to be doing substantive
work, Marty Silk of the Australian Associated Press (who is to be commended for
his work, by the way). Having been able to watch him work and watch him take
notes a number of times, I know that he at least describes the proceedings
fairly accurately. For example, I learned from the two hearings on March 25 and
April 7 that an application for bail was finally filed by lawyers Fitzgerald
and Summers, after so many months of prevarication, and that it was denied by
Justice Baraitser on March 25. The bulk of the hearings on 25 March and 7
April, however, consisted not in arguments about the release, but in endless
debates about the revelation of the identity of a new « companion » of
Julian Assange and his two children. According to Marty Silk, it was rather
the lawyers who constantly brought up the subject in a dramaturgy worthy of
Paris Match, Gala or Voici when the judge and the prosecution were observing an
obvious neutrality. Obvious because in a legal procedure only the identity of
the litigant is known to the public attending the trial. The name of the
husband/wife is known to the judicial institution since it concerns the civil
status of the litigant and his family obligations which are part of his social
situation, but it does not have to be delivered to the public. And a fortiori,
the judge will never publicly disclose the names of the children of the
litigant because this information is logically protected by the laws on the
protection of children, personal privacy and data protection.
The colourful account of
the « paparazzi who might sue the poor woman if her name were to be
revealed to the public » and the fear of « kidnapping by the American
secret service » left me, as is often the case, incredulous about the
bizarre elements of this case. As already in 2019, I repeated to the activists
that « if this woman lives in Great Britain, the British secret services
know her perfectly and if they know her, the American secret services know her
too ». It is unlikely that the CIA would take the risk of murdering or
abducting a British woman and children on British soil. Despite all the disgust
that this institution may inspire in us, it has never yet committed this kind
of crime on the soil of its closest ally vis-à-vis British nationals because to
do so would be diplomatically very risky for the US government. In any case,
I had rather left to find Julian Assange’s girlfriend in France. Following
the numerous public statements made by Juan Branco and Eric Dupont Moretti
at the press conference of February 20, 2020 in Paris,[1]
according to which Julian Assange was the father of a French child, activists
regularly asked us this question: « Do you know who Julian Assange’s French
wife is? ». No, I did not know, but I kept an option on this probability,
knowing that it was credible that a computer activist like Julian Assange could
have met a companion in France in the years 2005 to 2009 and that it would have
been useful for us, activists, to have his open support in our struggle for
Julian Assange’s political asylum in France.
Stella Morris at
the Daily Mail.
After years of trying at
all costs to protect her identity and succeeding in spite of the
« paparazzi », Stella Morris alias Sara Gonzales Devant or Stella Smith
Robertson[2]
is now putting herself and her children on stage with her face uncovered in
front of the journalists of the tabloid « Daily Mail »[3]
– I discovered the article on the evening of April 11th. The newspaper
publishes a few photos, a fictionalized text and a video of Stella Morris with
a cat and two children in a decor that resembles that of a computer workshop
(equipment in boxes on shelves…) in which children’s toys have been placed.
This news prompts me to
write here some reflections on the nature of the activism that I have carried
out in recent months, for which I have taken many risks and experienced
moments of great violence, as I have described in all my articles, on the trial
of Julian Assange. Indeed, I have attended all of the hearings in Julian
Assange’s trial since September 2019: September 20, October 11, October 21,
2019, November 18, December 13, December 19 and 20, 2019, January 13, 2020,
January 23, 2020, February 19, 2020, February 24, 24, 26 and 27, 2020. After
having put in so much effort, I feel justified in making a few remarks.
Similarly, it is
unfortunate that no journalist questions and encourages the public to reflect
on the credibility of a person who may have changed his or her first and last
name three times in his or her life and who claims to be doing a job when
there is no proof that he or she is capable of doing so. In western legal
systems, it is very difficult to change one’s name and even more difficult to
change one’s first name except in the case of marriage or naturalization. A
special procedure requiring valid arguments is then necessary. If Sara Gonzales
Devant, a specialist in the history of East Timor, is the same person as Stella
Morris, legal advisor, then it is necessary to mention that « Stella
Morris » is a pseudonym and to be accurate in the story so as not to
mislead the public and activists.
It is unfortunate that
the media portray Stella Morris or Sara Gonzales Devant or Stella Smith
Robertson as a « barrister » when she is not a member of the British
Bar, the Bar Council or the[4]
Law Society[5]
under any of her three names. She is not the only one: Jennifer Robinson and
Geoffrey Robertson are also not registered with the British Bar, but the words
are important, to say legal adviser or legal assistant would be more accurate.
Of Julian Assange’s many « lawyers », only Jean Gareth Peirce and
Alaistar James Lloyd Lyon are registered with the Law Society and Edward
Hamilton Fitzgerald and Mark John Summers with the Bar Council.
