Un chaos scénarisé – Julian Assange apparait à la Westminster Magistrate Court le Lundi 27 juillet 2020

Monika Karbowska

Je ne peux pas le cacher, l’émotion m’a étreint lorsque que je suis revenue à Londres après 5 longs mois exactement depuis l’épique dernière journée du procès de Julian Assange à la Woolwich Court, le 27 février. Entre temps, nous avons vécu bien des épreuves, l’étrange et violente aventure du Covid, l’enfermement policier, le chaos social et économique, la terreur ultime que bien de nos concitoyens éprouvent encore. Les mots manquent pour décrire l’étrange sensation de retour à la « vie d’avant », alors que le pouvoir politique est toujours le même et que nous sommes affaiblis par ce qu’il nous inflige, en France comme en Angleterre et partout en Europe.

Néanmoins, nous ne lâchons pas la lutte. Les frontières étant à nouveau ouvertes, la quarantaine terminée, j’ai repris le chemin du Paris – Londres Victoria Coach Station. Eurolines ayant été avalé par sa concurrente allemande, les chauffeurs du bus n’étaient plus ceux que j’avais finis par connaitre à force de faire le trajet 2 fois par mois. Ont-ils été licenciés dans le cadre de la liquidation judiciaire que Flixbus a imposé à Eurolines ? Certaines restrictions sont toujours présentes : un siège sur deux condamné, toilettes fermées… Le bus était occupé par des familles de migrants rejoignant les siens. Mon jeune voisin était un migrant Polonais vivant à Londres qui a profité d’une offre bon marché pour faire un saut touristique à Paris.

Le passage à la frontière a duré deux heures car il fallait montrer patte blanche : un formulaire rempli sur le site du gouvernement britannique dans lequel il faut consigner ses coordonnées de départ et d’arrivée, les informations sur son moyen de transport ainsi que le sacro-saint téléphone portable afin d’être recontacté si jamais on aurait transmis un coronavirus à quelqu’un… Il fallait de plus laisser le téléphone d’une tierce personne au cas on refuserait de répondre aux sollicitations amicales du gouvernement sur le covid19. Mais la police des frontières semblait ennuyée par ces tracasseries bureaucratiques et m’a laissé passer sans présenter le document au vue de mon passeport français.

Mes retrouvailles avec la capitale britannique ont été pleines d’émotions. En effet, contrairement à ce que je m’attendais, je me sentais très à l’aise. La grande ville de Londres est presque vide. Les gens se promenaient doucement, sans stress, le temps était superbe (sauf ce lundi…). La verdure et les fleurs resplendissaient. Les gens ne sont apparemment pas terrorisés par la maladie. Très peu de masques dans les rues, et malgré l’obligation, très peu de masques dans les magasins, les cafés et les restaurants. C’est dans le métro que le port du masque est le plus discipliné, encore que les rames aient été vides de la foule habituelle, sans que je comprenne si c’est dû aux vacances ou au télétravail. Certes, l’activité économique est réduite, de très nombreux hôtels et restaurants sont fermés, espérant pouvoir rouvrir en août. Je ne sais pas ce que deviennent les travailleurs de ces établissements. Mais j’ai retrouvé avec plaisir mes petites habitudes prises dans les cafés du quartier Paddington, autour du Frontline Club, lieux que Julian Assange avait fréquentés et qui se trouvent à quelques centaines de mètres à peine de la Westminster Court. En face du Frontline Club, Norfolk place, s’étend l’immense complexe du St Mary’s Hospital, lieu historique de découverte de la pénicilline par Alexandre Fleming. A 50 mètres du Frontline Club se trouve un lieu de pouvoir puissant dont nous n’avions malheureusement pas saisit l’importance en hiver dernier : l’Imperial College of London Medical School. Ce centre de recherche « Impérial » qui a influencé nos vies en France et en Europe à un point inimaginable fait physiquement partie du complexe de l’hôpital Saint Mary’s mais ne dépend pas du système de santé britannique, le National Health Administration. Le trop fameux Neil Fergusson, mathématicien de 50 ans qui se vante d’avoir imposé le confinement total à la population française après avoir terrorisé le président Macron, est vice-decan, vice-président de cette institution et il siège dans ce bâtiment[1].

