{"id":29,"date":"2020-09-23T16:11:56","date_gmt":"2020-09-23T14:11:56","guid":{"rendered":"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/?p=29"},"modified":"2021-06-20T11:07:15","modified_gmt":"2021-06-20T09:07:15","slug":"elements-sur-linstallation-dune-dictature-en-europe-julian-assange-a-la-old-bailey-7-au-10-septembre-2020","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/?p=29","title":{"rendered":"El\u00e9ments sur l\u2019installation d\u2019une dictature en Europe \u2013 Julian Assange \u00e0 la Old Bailey 7 au 10 septembre 2020"},"content":{"rendered":"\n<p>Monika Karbowska <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9945-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-35\" width=\"384\" height=\"512\"\/><figcaption>La Old Bailey \u00e0 la City of London Corporation pr\u00e9pare le sort de Julian Assange la nuit du 6 septembre 2002<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le voyage en Europe <\/p>\n\n\n\n<p>Ce difficile voyage en Europe du 3 au 11 septembre 2020 fut \u00e0 bien des \u00e9gards un exploit. Je n\u2019aurais jamais pu imaginer, lorsqu\u2019il y a un an je d\u00e9cidais de voir de plus pr\u00e8s les tribunaux anglais ou Julian Assange devait comparaitre, que l\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s je parcourrai les famili\u00e8res routes de l\u2019Europe dans une atmosph\u00e8re d\u2019apocalypse sanitaire, de tension politique intense et de destruction d\u2019un mode de vie, de valeurs, de syst\u00e8mes juridiques, de tout ce qui a fait notre culture. Je suis oblig\u00e9e de placer le proc\u00e8s de Julian Assange dans ce contexte de cette forme de suicide collectif de nos soci\u00e9t\u00e9s qu\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 la \u00ab\u00a0crise du coronavirus\u00a0\u00bb et de lier les deux ph\u00e9nom\u00e8nes, m\u00eame si certains penseront que c\u2019est exag\u00e9r\u00e9, et que la pers\u00e9cution d\u2019un homme innocent n\u2019a rien \u00e0 voir avec l\u2019ambiance sourde de peur dans laquelle nous sommes des millions \u00e0 vivre depuis 6 mois. Tant pis. Ceci est ma vision et mon analyse. Le peu de libert\u00e9 d\u2019expression qui nous reste, je l\u2019utilise pleinement et sans masque avant qu\u2019ils ne soient en mesure de nous b\u00e2illonner et nous enfermer pour de bon. <\/p>\n\n\n\n<p>Je quittais la France avec soulagement le 3 septembre en ayant l\u2019impression, pour la premi\u00e8re fois de ma vie, que le pays ou j\u2019ai choisi de vivre il y a 28 ans s\u2019est transform\u00e9 en h\u00f4pital psychiatrique \u00e0 ciel ouvert. Le cynisme des politiques disputait la palme du prix de la violence avec une hideuse dictature polici\u00e8re et hygi\u00e9niste impos\u00e9e \u00e0 coup de d\u00e9crets ill\u00e9gaux par des pr\u00e9fets autoritaires dans la plus pure tradition de Vichy. L\u2019Occident a d\u00e9j\u00e0 connu beaucoup de p\u00e9riodes de folie \u2013 la derni\u00e8re et la plus destructrice fut la folie collective du fascisme et de la guerre des ann\u00e9es 1930 et 40, mais 1914 -18 comme suicide collectif de la culture europ\u00e9enne fut marquant \u00e9galement. On a accus\u00e9 les Yougoslaves des ann\u00e9es 1990-98 de \u00ab\u00a0suicider leur Nation\u00a0\u00bb, mais les Occidentaux d\u2019aujourd\u2019hui ne peuvent plus servir de mod\u00e8le de d\u00e9mocratie et de raison pour personne\u00a0<strong>! La date fix\u00e9e pour le lancement du jugement de Julian Assange m\u2019a frapp\u00e9e, le 7 septembre 2020 \u00e9tant le jour du 80\u00e8me anniversaire du d\u00e9but du \u00ab\u00a0Blitz\u00a0\u00bb &#8211; l\u2019op\u00e9ration \u00ab\u00a0Seel\u00f6we\u00a0\u00bb,<\/strong> l&rsquo;invasion programm\u00e9e de la Grande Bretagne par Hitler, remplac\u00e9e in extremis par 57 jours et nuits de bombardements continus des maisons et des usines britanniques par l\u2019aviation nazie. Cette date est aussi le symbole de la R\u00e9sistance du peuple anglais au fascisme, et le d\u00e9but de la fin de la marche victorieuse du nazisme allemand sur l\u2019Europe. Si les \u00e9lites britanniques ont d\u00e9cid\u00e9 de jeter un voile d\u2019oubli sur cette date, elle ne m\u2019a n\u00e9anmoins pas \u00e9chapp\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 des auteurs comme Joshua Levine<a href=\"#_edn1\">[1]<\/a>. <\/p>\n\n\n\n<p>Imposition du masque\nobligatoire partout dans les rues, les parcs, les jardins, les champs de la\nbanlieue, les bureaux, les ateliers, les transports, les magasins, les rares\nlieux culturels et sociaux encore r\u00e9sistants\u2026 22H sur 24 pour de nombreux\nprol\u00e9taires. Port du masque museli\u00e8re emp\u00eachant de respirer et de s\u2019exprimer\npour tous les enfants et les jeunes de France, chicanes et punitions pour ceux\nqui demandent \u00e0 avoir leur mot \u00e0 dire. Des enfants exclus des \u00e9cole pour cause\nde pseudo tests covid, priv\u00e9s d\u2019\u00e9ducation suite \u00e0 de fermetures d\u2019\u00e9cole\ncompl\u00e8tement ill\u00e9gales aux regards de la Convention de l\u2019ONU des Droits de\nl\u2019Enfant sans parler de notre Constitution et autres textes fondamentaux\u2026\nInterdiction polici\u00e8re des rassemblements et manifestations. Paris ville vide \u00e0\nnouveau, car personne n\u2019a envie de se promener avec la museli\u00e8re la peur au\nventre de voir les flics d\u00e9bouler pour te coller une amende pour physique non\nad\u00e9quat. Les bars du bord de Seine de nouveau vides de jeunes alors m\u00eame que ce\nsont les rares lieux ou on peut enlever pour 1 heure ou 2 notre symbole de\nsoumission \u00e0 Macron et \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie covidienne. Comment tuer \u00e9conomiquement,\nsocialement et politiquement une ville, une nation, un pays. Je sentais\nl\u2019ambiance lourde de menaces polici\u00e8res et je me r\u00e9jouissais \u00e0 l\u2019id\u00e9e de\nm\u2019a\u00e9rer ailleurs. Mais je n\u2019avais pas encore vu l\u2019\u00e9tat r\u00e9el de l\u2019Europe\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019Allemagne d\u00e9cr\u00e8te l\u2019embargo\nsur la France<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La veille de mon d\u00e9part je consulte le site de l\u2019ambassade allemande en France et j\u2019ai la d\u00e9sagr\u00e9able surprise de lire que notre puissant voisin a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 la France zone pestif\u00e9r\u00e9e et impos\u00e9 une quarantaine aux voyageurs venant de l\u2019Ile de France, du Midi et des Antilles. Comment les Allemands comptent-ils v\u00e9rifier qui vient d\u2019o\u00f9 sachant que les transports collectifs (trains et bus) pour chez eux partent de Paris\u00a0? Le site du gouvernement allemand ne fournit pas de d\u00e9tails. Comme toujours dans l\u2019affaire du covid le discours m\u00e9diatique et la violence r\u00e9elle de la police tiennent lieu de Loi, <strong>l\u2019Etat de droit a \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9 dans nos pays au rang de souvenir des \u00ab\u00a0temps anciens\u00a0\u00bb<\/strong> par opposition au \u00ab\u00a0Nouveau Monde\u00a0\u00bb, que la gauche esp\u00e8re toujours voir naitre spontan\u00e9ment comme enfant de la \u00ab\u00a0crise du covid\u00a0\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ponse m\u2019est donn\u00e9e le lendemain dans la lourde atmosph\u00e8re de cris, d\u2019insultes et de tension qui r\u00e8gne \u00e0 la gare low cost de Bercy d\u00e9sormais dans les mains de l\u2019entreprise monopoliste allemande Flixbus. 25 personnes attendent de pouvoir monter dans le Paris-Berlin, dans la salet\u00e9 d\u2019une gare jamais nettoy\u00e9e et en \u00e9touffant sous le masque obligatoire obstruant les voies respiratoires, alors que les deux chauffeurs de bus polonais leur crient directives et menaces dans un mauvais Anglais. Nous attendons une heure debout comme un b\u00e9tail docile qui ne sait pas \u00e0 quelle sauce il va \u00eatre mang\u00e9. Les chauffeurs nous interdisent de mettre nos sacs dans la bagagerie du bus car \u00e0 cause de nouvelles \u00ab\u00a0mesures\u00a0\u00bb de l\u2019Allemagne d\u00e9clarant la France \u00ab\u00a0zone rouge\u00a0\u00bb, nous devons d\u2019abord montrer nos papier d\u2019identit\u00e9 aux chauffeurs et remplir une curieuse attestation \u00ab\u00a0Passenger Locator Card\u00a0<strong>\u00bb. Cette feuille de papier A4 parle de \u00ab\u00a0special rules\u00a0\u00bb (normes sp\u00e9ciales) qui s\u2019appliquent d\u00e9sormais aux voyageurs de France d\u00e9clar\u00e9e \u00ab\u00a0high risk area\u00bb (zone \u00e0 haut risque) par les \u00ab\u00a0autorit\u00e9s de l\u2019Allemagne\u00a0\u00bb<\/strong> (qui\u00a0?).\u00a0Nous devons remplir le formulaire car omettre ou cacher des informations peut \u00eatre puni d\u2019une <strong>\u00ab\u00a0amende de 25\u00a0000 Euros\u00a0\u00bb.<\/strong> Le formulaire exige de savoir d\u2019o\u00f9 nous venons, nos noms et dates de naissances, notre nationalit\u00e9, notre num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone, l\u2019adresse ou nous allons rester et les adresses ou nous voulons nous rendre les 14 jours prochains. En bas je distingue un questionnaire de \u00ab\u00a0sant\u00e9 covid\u00a0\u00bb &#8211; avez-vous de la fi\u00e8vre, de la toux, perte de gout et d\u2019odorat. <strong>La derni\u00e8re question exige de savoir si on a eu le test du covid, quel a \u00e9t\u00e9 son r\u00e9sultat et dans quel pays il a \u00e9t\u00e9 fait\u00a0!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les gens sont comme sonn\u00e9s par la violence de la charge, pressentant l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 monstrueuse de la chose, mais ne pouvant se d\u00e9fendre car otage de la firme Flixbus qui peut leur refuser de voyager. Un homme n\u00e9anmoins proteste qu\u2019il a pay\u00e9 son billet et qu\u2019il n\u2019est pas question qu\u2019il ne monte pas dans le bus. Les deux chauffeurs polonais, un homme et une femme, sont visiblement terroris\u00e9s eux-m\u00eames mais remplissent leur r\u00f4le de kapos en criant violemment sur l\u2019homme, en appelant des agents de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9s de la gare et en mena\u00e7ant que la \u00ab\u00a0Polizei\u00a0\u00bb va s\u2019occuper de lui \u00e0 Berlin s\u2019il ne remplit par le formulaire. Je suis tr\u00e8s inqui\u00e8te et exc\u00e9d\u00e9e\u00a0, d\u2019autant plus qu\u2019une Ukrainienne mal \u00e9lev\u00e9e me pousse dans le dos pour me passer devant. Mais je calme le jeu en parlant doucement en Polonais aux deux chauffeurs. Mes mots am\u00e8nent un peu d\u2019humanit\u00e9 dans cette folie et la femme finit par faire son job et enregistrer les voyageurs, leur bagages et les installer dans le bus. Elle finit par nous faire remplir les formulaires et nous les prend des mains (je ne remplis pas les adresses et ni la partie \u00ab\u00a0avez-vous eu le covid\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s tout j\u2019ai achet\u00e9 un billet pour la Pologne, l\u2019Allemagne n\u2019est qu\u2019un transit). Nous partons soulag\u00e9s. Alors que Flixbus a condamn\u00e9 les toilettes pour cause de \u00ab\u00a0coronavirus\u00a0\u00bb, le chauffeur polonais finit par se comporter en vrai professionnel\u00a0: il sait qu\u2019il transporte des humains et pas une cargaison de b\u00e9tail dans un wagon plomb\u00e9 sur 1300 km du Paris-Berlin. Une fois loin de Bercy, il ouvre la porte des toilettes pour nous permettre de les utiliser. Il s\u2019arr\u00eate m\u00eame dans la nuit sur une aire d\u2019autoroute pour une pause interdite par son employeur. Tous les masques tombent au cours de la nuit, et je suis soulag\u00e9e de voir le visage marqu\u00e9e mais humain de la femme chauffeur si stress\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Violations des Droits en\nEurope<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019examine alors le\nformulaire de Flixbus et toutes les violations des lois me sautent aux yeux\nimm\u00e9diatement. Le formulaire ne mentionne aucune institution&nbsp;: quelle\ninstitution a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 en Allemagne la France \u00ab&nbsp;high risk\nzone&nbsp;\u00bb&nbsp;? Sur quelle base l\u00e9gale&nbsp;? Un d\u00e9cret&nbsp;? Une\nLoi&nbsp;? Une circulaire&nbsp;? <strong>On n\u2019a pas le droit de menacer les gens de\npunition ni d\u2019amende simplement comme \u00e7a sur une feuille de papier sans aucun\nen t\u00eate d\u2019institution publique<\/strong> et de faire porter la responsabilit\u00e9 des\nmenaces aux employ\u00e9s de l\u2019entreprise priv\u00e9e, ici Flixbus. <strong>Flixbus en tant\nqu\u2019entreprise priv\u00e9e se rend coupable de nombreuses violations de droits en\nobligeant ces clients \u00e0 lui fournir des informations aussi sensibles que l\u2019\u00e9tat\nde sant\u00e9 de ses clients<\/strong> (\u00ab&nbsp;avez-vous eu de la toux, de la fi\u00e8vre, aves\nvous fait le test covid et quel a \u00e9t\u00e9 le r\u00e9sultat&nbsp;\u00bb&nbsp;?), leurs\nadresses de r\u00e9sidences dans plusieurs pays, leurs num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phone. Je\nsoup\u00e7onne que la \u00ab&nbsp;Polizei&nbsp;\u00bb qui sert d\u2019\u00e9pouvantail est un\nstorytelling destin\u00e9 \u00e0 nous faire peur, comme souvent aussi bien dans l\u2019affaire\nAssange que dans l\u2019affaire du Covid. En effet, nous passons la fronti\u00e8re sans\naucun contr\u00f4le de la police aux fronti\u00e8res qui elle n\u2019a pas l\u2019air d\u2019avoir envie\nde participer des mesures arbitraires de la folie \u00ab&nbsp;covidienne\u00bb. Elle\nlaisse cela aux employ\u00e9s de Flixbus\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons deux heures de\nretard lorsque nous arrivons \u00e0 Berlin le lendemain matin. Il ne me reste qu\u2019une\nheure pour mon bus pour la Pologne. Mais alors que nous arrivons au ZOB\n\u00ab(Zentraler Omnibus Banhof), un \u00e9v\u00e9nement inqui\u00e9tant se produit&nbsp;: le bus\nrentre dans le parking de la gare, tourne un peu puis ressort. Les voyageurs se\nl\u00e8vent de leur si\u00e8ge inquiets&nbsp;: o\u00f9 sommes-nous donc conduits, enferm\u00e9s que\nnous sommes dans cette boite de m\u00e9tal&nbsp;? <\/p>\n\n\n\n<p>Le bus contourne l\u2019espace du ZOB et <strong>apparait alors un esp\u00e8ce de \u00ab\u00a0camp\u00a0\u00bb compos\u00e9 de tentes blanches derri\u00e8re des barri\u00e8res de s\u00e9curit\u00e9 gard\u00e9es par des hommes en uniforme.<\/strong> Plus tard je verrai que le camp \u00e9tait estampill\u00e9 \u00ab\u00a0Deutsches Rotes Kreuz\u00a0\u00bb, Croix Rouge allemande. Le bus cale devant le camp sans cependant ouvrir la porte et les \u00ab\u00a0policiers\u00a0\u00bb s\u2019approchent. Les voyageurs ont un mouvement de panique. La chauffeur polonaise a peur. Elle l\u00e2che \u00ab\u00a0Polizei Polizei\u00a0\u00bb, crie que nous n\u2019allons pas sortir si nous n\u2019ob\u00e9issons pas et si nous ne faisons pas le test du covid, tout en nous redistribuant les fameux formulaires. En fait de police, ce sont des agents de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9e, des migrants visiblement. Je me tourne vers la chauffeur et je lui dis en Polonais que je ne vais pas en Allemagne mais en Pologne et qu\u2019en l\u2019occurrence forcer les gens \u00e0 faire un test m\u00e9dical est ill\u00e9gal. Son coll\u00e8gue ouvre alors la porti\u00e8re et tout va tr\u00e8s vite. Je sors la premi\u00e8re et je cours vers l\u2019agent de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9e. Je lui crie en Allemand, mon billet \u00e0 la main \u00ab\u00a0Je ne vais pas en Allemagne mais en Pologne, mon bus part tout de suite\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0 Il me regarde dans les yeux et il a compris que j\u2019ai compris\u00a0: \u00ab\u00a0prends tes bagages et sauves toi\u00bb me crie-t-il. Je ne demande pas mon reste, j\u2019attrape mon sac \u00e0 dos et <strong>je cours de toutes mes forces pour mettre le plus possible de distance entre moi et le bus.<\/strong> Je rentre dans le parking du ZOB en courant. Un homme s\u2019approche alors de moi et me demande si je \u00ab\u00a0viens de Paris\u00a0\u00bb. Je prends peur qu\u2019il ne soit un flic en civil et je crie \u00ab\u00a0nein\u00a0\u00bb\u00a0! A tout prix ne pas \u00eatre identifi\u00e9e \u00e0 la France, le pays des pestif\u00e9r\u00e9s\u00a0!