Moreover, while Stella
Morris portrays Julian Assange as both her client and her companion, reporters
could also have concluded that Stella Morris does not respect the code of
ethics of her profession when she is in the courtroom sharing her intimate life
with the accused. If she is indeed the accused’s companion, her presence is
a procedural defect that should have caused the hearings to be cancelled. To
« defend » as a lawyer is to defend according to rules and a code of
ethics that in most countries prohibit a lawyer from having close personal ties
with his or her client. Moreover, the second procedural flaw is that if Julian
Assange is indeed Stella Morris’s partner, she cannot remain her lawyer, since
if she respected the rules she would not be able to plead and therefore
represent him properly. Julian Assange would again find himself powerless
because of a personal and legal imbroglio which could only once again be
detrimental to him.
At all the hearings from
19 December 2019 to 27 February 2010 we noted the incongruous presence of very
young people who obviously do not have a law degree and are not, of course,
registered with the Bar Council or the Law Society. On 19 December, 13 and 23
January and 19 February 2020, it was the young hacker MC McGrath[6]
who played the role of apprentice lawyer sitting on the defence bench at the
Westminter Magistrate’s Court. On February 24, 25, 26 and 27, 2020, he was
present next to Stella Morris and a bunch of teenage girls who were visibly
bored during the long hours of the « trial of the century » and were
playing on their laptops or pink computers. I know you have to see it to
believe it, and as I have seen, having attended all these hearings, I encourage
those who do not believe me to line up from 5 a.m. next time to see what is a
strange sight far removed from what is expected of a serious political trial.
From the audience gallery, I sometimes felt as if I was watching the dress
rehearsal for a film shoot or a play with young extras, or an « in
situ » exercise for young actors-in-training.
Stella Morris as
Sara Gonzalez
Sara Gonzalez Devant
is apparently a graduate in political science (Department of International
Development[7])
at Oxford University, specializing in the issue of refugees in East Timor[8].
She would have stayed in East Timor in 2005-2006 and would have written a
dissertation for this faculty: this document is quoted in two academic books on
the subject[9].
One of these academic books, edited by Jacqueline Aquino Sapiano, presents her
as a scholarship holder of the « Agencia Espanola de Cooperación y
Desarolla AECID », the Spanish governmental agency for international
cooperation. The website of a British refugee aid organisation (Refugee Legal
Aid Information) states that she would have been a consultant in East Timor for
the United Nations High Commissioner for Refugees[10]
and would have worked in 2010-2011 on the issue of transgenerational poverty
for the Oversea Development Institute, a major international think tank
working on the themes of migration, sustainable development and climate change
and financed by British, American, Swedish and French government agencies as
well as major companies[11].
She was also funded by the Jeanne Sauvé Canadian Public Foundation « for Women’s Leadership » [12]but it is impossible to find details of her work or research. Sara Gonzalez Devant has written two articles on East Timor and one on Botswana on the specialized website « New Internationalist »[13] and has participated in a newsletter on the theme of refugee rights[go14].
Sara Gonzalez Devant on the south african portal Devex
It is a very honourable
professional background, but far removed from Swedish law on sexual violence
or British law on extradition, which she claims to use to help Julian
Assange as Stella Morris. As Sara Gonzalez Her professional career path also
seems to stop in 2012.
Stella Morris or Sara Gonzalez Devant or Sara Smith Robertson, september 2020 in the front of the Old Bailey. Despite the make up and the smile she never has in the reality, she seams the same person as the women I saw in the Westminster the 19, 20 décember, the 23 of January, the 19 of february and the 24, 25, 26, 27 february 2020
What really
happened at 3 Hans Crescent for seven years?
Having known Mrs.
Gonzalez devant under the name « Stella Morris » I will continue to use
this pseudonym. Her account, in the first article of the Daily Mail, on April
11, 2010, inspires me to make the following reflections.
Having children in a
heterosexual couple involves having sex. It is possible, of course, to have
children in non-consensual sexual relationships, but Stella Morris shows us in
her film the loving relationship she says she developed with Julian Assange.
Having loving emotional and sexual relationships implies having a space of
one’s own where this intimacy can blossom in confidence. It is also necessary
to have a free and protected mental space to be able to create an ongoing
relationship and focus on creating that relationship.
What we have been told,
since 2012, about the life of Julian Assange in the apartment at 3 Hans
Crescent Street belonging to the State of Ecuador is incompatible with the
conditions necessary for an intimate and family life to flourish. Julian
Assange would have been under constant surveillance by UC Global’s cameras
placed from 2015 onwards in all spaces, including the bathroom and toilets, as Andy
Müller Maguhn, Chairman of the Board of the Wau Holland Foundation,[15]
shows in the film shown on 27 December 2019 at the Chaos Computer Congress and
composed of these intrusive images stolen from Julian Assange’s private life[16].