St Marys Hospital à Paddington, lieu historique de découverte de la péniciline

Le lundi 27 juillet 2020, à 8 heures, devant la Cour Westminster il n’y avait personne. J’ai donc été la première à entrer dans le tribunal. A 8h15, deux militants de Don’t Extradite Assange sont arrivés, puis des journalistes, Marty Silk, Mohamed El Maazi, Juan Passerelli, et encore d’autres habitués. Nous nous sommes salués et avons échangé les nouvelles dans une ambiance amicale, comme une famille empêchée de se revoir pour cause de fermeture politique des frontières. Il faut dire qu’en l’absence de Greekemmy l’ambiance a toujours été plus détendue dans la cour. J’ai passé l’heure et demie à attendre devant la porte à sympathiser et à discuter avec une militante germanophone.

A 9h30, j’ai retrouvé les mêmes agents de sécurité de Mitie qui nous connaissent depuis presque 1 an déjà. J’ai retrouvé la liste des extradés dans le hall – Julian Assange en numéro 1 pour la salle 3, puis 15 noms de Polonais, Roumains, Slovaques, Hongrois… Lorsque je me suis retrouvée devant la porte de la salle 3, avec un « social distancing » de 2 mètres imposé entre chaque personne, (à comparer avec le 1 mètre en France), j’ai remarqué qu’à part nous, les soutiens de Julian Assange, il n’y avait personne d’autre. Le tribunal était vide, comme désaffecté. Aucun secrétaire n’est venu coller la liste des jugés sur la porte. Le secrétariat avait l’air fermé. Il faut dire qu’une affiche sur la porte d’entrée informait que les audiences auront lieu par vidéo et que chaque prévenu et sa famille recevront les informations nécessaires par mail. La crise du Covid a amplifié la politique britannique déjà en route de dématérialisation de toutes les institutions. Les bâtiments ainsi libérés de la présence humaine inutile pourront ainsi servir à autre chose, la question est justement à quoi ?

L’entrée centrale de la Wesminster Magistrate Court

Nous avons donc passé seuls 45 minutes dans la vaste salle d’attente devant les machines à cafés vides. Quelques avocats polonais sont néanmoins apparus plus tard pour quelques audiences physiques exceptionnelles. Les familles des Européens de l’est jugés après Julian Assange sont restées absentes. L’aspect « cour fantôme » s’accentua lorsqu’à 10h nous constations qu’il n’y avait toujours aucun mouvement dans la salle d’audience. Entre temps, l’avocat Edward Hamilton Fitzgerald était arrivé accompagné par une jeune femme blonde, peut être sa collaboratrice dont le nom a été publié sur twitter comme nouvelle avocate de Julian Assange. Il faut dire que Gareth Peirce n’était plus là. Edward Hamilton Fitzgerald et la jeune femme ont tenu une brève réunion dans la première consultation room vers 10 heures. Je remarque aussi la présence de Mark Summers. Dans le public, deux femmes journalistes sont arrivées ainsi qu’une curieuse jeune fille portant une casquette noire et un masque noir si grand qu’on ne pourrait jamais reconnaitre son visage. Elle était assise sur un siège à lire un livre intitulé « Skripal files ». Elle entrera dans la galerie du public qu’à 11h30 seulement.

En théorie le masque est obligatoire pour tout le monde, mais seuls les citoyens lambda s’astreignent à l’exercice. Vanessa Baraitser, le greffier, l’employé du tribunal, le procureur et les avocats ne portaient pas de masque pendant l’audience, ni dans les couloirs. Visiblement ici personne ne croit à la nécessité de se protéger du « danger » et les personnes présentes qui se connaissent s’embrassent et se touchent sans gêne aucune. Quel contraste avec nos pays d’Europe continentale pétris depuis 5 mois par une peur panique aussi irrationnelle qu’ancestrale !