<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne peux me reposer que quand je constate que la vie se d\u00e9roule \u00e0 peu pr\u00e8s normalement dans cette grande gare de la capitale de l\u2019Allemagne. Quasiment pas de masques, sauf dans les bus au moment de monter, une pizzeria qui fonctionne, des voyageurs qui se comportent normalement, loin de la folie dans laquelle nous vivons depuis 6 mois en France. Le bus pour la Pologne est presque vide, le chauffeur est d\u00e9tendu. Une co-voyageuse polonaise de 70 ans me raconte sa vie dans la ville de Politze, grande ville industrielle de la banlieue de Szczecin, haut lieu d\u2019industrie chimique construite par la Pologne Populaire et privatis\u00e9e au profit des oligarques allemands. Elle me raconte que sa famille de \u00ab\u00a0l\u2019est\u00a0\u00bb, les territoires ukrainiens, ont reconstruit la ville des ruines, mais aussi utilis\u00e9 les maisons et objets des anciens habitants allemands chass\u00e9s par les d\u00e9cisions alli\u00e9s de Potsdam. En une heure j\u2019ai droit \u00e0 une belle r\u00e9flexion humaniste sur la folie de la guerre, ceux qui en ont souffert de part et d\u2019autre de la fronti\u00e8re germano-polonaise d\u00e9sormais sur l\u2019Oder et sur la r\u00e9conciliation entre les peuples. Elle est fi\u00e8re de me raconter son histoire d\u2019ouvri\u00e8re polonaise et aussi de se dire \u00ab\u00a0anticl\u00e9ricale\u00a0\u00bb en m\u2019annon\u00e7ant le mariage non religieux de sa fille, ce qui pour une Polonaise est une marque importante de convictions de gauche. La Pologne telle que cette femme me pr\u00e9sente me remplit de bonheur et d\u2019amour. C\u2019est cette Pologne que j\u2019aimerais voir revivre dans la libert\u00e9 et la dignit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous trouvons dans\nune phase aig\u00fce de la lutte \u2013 la dictature qui s\u2019abat sur la vie personnelle de\nchacun fait qu\u2019il n\u2019est plus possible de fermer les yeux sur ce visage hideux\ndu capitalisme. <strong>Les groupes polonais sur Facebook \u00ab&nbsp;Stop \u00e0 la dictature\nsanitaire&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Commission d\u2019enqu\u00eate sur les abus de la dictature\nsanitaire&nbsp;\u00bb comptent des dizaines de milliers de Polonais<\/strong> qui\ns\u2019\u00e9veillent brusquement \u00e0 la vie citoyenne lorsqu\u2019ils d\u00e9couvrent que les restes\nde leurs libert\u00e9s personnelles sont abolis, que des gens meurent devant la\nporte des h\u00f4pitaux publics car les m\u00e9decins refusent de les soigner \u00ab&nbsp;sans\ntest covid rien n\u2019est possible&nbsp;\u00bb, que des enfant subissent des\nmaltraitances et m\u00eame tortures de la part des directeurs d\u2019\u00e9coles quand ils ne\nsupportent plus le masques 8 heures par jour. Des enfants sont aussi d\u00e9j\u00e0\nexclus des \u00e9coles imm\u00e9diatement pour non-port du masque. Les parents polonais\ndoivent accepter que leurs enfants leurs soient enlev\u00e9s et plac\u00e9s dans des\n\u00ab&nbsp;institutions&nbsp;\u00bb s\u2019ils ont une fi\u00e8vre ou un rhume\u2026 ou sont priv\u00e9s\nd\u2019\u00e9cole, grave violation de la Convention des Droits de l\u2019Enfant de l\u2019ONU.\nBrusquement les citoyens, priv\u00e9s de droits citoyens se trouvent confront\u00e9 \u00e0 la\nn\u00e9cessit\u00e9 de lutter pour cette citoyennet\u00e9 et la r\u00e9volte europ\u00e9enne \u00e0 Berlin le\n29 ao\u00fbt dernier fut le coup d\u2019envoi de cette insurrection. <\/p>\n\n\n\n<p>Justement le formulaire obligatoire de Flixbus viole <strong>plusieurs droits garantis par la Charte Europ\u00e9enne des Droits Fondamentaux<\/strong>\u00a0: l\u2019article 3 qui garantit le droit \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 et notamment le \u00ab\u00a0consentement libre et \u00e9clair\u00e9\u00a0\u00bb de la personne \u00ab\u00a0dans le cadre de la m\u00e9decine et de la biologie\u00a0\u00bb, l\u2019article 6 garantissant \u00ab\u00a0la libert\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0&#8211; (que dire d\u2019une pratique consistant \u00e0 amener des personne captives dans une boite de m\u00e9tal pour un test forc\u00e9 que c\u2019est une privation de libert\u00e9\u00a0? Ensuite vient l\u2019article 45 garantissant \u00ab\u00a0le droit de circuler et de s\u00e9journer librement dans l\u2019espace de l\u2019Union\u00a0\u00bb et enfin, l\u2019important article 8 sur la \u00ab\u00a0protection des donn\u00e9es personnelles\u00a0\u00bb stipulant que la r\u00e9colte des donn\u00e9es personnels ne peut se faire que dans le cadre de la Loi et sur la base du consentement de la personne et avec garantie d\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces donn\u00e9es<a href=\"#_edn2\">[2]<\/a>. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Flixbus n\u2019a absolument AUCUN droit de rassembler en tant qu\u2019entreprise priv\u00e9s ces donn\u00e9es personnelles<\/strong> sur la sant\u00e9 et les lieu de circulation des citoyens voyageant dans l\u2019UE. Mais il y a tellement de Droits Fondamentaux Humains viol\u00e9s depuis la privation de libert\u00e9 de 400 millions d\u2019Europ\u00e9ens appel\u00e9e \u00ab\u00a0confinement\u00a0\u00bb par la propagande covidienne que toutes les digues entre d\u00e9mocratie et dictature sautent facilement\u2026 De m\u00eame ces pratiques arbitraires violent les articles 3 de la <strong>D\u00e9claration Universelle des droits de l\u2019Homme<\/strong> (droit \u00e0 la libert\u00e9), l\u2019article 13 (droit \u00e0 la libert\u00e9 de circulation), l\u2019article 12 (protection de la vie priv\u00e9e)<a href=\"#_edn3\">[3]<\/a>. M\u00eame le <strong>Trait\u00e9 de Lisbonne<\/strong> que nous avons tant critiqu\u00e9 \u00e0 gauche est all\u00e8grement viol\u00e9, notamment l\u2019article 2 assurant \u00ab\u00a0la libre circulation des personnes\u00a0\u00bb\u00a0<a href=\"#_edn4\">[4]<\/a>! <strong>Le Pacte des Nations Unies relatifs aux Droits Politiques et Civils<\/strong> a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement viol\u00e9 par la politique de l\u2019enfermement pseudo sanitaire des population (article 12 garantissant la libert\u00e9 de circulation dans le cadre de son pays) tandis que les tests covid obligatoires violent l\u2019article 7 du Pacte <strong>\u00ab\u00a0En particulier, il est interdit de soumettre une personne sans son libre consentement \u00e0 une exp\u00e9rience m\u00e9dicale ou scientifique\u00a0\u00bb. <\/strong>De plus, si le Pacte permet des d\u00e9rogations exceptionnelles en cas de menace \u00ab\u00a0grave sur la vie de la Nation\u00a0\u00bb, elles ne peuvent \u00eatre que limit\u00e9es dans le temps et surtout ne concernent pas des articles aussi fondamentaux que l\u2019interdiction d\u2019exp\u00e9riences m\u00e9dicales\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>Il faut aussi souligner combien la politique d\u2019embargo \u00e0 laquelle\nl\u2019Allemagne soumet la France avec le pseudo argument sanitaire est aussi une\nviolation de l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les Etats cens\u00e9s \u00eatre garantie par les Trait\u00e9s\nEurop\u00e9ens\u2026 Le peuple fran\u00e7ais est pr\u00e9sent\u00e9 par la propagande des Etats\npuissants tels l\u2019Allemagne comme dangereux pour la \u00ab&nbsp;sant\u00e9&nbsp;\u00bb de\nl\u2019Europe comme s\u2019il \u00e9tait porteur de la maladie contagieuse de la\nr\u00e9volte&nbsp;! <strong>En septembre 2020 plane sur l\u2019Europe le spectre du syst\u00e8me de\nVienne de 1815<\/strong> quand les royaumes r\u00e9actionnaires se sont ligu\u00e9s pendant 100\nans pour isoler la France coupable de R\u00e9volution&nbsp;! Dans cette ambiance de\nfolie il n\u2019est pas \u00e9tonnant que la ville de Szczecin, anciennement grand port\nindustriel, maintenant enclav\u00e9e et d\u00e9cr\u00e9pie, m\u2019a sembl\u00e9 ce 4 septembre 2020 un\nhavre de paix. Je n\u2019oubliais pas pourtant que les seules protestations lors de\nla fermeture de toute l\u2019Europe en mars et avril ont eu lieu justement\nici&nbsp;: dans les villes de la fronti\u00e8res germano-polonaises, des citoyens\nd\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s ont brav\u00e9 la police dans des manifestations interdites car la\nfermeture de la fronti\u00e8re avait priv\u00e9 ces travailleurs transfrontaliers de\nmoyens de subsistance. Priver l\u2019humain de moyen de subsistance&nbsp;: encore\nune violation de la <strong>D\u00e9claration Universelle des Droits de l\u2019Hommes dont<\/strong>\nles articles 23 et 25 garantissent le droit au travail et le droit \u00e0 un revenu\nd\u00e9cent&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La Fin de l\u2019Etat de droit en Europe&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Devant tant d\u2019arbitraire je n\u2019\u00e9tais pas du tout assur\u00e9e de pouvoir retraverser l\u2019Europe du Nord et arriver en Angleterre pour le proc\u00e8s de Julian Assange alors que je quittais Szczecin accompagn\u00e9e de la militante de gauche polonaise Basia W.<\/p>\n\n\n\n<p> La route famili\u00e8re Pologne- Allemagne- Pays Bas- Belgique- France que je connais par c\u0153ur depuis que je suis n\u00e9e m\u2019a paru brusquement jalonn\u00e9e d\u2019embuches et de dangers. Avant de partir nous remplissons le formulaire obligatoire pour rentrer en Grande Bretagne comportant nos num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phone, nos adresses de r\u00e9sidence et de s\u00e9jour et les num\u00e9ros de proches \u00ab\u00a0\u00e0 contacter si jamais vous avez contamin\u00e9 quelqu\u2019un avec le coronavirus\u00a0\u00bb, alors m\u00eame que nous ne sommes pas en tant que Polonaises soumise \u00e0 la quarantaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Si le trajet Szczecin-Berlin a \u00e9t\u00e9 sans probl\u00e8me, Berlin sans touristes, restaurants vides un samedi soir du premier week-end de septembre m\u2019a paru \u00e9trange et sinistre. Les habitants, m\u00eame r\u00e9volt\u00e9s, m\u00eame libre de masque dans la rue, m\u00eame sans les annonces alarmistes dans les transports ( le slogan \u00ab\u00a0contre le coronavirus ensemble restons mobilis\u00e9s\u00a0\u00bb du m\u00e9tro parisien font \u00e9trangement \u00e9cho aux attentats terroristes de 1995), restent calfeutr\u00e9s chez eux. Le bus Berlin- Rotterdam \u00e9tait donc presque vide aussi. Conduit par un chauffeur polonais effray\u00e9 comme ceux de la route Paris- Berlin<strong>, notre bus fut stopp\u00e9 en rase campagne en pleine nuit par une voiture banalis\u00e9e. Nous avons \u00e9t\u00e9 somm\u00e9s de sortir et align\u00e9s en rang par deux grands hommes blonds en civil et en armes comme les baqueux fran\u00e7ais<\/strong>. Dans cette ambiance angoissante nous ne savions m\u00eame pas ou nous nous trouvions, en Allemagne ou aux Pays Bas. Les hommes, sans aucune insigne de police, (ils auraient pu tr\u00e8s bien \u00eatre des coupeurs de route ou des mafieux) interrogeaient les voyageurs sur leur lieu de destination \u00e0 Rotterdam et sur les raisons de leur voyage et s\u00e9jour. Arbitraire et totalement ill\u00e9gal, surtout qu\u2019ils ne sont pas une Police des Fronti\u00e8res. Une m\u00e8re de famille qui avait laiss\u00e9 ses trois petits enfants dans le bus est somm\u00e9e de les extraire afin de les pr\u00e9senter aux \u00ab\u00a0flics\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Avant mon tour je demande au chauffeur polonais comment il a su que ceux qui lui ordonnent de s\u2019arr\u00eater en pleine nuit sont bien des policiers, car \u00ab\u00a0\u00e7a fait peur de les voir comme \u00e7a vous arr\u00eater sur la route\u00bb. Le chauffeur d\u00e9signa le panneau lumineux qui s\u2019allumait \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la voiture \u00ab\u00a0police follow me\u00a0\u00bb, qui me parut bien l\u00e9ger comme signe de reconnaissance. Il ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Et encore, vous n\u2019avez pas vu ce qu\u2019ils sont capables de faire\u00a0! Lors de mon trajet pr\u00e9c\u00e9dent ils nous ont align\u00e9s avec les bagages comme pour nous fusiller\u00a0\u00bb\u00a0! Le mot est prononc\u00e9, l\u2019inqui\u00e9tude monte. Ayant peut-\u00eatre entendu cet \u00e9change, le baqueux hollandais entrouvre sa veste et apparait alors un un logo cens\u00e9 repr\u00e9senter son corps de police, mais toujours sans aucun num\u00e9ro d\u2019identification. Lorsque vint mon tour, l\u2019homme v\u00e9rifie ma carte d\u2019identit\u00e9 polonaise, me demande ou j\u2019habite et ou je vais et ce que je vais faire \u00e0 Rotterdam. Rien, je vais \u00e0 Londres chercher du travail, comme tant de migrants polonais. Et combien de temps allez-vous rester en Grande Bretagne\u00a0? R\u00e9ponse de migrant\u00a0: tant que durera le travail. Avec un tel interrogatoire, la libert\u00e9 de circulation a bien cess\u00e9 d\u2019exister en Europe.<\/p>\n\n\n\n<p>Dimanche matin la gare de Rotterdam, si proche du grand port qu\u2019on\nentend les mouettes crier, a des allures de monstre de verre capitaliste. Elle\nressemble au hideux quartier de Bruxelles ou sont concentr\u00e9s les institutions\nde l\u2019Union Europ\u00e9enne.&nbsp;Nous sommes pourtant heureuses de d\u00e9couvrir un caf\u00e9\nsans masques et sans folie hygi\u00e9niste: si la police n\u00e9erlandaise prot\u00e8ge son\npays des intrus, c\u2019est bien parce que les \u00e9lites tr\u00e8s mondialistes de ce pays\nont la facult\u00e9 de prot\u00e9ger leurs propres citoyens de la folie r\u00e9gnante\nailleurs. Les gens vivent donc normalement aux Pays Bas et dans le Flixbus qui\narrive deux heures plus tard pour nous emmener \u00e0 Londres en passant par Lille\net Calais l\u2019atmosph\u00e8re pesante et violente propre \u00e0 la France et un peu \u00e0\nl\u2019Allemagne s\u2019est estomp\u00e9e. Seuls quelques jeunes font figure d\u2019acharn\u00e9s du\nmasque mais il faut dire que justement, \u00e9tant en pleine sant\u00e9, ils ne se\nrendent pas encore compte \u00e0 quelle contrainte ils soumettent leurs poumons en\nrespirant sous le tissu de fibre synth\u00e9tiques.<\/p>\n\n\n\n<p>A Lille de nombreux voyageurs fran\u00e7ais montent dans le bus et nous voil\u00e0\npartis vers la derni\u00e8re \u00e9tape du trajet qui me semble la plus difficile&nbsp;:\nle passage \u00e0 Calais devant la police britannique et fran\u00e7aise avant le tunnel\nde l\u2019Eurostar. Depuis mes 14 voyages pour le proc\u00e8s de Julian Assange je\nconnais les lieux, pourtant tout me parait bizarre depuis que l\u2019hyst\u00e9rie\nautoritaire de la \u00ab&nbsp;coronaguerre&nbsp;\u00bb. Les policiers fran\u00e7ais\nheureusement ne font pas de z\u00e8le. Alors qu\u2019ils sont jeunes, ils sont fatigu\u00e9s\nsous leur masques 8 heures par jour derri\u00e8re leur gu\u00e9rite en verre et enl\u00e8vent\nleur accoutrement d\u00e8s qu\u2019une occasion se pr\u00e9sente. Nous enlevons le n\u00f4tre pour\nleur pr\u00e9senter nos visages. Nous sommes comme les femmes saoudiennes qui\ngardent l\u2019abaya noire en permanence mais doivent bien soulever un pan du\n\u00ab&nbsp;secret&nbsp;\u00bb pour montrer leur visage aux contr\u00f4le frontalier. Nous\nsommes fatigu\u00e9s de trainer nos bagages afin de le faire passer dans le scanner\nde contr\u00f4le. Puis nous remontons dans le bus et redescendons pour le contr\u00f4le\nanglais. Surprise. Le passage que j\u2019ai tant redout\u00e9 se d\u00e9roule sans encombre&nbsp;<strong>:\nles policiers britanniques ne contr\u00f4lent pas du tout les fameuses\nattestations&nbsp;! <\/strong>M\u00eame les voyageurs fran\u00e7ais en th\u00e9orie soumis \u00e0 la\nquarantaine ne sont pas inqui\u00e9t\u00e9s&nbsp;! <strong>La fameuse quarantaine s\u2019av\u00e8re donc\n\u00eatre un storytelling de plus&nbsp;!