According to the official narrative, which has been repeated so many times by
the media and by « relatives », Julian Assange spent seven years confined
to 5.5 square meters of a bedroom and an even smaller space in which his bed
was placed, formerly a toilet[17].
Not exactly ideal conditions to develop a love life, as Stella Morris claims to
have visited him every day from 2015 until April 11, 2019.
Andy Müller Maguhn shows the private pictures of the 3 Hans Crescent Street by the Chaos Computer Congress the 27 of december 2019. But where was Assange? In the storage room?
But perhaps we were
simply lied to and Julian Assange’s life in Ecuadorian space was very different
from what we were presented with?
The reality of the
place at 3 Hans Crescent Street
going to the 3 Hans Crescent Street
According to the land
register, the building at 3 Hans Crescent Street is owned in absolute ownership
(Freehold) by the Hans Crescent Freehold limited company (Document LN62660),
located in a tax haven and owned by Mohammed
bin Khalifa Al Nahyan, son of the President of the United Arab Emirates[18]. Ecuador,
for its part, has had a « Leasehold » (a kind of very long-term lease)
for Apartment 3B on the ground floor since 25 December 1976, with a storage
room in the basement (Document NGL333924)[19].
This apartment is located on the left corner of the building when you stand in
front of the entrance to number 3. One notices that only 3 windows (including
the famous balcony where Julian Assange sometimes appeared and was filmed by
the media and activists) look out onto Hans Crescent Street. The rest of the
apartment, 5 windows, overlooks a small cul-de-sac, Landon Square. The Ecuador
apartment has a large emergency exit immediately overlooking the dead end,
perhaps a second one from the storage room, since there are two doors under the
apartment at the end of the Landon Square dead end that allow you to go out of
the « basement » (rather a « basement » – a room at ground
level) of the building and go to the street or into the Harrods parking lot
across the street.
the Landon place, the real view to Ecuadors flat.the entrance of the building – for the flats, the Ecuadors Flat and for the Colombian diplomatic mission
Right in front of the
apartment, integrated in the same building complex, is the imposing entrance to
the parking lot and the Harrods delivery tunnel (see photos)[20]. This
entrance located at 1 Hans Crescent Street connects this car park and the
delivery tunnel through the basement of the building to the Harrods store
located to the right of the building complex at 3 Hans Crescent Street, on the
Basil Street side. The Harrods car park therefore extends underneath the 3
Hans Crescent Street building complex and it is possible to exit through a
second entrance on the other side of the building, next to the luxury
pizzeria facing the Harrods, the only restaurant in the area. These entrances
and tunnels under the building at 3 Hans Crescent Street are mentioned in the
land register.[21]
the Colombian diplomatic mission on the right side of the building, in front of the Harrods
No wonder. Anyone who
knows London knows that the area is full of World War II-era underground
tunnels[22].
The underground car parks were, as early as the 1930s, the first part of the
underground shelters for civilians during the Nazi bombings of London. A short
distance from Hans Crescent Street is even the famous « 206 Brompton
Road », the former underground station under which, during the war, the
headquarters of London’s anti-aircraft defence was located! Property of the
British Ministry of Defence, which kept the underground bunker as it was, the
place was sold to the Ukrainian oligarch Dimitri Fyrtach at the height of the
Ukrainian war against the Donbass in 2014[23].
As one of the richest and most powerful oligarchs in the country, and the sole
owner of the Russian gas supply systems to the Ukraine, chemical plants and
titanium import companies, Fyrtach is also closely linked to the British and
American elites. During the war in Ukraine he was accused of having been too
close to President Yanukovitsch, whom the Western powers initially pushed with
the putsch of 21 February 2014. Since then, Fyrtach has been prosecuted for
corruption but he remains the owner of the walls of the historic building while
the British Minister of Defence retains ownership and control of the vast
underground passages[24].
When the old bunker was put up for sale, history buffs were able to film what
is the point of entry of a tangle of underground passages in this district
steeped in a hard and heroic history[25].
These details are given to demonstrate that it is possible to enter the
buildings of this historic district, go down into the basement inside and exit
the building through another entrance, sometimes located in another building.
When he was forcibly removed from the premises at 3 Hans Crescent Street on April 11, 2019, Julian Assange held up a book by Gore Vidal in front of the cameras. Curiously enough, the American writer lived in his property at 31 Egerton Crescent just 500 meters from the Hans Crescent building complex, as he mentions in his autobiographical book « Palimpsest ».
thefire security exit of the ecuadors flat to the Landon place
It is also known that the Embassy’st services moved in 2015 when the double-entry building at 6 James Sessions Square and 12 Buckle Street in Whitechapel was completed. It is here that Ecuadorian diplomats work, most likely from 2015, alongside their colleagues at the Consulate, as shown on the official Facebook page of the State of Ecuador in London, there is no other website[26]. The apartment at 3 rue Hans Crescent may have remained covered by diplomatic immunity and has since been used as a storage space, meeting and reception room, or simply as accommodation for diplomats or visitors to the mission.