Il est déjà plus de 10 heures quand la salle s’ouvre et sans autre forme de cérémonie, en l’absence de tout agent du tribunal, nous nous y installons sans façon alors qu’en hiver le contrôle d’attribution des places était si sévère et l’objet de tant de tensions. Les journalistes s’installent même dans les rangs de droite, normalement réservés aux employés du tribunal aujourd’hui absents. Le greffier est déjà assis à son bureau sous l’estrade et il ne lèvera pas la tête de son ordinateur comme si tout ce qui se passait ici ne le concernait pas. Fitzgerald est assis à côté d’un jeune procureur, l’ancien, Lewis, n’est pas là. Il y a dans la pièce une ambiance de cour de récréation plutôt que celle d’un tribunal statuant sur la vie et la mort, la liberté de personnes. Vanessa Baraitser arrive, égale à elle-même dans ses mêmes ensembles noirs et débite le même discours, non sans avoir averti qu’elle ne tolérera pas de gens debout dans la galerie du public : en effet, pour cause de coronavirus, la moitié des sièges est condamnée, nous ne pouvons être que huit. Comme j’étais entrée la toute première, je suis confortablement assise au milieu du premier rang.

Dans le brouhaha ambiant, je ne comprends pas tout ce qui est dit. Cinq mois et quelques épreuves plus tard, je ne suis plus dans le bain de l’anglais juridique comme j’ai pu l’être en février. De plus la « online conférence » – la conférence téléphonique parallèle, gène la compréhension car chaque fois que quelqu’un se branche ou quitte la « conférence » une voix forte et artificielle retentit dans la salle. Ce qui apparait tout de suite est que Julian Assange ne comparaitra pas contrairement à ce qui avait été annoncé sur twitter. Je comprends que l’avocat Fitzgerald se justifie d’avoir contacté Belmarsh et que la prison lui aurait répondu qu’ils n’étaient pas au courant de la comparution du prisonnier aujourd’hui ! La juge Baraitser répond qu’elle n’en est pas responsable et que la comparution du prévenu n’est pas son rayon. Je me dis qu’on marche sur la tête ! Si maintenant c’est aux avocats d’appeler la prison pour arranger la comparution de l’accusé, sommes-nous encore vraiment dans un vrai tribunal ? Mais oui, Baraitser enjoint à l’avocat de faire lui-même la demande de comparution à la prison !

Elle dialogue avec le jeune procureur qui parait n’être au courant de rien non plus et elle entame son job administratif de préparation du procès final demandant à l’accusation de fournir des argumentaires écrits pour septembre et écoutant les réponses sur ce qui lui a déjà été envoyé par mail par les parties. Une seule fois, à voix haute comme pour s’adresser à nous, Baraitser constate l’absence de Julian Assange. Fitzgerald est comme d’habitude hésitant avec cette attitude de justification permanente qui le caractérise et qui exaspère plus d’un militant. Il finit par dire qu’il voudrait consulter son client et serait très heureux s’il arrivait à établir ce contact. A 10h30, Baraitser finit par en avoir marre du cinéma et déclare « Nous n’avons pas pu voir Monsieur Assange. Faites une demande à la prison et quand vous serez prêt, faites-moi savoir ». Elle sort tranquillement, et pendant que nous nous levons selon l’usage, les journalistes quittent la pièce, alors que Mark Summers remplace Fitzgerald sur le siège des avocats.

Je suis agacée. Que se passe-t-il encore dans ce « Kasperletheater », (théâtre de marionnettes selon la sympathisante allemande ?). Dois-je sortir comme les autres ou rester surveiller ma place? Ou donc sont prises les vraies décisions ? Est-ce les avocats qui dirigent la cour ou la cour qui établit et surveille les procédures ? Qu’est-ce que c’est que ce lieu qui définitivement ne ressemble pas à un tribunal ?