<\/strong> La police britannique dit \u00e0 ma coll\u00e8gue\npolonaise quelque chose sur la quarantaine qu\u2019elle ne comprend pas bien mais le\npapier qu\u2019elle lui remet renvoie au site internet <a href=\"https:\/\/visas-immigration.service.gov.uk\/public-health-passenger-locator-form\">https:\/\/visas-immigration.service.gov.uk\/public-health-passenger-locator-form<\/a>\ncomportant le formulaire que nous avons d\u00e9j\u00e0 rempli. Nous sommes donc en r\u00e8gle\nvis-\u00e0-vis de l\u2019administration britannique. La suite du voyage se\nd\u00e9roule sans probl\u00e8mes, nous traversons le channel, roulons sur l\u2019autoroute du\nKent dans l\u2019apr\u00e8s midi et arrivons \u00e0 Victoria Coach Station dans la soir\u00e9e du\ndimanche 6 septembre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La City of London\nCorporation n\u2019est ni la ville de Londres ni la Grande Bretagne<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la soir\u00e9e nous nous\ninstallons dans l\u2019appartement lou\u00e9 dans le centre de Londres, non loin de la\nOld Bailey, le tribunal ou doit avoir lieu le proc\u00e8s et nous d\u00e9cidons de voir\nde quoi ont l\u2019air les lieux. Il est plus de 21 heures lorsque nous nous faisons\nle tour de la Old Bailey&nbsp;: un \u00e9norme complexe de plusieurs b\u00e2timents\nentour\u00e9s de non moins imposants immeubles de bureaux de banques et autres\nentreprises sous lesquels se trouvent de profonds souterrains visibles aux\nimmenses portes d\u2019entr\u00e9es de camion. La Old Bailey est ainsi compos\u00e9e d\u2019un\nb\u00e2timent du 19 si\u00e8cle que jouxte un bunker aust\u00e8re des ann\u00e9es 60. Il y donc\nd\u00e9j\u00e0 en fa\u00e7ade deux porte d\u2019entr\u00e9es \u2013 celle du tribunal Central Criminal Court\na l\u2019air de recevoir des visiteurs car des barri\u00e8res en d\u00e9limitent l\u2019entr\u00e9e et\nune vitrine affiche les audiences de la journ\u00e9e du vendredi 4 septembre. Une\nporte coch\u00e8re ferm\u00e9e barre la porte coch\u00e8re du \u00ab&nbsp;Warwick passage&nbsp;\u00bb,\nun passage qui m\u00e8ne \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la Old Bailey. <\/p>\n\n\n\n<p>Nous faisons le tour du\np\u00e2t\u00e9 de maison, photographions une \u00e9glise du 17 si\u00e8cle et la \u00ab&nbsp;Amen\nCourt&nbsp;\u00bb, un petit quartier de maison du 17 si\u00e8cle qui ont surv\u00e9cu \u00e0\nl\u2019arri\u00e8re de la Cour aux bombardements nazis qui avaient s\u00e9rieusement endommag\u00e9\nce quartier central. Nous nous retrouvons aussi \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du complexe, \u00e0 la\nsortie du \u00ab&nbsp;Passage Warwick&nbsp;\u00bb &#8211; le complexe de la Old Bailey se\npr\u00e9sente comme un immense complexe aux larges et hautes fen\u00eatres, certaines\npeuvent \u00eatre des appartements et non des bureaux. <strong>En effet, chose\nsurprenante, cette nuit du dimanche il y a de la lumi\u00e8re dans les pi\u00e8ces du\ntribunal. Les deux derniers \u00e9tages, 4 et 5<sup>\u00e8me<\/sup>, sont m\u00eame illumin\u00e9s\nd\u2019une \u00e9trange lumi\u00e8re bleut\u00e9e<\/strong>. Derri\u00e8re le b\u00e2timent se trouve un petit\nsquare avec un banc, un parking ainsi que l\u2019entr\u00e9e principale des salari\u00e9s du\ntribunal. En sortant du parking nous pouvons refaire le tour du complexe sur\nnotre gauche et revenir vers la \u00ab&nbsp;Old Bailey&nbsp;\u00bb historique du 19\nsi\u00e8cle avec sa haute tour et sa statue de la Justice au sommet. Nous longeons\nalors la \u00ab&nbsp;Maison de la guilde des Couteliers&nbsp;\u00bb du 17 si\u00e8cle avec ses\ninscriptions en Fran\u00e7ais qui fait partie du complexe et un b\u00e2timent moderne\ndans lequel se trouvaient encore en juillet les bureaux de Axa. Partout, \u00e0 tous\nles coins du complexe, pas moins de 4 grandes portes coch\u00e8res donnant sur des\nsouterrains. Par laquelle Julian Assange sera-t-il amen\u00e9 au proc\u00e8s&nbsp;? Nous\nne pouvons pas le savoir et les avocats n\u2019ont \u00e9videmment donn\u00e9 aucune\nindication. Nous photographions donc les lieux pour mieux nous pr\u00e9parer.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-dessus de toutes les\nportes se trouve le blason de la \u00ab&nbsp;City of London Corporation&nbsp;\u00bb &#8211; les\ndeux lions ail\u00e9s portant un casque au-dessus de la croix de Saint Georges rouge\nsur fond blanc. En effet, <strong>la City of London Corporation<\/strong> n\u2019est pas la\nVille Londres, c\u2019est l\u2019enclave historique des banquiers et marchands, leur fief\nplus ancien que l\u2019Angleterre et plus ancien que le Royaume Uni. <strong>Julian\nAssange ne comparait pas ici devant un tribunal d\u00e9pendant du minist\u00e8re de la\nJustice britannique mais il est amen\u00e9 dans un lieu, un b\u00e2timent appartenant \u00e0\nla City de Londres, la fameuse place forte des banquiers. <\/strong>Car m\u00eame si la\nCentral Criminal Court est effectivement un tribunal britannique qui si\u00e8ge dans\nce lieu, Julian Assange ne va pas \u00eatre jug\u00e9 par les juges officiels de la\nCentral Criminal Court. En r\u00e9alit\u00e9, dans la salle lou\u00e9e de la Old Bailey, nous\nne sommes plus en territoire britannique. Nous sommes dans la City.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, la Cour\nCriminel Old Bailey appartient \u00e0 et d\u00e9pend de la City of London Corporation. La\nCity of London Corporation est le c\u0153ur historique de Londres depuis sa\nfondation par les Romains puis sous le r\u00e8gne des Anglo Saxons. Elle est une\nassociation priv\u00e9e de commer\u00e7ant et de banquiers. Guillaume le Conqu\u00e9rant donne\nune s\u00e9rie de privil\u00e8ges \u00e0 cette association appel\u00e9e Cit\u00e9 de Londres, dont celui\nde pouvoir s\u2019autoadministrer par Conseil des Sages \u00ab&nbsp;Le Court of Aldermen&nbsp;\u00bb.\nSon successeur choisit de construire sa capitale dans la commune de Westminster\nqui devient ainsi la nouvelle capitale, aujourd\u2019hui la ville de Londres. La\nCit\u00e9 de Londres, qui est une association d\u2019affaires administrant un territoire,\ngagne en 1186 le privil\u00e8ge de choisir son maire le Lord Mayor of London.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui le Lord Major\nof London est l\u2019un des office \u00e9lectif les plus ancien au monde. Il repr\u00e9sente\nles int\u00e9r\u00eats du secteur bancaire \u00e9tabli dans le territoire de la Cit\u00e9 de\nLondres et des quelques r\u00e9sidents. Il est de ce fait automatiquement Recteur de\nl\u2019Universit\u00e9 de Londres et Amiral du port de Londres ce qui lui donne un grand\npouvoir ind\u00e9pendant du gouvernement de la Grande Bretagne. La Corporation est\nle pouvoir supr\u00eame de la City incluant les plus riches de la Cit\u00e9 (Court\nAldermen) et le Mayor lui-m\u00eame. Malgr\u00e9 le fait qu\u2019il est cens\u00e9 faire all\u00e9geance\nau Couronne de Grande Bretagne, la c\u00e9r\u00e9monie annuelle de <em>Tempel Bar<\/em> ou\nle Roi ou Reine doit attendre que le Mayor lui donne le droit d\u2019entrer dans la\nCit\u00e9 montre l\u2019\u00e9tendue de son pouvoir et prouve que la suzerainet\u00e9 de la Reine\nd\u2019Angleterre est purement symbolique. Le Gouvernement de Grande Bretagne ainsi\nque le Parlement du pays n\u2019ont aucun pouvoir ni r\u00e9el ni symbolique sur le\nterritoire de la City of London Corporation.<\/p>\n\n\n\n<p>La Cour Old Bailey est administr\u00e9e par deux sheriff  repr\u00e9sentant les guildes bancaires de la Cit\u00e9. Le Major of the City of London est \u00e0 la t\u00eate de l\u2019administration de la Cour et il a la pr\u00e9rogative d\u2019y si\u00e9ger de droit \u00e9galement. L\u2019administrateur de la Mansion House, le si\u00e8ge du Mayor of City of London, est aussi le responsable de la Central Criminal Court. Depuis 2017 le directeur ex\u00e9cutif de la Mansion House et de la Central Criminal Court est le financier <strong>Vic Annells.<\/strong> <strong>Le Mayor of City of London est actuellement William Russel, un banquier de la banque am\u00e9ricaine Meryll Linch.<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>Les deux sheriffs \u00e9lus en 2019 par leur pairs sont aussi des banquiers. <strong>Michael Mainelli<\/strong> a \u00e9t\u00e9 manager pour les fonds d\u2019investissement anglo-am\u00e9ricain de la City, pour des agences du minist\u00e8re de la D\u00e9fense et pour la Deutsche Morgan Grefell. <strong>Christopher Hayward<\/strong> est le sheriff li\u00e9 aux int\u00e9r\u00eats de la Chine en tant que chef du CA de la Sichuan Business Association. Les deux sheriffs administrent la Criminal Court Old Bailey dont La City of London est propri\u00e9taire et doivent m\u00eame y habiter le temps de leur mandat<a href=\"#_edn5\">[5]<\/a>. <\/p>\n\n\n\n<p>Je connaissais ces\ninformations avant de voir les lieux, mais je ne fus pas \u00e9tonn\u00e9e de lire sur le\npanneau d\u2019affichage \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la partie \u00ab&nbsp;bunker&nbsp;\u00bb de la Old\nBailey que ce lieu a \u00e9t\u00e9 producteur de la fameuse \u00ab&nbsp;Loi maritime&nbsp;\u00bb\nbritannique \u2013 <strong>le droit \u00e9tabli dans ce tribunal g\u00e9rait tous les bateaux de la\nmarine anglaise et britannique pendant sa conqu\u00eate du monde du Moyen Age\njusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui ainsi que les territoires des colonies britanniques<\/strong>. Le\ndroit maritime d\u00e9pendant de la Old Bailey s\u2019\u00e9tendait aussi aux territoires\n\u00e9tablis et g\u00e9r\u00e9s par la <strong>Virginia Company of London<\/strong>&nbsp;<a href=\"#_edn6\">[6]<\/a>,\nautrement dit aux 13 Etats fondateurs des Etats Unis. La Constitution des Etats\nunis d\u2019Am\u00e9riques et leur D\u00e9claration d\u2019Ind\u00e9pendance du 4 juillet 1776 ne\nd\u00e9finissant pas le territoire des Etats Unis, ni leur langues, ni leur\ncoutumes, bref, tout ce qui fait une Nation\u2026 certains penseurs anglo-saxons\nestiment que les Etats Unis restent de iure (et de facto&nbsp;?) une colonie de\nla City of London Corporation et ne sont donc pas un v\u00e9ritable Etat. Certes\nind\u00e9pendant du \u00ab&nbsp;roi anglais&nbsp;\u00bb comme le proclame leur D\u00e9claration\nmais toujours d\u00e9pendants des banquiers de la City of London Corporation&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Julian Assange avait brav\u00e9 les deux, le pouvoir royal de la Reine d\u2019Angleterre et celui des Etats Unis d\u2019Am\u00e9rique (anciennes\u00a0?) colonies de la City of London. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019accueil muscl\u00e9 de la\nCity of London Corporation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Notre ballade effectu\u00e9e, nous entrons dans une \u00e9picerie pakistanaise pour acheter de quoi d\u00eener. C\u2019est alors que se produit l\u2019attaque polici\u00e8re la plus lourde et muscl\u00e9e de tout notre s\u00e9jour. Deux policiers en uniformes entrent dans la boutique alors que nous nous approchons de la caisse. Je suis \u00e9tonn\u00e9e, ils ne sont pas l\u00e0 pour un vol, nous allons justement payer nos achats. Que se passe- t-il\u00a0? Un des policier somme ma coll\u00e8gue fran\u00e7aise d\u2019abandonner ses emplettes et de sortir. Nous ne comprenons pas ce qui se passe mais nous obtemp\u00e9rons, tellement on est habitu\u00e9s par r\u00e9flexe \u00e0 ob\u00e9ir \u00e0 la police m\u00eame lorsque ce qu\u2019elle est fait ill\u00e9gal. Je pense que c\u2019est une erreur, surtout que l\u2019homme, grand, blanc, jeune, muscl\u00e9 et roux, v\u00eatu de noir, porteur d\u2019une arme (taser\u00a0?) et de divers attirails, nous dit de sortir \u00ab\u00a0pour information\u00a0\u00bb. Mais voil\u00e0 qu\u2019une fois sorties devant la boutique, nous sommes toutes les trois encercl\u00e9es par pas moins de 6 policiers, trois hommes et trois femmes, qui ob\u00e9issent eux aux ordres d\u2019un petit homme roux v\u00eatu en civil, muni d\u2019une oreillette et d\u2019un talkie et qui se tient \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une voiture que nous n\u2019avions m\u00eame pas remarqu\u00e9e. Nous sommes assez choqu\u00e9es, surtout qu\u2019ils exigent de nous s\u00e9parer et de parler \u00e0 chaque flic s\u00e9par\u00e9ment. Nous sommes \u00e9trang\u00e8res, ma coll\u00e8gue polonaise vient \u00e0 peine de poser le pied en Angleterre la premi\u00e8re fois, je m\u2019inqui\u00e8te pour elle. La situation est tr\u00e8s tendue et choquante.<\/p>\n\n\n\n<p>Que nous reprochent ils\u00a0? <strong>D\u2019avoir pris des photos de la Old Bailey au cours de notre promenade\u00a0! Je r\u00e9ponds qu\u2019il n\u2019est pas interdit de faire des photos de la Cour, il n\u2019y a aucun panneau<\/strong> et d\u2019ailleurs j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 fait des photos de tout le b\u00e2timent en juillet dernier sans aucun probl\u00e8me. Je savais bien qu\u2019il y avait des cam\u00e9ras partout, mais comme ce n\u2019est pas interdit, je ne pensais pas que les agents de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9e qui surveillent les banques allaient illico appeler la police en voyant trois femmes d\u00e9ambuler devant la Old Bailey et lire le panneau d\u2019affichage devant la porte\u00a0! Ce ne sont d\u2019ailleurs pas des policiers de Londres. <strong>C\u2019est la police de la City of London Corporation. Ils portent une casquette \u00e0 damier blanc et rouge et le logo de la City s\u2019affiche sur leurs uniformes.<\/strong> Cela dit, ils sont jeunes et leurs habillement a bizarrement l\u2019air flambant neuf. Dans l\u2019\u00e9motion nous ne le remarquons pas tout de suite, mais les trois jeunes femmes qui nous prennent \u00e0 part, deux blanches et une m\u00e9tisse ont des coiffures tr\u00e8s \u00e9tudi\u00e9es comme si elles sortaient d\u2019un studio de coiffure pour tournage de film. Celle qui me fouille arbore des petites tresses tr\u00e8s compliqu\u00e9es \u00e0 faire soi-m\u00eame et \u00e0 entretenir \u2013 dans les m\u00e9tiers de la s\u00e9curit\u00e9, les femmes sont les plus souvent coiff\u00e9es d\u2019une queue de cheval facile et rapide \u00e0 faire. <\/p>\n\n\n\n<p>Ils exigent de voir nos\npi\u00e8ces d\u2019identit\u00e9, nous sommes deux \u00e0 ne pas les avoir sur nous, apr\u00e8s tout\nnous sommes juste sorties faire un tour dans le quartier. Ils nous disent que\nla carte bancaire suffit et recopient nos noms \u00e0 partir de ces documents. Puis\nils exigent de voir nos photos. Nous devons ouvrir les deux appareils que ma\ncoll\u00e8gue polonaise avait utilis\u00e9s. \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que c\u2019est que\n\u00e7a&nbsp;\u00bb&nbsp;? -me demande un des hommes en d\u00e9signant la seule photo de mon\nappareil, deux fen\u00eatres \u00e9clair\u00e9es de la Old Bailey mais pouvant provenir de\nn\u2019importe quel b\u00e2timent. Je r\u00e9ponds simplement \u00ab&nbsp;je ne sais pas, un\nb\u00e2timent avec des fen\u00eatres allum\u00e9es&nbsp;\u00bb. Un autre questionne ma coll\u00e8gue\nfran\u00e7aise sur la photo de l\u2019Eglise Guilde Church of St Martin du 17 si\u00e8cle de\nla rue Lutgate Hill. Sa r\u00e9ponse est \u00ab&nbsp;c\u2019est une \u00e9glise. Des Polonaises\ns\u2019int\u00e9ressent forc\u00e9ment aux \u00e9glises&nbsp;\u00bb&nbsp;! Cela commence \u00e0 faire tr\u00e8s\nbizarre d\u2019\u00eatre interrog\u00e9es comme \u00e7a. Les flics ont bien cit\u00e9 rapidement quelque\nchose qui ressemble \u00e0 un article de loi mais ils l\u2019ont fait tellement vite\nqu\u2019on n\u2019a rien compris. On se met \u00e0 leur parler. On est des touristes\n\u00e9trang\u00e8res qui viennent juste d\u2019arriver \u00e0 Londres. On a \u00e0 peine mis le pied\ndans l\u2019appartement de location et fait notre premi\u00e8re ballade dans le centre de\nLondres. On a fait des photos d\u2019un b\u00e2timent certes officiel, mais historique\nqu\u2019il n\u2019est pas interdit de photographier.&nbsp; Alors&nbsp;? <\/p>\n\n\n\n<p>Alors les \u00e9tranges\npoliciers de la City of London nous disent que ce qui compte est <strong>\u00ab&nbsp;l\u2019intention&nbsp;!\nEt l\u2019intention est de commettre un acte terroriste&nbsp;\u00bb&nbsp;!<\/strong> En effet,\nsous le \u00ab&nbsp;Terrorisme Act\u00bb il est interdit de photographier un b\u00e2timent ou\naura lieu le lendemain \u00ab&nbsp;a very sensitive trial&nbsp;\u00bb (proc\u00e8s tr\u00e8s\nsensible)&nbsp;! Nous y sommes\u2026 les flics de la City of London Corporation font\nla chasse aux soutiens de Julian Assange qui viendraient pr\u00e8s de la Cour&nbsp;!