The underground going to Harrods – with delivery trucks just in front of the windows of the ecuadorian flat
Moreover, if the story
about cameras installed by the security officer of the diplomatic mission were
true, it is not the custom of diplomats to work with surveillance cameras installed
in their work station (and in the toilets of their workplace), cameras zooming
in on secret defence documents… No real diplomat would accept this, if only
because of the danger that these images could be stolen. Moreover, there is no
need to spy on diplomats in their work, these people have already been chosen
for their loyalty to the government in place. Today the apartment is empty and
the security guard posted in the vestibule controls the entrances to both
apartments, the one from Colombia and the one from Ecuador. Those curious
about Ecuador are systematically directed towards 12 Buckle street.
Precisely, another
embassy, which no media ever shows, the Colombian embassy is on the same
floor of the ground floor of the building. The two missions are therefore
adjoining; they share the same main entrance, the same staircase and the same
narrow vestibule. This proximity is very surprising when one knows the deep
hostility of the Colombian regime, closely associated with the domination of
the United States over all Latin America, to any left-wing government in any
country of the continent, including that of Correa. Observing these two flags,
which are very similar, of Colombia on the balcony of the apartment on the
right, and that of Ecuador on the balcony of the apartment on the left, the visitor
always wonders how on earth Julian Assange could have felt safe in an
apartment with windows, some of them exposed on a square, the others stuck at
the end of a dead end and located on the same level as the headquarters of his
worst enemies.
To conclude on the inconsistencies
in the fable of the evil UC Global spying on the Ecuadorian diplomatic mission,
it should be pointed out that a security agent officiating in the adjoining
vestibule cannot filter the entries to the apartment from Ecuador without
Colombia’s agreement as well. Otherwise, this would lead to serious diplomatic
friction between two countries whose governments are ideologically hostile from
2007 to 2017. It is also clear that Ecuador, which only owns apartment 3B, did
not have the right to control the entrances of the inhabitants of the other
apartments in the 5-storey building. This requires the agreement of Hans
Crescent Freehold limited, owner of the entire building. Either this filtering
with passport control was decided by all the owners, or this story is a fake
intended to raise the tension of the media spectacle.
Storytelling put
to the test of diplomatic customs and realities
Guillaume Long, Rafaël
Correa’s former Minister of Foreign Affairs, told us during the conference at
the Sorbonne on September 25, 2019, that Ecuador has always respected the
Swedish legal actions against Assange and has always negotiated with the United
Kingdom during Julian Assange’s seven years of stay in Ecuador[27].
By saying this, he confirmed the doubts we had about the image of « the
embassy under siege by the British police force, to the point that the
ambassador cannot do his job ». The film « Risk » by Laura Poitras
takes this dramatization to the extreme. However, Fidel Narvaez, consul and
head of security at the place, is filmed talking (probably) to British
authorities in June 2012 when Julian Assange walked through the door of the
apartment at 3 Hans Crescent Street, but while he complains about a
« disproportionate » number of police officers, he does not complain
about the « siege » and even less about a state of war[28]…
The real Ecuador Embassy 12 Buckle street The real ecuador embassy and consulat 6 James Session Square in Whitechapel
It must be understood
that in history besieging a diplomatic mission has always been an act of war,
which was therefore quickly resolved by a war between the parties (often after
the express evacuation of personnel). The most emblematic case in the 20th
century was the taking of American diplomats hostage in their mission in Tehran
in 1979, in the context of the Islamic Revolution in Iran. Since 1979, it can
be said that relations between the two countries have resembled hostile tension
on the verge of war. There was no example in the 20th century or even before an
embassy was besieged by the host country for 7 years. No professional diplomat
believes the story told by the media of the ambassador being prevented from
working in his mission and surrounded by the forces of the host country for 7
years in peacetime.
As I explained in a
previous article[29], the Vienna
Convention of 18 April 1961 establishes the principle of diplomatic immunity on
the basis of the principle of reciprocity. It is through this principle of
reciprocity and fear of reprisals against its own diplomats that the host
country, even in the event of a deterioration in relations, refrains from
hostile acts vis-à-vis the foreign mission on its soil. The principle of
immunity, which requires that any intervention by the host country in the
mission should only take place with the agreement of the highest authorities of
the country concerned, i.e. the Minister for Foreign Affairs, lays down the
condition for cooperation between the two countries to resolve any conflict
between them. Clearly, it is impossible for British police officers to have
« surrounded » the Ecuadorian Embassy without the agreement of Ecuador.
It was rather a surveillance-protection measure granted precisely because of
the Vienna Convention to Ecuador by the government of Great Britain, at
Ecuador’s request, perhaps to keep away the curious who would like to get
too close to the apartment 3 rue Hans Crescent to observe the reality of Julian
Assange’s life there.