Un autre jeune procureur commence une longue tirade ou il est question de fraude bancaire organisée en Lettonie au début des brillantes années du capitalisme sauvage des années 90. Je comprends qu’on est passé au cas suivant et je reste pour écouter et apprendre. Mark Summers répond au procureur et je comprends toute l’histoire déroulée pendant 1 heure et quart. Un certain M. « Kopiczko » ou « Pavliczko » (je ne comprends jamais les noms est-européens prononcés en Anglais) est poursuivi par la Lettonie pour fraude bancaire. Ayant été agent du KGB il obtient le droit d’asile en Russie et ce pays rejette en 1997 la requête d’extradition de la Lettonie indépendante. Summers plaide sans états d’âme les droits de son client ancien agent du KGB. Malgré son travail pour l’agence russe, l’accusé obtient le droit d’asile en Grande Bretagne en 1999 et la Grande Bretagne refuse son extradition en 2002. La Lettonie rejoint l’Union Européenne en 2004 et exige son extradition en 2007 via un mandat d’arrêt européen. Or, depuis 2007, ce mandat n’a pas été exécuté. Il n’y a pas lieu d’extrader en 2020 un homme dont l’extradition a été déjà refusé par l’Etat britannique en 2002, conclut l’avocat. Je regarde en direction du box des accusés : M. « Bobiczko » ou « Pavliczko » est assis devant le box, c’est un petit homme au costume sombre et à l’aspect passe-partout.

A 11h26, brusquement il se passe quelque chose, une rumeur se lève. Les journalistes reviennent et les militants reprennent leur place. Certains s’asseyent par terre afin que Baraitser ne les voit pas de son estrade. Celle-ci s’est sauvée sans façon à la fin de la plaidoierie, elle revient tranquillement vers 11h35. Il est 11h28 et il n’est plus question de M. « Bobiczko/Pavliczko ». Plus tard, je descends dans le hall consulter la liste des accusés de la salle 3 pour orthographier correctement son nom. Successivement, je note un Roumain, un Polonais, un Lithuanien, un Hongrois, un Slovaque, à nouveau un Polonais. Pas de Letton ni de Russe sur la liste. Bizarre. Un cas non prévu est jugé alors que les accusés prévus ne le sont pas. Que se passe-t-il ici ?

A 11h30, le greffier manipule la commande de la vidéo. On comprend que Julian va comparaitre. Sur l’écran de gauche, je vois apparaitre un box sombre filmé de près avec une porte à gauche et une fenêtre à droite. Un petit écriteau « HMP Belmarsh » est suspendu sous la fenêtre. Curieusement une espèce de barre traverse l’écran, comme si une table ou un guichet se trouvait devant le siège. Les minutes passent. A 11h45 le greffier déclare « Good Morning Belmarsh ». Baraister demande alors que Julian Assange soit appelé. Une femme blonde en uniforme noir apparait dans l’écran dans l’embrasure de la porte du box sans qu’on sache si le costume qu’elle arbore est réellement l’habit des gardiens de cette prison. Une minute s’écoule et on voit un mouvement dans le corridor derrière le box. Puis Julian Assange entre. On ne peut pas le voir en entier, car la caméra le coupe à la taille. Impossible de voir donc s’il marche normalement ou s’il tient à peine debout. Il s’assied immédiatement sur le siège devant la caméra. La barre en travers de l’écran le coupe à la poitrine, on ne voit pas ses jambes. Il porte un pull beige et une chemise blanche avec le coll sorti sur le pull. Il fait plutôt frais ce jour-là, mais porter un pull en plein été ne peut que signifier qu’il est soumis à un air froid d’une clim sévère. Derrière lui, le corridor est sous lumière artificielle. Il a les cheveux courts avec une frange coiffée sur le côté, son visage est glabre, il ne porte pas de lunettes. Certains militants m’ont parlé d’un bandeau blanc sur le front, moi je ne l’ai pas vu, mais il est possible que ma vision à 10 mètres de distance n’était pas assez bonne.

Cependant je distingue bien le visage de Julian Assange. Je le reconnais. C’est bien le même homme qu’en février, son visage a l’aspect qu’il avait le 27 février. Son visage est plutôt rond, moins émacié qu’en janvier. Ses yeux sont un peu cernés de noir, enfoncés dans les orbites et son visage est triste. Cependant, j’ai l’impression qu’il est moins amaigri qu’auparavant. Il pose ses mains sur ses cuisses et ne bouge plus, le regard tourné vers le bas dans une attitude de prostration.