\nCela commence \u00e0 m\u2019\u00e9nerver et m\u2019angoisser. Je ne vais pas recommencer avec la\nr\u00e9pression ill\u00e9gale comme celle que j\u2019ai subie en Gr\u00e8ce de 2009 \u00e0 2013. Il faut\nqu\u2019on sorte de cette situation&nbsp;! Nous expliquons qu\u2019on n\u2019a fait que des\nphotos touristiques de b\u00e2timents historiques. C\u2019est la nuit, nous sommes trois\nfemmes \u00e9trang\u00e8res entour\u00e9es de 6 flics bizarres qui ne se comportent pas en\nvrais professionnels mais en milice priv\u00e9 \u2013 oui la police de la City of London\nn\u2019est pas une police d\u2019Etat puisque la City of London Corporation n\u2019est pas un\nEtat ni m\u00eame une ville mais un curieux territoire hybride appartenant \u00e0 des\nentreprises priv\u00e9s auxquelles la Reine d\u2019Angleterre conf\u00e8re le privil\u00e8ge\nd\u2019avoir leur propre police. <strong>Nous ne sommes plus en Grande Bretagne, nous\nsommes dans un territoire g\u00e9r\u00e9 par une association priv\u00e9e, d\u2019aucun dirait une\nmafia.<\/strong> Quid de nos droits, alors que ce territoire n\u2019a pas sign\u00e9 de\nconvention bilat\u00e9rales avec nos pays&nbsp;? Nos consuls peuvent-ils nous\naider&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le jeune\ninterrogateur me pose la question pourquoi je photographie ces b\u00e2timents\nmodernes, je lui fais un cours d\u2019histoire sur l\u2019anniversaire du Blitz et les\nsouffrances que la population de Londres a endur\u00e9 sous les bombardements nazis.\nJe suis sensible en tant que Polonaise dont le pays a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement d\u00e9truit\npar les nazis \u00e0 cette terrible histoire de la destruction du c\u0153ur historique de\nLondres et de sa reconstruction apr\u00e8s la guerre. Je voulais montrer \u00e0 ma jeune\namie polonaise le contraste entre les restes de l\u2019architecture du 17 si\u00e8cle et\nles b\u00e2timents reconstruits dans les ann\u00e9es 50 et 60. L\u2019homme parait un peu\nimpressionn\u00e9 par mon la\u00efus et me fait un discours similaire sur sa famille\npendant le Blitz. En fait, je ne l\u2019\u00e9coute pas, je stresse \u00e0 l\u2019id\u00e9e de ce qui\npeut se passer maintenant. En effet, ce n\u2019est pas fini.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils cherchent quelque chose et se d\u00e9voilent vite. <strong>Chacune de nous est s\u00e9par\u00e9ment somm\u00e9e de dire si elle connait Julian Assange et ce qu\u2019elle pense de Julian Assange.<\/strong> Et si elle vient pour le proc\u00e8s. Pas question. Nous r\u00e9pondons toutes la m\u00eame chose, nous sommes venus en tant que Polonaises chercher du travail et comme on est dans le centre-ville on fait un tour touristique. La fliquette qui m\u2019interroge est goguenarde. Elle me demande ou on habite, je donne la rue. L\u2019appartement \u00e9videmment trop cher pour des migrantes. Je lui r\u00e9ponds \u00ab\u00a0c\u2019est une opportunit\u00e9\u00a0\u00bb, rajoutant qu\u2019\u00e0 mon \u00e2ge j\u2019ai plus d\u2019argent que ma jeune coll\u00e8gue. Elle me pose des questions sur le boulot que je vais faire, et quand je vais rentrer. Elle insiste sur Julian Assange, je vois bien qu\u2019elle ne me croit pas, j\u2019ai la tentation de dire la v\u00e9rit\u00e9, apr\u00e8s tout nous ne faisons rien de mal. Nous ne violons aucune Loi en tant qu\u2019association des Droits de l\u2019Homme. <strong>C\u2019est eux qui violent les Lois en maintenant un homme en otage captif depuis des ann\u00e9es et en le faisant juger par un pseudo-tribunal d\u2019entreprises priv\u00e9es.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au final toutes les trois\nnous finissons par dire \u00ab&nbsp;puisque vous nous dites que ce proc\u00e8s est\nsensible et qu\u2019il est si important et qu\u2019il n\u2019est pas interdit d\u2019y assister,\nalors oui, nous avons envie d\u2019y aller&nbsp;\u00bb&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas fini. L\u2019intimidation continue. Alors que les jeunes flics semblaient avoir fini leur exercice de contr\u00f4le sur nous, le chef en civil qui se tient plus loin leur donne un ordre de continuer. Voil\u00e0 que la fliquette aux nattes bien arrang\u00e9es se saisit de mon sac et commence \u00e0 me sortir une tirade sur les articles de loi anti terroristes selon lesquelles elle va me fouiller. <strong>Elle ne se pr\u00e9sente pas et n\u2019a pas de num\u00e9ro d\u2019identification sur elle, contrairement \u00e0 ce que la Loi selon laquelle elle pr\u00e9tend agir exige<\/strong> (comme le montre leur propre attestation ci-contre). Une fouille au corps ici dans la rue me semble bizarre et inappropri\u00e9e. Je saisis mon t\u00e9l\u00e9phone et je commence \u00e0 composer le num\u00e9ro du consulat polonais. Je lui dis <strong>\u00ab\u00a0puisque vous m\u2019accusez de terrorisme, cela commence \u00e0 \u00eatre s\u00e9rieux. Je ne comprends pas ce que vous dites. J\u2019ai droit \u00e0 l\u2019assistance d\u2019un interpr\u00e8te et d\u2019un avocat.<\/strong> J<strong>e t\u00e9l\u00e9phone donc \u00e0 mon consul pour que le consulat polonais nous pr\u00eate assistance\u00a0\u00bb<\/strong>. La jeune femme bafouille et fait marche arri\u00e8re\u00a0: \u00ab non, vous n\u2019\u00eates pas accus\u00e9 de terrorisme, mais en vertu de la Loi terrorisme Act nous pouvons contr\u00f4ler votre sac et vous fouiller dans la rue\u00a0\u00bb\u00a0! Je r\u00e9fl\u00e9chis. Apr\u00e8s tout nous n\u2019avons vraiment rien dans nos sacs. Je d\u00e9cide de me laisser faire. La femme met des gants et proc\u00e8de \u00e0 une palpation de s\u00e9curit\u00e9 malhabile et pas tr\u00e8s professionnelle. La femme qui fouille ma coll\u00e8gue fran\u00e7aise fait tellement mal son travail que sa palpation s\u2019apparente \u00e0 une agression sexuelle. Je suis inqui\u00e8te pour mon amie polonaise qui a subi en 24 heures 2 contr\u00f4les muscl\u00e9s de flics \u00e0 peine arriv\u00e9e dans le pays depuis 2 heures\u00a0! La rousse aux tresses ouvre mon sac et en sort tous les objets. Elle regarde mon agenda \u00e0 la date du 5 et du 6 septembre, inspecte le roman \u00e9rotique en Fran\u00e7ais j\u2019ai avec moi comme porte-bonheur (\u00ab\u00a0c\u2019est quoi\u00a0\u00bb\u00a0? \u00ab\u00a0un roman \u00e9rotique\u00a0\u00bb). S\u2019ils s\u2019attendaient \u00e0 des affiches ou tracts pour Assange, ils sont d\u00e9\u00e7us, il n\u2019y a strictement rien dans mon sac et heureusement. <strong>Cela dit des policiers professionnels cherchent des armes ou de la drogue, et ne passent pas leur service \u00e0 inspecter des agendas personnels et des livres comme s\u2019ils \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 devenus une police politique de la pens\u00e9e.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, la fliquette\nrousse remet mes objets dans mon sac, mais un des hommes, un de ceux qui\nd\u00e9cident, sort et <strong>exhibe mon Gilet Jaune toujours dans la poche de mon sac.<\/strong>\n\u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que c\u2019est&nbsp;\u00bb&nbsp;? Il est ironique. Il cherche \u00e0 me faire\navouer que je fais partie du mouvement des Gilets Jaunes. En Occident la police\npolitique a commenc\u00e9. Je lui dis tranquillement \u00ab&nbsp;un gilet jaune pour le\nv\u00e9lo&nbsp;\u00bb. Je me tiens pr\u00eate \u00e0 appeler le consulat si jamais cela\nd\u00e9g\u00e9n\u00e8rerait.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, c\u2019est fini, les\n\u00e9l\u00e8ves flics n\u2019ont rien trouv\u00e9. Elles nous demandent si on veut des\nattestations de la fouille. Oh que si&nbsp;! Pour avoir la preuve que vous\nn\u2019avez rien trouv\u00e9&nbsp;! Pendant que les fliquettes s\u2019appliquent \u00e0 remplir un\nformulaire des plus succincts qui ne raconte aucunement la brutalit\u00e9\npsychologique de leur intervention sur nous, <strong>l\u2019homme en civil d\u00e9cideur fait\nmine de parler de fouiller notre domicile<\/strong>. L\u00e0 je m\u2019\u00e9nerve et je lui dis\n\u00ab&nbsp;Non. Pour cela vous devez pr\u00e9senter un ordre \u00e9crit\u00bb. Il n\u2019insiste pas. <strong>Visiblement,\ntout cela est bluff et storytelling destin\u00e9 \u00e0 nous impressionner<\/strong>. Il n\u2019a\naucun document nous incriminant pour aucun d\u00e9lit. Photographier la Old Bailey\nn\u2019est pas interdit et si cela l\u2019\u00e9tait cela doit \u00eatre visible par \u00e9crit.\nPhotographier un b\u00e2timent n\u2019est pas synonyme de pr\u00e9paration d\u2019attentat\nterroriste. Elles vont loin cependant, dans l\u2019intimidation, les polices priv\u00e9es\nde Lord Mayor de la City of London. <\/p>\n\n\n\n<p>La polici\u00e8re m\u00e9tisse qui\ninspecte notre coll\u00e8gue fran\u00e7aise finit par lui dire, alors qu\u2019il nous d\u00e9mange\nde leur poser la question cruciale \u00ab&nbsp;mais qui \u00eates-vous&nbsp;\u00bb&nbsp;?\n\u00ab&nbsp;Nous ne sommes pas la police britannique mais celle de la City of\nLondon. La City of London, c\u2019est quelque chose de particulier. <strong>Vous voyez le\nVatican&nbsp;? Nous sommes comme le Vatican. Ind\u00e9pendant de le Grande\nBretagne&nbsp;\u00bb.<\/strong> Je pose aussi la question qui cible le pouvoir \u00e0 mon\ninspectrice rousse. Elle confirme&nbsp;: la milice de la City of London\nCorporation est ind\u00e9pendante du gouvernement britannique. Nous sommes en\nterritoire hostile, mais un territoire qui n\u2019est pas un sujet du droit\ninternational, pas un Etat, mais une entreprise priv\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>Ils nous rel\u00e2chent. Nous\nsommes sonn\u00e9s et rentrons \u00e0 l\u2019appartement. Le papier que ces\n\u00ab&nbsp;policiers&nbsp;\u00bb nous envoient ne mentionnent pas quel est le r\u00e9sultat\nde leur fouille dans nos sacs et sur nos corps. Il est dit uniquement\n\u00ab&nbsp;des femmes ont photographi\u00e9 la Old Bailey la veille d\u2019un proc\u00e8s\nsensible&nbsp;\u00bb. D\u00e8s le lendemain matin la Old Bailey sera photographi\u00e9e des\ndizaines de milliers de fois et aucun des supporters de Julian Assange ne sera\ninqui\u00e9t\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019est cette nuit qu\u2019il ne\nfallait pas qu\u2019on voit ce qui se passe \u00e0 la Old Bailey. Que se passait-il donc\nde si particulier cette nuit de veille du proc\u00e8s&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le papier de la police\nque nous r\u00e9cup\u00e9rons dans notre boite mail ne donne aucun r\u00e9sultat de leur\nfouille, ce qui est inqui\u00e9tant. Par contre il stipule que bien que la police\nn\u2019a le droit de proc\u00e9der aux fouilles que si elle \u00ab&nbsp;des raisons de\nsuspecter que tu a vol\u00e9 quelque chose ou que tu portes des armes offensives,\ndes drogues ou quelques choses qui peut \u00eatre utilis\u00e9 pour un vol, un\ncambriolage ou pour commettre un dommage criminel&nbsp;\u00bb. <strong>Visiblement\nl\u2019objet que les milices de la City consid\u00e8rent comme une arme possible est un\nappareil photo&nbsp;!<\/strong> Bel exemple de mise en place d\u2019une dictature que de\np\u00e9naliser des preneurs d\u2019images la veille d\u2019un proc\u00e8s pour journalisme&nbsp;! La\ndictature de milices priv\u00e9es en marche en Europe, il n\u2019y a pas de doute&nbsp;!<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref1\">[1]<\/a>\nJoshua Levine \u00ab&nbsp;The secret story of the Blitz&nbsp;\u00bb, Simon and Shuster,\n2015, London<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref2\">[2]<\/a>\n<a href=\"https:\/\/www.europarl.europa.eu\/charter\/pdf\/text_fr.pdf\">https:\/\/www.europarl.europa.eu\/charter\/pdf\/text_fr.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref3\">[3]<\/a>\n<a href=\"http:\/\/www.textes.justice.gouv.fr\/textes-fondamentaux-10086\/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087\/declaration-universelle-des-droits-de-lhomme-de-1948-11038.html\">http:\/\/www.textes.justice.gouv.fr\/textes-fondamentaux-10086\/droits-de-lhomme-et-libertes-fondamentales-10087\/declaration-universelle-des-droits-de-lhomme-de-1948-11038.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref4\">[4]<\/a>\n<a href=\"https:\/\/eur-lex.europa.eu\/legal-content\/FR\/TXT\/?uri=celex:12007L\/TXT\">https:\/\/eur-lex.europa.eu\/legal-content\/FR\/TXT\/?uri=celex:12007L\/TXT<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref5\">[5]<\/a> <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Michael_Mainelli\">https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Michael_Mainelli<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.cityoflondon.gov.uk\/about-us\/about-the-city-of-london-corporation\/lord-mayor\/lord-mayor-biography\">https:\/\/www.cityoflondon.gov.uk\/about-us\/about-the-city-of-london-corporation\/lord-mayor\/lord-mayor-biography<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/news.cityoflondon.gov.uk\/city-of-london-corporation-appoints-new-executive-director-of-mansion-house--central-criminal-court\/\">https:\/\/news.cityoflondon.gov.uk\/city-of-london-corporation-appoints-new-executive-director-of-mansion-house&#8211;central-criminal-court\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Lord_Mayor_of_London\">https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Lord_Mayor_of_London<\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-the-6-kbw-blog wp-block-embed-the-6-kbw-blog\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"QFru8b1aVC\"><a href=\"https:\/\/blog.6kbw.com\/posts\/the-central-criminal-court\">The Central Criminal Court<\/a><\/blockquote><iframe class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" title=\"&#8220;The Central Criminal Court&#8221; &#8212; The 6KBW Blog\" src=\"https:\/\/blog.6kbw.com\/posts\/the-central-criminal-court\/embed#?secret=QFru8b1aVC\" data-secret=\"QFru8b1aVC\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref6\">[6]<\/a>\n<a href=\"https:\/\/www.encyclopediavirginia.org\/virginia_company_of_london\">https:\/\/www.encyclopediavirginia.org\/virginia_company_of_london<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.britannica.com\/topic\/Virginia-Company\">https:\/\/www.britannica.com\/topic\/Virginia-Company<\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_0020-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-30\" srcset=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_0020-1024x768.jpg 1024w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_0020-300x225.jpg 300w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_0020-768x576.jpg 768w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_0020-1568x1176.jpg 1568w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_0020.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Formulaire ill\u00e9gal de Flixbus recueillant des donn\u00e9es de sant\u00e9 des voyageurs francais &#8211; violation de l&rsquo;article 3 et 8 de la Charte Europ\u00e9enne des Droits Fondamentaux<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" width=\"708\" height=\"880\" src=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Milice-City-of-London-attestation-.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-31\" srcset=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Milice-City-of-London-attestation-.png 708w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Milice-City-of-London-attestation--241x300.png 241w\" sizes=\"(max-width: 708px) 100vw, 708px\" \/><figcaption>Attestation de fouille anti terroriste de la milice de la City of London Corporation<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Virginia_Company\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Virginia_Company<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lundi 7 septembre 2020 \u2013\npremier jour \u00e0 la Old Bailey<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes stress\u00e9s par\nl\u2019incident policier et je ne peux pas me lever au plus t\u00f4t. Nous n\u2019arrivons \u00e0\nla Old Bailey qu\u2019un peu apr\u00e8s 6 heures du matin. 