If Ecuador had really
been « surrounded » and the work of its diplomats had been prevented,
Ecuador would have been entitled to do exactly the same to the British
diplomats posted in Quito. However, Raphael Correa was careful not to apply the
principle of reciprocity against the British Embassy in his country. On the
contrary, Ecuadorian-British relations certainly experienced some difficulties
with the Assange question, but negotiations never ceased during this period[30].
The impasse was attributed to the incompetence of Ambassador Ada Alban, a close
associate of Raphaël Correa but not a professional diplomat, who was in office
from 2010 to 2013. The man who has been deciding on Julian Assange’s stay
since April 2012 is Fidel Narvaez[31],
consul since the beginning of Correa’s presidency, very politically linked to
the president, and very probably, as is often the case with the posts of
consul or vice-consul not well defined, his head of security. Curiously, Fidel
Narvaez, presented as a close friend of Julian Assange, should, according to
the customs of the milieu, have been persona non grata and immediately asked to
return home after the expiry of his diplomatic immunity, if he had been
responsible for the state of tension between his country and Great Britain. On
the contrary, today Fidel Narvaez lives in Great Britain, where he has a
residence permit. Having met him several times in the corridors of the
Westminster Magistrate’s Court and having been able to talk to him, I did not
get the impression that he is very worried about his situation as a
« troublemaker » vis-à-vis Great Britain. On the contrary, he has
attended Julian Assange’s hearings since 19 December 2019 and then the trial
from 24 to 27 February 2020 at the Woolwich Crown Court, in the public gallery
in the row reserved for the prisoner’s « family ». The British
authorities do not seem to resent him for having been at the origin of a
situation that was costly for them in media, political and financial terms and
that generated heavy diplomatic problems. On the contrary, the British
authorities have granted him the right to remain on their soil after his status
as an Ecuadorian diplomat has ended. One more argument in favour of the
hypothesis that the « siege » was a show for sensitive souls.
Storytelling
versus real geopolitics
Not only has Correa’s
Ecuador has not been at war with Great Britain during these 7 years, but it has
continued to develop very profitable relations with the European Union and its
countries throughout this period, especially with Germany. However, Great
Britain was a member of the European Union at that time, and considering the
role the Germans played in the Wikileaks project (the Wau Holland
Foundation as owner and funder of the project and employer of Julian Assange in
2010-2012[32]), it is
surprising that at no time did the German government play the good offices, as
is usually done in the world of diplomacy, to resolve the « burning Assange
conflict » between Ecuador, his new friend in Latin America,[33]and
Great Britain, the third strongest power in the European Union. Rafael Correa’s
government maintains privileged relations with Germany through the Friedrich
Ebert Foundation, which specializes in relations between the German
Socialist Party SPD and socialist networks and organizations around the
world[34].
It is as if the
« Assange case » was only hot for the media, which zooms in on the
balcony with the Ecuadorian flag and removes the other elements of the
decor from the field of vision: vans entering Harrods’ parking lot in front of
the apartment, the Colombian embassy on the landing, the absence of any
Ecuadorian diplomat in the whole neighborhood, of any Ecuadorian whatsoever, as
ironically reported to me by the workers of the neighborhood.
In serious diplomatic
channels, the Assange affair does not exist or is a marginal media epiphenomenon.
I am sure that when we open the Foreign Office archives in 30 years there will
be no record of the violent conflict between Ecuador and Britain over Julian
Assange’s presence at 3 Hans Crescent Street. The absence of conflict does not
mean that there were no negotiations about the fate of the « host » as
UC Global officials spying on Assange on behalf of Correa and then Moreno
called him. Julian Assange himself spoke of his hostage status in the
negotiations between three countries, Ecuador, Great Britain and the United
States during his last speech on the balcony on May 19, 2017. He appeared sad
and defeated, evoking the violations of rights in the European Union while the
British have just chosen the Brexit by referendum. He then mentioned the
blackmail that Ecuador would suffer from the European Union which would
penalize « Ecuadorian exporters » because of his case[35]. We Europeans experience in our lives how
Germany decides almost all the policy of the European Union and the fate of its
citizens. Does Julian Assange think of Germany as a stakeholder in the
conflict that penalizes him without being able to express it clearly? No
journalist has ever analysed his speech from this political angle, which is
essential for understanding the situation. We will not know more, as Correa’s
left-wing government is careful not to take public opinion as a witness and
never reveals the true nature of its relationship with the Anglo-Saxon powers
and with the European Union in the case of « Julian Assange ».