Lorsque Vanessa Baraitser lui demande de décliner son nom, il dit « Julian Assange » et sa date de naissance «3 July 1971 » d’une voix qui semble plus assurée. A moins qu’ils n’aient simplement que poussé les micros à fond : les événements de février nous avaient montré que les organisateurs du spectacle étaient capables de couper les micros dans la galerie du public afin qu’on n’entende rien de ce que lui dise ou crie – le 26 et 27 février il s’était levé en protestant et on l’avait vu se révolter sans pouvoir l’entendre… Tout est étudié pour le laisser sans voix et nous maintenir impuissants face au « spectacle de marionnettes ».

Vanessa Baraitser engage un dialogue avec l’avocat et le procureur au sujet des nouvelles accusations dont parlent les médias. C’est Hamilton Fitzgerald qui pose le sujet, escomptant que les accusations existantes soient annulées aux profit des nouvelles. C’est étrange parce qu’en droit, la procédure déjà engagée doit être menée à terme et une nouvelle accusation doit normalement être l’objet d’une autre procédure. J’essaye de voir les mains de Julian, je m’applique à lui transmettre toutes nos pensées collectives de soutien et d’amitié. Derrière lui, passent et repassent plusieurs fois des silhouettes de femmes habillées de blouses vertes ou bleues. On a clairement l’impression que ce sont des blouses médicales et les femmes du personnel hospitalier. Enfin, Julian Assange lève les yeux et regarde droit devant lui dans la caméra. J’ai la conviction qu’il sait qu’on est là. A la fin, il tousse et lève alors trois fois ses mains vers son visage. L’émotion est là, il a répondu à notre geste.

A 12H03 pile, Vanessa Baraitser dit négocier avec la cour Old Bailey. Julian Assange se penche légèrement sur sa droite. Fitzgerald aborde le sujet d’une expertise psychiatrique. Je suis désappointée. Une expertise psychiatrique n’a pas sa place dans une procédure d’extradition. C’est finalement le procureur qui semble moins agressif : pour lui les nouvelles accusations n’ont pas été déposées, ne sont pas donc pas objet de débat et il n’est pas pressé de s’occuper de l’expertise psychiatrique. Finalement, Vanessa Baraitser pose deux nouvelles dates : le 14 août pour un « final admission hearing » et le 24 août pour le « call over hearing ». Julian Assange devra y comparaitre en vidéo.  La discussion repart sur les semaines de procédures prévues à la Old Bailey. Je comprends que la défense demande des semaines supplémentaires mais je ne saisis pas quelle est la décision finale. A 12h05, c’est fini. Vanessa Baraitser se lève et s’en va. C’est expéditif.

On essaye de rester, on lève le poing quand Julian Assange se lève et se tourne vers la sortie du box. Il parait las et je ressens sa lassitude. Combien de temps allons-nous passer dans ces murs ? Je sors perturbée, malgré ma satisfaction d’avoir encore une fois fait le voyage et fait mon devoir.

De la salle d’attente, je vois les Polonais et les Roumain et leur avocats se diriger vers la salle numéro 1. Dehors les militants sont filmés par des caméras. Edward Fitzgerald fait un rapport rapide de l’audience à quelqu’un au téléphone. J’ai des doutes qu’il soit réellement décisionnaire dans ce procès. J’ai des doutes sur ce qu’est ce bâtiment, ce tribunal. Autour de lui se trouvent des bâtiments étranges : l’immeuble attenant est désaffecté et en construction depuis 2011, en théorie géré par l’entreprise Proximity, mais dans une de ses ailes, 191 Old Marylbone Road, des réfugiés sont logés dans un espèce d’hôtel miteux sous l’appellation pompeuse de « Mina Palace »[2]. L’histoire de l’immeuble nous apprends que dans cet endroit se trouvait jusqu’en 1948 la plus ancienne maternité de Londres ou les femmes pauvres venaient accoucher et parfois hélas, abandonner leur enfants. Les infirmières de l’hôpital étaient directement logées ici[3]. Aujourd’hui des vêtements d’enfants suspendus aux fenêtres et des jouets dans le petit hall attestent d’une présence humaine effective. En face du tribunal, sur l’avenue, un imposant immeuble de briques rouges appartient à la Church Army, une organisation ecclésiastique caritative travaillant pour l’Etat (pas de séparation de l’Eglise et de l’Etat en Angleterre). Il abrite le «Women’s Day Center », un foyer pour femmes SDF[4]. A 300 mètres à l’ouest de la cour, en direction du métro Edgware Road, un immeuble des années 60 loge des réfugiés de l’ONG One Westminster. Le quartier apparait dans son délabrement social évident.