4 personnes sont d\u00e9j\u00e0 debout avec\ndeux pancartes devant le rideau tir\u00e9 du Passage Warwick. On ne sait pas si\nc\u2019est bien ici que public va entrer mais nous n\u2019avons pas le choix que de nous\nplacer \u00e0 leur suite. On les salue et on reste polies mais la tension montera\nvite et restera vive toute la journ\u00e9e. Jamie, Sandra, le journaliste allemand\nMoritz M\u00fcller et deux autres hommes jouent le r\u00f4le de \u00ab&nbsp;chauffe\nplace&nbsp;\u00bb &#8211; ils font la queue pour d\u2019autres et c\u00e8deront leur place \u00e0 la\nderni\u00e8re minute. Ce ne sont \u00e9videmment pas des r\u00e8gles \u00e9quitables du premier\narriv\u00e9 premier servi, j\u2019estime qu\u2019il n\u2019y a pas de personne plus importante que\nd\u2019autres et personne ne doit servir de larbin \u00e0 quelqu\u2019un, mais ce n\u2019est pas le\nprobl\u00e8me le plus aig\u00fce. Le plus dur est que m\u00eame si nous restons calmes, les\n\u00ab&nbsp;supporters&nbsp;\u00bb se sentent autoris\u00e9s \u00e0 resquiller et nous passer\ndevant, de sorte qu\u2019au bout de 3 longues heures d\u2019attente alors qu\u2019un agent de\ns\u00e9curit\u00e9 ouvre la grille et que nous pouvons rentrer dans l\u2019\u00e9troit boyau du\npassage, nous nous retrouverons dixi\u00e8mes dans la file alors que nous \u00e9tions\ncinqui\u00e8mes le matin.<\/p>\n\n\n\n<p>Une femme au chapeau de\npaille, un homme viennent se mettre devant nous et nous poussent des coudes\npour nous faire partir. Puis ils et elles nous agressent de diverses mani\u00e8res,\nd\u2019abord en criant que nous les agressons (la fameuse inversion du bourreau qui\ncrie \u00eatre victime\u2026), en jouant les kapo du \u00ab&nbsp;social distancing&nbsp;\u00bb ou\nen nous interpellant m\u00e9chamment sur la quarantaine que les Fran\u00e7ais sont\noblig\u00e9s de faire. Je r\u00e9ponds qu\u2019ils n\u2019ont qu\u2019\u00e0 faire 3 pas en arri\u00e8re pour\navoir leur \u00ab&nbsp;social distancing&nbsp;\u00bb, tout en mettant le masque museli\u00e8re\nqui ici devient un accessoire utile de d\u00e9monstration de notre bonne volont\u00e9 \u00e0\nrespecter les codes sociaux. Je dis aussi que je suis Polonaise donc exempt\u00e9e\nde quarantaine mais l\u2019ambiance est irrespirable car la violence des\n\u00ab&nbsp;supporters&nbsp;\u00bb augmente au fur et \u00e0 mesure que l\u2019heure avance. <\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s 8h30 alors que la\npolice de la City of London est sur place et que la manifestation en faveur de\nJulian Assange grossit devant l\u2019entr\u00e9e principale, <strong>nous savons d\u00e9j\u00e0 qu\u2019il\nn\u2019y a que DEUX places dans la galerie du public&nbsp;!<\/strong> Les pr\u00e9textes sont\nfallacieux et le covid joue un r\u00f4le de choix dans l\u2019annulation de la publicit\u00e9\ndu proc\u00e8s, encore une violation des droits que nous subissons partout sur tout\nnotre continent europ\u00e9en. Nous tous, avec Julian Assange.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais je pers\u00e9v\u00e8re,\nd\u2019autant plus qu\u2019une des polici\u00e8re, une dame d\u2019une soixantaine d\u2019ann\u00e9e, grande\nblonde masqu\u00e9e, <strong>v\u00eatue de l\u2019uniforme au damier blanc et rouge de la City of\nLondon Corporation qui semble diriger les op\u00e9rations <\/strong>s\u2019approche de nous\nvers 8h00 et nous permet de rester faire la queue pour demander \u00e0 la Cour si\nnotre association de d\u00e9fense des droits de l\u2019homme pourrait recevoir une\naccr\u00e9ditation pour le lendemain. Elle est affable et n\u2019a rien \u00e0 voir avec les\ngens bizarres que nous avions subis la veille. Les \u00ab&nbsp;vrais&nbsp;\u00bb\npoliciers ne semblent pas du tout \u00eatre les m\u00eames, aucun de ceux d\u2019hier ne sont\npr\u00e9sents. <strong>Les uniformes nickels et les coiffures appr\u00eat\u00e9es des femmes de la\nfameuse patrouille de nuit nous semblent de plus en plus ressembler \u00e0 du d\u00e9cor\nde cin\u00e9ma<\/strong>. La voiture des policiers de la City of London est noire alors\nque celle des policiers britanniques sont bleues et jaunes. Quelques policiers\nde la Grande Bretagne seront pr\u00e9sents mardi et mercredi mais tout comme devant\nla Westminster ils resteront courtois et discrets.<\/p>\n\n\n\n<p>A 9h30 la tension est \u00e0\nson comble. La manifestation organis\u00e9e bat son plein devant le b\u00e2timent\nhistorique. Certains aspects font penser \u00e0 un spectacle ridicule et\nd\u00e9cal\u00e9&nbsp;: un homme se prom\u00e8ne jambes nues v\u00eatu d\u2019une jupe au couleurs de\nl\u2019Irlande, une femme porte un costume de kangourou cens\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 le\n\u00ab&nbsp;kangurou court&nbsp;\u00bb&nbsp; le proc\u00e8s \u00ab&nbsp;kangourou&nbsp;\u00bb. Une autre\ndistribue des tracts pour \u00ab&nbsp;l\u2019av\u00e8nement de J\u00e9sus&nbsp;\u00bb tandis que des\nacteurs grim\u00e9s d\u00e9ambulent avec un simulacre de croix. <strong>Je ne pense pas que\ncette mise en sc\u00e8ne mette en valeur l\u2019engagement politique de Julian Assange.<\/strong>\nJ\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 voir des vrais militants politiques, des syndicalistes, des\nmembres du Parti communiste, du Labour de gauche, des associations de droits de\nl\u2019homme anglaises\u2026 Mais ces repr\u00e9sentants de la vraie soci\u00e9t\u00e9 civile anglaise\nne veulent pas toucher \u00e0 l\u2019affaire Assange comme si la complexit\u00e9 de la\nquestion les d\u00e9routait. Il est vrai qu\u2019ils auraient alors besoin de nettoyer en\nprofondeur leur soci\u00e9t\u00e9, les contradictions de leur syst\u00e8me politique f\u00e9odal\n(la City of London en tant que fief f\u00e9odal du suzerain de la Couronne d\u2019Angleterre)\net ils semblent reculer devant cette t\u00e2che hercul\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n<p>En tant qu\u2019\u00e9tranger\nluttant pour la libert\u00e9 d\u2019un homme otage nous n\u2019avons pas ces h\u00e9sitations et\nnous devons aller de l\u2019avant parce que notre libert\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 la sienne.<\/p>\n\n\n\n<p>A 10h un agent de\ns\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9, assez \u00e2g\u00e9, ouvre la porte de la galerie du public dans le\nPassage Warwick. Il fait entrer les familles des quelques autres\n\u00ab&nbsp;cas&nbsp;\u00bb &#8211; Maurice Robinson et Christopher Kennedy, deux jeunes\nroutiers anglais accus\u00e9s d\u2019avoir assassin\u00e9 14 migrants vietnamiens en les\nlaissant mourir dans leur camion frigorifique en novembre 2019 ainsi que la\nfamille d\u2019un homme ayant tu\u00e9 sa femme. Les quelques 10 personnes montent les\nescaliers alors que nous restons devant la porte.<\/p>\n\n\n\n<p>La confusion s\u2019installe\nalors et la pression physique des personnes \u00ab&nbsp;chauffe place&nbsp;\u00bb\naugmente sur nous. Nous sommes accus\u00e9s de tous les maux dont se rendent en\nr\u00e9alit\u00e9 coupable ces gens qui sont cens\u00e9s \u00eatre nos alli\u00e9s dans la d\u00e9fense de\nJulian Assange. On dirait un sc\u00e9nario bien huil\u00e9 pour nous emp\u00eacher d\u2019entrer en\nnous faisant perdre notre sang froid. Comme je connais le sc\u00e9nario depuis un an\net 14 audiences, je ne me d\u00e9monte pas. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les lieux et les\nprotagonistes du \u00ab&nbsp;jeu&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Puis brusquement la\nsituation se d\u00e9bloque&nbsp;: un agent de s\u00e9curit\u00e9 jeune vient pr\u00eater main forte\nau plus \u00e2g\u00e9. La porte d\u2019entr\u00e9e vers la \u00ab&nbsp;public gallery&nbsp;\u00bb s\u2019ouvre. Les\nagents annoncent \u00ab&nbsp;la famille&nbsp;\u00bb de Julian Assange qui a priorit\u00e9.\nAvec je vois arriver John Shipton et puis avec surprise le trio de f\u00e9vrier et\ncompos\u00e9 du fr\u00e8re de John Shipton, de la femme de celui-ci et du fils du fr\u00e8re.\nJe ne les ai \u00e9videmment vu \u00e0 aucune audience interm\u00e9diaire \u00e0 la Westminster\nCourt. Stella Moris est \u00e9galement absente, <strong>elle ne sera JAMAIS pr\u00e9sente dans\nles lieux avec la famille.<\/strong> Par contre Craig Murray leur emboite le pas. Je\nsuis fatigu\u00e9e de cette opacit\u00e9 \u2013 qui d\u00e9cide de qui est la famille&nbsp;? \u2013 mais\nje ne peux rien faire. Pire, une fois que les cinq de la Woolwich Court\nrentrent dans l\u2019\u00e9troit escalier menant aux \u00e9tages, des conciliabules entre\nDeepa River et les agents de s\u00e9curit\u00e9 commencent car les militants\n\u00ab&nbsp;chauffe-place&nbsp;\u00bb ont d\u00e9gag\u00e9 la place. Ces n\u00e9gociations opaques ont\ncomme r\u00e9sultat l\u2019entr\u00e9e de Kristinn Hrafnsson, de Fidel Narvaez et de John\nPilger dans l\u2019escalier. Pilger n\u2019a \u00e9videmment jamais fait la queue,\ncontrairement \u00e0 Fidel Narvaez que j\u2019ai vu depuis le matin mais qui a pu\ncirculer librement sans \u00eatre accul\u00e9 \u00e0 tenir la porte comme nous pour ne pas\n\u00eatre vir\u00e9. Je suis alors en col\u00e8re, surtout quand je pense aux immenses efforts\nque nous avons d\u00fb faire pour arriver l\u00e0\u2026. Mais je reste sto\u00efque, essayant\ncependant de discuter avec l\u2019agent de s\u00e9curit\u00e9 d\u2019une \u00ab&nbsp;accr\u00e9ditation pour\nassociation de d\u00e9fense des droits de l\u2019homme&nbsp;\u00bb. L\u2019homme me regarde et dit\nqu\u2019il n\u2019y a pas de place dans la salle 10 \u00ab&nbsp;\u00e0 cause du coronavirus&nbsp;\u00bb\nmais \u00e0 son attitude je comprends qu\u2019il faut pers\u00e9v\u00e9rer.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes maintenant\nles deux Polonaises devant la porte. Entre l\u2019entr\u00e9e principale dans la rue et\nnotre porte s\u2019active G., la myst\u00e9rieuse militante que j\u2019ai toujours vue, toutes\nles fois \u00e0 toutes les audiences depuis 1 an. G. a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 hostile vis-\u00e0-vis\nde moi, puis amicale lorsque nous avons fait cause commune contre les listes de\nGreekemmy. Elle a assist\u00e9 aux 4 jours \u00e0 la Woolwich Court et je l\u2019ai revue en\njuillet et ao\u00fbt dernier \u00e0 la Westminster. G. parle un Anglais d\u2019Oxford de tr\u00e8s\nhaut niveau et on ne sait rien d\u2019elle ni comment elle fait pour toujours\nentrer. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 pein\u00e9e ce matin lorsqu\u2019elle m\u2019a attaqu\u00e9 vertement dans la\nqueue en resquillant alors m\u00eame qu\u2019elle \u00e9tait arriv\u00e9e apr\u00e8s moi et au final je\nla vois me passer devant. Elle a l\u2019air d\u2019avoir un certain pouvoir car elle\nn\u00e9gocie avec les agents de s\u00e9curit\u00e9 et des responsables de la Cour l\u2019entr\u00e9e de\ndeux autres protagonistes du jeu que je connais depuis la Woolwich, <strong>Rebecca\nVincent de Reporter Sans Fronti\u00e8res UK et Christian Mihr de Reporters Sans\nFronti\u00e8res Allemagne<\/strong>. Je ne peux cependant comprendre la teneur des\n\u00e9changes car je ne peux quitter mon poste dans le sombre boyau du passage\nWarwick pour aller vers l\u2019entr\u00e9e principale dans la rue. <\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019elle me pousse\npour se retrouver devant moi face \u00e0 la porte, je r\u00e9agis. D\u2019un ton gentil,\npresque suppliant je lui dis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pourquoi tu me fais cela. J\u2019ai\ntoujours \u00e9t\u00e9 loyale avec Toi&nbsp;\u00bb. Elle continue dans la veine agressive,\nm\u2019accusant de la pousser et me parlant du fameux \u00ab&nbsp;social\ndistancing&nbsp;\u00bb. C\u2019est une pose. Alors, je lui dis simplement&nbsp;: \u00ab&nbsp;Qui\nes-tu&nbsp;? Comment se fait-il que tu entres toujours&nbsp;? Tu as dit \u00eatre\nchercheuse, mais je n\u2019ai jamais rien lu de ce que tu as \u00e9crit&nbsp;\u00bb. Alors, la\nfemme r\u00e9prime un sourire. \u00ab&nbsp;Tu ne sais pas sous quel nom j\u2019\u00e9cris&nbsp;\u00bb.\nNon, effectivement elle n\u2019a jamais voulu dire son nom. Puis son visage devient\ns\u00e9v\u00e8re, d\u00e9termin\u00e9, mais \u00e9galement effray\u00e9&nbsp;: <strong>\u00ab&nbsp;Je fais cela pour\nmon pays&nbsp;\u00bb dit -elle. \u00ab&nbsp;Tu n\u2019as pas remarqu\u00e9 qu\u2019il n\u2019y a aucun\nBritannique dans cette affaire&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si j\u2019ai remarqu\u00e9. Que des\nAustraliens et des Allemands. Et ici c\u2019est le lieu international de la Cit\u00e9 des\nBanquiers mondiaux par excellence. Je bafouille, surprise, je parle du fr\u00e8re de\nShipton, ne vit-il pas ici&nbsp;? J\u2019en oublie que Craig Murray est cens\u00e9 avoir\n\u00e9t\u00e9 diplomate de Sa Majest\u00e9. Mais pour elle, il ne repr\u00e9sente ici pas son pays.\n<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/20200908_155006-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-36\" srcset=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/20200908_155006-1024x576.jpg 1024w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/20200908_155006-300x169.jpg 300w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/20200908_155006-768x432.jpg 768w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/20200908_155006-1568x882.jpg 1568w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Porte coch\u00e8re de livraison qui donne sur de vastes sous sols pourvus en cellule, une cantine&#8230; <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Tout va alors tr\u00e8s vite.\nLa porte s\u2019ouvre. Kristinn Hrafnsson apparait suivi de John Pilger. Les deux\nhommes quittent les lieux apr\u00e8s une heure seulement. L\u2019agent de s\u00e9curit\u00e9\nannonce qu\u2019il peut nous faire entrer. Georgia la premi\u00e8re, puis moi, puis les\ndeux de RSF. Je donne mon t\u00e9l\u00e9phone portable \u00e0 ma co\u00e9quipi\u00e8re polonaise et je\ndevrais aussi jeter ma bouteille d\u2019eau et mes biscuits, toute alimentation\n\u00e9tant interdite. Le passage vers la galerie du public est un \u00e9troit boyau tout\nen bois sombre et au linol\u00e9um fatigu\u00e9 qui me rappelle l\u2019architecture\nstalinienne du tribunal de Varsovie dans les ann\u00e9es 90-93. Dans un minuscule\nentresol se trouve le PC de l\u2019agent, ainsi qu\u2019une caisse en m\u00e9tal \u2013 un\nd\u00e9tecteur de m\u00e9taux mod\u00e8le des ann\u00e9es 80. Une fois que nos sacs passent dans la\ncaisse et que l\u2019agent n\u2019a rien trouv\u00e9 d\u2019interdit, nous traversons un portique\nde s\u00e9curit\u00e9. Il est assez sensible car mes chaussures sonnent chaque fois. D\u00e8s\nque je suis lib\u00e9r\u00e9e de la fouille, je me mets \u00e0 courir pour ne pas perdre ma\nplace. Trois grands \u00e9tages \u00e0 gravir d\u2019un escalier bunk\u00e9ris\u00e9 sans fen\u00eatres, un\nplancher en lino sale, des toilettes dans les entresols derri\u00e8re de lourdes\nportes en bois fonc\u00e9 (les toilettes femmes sont condamn\u00e9es pour cause de\ncorona, il faudra aller dans les toilettes hommes, garnies de lavabos et de pissoti\u00e8res\nmod\u00e8le des ann\u00e9es 1960. Personne n\u2019a jamais r\u00e9nov\u00e9 ni modernis\u00e9 ces lieux qui\nn\u2019ont d\u2019ailleurs pas l\u2019air tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9s).