Nor did any journalist
or analyst consider the interests that Wikileaks publications (such as
the publication of the Vault 7 global surveillance files mentioned by Julian
Assange in this 10-minute speech) could represent for Germany as a state in
its relations with the United States, even though Merkel’s government had been
very angry at the CIA’s spying on the Chancellor’s mobile phone. One hypothesis
would be that the « Wikileaks » unveilings serve as leverage for
Germany to put pressure on the United States and strengthen its independence
from its powerful US allies.
In fact, on European
soil, since the signing of the Vienna Convention, there have been no cases of
flagrant violation of diplomatic immunity despite the conflicts and tensions
that shake our continent. The only precedent resembling that of Julian Assange
at 3 Hans Crescent Street would be that of Cardinal Mindszenty who took refuge
in the American Embassy in Budapest after being released from prison by the
Communist government in 1956. But if Mindszenty, an anti-communist activist,
spent 15 years in the spacious American building in Budapest, it is because he
refused to leave Hungary for the United States or the Hungarian communists
would have preferred to send him away to prevent him from continuing his political
action against them. Closer to home, the dreadful assassination of the Saudi
journalist Jamal Khashoggi in his country’s consulate terrified diplomatic
circles for whom a mission is a sanctuary. But it must be stressed that this
despicable crime was facilitated by the permissive attitude of the host
country, Turkey. Here again, cooperation between countries based on reciprocity
played to the full, to the detriment of the most basic human rights.
We can deduce from this
that Great Britain and Ecuador practiced for 7 years a form of agreement about
Julian Assange and that Julian Assange was the only hostage of this
negotiation. Germany also played a secret and important role that should be
analysed.
Julian Assange’s
identity
Guillaume Long in the Sorbonne conference 25 of September 2019
Did Julian Assange ever have
Ecuadorian nationality and political asylum? The question is
far from absurd. As for nationality, Guillaume Long, former Minister of Foreign
Affairs under Rafael Correa from March 2016 to May 2017, answered our question
on the subject during the conference at the Sorbonne on 25 September 2019.
According to him, Maria Fernanda Espinoza, who heads this ministry after him,
was not allowed to sign Julian Assange’s Ecuadorian naturalization document.
This prerogative was reserved for the President of the Republic, Lenin Moreno,
who never approved this decision[36].
Guillaume Long therefore considers this nationality to be false and therefore
legally revocable. The document has not been published.
Worse, Julian Assange has
never been able to show, in video or live, the document guaranteeing him
political asylum in Ecuador – Ecuadorian residence permit or other. However,
articles 27 and 28 of the Geneva Convention require the refugee to have an
identity document that allows him to travel and establishes his identity with
certainty, mentioning his exact name, date and place of birth and address[37].
The only document published by the media, the « Documento de Identitad de
persono que ostendo proteccion international », bears Julian Assange’s
photo but no other data required by the Geneva Convention, nor his signature[38].
This document was drawn up on 30 November 2016 by José Luis Jacome,
Vice-Minister of Human Mobility under the responsibility of Guillaume Long.
Jacome will remain in office after the election of Lenin Moreno in February
2017, while Maria Fernanda Espinoza, the new Minister of Foreign Affairs,
declared in December 2018 that she had granted Ecuadorian nationality to Julian
Assange. This loyalty of the Ecuadorian senior civil servant to the leader who
revokes the nationality and asylum of a political refugee, in defiance of the
Geneva Convention and the Universal Declaration of Human Rights, casts doubt on
the reality of his support for Julian Assange under President Correa.
In addition, Guillaume
Long also stated on 25 September 2019 that it is possible that Ecuadorian
asylum was only guaranteed in 2012 on the basis of the Inter-American
Convention on Human Rights, (article 22.7 and 22.8)[39]
not the UN Geneva Convention on Refugees, which would explain why Britain does
not recognise Julian Assange’s asylum. We can see that there is a significant
lack of clarity regarding Julian Assange’s Ecuadorian political asylum and
that these contradictions are detrimental to him.
In addition, on 15 and 16
November 2016, at a hearing with Swedish prosecutor Ingrid Isgren Julian
Assange, he claims that he is an Australian citizen, that his passport was
taken by the British authorities and that he cannot prove his identity. It
is inferred that he does not possess any documents[40].
No one has ascertained the true meaning of these dramatic words and no
journalist has asked for explanations. Firstly, when the British court granted
him bail in December 2010, it should have returned his passport after he was
released from the Wandsworth pre-trial detention centre. The confiscation of
this passport is, in every respect, illegal under international law, and such
experienced lawyers should have fought first to ensure that their
client was not de facto stateless, in addition to being already an
« undocumented migrant » (a residence card is compulsory for Australian
citizens after more than 6 months in the UK). The fact that such an action
against the British state was not taken for 6 years, until Julian Assange’s
meeting with this Swedish prosecutor, says a lot about the inefficiency of the
lawyers we have already denounced.