Foyer pour femmes sans domicile Womens Day Center en face de la Westminster Court

De la station de métro Marylbone à celle d’Edgware Road ce quartier, anciennement ouvrier, est soumis à une transformation profonde: des pâtés de maison entiers sont détruits et des trous béants sont entourés de grandes palissades. Des immeubles de bureaux et des résidences en béton et verre sortent de terre. Des investisseurs puissants transforment ce quartier dans une gentrification intense. L’immeuble de la Westminster Court, édifié en 2011 sur l’emplacement de la « Old Marylbone police court » a d’ailleurs le style sans âme de tant de bureaux dans nos métropoles néolibérales. Son usage en tant que tribunal me parait de plus en plus douteux.

Batiments désaffectés jouxtant la Westminster Court au 181 Marylebone Road

Quelques jours plus tard, le mercredi soir à 21h, le 29 juillet, l’entrée souterraine de la cour par laquelle les détenus sont amenés était illuminée, de même que toute la partie « back office » du bâtiment ou se trouvent dans la journée juges et accusés. La lumière était allumée également cette nuit dans une partie du secrétariat dans l’aile ancienne du bâtiment côté ouest, ainsi qu’au dernier étage dans des salles de réunions. A quelle réunion donc ce bâtiment sert-il, à part à mettre en scène le jugement de Julian Assange?

J’explore le lendemain un autre lieu de pouvoir tout proche: l’Imperial College of London Medical School St Marys Campus, Praed Street, en face du Frontline Club et du musée d’Alexandre Fleming fermé pour cause de coronavirus. L’Imperial College of London est le grand centre de recherche de la Couronne Britannique dont la Faculté de Médecine est mondialement connue pour avoir cherché à imposer l’enfermement répressif des populations européennes comme instrument de gestion de la crise sanitaire appelée « covid19 » en Europe continentale.[5] Neil Ferguson, le vice-président de cette institution, est connu pour être l’idéologue du confinement. [6] Son Centre de Prévention des Maladie Infectieuses est aussi connu pour être financé par la Fondation Bill et Melinda Gates et pour servir de centre de conseil à l’OMS[7]. Ce centre avait déjà par ailleurs préparé depuis 2016 la politique qu’il impose avec succès aux Européens aujourd’hui[8].

Imperial College of London, St Marys Medical School, Ecole de Médecin ou M. Neil Ferguson, Vice decan nous a imposé l’idéologie covidienne et la dictature sanitaire en mars 2020

Nous avons probablement assisté sans le savoir au lancement de la campagne de propagande sanitaire visant à terroriser les populations européennes. Pour moi, le point de départ de cette opération psychologique mondiale a été l’étrange conférence à laquelle nous avons assisté au Frontline Club le 13 janvier 2020– ce club de journalistes qui fut le lieu de travail et de vie de Julian Assange en 2010 et 2011 et situé en face de l’Imperial College of London Faculté de Médecine, 13 Norfolk Place. Le titre de la conférence était « La résistance aux antibiotiques – repenser l’urgence sanitaire globale»[9]. Nous y avons assisté par pure curiosité, mais en réalité nous étions au cœur d’un milieu économique et politique qui allait profondément influencer nos vies et nous ne le savions pas. Un panel de 5 idéologues était assis devant un parterre de jeunes chercheurs et de journalistes. Nous entendions un discours alarmiste ou la phrase la plus absurde nous semblait être « vous allez tous mourir d’une maladie inconnue ». Cela nous faisait rire. Il nous semblait absurde qu’on puisse terroriser la planète avec un discours sur la résistance aux antibiotiques sans parler de l’immunité humaine et de l’adaptation de l’humanité à son environnement. Quelque part, nous avions tort de ne pas prendre ces idéologues au sérieux, car deux mois plus tard ce discours culpabilisant et terrifiant est devenu une norme mondiale, la norme dans nos vies. Les idéologues qui ont imposé la politique du « coronavirus » dans nos pays sont-ils ceux qui étaient alors dans la salle ? A l’époque ce que j’entendais me semblait tellement incroyable que je n’aurais jamais imaginé la suite du scénario.