<\/p>\n\n\n\n<p>Je croise au 1er, 2\u00e8me et\n3\u00e8me \u00e9tage les familles des autres accus\u00e9s qui attendent dans un petit\nvestibule sur le palier. Je dois courir tout en haut, au 4\u00e8me \u00e9tage de cet\nescalier, 5\u00e8me et dernier \u00e9tage du b\u00e2timent et j\u2019arrive essouffl\u00e9e. Sur le\npalier une femme blanche \u00e2g\u00e9e en uniforme blanc et noir masqu\u00e9e me dit\nd\u2019attendre. Elle se concerte avec une autre agente assise dans le couloir dans\nun renfoncement devant un \u00e9cran de cam\u00e9ras. Les cam\u00e9ras de surveillance montrent\nl\u2019escalier et elle doit en plus surveiller le couloir. Pas de PC s\u00e9curit\u00e9, je\nme fais la r\u00e9flexion sur les conditions de travail lamentables des prol\u00e9taires\nanglais si ob\u00e9issants. Les deux femmes me disent de les suivre. Dans l\u2019\u00e9troit\net sombre couloir nous longeons la \u00ab&nbsp;Court Room 10&nbsp;\u00bb et elles ouvrent\nla porte suivante \u00ab&nbsp;Court Room 9&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Je descends dans la\ngalerie du public, je m\u2019assieds sur une des nombreuses chaises vides. G. est\nderri\u00e8re moi loin de moi, \u00e0 ma gauche au fond je retrouve Fidel Narvaez mais\nRebecca Vincent et Christian Mihr ne se formalisent pas du \u00ab&nbsp;social\ndistancing&nbsp;\u00bb (et je ne leur en veux pas) et se placent dans la rang\u00e9e\njuste derri\u00e8re moi un peu en hauteur. <strong>Je ne suis pas dans le \u00ab&nbsp;Saint\ndes Saints&nbsp;\u00bb, ce lieu est la Courtroom 1<\/strong>0. Je suis dans une salle\nmitoyenne qui accueille les journalistes et le public somm\u00e9s de suivre les\nd\u00e9bats de la salle 10 sur deux \u00e9crans video plac\u00e9s de part et d\u2019autre de la\npi\u00e8ce. <\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019enrage quand je compte\nle nombre de chaises vides&nbsp;: 40 places dans la galerie du public r\u00e9partis\nen 4 rang\u00e9es et nous ne sommes que 5&nbsp;! Le Coronavirus permet d\u00e9cidemment\nabolir toute r\u00e8gle d\u2019Etat de Droit alors qu\u2019il y a largement l\u2019espace pour\nfaire entrer 20 personnes&nbsp;! En bas du balcon de la galerie, je compte dans\nla salle elle-m\u00eame 50 chaises occup\u00e9es seulement par 15 personnes&nbsp;! Et il\ny a aussi \u00e0 droite de la salle le box des accus\u00e9s ou pas moins de 10 places\nrestent vides&nbsp;! <strong>En tout 100 places dont 80 vides&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le public des\njournalistes est donc tr\u00e8s clairsem\u00e9. La salle est une salle d\u2019audience comprenant\nune grande estrade avec haut fauteuil en cuir pour le juge (quelques livres de\ndroit gisent sur ce bureau) \u00e0 droite de la pi\u00e8ce. En dessous de l\u2019estrade se\ntrouve, en face des participants au rituel, le non moins confortable fauteuil\ndu greffier. Ici le si\u00e8ge est occup\u00e9 par\u2026 <strong>Rosie Sylvester, la manager que\nnous connaissons si bien de la Westminster&nbsp;!<\/strong> Elle est habill\u00e9e d\u2019un\ntailleur bon march\u00e9 et tape sur un ordinateur en regardant vaguement l\u2019\u00e9cran de\nl\u2019audience. Elle a droit \u00e0 de l\u2019eau, une bouilloire pour le caf\u00e9 et \u00e0 des\nobjets personnels qui attestent que c\u2019est son lieu de travail actuel. <strong>Elle\nne travaille donc pas pour la Westminster Court mais pour \u00ab&nbsp;le cas\nAssange&nbsp;\u00bb\u2026 <\/strong>Il n\u2019y a dans la salle aucun personnel sp\u00e9cifique de la\nCriminal Court Old Bailey car ce n\u2019est pas cette Cour qui juge Assange. Cette\nCour est le lieu o\u00f9 \u00e7a se passe, <strong>comme si on avait lou\u00e9 une salle pour une\nr\u00e9union qui ne peut plus se tenir nulle part ailleurs<\/strong>. Il se peut cependant\nque Rosie Sylvester et Vanessa Baraitser travaillent pour l\u2019entreprise <strong>priv\u00e9e\nPrudential<\/strong> qui est en r\u00e9alit\u00e9 propri\u00e9taire du b\u00e2timent central au 179-185\nMarylebone Road et qu\u2019elle loue \u00e0 la Westminster Court, comme le prouve le\ndocument du cadastre N\u00b0 NGL900525. Les b\u00e2timents des tribunaux ont \u00e9t\u00e9\nprivatis\u00e9s depuis longtemps en Grande Bretagne et le propri\u00e9taire <strong>Prudential\n<\/strong>peut tr\u00e8s bien louer des salles de r\u00e9unions pour d\u2019autres objectifs \u00e0\nd\u2019autres personnes morales et priv\u00e9es et salarier des employ\u00e9s directement ou\nen sous-traitance. Le \u00ab&nbsp;Proc\u00e8s Assange&nbsp;\u00bb peut en r\u00e9alit\u00e9 \u00eatre un\nspectacle men\u00e9e par une entreprise priv\u00e9e qui emploie les protagonistes en\nsalari\u00e9s. Un b\u00e2timent comme la Old Bailey dans un lieu quasi extraterritorial\ngarantit \u00e0 cette entreprise priv\u00e9e organisatrice une impunit\u00e9 totale.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous allons croiser Rosie\nen route vers son bureau t\u00f4t le matin vers 8 heures cheminant par le passage\nWarwick vers l\u2019entr\u00e9e du personnel \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du b\u00e2timent. Les agents de\ns\u00e9curit\u00e9 et de jeunes stagiaires passent aussi par cette entr\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p>Ici salle 9 Rosie est\nassise dans l\u2019axe de la pi\u00e8ce comme si elle se trouvait en face de Vanessa\nBaraitser derri\u00e8re le mur \u00e0 droite. En face de moi, perpendiculairement \u00e0 Rosie\nse trouvent 3 rang\u00e9es de 25 places, dont la moiti\u00e9 est condamn\u00e9e avec des\nrubalises \u00e0 droite alors qu\u2019\u00e0 gauche seules 4 places sont occup\u00e9es par des gens\n\u00e9crivant sur des ordinateurs (des journalistes&nbsp;?), des hommes aux\nphysiques passe partout. Un homme se d\u00e9tache n\u00e9anmoins de la masse&nbsp;: il\nest plus costaud, aux cheveux roux et visages rond. Il a un notebook mais aussi\nun t\u00e9l\u00e9phone portable non \u00e9teint qui fait du bruit lorsqu\u2019arrivent les\nmessages. Il a l\u2019air de sourire en regardant l\u2019\u00e9cran pile en face de lui. <strong>Il\nsuit tr\u00e8s attentivement le d\u00e9roul\u00e9 comme un r\u00e9alisateur le sc\u00e9nario de son\nfilm, tout en faisant de nombreux gestes ponctuant son observation. <\/strong>De\ntemps en temps il note sur son t\u00e9l\u00e9phone (privil\u00e8ge car nous n\u2019avons droit \u00e0\naucun outil ni m\u00eame \u00e0 un bloc-notes et stylo&nbsp;!). Le lendemain je\nd\u00e9couvrirai qu\u2019il est probable que ce soit le producteur de cin\u00e9ma et de\nspectacle <strong>Hamish Hamilton.<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019Allemagne dans la Old\nBailey<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les autres personnes ne\nsont pas journalistes non plus&nbsp;: je d\u00e9couvre avec stupeur <strong>la d\u00e9put\u00e9e au\nBundestag de<\/strong> <strong>Die Linke Heike H\u00e4nsel<\/strong> assise juste en face de Rosie\nSylvester dans la premi\u00e8re rang\u00e9e. Derri\u00e8re elle se trouvent deux jeunes\nhommes. Celui de gauche, un jeune roux aux lunettes, s\u2019av\u00e8re <strong>un repr\u00e9sentant\nde l\u2019Ambassade de l\u2019Allemagne&nbsp;!<\/strong> Je l\u2019apprends car Rebecca Vincent a\nbien sp\u00e9cifi\u00e9 \u00e0 l\u2019agent de s\u00e9curit\u00e9 qu\u2019elle est pistonn\u00e9e par l\u2019ambassade de\nl\u2019Allemagne dans les lieux. Sit\u00f4t arriv\u00e9e Vincent et Mihr ont droit aux saluts\nde Heike H\u00e4nsel qui leur d\u00e9signe le jeune homme comme leur contact de\nl\u2019ambassade. Je n\u2019entends pas son nom mais il apparait clair qu\u2019il est un\npersonnel politique de la mission diplomatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re eux une femme\nbrune \u00e0 la veste vert fonc\u00e9e me parait avoir \u00e9t\u00e9 parmi les journalistes qui\nfr\u00e9quentaient le proc\u00e8s depuis 1 an. A sa gauche sont assis trois hommes roux\nou blonds aux allures tr\u00e8s \u00ab&nbsp;baba cool&nbsp;\u00bb. Toutes ces personnes se\nparleront Allemand entre elles le lendemain et le surlendemain. Il n\u2019y a\npresque pas de Britanniques ici, oui. <strong>Par contre l\u2019Allemagne en tant qu\u2019Etat\nest tr\u00e8s pr\u00e9sente par sa d\u00e9put\u00e9 et ses diplomates. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019Allemagne est tr\u00e8s\npr\u00e9sente en particulier dans le dossier Assange, sans toutefois que les v\u00e9ritables\nchefs du projet 04 Wikileaks \u00ab&nbsp;Freedom of Expression&nbsp;\u00bb de la Wau\nHolland Siftung, sis au 25 Marienstrasse \u00e0 Berlin, Andy M\u00fcller Maguhn, Bernd\nFix, Klaus Schleisiek n\u2019aient le courage d\u2019assumer ouvertement leur\nresponsabilit\u00e9 et prendre la place de leur ancien ami et salari\u00e9 Julian Assange\ndans le box des accus\u00e9s. <\/strong>Ce sont pourtant eux les vrais chefs\nde ce projet de la Wau Holland qui perdure aujourd\u2019hui et dont M\u00fcller Maguhn\nassume la direction. Assange ne fut que la belle gueule, la vitrine de\nWikileaks, pour laquelle le public donnait de l\u2019argent s\u00e9duit par son physique\net son apparente honn\u00eatet\u00e9. M\u00fcller Maguhn, Fix, Schleisieck et les autres dirigeants\nde la Wau sont toujours rest\u00e9s dans l\u2019ombre et ne sont donc pas inqui\u00e9t\u00e9s par\nla justice am\u00e9ricaine tandis que leur marionnette Assange est livr\u00e9e en p\u00e2ture\nau Grand Inquisiteur. Il faut dire les choses brutalement car elles sont ainsi,\n<strong>preuve dans les rapports d\u2019activit\u00e9s de la Wau Holland que j\u2019ai \u00e9tudi\u00e9 avec\nsoin<a href=\"#_ftn1\"><strong>[1]<\/strong><\/a>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019Etat Allemand a l\u2019air\nde vouloir prot\u00e9ger sa fondation et ses citoyens, \u00e0 d\u00e9faut de soutenir Assange.\nL\u2019Allemagne est ici chez elle dans cette affaire<\/strong>.\nQu\u2019un proc\u00e8s se d\u00e9roule en pr\u00e9sence d\u2019un Etat \u00e9tranger est une pratique\nimpensable en droit mais il ne faut pas oublier qu\u2019ici nous ne sommes pas en\nGrande Bretagne mais \u00e0 la City of London Corporation, la Guilde des Marchands\nde Londres. Si les Sheriffs qui gouvernent le b\u00e2timent de la Cour et le Lord\nMayor de la City acceptent l\u2019influence de l\u2019Allemagne sur leurs institutions,\nje me demande si le gouvernement britannique a son mot \u00e0 dire sur ce qui se\npasse dans ce lieu- une enclave comme le Vatican sur son territoire\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Alors je regarde l\u2019\u00e9cran\nsuspendu sur le mur \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de la galerie. Et je ne vois h\u00e9las pas\ngrand-chose car il se trouve \u00e0 20 m\u00e8tres de moi et l\u2019image est floue. Le son\nest \u00e9galement peu audible. Je distingue n\u00e9anmoins la salle 10, avec Baraitser \u00e0\ngauche sur une estrade, Fitzgerald et Summers en chemise blanche en face d\u2019elle\ndevant des tables, Lewis et Clair Dobbin \u00e0 leur droite. Au fond je distingue\nvaguement des t\u00eates. Lorsque les avocats parlent, la cam\u00e9ra ne montre pas\nJulian Assange. Ce n\u2019est que lorsque le procureur parle que la cam\u00e9ra se tourne\n\u00e0 gauche et je peux distinguer de tr\u00e8s loin le box des accus\u00e9s <strong>\u2026 et une\nt\u00e2che blanche au visage blanc v\u00eatu d\u2019un habit vaguement marron entre deux\ngardes \u00e0 chemises blanches. Julian Assange est l\u00e0, oui,<\/strong> mais comment en\n\u00eatre s\u00fbr que c\u2019est bien lui alors qu\u2019on ne voit rien de son visage qu\u2019une tache\nblanche&nbsp;! Une autre tache blanche est assise devant lui, une femme avec\ndes cheveux noirs. Gareth Peirce est pr\u00e9sente aussi derri\u00e8re Fitzgerald, toute\nen noire alors qu\u2019elle n\u2019apparaissait plus depuis f\u00e9vrier.&nbsp; Au fond de la\nsalle, \u00e0 gauche d\u2019Assange, des t\u00eates indistinctes. Comment peut-on appeler cela\nun proc\u00e8s \u00e9quitable&nbsp;? Un proc\u00e8s secret digne des temps f\u00e9odaux oui. Mais\nla City of London Corporation est toujours r\u00e9gie par des Lois datant des temps\nf\u00e9odaux toujours valables et la Grande Bretagne a toujours dans son syst\u00e8me\npolitique des \u00e9l\u00e9ments de f\u00e9odalit\u00e9 comme le pouvoir de la Reine sur certaines\ninstitutions sociales, politiques juridiques et scientifiques. La City of\nLondon Corporation est cens\u00e9e avoir fait all\u00e9geance \u00e0 la Reine qui est son\nsuzerain direct selon les coutumes datant de 1186&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans un tel espace nous\nne pouvons esp\u00e9rer le respect des Droits de l\u2019Homme car les Lumi\u00e8res n\u2019ont\njamais r\u00e9ussi \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer ce lieu cl\u00f4t, feutr\u00e9, violent et puissant. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comme je n\u2019ai pas le\ndroit de prendre de notes, je n\u2019ai pas retenu la plaidoirie de Summers et la\nr\u00e9ponse du procureur. Je sais juste que pendant une heure l\u2019avocat de Wikileaks\na essay\u00e9 de plaider l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019accepter les nouvelles accusations des\nEtats Unis avec l\u2019argument d\u2019un envoi trop tardif des documents. Il ne conteste\ndonc pas le fond et reste dans le cadre d\u2019un \u00ab&nbsp;case management\nhearing&nbsp;\u00bb, une audience d\u2019organisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Au bout d\u2019une heure,\nc\u2019est la pause midi. Les agentes de s\u00e9curit\u00e9 viennent nous virer. Je n\u2019ai pas\nle choix que de sortir. Je parais tellement fatigu\u00e9e que les femmes me disent\nd\u2019enlever mon masque pour souffler. Je regarde la porte de la salle 10, la\nFamille a d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9 les lieux, je ne verrai ni Julian Assange ni personne par\nune porte entre-ouverte. <\/p>\n\n\n\n<p>Nous devons manger et\nnous reposer, ayant atteint les limites de ce qu\u2019un \u00eatre humain peut endurer\nsans repos et sommeil. Nous revenons trop tard, \u00e0 15 heures. Les militants\n\u00ab&nbsp;chauffe place&nbsp;\u00bb sont l\u00e0, ils se moquent de nous. Je reste un peu\ndevant la porte jusqu\u2019\u00e0 ce que quelqu\u2019un sonne et que l\u2019agent de s\u00e9curit\u00e9 ne me\nvoit. Il me dit poliment que pour aujourd\u2019hui c\u2019est impossible mais que je peux\nrevenir demain. <\/p>\n\n\n\n<p>Je rejoins les quelques\namis qui participent \u00e0 la manifestation carnavalesque devant la porte principale\nde la Old Bailey. Puis \u00e0 16 heures nous nous retrouvons avec eux \u00e0 attendre\ndevant la porte coch\u00e8re de la rue Newgate (nom de la prison qui desservait la\nCriminal Court tout au long de l\u2019histoire de la City et de Londres). Cette\nimmense vo\u00fbte commande l\u2019entr\u00e9e du passage entre le b\u00e2timent de la Old Bailey\ndu 19 si\u00e8cle et les bureaux d\u2019Axa \u00e0 gauche avec au fond au la Maison des\nCouteliers. Le passage arrive dans la petite cour int\u00e9rieure de la Old Bailey\nqui est aussi l\u2019entr\u00e9e des salari\u00e9s (\u00e0 voir sur le plan Google)<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>.\nLa chasse \u00e0 la photo de Julian Assange dans son fourgon est organis\u00e9e par la\nmeute de photographes, pr\u00e9sents en nombre le premier jour, nettement moins\nassidus les jours suivants. <\/p>\n\n\n\n<p>Comme en d\u00e9cembre 2019 et\nen janvier dernier les photographes se ruent sur les 4 fourgons sortants et sur\nune grande berline noire aux vitres teint\u00e9es. Ils flashent l\u2019int\u00e9rieur puis\nregardent leur photo pour reconnaitre Assange. Ce n\u2019est jamais lui, ils\npers\u00e9v\u00e8rent donc. On a compris qu\u2019il faut les suivre, puisque leur but est de\nvendre la photo et qu\u2019ils cesseront une fois leur butin attrap\u00e9 et envoy\u00e9 \u00e0\nleur r\u00e9daction. Pourtant les pauvres types qui sont sortis par la porte dans\nles fourgons ont l\u2019air d\u2019\u00eatre les autres accus\u00e9s de la Criminal Court jug\u00e9s inint\u00e9ressants\npar les m\u00e9dias. A un moment donn\u00e9 nous demandons aux photographes s\u2019ils ont eu\nla photo. Ils d\u00e9mentent, nous ne sommes pas certaines qu\u2019ils disent la v\u00e9rit\u00e9. Peut-\u00eatre\nque oui puisqu\u2019aucune photo d\u2019Assange n\u2019est finalement publi\u00e9e. D\u00e8s que la\nderni\u00e8re voiture est partie, la police l\u00e8ve le camp imm\u00e9diatement. Etrange\nproc\u00e8s ou nous avons subi tant d\u2019intimidation pour finalement voir de nos\npropres yeux qu\u2019il n\u2019est pas si \u00ab&nbsp;sensitive&nbsp;\u00bb que cela aux yeux des\n\u00ab&nbsp;vrais&nbsp;\u00bb autorit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Julian Assange reste\nvisiblement pi\u00e9g\u00e9 en captivit\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Old Bailey. Il n\u2019est pas\nsorti de la semaine Apr\u00e8s tout, dans la Old Bailey il y a tout ce qu\u2019il faut\npour tenir un si\u00e8ge&nbsp;: de vastes souterrains visibles<\/strong>\nquand les camions de livraisons am\u00e8nent les plateaux repas et le mat\u00e9riel de\ntournage et d\u2019enregistrement, une cantine, une cuisine dont on entendait les\nbruits dans le passage Warwick\u2026 Et certainement des appartements en haut et des\ncellules en bas. La nuit, les 4 et le 5 \u00e8mes \u00e9tages correspondant aux salles 9\net 10 et \u00e0 leurs couloirs et galeries seront illumin\u00e9s de leur lumi\u00e8re bleut\u00e9e.