Secondly, it is
surprising that Julian Assange « is not able to prove his formal identity »
when, as a refugee under the protection of the Geneva Convention, he should have
a document issued by Ecuador, proving his identity, his right to the protection
of the State of Ecuador and his right to travel (as stipulated in articles
27 and 28 of the Convention). The Charter of the United Nations prohibits the
revocation of a citizen’s nationality at birth and the fabrication of stateless
persons. How is it that the senior Swedish official did not point out these
flagrant violations of rights on the person of Julian Assange, violations
committed by the British authorities, by the Australian authorities who must
protect their citizens and by Ecuador which did not provide him with an
identity document in accordance with the obligations of the Geneva Convention?
Julian Assange in making this statement clearly called for the help of this
person legally mandated by a State and likely to understand the kidnapping of
which he is a victim.
What value can the work
of « chief prosecutor » Ingrid Isgren have when she cannot record on the
hearing report the surname, first name, place and date of birth, address,
passport number and dates, place and authority of issue and expiry of Julian
Assange’s legal identity document? Why did she not ask him about the Ecuadorian
identity documents he should have? Why does she accept the illegality of the
person she is interviewing, an illegality which she does not denounce?
Why is it that nobody notices
that this essential data is missing from the Swedish file? The protagonists of
the Swedish charges, complainants and witnesses, moreover, never seem to
have presented any identity documents to the police and the courts because
these documents are blank of any identifying number[41].
At the time, the Minister
of Foreign Affairs was Guillaume Long and the President of Ecuador Rafael
Correa. They are all as much responsible for Julian Assange’s inextricable
situation as Lenin Moreno, whom it is so convenient to call the
« villain » of the story. This storytelling technique allows to whitewash
the personalities in power for 7 years and to contribute to reinforce the
passivity of the citizen on the theme of « we can’t do anything against
fate, the bad guys, Moreno and the Americans are too powerful ». This
attitude of fatality is what we fight the most with Wikijustice.
The attitude of fate is
alien to us because we are militants against the corrupt and dictatorial
neoliberal capitalist system. But the further we go in our analysis, the more
we discover, in the case of Julian Assange, that the political, legal and
journalistic elites who are supposed to support him do so only lazily, at the
last minute, without getting wet or are simply absent and silent. How can we
accept the fatality of a trial played out in advance when, in theory, Julian Assange
should benefit from the support of the powerful network of connections of his
principal lawyer, the famous former judge Baltazar Garzon? Baltazar
Garzon frequented 3 Hans Crescent Street because he was filmed dancing at a
party in the apartment – this scene is immortalized in the film shown by Andy
Müller Maguhn at the Chaos Computer Congress on December 27 last year[42].
However, Maitre Garzon has been conspicuous by his absence since Julian
Assange’s incommunicado detention on April 11, 2019. He did not answer letters
from European activists and did not attend the extradition hearings I have been
attending in London since 20 September 2019. Admittedly, at the end of February
2020, he was present at the Woolwich Crown Court and was the only lawyer to shake
hands with Julian Assange and talk to him. But he only remained at the trial
for a day and a half, on 24 February and the morning of the 25th. Nor did he
mobilize any Spanish politicians or activists for his client’s cause. Baltazar
Garzon is very close to Reporters Without Borders, of which he was an
active supporter during the time of Robert Ménard’s presidency, especially by
being the honorary president of RSF’s internal legal support organisation
Damocles, « charged with taking legal action to defend the freedom of
journalists[43]. RWB
was absent from the struggle for the release of Julian Assange in 2019 and only
woke up for the trial in February 2020. Christophe Deloire, General
Secretary of RSF France, and Christian Mihr for Germany, however,
only stayed for one day at the trial, delegating the task of representation to
Rebecca Vincent.
We often notice the
present, rarely the absent. However, the absence of personalities at the very
moment when we were able to observe the torture that Julian Assange is
undergoing during the hearings contributes to the reinforcement of the feeling
of powerlessness in the face of the fatality of the rights violations.
Powerlessness that the dominant system wants to inculcate in us willingly or
unwillingly.
Julian Assange’s
alleged children before Stella Morris…
Returning to the
testimony of Stella Morris on the intimate relationship she claims to have
developed with Julian Assange from 2015, it is surprising that Julian Assange,
in his interview with the doctors mandated by the Working Group on Arbitrary
Detention of the United Nations High Committee for Human Rights and dated
November 2015, already speaks of his children whom he cannot see growing up. So
these are not the children that Stella Morris shows in the Daily Mail photos.
The doctor who wrote the report « on the trauma and psycho-social situation
of Mr. Julian Assange » mentions several interviews conducted from June
2014 to July 2015. This doctor speaks, on the contrary, of « young
children in France as well as others in Australia with whom Mr. Assange
cannot maintain an affective relationship in the embassy[44].