Le Frontline Club, restaurant et Club appartenant à Vaughan Smith et géré par le Frontline Club Charity Trust. ou Julian Assange a été soutenu et détenu en 2010 à fin 2011. C’est ici que nous avons assisté le 13 janvier 2020 à la conférence sur la « Résistance aux antibiotiques » ou les conférenciers de l’Impérial College of London nous ont annoncé l’avènement de l’idéologie covidienne « vous allez tous mourir ».

Je regrette de ne pas avoir été plus lucide et de ne pas avoir pris au sérieux ce que j’entendais, de ne pas avoir perçu la dangerosité immédiate dans ce qui me semblait juste un discours simpliste « à la Soros » mené non pas par des chercheurs sérieux mais des idéologues payés par des fondations et labos privés. Maintenant, si nous voulons revenir à une vie normale, nous devons comprendre qui a imposé ce discours dans nos vies, par quel moyen et pour quelle raison. Et défaire ce pouvoir. Oui, il y va de nos vies, ce n’est pas exagéré de le dire.


[1]             https://www.imperial.ac.uk/people/neil.ferguson

http://www.francesoir.fr/politique-monde/les-mysteres-du-masque-entre-deraison-soumission-panique-et-contagion

https://www.businessinsider.fr/us/neil-ferguson-transformed-uk-covid-response-oxford-challenge-imperial-model-2020-4

[2] https://www.google.fr/maps/place/Proximity+London,+191+Old+Marylebone+Rd,+Marylebone,+London+NW1+5DZ,+Royaume-Uni/@51.5203389,-0.1657446,19z/data=!4m5!3m4!1s0x48761ab6064fd427:0x7a793037a3c957b2!8m2!3d51.520384!4d-0.16553

https://www.google.fr/search?q=191+old+marylebone+road&sxsrf=ALeKk00ktssVWUqKpcrPwQEeVwBZZ2ajZw:1594562971617&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=2ahUKEwjW1fr78cfqAhUux4UKHcCLBIIQ_AUoA3oECAwQBQ&biw=1536&bih=754#imgrc=TbYxHFJc35DwZM

[3]             https://ezitis.myzen.co.uk/queencharlottemarylebone.html

[4]             https://www.maryleboneproject.org.uk/

[5] https://en.wikipedia.org/wiki/Imperial_College_London

https://www.imperial.ac.uk/medicine/about-us/

https://www.imperial.ac.uk/stories/covid-19-first-six-months/

[6] https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200409.OBS27280/10-choses-a-savoir-sur-neil-ferguson-l-epidemiologiste-que-tout-le-monde-ecoute-face-au-covid-19.html

https://www.imperial.ac.uk/people/neil.ferguson

[7] «  It gets tens of millions of dollars in annual funding from the Bill & Melinda Gates Foundation, and works with the UK National Health Service, the US Centres for Disease Prevention and Control (CDC), and is tasked with supplying the World Health Organization with « rapid analysis of urgent infectious disease problems. » – in :

https://www.businessinsider.fr/us/neil-ferguson-transformed-uk-covid-response-oxford-challenge-imperial-model-2020-4

[8] https://www.imperial.nhs.uk/about-us/events/predicting-and-preventing-infectious-diseases

[9]             https://www.frontlineclub.com/superbugs-reframing-a-global-health-emergency/

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