\nQuelqu\u2019un dort et travaille ici la nuit, incontestablement. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mardi 8 septembre 2020<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/20200908_153959-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-37\" srcset=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/20200908_153959-1024x768.jpg 1024w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/20200908_153959-300x225.jpg 300w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/20200908_153959-768x576.jpg 768w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/20200908_153959-1568x1176.jpg 1568w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Devant la Old Bailey de jour<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le lendemain apr\u00e8s une\nbonne nuit de repos nous arrivons beaucoup plus t\u00f4t, \u00e0 5h30. Le passage Warwick\nest ouvert et d\u00e9sert. Jamie arrive vers 6 heures, suivi de Sandra et de Deepa.\nIl est d\u00e9sappoint\u00e9 de nous voir avant lui et nous en fait la remarque\n\u00ab&nbsp;cette fois vous avez \u00e9t\u00e9 plus vite&nbsp;\u00bb&nbsp;! Je ne lui en veux pas\nmais je suis agac\u00e9e. Pour nous ce n\u2019est pas un jeu \u00e0 \u00ab&nbsp;qui arrive le\npremier&nbsp;\u00bb. Nous ne sommes pas comme ces \u00ab&nbsp;Titouchki&nbsp;\u00bb ukrainiens\nou bi\u00e9lorusses, ces gens pay\u00e9s par les fondations occidentales 100 Euros par\njour pour participer aux fausses manifestations de \u00ab&nbsp;r\u00e9volution de\ncouleur&nbsp;\u00bb contre Janoukovitsch ou Loukachenko. Personne ne nous paye, au\ncontraire, nous donnons nos forces et nos ressources pour la lutte commune. Je\nn\u2019ai rien contre Jamie, mais il est certain qu\u2019il n\u2019\u00e9crira jamais aucun compte\nrendu puisqu\u2019il n\u2019assistera jamais \u00e0 aucune audience de lui-m\u00eame. <\/p>\n\n\n\n<p>Comme hier notre attente\ndure longtemps, il commence \u00e0 faire froid en cette matin\u00e9e de septembre\nlondonien. J\u2019ai amen\u00e9 mon sac de couchage qui me sert de couverture. Vers 8\nheures des personnes commencent \u00e0 se rassembler devant la Old Bailey. Il y en a\nnettement moins que la vieille. Le storytelling effectu\u00e9, nos chers\njournalistes passent \u00e0 une autre nouvelle. Les employ\u00e9s traversent le passage\npour se rendre vers l\u2019entr\u00e9e des salari\u00e9s dans la cour. Rosie Sylvester passe\nvers 8 heures mais ne r\u00e9pond pas \u00e0 notre salut. Ce jour l\u00e0 il y a nettement\nmoins d\u2019audiences \u00ab&nbsp;normales&nbsp;\u00bb et plus aucune famille ne fera la\nqueue c\u00f4t\u00e9 passage Warwick. La v\u00e9ritable Cour Criminelle travaille aux \u00e9tage 1,\n2 et 3, le public fait la queue devant l\u2019entr\u00e9e principale. L\u2019entr\u00e9e du passage\nWarwick et l\u2019escalier qui y d\u00e9bouche est uniquement destin\u00e9 au \u00ab&nbsp;cas\nJulian Assange&nbsp;\u00bb <strong>comme si c\u2019\u00e9tait une r\u00e9union d\u2019une association ou\nd\u2019une entreprise priv\u00e9e qui aurait lou\u00e9 des salles inoccup\u00e9s aux deux derniers\n\u00e9tages. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A 8h30 le jeune agent de\ns\u00e9curit\u00e9 se pointe et nous annonce qu\u2019il n\u2019y aura que deux places pour le\npublic car trois sont \u00ab&nbsp;r\u00e9serv\u00e9es pour les VIP&nbsp;\u00bb. Deepa tente de\nparlementer et moi je rajoute \u00ab&nbsp;pouvez vous nous dire qui d\u00e9cide de qui\nest \u00ab&nbsp;Very Important Person&nbsp;\u00bb&nbsp;? Ce genre de passe-droit accord\u00e9\n\u00e0 des chanteuses comme autant des titres de noblesse modernes m\u2019agace\nprofond\u00e9ment. Deepa appuie ma demande de transparence. L\u2019homme est g\u00ean\u00e9 et nous\ndit qu\u2019il va se renseigner. Il ne revient jamais. Une des amie supporteur me\ndit ironiquement \u00ab&nbsp;voyons \u2013 les VIP, Pamela Anderson, Maria Carey, Mia, en\nplus elles ne sont m\u00eame pas l\u00e0\u00bb. C\u2019est s\u00fbr que des riches comme ces dames ne\nfont pas se geler les fesses \u00e0 faire la queue dans l\u2019immonde et sale boyau du\npassage. On est bien dans une soci\u00e9t\u00e9 f\u00e9odale et capitaliste.<\/p>\n\n\n\n<p>A 9h30 John Shipton et Craig\nMurray arrivent justement dans le boyau et \u00e9changent avec les militants. Vers\n10 heures le jeune agent s\u00e9curit\u00e9 ouvre la porte d\u2019entr\u00e9e et appelle \u00ab&nbsp;la\nFamille&nbsp;\u00bb&nbsp;puis nous d\u00e9signe \u00ab&nbsp;deux personnes. Premiers arriv\u00e9s,\npremiers servis&nbsp;\u00bb. Nous donnons nos t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 notre coll\u00e8gue. J\u2019ai vid\u00e9\nmon sac de tout, sauf d\u2019un chargeur \u00e9lectronique qui ne passera pas le\nportique. Heureusement qu\u2019une des militante, gentiment, me le gardera. John\nShipton, son fr\u00e8re, la femme du fr\u00e8re et leur fils sont l\u00e0 et entrent dans\nl\u2019escalier suivis de Craig Murray. Puis je rentre avec Barbara la Polonaise. Je\nsuis la derni\u00e8re \u00e0 passer l\u2019antique d\u00e9tecteur de m\u00e9taux et \u00e0 gravir \u00e0 toute\nvitesse les 4 \u00e9tages \u00e0 pieds pour ne pas perdre une miette du proc\u00e8s. Mais\narriv\u00e9e en haut je vois Barbara attendre dans le petit vestibule devant la\nporte vitr\u00e9e s\u00e9parant l\u2019escalier du couloir. Elle se tient debout en face des\n\u00ab&nbsp;familiers&nbsp;\u00bb de Julian Assange assis sur des si\u00e8ges en bois des ann\u00e9es\n60 tandis que le jeune homme est assis sur les marches. Une agente de s\u00e9curit\u00e9\nv\u00eatue d\u2019un uniforme bleu marine (il y a deux soci\u00e9t\u00e9s de s\u00e9curit\u00e9 diff\u00e9rentes\nqui travaillent pour le proc\u00e8s d\u2019Assange&nbsp;? Pourquoi les uniformes des\ngardiens d\u2019Assange sont aussi disparates&nbsp;?) vient nous dire que l\u2019audience\nest retard\u00e9e. Elle disparait dans le couloir et nous restons \u00e0 nous regarder un\npeu en chien de fa\u00efence. Craig Murray parle de l\u2019Ouzb\u00e9kistan \u00e0 son ami John\nShipton. Ce dernier compare ses grandes mains caleuses \u00e0 celles de son fr\u00e8re.\n\u00ab&nbsp;C\u2019est g\u00e9n\u00e9tique&nbsp;\u00bb dit-il. Il rit, d\u00e9tendu. Ses mains ne ressemblent\npas \u00e0 celles longues et fines de Julian Assange, mais on me dira \u00ab&nbsp;comment\n\u00eatre s\u00fbr de ressembler toujours \u00e0 son p\u00e8re&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Au bout de 20 minutes\nl\u2019agente de s\u00e9curit\u00e9 ouvre la porte et dit \u00abj\u2019ai besoin de connaitre les noms\ndes membres de la famille&nbsp;\u00bb. Le groupe assis en face de nous n\u2019est pas\ntr\u00e8s content de d\u00e9cliner son identit\u00e9<strong>. J\u2019entends ainsi que le fr\u00e8re de John\nShipton s\u2019appelle Sullivan Shipton, son fils Elliot Shipton et l\u2019\u00e9pouse de\nSullivan Esther Bronfman ou Kaufman, elle le dit si bas que l\u2019agente de\ns\u00e9curit\u00e9 est oblig\u00e9e de se pencher vers elle pour comprendre<\/strong>. Quelques\nminutes plus tard l\u2019employ\u00e9e revient et nous fait signe de la suivre. Nous\np\u00e9n\u00e9trons dans le couloir glauque et sans fen\u00eatres, laissons sur notre gauche\nle renfoncement avec sa table et ses cam\u00e9ras de surveillance et nous nous\nretrouvons \u00e0 la suite du groupe familial en face de la porte marqu\u00e9e\n\u00ab&nbsp;court room 10&nbsp;\u00bb \u00e0 la peinture rouge. Elle ouvre cette porte et fait\nentrer \u00ab&nbsp;la famille&nbsp;\u00bb. Je m\u2019efforce de distinguer quelque chose \u2013 la\nsalle a l\u2019air sombre, les murs tendus de vert et les fauteuils en bois et en\ncuir rouge. Mais je ne peux h\u00e9las apercevoir Julian Assange. L\u2019agente nous\nbarre l\u2019entr\u00e9e et dit \u00ab&nbsp;vous vous allez salle 9&nbsp;\u00bb. Puis \u00ab&nbsp;Mais\nvous pourrez peut-\u00eatre aller salle 10 l\u2019apr\u00e8s-midi&nbsp;\u00bb. Il y a de\nl\u2019espoir&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Salle 9 nous nous\nretrouvons seules parmi les 40 si\u00e8ges vides du balcon. Nous nous asseyons de\nfa\u00e7on \u00e0 pouvoir communiquer. Nous sortons nos calepins et nos stylos pour\nnoter. Surprise, les r\u00e8gles ont chang\u00e9, aujourd\u2019hui il est permis d\u2019\u00e9crire.\nDevant moi la m\u00eame configuration qu\u2019hier et seules 8 personnes se trouvent dans\nla salle&nbsp;: Rosie Sylvester \u00e0 la place du greffier, Heike H\u00e4nsel en face\nd\u2019elle, le jeune homme de l\u2019ambassade allemande derri\u00e8re elle, les deux\n\u00ab&nbsp;baba cool&nbsp;\u00bb allemands et la femme brune au pull vert derni\u00e8re\nrang\u00e9e. Dans les fauteuils en face, celui qu\u2019on identifiera comme Hamish\nHamilton et un autre homme derni\u00e8re rang\u00e9e \u00e0 droite. C\u2019est tout. <strong>Ou sont\ndonc les journalistes cens\u00e9s faire des reportages sur le proc\u00e8s&nbsp;? Ils\nn\u2019ont pas pu ou pas VOULU entrer&nbsp;?<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>Sur l\u2019\u00e9cran\nretransmettant la salle 10 je vois Baraitser \u00e0 droite, Summers et Fitzgerald,\nle greffier, l\u2019accusateur Lewis et trois silhouettes tr\u00e8s loin dans les rang\u00e9es\nperpendiculaires au tables des avocats et accusateurs. Dans le coin droite en\nbas de l\u2019\u00e9cran un homme se tient au pupitre des t\u00e9moins&nbsp;: c\u2019est l\u2019avocat\nSmith, que Summers pr\u00e9sente imm\u00e9diatement comme \u00ab&nbsp;sp\u00e9cialis\u00e9 dans les\nextraordinary rendition, les kidnapping, la torture, les disparitions\nforc\u00e9es&nbsp;\u00bb. Dommage que je ne puisse pas voir son visage car debout dans le\npupitre il tourne le dos \u00e0 la cam\u00e9ra. Par contre on entend nettement mieux\nqu\u2019hier. Mark Summers est dans sa plaidoirie, apr\u00e8s la pr\u00e9sentation du CV du\nt\u00e9moin (qu\u2019h\u00e9las je n\u2019entends pas tr\u00e8s bien) il lui demande s\u2019il a eu des\ncontacts avec Wikileaks et si les documents classifi\u00e9s publi\u00e9 par Wikileaks lui\nont servi dans son travail comme preuves. Il est surtout question d\u2019assassinats\nperp\u00e9tr\u00e9s en 1993 par l\u2019arm\u00e9e US en Afghanistan. Non, l\u2019avocat Smith n\u2019a pas eu\nde relations avec Wikileaks, oui il a utilis\u00e9 les \u00ab&nbsp;cables&nbsp;\u00bb (les\nt\u00e9l\u00e9grammes diplomatiques). <\/p>\n\n\n\n<p>Alors que je m\u2019efforce de\ntout comprendre et tout noter brusquement, pendant 10 secondes la cam\u00e9ra zoome\nsur le box des accus\u00e9s&nbsp;! <strong>Et je vois Julian Assange<\/strong>, bien plus\ndistinctement que la veille&nbsp;! Je le vois assis entour\u00e9e de deux gardes en\nblanc. Il a les cheveux courts et pas de barbe. Il porte une chemise blanche et\nune veste bleue marine. H\u00e9las, trop loin pour que je puisse voir l\u2019expression\nde son visage. Il est immobile, assis droit comme un I\u2026 <strong>Les organisateurs du\nsacrifice ne nous font pas de cadeaux ni \u00e0 lui non plus. Imm\u00e9diatement la\ncam\u00e9ra quitte Assange et nous ne le reverrons plus<\/strong>&nbsp;! <\/p>\n\n\n\n<p>Tout en restant attentive\n\u00e0 la cam\u00e9ra, je suis la d\u00e9marche de Summers qui se r\u00e9f\u00e8re aux paragraphes de la\nd\u00e9position du t\u00e9moin et lui donne la parole sur les points cit\u00e9s. Le t\u00e9moin\nSmith, qui est Am\u00e9ricain, explique que \u00ab&nbsp;la r\u00e9putation de mon pays a \u00e9t\u00e9\ns\u00e9rieusement entach\u00e9e par les crimes de guerre&nbsp;\u00bb, qualifie les r\u00e9v\u00e9lation\nde Wikileaks de \u00ab&nbsp;powerfull&nbsp;\u00bb (fortes) et se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 des proc\u00e8s\nconduits par la justice du Pakistan contre les \u00ab&nbsp;rendition&nbsp;\u00bb et les\nassassinats. Les Etats-Unis ont-ils voulu bloquer les investigations sur les\n\u00ab&nbsp;rendition&nbsp;\u00bb&nbsp;? questionne Summers. Oui, r\u00e9pond le t\u00e9moin. Le\ndocument le plus important qu\u2019il a utilis\u00e9 dans son travail est la liste de 69\nnoms de personnes \u00ab&nbsp;cibles&nbsp;\u00bb d\u2019assassinats d\u00e9cid\u00e9s par les\n\u00ab&nbsp;agences am\u00e9ricaines&nbsp;\u00bb. Cette liste a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e dans la presse\npakistanaise et afghane et constitue un \u00ab&nbsp;document fascinant&nbsp;\u00bb.\nL\u2019avocat de Wikileaks questionne l\u2019avocat des victimes du gouvernement\nam\u00e9ricain sur son \u00ab&nbsp;assassination program&nbsp;\u00bb et lui demande des\nd\u00e9tails sur la fa\u00e7on dont il a travaill\u00e9 avec ces \u00ab&nbsp;sources de\npreuves&nbsp;\u00bb. Smith est prudent et parle d\u2019une voix d\u00e9tach\u00e9e et pos\u00e9e. Il ne\nmentionne pas avoir lu par lui-m\u00eame la page de Wikileaks, mais parle toujours\nde presse afghane ou pakistanaise ou du New York Times. Puis Summers le\nquestionne sur les documents de \u00ab&nbsp;Guantanamo II&nbsp;\u00bb publi\u00e9s par\nWikileaks, le d\u00e9bat passe sur les \u00ab&nbsp;secret prisons&nbsp;\u00bb. (Je ne peux\nm\u2019emp\u00eacher de penser \u00e0 mon pays la Pologne qui sert toujours et va servir de\nbagne secret \u00e0 l\u2019Etat voyou am\u00e9ricain). <\/p>\n\n\n\n<p>Smith exprime sa\ntristesse et dit qu\u2019il n\u2019aurait jamais cru que son gouvernement allait tremper\ndans des pratiques pareilles&nbsp;: torture, kidnapping, rendition, secret\nprisons\u2026 Summers souligne et r\u00e9p\u00e8te \u00ab&nbsp;Rendition, torture,\nd\u00e9tention&nbsp;\u00bb. Selon Smith \u00ab&nbsp;la torture psychologique est la\npire&nbsp;\u00bb et il cite la Convention de l\u2019ONU contre la torture qui oblige\neffectivement les Etats \u00e0 coop\u00e9rer aux enqu\u00eates criminelles sur la torture.\nSummers ass\u00e8ne \u00ab&nbsp;Wikileaks a aid\u00e9 \u00e0 prouver la torture, les renditions,\nles disparition&nbsp;\u00bb. <strong>A ce point l\u00e0 on a la naus\u00e9e \u00e0 force d\u2019entendre les\nmots \u00ab&nbsp;torture disparition, rendition, kidnapping, assassination, target<\/strong>\n(cible&nbsp;\u00bb). Le timbre de voix de Summers \u00e9tant d\u00e9pourvu de la moindre\n\u00e9motion, l\u2019impression qui se d\u00e9gage de son discours est que oui, Wikileaks est\nune bonne chose, mais la puissance am\u00e9ricaine est telle et tellement violente,\nqu\u2019on ne peut rien y faire. <strong>C\u2019est un monstre invincible qu\u2019il est impossible\nde vaincre et que seuls quelques courageux peuvent contester \u00e0 la marge.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Justement, comment Smith\na-t-il pu poursuivre les Etats Unis devant Le tribunal international\ncriminel&nbsp;? Il n\u2019a pas pu, car m\u00eame en ce qui concerne les prisonniers de\nGuantanamo la CIA et les autres agences ne coop\u00e8rent pas avec la justice. La\nnaus\u00e9e nous submerge. D\u00e9cid\u00e9ment les hommes comme Summers manquent de\ncombativit\u00e9 et de persuasion si \u00e0 la fin de leur juste plaidoirie l\u2019opinion\npublique ne retiendra que sa passivit\u00e9 face \u00e0 l\u2019innommable violence d\u2019une\nSuperpuissance. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais comment l\u2019opinion\npublique pourrait m\u00eame en \u00eatre m\u00eame inform\u00e9&nbsp;? Ce \u00ab&nbsp;proc\u00e8s&nbsp;\u00bb est\nune <strong>r\u00e9union \u00e0 huis clos comme une c\u00e9r\u00e9monie sacrificielle de l\u2019Inquisition\nau 17 si\u00e8cle<\/strong>. Les quelques \u00ab&nbsp;journalistes&nbsp;\u00bb dans la salle sont\nclairement en train de regarder leur portable sans \u00e9couter. Le repr\u00e9sentant de\nl\u2019Allemagne regarde m\u00eame Facebook, je le vois du haut du balcon&nbsp;! <\/p>\n\n\n\n<p>La procureur passe le\nt\u00e9moin \u00ab&nbsp;\u00e0 la question&nbsp;\u00bb. D\u2019abord il lui demande s\u2019il croit que\nWikileaks est \u00ab&nbsp;public interest&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;d\u2019utilit\u00e9 publique&nbsp;\u00bb,\npuis lui demande la d\u00e9finition de ce \u00ab&nbsp;public interest&nbsp;\u00bb. Puis il\ndemande si r\u00e9v\u00e9ler les \u00ab&nbsp;secrets de l\u2019Etat&nbsp;\u00bb peut \u00eatre d\u2019utilit\u00e9\npublique si c\u2019est publi\u00e9 au New York Times et au Washington Post. L\u2019impression\nqui se d\u00e9gage de la discussion entre les deux \u00ab&nbsp;Am\u00e9ricains&nbsp;\u00bb (qui est\nle procureur Lewis on n\u2019en sait trop rien finalement) est que c\u2019est d\u00e9bat \u2026\nam\u00e9ricain. <strong>Deux Am\u00e9ricains discutent de ce qu\u2019il est bien et pas bien de\nfaire en Europe et cela se passe sur notre continent.