In addition, the report describes all the traumas caused by prolonged
« confinement » in a place with no light, no possibility of going out,
no exercise, and surrounded by a hostile environment (something that we are
beginning to understand with the health violence that has recently been
inflicted on us in France on a large scale): insomnia, anxiety, depression,
loss of the ability to use one’s senses…
The storytelling about Julian Assange french wife and children – 2015
This
« confinement » has been described as torture by Nils Melzer, the UN
Special Rapporteur on Torture in his famous report on the situation of Julian
Assange. Stella Morris’ rose-water novel currently in the media discredits
Nils Melzer’s report and puts Julian Assange in danger. For how can a
prisoner be both tortured and the happy father of a loving family?
Finally, driven into
raptures by the images shown by Stella Morris, the audience is led to forget
what Julian Assange himself said about his children in France and those in
Australia. Citizens will know nothing about the mother of the latter, who is
not present to support the father of her children. Yet, for human rights
defenders, the question arises as to whether lawyers and the justice system
have done everything possible to protect their interests both in terms of the
legitimacy of their filiation and in terms of their property. Indeed, these
children are heirs, like Stella Morris’ children, to dividends through the
shares Julian Assange owns in the Icelandic company Sunshine Press
Production[45].
The worrying question « who manages Julian Assange’s
assets » must be asked by the activists so that Julian Assange is not robbed
of his property during the long years of captivity he has suffered. Daniel
Assange, portrayed by the media as his Australian son, now 31 years old, never
came to the hearings and never defended his father either in front of the
cameras or at a press conference. He never went to see his father in Belmarsh. It
is now normal to have doubts about his existence. In 2010, this son was
still tweeting about his father, since he disappeared[46].
None of the journalists chasing John Shipton in a pack have asked themselves
the question of the son present in his father’s life in 2010 and absent in
2020.
Moreover, if this
relationship began in 2015 when Julian Assange’s health was a concern, why
hasn’t Stella Morris already sounded the alarm to save her companion? Why has
she remained silent about the torture he is suffering, as demonstrated by Nils
Melzer’s report and the three Wikijustice medical reports dated 29 December
2019, 8 February and 29 February 2020?[47]
Whoever does not denounce
the crime, torture, is guilty of failing to assist a person in danger.
Article 1 of the UN
Convention against Torture is very clear: anyone who consents to torture, [48]tacitly
or with knowledge of it, is an accomplice to the crime:
« «
1. For the purposes of this Convention, the term « torture » means any
act by which severe pain or suffering, whether physical or mental, is
intentionally inflicted on a person for such purposes as obtaining from him or
a third person information or a confession, punishing him for an act he or a
third person has committed or is suspected of having committed, to intimidate
or coerce her or intimidate or coerce a third person, or for any reason based
on discrimination of any kind, when such pain or suffering is inflicted by or
at the instigation of or with the consent or acquiescence of a public
official or other person acting in an official capacity. This term does
not extend to pain or suffering arising only from, inherent in or incidental to
lawful sanctions ».
[9] Sara Gonzalez Devant,
« Displacement in the 2006 Dili conflict, dynamics of ongoing crisis »,
Refugee Studies Centrer Working Paper 45, 2008, University of Oxford. In
Jacquline Aquino Sapiano, « East Timor, How to build a nationa in Southeast
Asia in the 21 century », Proceedings of the 2006 Naples Congress,
Institute for Research on Contemporary Southeast Asia, 2018 and in Vandra
Harris, Andrew Goldsmith, « Security, Development and Nation Building in
Timor Leste » Routledge, 2012.
[27] Foreign Minister from 2016 until
the election of Lenin Moreno, Guillaume Long, who also has French and British
nationality, was the one who in October 2016 cut off Julian Assange’s internet
access following the publication by « Wikileaks » of the emails of John
Podesta, Hillary Clinton’s campaign manager.
Note
that in this article of January 10, 2018 Maria Fernanda Espinoza refers to the
negotiations with Great Britain for an orderly solution to the Assange
question.
[41] Here are the originals published by
journalist Al Burke on the Nordic News Network website. Notice the empty boxes
for the ID numbers. That is to say that no hearing protocol contains this
essential data, although it should have
been marked and possibly hidden by the editor.
[43] Page 77, Maxime Vivas, « Hidden
face of Reporters Sans Frontières. From the CIA to the hawks of the
Pentagon ». Editions Aden, Brussels 2007
[44] « Mr Assange has a young family in France,
as well as children in Australia to whom he has been unable to have an affective
relationship whilst in the Embassy; the uncertainty as to whether reunion can
ever be accomplished, and whether the development of those relationships can be
restored, creates a further uncertainty »
Twitt de Daniel Assange en 2010 : « Our final
battle has begun, dad. We don’t cry, we don’t regret, and we never, ever give
up. I love you more than anything and anyone in this world. I couldn’t ask for
a better father, mentor, and role model in life. Thank you for everything. We
fight to win. See you soon »