<\/strong> A aucun moment des\nLois europ\u00e9ennes, la Convention Europ\u00e9ennes de Sauvegarde des Droits\nFondamentaux, la Chartes Europ\u00e9ennes des Droits Fondamentaux que la Grande\nBretagne a sign\u00e9s, dont elle a \u00e9t\u00e9 promotrice, ne sont cit\u00e9s. <strong>Oubli\u00e9s les\nDroits fondamentaux.<\/strong> La c\u00e9r\u00e9monie du sacrifice d\u2019Assange a eu raison de nos\ndroits pour ce qui est de la politique tandis que le coronavirus se charge de\nliquider le reste de nos droits personnels comme le droit \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9\nphysique, \u00e0 la sant\u00e9, \u00e0 la libert\u00e9 de circuler, la non violabilit\u00e9 du domicile\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le procureur affirme\ncependant que Julian Assange n\u2019est pas poursuivi pour les publications de\ndocuments secrets mais pour avoir \u00ab&nbsp;out\u00e9&nbsp;\u00bb les collaborateurs\nam\u00e9ricains. Je n\u2019entends h\u00e9las pas bien son \u00e9change avec Smith. J\u2019estime qu\u2019il\ndoit \u00eatre environ 11 heures (nous n\u2019avons pas droit \u00e0 une montre) <strong>quand\nbrusquement j\u2019entends dans l\u2019\u00e9cran distinctement la voix de Julian\nAssange&nbsp;! Il parle&nbsp;! Et d\u2019une voix d\u00e9cid\u00e9e, le ton monte vers une\ninterrogation&nbsp;! <\/strong>Je n\u2019entends h\u00e9las pas ce qu\u2019il dit et de plus, la\ncam\u00e9ra ne le montre pas&nbsp;! Je dis \u00e0 ma coll\u00e8gue que Julian Assange a\nparl\u00e9&nbsp;! Baraitser lui interdit de parler&nbsp;! Le renvoie \u00e0 ses\navocats&nbsp;! Puis on voit \u00e0 l\u2019\u00e9cran qu\u2019elle suspend la s\u00e9ance. Tout le monde\nbouge, le son est coup\u00e9. Je fixe l\u2019\u00e9cran dans l\u2019espoir d\u2019entre apercevoir\nJulian, mais pas question, <strong>les tortionnaires ne vont pas montrer ce qu\u2019ils\nfont avec lui<\/strong>. On ne sait pas s\u2019il est l\u00e0 ou s\u2019ils l\u2019ont fait sortir. Ce\nqu\u2019on comprend et qu\u2019il s\u2019est r\u00e9volt\u00e9 encore et encore&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Dans notre salle un homme\nentre par la porte du fond \u00e0 gauche et vient parler \u00e0 Rosie Sylvester. Je\ndistingue par cette porte la clart\u00e9 du jour&nbsp;: derri\u00e8re elle se trouve un\ncouloir garni de fen\u00eatres donnant sur la rue. Le technicien sort et quelques\nsecondes apr\u00e8s apparait \u00e0 l\u2019\u00e9cran dans la salle 10. Dans cette pi\u00e8ce on n\u2019a pas\nl\u2019impression de percevoir la moindre tension alors que nous, le public, restons\nstup\u00e9faits. On voit les avocats et les procureurs se parler, tout le monde a\nl\u2019air d\u00e9tendu. <strong>Assange est absent de l\u2019\u00e9cran. <\/strong>Baraitser rentre, <strong>reprend\nsa place, admoneste Assange comme si elle parlait \u00e0 un enfant fautif <\/strong>(nous\nsommes de nos jours nombreux \u00e0 \u00eatre infantilis\u00e9s par le syst\u00e8me dominant\u2026).\nElle lui dit que m\u00eame s\u2019il pense avoir le droit de parler lui-m\u00eame, il ne doit\npas interrompre le t\u00e9moin. Et non, il n\u2019a pas \u00e0 parler sinon il va \u00eatre vir\u00e9 de\ncette cour. A sa place, j\u2019aurais fait la gr\u00e8ve pour rester dans ma ge\u00f4le,\nplut\u00f4t que de cautionner une c\u00e9r\u00e9monie inique digne du Moyen Age&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9965-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-38\" srcset=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9965-1024x768.jpg 1024w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9965-300x225.jpg 300w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9965-768x576.jpg 768w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9965-1568x1176.jpg 1568w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9965.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Eliot Shipton et Esther Bronfman ou Kaufman<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>D\u2019ailleurs en fait, <strong>ici\n\u00e0 la City of London nous SOMMES au Moyen Age,<\/strong> r\u00e9gie par des coutumes et un\narbitraire directement venus du 11 si\u00e8cle et on se demande bien en vertu de\nquelles Lois internationales cet homme est maintenu en captivit\u00e9 dans ce\nlieu&nbsp;! D\u2019ailleurs, les menaces de Baraitser sont peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 mises \u00e0\nex\u00e9cution&nbsp;: <strong>on n\u2019a aucune preuve que Julian Assange soit toujours dans\nla salle 10. Ils l\u2019ont peut-\u00eatre sorti et enferm\u00e9 quelque part <\/strong>et ils\ncontinuent \u00e0 d\u00e9battre de la justesse de \u00ab&nbsp;Wikileaks&nbsp;\u00bb, cette page\ninternet dont le propri\u00e9taire du nom de domaine n\u2019est pas Julian Assange mais\nun certain John Shipton, le p\u00e8re assis tranquillement sur sa chaise de la\ngalerie du public, jamais inqui\u00e9t\u00e9 par aucune instance&nbsp;! Le p\u00e8re est sauf\net le fils sacrifi\u00e9&nbsp;: on se croirait dans le plus patriarcaux des mythes,\ncelui de Abraham sacrifiant son fils par ob\u00e9issance \u00e0 un Dieu exterminateur. La\nmort du fils pour sauver le p\u00e8re m\u2019a toujours paru le comble de la perversit\u00e9\ndu syst\u00e8me&nbsp;! <\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019en peux plus de voir\nJulian Assange dans la position de l\u2019agneau sacrifi\u00e9, culpabilis\u00e9, humili\u00e9. <strong>J\u2019aimerais\ndescendre dans l\u2019ar\u00e8ne, ouvrir toutes ces foutues portes, qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 aucun\npolicier ne garde, enjamber ce balcon, me diriger vers le box, y entrer (le box\nn\u2019est pas ferm\u00e9 non plus), prendre Julian Assange par la main et lui dire\n\u00ab&nbsp;vient on se casse, on laisse tous ces tar\u00e9s \u00e0 leur cirque\nabsurde&nbsp;\u00bb&nbsp;!<\/strong> &nbsp;Et on part\nensemble, les portes s\u2019ouvrent toutes seules, les agents de s\u00e9curit\u00e9 qui sont\njustes des salari\u00e9s prol\u00e9taires nous font une haie d\u2019honneur car ils n\u2019ont plus\nd\u2019employeur \u00e0 qui ob\u00e9ir et avec nos amis nous quittons ces lieux et ce pays le\nplus vite possible&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Mais h\u00e9las le cirque\ncontinue&nbsp;: l\u2019accusateur exige du t\u00e9moin de r\u00e9fl\u00e9chir s\u2019il est juste de\nr\u00e9v\u00e9ler les secrets qui mettent en danger la \u00ab&nbsp;national security&nbsp;\u00bb.\nLa s\u00e9curit\u00e9 nationale n\u2019a pas de sens en Fran\u00e7ais. La Nation est une entit\u00e9 qui\nne peut \u00eatre mise en danger, la Nation est une communaut\u00e9 d\u2019humains qui cr\u00e9ent\nun Etat pour assurer sa s\u00e9curit\u00e9. L\u2019Etat n\u2019a pas d\u2019existence ontologique c\u2019est\nun outil\u2026 Mais ici on est dans un d\u00e9bat \u00e9sot\u00e9rique am\u00e9ricano-am\u00e9ricain. On\nn\u2019est pas, plus en Europe. Aucun des concepts philosophiques de notre histoire\nn\u2019a sa place. J\u2019assiste impuissante \u00e0 la discussion am\u00e9ricano-am\u00e9ricaine s\u2019il\nest permis de torturer pour assurer la \u00ab&nbsp;national security&nbsp;\u00bb. <strong>Le\nsimple fait de poser les termes du d\u00e9bat est une justification de la torture et\nnormalement il devrait \u00eatre interdit ici<\/strong> sur notre continent qui a subit le\nnazisme et deux guerre mondiales de <strong>PENSER <\/strong>m\u00eame en ces termes&nbsp;! La\ntorture est un crime, point barre&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9977-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-39\" srcset=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9977-1024x768.jpg 1024w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9977-300x225.jpg 300w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9977-768x576.jpg 768w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9977-1568x1176.jpg 1568w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9977.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Attente dans le Passage Warwick pour entrer au \u00ab\u00a0proc\u00e8s\u00a0\u00bb de Julian Assange<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Mais ici, \u00e0 la City des\nbanquiers, qui n\u2019est pas la m\u00eame entit\u00e9 juridique que l\u2019Etat Grande Bretagne\nqui a si courageusement combattu le nazisme, on d\u00e9bat si la torture peut quand\nm\u00eame \u00eatre justifi\u00e9e. L\u2019avocat Smith essaye de minimiser la \u00ab&nbsp;faute\u00bb de\nJulian Assange en arguant que seuls un tr\u00e8s petit nombre de noms de\ncollaborateurs a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 par Wikileaks. Dans la salle 9 une tr\u00e8s vieille\nclimatisation pouss\u00e9e \u00e0 fond crache sur nous un air froid et possiblement\nsurcharg\u00e9 de germes. Je me couvre avec mon sac de couchage. M\u00eame les\njournalistes en bas du balcon ont froid.<\/p>\n\n\n\n<p>Baraitser interrompt le\nprocureur et une pause de 5 minutes a lieu. On la reconnait au fait que le\nt\u00e9moin quitte son pupitre, et la pause finit quand il reprend sa place. Mark\nSummers reprend la parole. Il reparle des \u00ab&nbsp;dark prison, assassination,\nrendition&nbsp;\u00bb et demande si la r\u00e9v\u00e9lation de ceci est un \u00ab&nbsp;public\ninterest&nbsp;\u00bb. Oui r\u00e9pond le t\u00e9moin, ce sont les preuves des activit\u00e9s\ncriminelles de mon gouvernement&nbsp;! Puis le d\u00e9bat se recentre sur ce dont\nJulian Assange est r\u00e9ellement accus\u00e9, de \u00ab&nbsp;conspiration en vue d\u2019obtenir\ndes documents secrets&nbsp;\u00bb, auxquels Summers rajoute les \u00ab&nbsp;rules of\nengagement&nbsp;\u00bb euph\u00e9misme des militaire am\u00e9ricains pour d\u00e9signer les permis\nde tuer les civils qu\u2019ils accordent \u00e0 leurs soldats en toutes circonstances.\nAssange a-t-il juste re\u00e7u ou a-t-il cherch\u00e9 \u00e0 obtenir les documents\ndiplomatiques&nbsp;? Telle est la probl\u00e9matique \u00ab&nbsp;accusatrice&nbsp;\u00bb alors\n<strong>que personne ne cherche \u00e0 d\u00e9finir ce qu\u2019est un \u00ab&nbsp;complot&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;une\nconspiration,<\/strong>&nbsp;\u00bb terme existant en droit p\u00e9nal europ\u00e9en pour des crimes\nde sang ou des attentats. On n\u2019a pas encore vu en Europe de complot en vue de\npublier des textes\u2026 <strong>Mais cette c\u00e9r\u00e9monie conjointe am\u00e9ricano-City of London\nest en train de cr\u00e9er un dangereux pr\u00e9c\u00e9dent sur notre continent&nbsp;!<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>Le procureur somme le\nt\u00e9moin de pr\u00e9senter son CV, mais Baraitser les interrompt et d\u00e9cide de la\npause. Nous devons reprendre \u00e0 14 heures. J\u2019attends que l\u2019\u00e9cran s\u2019\u00e9teigne.\nJ\u2019\u00e9coute les participants du \u00ab&nbsp;bas&nbsp;\u00bb discuter en Allemand. Ils ne\nsont pas oblig\u00e9s de quitter les lieux. L\u2019agent de s\u00e9curit\u00e9 nous fait sortir.\nNous repassons devant la salle 10. J\u2019aimerais tellement y entrer&nbsp;! En\nsortant l\u2019agent de s\u00e9curit\u00e9 du portique nous assure que nous serons les\npremi\u00e8res \u00e0 entrer \u00e0 nouveau. <\/p>\n\n\n\n<p>Nous quittons les lieux\npour un d\u00e9jeuner dans notre appartement. La d\u00e9cision est prise de continuer,\nm\u00eame s\u2019il semble juste que nous c\u00e9dions au moins une place \u00e0 ceux qui\nattendaient apr\u00e8s nous. Les fameux VIP ne sont \u00e9videmment pas venus mais\ncontrairement \u00e0 la veille les agents n\u2019ont pas voulu accepter 3 personnes de\nplus malgr\u00e9 les 38 si\u00e8ges vides de la galerie&nbsp;! Nous sommes de retour\navant 14 heures. Deepa est d\u00e9j\u00e0 devant la porte. Nous d\u00e9cidons de laisser\nentrer ma coll\u00e8gue polonaise. Elle restera jusqu\u2019\u00e0 la fin et je l\u2019attendrais\ndehors dans la manifestation. Avant 14 heures la famille Shipton arrive devant\nla porte. Je saisis l\u2019occasion pour demander poliment \u00e0 John Shipton ce que\nJulian Assange a dit lorsqu\u2019il a protest\u00e9, puisque nous n\u2019entendions rien de ce\nqu\u2019il a dit. <strong>Shipton me regarde d\u2019un air stup\u00e9fait comme s\u2019il n\u2019avait pas\nassist\u00e9 \u00e0 cette sc\u00e8ne<\/strong>. J\u2019insiste&nbsp;! Assange dit une phrase, Baraitser\nl\u2019a admonest\u00e9, il a bien d\u00fb entendre, il \u00e9tait aux premi\u00e8res loges, salle\n10&nbsp;! L\u2019homme me regarde encore d\u2019un air ahuri et me demande qui je suis.\nJe me pr\u00e9sente, je lui rappelle que j\u2019\u00e9tais pr\u00e9sente \u00e0 toutes les audiences\ndepuis octobre 2019, sauf pendant le lockdown. Je lui rappele qu\u2019on a discut\u00e9\nle 14 ao\u00fbt \u00e0 la Westminster. Je lui pr\u00e9sente ma collaboratrice polonaise. Je\nn\u2019en tirerai rien au sujet de la phrase d\u2019Assange ni sur aucun autre sujet. Soit\nil a dormi, soit ce n\u2019\u00e9tait pas lui qui \u00e9tait salle 10, car je ne vois pas pour\nquelle raison il devrait garder secr\u00e8te la phrase protestatrice de Julian\nAssange!<\/p>\n\n\n\n<p>Nos amis sont rassembl\u00e9s\nau pied de l\u2019immeuble en verre qui fait face \u00e0 la Old Bailey. Ils ont beaucoup\nde chance de ne pas \u00eatre vir\u00e9s de ce lieu priv\u00e9. Les policiers de la City of\nLondon sont devant la porte d\u2019entr\u00e9e. Je parle avec l\u2019offici\u00e8re qui a \u00e9t\u00e9 si\naffable avec nous. Des camions livrent du mat\u00e9riel par la porte coch\u00e8re pr\u00e8s du\npassage Warwick <strong>ce qui me permet d\u2019appr\u00e9cier la profondeur des immenses\nsouterrains sous le b\u00e2timent de la Cour.<\/strong> A 17 heures c\u2019est fini. La famille\nShipton sort du passage Warwick. Pendant que John est entour\u00e9 des cam\u00e9ras,\nSullivan, Eliot et Esther se pressent pour quitter les lieux par le passage \u00e0\nc\u00f4t\u00e9 de l\u2019h\u00f4pital St Bartolomeus au nord de la Old Bailey. MC McGrath apparait\ndans la rue, je suis \u00e9tonn\u00e9e de voir l\u00e0 le jeune hacker. Nous essayons comme\nhier d\u2019apercevoir Julian Assange par la fen\u00eatre du fourgon, mais l\u2019affaire est\npli\u00e9e encore plus vite que la veille. Un seul fourgon sort, puis les policiers\nde la City l\u00e8vent le camp. Il n\u2019y a pas de photo. Le quartier redevient\nrapidement d\u00e9sert et nous partons nous reposer. <br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9980-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-40\" srcset=\"http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9980-1024x768.jpg 1024w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9980-300x225.jpg 300w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9980-768x576.jpg 768w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9980-1568x1176.jpg 1568w, http:\/\/monika-karbowska-liberte-pour-julian-assange.ovh\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_9980.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> http:\/\/www.wauland.de\/de\/docume<a href=\"http:\/\/www.wauland.de\/de\/documents\/\ufeff\">http:\/\/www.wauland.de\/de\/documents\/\ufeff<\/a>nts\/<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.google.fr\/maps\/place\/Old+Bailey\/@51.5155385,-0.1017145,19.3z\/data=!4m5!3m4!1s0x48761b533028c1c5:0xb0e45948a3ad1b6d!8m2!3d51.5155093!4d-0.1020219\ufeff\">https:\/\/www.google.fr\/maps\/place\/Old+Bailey\/@51.5155385,-0.1017145,19.3z\/data=!4m5!3m4!1s0x48761b533028c1c5:0xb0e45948a3ad1b6d!8m2!3d51.5155093!4d-0.1020219\ufeff<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> https:\/\/www.google.fr\/maps\/place\/Old+Bailey\/@51.5155385,-0.1017145,19.3z\/data=!4m5!3m4!1s0x48761b533028c1c5:0xb0e45948a3ad1b6d!8m2!3d51.5155093!4d-0.1020219<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Monika Karbowska Le voyage en Europe Ce difficile voyage en Europe du 3 au 11 septembre 2020 fut \u00e0 bien des \u00e9gards un exploit. 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